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Full text of "Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Bulletins d l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique"

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BULLETINS 



DE 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 



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UTTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQDE. 



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BULLETINS 



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L'ACADEMIE ROYALE 



DES 



SCIENCES % DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS 



DE BELGIQCJE. 



SOiXANTE-TROiSl^E mil. — 3»« S&IE, T. 26. 




BRUXELLES, 

F. HATEZ, INrRlNEUR DE l'aCAD£11IE ROYALE DES SCIENCES, 
DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQl'R, 

rue de Louyain, 112. 

(893 



BULLETIN 






L'AC-\l)EMIE ROYALE DES SCIENCES, 

DES 

LETTRKS IT DES BKAUX-ARTS DK BELGMilE. 

1893. — No \! 



CLASSE DES SClEilCES. 



Seance du 7 Janvier 4895, 

M. P. FoLiE,directeur pour 1892, occupe le fauleiiil. 
M. I J chevalier Eom. Marghal, secretaire perp^luel. 

Son! presents : MIM. Cb. Van Bambeke, direcleur 
pour 1893; P.-J. Van Beneden, le baron Edrn. de Selys 
Longchamps, G. Dewalquc, E. Cand^ze, Brialmont, £d. 
Dupont, £d. Van Beneden, C. Malaise, A. Briart, Fr. Cr^- 
pJQ, Airr. Gilkinet, G. Van der Mensbrugghe, W. Spring, 
L Henry, L. Mourlon, P. Mansion, J. Delbceuf, P. De 
Heen, C. Le Paige, F. Terby, J. Deruyts, membres; E. Cala- 
iao, Cb. de la Valine Poussin, associes; A.-F. Renard, 
L Errera, J. Neuberg et A. Lancaster, correspondants. 

UH. De Tilly et Ch. Lagrange, membres de la Clnsscy 
s^excusent par ^cril de ne pouvoir assister k la stance. 

3"* SllRIE, TOME XXV. 1 



(2) 



CORRESPONDANCE. 



M. le Minislre de rinl^rieur el de rinslruction publiqne 
fait parveiiir noe expedition des arrSl^s royaux sui- 
vanls : 

A. Du 10 d^cembre dernier, nommant M. Ch. Van 
Banobeke (dirccleur de la Classe) president de rAcad^mie 
pour 1893; * 

li, Du 26 du inAme mois, approuvanl r^leclion de 
M. Jacques Deruyls comme menabre titulaire de la Classe. 

— MM. Jacques Deruyts, ^lu membre titulaire; Alb. 
Lancaster et Arm. Jorissen, ^lus correspondants; F. Brios* 
cbi, Ch. Friedel, Alfred Cornu et de Lacaze-Duthiers, ^lus 
associ^s, adressent des letlres de remerciements. 

— La Classe apprend, sous Pimpression d'un doulou- 
reux sentiment de regret, la perte qu'elle vient de faire en 
la personne de Tun de ses plus ^nainents associes de la 
section des sciences naturelles : Sir Richard Owen^super- 
intendant honoraire du British Museum, d^c^d^ k Londres, 
en d^cembre dernier, k Vkge de 88 ans. 

— L*Acad6mie royale des sciences de Turin adresse le. 
programme de concours pour le neuvieme prix Bressa. 

Ce concours aura pour but de recompenser le savant ou 
rinvenleur, k quelque nation qu*il appartienne, lequel, 
durant la p^riod^ quadriennale de 1891-1894, « au juge- 
ment de TAcad^mie des sciences de Turin, aura fait la 
d^couvcrte la plus ^clatante et la plus utile, ou qui aura 



C3) 
produil Touvrage le plus c6l^re en fail de sciences physi- 
ques et exp^rimeqtalesy histoire naturelle, malh6matiques 
pores et appliqa^es, cbimie, physiologic et pathologic, sans 
exclare la geologic, Thistoirc, la geographic et la stalis- 
tique » • 

Ce concours sera clos le 31 d^ccmbre 1894. 

La somme flx^e pour ce prix, la taxe de rimposition 
mobiliire d^duite, sera de 10,416 francs. 

L'Acad^mie donne le prix ^ celui des savants qu'elle en 
juge le plus digne, bien qu'il ne sc soit pas pr^sent^ au 
concours. 

— Sur sa deroande, M. A. Lamal, pharmacien ^ Anvers, 
sera remis en possession de son manuscrit : Influence de 
Vaimosphere enrichie d'acide carbonique sur les vegetaux 
verts^ ce travail n'ayant pas encore ^t^ examine par les 
comiDissaires. 

— M. P.-J. Van Beneden fait connaitre les motifs qui 
Toot emp^ch^ de se rendre ^ Paris, pour assister, comme 
d^l^u^ de la Classe, au jubil6 de M. Pasteur. II s'est 
eropresse de faire connaitre ces motifs k la Commission 
organisatrice de la manifestation, en lui envoyant I'Adresse 
de felicitations acad^miques, qu'il s'^tait charg^ de remeltre 
directement k Tilluslre jubilaire le jour m^me de la cer^- 

monie. 

• 

• — M. P.-J. Van Beneden pr^sente, a tilre d'hommage, 

QO exemplaire du travail portant pour titre : La mer Noire 

et se$ Celaces vivants, qu'il s'^tait propose de lire au con- 

grte de Moscouy auquel il n'a ^galement pu assisler. 

La Classe vote des remerciements k M. Van Beneden 

pour sa communication verbale relative k ce travail. 



(4) 

— Hommages d*ouvrages : 

1* Einige psycliologische Belrachlungen uber den Hyp^ 
notismus gelegentlich eines durch Suggestion geheillen 
Falles van Mordmanie; par J. Delbtieuf; 

2® Recherches sur la convergence'des integrates definies; 
par C- J. de la Valine Poussin ; 

5*^ Situation sanitaire du camp de I'Arouwimi; par 
H. Dupont; 

4® Contribution a I'etude histologique du rein ; par 
0. Van der Slricht. 

— Remerciemenls. 

— Les travaux manuscrils suivants sonl renvoy^s k 
I'examea : 

1** Les nerfs despoils; par A. Van Gehuchlen, profes- 
seur d*analomie k TUniversit^ de Louvain. — Commis** 
saires : MM. Cd. Van Beneden et Van Bambeke ; 

2** Sur une nouvelte forme de la blende; par G. Ces^ro, 
charg^ de cours i TUniversitfi de Li^ge. — Comnaissaires : 
MM. Dewalqueel de la Valine Poussin; 

3** Le quaternion comme equipollence de la droite dans 
respace a quatre dimensions; par M. Ting^nieur Schin- 
deler. — Comraissairos : MM. J. Deruyls el Neuberg; 

4* Nouvel appareit moleur; par A. Van Weddingen. — 
Commissaire : M. Briart. 



Election. 



La Classe proc&de a F^lection de son directeur pour 
rann^e 1894. 

Les suffrages se portent sur M. Mourlon. 

M. Folie, en installant au fauteuil son successeur^ 




(«) 

M. Van Bambeke, remercie ses confreres pour la bienveii- 
lance dont il a 6ii Tobjet de leur part pendant la dur^e de 
SOD mandat. 

M. Van Bambeke propose de voter des remerciementsd 
son honorable pr^d^cesseur, et ajonte que, de son c6l^, il 
fera ses efforts pour r^pondre ii la mission de confiance qui 
lui a 6i& d^volue. 

M. Mourlon, invito k venir prendre place au Bureau 
en qualite de vice-directeur pour 1893, remercie pour 
eel honneur. — Applaudissemenis. 



RAPPORTS. 



Eludes sur Vaiiache des cloisons cellulaires; 
par E. De Wildenoan. 

c En quelques pages substantielles d'introduction bis- 
torique, M. De Wildeman rappelle les recherches faites 
JQsquIci sur les lois et les forces qui president k Tagence- 
ment des cellules. 

Entrevu par Hofmeister, clairement ^nonc^ et d6montr^ 
dans les m^moires classiques de Sachs, repris ensuite par 
Sehwendener et par d*aulres, le principe de la section 
rectangolaire, comme on Fa appele, trouve son application 
4 OD grand nombre de tissus jeuoes. Conform^ment k 
eetle r^le, lorsqu'une cellule se divise en deux, la cloison 
Doovelle s'attache partout k angles droits sur la cloison 



(«) 

anciende. Les r^seaux cellulaires se ram&neni de la sorte 
k des systSmes dc Irajecloires orlhogonales, ou tout au 
moins, comme Tauteur de ce rapport I'a d&]k signal^ il y 
a assez longtemps, la disposition en trajectoires orthogo- 
nales constitue iin cas-limite dont les (issus doivent s'ap- 
procber d'autanl plus que leurs cellules sont plus petites. 

Le principe de la section rectangulaire n*est pas seule- 
ment r£alis6 dans les tissus des plantes : Rauber a fait voir 
que beaucoup de tissus animaux y sont^galementsoumis, 
et Sachs, k son tour, vient d'insister sur ce point. 

A c6t4 des cloisons qui s*attachent ainsi perpendiculai- 
rement, il en est cependant d*autres dont le raccordement 
se fait sous des angles d'environ 120^ D'une fa^on ind^- 
pend^nte et simultan^ment, Bertbold et moi-ro^me, nous 
sommes.arriv^ k subordonner k une r^le unique ces deux 
cas en apparence si discordants : dans les deux cas, en effet, 
il y a formation de surfaces minimales. Mais tandis que 
Bertbold n'a point donn6 d*explication m^canique du pli^ 
nomine, Tauteur de ces lignes s'est efforc6 de ratlacher 
directement I'architecture des cellules k la |lhysique mol£- 
culaire, en montrant que la membrane cellulaire, au 
moment oh elle se forme, doit <^tre le si^ge d*une tension 
superficielle tout k fait comparable k celle des lames 
liquides. La r^le de la section rectangulaire, aussi bien 
que les exemples d'attache k I^O"", deviennent alors les 
corollaires d'un principe beaucoup plus g^n^ral. 

Aprte ces indications, M. De Wildeman 6(ablit, gr&ce k 
d'ing^nieuses experiences, que les surfaces r^alis^es par 
des lames minces doivent iFepr^nter des minima relatifs, 
et non pas n^cessairement des minima absolus, comme 
Bertbold Tadmet. II monlre aussi, au moyeo de lames d*eau 
de savon, que les arguments invoqu^s par A. Zimmer- 




(7) 

maoD coDtre la iheorie de la tension superticielle appli- 
qa^e aux membranes cellulaires ne sonl pas le moins du 
moode d^cisifs. II rappelle enfin que Dreyer a relrouv6 
loul derni^remenl les lois des lames liquides dans la dis- 
position des spicules de Spongiaires el d'autres structures 
inlercellulaires, conGrmanl ainsi une deduction th^orique 
eooDC^ dte le d^but. 

Oo semble done, comme le dil Tauleur, conduit de plus 
eo plusi admettre que la formation des tissus v^getaui et 
animaux e^i soumise k des forces mol^culaires compa- 
rabies Micelles qui r^gissent la production et la disposition 
des lames liquides. 

La ploparl des dessins histologiques dus ik de bons 
observaleurs sont en complet accord avec cette th^orie. 
La litt^rature scientifique mentionne toutefois un certain 
nombre de cloisons, surtout chez les plantes inf^rieures, 
qui coDstitueraient des exceptions k ces regies. Ce sont ces 
Gas exceptionnels et, en apparence, contraires k la th^orie, 
que M. De Wildeman a examines sur mon conseil : le 
m^moire qu^l soumet k la Classe contient les r^sultatsde 
ces eludes poursuivies avec beaucoup de soin. 

Les observations de M. De Wildeman embrassent une 
a^rie irte ^tendtie de tissus et de types v^g^laux divers. 
II 5*occupe tour k tour des rhizoides, des paraphyses, des 
feuilles, des parois d*anth^ridies chez les Mousses; du 
groupement des cellules-m^res des spermatozoides du 
Marchantia; des spores pluricellulaires de Pellia calycina; 
des rhizoideSy des anih^ridies et* des points veg^tatifs de 
Charac£es;de la ramification curieuse des Spbac^lari^es, 
deslissusde Fucua^d'EclocarpuSf de Taoniay de Uiciyople- 
rit, de Diclyoia; puis, parmi les Florid^es, du NUophyllum, 
du Delesseria Uypoglossum, du Ballia callitricha, donl les 
cloisoDS sonl si extraordinaires; enfin, quelques observa- 



(8) 

lions relatives am slomales, aui poils et aux ovules des 
Pban^rogames complelenl le m^moire. 

II est inutile de fatiguer ici I'attention de mes confreres 
par des details Irop sp^ciaux. Mais une conclusion se 
d^gage, et elle m^rile d'etre not^e : parlout, un examen 
approfondi a montr^ que les exceptions sont seulement 
apparenles. Elles deviennenl ainsi, comme les perturba- 
tions aslronomiques, la meilleure conlirmation du prin- 
cipe g^n^ral. 

Le m^rooire de M. De Wildeman louche, on le voit, i 
des questions biologiques fondamenlales. II est rempli de 
fails inl^ressanls, el va&me des tissus aussi frequemment 
^ludi^s que ceux du Chara ou du Diclyola dicholoma ont 
encore fourni k la perspicacile de Tauleur des r^sultals 
nouveaux et probanls. 11 est regrettable seulement que la 
redaction ne soil pas toujours i la hauteur du m^rite 
scienlifique du travail. Mais, k pan cede remarque, dont il 
sera facile de tenir comple au moment de Timpression, il 
n*y a que de vifs eloges a adiesser k Tauleur. 

Le manuscril est accompagn^ de quelques dessins el 
de cinq planches, absolument indispcnsables i rintelli- 
gencejdu texte. 

J'ai rhonneur de proposer k la Classe de decider la 
publication du miimoire avec les figures qui Taccompa- 
gnenl dans le recueil in-4*; el de voter des remerciemenls 
ii I'auteur. > 

MM. Cr^pin el Van Bambeke d^clarenl se rallier k ces 
conclusions. En consequence, la Classe adresse des remer- 
ciemenls k M. De Wildeman el vote Timpression de son 
travail dans le recueil in -4* des Mimoires couronnes el 
Memoires des savants etrangers. 




y 



(9) 

E(ude 5fir les causes de Vattraclion universelle; 

par E. Delaurier. 

c L'Acad^mie ne peut, k mon avis, doDoer d'aulre suite 
i ia communicatioD de M. Delaurier qu'en d^posant eelle-ci 
dans les archives. L'auleur admct ^existence d'une mali^re 
primiiive, i laquelle il doone le nom de Protogene, < 61^- 
» ment unique, premier et mobile de lous les corps de la 
• nature... I/espace el le prolog^ne existent ensemble, 
» de toule ^ternit^, partout, el n'onl pas de iimiles... Le 

> mouvement des alomes produil et d^truit lour a tour 

> toul ce qui exisle... Ce mouvemenl el celte maliere 

> sonl inseparables dans cbaqueatome,ainsi que la volont^ 
» de se diriger dans le sens qu*ils veulent ». 

L*auleur est surlout adversaire de rallraction universelle 
eoDsid^r^e comnie telle; pour lui, les corps ne s'attirent 
pas, mais sonl pouss^s Tun vers Fa u Ire. En un mot, cette 
note ne renferme qu*une s6rie d*assertions sans preuves, 
pr^nlees d'une fa^on (brldecousue el trte peu claire, el 
' dont les plus plausibles manquenl alors du mi^rite de la 
Qouveaule. » 



c On aper^oil deux id6es dans la note prdsent^e k 
FAcad^mie par M. Delaurier. La premiere, c'esl la n^ga- 
lioo de rallraction, el plus g^neralement (dtanl donn6 le 
poini de vue de principe auquel se place Tauteur), de la 
force coiuiue entile iranscendanle, non explicable par les 



(10) 

seuls roouvemenls de la matiere. L'auteur declare cede 
coDcepliou absurde. Ici, on peut I'arr^ter court : car il lui 
est impossible de ne pas en faire usage lui-mdme. En admet- 
tant Texistence d'atomes absoiument durs, inusables« etc., 
destines & expliquer la force par leurs mouvements de 
pouss^e, il introduit implicilemenl ce dont il ne veutpas, 
puisque ces caracteres physiques, d^compos^s en leurs 
derniers termes, supposent Fid^e d*une resistance et celle 
d'une action qui rend les points mal^riels indissolublement 
unisy c'est-i-dire la force elle-m^me. Sur ce point, 
M. Delaurier fait done un cercle vicieux. 

La seconde id^e, d^fendable, est celle de ce que Ton edi 
appeie au XVII' si^cle (comme dans la discussion du 
P. Noel avec Pascal sur le vide barometrique), le plein du 
vide^ et qui se ramene, quand on y regarde de pres, k la 
conception des derniers elements de Descartes. C'est Tid^e 
que rien ne permet de limiter la subdivision de la matiere 
et qu*ainsi I'espace peut etre plein; qu*en m^me temps, 
cependant, le mouvement est concevable dans un tel espace, 
parce que, quoique le nombre des particules contenues 
dans un volume fini, soit intini et leurs distances inGni- 
ment petiles, n^anmoins le rapport du volume occup^ au 
volume vide reste fini. Je pense que Ton pourrait donner 
cetle forme ^ la notion perdue dans la redaction fort 
mal ordonn^e de M. Delaurier ; un historique du d^ve- 
loppement de cette conception et les arguments d'ana- 
logic qu'on peut faire valoir en sa faveur, en jetant un 
coup d'oBil sur I'ensemble des faits du monde physique, 
auraient donn6 peut-£tre quelque int^rSt i cette partie 
du travail. Mais l'auteur s'est borne h une simple affir- 
mation. 

Des deux th^es de M. Delaurier, la premiere repose 



( n ) 

8tir UD cercle vicieux; la seconde o*est pas d^rendue. Je 
me rallie done a la conclusion du premier commissaire 
pour proposer ^ la Classe le d^p6t aux archives. » 

La Classe vote le d^p6t aux archives du travail de 
H. Delaurier. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur la hides grands nombresde Poisson; par P. Mansion, 

roembre de TAcad^mie. 

On pent dMoire du ih^or^me de Jacques Bernoulli, une 
proposition pratiquement ^quivalenle i la loi des grands 
nombres de Poisson, de la mani^re suivanle. 

L Posons 

p-f 7=1, p,-*.7,r=l, p,-f-9< = 1, 0<p,^p^p,<I, 

▼ Spy ▼ 2p,qf, ^ 2p,9, 






(A 6(anl un nombre entier tr^ grand par rapport k T^, 
el ^p:q el ^^q : p sur passant (Tl/2 : l/jji). 
On lire de la relation entre T cl / 

i^r^v^; L^-^-.Wl !=I!^^\/i. 

d'oh il r^sulte que / est une rraciion de p et de q. 



(12) 

La fonclion p — / esl positive puisquep surpasse /; elle 
croll avec p, car 

or, si p croll, q d^croil el, par suite, chacnn des deux 
facteurs du second membre de cette ^galite crott. 
La fonction positive p -i- / croil aussi avec p, car 

p ^/=:l/i(l/^H. — z^l/fl). 

Or, la d^rivee« par rapport i p, du second facleur du 
second membre, savoir : 



i TI/4 1 



-^^vll 



2l/'p yix^\/q 2V^'p( \/^ 

est positive; done, p -4- / est une fonction croissante avec p. 
II r^sulte de \i que Ton a 

Pi — 'i^p — ^^p«— U\ Pi -*-/, ^p -4- /<p, 4-/t, 
et aussi 

A'Cpi — 'i)^A^(p — 0^^(r« - ^«) 

f^(Pi •*- '1) < ^(P -^ = A*(P« -^ ^t). 

Par suite, lorsque p varie de p| d pj CiuiertaUe 
65/ toujour^ compris dans Cintervalle plus grand I : 

[a*(Pi— '1), At(Pf -^ '«)]• 

IL Si A| et B^ sont deux ^v^ncments contraires dont les 




( 13) 
probability simples, sap[ios^es constantes, sont p, et 91, 
P sera la probabilil^ que le Dombre des repetitions cle 
reveoement A, sur p. ^preuvcs, est compris daus Tinter- 
valle [v-iPi — ^)i f^(Pi -*- 'i)]- La probabitite que ce 
nombre sera compris dans I'inlervalle plus grand I, sera 
snp^rieare k P, par exempie, ^gaie ^ P + aj, aj ^tant une 
qaantite positive. 

Poar deux autres ev^nements A) et B3, de probabilil6s 
simples suppos^es constanles p^ et qzf la probabilil6 ana- 
logue sera P + o^, aj ^tant encore une quantity positive. 

Pour deux ivenemenls analogues A et B, dont les pro- 
babiliies simples, supposees constanles, sont p et 9, la pro- 
babitite que le nombre de repetitions de revenemeut A 
sera compris dans Tintervalle I, sera aussi de la forme 
P + a, a eiant positif. Mais si, au lieu d'etre constantes, les 
probabilites p et 9 varient de pi ^ p^ et de q^ k 921 ^n 
prenaot, par exemple, k valeurs diflerentes k chacune 
desqaelles on suppose correspondre [x- epreuves, la proba- 
bilite que le nombre des repetitions de revenemeut A 
sur *fx epreuves sera compris entre /r[ji(p., — /^)et *u(p2-^-'i), 
sera une valeur moyenne entre les k valeurs que prendra 
P -4- a, et, par suite, surpassera P. 

Done, la probabilite que le rapport du nombre des repe- 
iUions de Vevenement A au nombre total k\k des epreuves 
e$i compris entre pi — /| et ^1-^/29 est au moins egale a P. 

Sous cetle forme, croyons-nous, la loi des grands 
nombres a un sens precis et a la meme valeur objective 
que le theoreme de Jacques Bernoulli lui-meme (*). 

(*) Le proccd^ de demonstration employ^ ici pent s^appliquer 
evidcnmicnt k d^aulres questions de calcul des probabilites. 



( 1*) 

De ^influence du temps sur le mode de formation du 
menisque a la temperature de transformation; par 
P. De Heen^ membre de I'Academie. 

Nous avons vu, dans uoe note aot^rieure, que si le tube 
sur lequel on exp^rimenle n'est pas sensiblement rempli 
de liquide k la temperature de transformation (si le tube 
est rempli k la temperature de transformation, celle-ci se 
confond avec la temperature critique) , la density de la 
vapeur est inferieure k la density du liquide; de plus, cette 
difference de densite se mainlient, alors meme que le 
menisque a disparu, au-dessus de la temperature de trans- 
formation. 

II suffit, pours'en apercevoir immediatement, d'observer 
le deplacement des generatrices du tube dans la region 
oil la surface libre s'est evanouie, ainsi que M. CaiU 
letet Tavait A&}k fait remarquer. La figure 1 (en a) 
represenle un tube k anhydride carbonique pris dans ces 
conditions. Nous avons vu qu'alors le liquide et la vapeur 
pouvaient etre compares k deux jiquides superposes, 
nieiangeables en toutes proportions. S*il en est reellement 
ainsi, la difference de densite dont nous venons de rappeler 
Texistence ne pouria etre que temporaire, car le pheno- 
mene de la diffusion devra avoir pour resultat d*etablir une 
densite uniforme dans toute I'etendue du tube, apres un 
temps plus ou moins long. 

Cette prevision pent se verifier par Texperience, de la 
maniere suivante : Portons4in tube k anhydride carbonique 
k une temperature legerement superieure k la tempera- 
ture critique, par exemple dans un bain d*eau k SS"". 
Puis, au moment oil requilibre de temperature est realise, 
retirons le tube du bain : on observe alors, lorsque le 



r 



( 4») 
refroidissement s'esl produil, la formation d*un petit 
Doage, mais settlement dans la region du tube qui avoisine 
le niveau oik la surface libre s'est 6vanouie et va se recon- 
stituer (voir la Ggure II, en 6). La formation de ce nuage 
est imm^diatement suiVie de la r^apparition de celle-ci. 

Ce nuage est Tindice d*un melange de vapeur et de 
liquide en formation, melange qui a eu le temps de se 
produire au voisioage imm^diat de I'aneienne surface libre. 
Lorsque la temperature de transformation se realise, une 
parlie de la vapeur qui s'(^tait dissoute se d^gage sous 
forme de petites bulles; de m^me une partie des molecules 
liquidog^niques dissoutes dans la vapeur se condensent 
sous forme de goutteletles. II r^suite de cette circonstance 
que les cfaoses se passeoi k Tint^rieur du tube comme si 
one pluie violente se pr^cipitait i la ibis de haut en bas et 
de bas en haut vers la surface libre. 

Mais si le tube est maintenu pendant un temps relalive- 
ment long ii la temperature de ZZ"* (vingt-quatre heures), 
les cboses se passent tout autrement. Toutes les molecules 
liquidogeniques qui occupaient la partie int^rieure du tube, 
ont alors eu le temps de se diffuser dans toute la masse, 
ei la densUe est devenue uniforme. Si alors on abaisse 
la temperature au-dessous de la temperature critique, la 
formation des goutteletles liquides se produira egalement 
dans toute retendue du tube (figure 111), contraire- 
menl h ce qui avait lieu dans le premier cas, en y provo- 
quant un brouillard intense, et elles tomberont simplemcnt 
au fond du tube. Le brouillard que Ton observe dans ces 
conditions est tout k fait identique k celui qui se proJuit, 
si, tout en operant en un espace de temps tr^s court, on 
prend la precaution de retourner le tube dc maniire k 
effectuer le melange. ' 



(16) 

Deux verifications experimenlales relatives a la refraction 
cristalline (i); par J. Yerschaflelt, preparaleur adjoint 
k rUniversile de Gand. 

Note ajoutee pendant Pimpression (2). M. Lagraoge 
ayanl fail observer, dans sod rapport, qu'il serait utile de 
connattre les causes auxquelles on doit allribuer les difle- 
rences entre les r^sultals du calcul el de robservation, 
MM. les commissaires m'ont demand^ d'ajouter k moa 
travail quelques mots d'explication k ce sujet. Je ue erois 
pas que Ton puisse meltre cet ^earl sur le compte d*une 
difference de temperature, les indices du spath id'islande 
ne variant que fort peu avec celle-ci. Une certaine incer- 
titude provenant de la dispersion pourrait Stre invoqu^e 
pour expliquer la difference; car il est facile de calculer 
que, dans la premiere experience, une erreur de 0""",01 
sur la position de la raie D, enlraine une erreur de plus 
d*une minute. L'usage de la lumi^re du sodium semble- 
rait done devoir donner une exactitude plus grande; mais 
Temploi d*une lumiere monochromatique m'a#sembie un 
soin superflu, parce qu*en faisant ces veriflcations experi- 
mentales, je u'esp^rais pas arriver k une concordance 
complete, a cause de la difficulte et de la |A*ecision insuffi- 
sante des operations preiiminaires. La discordance k 
laquelle je m*attendais, m'etait donnee par la veriGcation 



(1) Voir Bull, de I'Jcad. roy. de Belyique, 5* scric, t. XXIV, nol2, 
p. 619, 1892. 

(2) Cette note a cle approuvcc par \vs irois commissaires : 
MM. Lagrange, Van dcr Mcnsbrugghc ct Rcnard. 



( <7) 

apporl^e par Lloyd aux calculs de Hamilton; on sait que 
daos les experiences de Lloyd, dont j'ai en quelque sorte 
soivi la maniere d'op^rer, le d^accord apparent entre la 
iheorie et Texp^rience va jusqii"^ 33'. 



Notice cristallographique stir I'axinite de Quenasi ; 

par A. Franck. 

Les cristanx d'axinile dont nous avons entrepris T^tude 
cristallographique proviennent de la carriere de diorite de 
Quenast. Ce mineral s'y presente en masses cristallines 
de couleur violette simulant Tam^thyste. Les fragments de 
cristaux que nous avons d^tacb^s sont rarement terminus 
par on grand nombre de faces; leur examen nous a ton- 
lefois perrois de reconstituer la forme complete du cristal. 
II se compose des faces P, u, r (*), g^n^ralement tres d^ve- 
iopp^es, el se rapproche ainsi du type le plus simple que 
Too rencontre commun^ment. 

La zone P : t< presente les faces h, t, v^ w et deux faces 
que nous criltyons nouvelles : la premiere 6 forme avec P 
00 angle de 2^2'; elle est stride parall^lement k son ar£te 
de combinaison P : 0; la seconde p, situ^e entre u et v, 
donoe 49*41' pour la valeur de finclinaison P : p. Nous 
avons ^alement observe la face S dans la zone r : u, 
la face n,etenfin une face tt, probablement nouvelle dans 
la zone P : r faisant avec P un angle de i'^SG'. Nous avons 



(*) Notation de vom Rath. 

3** s6rie, tome XXV. 2 



( <8) 
r^uni dans le tableau ci-dessous les valeurs des angles 
mesur^s i cd(^ desquelles se trouvent inscrils les nombres 
trouves par void Ralh. 







1 :~ 

AKGLES TRODV^.S 


FACES. 


ANGLES MESUR£s. 


par 
vom Rath. 


P (iOOj : e (33 4 0) 


20 2' 


a 


P (100) : h (210) 


21 23 


210 1' 


P (100) : / (110) 


29 30 


28 55 


P (100) : u ((HO) 


44 33 


44 39 


P (100) : p {\m 


49 44 


» 


P (100) : V (110) 


T7 20 


77 16 


P (100) : w (510) 


59 40 


6019 


P (100) : S (101) 


33 42 


3318 


P (100) : r ((KM) 


45 17 


4515 


r (001) : S (101) 


36 48 


36 25 


S (401) : / (110) 


21 46 


2137 


P (100) : n (211) 


67 52 


67 27 


n (2Tl) : u ((HO) 


105 1 


104 38 


r (0(M) : M (010) 


64 17 


64 22 


P (100) : TT (801) 


456 


• 



Bien que, dans le sysl^me iriclinique, aucune loi ne 
determine le choix des axes, Taspecl m£me du crislal^ le 
developpement ou les propri^t^s physiques de certaines 
races, ont bien souvent conduit k Tadoption du mode le 
plus simple. Tel n'est pas le cas pour I'axinite. Ces cris- 
taux se pr^sentent, pour un m£me lieu de provenance, 
sous des aspects multiples. Le developpement relatif des 



( i9) 

faces esl si variable d*UD individu it Taulre, qu'il a falla 
bieD souveol reconrir k plusiears dessins pour figurer tous 
les types observe. On congoil qifil est des lors difficile de 
s*arr£(er i un cboix bieo moliv^ des axes. De Ik, plusieurs 
sysl^mes aoxqoels on a rapport^ Taxinite el qui ont donn£ 
pour les faces des indices plus ou moins compliqu^s. 

Dans cetle description, nous avons adopts comme faces 
terminales P, u etr, auxquelles nous avons donn^ respec- 
livement pour indices (100), (010), (001), Ce cboix se jus- 
tifies d'une part, par le fait qu*il donne des indices simples 
pour les faces les plus communes du crislal, d'autre pari, 
parce que P, ti el r s*observent, peut-on dire, sur presque 
tous les types d^criis, et s'y pr^sentent, en g^n^ral, avec 
un grand d^veloppement. Ccst ainsi que nous les trou- 
vons k certains exemplaires de Slriegau, de Poloma, de 
Piz Valatscba, du Daupbin^, de TOnega-See, etc., dans les 
etudes de Websky, Schrauf, Hessenberg, Naumann, vom 
Rath, Des Cloizeaux et Levy. Ces (ravaux se irouvent r^su- 
m^ dans Hintze Handbuch der Mineralogies pages 494 et 
soivantes, oh Ton trouve aussi les dessins qui s'y rap- 
portent. 

Les axes ^tant cboisis, d^terminons les dements du 
crista!. 

A cet effet, nous nous sommes servi d'une metbode 
graphique qui, croyons-nous, poss^de cerlains avantages 
sur le calcul trigonom^lrique, surtout lorsqu'il s*agit d'un 
crista! triclinique. 

Nous ne nous arrSterons pas au probl^me qui se pose 
tout d'abord au cristallograpbe apr^ qu'il a fait le cboix 
des faces terminales. Cette question, la rechercbedes angles 
des axes, qui revient a r^soudre un angle triidre connais- 
sant les trois di^dres, esl un probldme donl la solution 



(20) 

graphique est donn^e en g^om^lrie descriptive. Nous pas- 
sons done directement & la determination du rapport para- 
m^triqoe et des indices des faces, en nous bornant k traiter 
les deux cas particuliers qui r^sultent des donn^es four- 
nies par les niesures les plus exactes que nous avous prises 
aux cristaux que nous d^crivons. 

Afin de passer du simple au compliqu^, nous traitons 
successivement le cas d*une face de prisme et celui d'une 
face de pyramide. 




Fig. 1 



Soient fig. 1, OX, OY, OZ les axes cristallographiques 
formant entre eux les angles a, p, y. D^crivons une sphere 
de rayon 1 autour du point comme centre, et coupons 
celle-ci par un plan passant par et normal k OZ; ses 
intersections avec les plans ZOX, ZOY sont Ox et Oy, 
perpendiculaires k OZ, I'angle j/Ox mesure done le diddre 



r 



(21 ) 

(100): (010). Si nous envisageons maintenanl une facede 
prisme / parallile a OZ, on peut, par un transport, Tame- 
oer i passer par A situ£ sur Taxe OX a une distance 1 du 
poiol 0; d^ lors les plans ZOX, ZOY, xOy^ seronl coupes 
par / suivaol A a, B 6, 6a; les deux premieres droites 
soot paralleles 2i OZ Ja troisieme fait avec Ox un angle 
Oab 6fp\ k Tangle aigu que la face prismatique envisage 
forme avec le plan (100) ; il suffil de mesurer la distance 
OB pour avoir le parain^tre inconnu de la face. 

Comme toutes les constructions doivent se faire dans 
no seal et m^me plan, nous supposons yOx dans le plan 
do papier el nous y amenons les triangles AOa, B06 par 
one rotation respectivement autour de Oa et de 06. 

De tout ce qui pr^c^de r^ulte la construction suivante : 
On trace d'an point corome centre une circonf^rence 
d'oD rayon arbitraire pris pour unit^, on construit Tangle 
xOjT^gal i (100) : (010); on porte Tangle xO A' £gal k 
W*— y(ou y — 90*), du point A', sur la circonfSrence de 
rayon 1, on abaisse A' a perpendiculairement sur Ox, on^ 
obtient ainsi le point a, oil Ton construit Tangle Oa6 ^gal 
4 / : 100; en on construit yOY' = ^ — 90«; entin en 6, 
on mine 68' perpendiculaire sur oy ; on en obtient OB' le 
param&tre demand^. 

Cette premiere ^poce £tant construite, il nous est facile 
d'obtenir les paramitres de toutes les faces de prisme 
paralleles k OZ; nous pouvons, en effet, les d^placer toutes 
JQsqu'i les faire passer par a; dis lors Tune quelconque 
d*eDtre elles, nt, par exemple, formera avec Ox Tangle 
Ooc^gal k m : 100; on oblient ainsi c et en menant cC 
perpendiculairement k Oy, on trouve le paramitre inconnu 
OC'. 







( 22 ) 




Fig. i 



r 



(23) 

Si / est prise comme face de prisme primaire, OB' deter- 
mine la quantity a du rapport param^trique a: i : c. 

Si Too envisage la zone des prismes parall^les k OY, le 
plan de F^pore est perpendiculaire k cet axe, el i'on fail 
passer toules les faces prismaliques par nn point de OX 
distant de Torigine d'une longueur ^gale k Tunit^; pour 
les faces paralleles k OX, elles passent toutes par un point 
de OY ou de OZ, distant de I'origine d'une longueur a 
00 c; le plan de T^pure est dans ce cas normal k OX. 

Remarquons en terminant qu'il n*est pas n^cessaire de 
tracer la circonf§rence de rayon 1 : il suffit de prendre OA' 
egal k Tunit^ arbilrairement choisie. 

Appliquons cette m^thode k la recherche des param^lres 
de toutes les faces de prisme de Taxinite de Quenast rap- 
porte aax axes determines par les faces P, u, r. 

La figure 2 pr^sente une reduction de r^pure k con- 
slruire. Nous avons pris pour unite le decimetre; par suite 
les centimetres el les millimetres donnent respectivement 
le chiffre de la premiere el de la deuxieme decimale. 

Pour les prismes paralieies k OZ, 

jO|(=(400):(010)=iP:ti= 135^27', xoX«90»-r== 7*46', 
yOY' = j5 — 90« « 5S^br, OA = i cm. 

La face / prise comme face de prisme primairc fait avec 
P on angle 2^30' =» Oab; son parametre suivant Taxe OY' 
est done OB' il est egal k 2,41, c*est la quanlite a du rap- 
port parametrique. 

Les parametres des autres faces de la zone P u se deter- 
mioent facilement; la face A, par exemple, fait avec P un 
angle de ^l^'SS' = Oac, son parametre suivant OY' est 
dooneparOC' = l,23=.|. 



(24) 

Une constructioQ analogue donne pour les autres faces 
V, u;, et p respeclivement 

OD' == — 2,28 = a, OE' « — 4,14 == ^. 

5a 

or = 0,065 = , 01' = — 10,52 = 4a. 

iOO 

(Dans le calcul de celte derni^re face nous avons pris le 
rayon ^gal k 25 millimetres.) 

Si Ton envisage maintenaut les prismes parall^les ^ OY 
on oblient pour bases de Pepure : 

xOz = (010) . (001 ) = K : r = 1 1 5»43, 
a;OX',««— 90«=39«26',«OZ'=p— 90«c=58'32',OG=10cm. 

La face S qui se Irouve dans la zone u r que Ton envi- 
sage fail avec r un angle de SG'^iS' = Ogk; son param^lre 
est OK' >=» 1,30, el comme nous avons choisi cette face 
comme apparlenanl d un prisme primaire, son param^lre 
«sl ^gal k la quantity c du rapport param^trique ; celui-ci 
est done 

a:1:c = 2,4l : 1 : 1,50. 

Enfin, pour la face tz parallile k OX, nous avons 

y,Oz, = (100) : (001) c= P : r == 134«43' 
zfiZ\ = 90« — r = 7o46',y,OY; «= « - 90« = 39026'; 

en d^plaganl cette face jusqu'i passer par L' k la dis- 
tance OL' = OK' = c sur Paxe desZ nous obtenons en OM' 
son param^tre relalif a Taxe des Y apr^ avoir obtenu le 
point m en menant Tangle 0/m »= 4*36' valeur de Tangle 
que la face iz fait avec P. 



(25) 

II est iaiiressant d'eiamrner le degr^ d'approximatioD 
obieou par I'^pure daos la d^lermiDatioo da rapporl 
param^trique. Or, le calcul (rigouom^trique noas foumil 
2^ : 1 : 1,27, dont les nombres ne different de ceux 
obtenus grapbiquemeal que de 0,05, erreur comprise daos 
les limiles de la varialion du rapport paramelrique r^ul- 
Uni des icans observe dans la valeuf des angles. 

Soil mainlenant k chercher les paramitres d'uoe face de 
pyramideNdootoDcoanatl les angles N:100, N:010. 







( 26 ) 

D^crivoDs 6DCore une sphere de rayoo i autour de Tori- 
gine des axes OX, OY, OZ (figure 3). Soil ON la normale 
k la face consid^r^e. CoapoDs la sphere par ud plan passaat 
par et perpendiculaire ^ OZ ; il determine, comme noQs 
avons vu pr^c^deoiment, Tangle jcOy => (100) : (010). Tra- 
{008 dans ce plan 0N|, ON3 respeclivement perpendicu- 
laires k Oj/y Ox; les angles NON^, NON^i mesurent les 
angles normaux des diedres N : (010), N : (100) qoi noas 
sont donn6s par les mesures goniom^lriques. 

D^terminons loul d*abord la projection n sur le piaa 
xOy du point N de la sphere. A cet effet, rabaltons N^UN, 
N,ON respeclivement autour de 0N| et ON,, de fa^on k les 
amener dans le plan xOy en N^ONj, N3ON;; si des points 
Ni, et N; nous menons Nj n[ perpendiculaire k 0N| et 
Ni n^ perpendiculaire k ON,, le point n se trouve k la 
rencontre de ces deux droites, ce point nous fait connaltre 
le m^ridien ZOR qui, rabattu sur le plan de Tepure, amine 
N en N' silui sur la circonfSrence de rayon 1 etsur la per- 
pendiculaire k OR qui passe par n. Menons la tangenie NT 
en N'.Cetle droite rencontre la charniere OR en un point T 
qui est un point de la trace du plan N sur le plan de Tipure, 
cette trace TA peul dire mende car elle est perpendiculaire 
k OR; cette mime langente rencontre OZ rabattu en un 
poinlC que nous pouvons ramener en C,ce qui donne deux 
points A et C du plan ZOX et apparlenant au plan N; 
done CA est la trace de N dans le plan ZOX. Pour connattre 
les parametres de la face N, il suffit de mener par X, k la 
distance 1 du point 0, un plan parallile k N, et de mesurer 
les distances OT', OZ' apres les avoir amendes dans le plan 
de r^pure par une rotation autour de Oy et de Ox. 

Appliquons celte solution a la recherche des parametres 
de la face n de Taxinite de Quenast. L'dpure riduite est 



(27) 

repi^seot^ k la figure 4. Le rayon de la circoDfi§rence esl 
eocore de 10 centimetres : 

xOy = ( i 00) : (01 0) = n 5*43', xOX = 90» — r =» 7»46', 

yOY = p — 90^ = 58*32', 
N.ON; = N : (010) = 74«5y', NjON; = N : (400) « 105M'; 




la coQStruclion de T^pure s^acb^ve corome il a ^t^ dit pre- 
c^dcmmenl ; nous oblenons ainsi : 



a 



OY «= i ,66 «o -. or = 1 ,26 — c. 



(28) 

Noas avoos done determine les param^tres de toutes les 
faces observe aox cristaux d'axinile de Queoasl. 

Les ^pures que oous veoons de conslruire ne doDoent 
pas seolement les param^tres des faces, elles conduiseni 
encore i la constraction da dessio el de la projeclion 8ph6- 
riqae du cristal. En effet, poor dessioer le cristal, trains 
loot d'abord des paralleles aux iraces que les faces de 
prismes verlicaax d^lermiDenl sar le plan xOy en ayanlsoin 
de doDoer k ces droiles des longueurs proporlionnelles 
aux d^veloppemenls relalifs des faces que Ton envisage. 




X- 






P' 



.Jl- 



Fig. o. 

On forme ainsi le polygone abed... (tig. 5) qui conslilue a 
la fois une seclion droile de la zone des prismes vcrticaux 
el la projeclion sur un plan horizonlal d'une seclion faile 
suivanl r (001). Afin de conslruire la projeclion verticale 
de la seclion r, prenons ox comme ligne de lerre el cher- 
clions la projeclion verlicale y' du poinl y oil I'axe OY 



(29) 

perce le plan P(100}. Nous oblenons ee point en supposant 
Taxe rabaUQ en OY^ sur le plan horizontal (rangle yoYi «» 
p — 90^ = 38*^32') et ramene ensuite k sa vraie position. 
Ayant obteno le point y' nous menons par ce point la 
droite 6V paraliele k OX jo$qu*i la ligne de terre en P', qui 
se projette borizontalement en P sur 6c prolong^, nous 
obtenons ainsi en OP la trace horizontale du plan XOY. 
Poor obtenir les autres parties de la projection verticale, 
cif par exemple, nous prolongeons cd jusqu'en qui se 
projette en 0\ et en joignant O'c' nous obtenons la portion 
c'd' demand^e. La projection verticale obtenue, on ajoute 
de part et d'autre sur les verticales une m^me distance en 
rapport avec Tallongement du cristal. Pour construire les 
autres faces du dessin, la question revient, pour les faces 
de prismes, k mener par un point un plan paraliele k une 
droite donnte et dont la trace verticale a une direction 
d^termin^ que nous trouvons dans T^pure 1. On cherche 
ensuite ^intersection de ce plan avec les aulres faces du 
cristal. Pour la face n, nous menons par un point un plan 
paraliele k un plan d^termin^ par les distances qu*il inter- 
cepte sur les axes OZ, Ox^ Oy, et nous d^terminons ses 
intersections avec les autres faces du cristal. 

Pour d^oire de T^pure la projection sph^rique du 
cristal, prenons comme plan de projection la section 
droite xOy perpendiculaire k la zone principale. Les 
projections des faces des prismes verticaux s*oblien- 
nent facilement sur le cercle de base, soit en abaissant 
do centre des perpend iculaires aux c6l^s de la section 
droite da dessin, soit en portant les angles P06, 
POA, etc., ^gaux k leur valeur mesur^e. Pour prendre la 
projection d'une face quelconque C dont on connatl les 
angles C : a (100) et C : 6 (010), on cherche le m^ridien 



(30) 

OR (6g. 6) et la projection orthogonale C| corome dans 
r^pure 2; on rabat le m^ridien OR dans le plan de pro- 
jection; C se transporte en C sur le cercle de base et le 
point de vue P en P' sur la perpendiculaire ao m^ridicD 
OR qui passe par 0; si nous joignons P'C\ cetle droite 
rencontre le m^ridien OR en c qui est la projection spb£- 
rique demandee. 



i^. 



Appliquons la construction ci-dessus & la rechercbe de 
la projection sph^rique des faces de Taxinite de Quenasl. 
Les points P, 6, h, etc., (fig. 7), s'obliennent Tacilemeot 
comme il a k\& dit plus haut. Pour obtenir la projection 
de la face r, conslruisons en POr^ et tiOr, des angles 
respectivement ^gaux i P : r = 45M7' et ti : r «= 64*^17' ; 
des points ri, r^ abaissons r(i\, r^vj^ perpendiculaires sur 
OP et ou^ ces deux droites se rencontrent en r^^ projection 
orlhogonale de r sur le plan de projection. Tra^ons le 
m^ridien OR que nous raballons sur le plan de I'^pure; 
fs se transporte en r' et le point de vue en P'; joignons 
P'r'qui, en rencontrant OR en r, determine la projection 



r 



f 31 ) 
spb^riqae cberch^. Les autres faces se d^terminent de la 
m^me maniire. 




Fig. 7. 



Nous avons dil plus haul que la m^lhode que nous 
venous d*employer nous parait k quelques ^gards meritcr 
la pr^fi^reDce au calcul trigonom^trique. Cc dernier, en 
eflet, pour les cristaux (ricliniques, donne presque toujours 
des formules longues h r^soudre, telles que 



<-V 



— cos S. cos (S — A) 
cos (S — h) cos (S — C) 



ou les analogies de Neper 

csi ni(A-B) 
t8(a--6)^tg- ^.^^^^_^^^ ,etc, 

qui vont loujours par couple, et ces calculs se r^p^tent 



( 32) 
quelquefois pour chaque face k determiner. Or, daos la 
m^lhode grapbique, les bases de T^pure restent invariables 
pour les faces d^uue m^me zone, et nous avons vu qu*il 
snfBsait d'un trac^ simple et rapide pour obtenir les para- 
mkres de toules les faces de prisme parall&les i une ro6me 
direction. II en serait de mSme de toutes les Taces de pyra- 
mide ayant mSme m^ridien. De plus, la m^thode graphique 
fournil tons les elements n^cessaires au dessin et k la 
projection spb^rique du cristal. Nous croyons done pouvoir 
conclure que la m^thode employee est plus exp^ditive que 
le calcul Irigonom^trique, tout en conservant un degr£ 
d*exactitude en rapport avec les exigences de la question. 

University de Gand, laboratoire de min^ralogie. 
Juin 1892. 



(53) 



CL\SSE IIES LETTRES. 



Seance du 9 Janvier 1895. 

M<' Lamt, directeur pour 1892, occupe le fauteuil. 
M. le chevalier Edh. Marchal, secretaire perpdluel. 

SoDt prints : MM. P. Henrard, direcieur pour 1893; 
A. Waiilers, A. Wagener^ P. Willems, S. Bormans, Ch. 
Pio(» Ch. Potviny Cb. Loomans, G. Tiberghien, L. Vander- 
kiodere, Alex. Henne, Gust. Fred^rix, le comte Goblet 
d^Alviella, J. Vuylsteke, E. Banning, L. de Monge, 
A.GiroD, fnembres; Alpb. Rivier, associe; Paul Fredericq, 
Mesdach de tcr Kiele el H. Denis, correspondants. 

— M. le directeur se fait Tinterpr^le des sentiments de 
ses confreres en adressanl les fi^licitations de la Classe k 
H. Tiberghien, pron)u au grade de commandeur de Tordre 
de Leopold ; i MM. N6ve et Willems, promus au grade d'of- 
ficier^el ik M. de Harlez, nomm^ chevalier du m6me ordre. 
— {Apptaudissements.) 

Sur la proposition de M. le secr^laire perpetuel, les 
Klicilations de la Classe sont aussi adressees k M^' Lamy 
aa ftujet de sa promotion au grade d'officier. — (Applau^ 
dissemenU.) 



3** s6kie, tomb XXV.' 



(34) 
CORRESPON DANCE. 

M. le Ministre de Tlnl^rieur el de rinstriiction publique 
transmel une expedition de Tarr^t^ royal du 10 d^- 
cembre dernier, nommanl M. Ch. Van Bambeke (dircc* 
teur de la Classe des sciences), pr^sidenl de rAcad^mie 
pour 1893. 

— La Classe apprend, sous Timpression d'un viT et 
sincere sentiment de regret, la perte qu'elle a Taite en 
la personne de Tun de ses associ<is, M. James Lorimer, 
professeur k rUniversit^ d*£dimbourg. 

— Sur la demande exprim^e par MM. J. Stecher, pr^i- 
dent,et Alph. Le Roy, merobre de la Commission pour la 
publication d'une collection des grands ^crivains du pays, 
la Classe accepte leurs demissions. 

Des remerciemenls leur sont vot^s pour la part quils 
ont prise aux travaux de la Commission. 

— M. le Ministre de rint6rienr et de Tlnstruction 
publique envoie, pour la bibliolh^que de TAcademie, un 
exemplaire des ouvrages suivants : 

1** Bulletin de la Sociele du Folklore wallofiy i^' semestre 
del892; 

2^ Proces'Verbaux des seances des conseils provinciaux. 
Eocposi de la situation administrative des provinces^ 1890- 
1892; 

3* Dietsche warande, 5^^ jaargang; 

A^ Palmatia on les martyrs de Treves sous Maximilien 
Hercule, 4' Edition; par Joseph Collin; 

5® Les institutions provinciales et communales de la 



(35) 

Belgique; par Eag. Bernimolin, tome II. — Remercie- 
ments. 

— Hommages d*ouvrages : 

1* Buioire du regne de Marie Stuart; par Martin 
PbilippcoD, tome III (pr^ent^ par P. Fredericq avec une 
note qui figure ci-aprds) ; 

2* Dictionnaire de$ spots ou proverbes wallons, par 
Joseph Dejardio ; pr6c£d6 d*uDe 6tude sur les proverbes, 
par J. Stecher; 2* 6ditioD, tome II; 

3* La science du droit en Grece; par Rod. Dareste, 
assoeii de TAcad^mie; 

4* Uideal juif; par Anatole Leroy-Beaulieu, associ^; 

5* The rule of S. Benet, latin and anglo-saxon intern- 
linear version; par H. Logemau; 

6* Die hystorie van Reynaert die Vos, uaar deo druk 
van 1479... door J.-W. Muller eu H. Logeman (pr6senl6 
par Aug. Wagener avec une note qui figure ci-aprte). 

M. le baron Alfred de Loe ofl*re six brochures sur des 
sujets divers d'arch^ologie et d'anthropologie. — Remer* 
Clements. 

notes bibliographiques. 

Messieurs, 

Notre savant confrere M. Philippson m'a pri£ de vous 
4»Mr le Iroi&iime et dernier volume de son Histoire du 
regne de Marie Simari. 

Get ouvrage devait vous £fre pr^nl^ par M. le g^n^ral 
Henrard, mais M. Philippson croyait que f^lat de sa sant^ 
ienait M. Henrard ^loign6 de nos travaux. Sa prince 
au milieu de nous prouve que nous pOuvons nous applau- 
dir de s^on heureux r<^tablissemcnt. Bien mieux que moi. 



(36) 

M. Henrard aurait pu apprecier, en vous h'offrant. ce livre 
oil Tauleur a abord^ la partie la plus^pineuse deson diffi- 
cile sujet. 

En effet, ce iroisi^me volume raconte la catastrophe dii 
r^gne : les anodes i565-1567. M. Philippson,^ TaiJe de 
nombreux documents parmi lesquels les in^dils ne man- 
quenl pas, s'eflbrce de faire voir que Marie Stuart ne 
fut pas une innocente victime de la haine d*£lisabeth 
d'Angleterre et des £cossais calvinistes, comme certains 
historiens onl tent^ r6cemment de nous le prouver. En 
combaltant it outrance la R^formc dans son royaume 
d*£cosse et en essayant d*atiirer sur celui d'Angleterie les 
maux de la guerre civile et de Tinvasion ^trang^re, elle 
8>st expos^e a des repr^sailles qui ont ^t6 cruelles et sans 
scrnpules; mais le parti protestant i^tait bien oblig^ dVn- 
gager la lutte avec une reine liguee contre lui avec le 
pape et le puissant roi d'Espagne Philippe II. En nidme 
temps que leur religion, les protestants defendaient ainsi 
Punit^ et rind^pendance de la Grande-Bretagne. G*esl Ik 
d*ailleurs la raison veritable de leur triomphe. 

M. Philippson explique d*une mani^re nouvelle le meur- 
tre de Darnley. II montre d*abord que ce crime ne fut pas 
projel^ par Marie Stuart et encore moins perp^tr^ sur ses 
ordres, mais qu*il Tut Toeuvre de la noblesse calviniste 
d*£cosse, uiiie k Bolhwell,qui aspirait a la main deja reine. 
Cependant celle-ci, outr^e^ avec raison, de la trahison 
inf&me dont Darnley s'^tait rendu coupable envers elle, et 
de la conduite aussi inepte que m^chante qu'il lint ensuite, 
Marie Stuart, dis-je, avait eu parfaitemenl connaissance 
de la conspiration ourdie contre son mari et elle laissa 
faire les conjures. 

La malheureuse aitnait d^ji Bolhwell. Apr^s Tassassi- 



( 37 -) 

Dat du roi, elle ne fut Dullement forc6e par Bolhwell k 
Tepouser, elle le fit de son pleio gr6 : elle sacrifia sa cou^ 
ronue el sa liberie k $on attacbemenl passionn^ pour le 
soMal bardi et ^Dergiqae qui lui avail toujoars t^moign^ la 
plus grande 6delil6 au milieu d'une cour compos^e de 
tratlres et de I&cbes. 

M. Philippson a indiqu^ aussi les consequences incalcu* 
laMes de la cbulc de Marie Sluarl pour Tbisloire des lies 
britaoniquos. Des qu'elle eul disparu derriire les murs de 
sa prison el que son jeune fils fut ^lev^ dans la religion 
r^fonnde, rien ne s*opposa plus k ce que la maison des 
Stuarts succ6d4t k la dynaslie sterile des Tudors sur le 
tr&ne d*Angleterre. Ce n^^tait plus qu'une question de 
temps. 

£troitement unies, rAnglelerre el r£cosse purent d^sor- 
mais deployer en Europe louie leur force d*expansion. C'est 
ainsi que la Grande-Brelagne a pu conqu^rir Tempire des 
mers el, sonant de son tie et dc TEurope trop ^troite, 
coloniser les quatre autres parties du monde. 

Dans les pieces justificatives qui compl^tent le volume, 
Pavtenr a r^oni un nombre considerable de documents 
inedits, tir^s des arcbivesetdes bibliotb^ques de Londres, 
de Rome et de Florence. II en est parmi eux de fort impor- 
taois. Paul Frederigq. 



J*ai llionneur de presenter it la Classe, de la part des 
auteurs, Touvrage inliluie : c Die hystorie van Reynaert 
die Vos, naar den druk van 1479, vergeleken met William 
CaxtOD 's Engelscbe vertaling^ met inleiding en aanteeke- 
oingen uitgegeven door J.-W. Muller en H. Logeman. 
Zwolle, 1892 >. 



(38) 

On sait que Taocienne litl^rature flamande possMe deox 
r^daclions en vers du c^l^bre roman du Renard. La pre- 
miere paralt remonler i la denxi^me moiti^ du Xlli'' si^le, 
la seconde, beaucoup plus d^velopp^e, k ia deuxi6me moiii^ 
du XIV sitele (vers 1375). 

C'esl celte derni^re redaction qui a 6i6 mise en prose 
environ un sidcle plus tard. La plus ancienne Edition qu*on 
en connaisse a ^l£ publide en i479. II n'en existe plus que 
deux exemplaires ; Tun k La Haye, I'aulre k Londres. 

MM* Muller el Logeman onl done cru Taire chose utile 
en la reproduisant. Mais leur oeuvre comniune a encore 
une loul autre et plus haule port^e. 

Dans une introduclion assez ^tendue (57 pages), ils 
ont ^tudi^ avec un soin scrupuleux les difiR^rentcs et 6pi- 
Deuses questions d'histoire litteraire qui se rattachent k 
cette Edition de 1479, laquelle ne reproduit qu'imparfaite- 
ment — telle est la th^e de MM. Muller et Logeman — la 
version primitive. 

Cette conclusion, d'apr^ eux, s'impose lorsqu'on com- 
pare r^dition de 1479 avec la traduction anglaise du 
Renard due k la plume du c^l^bre imprimeur et traducteur 
anglais William Caxton. En effet, cette traduction, malgrS 
ses nombreuses imperfections, est basee sur une version 
seloq toute apparence aul^rieure et Ir^s certainemenl 
sup^rieure k T^dition de 1479, en ce sens notammenl 
qu'elle serre de plus prte Toriginal du Reynaert versifie, 
bien que cependant Caxton, on pent hardiment TaflBrmer, 
ne se soit pas servi de cet original. 

A quelle date remonie cette version ant^rieure et quel 
en est Tauteur? M. Muller estime qu'elle a &i6 faite vers 
1450, par un pr^tre on du rooins par un « clerc > passa* 
biement instruit, r^sidant en Z^lande ou dans la Hollande 




(39) 

m^ridioDale. Ce qui plaide en faveur de cetle derni^re 
hypolhtee, cVst que, dans la r^daclioo en prose du Rey- 
Daert, ie nom de la ville de Douai a &i& remplac6 par eelui 
de Zieriekzee, et que I'auteur a subslilu^ au nom flamand 
de la Lys (de Leie)^ qu'apparemment il ne connaissail pas, 
le verbe leyden, conduire. 

Les nouveaux ^diteurs, lout en reproduisant le lexlede 
1479, en ont Tail disparattre les fautes et les erreurs 
manifesles. lis ont d'ailleurs fait suivre ce texte d*un grand 
nombre de notes philologiques, qui ont pour objet, d'une 
part, d'^lucider les mots et les tournures les plus diiOciles, 
d*au(re pari, de reconslituer, autant que possible, le texte 
primilif qui a servi de base k la traduction anglaise de 
Caxlon. Ce texte, ainsi reconstilu^, rendra de grands ser* 
vices au futur 6diteur (probablement M. Muller lui-m£mc) 
du Renard versifi^ (Reynaerl II). 

L*ouvrage dA h la collaboration de MiM. Muller et Loge- 
man me semble pouvoir £tre consid^r^ comme une contri- 
bution iroporlante k Thistoire litt^raire de notre Reynaerl, 
qui est assur^ment une des productions les plus originales, 
les plus int^ressantes et les plus populaires du moyen 4ge. 

A. Wagbner. 



CONCOURS ANNUEL (1893). 



La Classe prend notification de la reception d'un 
m^moire envoys en r^ponse k la cinqui^me question du 
programme : Redoublement dans les termes verbaux et 



(40) 

nominaux du grec et du laiin. II porle pour devise : Non 
recuso laborem. 

Les commissaires seront nomm^ lors du delai fix6 
(!*' fiivrier prochaiu) pour la cloture de ce concours. 

PRIX BIENNAL DE PHILOLOGIB GLA3SIQUE. 

(Premiere periode 1801*1892.) 

La Classe des lettres avail ouverl cc concours en offrant 
uii prix de deux mille sept cent dnquante francs k Tau* 
leur du meilleur ro^moire r^dig^ en franQais, en flamand 
ou en lalin, en r^ponse a la question suivanle : 

Faire une Hude critique sur les rapports publics ei 
prives qui ont existe enlre les Romains et les Juifs 
jusqu'd la prise de Jerusalem par Titus. 

Le d^lai pour la remise des manuscrits expirait le 
31 d^cembre dernier. 

Deux na^moires ont ^t^ re^us : 

Le n"* i porle la marque distinctive a. r. 22; le n^ % la 
devise : tab vab vigtis. — Commissaires : MM. Wageoer, 
Willems et Yandeikindere. 



CONCOURS CASTIAU. 

(4« periode: 1890-1892.) 

M. Adelson Castiau a fonde un prix triennal de mille 
francs pour le meilleur travail en r^ponse aux moyens 
d'am^liorer la condition morale inteilectuelle et physique 
des classes laborieuses et des classes pauvres. 



{U ) 

Lisle des ouvrages re^us k la date du 31 d^cembre der- 
nier, terroe fatal de la quatriime p^riode : 

i . Adep {Charles) [de Ponlhiere, Ch.]. — Le probl6me 
social, 4 exemplaires. 

2. Godfrain(Emite).—mmo\T€S d'uu bomme du peuple 

(UMDOSCrit). 

3. Jongen {Alp). — Manuscrit. 

4. Mariel {Henri). — A. Livre d^di^ aux classes 
ouvriires. i vol. ; B. Genidvre el O' (avec traductions), 
7 broch. 

& Parent (Marie). — Le r6le de la femme dans la 
lalie contre ralcoolisme (avec traduction), 7 broch. 

6. Rubbrecht {L.-A.). — Remade contre le paup^- 
risme, i vol. 

7. Schoenfeld {Henri). — A. Les principes rationnels 
de Tsissiirance ouvri6re. Consequences procbaines et ^loi- 
gn^esdu systeme des assurances en Allemagne(manuscrit); 
fi. Brochures et exiraits. 

8. Van Nerom(P.). — A. Les lois ouvriires ct sociales 
en Belgique, i vol.; B. Les falsifications des denr^es ali-^ 
mentaires (nianuscrit). 

9. Koi7wron-Leo/iorrf(M"*). — Notions d'hygi^ne et de 
m^decine populaire (manuscrit). 

10. Anonyme. — Ce que devrait ^Ire T^dncation d^un 
eofanl dn peuple (manuscrit portant pour devise : Savotr, 
e'esi pouvoir). 

li. Id. — Manuscrit poriant pour devise : Multa pau" 
eis. 

Commissaires : MM. Banning, Mesdach de tor Kiele et 
Denis. 



( 42) 



RAPPORT. 



Principes ratianneU d'une orlhographe univenelle; 

par C. Falkenburg. 



€ M. C. Falkenburg, ing^nieur k Gilly, soumel k Tappr^ 
ciation de la Classe des leltres un m^moire intitule : Prin- 
cipes rationnels d*un€ orlhographe universelle (19 pp. 
in-fol.)- L'auteur reproduit dans ce travail les id^es qu*il 
avait ^mises en juin 1880, dans un article du Dageraad, 
d'Amsterdam. Cetle resurrection a d*autant plus sa raison 
d'etre, k ses yeux, qu*il y faut voir une revendication de 
priority. II se trouve» en effet, qu'un nouveau recueil, r^digi 
k Paris depuis 1888 seulement, le Maiire phonelique^ 
s'est inspire des theses fondamenlales de M. Falkenburg 
et a puise certains details dans Toeuvre de notre linguiste. 
Geci simplemeut pour memoire: nous ne pouvons entrer 
dans ce d^bat. 

Bien plus : Tid^e d*un alphabet phon^tique, oii chaque 
son simple, voyelle ou consonne (on d^composerait les 
diphtongues), serait representee par un signe particulier 
toiijours le meme, ce qui Terait de la langue ecrite, quelle 
qu*elle soit» la reproduction tideie de la langue parlee : cette 
idee est loin d'etre neuve. M. J. Tell, dans son curieuz 
volume intitule : Les grammairiens frangais (Paris, Firmin 
Didot, 1874, in-12) a exhume un certain Vandelin, augus- 
tin reforme, qui, c voulant rendre la langue francaise facile. 



(43) 

snrtool aoz classes ouvriires, qui n*ont pas le lemps il*alier 
user leurs effels dans Ics ^coles », s'avisa de composer un 
alpbabet-de treize voyelles el seize consonnes, image fiddle 
de la proaoDciation (1713). L*auleur a r&olu, autant que 
possible, les difficull^ qui se prisenlenl lout d'^bord : 
aiosi Vy n*est pour liii qn'un double t, Vh nue simple aspi* 
nlion ; pour ezprimer les nasales, il a recours au iilf et il 
rend le cA.par ud caracl^re special. Mutatis mutandisy le 
gnmmairieo de 1713 est bien et ddmeni un pr^curseur de 
M. Palkenburg. II y a celte diO^reuce, que celui-iJi ne s'esi 
occupe que de la laogue fraDcaise, landis que celui-ci 
applique ses priucipes raliounels i deux groupes de 
langues, d^uoe part aux idiomes d^riv^s du laliu, de I'autre 
Mz parlers germaniques. 

CilODs encore la composition par Volney (1818) d*un 
alphabet europeen applicable aux langues asiatiques; les 
alphabets phon^tiques de Henri Faure (1831) et d*Adrien 
Feline (1851); celui-ci admel quinze voyelles el vingt con- 
sonnes simples; menlionnons enfin VAIphabet universel 
de Lion de Rosny (1870). 

Mais le but que poursuit M. Falkenburg^ c'esl d'inau* 
garer nne nouvelle orlhograpbe enliSremenl bas6e sur la 
phonitique. II s*agit d*abord de dresser le tableau des 
sons simples (vingt*cinq voyelles el vingt-six consonnes), 
pour les sept langues que Tauteur a en vuc; il est tenu 
compte des accents. En somme, nous avoqs, non pas une 
r^forme, mais un bouleversement complel de rorlho- 
graphe; foi s*£crira fwa^ quartier s'^crira kartye. Et si 
cette revolution aboutit, un dictionnaire de la prononcia- 
lion remplacera le dictionnaire de TAcad^mie, et il faudra 
r^imprimer tout le contenu de nos biblioth6ques,sauf i ne 
corserver ainsi que les chefs-d'oeuvre, ce qui ne serait 



( 44 ) 

peiil-^lre pas un mal. En attendaDt, je suis d'avis que fa 
Classe des lellres doit k M. I*ing^nieur Falkenburg des 
remerciements pour son ial^ressante communication, et je 
propose le d^pdt de son travail aux archives de la Com— 
pagnic. > 



c Je me railie sans b^sifer aux conclusions de men 
spirituel confrere. Voili bien longtemps qu*on hasarde des 
projetsde n^ographie el de pasigraphie. c Les oseurB^ dil 
Cb. Nodier, n*ont pas manqu^ au XVP si^cle. > Cela est 
vraisurloul pour Tor tbograpbe fran^ise^qui n*a pas mtoie, 
comme celle de Tanglais, des pr6textes historiques. Mais 
ce r£ve de transcription universelle et rationnelle risque 
fortde figurer encore quelque temps parmi les pia vota des 
phonograpbes r^volulionnaires de TA B C. » 

La Classe vote des remerciements k Fauteur et d^ide 
le d^p6t de sa communication dans les archives de TAca* 
d<imie. 



Les dues de Lotharingie et specialement ceux de Basse^ 
Lotharingie aux X* el XI* siecles; par M. Paul Alber- 

dingk-Tbym* 

€ Le IX* et le X* siecle sont dans notre bistoire natio*- 
nale» si Ton pent ainsi parler, une terre en fricbe. On n'y 
rencontre que de grands espaces vides et de vastes parties 
d'ombre pleines de probl^mes non r^solus. L'bistorien qui 



(48) 

s*aveDtttre dans ces parages d^ol^s, k iravers I'ariditc des 
elirooiqaes el la raret^ des cbarles, les traverse k graods 
pas saos essayer d*y faire des d^couverles, el se h&le 
de gagoer un terrain qui prometle plus de fruit k ses 
recbcrches. Aussi, depuis Ernst et son remarquable 
Memoire itir les comles de la maison d'Ardenne, i*erudi- 
lioo beige ne s'esl-elle exercee que tr6s rarement sur ce 
aojet En ce qui coneerne particuli^rement les dues de 
Loibaringie, nous n'avons k signaler ici qu'un memoire de 
M. Uarcotty dans les Annales universitaires (tome 11, 
aante 1844), et T^tude sur Regnier-au-Long-Gol, que le 
R. P. Brabant a offerte k TAcad^mie il y a quelques anodes 
{Memoires in-8% tome XXXI, aunee 1880). 11 faut done 
savoir gr6 aux cbercbeurs qui travaillentiaugmcnler la 
somme de nos connaissances sur one p^riode aussi 
obficure de nos annales, et e'est une premiere raison pour 
faire bon accueil au memoire de M. Alberdingk-Thym. 

Le memoire est pr£c^6 d^une introduction de 22 pages, 
ou il est traits des limites et de la situation politique du 
pays k Tavinement de saint Brunon. 

L'utilite de celte introduction est fort contestable. Pour 
Plodder quelques points de la filiation et de la carri^re de 
DOS premiers duc&i il n'^tait besoin que d*entrer in medias 
res. L'introduction est d'ailleurs bcrs de proportion avec le 
restede rouvrage;elle a Tail d*avoir^t^ faiteapr^scoupeten 
quelquesorte pour T^toffer. De plus, elle ne nous apprend 
rien de nouveau, et elle n*est pas exempte d'inexactitudes 
ec de negligences. A deux reprises (pp. 19 et 20), j*y vois 
Conrad le Roux pr^sente comme le flis nalurel d'Olton 
le Grand, alors qu'un peu plus loin Tauteur lui-mdme nous 
dit qu'il est son gendie (p. 22). Ailleurs, je trouve des 
notices g^ographiques reposant sur un examen superGciel 



(46) 

des (ezles, comme quaod Tauteur declare qu'au IX' sitele 
le Brabant se partageait en qualre comtds. 1^ teste des 
annales d'Hincmar, anquei il renvoie, se borne i dire ad 
ann. 870 : in Bracbanio comitatus quatuor^ ce qai est loin 
d'etre la m£me chose. La mdme analyse insuffisante des 
textes fait dire k I'auteur (p. 21), que R^gnier-au-I^ng-Col 
re^ut le titre de vir comularis^ c qui 6quivalait k pen prte 
k celui de due », alors qu*en r^alit^ vir consularis n*est 
ici qu'un qualificatif sans aucune valeur ofBcielle : consul 
est d*ailleurs fr^uemment employ^ par les ^rivains da 
temps, dans le sens de comes. En r^sum^, et sans vouloir 
relever d*autres incorrections qu'il y aurait i signaler dans 
cette partie du m^moire« je crois que celui-ci ne pourrait 
que gagner k Aire all^g^ de Tin trod uction. 

L'ouvrage Iui-m6me est une etude sur les premiers dues 
de Lolharingie. Le copiste y a laiss^, comme dans Fintro- 
duction, un certain nombre de n^ligences qu'il aurait 
6i6 facile k Tauteur de faire disparattre en relisant attenti- 
vement le travail avant de le soumettre k notreexamen. 

Sans insister sur ces details, ni reprendre la discussion 
des points sur lesquels je ne puis partager Tavis de Tau* 
teur, je m'altacberai k la partie substantielle du m^moire, 
c*est-^*dire k son ^tude sur les premiers dues de Basse- 
Lothariogie. C'est un travail original et nouveau» dans 
lequel M. Alberdingk-Thym aboutit aux conclusions sui- 
yantes : 

1. Cc ne fut pas saint Brunon qui proc6da k la division 
de la Lolharingie en deux duch^s distincts. Nous savons 
par un passage de Prudence de Troyes, Annales a. 839, 
que dte le IX* siftcle il y avait des duch^ de Mosellane, de 
Ripuarie et de Frise, outre les comtes d*Ardenne, de Con- 
droz, de Baiavie et de Testerbant, qui n'y paraissent pas 
avoir 6i& compris. 



( 47) 

2. Le premier due de Basse-Lolhariogie, qui est ci(6 
dans UD acte de 953, ful un Godefroid, qu*il ne faut pas 
ooofoodre avec un autre due Godefroid, ^I6ve de saint 
BroDon et roorl de ia peste en 964. Ces deux personnages, 
seion toule apparence, doivenl dire identifies avec les deux 
dues Godefroid, pere et fils, dont il est question dans la 
Tie de sainte Adelaide de Villich. II rdsulte de \k que, con* 
Irairement i Topinion re^ue, la Lotharingie fut gouvernde, 
de 953 a 964, par deux dues du nom de Gotlefroid , dont 
le second fut fils du premier, ils n'appartiennent pas k la 
maison de Verdun; leur patrie doit dtre chercbde vers le 
Bas-Rhin. 

3. Le successeur immddiat de Godefroid II Tut Gode- 
frotd de Verdun ou Godefroid Ic Captir, qui, dans la liste 
des dues de Basse-Lolharingie, doit figurer sous le nom de 
Godefroid ill. En 977, il fut oblige de cdder son titre et 
ses fonctions h Charles de France, frdre du roi Lolhaire ; 
mais apr6s la mort de Charles et de son fils Otton, ia 
maison de Verdun renlra en possession du titre ducal 
avec Godefroid IV le Pacilique, fils de Godefroid 111 le 
Caplif. 

Si ces r^sultats doivent £tre considdrds comme acquis, 
il y aura lieu de remanier profonddment la liste des dues 
de Basse-Lotharingie. Qu*en faut-il penser? A mon sens, 
raoteur a parfaitement prouv4 qu'on a jusqu*ici confondu 
plosieurs de ces personnages, et sa critique fine et pdn^ 
tranle a restitud leur identity aux trois premiers. Dans 
robscoriii profonde qui r^ne sur toute cette partie de 
nos annales, ce n*est pas h un mediocre rdsuitat. Aussi, 
loin de contester les conclusions de M. Alberdingk-Thym, 
je suispluldt portd ji regretter qu*il ne soit pasalld assez loin 
dans la voie qu*ii a ouverte. Aprte avoir dtabli que le 



":i 



(48) 

nombre de nos dues ^lail, au X* siicie, plus grand qu*on 
ne l*a cru jusqu*ici» il y avail lieu peut*dtre de rechercher 
la valeur exaete du litre qu'ils out porl^. Ont-ils tousgou- 
vero^ la Basse-Lolharingie tout emigre, ou bien ont-ils 
^l^ k la l6te de Tun des duch^s parliels ^num6r^8 par 
Prudence de Troyes?Cette question est d'autant plus inl6- 
ressante k examiner, que pas un seul des dues du X^ si^le 
ne prend rormellemenl le litre de « due de Lotharingie • ; 
le seul Godefroid II est quaiifi^ de dux Lolhariensu par le 
continuateur de R^ginon (1), mais la valeur exaete de ce 
litre est fort disculable. Je rencontre, il est vrai, dans un 
dipldme de 964 (Lacomblet, Urkundenbuch fur die Geseh, 
des Niederrheins^ I, p. 61), un Henri qui se fait appeler dux 
Loiharingorum ; mais ce personnage n'est connu d'aucun 
historien. M. Alberding-Thym I'a ignor^ Iui-m6me, et il 
est probable que le dipldme qui en fait mention est apo- 
cryphe. « -* . •- 

Quoi qu'il en soil, Tinter^t des considerations que nous 
pr^sente M. Alberdingk-Tbym est considerable, et jecon- 
clus que si Tauleur consent k soumettre son travail k une 
revision dont je crois avoir d^monlre la convenance, il 
Ggurera utilement dans les M6moires de TAcad^mie. » . 

M. Bormans, second commissaire, se rallie aux conclu- 
sions formul^es |)ar le premier rapporteur, et la Clabse 
decide rimpres$ion du travail de M, Alberdingk-Tbym 
dans les Memoires de TAcad^mie. 



•(i) M. Alberdingk-Thym dit, il est ^rai que Ruolger donne dga- 
lement ce litre {dux LothhriensU) a Godefroid. Cest une orrcur. 




(49) 

igLEGTIONS. 

La Classe proc^rie k Telcction de son direcleur pour 
TaDD^e 1894. Les suffrages se porlent sur M. Ch. Loomans. 

Mgr Lamy, en inslallanl au fauleuil son snccesseur 
II. Henrard, adresse ses renierciements k ses confreres 
poor la bieuveillance el la syxnpaihic donl il a ^i6 Tobjet 
pendanl Tano^e 6coul£e. 

M. LoomaDs invil^ k venir prendre, place au bureau, 
lienl i assurer ses confreres qu'il (ftchera de r^pondre k 
la marque de sympathie . et d^eslime dont il vien I d'etre 
robjet. 

— La Classe passe k I'^lection du jury .charge de juger 
les travaux soumis pour les prix De Keyn, k decerner 
celte ann^e (Septi^me concours, preofii^re periode. Ensei- 
gnemeni primaircy 1 89 1 - i 892) . 

Ool ii6 £lus : MM. Bormans, Derboeuf, L^on Fredericq, 
Paul Fredericq, Polvin, Wagener el Willems. • 



3** SfiRIE, TOME X3fV. 



• • 



(SO) 



CLASSE DES BEAVX-ARTS. 



Seance du 5 jammer 1895. 

M. £d. F£tis, direcleur et president de TAcad^mie 
[our 1892, occupe le fauteiiil. 
M. le chevalier Edm. Marghal, secretaire perp^luel. 

SoDl presents : 1MM. Ad. Samuel, direc/erir pour 1893; 
C.-A. Fraikin, Alph. Balat, Ern. Slingeneyer, Ad. Pauli, 
God. Guffens, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, 
G. De Groot, G. Biol, H. Hymans, J. Slallaert, H. Beyaert, 
Alex. Markelbachy Max. Rooses, J. Robie, G. Hubert!, 
A. Hennebicq, Ed. Van Even, membres. 

M. Radoux fail connatire par ^cril les motifs qui Tem- 
pSchenl d*assister^ la stance. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Minislre de Tlnlerieur el de rinstrucliou publique 
envoieuneamplialionderarr^le royal cndatedu lOd^cem- 
bre dernier, nommant M. Ch. Van Bambeke (direcleur 
de la Classe des sciences) president de TAcad^mie pour 
Tann^e 1893! 

— M. Ch. Meerens adresse, avec une comrounicaliuo 
Djanuscrile, un exemplaire de son travail intitule : Descrip^ 
tion d'une interessante experience modele d'acouslique 
musicale. — Renvoi k la Section de musique. 



(5< ) 
RAPPORTS. 

II est doDn£ lecture des rapports suivants : 

I* De la seclioD d'arcbilecture, sur la proposition d'achat 
— faile au goavernement, par M. Ch. De Wulf, ancien 
prii de Rome poor rarchitecture — de quinze dessins et 
plans ex^cul^ par ce laur^at, pendant son s^jour k 
r^tranger, comme boursier de I'^tat; 

2* De MM. F6lis (rapporteur), Slingeneyer, Guffens et 
Slallaerty surleseptieme rapport semestriel de M. Montald, 
prix de Rome .pour la peinture en 1886. 

Ces rapports seront transmis en copied M. le Ministre 
de rint^rieur et de I'lnstruction publique. 



Elections. 

La Classe proc6de, en comil6 secret, aux Elections pour 
les places vacantes et k T^lection de son directeur pour 
1894. Ont &i6 6lus : 

Dans la section des sciences et des lettres dans leurs 
rapports avec les arts, tnembre tilulaire (sauf approbation 
royale) : M. Charles Tardieu , d&]k correspondant. 

Correspondant : M. G^nard, archiviste de la ville 
d*Anvers. 

Dans la section xie peinture, corre5pon(/an;« ; MM. Alfred 
Cluysenaar et Albert De Yriendt, le premier, professeur h 
rinstitut sup^rieur des beaux-arts d'Anvers; le second, 
directeur de KAcad^mie royale des beaux-arts d'Anvers. 

Dans la section de sculpture, associes : MM. Paul Dubois, 
membre de Tlnstitut, et Antoine Merci^, statuaire, k Paris. 



(82) 

Dans la section de gravure, assode : M. Willem linger, 
aquafortiste, k Vienne. 

Dans la section de musique, associS : M. J. Massenet, 
mcmbre de Tlnstilut, 4 Paris. 

— M. Alph. Balal, membre tiiulaire, est proclam^, & 
I'unanimile des suffrages, directeur de la Classe pour 
Fannie 1894. 

M. F^tis, en installant au fauteuil son successeiir 
M. Samuel, s'estime beureux que le dernier acte qu*il a 
^te appel^ k poser, comrae directeur pour 1893, est la 
proclaniation, k I'unanimil.^ des voix, de M. Balat comme 
directeur pour Tannic 1894. 

M. Samuel adresse h M. F^tis les remerciemen ts de la 
Classe pour la mani^re dont il s'est acquitt^ de son mandat, 
et prie ensuite M. Balat de venir prendre place au bureau. 

M. Balat remercie ses confreres pour le nouveau temoi- 
gnage d*estime et de sympatbie dont il vient d*£tre Tobjet. 



PROGBAMME DE CONCOURS POUR L'ANNfiE 1894. 

Preui&re question. 

Faire Vhistoire de la chanson mondaine, a une voix, 
dans les provinces belgiques^ a partir du XV" siecle. 

Deuxii^me question. 

Faire Vhisioire de la ceramique au point de vue de Vart, 
dans nos provinces, depuis le XF* siecle jusqu'd la fin du 
XVIII' siecle. 




( 83 ) 

Troisijsme question. 

QueUe influence ont exercee en France, du X/P au 
XVI* siectej tes sculpteurs nes dans les provinces belgiques 
ei dans la principaute de Liege? Cilez les (Buvres nees de 
cette influence el les maitres qui la caraclerisent. 

Les mots c provinces belgiques > sont pris ici dans 
Tacceplion qu'ils avaient an XVI^ siecle. 

; QUATI\li:HE QUESTIOiN^ 

Determiner^ en les precisant par des croquisy les caraC'- 
teres de rarchiteclure flamande du XVP Steele. Indiquer 
les principanx edifices dans lesqueis ces caracteres se ren^ 
contrent. Donner I'analyse de ces edifices. 

La valeur des m^dailtes d*or presenl^es comme prix 
pour ces queslions sera de tnille francs pour la premiere, 
pour la iroisieme et pour la qualrieme, et de huit cents 
francs pour la deuxieme question. 

Les m^moires envoyes en r^ponse k ces questions 
doiveui dtre litiblement Perils el peuvent dtre r^dig^s en 
fran^is, en flaroand ou on latin, lis devront £tre adress^s, 
Trancs de port, avant le 1*' juin 1894, i M. le chevalier 
Edroond Marchal, secretaire perp^tuel, au palais des 
Academies. 

Les auteurs ne mettronl point leur nom k leur ouvrage ; 
lis n*y inscriront qu'une devise, quils reproduiront sur 
jin pli cachet^ renfermant leur nom et leur adresse. 
(11 est d^fendu de faire usage d*un pseudonyme); faute, par 
eux, de satisfaire k ces formalit^s, le prix ne pourra leur 
£lre accord^. 



(84) 

Les ODvrages remis aprte le temps prescrit oa ceux doot 
Ie8 auteors se feront coDnatlre, de quelque mani^re que ce 
soil, seront excius da concours. 

L'Acad^mie demaode la plus grande exactitude dans les 
citations : elle exige, k cet effet, que les concurrents iodi- 
quent les Mitions et les pages des ouvrages qui seroDi 
mentionn^ dans les travaux prisentes a son jugement. 

Les planches manuscrites, seules, seronl admises. 

L'Acad^mie se r^rve le droit de publier les travaux 
couronn^s. 

Elle croii devoir rappeler aux concurrents que les 
manuscrits des m^moires soumis k son jugement resteni 
d^pos^s dans ses archives comme £tant devenus sa pro- 
pri£t^. Toutefois, les auteurs peuvent en faire prendre 
copie k leurs frais, en s'adressant, k cet eflet, au secretaire 
perp^tuel. 



ART APPLI9II6. 

Musiqtie. 
On demande un qualuor pour inslrumenta a archet. 

Prix : Mille francs. 

(Ce concours est exclusivement limits entre les compo- 
siteurs beiges on naturalises.) 

Archiieclure. 

On demande let plam d^un Mu$ee destine exclusivement 
aux oeuvres de sculpture. 

L'edifice ne comportera qu'un seul etage, eiev^ sur un 
soubassement. Le terrain reserve k la construction pr6sen- 




(55) 

(era uoe super6cie de 4,000 ni^ircs carr^s, y compris 
les cours el jardins. 
L*^ifice comprendra : 

1* Des salles d'eiposilion pour les oeuvres assyriennes, 
^yptieonesy grecques, romaines et morlernes, qui^ loutes, 
seroDt disposees par ordre chronologique; — 2"" Des and- 
chambresel cabinets k Tusage des conservaleurs du Mus^e; 

— 5* Une loge de concierge; — 4° Un vesliaire; — 5* Le 
soobassement renfermora, outre I'habitalion du concierge, 
des ateliers pour la reslauralion el le moulage des oeuvres 
de sculpture. 

Les concurrents soumeltront : I"" Le plan principal de 
r^ifice; — 2^ La facade principale el la fagade lat^raie; 

— 3* La coupe transversale el la coupe longitudinale (ces 
plans seront dresses a T^chelle de 1 centimetre par m^tre); 

— el 4* le plan g^n^ral, dressed I'^cbelle de 2 millimetres, 
comprendra la distribution du soubassemenU 

Prix : If t7/e francs. 

(Ce concours est, aussi, exclusivement limits entre les 
architectes beiges ou naturalises.) 

Le deiai pour la remise des partitions ou des plans expi- 
rera avant le 1'' oclobre 1894. 

L'Academie n*accepte que des travaux compieiemenl 
terminus : les pariiiions devronl dire lisiblement ^crites; 
les dijrerents plans des projets d'arcbitecture devronl Sire 
colie$ sur loile el places sur ch&ssis. Les partitions ainsi 
que les plans porleronl cbacun une devise ou une marque 
distinctive qui sera reproduite sur un pli cacbete renfer- 
manl le nom et Tadresse de I'auleur. (II est defendu de 
Taire usage d*un pseudonyme.) 

Faute, par les auteurs, de salisfaire k ces formalites, le 
prix ne pourra leur dire accord^. 



(56) 

Le manuscril de la partition couronn6e rcsle la pro- 
priety dc TAcad^mie. L*auteur peut en faire prendre copie 
k ses frais. L'auleur dels plans couronn^s pour le sajet 
d*arcbi lecture est tenu de donner une reproduction pbolo- 
graphique de son oeuvre, pour dire conservee dans les 
archives de I'Acad^mie. 

Les travaux remis apres le terme prescril, ou ceux doot 
)es auleurs se feronl connattre, de quelque naanidre que ce 
soil, seronl exclus du concours. 



OUVRAGES PRESENTES. 



Beneden (P.- J. Van). — La nier Noire ct ses Celacds vivauts 
el fossiies. S. 1. n. d.; in-S"" (8 p.). 

Delb(Buf{J.). — Einige psychologische Betrachtungen iiber 
denHypnotismus gelegentlich eines durch Suggestion geheillea 
Falles Yon Mordmanie. S. I., 1892; extr.; in-S*" (15 p.) 

de la VaiUe Poussin (C-J.)« — Rcchcrches sur la conver- 
gence dcs int^grnles definics. Paris, 1892; cxlr. in-4* (45 p.). 

Dupont {&.). — Situation sanitairc du camp de TArouwimi 
(octobre 1889 h octobre 1891). Bruxelles, 1892; in-8« (46 p.). 

Collin (Joseph). — Palnialia ou les martyrs de Treves sous 
MaximiIien*Hcrcule, 4* edition. Brainc-lc-Comtc [1892] (21 5 p.). 

Bernmotin (Eug.). — Les institutions proviuciales et com- 
munalcs de la Bclgique, tome IL Bruxelles, 1892; in-8°. 

Dejardin (Joseph), — - Dictionnaire des spots ou proverbes 
wailons, pr^cikl^ d*une dtude sur les proverbes, par J. Slecher; 
2* Edition, coordonndc ct considcrablemeut augmentde avcc la 
collaboration de Joseph Defrccheux, tome II, L-Z. Li^e,1892; 
vol. gr. in-8'. 



r 



(57) 

l/ril(Le baron Alfred de), — Rapport stir Ics fouilles ex6- 
culifes par laSociele d'arch^ologie de Bruxclles, pendant Texer- 
cice m\. Bruxellcs, 1892; in 8» (8 p.). 

— Quelques renseignements sur la provenance des objets 
laeostres acquis recemment par le Mus^e royal d^anliquit^s. 
Bmclles, 1891; extr. iu-8*(12 p., 5 pi.). 

— Notice sur dcs fouilles pratiqnocs sur remplaceroent du 
▼tste atelier odoliibique de Spiennes (Hainaut). Bruxelles, 
1892; extr. in-8* (34 p., i.O pL), 

— Rapport sur le congres archcologique de France, 58* ses- 
sion, i891, k Dole, Besancon et Montbdliard. Bruxelles, 1892; 
eilf. iii-8* (8 p.). 

— Fouille d*une tombelle au plateau de la^ Quenique, ft 
Court-Saint-Elienne. S. 1. n. d.; in-8' (4 p.). 

— Exposition prt^historique organisee k Bruxelles par les 
Soci^tes d*arch^oIogie et d'anlhropologie, k Toccasion de la 
teoue du septieme congres de la federation archcologique de 
Bclgique (aout I89i). (Notice -catalogue.) Bruxelles, 1892; 
in .8' (52 p.). 

Van der Siricht (0.). — Contribution k I'dlude hislologique 
du rein, modification de eel organe aprea extirpation de celui 
du c6i6 oppose. Gand, 1892; extr. in-8* (24 p.). 

Prettdhomtne de Borre (A .). — Sur une capture en Belgique 
duPflOLcusOpiLiONOiDEsSchrank. Bruxelles, 1892; extr. in-8'' 
(3 p.). 

Bbdxelles. Societe du Folklore wallon. — Bulletin, 189i, 
l^semcstre In •8* 

ConeexU provinciaux, — Proces-verbaux des seances et 
exposes de la situation administrative, 1890-92. Anvcrs, Bru- 
xelles, etc., 5i vol. 

Mininthre de la Guerre. — Statislique raCdicale de TarmCe 
beige (1891). Bruxelles, 1892; in-4». 

Chahlbiioi. SociiU paliontologique. — Documents et rap- 
ports, tome XVIII, 4« livr., 1892; in-8^ 

Gaiid. Dietsche Warande^ 5*** jaargang, 1892; in-8*. 



(58) 

Hut. Cerde des naiuraliste$ kulois. — Bullelin, 1892, 
n* 2 ct 3; in-8\ 

LouTAiif. Universile ealholique. — Annuaire, 1895. Iii-i2« 



Allemigrb et Aotbichb- Hongrib. 

Tisehner (August). — Le pouToir grossissani de I'atmo- 
sphere. Leipzig, 1892; in-S* (iO p.), 

Bbblin. Verein fur Geichichie der Mark Brandenburg. — 
Porschungen, Band V, 2. 1892; iD-8*. 

Bbeslau. GeselUchafi fur vaierl&ndische CuUur. — 69. 
Bericht, 1891. — Litleralur des Landes- und Volkskunde der 
Provinz Schlesien (Prof. Dr. J. Partsch). Hca i. 1892. 

GoRLiTz. Oberlausitzische GeseUschuft der WUsenschaften. 
— Neues Magazio, 68. Band, 1 und 2. HefL 1892f. In•8^ 

Stuttgabt. Konigliche Forstdireklion. — Mitteilungen, 9. 
Jabrgang. 1892;in-4^ 

— Statistisches LandesamU — Jahrbucher, 1890, Band II; 
1890-91, Band I, Heft 1-3. 1891-92; 5 cab. in-4«. 

ViENNB. GradmessungS'Commission* — Protokolle ueber 
die am 21. April und 2. September 1892 abgebaltenen Sitzun- 
gen. 1 892. In.8*. 

ViBFiNB. Von Kuffner^scken Sternwarte. — Pubh'cationen, 
Band II. 1892; in-40. 



Ami^biqub, 

Buelna (Euslaquio), — Arte de la lengua Cabita. Mexico, 
1890; in-8M264 p.). 

— Pcregrinacion de los Azlecas y noinbres geograficos indi- 
genas de Sinaloa. 1892; in-8'> (152 p., pi.). 

Bibbins {Arthur). — On the distribution of cordylophora 



V'-fl." ' 



(59) 

io the Cliesapeake esluaries, and tbe character of its habitat. 
l89S;extr. in-8''(16 p ). 

Bale (George-E.). — The Ycrkes Observatory of the Univer- 
sitj of Chicago. Chicago, i892; cxtr. in-S"* (4 p.). 

— The ultra-violet speclrtim of the solar prominences, III. 
Chicago, 1892; extr. in-8« {i p.). 

^ Some results and conclusions derived from a photo* 
graphic study of the sun. Chicago, 4b92; extr. in-8°*(5 p.). 

CoBoovA. Academia nadonal de ciencias. — Boletin, tomo X. 
1890; n* 4. ln-8». 

Mexico. Sociedad de geografia y estadislica. — Boletin, 
tomo II, 6 y 7. 4892. ln-8*. 

WisBmcTON. Surgeon-general Office — Report for i 891 -92. 



France. 

Dareste (Bod.), — La science du droit en Grece. Plalon, 
Aristote, Theophraste. Paris, 1893; in^"" (319 p.). 

Pkiiippson {Martin), — Histoirc du regno dc Marie Sluort, 
lome 111. Paris, 1892; in-8<> (520 p.). 

• Leroy-Beaulieu {Anatole). — L*ideal juif. Bruxelles, 1892; 
extr. in -4* (i p.). 

Bologne {Jean de). — La vie et Toeuvre de Jean de Bologne; 
par Abel Desjardins, d*apres les manuscrits inedils recueiliis 
par M. Foucques de Vagnonville. Paris, 1883; vol infolio 
(208 p ). 

JanneUaz {Ed.). — Note sur la matiere colorante des cal- 
caires oolrs des Pyrenees. Paris, 1892; in- 8' (20 p.). 

— Notice sur roes travaux scientifiques. Paris, 1892; iii-4' 
(57 p.). 

Lton. Sociele academique d'archilecture. — Annales,tomeX, 
1889-90. 4892; gr.in-8*. 



(60) 

Grande- Brbtagnb et Colonies britanniqubs. 

Henry (James), — Acneidea, or critical excgetical and aesl- 
helical remarks on ihe Acneis : Indices. Meissen, i892; in-S"*. 

Logeman (H.), — The rule of S. Benet, latin and anglo-saxon 
interlinear version; edited with an introduction and notes. 
Londres,'i888; in-8»(Lxni -^ <2S p.). 

Tennant {J.-f')- <— Report on the preparations for, and 
observations of, the transit of Venus, as seen at Roorkee and 
Lahore, on december 8, i874. Calcutta, 1877; in-i"* (54 p.). 

Doucard (A.), — America : four epoch. Population before 
and after its discovery. Londres, 189i; extr. in-S"* (16 p.). 

Glasgow. Philosophical Society. — Proceedings, 1891-92, 
vol. XXllI. Index to vols. I-XX, 1841-89. ln-8^ 

Lb Cap. Philosophical Society, — Transactions, vol VI, pars 
1 and 2, 4889-92. 2 cah. in-8". 

LoNDRBS. The nautical almanac^ for 1896. I11-8". 

Maurice. Observatory. — Annual report for 1889 and 1890. 
Meteorological results for 1890. Meteorological observations 
for 1891. 4 cah. in-4'. 



Italie. 

ifar(one(ilf.).-'Intro(luzioncalla leoria delle serie,part6 2': 
II problema universale del Wronski e la risoluzione ulgebrica 
deir equazioni. Catanzaro, 1892 ; gr. in-8* (41 p.). 

Omboni (G.). — Achille de Zigno. Cenni biografici estratti 
dal discorso d*apertura della riunionc delia Societi gcologica 
italiana in Vicenza. Padoue, 1892; in-8'* (55 p.). 

Biuso (C). — Fluido psichico parallelisino psichico. 
Ciitania, 189i;in-8'(14 p.). 

MANTODB.kcca(fef»iia Virgiliana. — Atti e meniorie, 1891-92. 



r^"f 



(6i ) . 

Naplbs. Aeeademia Pontaniana, — Atti, vol. XXII. 1892; 
7ol. in4*. — Annuario pel 1893. Iii-12. 

PoRTia. A. Scuola superinre d'agricoUura, — Annuario, 
rol XV, fasc. 2-4. Naples, 1885-87 ; 3 cah. in-8^ 



Liste des ouvrages diposis dans la Bibliolhkque de VAcadimie 
par la Commission royale d'histoire, 

Brabant {Firming — Histoire politique interne de la Bcl- 
giqae. Namur, 1892; in-8^ 

Demarleau {Joseph). — La premiere dglise de Lidge : Tabbaye 
de Notre-Dame. Lettre h M. Godefroid Rurth. Lidge, 1892; 
in-8*. 

Dev{llers(Liopold). — L'ancien sceau de Flobecq. Mons, 1 892; 
in-8*. 

Gregoire. — Catalogue des antiquites, tableaux, bibelots 
artistiques, etc., formant Tatelier de feu M. Grdgoire. Malincs, 
1892; in-8-. 

Hynderick {Le chev.). — De la protection Idgale de renfance» 
discours. Gand, 1892; in-8^ 

— Dc la surveillance spdciale de la police, discours. Gand, 
1891;in.8*. 

La Uaye (Uon). — Carlulaire de la commune de Dinant, 
tome IV, 1556-1620. Namur, 1891; in-S^ 

Magnetle {F ). — Guillaume d*Orange et la pacification de 
Gand. Gand, 1891; extr. in 8\ 

Wallman Van Spilbeeck (Fr.). — Het Herenthalsch klooster 
oozer-lieveo-vrouwen Besloten-hof der orde van Premonstreit, 
heden Sint-Josephsdal. Averbode, 1892; in-8^ 

Aklon. Inslitul archiologique. — Annales, tomeXXIV-XXVI, 
1891-92; 3 vol. gr. in-8«. 

Gahd. Het Beifort. Maandschrijft gewijd aan letteren, kunst 
en wetenschap, 1892, n* 12; in-8^ 



(62) 

LouvAiif. Analectes pour servir d I'histoire ecMsiiUlique de 
la Belgique, «• seiie, t. VI, 4* livr.; VII, 4-3; iii-8*. 

MoNS. Cercle arehiologique. — Anoales, tome XXIII. 1892. 

Namcr. SocietS archeologique. — Annates, t. XIX, 2% 3* eC 
4* livr. — Rapport pour i890.1n-8^ 

S*-NicoLAs. Cercle archeologique du pays de JVaes. — 
Annales, t. XIII, 3* ct 4* livr.; t. XIV, i'^ livr. 1892; 3 cab. 
gr. in -8". 

TouRNAi. SociM historique el liiUraire. — M^moires, 
t. XXIII. In-8*. 

Pastor (Louis). — Die Kirchlichen Reunionsbestrebungen 
wahrend der Regierung Karls V. Fribourg in Br., i879. ln-8*. 

— Histoire des papes depuis la fin du moyen dge, traduit 
de Tallemand par Furcy Raynaud, tomes I el 11. Paris, 1888; 
2 vol. in-8». 

StiU fried (/?.-(?.). — Die altcren Siegcl und das Wappen der 
Grafen von Zollcrn, so wie der zollernscben Burggrafen zu 
Niirnberg. Berlin, 1881; in^"". 

Monumenta Zollerana, — Urkundenbuch zur Geschichte 
des Hohenzollern, Band VIII (von SliIirried,Traugolt Macrcker, 
i. Grossmann, Martin Scheins). Berlin, 1890; vol. in-4*. 

Bade. Historische Kommission. — Zeitschrift fiir die Ge- 
scbichte des Oberrbeins, Band VI, 3, 4; VII, 5. 1891-92. ln-8«. 

Carlsruhb. Zeitschrift fiir die Geschichte des Oberrheins : • 
neue Folge, Band VI, 3 und 4; VII, 3. 1891*92; in-8«. 

Gratz. Historischer Yerein, -r- Mittheilungen, Heft 39. — 
Beitrage, 23. Jahrgang. 1891. In-8\ 

Hanovre. Historischer Verein far Niedersachsen, — Zeit- 
scbrift Jahrgang 1891. ln-8^ 

Strasbourg. Historisch-litterarischer Zweigverein des Voge* 
sen-Clubs, — Jahrbucb fur Gescbicble, Spracbe und Litteratur 
Elsass-Lothringcns, Jahrgang, VII und VIII. In-8*. 

Stuttgart. K6n, Bibliolhek, — Die bistorischen Hand- 
scbriften, Band I, II. 1891; 2 yol.«gr. in-8*. 



(63) 

Wasduigton. Historical association. — Annual report for 
1889. Io-8^ 

Cardan (Georges). — La fondation de TUoiversit^ de Douai. 
Paris, 1892 ;in-8*. 

Du Teil (Joseph).— he village de Saint-Momelin (640-1789). 
Paris, 1891; br. in-8^ 

Funck'Brentano (Frantz), — Menioire sur la bataille de 
Courtrai (1302) el les cbroniqueurs qui en ont traits, pour 
servir k Thisloriograpbie du regne de Philippe le Bel. Paris, 
1890; in-4'. 

— Le traits conclu en i497cntre Rene 11, due de Lorraine, et 
Robert II de la Marck, seigneur de Sedan. S. 1. n. d.; br. in-8^ 

Les chartes de S'-Bertin, t. II, 5* fasc. In-4^ 
Ministhre de V Instruction publique, Paris. — Biblioth&que 
des ^les fran^aises d*Athenes et de Rome : fosc. 60. In-8^ 

— Doeuments inedits sur Thistoire de France : Lettre de 
Peiresc, tome 111. — Lettrcs du cardinal Mazarin, tome VI. -^ 
Letlres de Catherine de M^dicis, tome IV. — Comptes des 
b^timentsdu roi, tome III. 4 vol. in-4^ 

BMiographie des travaux historiques et archiologiqueSy 
tome II, 2* livr. Paris, 1891; in-4». 

U moyen dge. Bulletin dliistoire et de philotogie, 1891, 
1, 6-12; 1892. MO. Paris; in-8°. 

RouBAis. Sociiti d'imtdation. — M^moires, 2* s^rie, tome VI. 
1891. In-8-. 

S'-Ohbk. Societe dts anliquaires de la Morinie. — Bulletin 
historique, n'* 157-161. ln-8». 

Valbhcibhnes. Societi d' agriculture j sciences et arts. — 
Revue agricole, etc., 1891, 1892, n"" 1-3. Valenciennes. In-8'*. 

Robe. Accademia dei Lincei. — Atti, serie quarta : Rcndi- 
conti, vol. Vll, 1* sem., 10-12; 2« sem.. 1-7, 9-12. 1891-92; 
gr. in-8». 

— Reodiconti dell* adunanza solenne del 5 giugno 1892. 
1892; gr. in-8*. 



(64) 

— Rendiconti, classc di science roorali, 5* seric, vol. I, 
fasc. i-9. 1892. In-8^ 

— Societa romana di storia patria — Archivio, vol. XIV, 
3 e 4; XV J -2. 1891-92. In-8». 

Brugmans [B.y — Engeland en de Ncderlanden in de eerstc 
jaren van Elizabeth's regeering (1558-1567). Groningue, 1892. 
In-8«. 

Schepers (J.-B.). — Groningen als Hanzestad. Groningue, 
1891 ; in-8^ 

Catalogue d'un choix de pieces hisloriques curieusea et rares 
des XV% XVI* et XV1I« siecles. La Haye, 1891; pet. in-V. 

Ldxevbourg. Section historique de VlnnlituL — Publica- 
tions, vol. XXXIX, XLI et XLII. 1890-91; 5 vol. gr. in-8\ 

Demote {Eughui). — Histoire mon^taire de Geneve de 1792 
k 1848, tome 11, cah. 1. Geneve, 1892; in-4«. 

Geni^vb. Soeiiti d'hisioire et d'archiologie, — Mdmoires, 
nouvelle s^rie, tome III, 2* iivr. — Bulletin, tome I*', I'* livr. 
1892; 2 cah. in:8^ 



L 



t 



BULLETIN 



DR 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

DES 

LKTTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 

1895. — No 2. 



CLASSE DES SCIEIVCES. 



Seance du 4 fevrier 1895, 

U. Ch.VAN BAMBEKE,direcleur, president de I'Acad^mie. 
M. le chevalier Eom. Marchal, secretaire perp6(uel. 

Sonl prints : MM. Mourloo, vice-directeur; P.-J.Van 
Beoeden, le baroo Edrn. de Selys Longchamps, G. De- 
walquc, E. Cand^ze, Briaimonl, £d. DnpoDt, fid. VaD 
Beneden, C Malaise, F. Folie, A. Briart, Fr. Cripin, 
Jos. De Tilly, G. Van der Mensbrugghe, W. Spring, Louis 
Henry, P. Mansion, J. Delboeuf, P. De Heen,C. Le Paige, 
Ch. Lagrange, F.Terby, J. Deruyts, membres; E. Catalan, 
Cb. de la Valine Poussin, associes; J.-B. Masius, A.-F. 
Reoard, L. Errera, C. Vanlair, J. Neuberg el A. Lancaster, 
^fU'respondants. 

3"' 86RIK, TOME XXV. 5 



(66) 



CORRESPONDANCE. 



M. le Minislre de rint^rieurel de I'lDslruction publique 
adresse : l"" Pour les membres de ia Classe, cinquanle 
exemplaires du rapport du jury de la neuvi^me p6riode 
du coneours quiDquennal des scieDces nalurelles (1887- 
1891); ^ Pour la bibliotheque de TAcad^roie, un exem- 
plaire des livraisons 299 et 300 de la Flora balava. — 
Remerciemenls. 

— MM. Alb. Lancaslcr, Brioschi, Friedel, Cornu et de 
Lacaze-Dulhiers remercienl pour leurs dipldmes. 

— La Classe acceplc le depdl dans les archives de 
TAcad^mie d'un billet cachet^ envoy^ par M.J. Beaupain^ 
ingi^nieur ^ Li^ge, el d*un billet cachet^ envoy^ par 
M. J. Van Laer; celui-ci porte en suscription : Sur un 
nouveau moyen pour obtenirf par I'emploi des matieres 
gelatineeSf des cultures absolument pures de levures et 
autres micro-organismes. 

— M. Lamal, pharmacien a Anvers, accuse reception 
de son travail manuscril concernant I'influence de I'atmo' 
sphere, etc., sur lequel il n'avait pas encore &ii fait de 
rapporU 

— La c Naturforschende Gesellschaft », de Dantzig, 
remercie pour les Ti^licitations qui lui ont &1& adress^es 
k Toccasion du cinquanti^me anniversaire de sa Tonda- 
lion. 



(67) 

— Le Comite rorm^ k Allenbourg, pour T^rection d'un 
monument i la m6moire des naluralistes Chr. Brehm, 
A. Brehm et Schlegel, fait appel a la g^n^rosit^ de leurs 
admirateurs. 

— La Soci^l^ imp^riale de mineralogie, k Sainl-P^ters- 
bonrg, annonce la morl de deux deses membres : Nicolas 
Kokscharow et Axel Gadoline. 

— I^ Society balave de philosophie exp^rimenlalede 
Rotterdam adresse le programme des questions qu'elle a 
Diises au concours en i892, et dool le delai pour la remise 
des manuscrits expire le 1*^ li^vrier 1895. 

— La Socieie des sciences, des arts et des lellres du 
llainaut, k Mons, adresse le programme des questions 
qa^elle a misesau concours cetle ann^e. 

— Horn mages d'ouvrages : 

i* Sur une nouvelte illusion d'oplique; par J. Delboeuf; 

2" Sur la concordance qui exisfe entre la loi hislorique 
de Brucky la chronologic de la Bible et celle de la grande 
pyramide de Cheops, avtc une interpretation nouvelle du 
plan prophetique de la revelation ; par Ch. Lagrange; 

3* Le climatde la Belgique en 1892; par A. Lancaster; 

4^ Sur la fixation de I'azote libre par les plantes ; par 
M5L Th. Scliloesing fils et Em. Laurent (pr^sent^ par 
M. L. Errera, avec une note qui figure ci*apr6s); 

5* Bericht aber die Fortschritte der projecliven Inva^ 
rianienlheorie im letzten Vierleljahrhundert; par Franz 
Heyer (present^ par M. J. Deruyts, avec une note qui 
figure ci-apr^); 

6* Les pythonomorphes de France; par Albert Gaudry, 
associe de la Classe; 




(68) 

7** Excavations in Bokerly and Wansdykcy Dorset and 
Wilts, 1888-1891; with observations on the remains^ 
volume HI; par le lieutenant g^n^ral A. Pitt Rivers; 

8"* Floraitaliaua; par Philippe Parlalore; continue par 
Theodore Caruel, S"* partie du volume IX; 

9^ Album contenant une epreuve, k grandcs dimen- 
sions, d*un groupe photographic des persoones ayant pris 
part ii la dixieme conference de TAssociation geodCsique 
internationale (offert par le ComilC de reception); 

10" Die N erven der MHz und der Nieren und die 
Gallencapillaren ; par A. von Kolliker, associC; 

11® De la phagocytose observee, sur le vivant^ dans Ics 
branchies des Mollusques lamellibranches; par C. De 
Bruyne ; 

12** Nouvelles recherches experimentales sur F equation 
personnelle dans les observations de passage ; par P. Stroo- 
bant; 

IS"* £tuie descriptive des medicaments naturels d^ori^ 
gine vegetate; par A. Herlant ; 

14° Mathesi.s, Recueil mathematique a Vusage des 
ecoles specialeSf 1892; par P. Mansion et J. Neuberg. 

— Remerciemenls. 

— Les iravaux manuscrits suivants sont renvoyCs a 
Texamen : 

1"* Contribution a la question de Pazote; par A. Peter- 
mann, directeur de la station agronomique de r£tat, k 
Gembloux. — Gommissaires : MM. Malaise, Spring et 
Henry ; 

2° Sur les quadratiques homofocales; par CI. Servais, 
professeur in TUniversitC de Gand. ^~ Gommissaires : 
MM. Le Paige et Mansion. 



( 69 ) 
PROGRAMME DE CONCOURS POUR 1894. 

Premi£:re question. 

Exposer et disculer Its diverses theories mises en avant 
pour expliquer la diffusion d'un liquide dans un autre 
liquide; apporter de nouveaiuc fails a I'appui de Fappr^cia- 
lion de ees thiories. 

Deuxi^mb question. 

Faire f expose et la critique des diverses theories pro- 
pastes pour expliquer la constitution des solutions. Com- 
pUter, par des experiences nouvelles^ nos connaissances sur 
eeiie question^ surtout en ce qui concerne ^existence des 
hydrates en solution dans Ceau. 

Troisi^me question. 

Resumer^ puis completer en quelque point important, les 
reeherches des gSometres contemporains relatives a la tMorie 
des systemes triplement orthogonaux. 

Premii^rb question. 

On demande des reeherches nouvelles au sujet de l' inter- 
vention de la phagocylose dans le diveloppement dHnver^ 
tOris. 

Deuxi^ue question. 

On demande la description des min&aux phosphates, 
sulfates et carbonates du sol beige. On ajoutera indication 
des gisements et celle des localites. 



^ 



(70) 

Tboisii^me question. 

On demande de nouvelles recherches sur le systeme ner- 
veux pMpherique de i'Amphioxus et^ en particulier, sur la 
constitution et la genese des racines sensibles, 

Quatri£:me question. 

On demande de nouvelles recherches sur le mecanisme de 
la cicatrisation chez les vegetaux. 

La valeur des medailles d*or, d^cern^es comme prix, 
sera de six cents francs pour chacune des questions. 



Prix fondi^ en m^moire oe JEAN-SERVAIS STAS, 

MEMBRE DE LA ClaSSE DES SCIENCES DE L'ACAO^MIB. 

Une somme de mille francs est attribute au meilleur 
travail en r^ponse au sujel suivant : 

On demande de determiner, par des recherches hom- 
velles, le poids atomique d'un ou de plusieiirs elements 
pour lesquels cetle constante physique est encore incerlaine 
aujourd'hui. 

Les m^moiresdevront Stre Merits lisiblement et pourront 
Stre r^dig^s en I'rani^is ou en llamand. lis devront Stre 
adress6s, francs de port, k M. le secretaire perp^tuel, au 
palais des Academies, avant le 1*' aout 1894. 

L'Acad^mie exige la plus grande exactitude dans les 
citations; les auteurs auronl soin, par consequent, d'indi- 
quer les Editions et les pages des ouvrages cit^s. On 
n'admettra que des planches manuscrites. 

Les auteurs ne mettront point leur nom k ieur ouvrage; 



( 71 ) 
lis y ioscriront seulemenl une devise, qu'ils rcproduiront 
sar un billet cachet^ renfermant leur nom el leiir adresse 
(il est defendu de faire usage d'lin pseudonyme); faule, par 
eux, de satisraire k ces formalit^s, le prix ne pourra leur 
itre accord^. 

Les m^moires remis apres le lernie prescrit ou ceux 
doDt les auCeurs se feronl counattre, de quelque maniere 
que ce soi(, serool exclus du concours. 

L'Acad^mie croil devoir rappeler aux concurrenls que, 
d^ que les m^moires out ^t^ soumis a son jugement, ils 
sent el reslenl deposes dans ses archives. Toulefois, les 
aateurs peuvent en Taire prendre des copies, h leurs frais, 
en s'adressant, i eel eflet, au secretaire perpeluel. 



MOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

J*ai rbonneur de presenter k TAcad^mie, au nom de 
H. Franz Meyer, professeur k Ciauslhal-in-H., un exem- 
plaire de son livre : Berichi uber den gegenwdrligen Stand 
der Intarianlenlheorie, 

Get important ouvrage conlient Thistorique des recherches 
qui ont ^t^ pukli^es sur la ih^orie algebrique des formes. 
Apr^ avoir rappel^ les r^sullats essentiels ^(ablis depuis 
Torigine de la th^rie jusqu'en 1867, Tauleur expose en 
detail les progr^s r^cenls realises dans les differenles direc- 
tions. 

Le Bericht n'est pas un simple recueil bibliographique; 
il eontient Tanalysesuccincte de nombreux travaux; Tordre 
des mati&res est r^gle de maniere k metlre en Evidence les 
faits principaux. Le texte est accompagn^ dinnombrables 
citations qui sont indiqu^es avec un soin scrupuleux, de 



-n 



(72) 

maniere it permellre au lecteur de reprendre lui-m£me 
toiites les analyses. 

Aux pages 176, 252, la doUod des covariaDts primaires 
que j'ai inlroduite, se (rouve allribuee i M. Capelli. L'aa- 
teur a bien vouiu reconoaitre qu*il y a en ce point une 
inexactitudei et il m'a demand^ de la signaler. L*inexacli • 
tude provienl de ce que les sysl^mes d'^qualions 

D^.* = 0, D^ ^n* = 0, ... D,..c)'> — 0, 

ci(6s k la page 176, ne sont pas ^uivalents enlre eux. 

J*ajoulerai que le Bericht aura un supplement contenaDi 
Tanalyse de di£Krents travaux qui onl ^t^ seulemenl men- 
tionn^s. Dn resle, une deuxieme Edition de Touvrage com- 
plel sera pubiiee en fran^ais ou en ilaiien. 

Le livre de M. Franz Meyer rendra les pliis grands 
services d tons ceux qui ont k s'occuper de la th^orie des 
formes alg^briques. II contribuera au d^veloppement des 
id^es d'ensembic, si utiles au progrte scientiGque. 

J. Dbrdyts. 

MM. Schloesing fils et Laurent, poursuivant leurs remar- 
quables recherches Stir la fixation de Vazole litre par les 
planies, m*ont pri^ de presenter k TAcademie le nouveao 
travail qu'ilsyiennent de publier dans les Annates de rin- 
stilut Pasteur, II me sera permis d*indiquer briSvement les 
r^sultats auxquels les auteurs sont parvenus : leurs pre- 
mieres Eludes, dont j'ai eu Thonneur de donner un aperQU 
Tan dernier, ici mSme,se trouvent ainsi confirmees et com- 
pieties. 

La m^thode, qui etait excellente, a 6ii conserv6e : d*une 
part, mesure directe des quantit^s d'azote libre en presence, 
au debut et k la fin de la culture; de Tautre, dosdge de 



(73) 

i'azote fix^ pendant la culture dans le sol et dans les 
plaotes. Ponrtauty comme le font remarquer les auteurs, 
aujoord^bui que la fixation de Tazole libre est bien ^tablie 
poor certains veg^taux, on pent se dispenser de recourir 
chaqoe fois k la m^thode directe.On le peut surtoul lorsque 
la m^lbode indirecte prouve d&ji qu'il n'y a pas eu de gain 
en azote combing. 

Dans des sols riches en nitrates, comme dans les sols 
relativement pauvres qui avaient servi aux premieres expe- 
riences, les plantes sup^rieures non-Legumineuses(Avoine^ 
Colza, Graminees diverses, Pomme de terre) se sonl mon- 
tr^ inaptes k fixer Fazote libre en quantity mesurable. 
Les soU uus, ne porlant aucune vegetation apparente, 
qaoique pourvus des dtres microscopiques varies contenus 
dans de bonnes terres, n'en ont pas fix^ davanlage. 

Ao contraire, certaines Algues inr^rieures, notamment 
des Nostocs,ont assimile des quantit^s tres notables d*azote 
libre. Rapportee k rann^e enti^re et a Thectare, la fixation 
par les Nostocs representexait de 40 k 60 kilogrammes. 
Hais il y aurail sans doute quelque exag^ration 5 appli- 
qoer d'embl^e k Tagriculture des nombres oblenus dans des 
conditions ex penmen tales particulierement favorables. 

Cette fixation importante estelle Toeuvre des Noslocs 
eux-mdmes ou de certaines organismcs vivant en sym- 
biose avec eux? C'est \k nne question que Ton a soulev^e 
i propos du premier memoire de MM. Schloesing et Lau- 
reDi» el qui reste encore ouverte. 

L'essentiel est que nous connaissions maintenant, d'une 
fa^n positive, I'existence d'organismes qui partagent avec 
le microbe des L^gumineuses le privilege de faire entrer 
I'aiote gazeux de ratmospb^re en des combinaisons orga- 
oiques. Errera. 



( 74) 



RAPPORTS. 



La Classe eotend la lecture des rapports suivants : 

!• De MM. P.-J. Van Beneden, Van Bambeke et 
Plateau, sur une demande adress^e k M. le Ministre de 
rint^rieur el de Tlnstruction publique par la Soci^te royale 
malacologique, i I'effel d*obtcnir un subside pour la 
publication d'un travail de M. Pelseneer : Introduction a 
V etude des Mollusques. — Ces rapports seront communi- 
ques h M. le Ministre de Tlnt^rieur el de rinstruction 
publique; 

2" De MM. Folic, Lagrange el Terby, sur les Cbserva" 
tions astronomiques et magneliques executees sur Ic terri'* 
toire independant du Congo, par les capilaines A. Delporle 
et L. Gillis. — MSme decision que ci-dessus; 

3" De MM. Terby, Folic et Van der Mensbrugglie, 
sur un travail de M. le chanoine Sp^e : Le Spectre de 
Thotlon. — Remise du travail k Tauteur avec communi- 
cation des rapports; 

4** De MM. Masius et Vanlair, sur une note de M. le 
D' Boens : Les bacilles^virgules du cholera. — D^pdt aux 
archives; 

5** De M. Brian, sur une note inlitnlee : Nouvel appareil 
moleur; par A. Van Weddingen. — M^me decision. 

— Sur le rapport verbal de M. De Heen, la Classe decide 
rimpression au Bulletin d*un travail de MM. E. Lagrange 
et P Hobo, sur un procede electrique nouveau permettant 
de creer des temperatures superieures a cetles aclneUement 
rMisables. 



r 



(78) 



I. De$ polyedres qui peuvent occuper dans Vespace plu~ 
murs positions idenliques en apparence; II. Des macles; 
par G. CesirOy charg^ du cours de inin^ralogie k 
rUoiversil^ de Li4ge. 

M^MOIRE I. 

c M. G. Cesiro, qui s*0€cupe avec grand succte de la 
th^rie des polyMres, a etudie, dans un m^moire pr^c6- 
deolf les conditions necessaires el snffisanles pour qu'un 
poly^dresoit superposable i son syme(rique,el a d^monlr^: 
1* qa'en dehors des deux solutions connues et 6videnles 
oil le poly^dre aurail un centre ou un plan de jsym^trie, il 
existe une troisi^roe solution d laquelle, parait-il, personne 
n'avait songe; 2^ qu*il ne pent exister d'autres solutions. 

Aujourd'hui, i'auteur s'occupe de la theorie des axes de 
sym^trie dans les poly^res. 

On appelle, en g^n^ral, axe de syroetrie (directe) d'un 
polyMre, une droite telle que le poly^dre, en tournant 
aotoor de c^tte droite dun angle inT^rieur k 27c, puisse 
revenir en coincidence avec lui-m£me. 

Ud polyedre qui possdde de pareils axes de sym^trie 
c pent occuper dans Tespace plusieurs positions identiques 
<^Q apparence a celle qu*il y occupe actuellement; ainsi* si 
Ton solidifie par la pensee Tespace qui environne un cube, 
il est facile de voir que Ton pent introduire le cube dans 
le moule ainsi forme de vingt-quatre fagons differentes, 
taodis qu*un prisnne droit, ik base carr^e, ne pent occuper 
que huit positions dislinctes, el un parallel£pip6de 
rectangle, quatre ». 

Cette citation, emprunt^e i Tauteur, fail tres bien voir 




(76) 

la corresponJance qui existe ealre la notion des axes de 
sym^lrie e( la ih^orie annonc^e dans le litre de ce 
m^moire. Tout axe de sym^lrie donne lieu k des positions 
identiques en apparence, et, r6ciproquement, on demontre 
sans peine que I'existence de positions identiques en 
apparence entraine celle d'un axe de sym^trie. 

Tout axe de sym^trie passe par le centre de gravity du 
poly^dre, de quelque mani^re que ce centre de gravity 
soil pris (sommets, aretes, faces, volume). S*il y a deux 
axes de sym^trie distincts, ils se coupent au centre de 
gravity, et alors celui-ci est unique. 

Pour pouvoir r^sumer clairement les r^ultats de Tau- 
leur, il est n^cessaire de poser encore quelquesd^finilioos. 

Quand an pent faire coincider un poly6dre avec lui- 
m£me en retournant bout k bout un axe de sym^trie, cet 
axe est dit isopolaire; lorsque cette operation est impos- 
sible, Taxe est h^t^ropolaire. 

L'auteur demontre que Tangle, plus petit que 2tc, dont 
il faut faire tourner le poly^dre autour d*un axe de 
sym^trie pour le ramener sur lui-mdme, est toujours 
commensurable avec 2tc. Si on le reprisente par 2ir"^« 
on pent toujours faire en sorte que m «=» i, n reslanl un 
nombre entier plus grand que 1. La plus grande valenr 
que Ton puisse donner k n (correspondant au plus petit 
angle de rotation) s'appelle Vordre de symelrie de Taxe, el 
le notnbre des positions identiques en apparence que le 
poly^dre pent prendre en tournant autour de eel axe, est 
^gal k n. 

Si plusieurs axes de sym^trie ont le mdme ordre, on dil 
qu*ils sonl ou non de la m£me espece^ suivanl qu*ils 
peuvent ou non se remplacer Tun par Tautre, par exemple 
dans le moule dont il a ^te question plus haul. Ainsi les 



r 



(77) 

deox direclions oppos^es d*iiD axe isopolaire sont de m^me 
esptee; celles d'un axe h^l^ropolairesonl d*esp^ces diff6- 
reotes. 

Ceei pos£, void les r^sultals principaiix du m^moire : 

1* Dans un polyMre, il ne peut exister, au plus, que 
deox esp^ces (i*axes du m^me ordre, sauf pour les axes 
binaires (ordre 2), qui peuveut £lre de (rois esp6ces; 

2* Ud polyMre ae peul poss^der plus de (rois ordres 
d'axes; 

3* II D*y a que six combinaisons d'axes possibles dans 
les poly^dres : deux de ces combinaisons onl des axes dc 
irois ordres differcnls ; deux ont des axes de deux ordres; 
deox, eofin, n'ont qu'un seul ordre d*axes. 

Les six combinaisons sont d*ailleurs les suivantes : 

iTtc } •rdra d'axes. Itn 2 oHres d'axes. ivee 1 ordre d'axes. 

5a*, 4a', 6a« 5A« ou 6i', 4a", 4ji"» x", a'" 

6a», 10 V', i 5A' A- ou 2r, n/*, wa"* a*, a", \"\ 

Les A repr6sen(ent des axes isopolaires, les X des axes 
simples, formani un seul cdle d*nn axe isopolaire ou 
b^t^ropolaire; les exposanls marquenl Tordre de sym^lrie 
des axes; les coefficients marquent le nombre d'axes de la 
mime espece. 

Ponr chaque poly^dre, le produit du coefficient par 
Texposant est une constante. Pour se rendre compte de 
ce fait, il suffit d*examiner attentivemenl les diverses 
manieres d*introduire dans leurs moules le cube, le prisme 
el le parall^l^pip^de dont il a M question plus baut. Le 
nombre de ces manieres est pricis^ment le produit de 
Pexposant par le coefficient. 



( 78 ) 

La plupart des r^sullats trouv^s par M. Cesiro etaieot 
connus, mais les d^moDstrations existanles ^laient, les 
lines tr6s compliqu^es, les aulres insuffisaDtes; la sienne, 
au coDtraire, esl rigoureuse et simple; elle consiste, en 
rdsiira^, h ^valuer, par deux proc^d^s diff^rents, en 
fonclion de Tordre el de Tespice des axes, le Dombre des 
mani^res d'introduire le poly^dre dans sod moule, & ^galer 
les resullals, et a disculer ^ fond I'^quation ainsi oblenue. 

L'unc des valeurs qu*on obtient pour le nombre des 
mani^res est pr^cisemenl le produit de Texposant par le 
coefficient, donl il vienl d*6tre question; Taulre n*est 
gu^re plus compliqu^e. 

Mais je crois en avoir dit assez pour faire comprendre 
que Tauleur a apporte, de nouveau, un perrectionnetnent 
s6rieux i la th^orie de la sym^lrie dans les poly^dres. 

Je propose k la Classe de lui voter des remerciements 
et d'ordonner Timpression de son m^moire dans Tun de 
nos recueils. » 

■ 

M. Le Paige, deuxi^me commissaire, se rallie aux 
conclusions de son savant confrere, M. De Tillv. 



M^MOIRE I. 

< Comme Ta indiqu^ le premier commissaire, M. Cesiro, 
dans le premier m^moire sonmis i notre appreciation, a 
calculi le nombre de positions identiques en apparence 
que pent prendre un poly^dre dans Tespace. II Ta fait par 
deux methodes diffi^rentes; el en ^galanl les deux resultats, 



(79) 

il oblieol utie relation qui fournil les six classes de polye- 
dres poss^anl un ou plusieurs axes de symetrie. Dans 
cetle revne des polyedres au poinl de vue des axes de 
symetrie, Tauleur ^tablit une s^rie de th^or^mes dont la 
plupart sonl connus, mais il le fait d*une faQon plus 
simple et surtout plus rigoureuse et plus complete que ses 
devanciers. Apres avoir d^termin^ les diverses esp^ces 
d'axes de symetrie ainsi que les combinaisons dont ils sonl 
susceptibles, M. Cesiro cherche, dans la seconde partie du 
miate travail, de combien de mani^res differenles une 
ro^rae combinaison d*axes pent £tre r^alis^e; cequi revient 
i determiner les angles que ces axes peuvent faire entre 
eux. A Texeiitple de M. Mallard, M. Cesiro fait appel h la 
regie A\{e d'Euler^ laquelle convient aux axes de symetrie si 
on les consid^re comme des axes de rotation, ct qui permet, 
quand deux axes de symetrie sonl connus, d'en conclure 
la position d*un troisieme. Par ce proc^de et en s*aidant, 
au besoin, de considerations assez simples, Tauteur eiablit 
les constructions d'axes r^alisables dans les six corobinai* 
sons possibles d*axes do sjmelrie, constructions dont la 
plupart se retrouvent chez les cristaux. Le travail se ter- 
mine par un appendice, oil M. Ces^ro indique, k la suite 
de son etude de la symetrie, quelques consequences dont 
on ne tient pas compte, k tort, dans les sysiemes de nota- 
tion adoptcs pour les cristaux. Parmi ces consequences 
figure le caractere heieropolaire qu'il faut reconnaitre aux 
troisaxes horizontaux du rhomboedre. 

Je me rallie entierement aux conclusions de MM.De 
Tilly et Le Paige sur ce premier memoire de M. CesiHro, et 
je demande Tinsertion du texte et des figures dans les 
publications de TAcademie. 



' 1 



(80 J 



Ml^MOIRE II. 

J'en viens inainlenanl^ Texamen du deiixi^me ro^moire 
soumis k notre appreciation par M. Ccsiro, m^moire inti- 
tule : les MacleSj el dont Tobjel est la recherche des axes 
dli^mitropie dont les maclessont snscepiibles. Les macles, 
comme les appelail d^ji Rome de Lisle au XVIIl' si^cle, 
sont des groupements reguliers de deux crislaux juxta- 
poses suivant un plan. On s*est aper^u depuis longtemps 
quil etail possible, dans beaucoup de cas, de faire coin- 
cider un des deux crislaux avec Tautre moyennanl une 
revolution de ISO*" aulour d'un axe auquel cetle propriete 
a fail attribuer le nom d*axe d'hemitropie. De \k Texpres- 
sion de crislaux hemitropes, generaleinenl usitee. La 
recherche de la direction de Taxe d'hemitropie, quand le 
plan de jonction des crislaux groupes esl connu, esl liee 
evidemmenl k la connaissance des elements de symetrie 
que possedenl ces crislaux, et elle se complique dans Ic 
cas assez frequent oil les crislaux maclessont hemiedriques. 
Dans un memoire ceiebre public en 1885, M. Mallard s'est 
enquis des regies generales qui determinenl la direction 
des axes d*hemitropie dans le cas des formes bemiedri- 
ques. Mais ce travail, des plus remarquables d'aillears, 
presenle des lacunes. On con^oit que M. Cesiro, k la suite 
de son etude approfondie de la nature et des combinaisons 
des axes de symetrie chez les poly^dres, ail cherchc k en 
appliquer les resullats k la solution du mdme probl^me. 
Cesl ce qu'il fail dans son memoire sur les macles. II 
reprend toute la question, passe en revue tons les genres 




(81 ) 

d*b^ini^drie : holoase^ hemiaxe anlih^miedriqae, h^miaxe 
parab^mi^riqiie; el traite egalement le cas, non abord^ 
josqa'a pr^enl, oix lescrislaux macl^s sont l^tarto^driqaes. 
On sail quVne forme crislallioe complete on olo^drique 
est d^mposable en deux deroi-formes conjugu^es ou 
li^fDiMres,rane appel^e positive ou directej^autre negative 
00 inverse, dont chacune est susceptible d'exister s^^pa- 
r^ dans les cristaux de la nature ou du laboratoire, et qui, 
etant r^unies, reproduiscnt la forme complete. Dans les 
cristaux h^mi^dres, il pent exister deux esp&ces de macles, 
i savoir : des macles dites symetriquesy chez lesquelles la 
demi-forme conjugu^e d'un des cristaux correspond sym^- 
triquemenl k la demi-forme de meme signe de I'autre 
cristal par rapport au plan de made, et des macles dites 
Qsymetriques, oil la demi-forme d*un des individus corres- 
pond a la demi-forme inverse de I'autre, et r^ciproque- 
menl. Les assemblages de cristaux pouvant presenter ces 
disparity, dans quel cas admettronl-ils des axes d'h^mi- 
tropie, cest-i-dire nne direction telle qu'en imprimant k 
UD des cristaux une rotation de i80^ autour d'elle, la forme 
directe ou la forme inverse de ce cristal soit amende res- 
pectivement sur la forme directe ou la forme inverse de 
Taulre? M. CesJiro fait voir qu'il y a lieu de distinguer ici 
entre les cristaux parah^mi^driques, c'est-i-dire ayant des 
faces paralldles ou un centre, et les cristaux antih^mi^- 
driques, d^pourvos de, centre. II parvient aux r^les sui- 
vantes : 

Les macles symeiriques parahemiedriques et les macles 
Qiymetriquei anlihemiedriques admettent toujoors comme 
aied*b£miiropie la normale au plan de made ; c*est comme 
dans les cristaux oloedriques; 

Tandis que les macles symelriques antihemiedriqves 

3** SftRIE, TOMB XXV. 6 



1 



(«2) 

el les macles asymilriques parahemiedriques D*admetlent 
pas loujours un axe d'li^milropie. La conditioD ti^cessaire 
el suflfisanle pour qu'il y en ail un tel, est exprim^e daDS 
le th^or^me que voici : 

Lorsque, dans une made form^e par des cristaux b^mi^- 
driqnes, la normale an plan de made n'est pas un axe 
d'hemilropie, pour qu'il exisle un lei axe il fanl et il sufBl 
que le plan de made passe par un axe de sym^lrie exis- 
lant dans le sysl^me crislallin, mais d^tident dans le 
groupe h^mi^drique consid^r6, ou bien par un axe dool 
I'ordre a &[6 abaiss^ par rh^.mi^drie. Si A" est le symbole 
de eel axe dans le groupe h^miedrique, il exislera n axes 
d*b^milropie dans un plan normal ^ eel axe. Cesaxes font 
enlre eux des angles ^ el le premier fail un angle ^ avec 
la normale au plan de made. Si ce plan passe par N axes 
abaiss^s A", par P axes A^ par Q axes A% le nombre total 
d'axes d*hemilropie sera 

Dans la seconde parlie de ce memoire, M. Ces&ro passe 
en revue lous les groupes hemi^driques el l^tarto^riqueSy 
el applique ses conclusions ibeoriques d loules les macles 
possibles dans ces groupes. 

Apres avoir pris connaissance de ce savant travail, je 
demande la publication du texte et des tigures qui I'ac- 
compagnent dans les Recueils de TAcad^mie. > 

La Classe, adoptant les conclusions des rapports de ses 
commissaires, vole des remerciemenls k M. Ces^ro et 
decide rimpression de ses iravaux dans le Recueil in-4* des 
Memoires couronnes et Memoires des savants etrangers. 



( 83 ) 

Sur une nouvelle forme de la blende; 
par M. G. Ces^ro. 

€ J'ai In avec ioterSl la notice que mon savant collegue 
a coosacr^ k la description d*une forme crislalline nou- 
velle. qifil a rencoDtr^e sur un cristal de blende du Valais. 
Je la crois de nature k int^resser ^galement les cristallo- 
grapbes et j*en propose volontiers rinoprossion dans le 
Bulietin. > 



if« M. dm in Waiter f^oM««f#«y «eroMif cawfu^iaaairm, 

c Je demande Tinsertion au Bulletin de la savante 
notice, accompagn^e de figures, consacree par M. Cesiro 
5 la description d*un cristal de blende provenant de la 
dolomie de Binnen. > 

Ces conclusions sont adoptees par la Ciasse. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 

Observaiions au sujet d*une note critique de M. Hinrichs, 
sur Vexactitude du nombre proportionnel determine par 
Stas entre le chlorure de potassium el I'oxijgene, ainsi 
que sur la conclusion generate de ses travaux concernant 
laloi de Prout; par W. Spring, inembre de TAcadinnie, 

Daos one note ios^r^e aux Comptes rendus de TAca- 
dtoiedes sciences de Paris, n"* 24, 12 d^cembre 1892, 
p. 1074, L CXV, M. Hinrichs dit que la m6thode employee 
|>ar Stas pour la determination du nombre proportionnel 



I (84) 

i de Toxygene an chtorure de potassium, ne poss^e aucune 

valeur scienlirique. < Le seul fail posilif ^labli par Ie$ 

> d^lerminations de Slas, dit Tauleur, el celles aussi 
* » dignes de consid^ralion de Marignac, c*est que le pro- 

> c^d^ au chlorate ne peut pas l^gitimement dire appliqii^ 
» & la ddlermiDation du poids de I'oxygdne. » L'aiileur 
dit aussi : < Par i*analyse du cblorure d'argent, Terreur 

> de la nioyenne fictive du procdd^ au chlorate esl porl^e 
» au poids atomique de Targenl : par renchainemeot 
» conlinu lant vanld^ mais tout conlraire k Tesprit d*in- 
» duction, tous les poids atomiques de Stas sonl devenus 
» inexacts. t 

Cetle affirmation, si calegorique, ne peut laisser d'attirer 
de nouveau rattention sur une question que les m^mo- 
rabies travaux de noire cdlebre compalriote semblaieDl 
avoir vidde. 

II n'est pas possible de decider aujourd*hui en fait si 
v^ritablemenl Stas a 6i6 le jouel d*une illusion pendant 
toule sa vie de savant. De nouvelles recherches devraienl 
dire ex^cutees. Cependanl, je crois devoir opposer, provi- 
soirement, aux considerations Ib^oriques de M. Hinrichs, 
quelques observations de mdme ordre en attendant que 
rexp^rience, qui seule est de force k Irancher la question, 
ait pu nous renseigner. 

Voici d*atM)rd sur quoi se base la critique de M. Hinrichs. 

Pour connattre le rapport de Toxygine au chlorure de 
potassium, Stas a decompose le chlorate de polassium, soit 
par la voie siche, soit par la voie humide. Dans huil essais, 
il a determine la perte de poids dprouvde par le sel k la 
suite de sa decomposition et compare cette perte au poids 
de chlorure de potassium oblenu. Le nombre proportionnel 
de Toxygene a eie calcuie en prenant la moyenne des huit 
observations parliellcs. 



(85) 

M. Hioricbs remarque que les nombres oblenus par 
Teip^riecce oe sont pas tantdt plus grands, tautdl plus 
pedis, mais qu'ils sont fonclion des quantUis de chlorate 
ayant ser?i k Texp^rience. La m^thode des naoindres carr^s 
ne peut done £tre appliqu^e pour le calcul de Terreur pro* 
bable, et I'on se fait illusion en prenant la nioyenne des 
r^QJials particuliers puisqu'il se peut qu*une erreur sysl6- 
matique enlache tons les nombres. En Tait, les delermina- 
lioDs par la voie seche eonduisirent i un poids alomique de 
Toxyg^ne d'autant plus petit que la quantity de chlorate 
employ^ a 6t£ plus grande, tandis que le contraire s'ubserve 
qoand on suit la voie humide. 

En tra^nt la courbe qui montre comment diminue le 
poids atomique de Toxyg^ne avec la quantity de chlorate 
employee* Hinrichs estime que si Stas avait op^r^ sur 30 
1 35 grammes de sel au lieu de 68«',873 a 132«%923, il 
serail arriv^ i <=» 16, c*est-i*dire i un nombre conforme 
i Thypotbdse de Prout. II conclut en disant : 

€ Disparaissent done toutes les conclusions scientifiques 
> bashes sur la precision lictive de ces donn^es. » 

Je passe maintenant aux remarques que m'a fait faire la 
lecture de cette note. 

1* Si Ton est fonde k interpoler, 6/i/re des grandeurs 
foomies par Texp^rience, des nombres proc^dant d'aprte 
la loi donn^e par Pexp^rience elle-mSme, on n*est pas 
auloris^, logiquement, k sortir des limites entrelesquelles 
les experiences ont iii faites; en un mot, on ne peut faire 
one extrapolation, s*il m'est permis de m'exprimer ainsi. 
Lorsqoe M. Hinrichs dit que si Stas avait op£r£ sur 30 k 
35 grammes de chlorate de potassium, il serait arriv^ k 
0«»i6, c*est-i-dire k un nombre conforme k Thypoth^se 
de Prout, il commet une faute plus grave que celle qiril 



(86) 

reprocbe a Stas. Bieo oe prooTe, en eflei, josqo'i pr^senl, 
qoe la loi obserree eDire 68*'373 el 132^,923, se main- 
lieol en de^ oo ao deli de ces oombres. Ed admellaDC 
comme vrai le Bombre eolier 16 poor le poids de ralome 
d*oxjgeDe, raaleor esl raoins ralioooel qoe oe I'a 6x6 Stas 
en adopUnl ie oombre 15,96 donne par la moyenne de 
toates ses experiences. Aussi, a?aol que Texp^rience ail 
parte, il esl ao moins premalore de dire : c Disparaissenl 
tooles les conclusions 8cienti6qoes basees sur la prteision 
ficlive des donnees de Slas. » 

2* Slas n'a jamais pens^ que nous fussions aojourd*bai 
en possession de la connaissance exacle du poids atomique 
de Toxyg^ne. 

II dildansPlntroduclion k son m^moire posthume portani 
pour litre : Nouvelte determination du rapport proportion^ 
nel entre V argent et le cMorure de potassium : 

€ Dans rincerlitude oA Ton esl do rapport exact de 
rhydrog^ne i foxygene, et en attendant que ce rapport ait 
ete fixe par des experiences dont les resultats soient indis^ 
cutableSf il convient, i mon avis, de determiner les poids 
atomiques des corps en partant d'un chiffre hypothetique. 
II etablit eosuite que si Pon admet m£me, par bypothese, le 
nombre 16 pour Voxyg^ne, n^anmoins Tazote, le chiore, le 
brome, Tiode, Fargent, le potassium, etc., s'expriment par 
des Dombres fraclionnaires qui ne sont ni des multiples, 
ni des sous -multiples de ce nombre. M. Hinrichs se trompe 
done quand il dit que € par suite de renchatnemenl con- 
linu tant vanie, tons les poids atomiques de Stas sont 
devenus inexacts ». 

A la virile, M. Hinricbs ne connalt pas les ceuvres 
posthumes de Stas. On ne pent lui faire un reprocbe de 
n*avoir pas attendu leur publication pour s'assurer si ses 




(87 ) 

coodusions ne portent pas a faux. Mais j'ai pens6 que les 
circoostances m'ayani oblig^ d'en avoir la primeur, il elail 
de mou devoir de pr^munir le moude savant contre des 
conclusions h&tives prdsenlees non seulement de maniere 
i faire nailre un doute donl on ne voit pas la raison, mais 
encore de maniere i porter alleinte k Tune des gloires les 
plus pures de la science. ' 

5* L'iocertilude reprochee par M. Hinrichs aux r^sullals 
de la determination du poids atomique de Toxyg^ne par la 
m^thude des chlorates, n'atteini, en somme, que les cbifTres 
d^imaux du troisi^roe el du quatri^me ordre. Par la voie 
stehe, le nombre le plus petit obtenu est i 5,9792, et le 
plus grand 45,9854; la diflerence absolue est, par conse- 
quent : 

0,0062; 

par la voie hnmide, on a respectivement 15,9815 et 
15,9775, ce qui donne la difference absolue : 

0,0042. 

Or, Stas nous dit, dans ses oeuvres posthumes, que, en 
raison de ces differences, il ne fait etat que des deux pre- 
mieres decimales pour juger si la loi de Prout est conforme 
OQ iion k Texperience; done, M. Hinrichs a souleve une 
objection qui n*atteint en aucune fa^on les conclusmis 
nientifiques tirees par notre imroortel compatriote de ses 
admirables travaux. 

Quoi qu*il en soit, il est k desirer qu'un chiroiste assez 
habile pour entreprendre des recherches & la hauteur de 
celles qui se trouvent attaquees aujourd*hui, veuille bien 
decider, par Texperience, si je ne me suis pas trompe dans 
les observations que je viens de formuler. 



(88) 



Sur une nouvelle forme de la blende ; par G. Ces^ro, 
charge du cours de mio^ralogie k TUniversit^ de Lidge. 

Nous venoDs de reocontrer cetle forme sur un cristal 
de blende, translucide, jaune clair, extrail de la dolomie 
grenue de Binnen. 

Ce crislal, qui a environ 3 millimetres de dimension 
moyeune, esl essenliellemenl form^ des deux l^lra^dres 
a' et A* associ^s aux faces p du cube : les faces du t^lra&- 
dre a* sonl brillanles et strides parall^lement k leurs inter- 
sections avec les faces p; le t<^tra6dre A* est beaucoup plas 
terne el ses faces sont couvertes de rugosit^s irr^gulidres : 
les faces du cube, fortement d^velopp^es et de forme 
rectangulaire, ne sont strides que parall^lement k leur 
intersection avec a*, ce qui indique rh^mi^drie. Ce cristal 
pr^sente la made asym^trique, si fr^quente dans la blende, 
dans laquelle le plan de jonction est parallftle k une face 
du t^tra^dre. La figure 1 est la projection orlhogonale du 
cristal sur le plan de sym^trie qui est normal an plan 
d*ii4mitropie. 




= ^7<?/ 



'.m 




A.iti 



,•*'• 



ffimf* 



Fig. i. 




-^ -Ti- 



(89) 

Les faces de la noovelle forme coAslituenl de petits 
iriaogles scalioes formaDt ironcature sur lea angles 
triMrespn* A*;ces faces sonl m^diocrement r^fl^chissantes 
el porleot des slries parallfeles k p; autour de la face p 
sup^rieore il y en a quaire, parfaitement d^velopp^es et 
accusant nellement par leur disposition (fig. 2) Tabsence 
des 211 et la prfeence des 2P passant par le A^ normal & la 
facep consider^. 

Nous avons mesure les angles qu*une de ces facettes, 
Tant^rieure sup^rieure dans la figure 2, fait avecp,a* et AS 
ainsi que Tangle de deux facettes adjacentes s*appayant 
sur A'; nous avons obtenu, en d^signant par s(hkl) la 
facette ant^rieure : 

$p^ = !27*58' «Aji, == 31 -48' 

m}„ = 47*2' ««;„, A, = 23^41 ' (approx.). 

Eo partant des angles avec p et avec a*, on obtient : 

-= — 3,0119 
k 



de sorte que 



- = - 5,977, 



g « 316 — 6*6V. 



Cette notation convient fort bien, comme Tindique le 
tableau de correspondance qui suit, £tant donnas I'exiguit^ 
el le ponvoir r^fl^chissant imparfait des faces dont il 
s'agil. 

Aogles. Calcul6s. Mesor^ 



(316) (001) 


27'47',» 


(316) (Hi) 


47» 4',5 


(3i«)(lll) 


5i'39' 


(3i6) (136) 


44* 4' 



27*58' 
47. 12' 

31 -48' 
23*41 '. 



(90) 

Ce t^traheia^dre o'avait pas encore &l6 signal^ daas la 
blende (voir Dana: Descriptive Mineralogy^ 1892, p. 60). 
£q prenant poor t^lra^dre de droite le t^tra^re a^ i faces 
brillantes, la noavelle forme est une forme de gauche. 

Si Ton veut rapporter les formes du groupe i^lrae* 
drique au t^tra^dre de droite pris comme forme primitive, 
il suffit d'etfectuer une transformation de coordonn^es, en 
prenant pour axes les trois arStes du l^tra^dre qui cod- 
courent au sommet anterieur gauche du cube. 

Les axes des x^yeiz ^tant situ^s respectivement dans 
les faces ant^rieure, lat^rale et sup^rieure du cube, oa 
obtient la for mule : 

mu « I (/ - *) (h -*- 1) (/» - k) j .,,„«^. 

Dans notre cas 

(3T6)e = (794)„ 

c*est-Ji-dire que la forme dont il s'agit pent £tre obtenue 
en plaint sur Tangle du t^tra^dre de droite un pointe* 
ment sym6trique k six faces, chaque face coupant, i partir 
du sommet, 77> Vd ^^ Vi ^^^ areles qui forment cet angle. 
Pour pr^ciser la position de la nouvelle forme relative- 
ment aux trois faces de Tangle sur le sommet duquel elle 
constitue troncature (6g. 2), il suffit de prendre pour axes 
coordonn^ trois aretes de Tocta^dre. En prenant pour 
origine Textr^mit^ ant^rieure de Taxe binaire dirig6 vers 
le spectateur, pour axes des x et des y les aretes horizon- 
tales situ^es respectivement d sa droite et ^ sa gauche, 
pour axe des z TarSte culminante snperieure, on obtient 
la formule : 



(91 ) 



Dans noire cas 



(3r6), = (423), 



de fo^n qae la face » s*oblient en prenaot sur les nouveaux 
axes (deux d'entre eux pouvant 6lre transport's paralldle- 
meni dans p) des segments 'gaox respectivement a '/i* Va 
el */s de I'ar^te de Toctaedre, c*est-ik-dire des segments 
qui soient enlre eux comme 5:6:4. Les cdt^s du triangle 
de troocatare seront entre eux comme \/T6 : V^ : 1^45 ; 
les angles da triangle son! : 85^*47', 44°6' et 50'7', le der- 
nier angle correspondant aux cdt^ qui s'appuient sar 
rar«tea<Ai. 



\ 




Fig. S. 



( 92 ) 

Noie. — Aux formes de la blende iodiqu^es dans Dana 
(loc. cU.)j il faut ajouler, ouCre le 3T6 qoe nous venoos de 
d^crire, le tetrah^xaedre 618 ou 6\S que noas avons 
signal^ dansles Annates de la Soc, geoL de Belgique (uXVf I, 
p. 2«?7); nous n'avons pu d^^lernainer son signe avec certi- 
tude, parce que le t^lra^dre, qui existe dans les cristaux 
donl il Skagit sur Ics angles du rhombodod^ca^dre non 
modifies par la forme en question, est de signe douteux. 
Cependanl, il est probable que ce t^traedre, k faces 
rugueuses, est celui que nous avons pris pour l^traidre de 
gauche, desorte que la forme en question est 618. 



Procede electrique nouveau pertnettant de creer des tempe- 
ratures superieures a celles acluellement realisables; 
par Eug. Lagrange et P. Hobo. 

Dans un travail anl^rieur pr^sent^ k TAcad^mie (J)* 
nous avons £tudi6 un ph^nomine lumineux et calorifique 
particulier qui se manifeste lorsque le courant Electrique 
passe, dans certaines conditions, d'un solide dans un 
liquide. 

Les premiers nous avons attire Tattention sur ce ph^no* 
m^ne comme base d'un mode d'Ecbauffement des corps 
par la transformation de TEnergie Electrique; nous avons 
Etabli expErimentalement que cette cbaleur peut Etre loca- 
lisEe k voIontE en un point donnE (**), qu'elle pent metlre 



(*) Bulleimt de CAcadimie royale de Belgique, 3* s^r., t. XXII. 
n*« 9-iO» 1891. 

(**) ibid., 3* sir, t. XXIV, I89i, 



(93) 

les corps, mime irds iDfusibles, en fusion dans un temps 
extrdmenieDt court, qu'elle permet de cr^er des tempera- 
lures Crte ilev^s; enfin nous avons fait ressortir combien 
les conditions dans lesquelles on se trouve, sont favorables 
aa poiDt de vue de ia realisation pratique. 

Dans celte note, nous voudrions presenter quelques 
considerations qui nous semblent de nature & prouverque 
notre procid^ est celui qui permet d'alteindre les tempS^ 
ratures les plus Het4es^ incomparablement sup4r%eures a 
iautes celles quon peut rialiser aujourtfhui. 

II existe deux proc^d^s ^lectriques de production de 
cbaleur que nous aUuns examiner. 

A. — Production directe de chaleur par le passage 

du courant, 

Le courant ^lectrique parcourant un conducteur d^gage, 
par unite de temps, une quantity de chaleur proportion- 
oelle au carr^ de son intensiie et k la resistance eiec- 
irique de ce conducteur (loi de Joule). Observons que 
pour obtenir, en un temps fixe, une quantite de chaleur 
determinee, Tintensite du courant doit etre d'autant plus 
considerable que la resistance du conducteur est plus 
faible. Un corps etant donne, la quantite de chaleur qui 
peat J etre degagee n'est limiiee, en principe, que par 
rintensite du courant qu*il est possible d'amener sur ce 
corps. S'il est bon conducteur comme tons les metaux, h 
([uanUte d*eiectricite requise pour le porter ^ la tempera- 
tore de fusion et pour le fondre ensuite, est considerable. 
II devieot excessivement difficile d'amener au point voulu 
le courant eiectrique : en effet, on est oblige de donner 



(94) 

des sections ir^s graodes aux conducteurs exterieurs pour 
^viler leur 6cbauffemeDt; od reDContre aussi des diffi- 
Guilds insurmontables lor$qu*OD veut 6tablir un contact 
convenable et sufBsant entre ces conducteurs et les corps 
k ^cbautTer. 

SupposonSy pour tixer les id^es, qu'il s*agisse de d^ve- 
lopper, dans la masse d*un centimetre cabe de cuivre, la 
quantity de cbaleiir theoriquement n^cessaire ^ sa fusion, 
el qui est de 1,0978 calorics environ ; T^nergie ^lectriqae 
k d6penser est de 4610J6 watls-seconde. Si nous voulons 
fournir celte Anergic en une seconde, nous devons 
amener sur ce cube un courant d'une puissance utile 
de 4610,76 watts; la resistance du (;ube ^tant de 
1,6 X 10^ ohm f), I'intensit^du courant n^cessaireserait 
de 55700 amperes environ. Remarquons que la difference 
de polenliel entre les deux faces du cube serait ^gale k 
0,08592 volt seulement. On con^oit imm6dialement les 
grandes difTicuUes pratiques que Ton rencontre lorsqae 
Ton veut conduire un courant aussi intense et de si faible 
tension, sans provoquer rechauffement exag^r^ des con- 
ducteurs, et aussi la presque impossibility d'assurer un 
contact suffisant entre les faces du cube et les conducteurs 
ext^rieurs; quelles que soienX du reste les precautions 
que Ton prenne, il se prodiiira toujours dans les conduc- 
teurs, el surtout aux contacts, une d^pense d'^nergie 
considerable, plusieurs fois superieure k I'energie utilisee, 
mSme si la source d'eieclricite est tr^s rapprochee. II est 
^vidont que, au point de vue pratique, ces considerations 
limitent considerablement les temperatures que Ton peul 

(*} Celte yaleur do la resistance est suppos^e constanle,et emprun- 
t^ a MAf. Mascabt et Joubebt, Traits d'eUctricitS et de magnitieme. 



(9!{) 

aUeiodre. CoD8la(ons que ces difBcult^s ne sont, en somme, 

que celles qni r^sullent toujours de Temploi des courants 

de faible force ^lectromotrice et de grande intensii^, 

aoiquels on doil forc^ment avoir recours dans le cas 

pr^ol. Ed somme, la quantity de chaleur que Ton pent 

d^ager par ee proc^d^ sur un corps conducCeur donn^, 

e$(, eo principe, uniquement limil^e par la puissance du 

gioeraleur ^lectrique; mais les causes que nous avons 

iodiqu^es en liroifent rapidement la praticabilil^ el, dans 

(008 les cas, en raison des m^mes causes, une faible partie 

de la puissance tolale est utilis^e. 

B. — Production de chaleur par Care voltaique. 

Dans les gaz, cntre deux Electrodes, le couranl se 
iransmel sous la forme de Varc voUatque. Dans cet arc 
Tollaique, I'Energie Electrique est transform^e en chaleur; 
Tare ne se forme en (re deux Electrodes de charbon que 
lorsque la difference de polentiel a((ein( 35 k 45 volts. 

[^ difference de poten(iel nEcessaire pour produire 
enlre deux charbons un arc de longueur / est representee, 
suivant Frolich (% par la fonction lineaire 

E = o -f- 6/, 

Oik a et 6 sonl des paramEtres variables avec Tintensite du 
cooranl et avec la nature des charbons. 

Od s'accorde k considerer a comme une force contre- 
ilectromotrice, variant trEs pen avec Tintensite. D'aprEs 



(') Blektrateehnisehe Zeitichrifl, 1885, p. 5150. Lumihrt electrique, 
1883. — La formule de Frolich a ele indiqude par Ediund dds 1867. 
(ijm. de Poggendorf, GXXXI, p. 586, ct GXXXI V, p. 250.) 



( 96) 

M. Penkers (*), on a pour a et I les valeurs correspon- 
danles suivanles (charbons Siemeos) : 

1 = 10 amperes a <=» 56,6 volts 

I = i 5 amperes a s= 34,9 volts 

I s= 20 amperes a => 36,0 volts 

I = 25 amperes a «= 32,5 volts 

On admel aussi, g^n^ralement, que la Torce contre-^iectro- 
motrice a son si^ge dans le cral^re, au contact de Tare et 
du charbon positif. Quant au param^tre 6, il exprime, par 
millimetre de longueur de Tare, la chute de potentiel due 
i la resistance proprement dite de cet arc. M. Penkers loi 
donne les valeurs suivantes, pour diff<6rentes intensity de 
courant : 

I «.iO amperes 6-a2,3 volts 

I aa J5 amperes 6 a* 2,25 volts 

I SB 20 amperes 6 «= 1,6 volt 

I m^ 25 amperes 6 » 1,875 volt 

II 8*ensuit que les resistances correspondantes de Tare 
total par millimetre de longueur sont : 

1 <=: 10 amperes r«=»-^^ ^^^ ^' = 0,23 ohm 

^ 10 (amp) 

. .« ^ 2,25 (volts) 

I Bs 15 amperes r«= — -— ^ '■■0.15 ohm 

15 (amp.) 

1«6 (volt) 
I » 20 amperes r «=»-!—-.; ' »0,08 ohm 
^ 20 (amp.) 

^873(volt) 
I — 25 ampires r — -^ ) \ = 0,075 ohm 

25 (amp.) 



f) ZeUichrifi fur Etektrotechnik, 1883. 



I (97) 

Nous constatons que la resistance diminue lorsque TiDteD- 
sit^ angroente. Ceci est d'ailleurs conformc h Tid^e admise 
depuis Frdllcb, que la section de Tare est proporlionnelle 
i Tin tensity du courant. 

Si nous comparons les valeurs du param^tre a et du pro- 
duit 6/, nous constatons que, dans un arc normal de 3 & 
5 millimetres de longueur, la principale d^pense d'^nergie 
est due k la force contre-eiectromotrice, dont le siege se 
irouve dans le crat^re, au contact entre Tare et le charbon 
positir; aussi le cratire est-il la partie la plus chaude de 
Fare. 

Dis i present nous pouvons ^valuer, d*une maniere 
approximative, la quantity maxima de chaleur d^gag^e par 
millimetre carr^ i la surface de contact de Tare et de 
reiectrode positive, c'est-i-dire dans la region la plus 
chaude. 

II serait difficile de donner des nombres repr^sentant 
exactement la grandeur de la surface de contact de Tare; 
mais ooQS pouvons cependant admettre que, par ampere^ 
elle est au minimum de 74 de millimetre carre. 

La cbaleur degagee par millimetre carre de cette sur- 
face de contact et par seconde est done egale, an maxi' 

— 7^— calorie =« 0,034 calorie. 

4:200 (watts) 

Le calcol que nous venons de faire s'applique k un arc 
de 4 millimetres, avec une difference de potentiel aux 
charbons de 45,8 volts. 

Si Ton met les deux electrodes de cbarbon en relation 
atec uoe source d*eiectricite ^ force eiectromotrice crois* 

3** S^RIB, TOME XXV. 7 



^ 



(98) 

same, sans changer T^carl des charbons, rinlensitS du 
couranl s'accrollra el la diflT^rence de polenliel aux char- 
llpns diminnera leg^iement, si nous nous en rapporlons 
aux chilTres relates plus haul; par cons^quenl la d^peose 
d^^nergie croitra i pen pr^s proportion uellemenl k Unten- 
sit^ du couranl, mais cependant un peu inoins rapidemeni 
qu elle. Or, comme la section de Tare et la surface de con- 
tact d r^lectrode positive croissent comme cetle inlensil^, 
il s'ensuil que la quantity de chaleur d^gag^e par milli- 
metre carr^ de surface diminue I^g^rement. 

Si, en mSme temps qu*on augmente la force eleclro- 
motrice de la source d*^lectricit^, on ^carte les cbarbons, 
la force contre-<ilectromotrice n'augmenle pas (elle peul 
diminuer si I'intensit^ augmente), ct la quantity de chaleur 
degag^e dans le foyer n*augmentera pas. 

Ces considerations corroborent le fait, d'ailleurs bien 
connu des praticiens, que la quantite de chaleur d^gag^ 
par millimetre carr6 de surface de contact et par cous^ 
quent la temperature dans le cralere est maxima^ lorsque 
I'urc est d'une longueur nurmale de 5 a 5 millimetres^ 
avec une difference de potentiel de 40 a 50 volts. 

Ce m(5moire £tait r^dig^ lorsque nous avons eu connais- 
stance des Etudes r^centes de M. Violle. Le savaol profes- 
seur au Conservatoire des arts et metiers a r^cemmeut 
^tudi^ la temperature de Tare voltaique. II r^sulle des 
observations spectroscopiques de M. Violle [Comptes ren^ 
dus, 26 d^cembre 1892, p. 1273) que la temperature de 
I'arc est conslante, el serait celle de la sublimation du 
carbone; elle serait ind^pendante du nombre de volts et 
d*amp6res employ^ k sa production el qui ont vari^ de 
10 amperes h 400 amperes el de 80 volts k 85 volts. Ce 
r^sultat est tout h fail d*accord avec les d^uctions pr£* 



(99) 

> 

c^dentes. M. Violle estime la temperature de Tare (') k 
3,8(WC. 

Celte temperature a ^t^ ^valu^e autrefois par M. Rosselti, 
qui i*eslifne ^gale k 4800** C ("), et en a egaleroent affirm^ 
la cooslance. 

C. — Procede nouveau, 

Nons avons etudi^, dans un travail pr^senl^ Tann^e der- 
niire & PAcademie, un phenomene lumineux et caloriOque 
qui se produit dans les liquides conducteurs, au contact 
enlre ces liquides ct Tuoe des electrodes, dans cerlaines 
condilions. 

II donne lieu h une production de chaleur considerable 
et it la creation de temperatures tr^s eievees, comme nous 
alloas le prouver. 

On 86 rappelle que ce qui caracterise nettement le pbe- 
nom^ne, c'est la formation d*une gaine gazeuse ir^s 
resbtante qui entoure une des electrodes. L'energie eiec- 
irique du courant qui la traverse est transformee en 
chaleur, en vertu de la loi de Joule. 



< *) La terop6iitare delcrmince par M. VioUe est en realile ceUe 
do eharbon posilif. 

(") jinnales de chimie et de physique, S« 8er.» 4870, t. XVIII. — 
Le memoire de H. Rossctti est d'uo extreme interdt. II determine la 
tempteture da eharboo positif, celle du charbon n^atif et celle de 
Pare, en se basant sur les deviations galvanometriqoes donndes par 
une pile de Mellon! sonmise au rayonnement a une distance connne. 
L^aatcor admet en outre une loi spdciale reliant le rayonnement ^ la 
lempdrature du corps chaud. M. Rossetti a montrd que les trois tern* 
pdratures ei-dessus sont inddpendantes de Vdnergie dipemie dans I'arc. 



m I 



"^ 



( 100 ) 

Cest au coQlacl m^me de la gaine avec I'electrode que 
se trouve localis^e la presque lotaiil^ de la resistance 
offerte au passage du couranl. La chaleur se irouve done 
d^gag^e k la surface rn^me de T^leclrode. 

La quanlil^ de chaleur degag^e par centim^lre carr^ de 
la surface do T^lectrode est ^gale, par seconde, au produit 

El 



4200 S 



si Ton d^signe par E, I el S, respectivement, la difllgrence 
de potenliel entre I'^leclrode el le liquide, rinlensit^ du 
couranl el la surface immerg^e en cenlim^lres carr^s. 

Dans r^lude ci-dessus rappel^e, nous disions que la 
gaine lumineuse se forme loujours d^s que la diffSrence 
de polenliel enlre T^leclrode el le liquide d^passe una 
cerlaine valeur maxima, variable avec la nalure el la con- 
duclibilil^ ^lectrique du liquide. La density du eouranl 
varie ^galement avec la nalure du liquide, el augmeute 
nolammenl avec la conduclibilit^ ^leclrique. Aussi, si 
nous opiirons dans une solution de i5.5 7o en poids d*acide 
sulfurique avec unc difTi^rence de polenliel de 75 volts, le 
couranl acquiert une density de 12,5 amperes par centi- 
metre carr6, ce qui donne comme Anergic d^pens^e par 
seconde 937,5 watts-seconde, soil 0,223 calorie. 

hupposons que nous op^rions avec une difference de 
polenliel sup^rieure k 75 volts, el lan^ons dans un electrolyte 
donne, en employanl une electrode de surface invariable, 
des courants sous des forces eieclromolrices croissanles ; 
rintensitecroliegalement,maismoins vile que la difference 
de potenliel; elle semble augmenter k peu pr^s comme 
la racine carree de cette derniere. Cela eiant, si nous 
augmenlons la difference de potenliel de ii & 1, rinlensite 



(101 ) 

croil dans le rapport de ^^ ^ 1, et la poissaDce ainsi que 
la quaulil^ de cbaleur d^gag^e par seconde, dans le rap- 
port de 91 l^i 1. Si la difference de potentiel enlre T^lec- 
(rode el T^Ieclrolyte est de 625 volts, Tintensil^ sera 
^gale a 3 fois sa valeur premiere, soil 37,5 amperes, et la 
qoantil^ de cbaleur d^gag^e 27 fois plus considerable, soil 
de 0,223 x 27 =s 5,921 calories par centimetre carr^ et 
par seconde. 

Ce courant de 57,5 amperes, sous une tension de 
625 volts, produil d4jd un degagement de chaleur gonsi- 
D^RABLEMENT supMeur a celui que donne I'arc voltaique a 
iurface igale : or^ celui- ci constitue la source actuelle des 
temperatures les plus elev4es. 

Nous allons niontrer, par un exemple, k quelles haules 
(emperalures un corps servant d*eiectrode peul £lre porle, 
meme dans des conditions eiectriques facilement r^ali- 
sables. Prenons, comme Electrode negative, une lame rec- 
Ungulaire de grapbite d^un millimetre d'^paisseur et d*un 
centimetre carre de surface, et plongeons-la dans une 
solution d'acide sulfuriqtie ^ 10 7o en poids, la difference 
de potentiel entre la lame et le liquide etant de 1875 volts; 
dans ces conditions, la densite du courant est de 62,5 
amperes par centimetre carre, et Tintensite de ce courant 
sortant par les deux faces et par les facettes laterales, de 
14iJ5 amperes. L'energie eiectrique transformee en cba- 
leur est, par seconde, egale k 144,75 x 1875 watts- 
seconde, soit 271,406 watts-seconde, on en calories 
64,62 calories. La masse de la lame de grapbite pese 
0^',000l5 en prenant 1,5 comme densite vulgaire du gra- 
phite. La chaleur speciiique etant prise egale i0,52 calorie, 
les 64,62 calories degag^es en une seconde constituent la 



( 102 ) 

qtAanlite de chaleur qui seraii nScessaire pour porter la 
lame de graphite i la tempirature de 

' 1 828460 degr^s eentigrades. 



0,52 X 0,00015 



Ce calcul n'a ^videmmenl aucune significaXion phy- 
sique; il suppose que l'e(al d*agr^galion du graphite dc 
varie pas el que la chaleur specifique resle conslante. II 
suppose, en oulre, que loute T^nergie ^lectriquc trans- 
form^e sert exctusivement i ^chauffer la masse de gra- 
phite consid^r^e, tandis que, en reality, une parlie de la 
chaleur seraii perdue par rayonnemenl el par conducU- 
bilile. 

N^anmoins, il convienl de remarquer 1® que les 64,62 
calories sont bien d^gag^es h la surface de la lame de 
graphile; 2"* q^e, les calorics ^lanl d^gagees en un (emps 
iths court (une seconde), les perles par rayonnemeot et 
conduclibilite seronl relativemeul faibles. Qaoi quit en 
soit^ APR^s UNE SECONDE, la massB de la lame, et pardeu- 
lierement la couche superficielle, auront atteint une tempe^ 
rature imcomparablement sup6rieure aux temperatures 
rMiseespar tous autres procedes ; gette TEVPigRATURE ira, 
DU RESTE, EN s'augmentant, St On prolonge t'operation 
jusqu'd l*instant ou il se creera un equilibre entre la quan- 
tite de chaleur foumie et la quantity de chaleur perdue 
par rayonnement et par conductibi it4. 

Les conditions ^leclriques n^cessaires, c*est-i-dire une 
intensity de courant de 144,75 amperes (relativement 
faible) avec une difiiirence de potenliel de 1875 volts, per- 
mettenl A^amener le courant au point vonlu trte facilemenl 
et avec une perte d'^nergie minima dans les conduc- 



( 105 ) 

(ears el aux joints, de sorte que le rendement ^lec- 
(riqne de Top^ralion sera tr^s ^lcv£ el pourra faciloment 
dipasser 99 •/•o- 

iNoQsavons monlr^, par deux exemples, quelle quanlil^ 
considerable de chaleur on peul d^gager par ce proc^d6 
sor Qoe pelile surrace. Rien n*empdcbe do Taugnienler 
dans des proporlions illimili^es. 

Eo efiet, primo, si Ton avail op^re dans un liquide plus 
Gonducleur, Tinlensit^ du couranl aurail ^l^ plus ^lev^e, 
el eons^quemmenl T^nergie d^pens^e avec une difl<6rence 
de polenliel donn^e, aurait ^l^ plus considerable. 

En second lieu, on peul augmenler aulanl qu'on le veul 
celle difference de polenliel : signalons que, dans la pra- 
liqae, on fait usage de couranls donl la force ^leclro- 
molrice d^passe 3000 el 5000 volls ('). 

Noos pouvons done affirmer que le ph^nomene dont nous 
parlons peut servir a Cobtention de temperatures incompa- 
rablement plus ^lev^es que ceiles obtenues par n'importe 
quel autre mode de production de chaleur-^ qu'en principe, 
U$ quantites de chaleur degagees par seconde sur une 
surface donnee ne sont pas timitSes; qu*enfin, en r^alite, 
la seule chose qui limite la temp&alure pratiquement 
realisable^ c'est la puisance eleclrique des gen&ateurs. 
Nous avons vu que c'esl aussi la puissance du g^n^raleur 
qui limile la quanlil^ de chaleur produile dans la masse 
d'an corps donn^ au moyen d'un couranl qui le Iraverse 
(voir A); nnais les conditions pratiques limitent rapidement 

(*) A rcxposilion de Francfort (1891), on a appliqud des couranU 
do 20,000 k 50,000 volts au transport de i'dncrgie. 



( 104 ) 

rintensi(6 du courani i employer el, en second lieu, iaadis 
que, par ce proc^d^,une faible partie seulemenl de I'^Dergie 
^leclrique est iransform^e en chalenr sur le corps donn^, 
celte ^nergie est, au conlraire, presque enli^remenl utilis^e 
dans noire proc^d6. 

Terminons par une reinarque. Rappelons les fails sui- 
vanls : 

V Lorsqirun courani traverse un Electrolyte, it le 
decompose, el les Elements dc eel Electrolyte libEres se 
dEposent aux electrodes k TElat naissanl; 

^ Au contact d*une des Electrodes el de Telectrolyte se 
passe Taction calorifique que nous avoos exposEe. 

Au contact entre Celectrode el Celectrolyle se Irouvenl 
done r^nies une action electrolytique et une action caloric 
fique excessivement intense, qui sont de nature, dans cer^ 
taines conditions, a favoriser les actions chimiques avec une 
energie toute particuliere, A ce titre, nous croyons devoir 
signaler simplemertl aujourd'hui aux chimistes ce phmo- 
mene physique. 



*Q99999* 



( <05 ) 



CL4SSE DES LETTRES. 



Seance du 6 fevrier 1895. 

M. P. Henrard, directeur. 

N. le chevalier Edm. Harchal, secretaire perpdtuel. 

Soul preseuU : MM. Cb. Loomans, vice-directeur ; Alph. 
Waiiters, A. Wagener, P. WillemSy S. Bormans, Ch. Piot, 
Cli. Polvin, J. Slecher, T.-J. Lamy, G. Tiberghien, L. Van- 
derkiodere, Alex. Henne, Gust. Fr^d^rix, le comte Goblel 
d*Alviella, F. Vander Haegbeii, J. Viiylsteke, E. fianoing, 
L. de Monge, A. Giron, membres; Alpb. Rivier, associe; 
le baroD de Chestrel de Haneife, Paul Fredericq el Mesdach 
de ter Kiele, correspondants. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de rint^rieur el de rinstruclioo publique 
demande Favis de la Classe sur rinl^rSt el ropporlunit^ 
que pourrait offrir la reproduction^ aux frais du Gouver- 
oenienl, de la Grande carle d*Europe de Mercalor, grav^e 
eo 1572y doDi il existe un exemplaire k la bibliotheque 
grand-ducale de Saxe-Weimar. — Comnjissaires : MM . Wau- 
tersel Vander Haeghen. 

— M. le Minislre envoie, pour la bibliotheque de 
rAcad^mie, un exemplaire des ouvrages suivants : 

1' Hiiioire de Wevelghem; par Tabb^Coulon; 

2* Bouquet tot fait, (suvres choisies; par Joseph Vrindts; 

5* Het Herenlalsch kloosier O.'L.-V. Bealoten-hof; par 
Fr. Wallman van Spilbeeck; 



( <06 ) 

4* Spreuken en sproken^ gedichten en gedachten; ,psLr 
Jean Ferguut; 

5* Handelingen van het 21" Nederlandsch Congres^ 
gehouden te Gent in 4891 ; 

&" Bibliotheca Belgica^ livraisons il 1-114; 

7^ dercle archeologique de Malines: Bulletin, tome III; 

8* Woordenboek der Nederlandsche taal, deel III, 
a**" adevering. — Remerciemenls. 

— Hororoages d'ouvrages : 

l"" Charles Rogier (1800-1885), tomes I el 11, d*apr6s 
des documents in^dits, par Ernest Discailles; pr&ent^y 
au nom de I'auteur, par M. Wagener, avec une note; 

2* a) Chamforl; — b) Hans Sachs en zijne gedichten; 
— c) Guillen de Caslro en t las mocedades del Cid »; — 
d) Cervantes als (onneeldichler ; — e) Het triptiek van 
tier; door Sleeckx. Present^s, an nom de Tauteur, par 
M. Vuylsteke, avec une note; 

3" a) Le regime de la faillite en Suisse; — b) Du 
regime des socieles par actions; — c) De I'autcrite paler- 
nelle sur la personne et sur les biens des enfants legitimes 
ou nalurels; par H. Pascaud; 

4" Quelques mots sur la reforme de Corthographe fran^ 
^ise; par H. Lapaille; 

5"* a) UArgayon el giant d* Nivelles; b) Lesaventures 
de Jean d' Nivelles; par Tabb^ G. Renard; 

O*" Notice sur un manuscrit intitule : Descente de la 
maison d*Enghien; par Ernest Matthieu; 

7® Les echevins de la souvcraine justice de Liege, 
tome i*' ; par le chevalier Camille de Borman, present^, 
au Dom de Tanteur, par M. le boron de Cheslret, avec uue 
note; 



• • 



^ 



( 107) 

M* Documents historiques inedits sur le Dauphin^, 
liynisoQs i-5; par Tabb^ C.-U. Chevalier; 

9* Lemystere des trois Doms joue d Romans en MDIX; 
par Paol Giraiid et U. Chevalier; 

10" a) De Faustsage in de nederlandsche letter en; 

b) DMiuts des institutions de bienfaisance en Belgique; 

c) y.-i4. Alberdingk Thijm : schets van zijn denken en 
dichten; d) Verstag over den driejaarlijkschen prijskamp 
der nedertandsche tooneetletterkunde (1889-1891); par 
Paal Alberdingk Thijm. — Remerciemenls. 

Les notes bibliographiques lues par MM. Wagener, 
Vaylsleke el le baron de Chestret de Haneffe, flgurent 
ci-apris. 

— H. Banning fail savoir k la Classe que les h^ritiers 
de H"' C. Devaux Ponl charg6 de faire hommage k TAca- 
demie du busle en marbre de M. Paul Devaux, ancien 
menibre de la Classe, busle ex^cul^ en 1872 par M. Guil- 
iiome Geefs. 

La Classe decide que des remerciemenls seronl adress^s 
aux donaleurs pour celle offre g^n^reuse d'une oeuvre 
d'arl qui reproduil d'une maniere remarquable les Irails 
deTiltuslre homme d*£lal. 

Elections. 

Conrorm^menl k I'arlicle 12 du r^glemenl de la Classe, 
il esl proc^de i T^leclion du Comite de Irois membres, 
lequei arr^lera, avec le Bureau, la lisle de pr^senlalion 
des eandidalures pour les places vacanles. — Sonl ^lus : 
MM. Wagener, Piot el Yanderkindere. 



(i08) 
CONCOURS ANNUEL POUR 1893. 

La Classe prend nolification de la reception d'un billet 
cachet^ envoys sous eDveloppe marqu^ du timbre de la 
poste d'Oslende, en date du 5t Janvier; il porle la devise : 
Amicus PlatOy amicus Cicero^ magis arnica Veritas. Ce 
billet est destin^ ^ un menioire de concours qui ri'est pas 
encore arrive au secretariat. 

II est ensuite donn6 notification de la reception des 
memoires suivants soumisau concours de Pann^e 1893. 

Troisi^me question. 

Quel est Veffet des impots de cousommation sur la valeur 
venale des produits imposes? En d'autres termes^ dans 
quelle mesure ce genre d'impdts pese^t-^il sur le consotn- 
mateur. 

Exposer el discuter^ a Caide de documents statisdques, 
les resulfats des experiences recemment faites a cet igard 
en divers pays^ el plus specialemenl en Belgique. 

Un m^moire a ^t^ re^u. II porte pour devise : Nobody 
willingly produces in (he prospect of loss, — Commis- 
saires : MM. Prins, Giron et Denis. 

ClNQUI^ME QUESTION. 

Faire, d'apres les resultats de la grammaire companies 
tine etude sur le redoublement dans les themes verbaux et 
nominaux du grec et du latin. 

Un m^moire a &i6 re^u. II porte pour devise : Non 
recHso laborem. — Commissaires : MM. Willems, de 
Harlez et Wagener. 




( <09 ; 

SiSl&ME QUESTION. 

On demande une etude sur let divers systemes penilen" 
tiairei consideres au point de vue de la theorie penale et 
des resultats obtenus. 

Ud m^moire a 6i& re^u. II porte pour devise : Travail. 
— CoiDmissaires : MM. Prins, Loomans el Tiberghieo. 

SEPTlilME QUESTION. 

Faire Chistorique de la philosophie scolastique dans les 
PayS'Bas et la principaute de Liege jusqu'd la revolution 
fran^ise* 

Ud m^moire a ^t^ re^u. II porte pour devise : Homo 
%^m^ humani nil a me alienum puto. (T^.renge.) — Cora- 
missaires : MM. Le Roy, Tiberghien el Loomans. 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

J'ai rbonueur d'offrir k la Classe, de la pari de M. Dis- 
cailles, proresseur k rUniversil^ de Gand, les deux 
premiires parlies du travail ^teodu qu*il consacre k la 
mimoire de Charles Rogier. 

La ramille Rogier a gracieusemenl mis k la disposition 
de Taoteur les documents de tout genre, fort nomlireuz, 
recQeillis par Tillustre homme d'Ctal dans le cours de sa 
loogae carriire. 

La pioparl de ces documents sont in^dits. L'ceuvre de 
M. Diseailles a done le double avantage non seulement 
de Doas donner, sur les origines de la Belgique ind^pen- 
dante et sur la carriire d*un de ses principaux fondateurs, 
des renseignements absolumenl nouveaux, mais aussi de 
poiser k des sources d*nne authenlicit6 indiscutable. 



C no J 

Ainsi que Tauteur le fail remarquer avec raison, Tbis- 
toire de Charles Rogier est en quelque sorte Thistoire de 
la nation beige pendant plus d'un demi-si^cle. 

Le premier volume, qui nous montre Rogier avant la 
revolution de 1830, nous le fait connatlre successivement 
comme coll^ien, comme professeur libre, comme po&te, 
comme publiciste et comme r6volutionnaire. 

Le deuxi^me volume, qui vient de paratlre, raconte la 
carri^re de Rogier pendant la lutte pour rindependance, 
c*est-Mire de 1830 k 1839. 

Le troisi^me et le quatridme retraceront Tactivit^ de 
Rogier depuis le traits de paix avec la Hollande (1839) 
jusqu'i sa mort (1885). 

Dans la preface de son premier volume, M. Discailles 
promet au lecteur une graode impartiality et une prtoc- 
cupalion conslante de la v^rit^. 

Nous sommes persuade qu'il tiendra religieuseroent 
jusqu'au bout sa double promesse, et nous estimons que 
son ouvrage, ^crit avec autant de clarl^ que de chaleur, 
peut d^ aujourd'hui Stre qualifi^ k bon droit de contri- 
bution importante k I'^tude de notre bistoire nationale. 

A. Wagener. 



J*ai rhonneur d'offrir k la Classe, au nom de Tauteur^ 
M. D. SleeckXy un exemplaire de cinq Etudes litt^raires et 
artistiques en langue neerlandaise, dont voici les tilres : 

Guillen de Castro en t los Mocedades del Cid »,* — 
Cervantes als tooneeldichter ; — Hans Sachs en zijne 
gedichten ; — Cliamfort ; — Het triptiek van Lier. 

On sait que M. Sleeckx est Tun de nos ^crivains les plus 
fSconds ct les plus estim^s. II a eu le privilege, assur^ment 



(4H ) 

fori rare eo Belgique, de voir pubiier une ^dilion complete 
de ses ceavre^ (romans, nouveiles, pieces de ih^&lre, 
disserla(ions sur des questions de liUeralure el d*art). 
Celle Mition Torme dix-sept volumes dotit le dernier a 
para en 1886. Depuis, Tauleur a encore produit plusieurs 
travaux pbilologiques, litleraires el hisloriques, qui prou-* 
feci que Tftge n*a port£ aiicuoe alleiate k sa f^condile el 
qo'il continue a trailer avec competence les sujets les plus 
vari&. 

Des ciuq Eludes que j*ai Thonneur de presenter k la 
Classe, deux sonl consacr^es k Tancien th^&tre espagnol, 
et one a ia lill^ralure allemande du XVI* si^cle; la qua- 
triime a pour objei la vie el les oeuvres d'une des Bgures 
les plus originates de la litl^ralure fran^aise du XVIIP 
sitele, Chamfort; la derniere contienl une int^ressante 
appr^ialioD bistorique el technique d'une oeuvre d'arl, 
attribute k Gossaerl, dil Mabuse^ et conserv^e k r^gliso de 
Sainl-Gommaire k Lierre. 

J. VUTLSTEKE. 



J'ai rhonneur d^offrir k la Clause, au nom de M. le 
chevalier Camille de Borman, membre du Conseil b^ral- 
diqoe, le tome premier de son ouvrage inlilul^ : Les eche- 
vins de la iouveraine justice de Liege, in-4* de X el 504 
pages, orn£ de nombreux blasons dans le lexte el de 
ii planches. 

M. de Borman n'esl pas pour vous un inconnu. Plusieurs 
deses Iravaux figurenl avec honneur soil dans les Bvlle- 
tintt soil dans les Publications de la Commission royale 
d'kUioire. Aucun n'atleinl Timportance du magnitique 
Tolome que vienl d^^diter la Societe des bibliophiles 



( 112 ) 

liegeoiSf imporlance dont on pourra se rendre compte 
aprte avoir lu ces lignes de I'auteur : < Refaire les aooales 
» des 6cbevins de Li^ge, expliquer le m^canisme de leur 
» organisation, d^crire les transformations, tanldt lea les 
» et paciflques, tantdl brusques et violentes, de ce tribunal 
» c^l^bre, d^gager son r6le politique de Thistoire g6n6- 
» rale du pays, et surtout faire eonnattre les personnages 
» dont il lut compose, depuis les temps les plus reculds, 
> tel est le but que nous avons cherche i atteindre. > 

Ce vaste programme, je ne crains pas de dire qu*il a 
6li rempli dans la mesure du possible. Ceux qui ne 
connaissent point nos anciennes institutions, auront peine 
k croire qu'on puisse, en quelque sorte, retracer Tbistoire 
de Li^ge au moyen &ge par les ^chevins. Rien n*esl plus 
vrai cependant; et cette bisloire ainsi trait^e nous appreod 
bien des cboses qu*on chercberait vainement ailleurs. Une 
preuve entre cent, e*est qu'on n'avait jusqu*ici constat^ 
Texistence des maistres (bourgmestres) de la cit6 qu'i 
partir de 1230; gr&ce au livre de M. de Borman, on sail 
aujourd'hui que ces magistrats ^taient en fonction d6s la 
fin du Xll* siecle. 

Pour arriver k uo pareil r^sultat, Tauteur a dA quitter 
n^cessairement les sentiers baltus; son gibier, c*est la 
charte jaunie, le registre vermoulu; et Dieu sait s'ilen a 
remu^l L'ouvrage que vous avez sous les yeux s*arrdte i 
la destruction de Li^ge par Cbarles le T^m^raire; il nous 
mine au seuil de Thistoire moderne des ^cbevins, qui 
formera la matiire du second volume. 

Baron J. de Chbstret de Haneffe. 



V 



(<i3) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Lc liberie de conscience a Rome; par A. Girou, 
membre de rAcad6mie. 

I. Daos rantiquu^, les religions avaienl un caracl^re 
parliculariste. Chaque ci(6 adorail ses dieux propres, qui 
reotODraient d*0De protection sp^ciale etqui la defendaient 
CQDlre les dieux des autres peoples : < Sua cuique civitati 
reliigio est, disail Cic^ron, nostra nobis (1) >. 

La religion des anciens Romains £taii done essentielle- 
menl civique ou nalionale. C'etait une religion sp^ciale aux 
dtoyeos romains, une t civilis reliigio >, comme I'appelait 
le grand ponlife Sc^Yola, contemporain de Marius. 

Le colte des dieux nationaux se confondail, aux yeux 
des Romains, avec Tamour de la pairie. M^priser les divi- 
nity dont la protection avait port^ si haut la gloire et la 
forlooe de Rome £tait un attentat contre la Republique 
etie-mime. 

i Que personne, disait la loi des XII tables, n*ait des 
t dieux parliculiers ou n'adore des dieux nouveaux et 
» ilrangers, si leor culte n'a 6i6 publiquement autoris^. 
I Que chacun observe les rites de sa famille et de ses 
» pire8(2). » 

L*aversion qoe les anciens Romains ^prouvaient pour 



(I) Ciciaoif, Pro flateo, 28. 

3** SftRIB, TOMB XXV. 8 



( *** ) 

les dieux Strangers esl prorond6men( exprim^e dans la 
harangue que le consul Poslumius adressa au peuple, deux 
cents ans avant I'^re chrelienne, k Toccasion des excds 
auxquels avail donn^ lieu la calibration des Baccbanales. 
€ Yos ancAlres, disait-il, n'ont jamais reconnu ces 
» divinit^s ^trangeres, donl le culte infftme aveugle les 

> esprits et les pousse, par une sorte de d^iire fauatique, 
» dans un abtme de forfaits et de souillures... Combien de 
» fois nos peres et nos aieux n'onl-ils pas charge les 
» magistrats de s'opposer k toute c^r^monie d*un coUe 

> Stranger, d'interdire le Forum, le Cirque et la Ville aux 
» proph^les.et aux devins, de rechercber et de brAler les 
» livres de proph^ties, de proscrire tout rite, tout sacrifice 

> autre que ceux des Romains (1)? » 

2. Ce sentiment exclusir, cette esptee de patriotisme 
religieux s*affaiblit k mesure que Rome, etendant ses cod- 
quotes au loin, se trouva en contact avec des moeurs et 
des id^es nouvelles. Les Romains adopt^rent pen k peu les 
coutumes et m^me les syraboles religieux despeupies qu*ils 
avaient soumis. 

Auguste essaya, mais en vain, de r^agir contre rinvasion 
des divinit^s ^trang^res. II consid^rait le maintien du 
vieux culte national comme un ^l^ment conservatear, 
auquel £tait li^ le sort de son gouvernement : c Honore 
» partout et toujours les dieux suivant Tusage de la 
» patrie, lui disait M^cine, et contrains les autres k le 
» Taire. D^teste et condamne au supplice les promoteors 
» des cultes Strangers; tu ne le dois pas seulement par 
f v^D^ration pour les dieux, parce que Thomme qui les 

> m6prise ne respecte personne, mais aussi parce que 

(1) TiTB-Livi, livre XXXIX, chap. XVI. 



v.-^ 



( H5 ) 

» rintrodoction des divinity nouvelles porte la foule k 
» soivre des lois ^traogdres. De \k Daissenl les coDJura- 
> tioos, les associations secretes, si funestes au gouverae- 
» menl d'oo seul. Ne tol^re done ni ceux qui m^prisent 
» les dieax de rEmpire, ni ceux qui s*adonnent k la 
» niiagie(l). > 

Ces coDseils venaient trop tard. D^jk la vieille race 
romaioe, moissonn^ par les guerres lointaines, disparais- 
sail devant Tinvasion des provinciaux; d^ji le vieux culte 
naliooal civil (civilis relligio) ^lait d^bord6 par Tafflux des 
religions £lrang6res. 

L'irrisistible atlrail qu*exerQait sur les peuples conquis 
la cit^ viclorieuse, y faisait accourir de toules parts les pro- 
vinciaox, qui apportaient avec eux leurs coutumes et leurs 
pratiques religieuses. 

c Rome, disait Atb^nie dans son Banquet des sophistes, 
» est le rtisum^ des peuples de Tunivers; on y voil loutes 
» les villcs du monde. On y voil demeurer ensemble des 
• peoples enliers, des Cappadociens, des Scytbes, des 
» habitants du Pont et beaucoup d*autres (2). » 

Cbacune des nations dompt^es et amalgamees par les 
armes roroaines apportait dans cetle ville cosmopolite son 
eulte et ses dieux. Les conceptions religieuses les plus 
di verses s*in(iltraient et se propageaient dans tout TEmpire, 



(1) Dion Cassius, lirre 111, chap. 36. Le discours de Mecene k 
Augasle r&ame Ics id^es des conscrvateurs romains. Ceux qui 
oa^priseDt les dieuz de TEmpire soot des rebeltes, au sens politique 
dtt moU Or, on ne doit pas tolerer des rebelles. Telle est la mazioie 
qui, plus tard, a scrvi de base aux poursuites judiciaires (penecutiona) 
^i furent dirigecs eontrc les Chretiens. 

(2) ArmtHtE^ Mit. Tcubner, Leipzig, 4858-4867, 1, § 36. 



(H6) 

colport^es par les l^gioonaires, paries navigateurs, par les 
coromercants, par les esclaves. 

Pen k peu Jes pratiques rilnelles se m^langent el se 
Tusionnent, et le syncr^lisme religieui succ^de au r^oe 
exclusif des religions locales. 

Apr^ la conqu^te de rAfriqiie et de TAsie, les dieiix 
des CarthaginoiSy des Phrygiens, des Syriens, pen^treot 
dans les faubourgs de Rome el jusque dans la villa 
m£me. 

L'autorit6 les chasse et les proseril. Elle punit s£v6re« 
ment les prStres qui inlroduisent k Rome des divioKes 
nouvelles : < Qui novas et usu vel ratione incognitas reli- 
» giones inducunt, ex quibus animi bommum moveanlar, 
» honesiiores deportantur, huniiliores capile punion* 
> tur(l) >. 

Ces prohibitions sont impuissanles. Les dieux Strangers 
reviennent malgr^ toutes les defenses des magistrals et 
conqui^rent enfin le droit de cit^ : t Haec tamen aegyptia 
» quondam, nunc et sacra romana sunt (2) >. 

Peu k peu les dieux mulliples du pagnanisme se rappro- 
cherent comme les pcuples. lis faisaient bon manage entre 
eux et s'offraient Tbospitalit^ dans leurs temples respec- 
tifs. Les prdtres servaient sans scrupul^ plosieurs dieax k 
la fois. On comprenait instinctivement que tons les culles 
religieux n'^taient que des famous diff^rentes d*adorer le 
m£me dieu (3). 

Cel ^clectisme etait praliqu^ par lesRomainseux-mdmes. 



(i) Pavl, Senientiae, lirre V, tiUXXI, J 3. 

(2) MiKUTius Ftux, Oetav., 32. 

(3) J. R^viLLB, La religion a Rome $out lee Seviret, pp. 109 et soi- 
vantrs. 



( 1*7 ) 

L'esprtt de pros^lylisme leur ^(ail ioconnu. Jamais ils 
nVnil soDg^ k d^lruire les religioos profess^es. par le$ 
habiUDts des provinces. 

Sous TEmpire, les ^(rangers affluent a Rome «t j 
apporlenl leurs dieux el leurs c^r^monies, qu'ils ^lalent 
pobliqoemeot. I^ tolerance ful pouss^e si loin, qu*apres la 
fBort de Cdsar, les triumvirs ^lev&rent, dans Rome mSrae, 
UD lemple k Isis et i S^rapis (1). 

GHkce au caract^re Aottanl des ih^gonies antiques, qui 
ne reposaient sur ancun dogme precis ni sur aucun livre 
sacr^, les dieux se fusionn^renl et s'amalganierenl en 
m^me temps que les peuples. Les religions locales ou par- 
cicularistes se firent des concessions mutuelles, et le paga- 
oisme prit un caraclere ^clectique.Le syncr^lisme religieux 
fol la consequence de la centralisation administrative. 

Le contact des religioos qui affluaient k Rome, la facility 
avec laquelle les dieux locaux se milaient les ons avec 
ies autres, engcndra le scepticisme religieux. 

Do temps de Cic^ron on ne croyait plus guere aux dieux. 
Ud des personnages mis en sc^ne par Ennius dans ses 
trag^ies, s'exprimait ainsi : € Je crois qu'il y a des dieux 
» dans le Ciel, et je le soutiendrai toujours; mais j*affirme 
» qu'ils ne s'occnpent pas des choses humaines. S'ils en 
» avaieut souci, les bons seraient heureux et les m^chants 
> malheureux; or, c'est le contraire qui arrive ». 

Cic^ron rapporte que ces maximes destructives de toute 
religion ^taient accueillies au th^&tre par des applaudisse- 
ments nnanimes. 

Vers le commencement de TEmpire, les l^gendes poly- 



(l)Dioii, XLV1I,I5. 



( "8 ) 

(b^istes ^taient coosid^r^es comroe des inepties po^ 
tiques (1) (ineptice poeiarum) el comme des conies de 
veilles femmes (2) (superstitiones poene aniles). 

Ce sceplicisme universel eul pour effel d'engeDdrer la 
lol^rance. On pouvaity au d^bul de I'^poque imp^rialey 
professer, sans £tre inqui^t^ par le gouvernemenl, loule 
esp^ce de dogmes religieux ou de principes milaphy- 
siques. L'h£t6rodoxie» c'esi-i-dire le fail de penser auire- 
nienl que Tauloril^, n'^lail pas 6r]%&e en d^lit, par la raison 
que le culle oflBciel des Remains ^(ail vide de dogmes el 
que les v^rit^s religieuses n'^laienl d^finies par aucune ioi. 

3. Les juifsy qui rendaient un culle exclusif k Jehova, 
furenl exclus de celle large lol^rance, parce qu'ils ne 
souifraienl pas les dieux des aulres nations. On les signa- 
lail comme une race impie, qui se faisail gloire de m^pri- 
ser les dieux {Judaea gens conlumelia nutninum tnst- 
gnis) (3). 

On les regardail comme les ennemis du genre humaio, 
el Quintilien place, sans hesiter, parmi les senliments sur 
lesquels loul le monde ^lail d*accord, la haine qu*on ^prou-* 
vail pour les partisans de celle odieuse superstition (4). 

Les Chretiens elaienl Tobjel de la m£me r^probalioa 
que les juifs, avec qui on les a longlemps confondus. 

Les dieux paiens s'aidaieni Tun I'autre el se recom- 
mandaienl mutuellemenl k la piel^ des fiddles. Le Diea 
des Chretiens, non rooins intransigeanl que le Jebova 



(1) S^NiQUB, Fragm,j 36. 

(2) Cic^Boif, De ncUura Deorum, \U 28. 

(3) Plin. //u/. mir.^XIII, 4. 

(4) Quint ILL., 111,7,21. 



( *i9) 

d'Israely repoossail, au contraire, (ous les aulres dicux el 
rtelamail de ses adoraleiirs un calte exclusif el jaloux : 
les dieux des nalions, disaient les clir^liens, sonl des 
idoles qui doivenc dire d^racindes de la lerre. 

Le ni^pris qu*ils affichaienl pour les dieux paieD8 sou- 
leva coolre eux rindigoalion du monde grec el romaio. 
Od les signalail comroe des Jibres pensenrs el des ath^es. 
Le cri de la populalion contre eux ^lail : k morl les alh^esl 
(ai^s Tou< aOeou^) (1). 

« Ces roalheureux, disail Tacile, abhorr^s pour leurs 
» infamies, doivenl leur nom k Chrislus, qui a ^t^ sup- 
» pltci6 sous Tibdre. Sa morl r^prima pour un momenl 
» oetle ex^rable superslition. Elle se r^pandil en Jud^e, 
» son lieu d'origine, el jusque dans Rome, oti viennenl se 
» reuoir les vices el les crimes de I'univers (2). » 

La rumeur publique leur imputail (outeespice de crimes 
el de lurpiludes. Les Chretiens, disail-on, adoraienl une 
t£le d*&ne, sacrifiaienl des pelils enfanls, donl ils suQaienl 
le sang avee avidil^, el se livraienl p£le-m£le k des orgies 
ooctarnes dans lesqueiles on ne faisail aucune dislinclion 
de sexe ni d*&ge. 

Mioulius F^lix rapporle ces bruils au chapilre IX de 
Touvrage qu*il nous a laissd sous le litre di'Octavius. Vun 
des personnages qu*il mel en scdne, Cecilius, conclul qu'il 
faot execrer el d^lruire celle horrible conjuration (eruenda 
prorsHs h€BC el execranda consensio). 

Celle malMiclion dtail Ticho de I'opinion publique k 
Rome. 



(1) RsifAify Le$ Apdtreiy p. 570. 

(2) Taciti, AnnaUi, XV, i4. 



( m ) 

4. L*uni(icalioD politique des nalionalil^s dompltes et 
assoiiplies au joug par le peuple romain devail avoir pour 
consequence in^viiable r^lablissemenl d*un culte central 
el d'une religion unilaire. Rome ^lail predeslin6e ii 
devenir un centre religicux, en mftme lenoips qu'un ceatre 
polilique. C'^lait la ville sainte par excellence, sacra 
sancta civilas^ disait Apul^e (1). 

Augusle eut le sentimenl ir^s clair de revolution reli- 
gieuse qui se pr^parait. II pril la direction de ce mouve* 
ment unilaire, et il Fonda la religion auguslale. 

€e fut Rome elle-mSme qu*on adora en la divinisaoi 
dans la personne de I'empereur. On consid^ra C^sar 
Augusle comme un dieu vivanti eonime Pincarnalion du 
peuple, qui lui avail iransmis tous ses droits, et il parli- 
cipa, en consequence^ au culle de latrie qu'on rendait k la 
deesse Rome. 

Apr&s la morl d'Augusle, le S^nal, exer^ant la preroga- 
tive qui lui avail appartenu de lout lemps d'admeltre ou 
de rejeler les dieux nouvcaux, rangea officiellement ce 
grand homme au rang des dieux prolecteurs de Rome. II 
crea en mSme lemps un college de vingt et un pretres, les 
Sodales Augusii^ qui Tut charge d'offrir des sacrifices k la 
deesse Rome et au genie de Tempereur. 

Les cultes locaux et particularistes ne cesserent pas 
d'exister. Cliaque cite conserva ses divinites propres, se« 
tradilions religieuses, ses sanctuaires et son clerge. 

Mais la religion auguslale, qui planait au-dessus des 
aulres, devint la religion officielle de TEmpire, dont elie 
symbolisait Tunite et la grandeur. 



(I) Apulj&b, MStam,, XI, 26. 



C4il ) 

II y eul,daDS chaqoe province, uo lemple d'Augoste, qui 
£iait cooslruiletenlreienu ifraiscoiDmuns. Lesfonctions 
da flamioe de Rome el d'Augusle s'^leodaient k la pro- 
vince CDli&re. Les pr£lres des campagnes ^taieat plac^ 
84HI8 sa surveillaDce et soo autorile (1). 

5. Qiiicooque vivait sous la prolectioD de TEmpire 6tait 
leoo de faire acte de civisme en s associanl aux f^tes et 
aux sacrifices que Ton c^lebrail en I'honneur d*Augaste et 
do G^nie de Rome. Ceux qui demeuraient i T^carl, qui 
ne se m£laieDt pas i Tall^resse officielle, ^laienl not^ 
coiDine des s^dilieux, comme des ennemis du nom 
romaio. 

Or, les Chretiens affectaient de se retrancher dans un 
isolement farouche et refusaienl de sacritier en Thonneur 
de Temporcnr. C'^taienldes indisciplines, des rebelles, qui 
flD^risaient le gouvernement ^labli. La rumeur publique 
les accttsait d*£tre les ennemis du genre humain, c*est-i- 
din- de IVmpire romain, odium generis Atimant, dit 
Tacite. 

Lears opinions religieuses n'etaient r^prim^es par 
aucone loi pinale et semblaient ridicules pluldlque crimi- 
oelles. Mais ils refusaient de rendre horomage i la 
divinil^ imp^riale, symbole et incarnation de la grandeur 
romaioe. Ils ^taienl les adversaires du regime politique qui 
avail poor base la religion augustalc. On les accusait, non 
pas de l&se-niajeste divine, car les Romains n'avaient pas 
de dogmes, mais de Itee-majest^ humaine. 

Telle fut la cause des poursuites judiciaires {persecutiones) 
qui, k diffiSreotes reprises, furent dirig^es contre eux. 

(I) Voy. RiRANy Smnt'Paul, p. 28, et Boissibr, La ReUg, romaine, 
tome I, p. 157. 



II n*e8t pas sans iot^rdl de recbercher quelles ^latent 
les incrimiDatioDS l^ales qui servirenl de base aox pour- 
suites (persecutiones) intentdes aux cbr^liens, alleodu que 
ces incriminalions ont 6ii reloorn^s plus lard par les 
Chretiens triompbants cootre les paiens el les b^reliques, 
el que Cbarles-Quiol les a Tail revivre au XVI* siteic, eo 
ordonnanl, par sod &lil du 5 juillel 1570, de punir les 
prolestanls selon les disposilions dn droit romaio. 

Les cbr^tiens refusaienl de prendre part aui sacrifices 
que Ton oflrail aux dieux naliouaux de Rome et au G^Die 
de C6sar. Leur abstention oflensait i la fois les dieux et 
Tempereur. On les poursuivait comme coupables de sacri- 
l^e et dc l£se-majesl^. 

c Yous nous reprochez, disait Tertullien aux paiens, de 
» ne pas adorer les dieux, de ne point faire de sacrifices 
» pour les empereurs. II est vrai que nous ne sacrifions 
» pas plus pour les aulres que pour nous-mSmes, par la 

> raison que nous ne reconnaissons pas vos dieux. Voili 
» pourquoi nous sommes poursuivis du cbef de sacril^e 

> el de ltee-majest& Cest le point capital des accusations 
» formul^es contre nous, et mSme la seule cause de ces 

> accusations (1). > 

Nous Savons, en effet, que les deux accusations de sacri- 
l^e el de Itee-majesie se touchaient de pr6s et se confoo- 
daient : Proximum sacrilegio crimen quod majestalis 
dieilur (2). 

Les actes des martyrs confirment Tasserlion de Tertul- 
lien. On y rencontre conslammenl les imputations de 



(i) Tbrtull., ^poLf X. 

(2) Dig. lib. XLVIII. tit. IV, fr. I. 



r 



C <K) 
ncrii^e et de Itee-majest^. Le jogement rendu en 258 
conire Cyprien, pape de Carthage, est aiosi con^u : c II y 
» a longtemps que tu vis eD impie, que tu as r^uni autour 
» de loi des homroes engages dans une affiliation abomi-* 
» Dable, que tu t*es constitu^ Tennemi des dieux de Rome 
» et de ses iois sacr^es (1) ». 

Les magistrals avaient, en ce qui concernait la punilion 
des sacril^es, un pouvoir discr^tionnaire, et statuaient 
soivani la quality des coupables, leur dge» leur sexe, et 
soivanl les circonslances speciales de chaque cas. Beau- 
coup de sacrileges, dit Ulpien, onl ^l^, k ma connaissance, 
litres aux Mies, quelques-uns brAl^s vifs, d'aulres ont ^t^ 
peodus (2). 

Les coupables de Itee-majest6 n^^taient pas moins s^v&- 
rement punis que les sacrileges : on livrait aux bSles ou 
Ton brAlail vifs les gens de basse extraction; on d^capitait 
ceux qui ^taient d'une condition relev^e (3). 

L*accusation de Itoe-majest^ ^tait d*autant plus redou- 
table pour les Chretiens que ce crime pouvait se commetlre 
Don seulement par des actes, mais encore par des paroles : 
Quod crimen nan solum facto, sed et verbis impiis ac mah'* 
dietis maxime exacerbatur (4). 

La critique des actes du prince, un outrage prof^r^ 
coDtre les dieux protecteurs de Rome, un mot impru- 
demmenl murmur^ contre cette feiicit^ publique (felicitas 
temporum) que vantent tons les monuments de T^poque 



(I) RDiNAftT, Acta $ineera,p, 317. 
(3) Dig., livre XIII, litre VI, fr. 0. 

(3) Piut, Sen/., lirre V, tilre XXIX, § I. 

(4) low, ilfid., V, tit. XXIX, ad legem Juliam majestatis, § i. 



( *24 ) 

imp^riale, e'en £tait assez poor m^riter les plus cruets 
siipplices. 

L*accQsalion de sacrilege ou de l^se- majesty, comme 
plus tard Taccusation d'h^^sie, enlratnait la torture pr^- 
lable pour le malheureux qui eu £lait la victime, quel que 
fAt son rang social : Cum de eo quaerilur^ nulla digniias 
a tormenlis excipitur (i). 

Une autre accusation non moins grave que les pr^c^ 
derites, celle de magie, ^tait suspendue sur la tdte des 
Chretiens. 

D&]k la loi des XII tables punissait de mort celui qui 
jelait un sortilege (quei malum carmen incanlassit, malufn 
venenum)y et Paul nous apprend que de son temps les 
magiciens ^taient brAl^s vifs et que lours complices dtaient 
livr^s aux bdles ou crucifies (2). 

Or, les Chretiens eiaient consid^r^ comme des magi- 
ciens parce qu'ils exorcisaient les d^moniaques. On les 
suppliciait, dit Suetone, parce qu*ils se livraient k des 
mal^lices (afflicU snppliciis Chrisliani^ genus hominum 
superstilionis novae et maleficae) (5). 

On ne se contentait pas de meltre i mort les magicieos 
et, par consequent, les chr^iens, qu^on consid^rait comme 
tels : on brAlait aussi leurs livres. Tite-Live nous apprend 
que les livres qui contenaient des principes contraires an 
culte 6tabli (propres k dissoudre la religion) 6taient brAI4s 
pu&liquement (4-). Cetle r^le £tait encore observe do 



(1) Paul. Sen/., V, 29.2. 

(2) Id., Ibid., V, XXni. 
(S) SuBT., In Neron, XVI. 
(i) TiTB-LiVB. XL, 29. 



\ 



( 125) 

lemps du jariscoosulie Paul, aa troisieme si^cle de Tere 
ehr^lienne. c Personne, (lit Paul, ne peul conserver en sa 
9 possession des livres de magie; si Tun decoovre des 
» livres de celte espftce, on doit \es brAler pubiiqneraent 
» et condamner le d^tenteur de ces livres k la deportation 
• OQ d la roort. Car il est d^fendu, non sealeinent de pro- 

> fesser, mais aiissi de connattre les arts magiques » (1). 
C*est en se fondant silr ces precedents que Charles- 
Quint prohibait les bibles iroprimees en langue vulgaire 
el les livres entach^s d^b^resie. II rappelle, dans son edit 
du 29 avril 1S80 (2), que les anciens Romains ont brAie 
les livres qu*on avait trouves dans le tombeau de Numa 
PompiliuSy parte qu*ilssemblaientcontraires a la religion. 
II s'autorisait egalement de I'exemple donne par Tempe* 
reur Auguste, qui avait fait brAler des livres pretendAment 
sibylliDS, ne voulant pas que le peuple se laiss&t emouvoir 
par les faosses propheties que ces livres contennient. 

Les Chretiens tombaient encore soud Tapplication des 
lots qui prohibaient les conciliabules clandestins. 

La legislation romaine ne connaissait ni la libertede 
reunion, ni ia liberie d'association. 

c 11 n'etait permis aux citoyens de se reunir que sur 

> Tordre des roagistrdts, quand le drapeau flottait sur les 
9 hauteurs du Janicule. Toute autre reunion etait pro- 

> bibee par la loi (3) » . 

La loi des XII tables avait de/endu de tenir dans la 
vilie des conciliabules nocturnes; ensuite la loi Gabinia 



(t) Paol> Sen/., liTre V, iitre XXIH, § IB. 
(S) PUtewrtU de FUmdre, 1, 173. 
(3}TiTB-LivE, XXXIX, 15. 



( *26 ) 

avail prohib6 toute espice d^associatioDs secrdtes, et, sui- 
vant Tusage des ancdtres, avail prononc^ la peine de mort 
coDlre ceux qui organisaienl ces reunions (1). 

II n'^lail mdfue pas permis de former des associalions 
dans un bul religieux : c Sub praetexlu religionis vel sub 
» specie solvendi voli coelus illicilos nee a veleranis 
> tenlari oporlet (2) ». 

Ceux qui formaienl des associations illiciles ^laieot 
consid^r^s comme coupables de Itee-majesl^, el on lear 
appliquail des peines lerribles. On les d^capilait, on les 
brAlail vifs, on les livrail aux bStes fiiroces (3). 

Or, les chr^liens formaienl enlre eux une associalioa 
mysl^rieuse el c^l^braienl leur culle dans des assemblies 
secr^les el nocturnes. Le gouvernemenl ombrageux des 
empereurs ne lol^rail pas ces conventicules illiciles, qoi 
semblaienl mellre en danger la s6curil^ de TElal. On pour- 
suivail de ce chef les cbr6liens, comme on a poursuivi, ao 
XVI* el au XVII* sitele, les proteslanls qui lenaienl des 
reunions c au desert », contrairement aux Mils de Charles* 
Quint el de Louis XIV. 

Nous venous de voir que le droil d'associalion ^lail con- 
tenu par les lois romaines dans des limiles elroites : t II 
* n'esl pas permis h lout le mond^, disait Gaius, de for- 
» mer des associations, des colleges el des corporalions. 
» Les lois, les senalus-consulles, les consliluiions des 
» princes s*y opposent. Les corporations autoris^ sont 
» peu nombreuses (4) ». 



(1) PoRCius Latro, Deelam. in CatiL, c. XIX. 

(2) Dig , lib. XLVII. tit XI, fr. 2. 

(3) Dig , lib XLVII, tit XXII, fr. I. 
(i) Dig., lib. Ill, tit. IV, fr. 1. 




( 127 .) 

II elait toalefois permis aax gens dc basse extraction, 
aox affranchis, anx esclaves, de fonder des colleges fun^- 
raires el de se cotiser pour s'assurer une sepulture 
dik:eDle(l). 

Ces collies avaient, comme touies les corporations 
liciles, ie droit d^acqa^rir des biens et d'agir en justice (2). 

Cest en fondant des institutions de ce genre que les 
Chretiens pnrent se donner une organisation corporative, 
jooir des avantages de la personnalit^ civile et poss^der 
l^galcnient les edifices affect^s k leur culte et les terrains 
adjacents (2). 

En r&ume, les Chretiens ^taient exposes k des pour- 
soites judiciaires parce quils se rendaient coupables de 
sacril^e et de l^e-majest^, parce qu*ils pratiquaient les 
arts magiques et parce qu'ils tenaient des conciliabules 
clandestins. Ces divers chefs d'accusalion enlratnaient 
centre eux des condamnalions capilales. 

6. Pendant les deux premiers si^cles^ les Chretiens ne 
Torent en butte qu*^ des violences passag^res et locales. 
Aacone loi g^n^rale ne fut port^e contre eux. Les pr^lres 
paieos, qui ne formaient point une caste s^par^e des autres 



(1) Dig.i lib. XLVII> tit. XXI li de collegiis et corporibus. 

(2) MouLART, L*6gH»e et L'^lat, p. 504. — Des dccouvertes 
r^eentes ont ^tabli que Ie eimeti^re romain qui a re^u Ie nom de 
cimcliere de Calllste appartcnait, au temps de Septime-S^vdre, h. la 
eammonaute chretienne de Rome. L'dv^que ctait, auL yeuz des 
magiatrats, Ie pr&idcnt du collie fundraire, et Ie diacrc en 6tait 
Vmctor OQ $yndkui. Leurs noms ctaient si bicn connus de Tautorite, 
que la listc des papes que nous avons, provieut, nou des archives de 
TEglise, mais des archives dc la prefecture de Rome. (Hoaor, De$ 
rapporU du sacerdoee avee I'autorHS civile ^ I, D*i43)* 



^ 



( 128 ) 

ciioyens et qui n*^laient pas d^posilaires d'un corps de 
doctrine, o*eurenl oi assez de z^le ni assez de puissaac^e 
pour susciter conlre la religion oouvelle un systeme de 
repression m^thodique et continu. 

L'administration imp^riale essaya mdme, i diverses 
reprises, d'amener le Dieu des Chretiens it s*entendre avec 
les dieux paiens. 

L'empereur Adrien (117 -i 118) avait form^ le projet 
d*^lever un temple au Christ et de le ranger officiellemenl 
au nombre de dieux ; mais il en fut empdch^ par les pr6* 
dictions sinistres des pr^tres paiens (1). 

Alexandre S(^vere (222 k 235), le plus religieux et en 
m£me temps le plus tolerant des hommes, t^moigna aux 
Chretiens une r^elle sympathie. Christiands esse passus 
esi^ dit Lampride. II laissa k chacun la liberie de professer 
la religion chrelienne (2). 

II voulut, comme Adrien^ Clever un temple au Christ. 
Mais ses conseillers le d^tournirent de ce projet. Les 
aruspices, consultes par eux, d^clar&rent que si Tempereur 
consacrait oiliciellement le culte du Christ, tout le monde 
se ferait chr^tien et que le culte national des Romains 
serai t d&^ert^ (3). 

. L*empereur se contenta de plac4*r Timage du Christ 
dans son oraioire particulier, k c6t^ de celles d'Apollonius 
de Tyane, d^Abraham, d'Orph^e et d'Alexandre ie Grand. 

Les Chretiens repoussirenl toutes les avances qui leur 
furent faites. Leur Dieu refusa de prendra place dans le 
Panth^n imperial. 

(1) Lampriob, ^iex. 5^o., 3t% 29, 63. 

(2) Id., ibid , 32. 

(3) Id., Ibid,, 43. 




C 129 ) 

Celle obstinatioD ik s*i$oler dii reste du monde el k 
garder lenr foi pure de lout melange Stranger, explique 
ies prevenlioDS el les pers^culioos auxquelles ils furent 
en baUe de la pari d'un peuple qui accueillail avec tanl de 
bienveillance loutes les religions 6lraiig^res [i ). 

L'admimslralion imp^riale, qui ^tail Ires (ol^ranle en 
fait de doclrines el d*opinions, mais qui n'avail aucune pilie 
pour ceox qu'elle considerailcomme des rebelles, eul^ pen- 
danl ionglemps, vis-ji-vis des Chretiens, une altitude 
b^ilanle et embarrass^e. 

Ces hesitations se traliissent dans la correspondance 
^chaogee entre Tempereur Trajan et Pline le Jeune, son 
legal en Bilhynie : c Plus d'nne fois, lui ^crivait Pline, je 
» suis inlervenu dans des proc^ conlre les Chretiens; 
» mais je ne sals de quel chef et dans quelle mesure il 
» faul les punir oa les poursuivre.... Faut-il pardonner i 
» ceox qui, apres avoir ^l^ chreliens, onl cesse de I'^tre? 
» Doivenl-ils Sire punis par cela seul qu'ils prennent le 
» litre de Chretiens, ou bien i'aut-il qu*ils aient commis, 
9 en outre, quelque m^rail (2)? » 

La r^ponse de Trajan laisse deviner la lutte qui se 
livrait dans son coeur entre ses sentiments personnels et 
la n^cessit^ de faire observer les lois en vigueur : < II est 
» impossible, dit-il, de formuler au sujet des Chretiens 

> une r^gie g6n6t^\e et uniforme. II ne faul jamais 

> inslruire d'office conlre eux. Si un ciloyen les accuse 
» el s'il prouve son accusation, il faul les punir; loutefois 
1 ceux qui nienl dire Chretiens et qui jusliiient leur 



(I) BoissiKR, La Relujhii romaine, I, 402. 
(S) Plinii, Epiit , X, 97. 

3** s£:rib, tome xxv. 9 



( <30) 

> d^n^gatioD en adressant des prieres k dos dieor» 
» doivenl, quand m£me leur pass^ est suspect, obteoir 
» gr&ce k cause de leur repenlir. II ne faut teuir aacuD 
» compte des accusations ou des plaintes anonymes 

> (lirig^es contre em. Ceia serait d*un detestable exemple, 
» et cela ne convient pas au temps oil nous vivons (1) ». 

Trajan d^fendait done aux magistrals d*accueillir les 
d^noncialions anonymes k charge des chr6tiens, et m^me 
de les poursuivre d'olBce. Lorsqu'un citoyen se portait 
accusateur en nom personnel et prouvait son accusation, 
il fallail bien appliquer la loi. Toulefois, si Taccus^ con- 
sentail k adresser des priires aux dieux, on le renvoyait 
absous. 

7. Au III' si^cle, Thostilit^ que la foule ignorante avail 
longtemps t^moign^e aux Chretiens, au nom du sentiment 
national et du sentiment religieux, se change en Indiflii* 
rence. Le paganisme est devenu syncr^tique, et il toldre le 
chrislianisme aussi bien que les autres religions venues de 
rOrient. 

Mais Tautorite se Tait pers^cutrice au moment oji la 
Toule cesse de Tdtre (2). 

La multiplication des cbr^tiens mettait en danger la 
constitution m^me de TEtat romain en sapanl la religion 
nationale, base du principaL 

L*administration imp6riale s'^mut de ce p^ril et eut 
recours aux mesures les plus violentes pour le conjurer. 

D^cius (qui mourut en 250) ordonna de proc^der contre 
les Chretiens dans tout PEmpire k la fois [ad pertequendo$ 



(1) Plinii EpUt.fX, 08. 

(2) RiviLLB, La religion d Romeioui les SMree, p. 29 K 



(131) 

initrficiendos que Christianas feralia dispersii edicla) (1). 
VaKrieo, qui lui siiccdda, se laissa guider par les mdmes 
pr^occupalions politiqiies. II adressa au S^nal des leltres 
par lesqoelles il enjoignait de meUre k morl les ^v^ques, 
les prilres el les diacres. 

Le 6 aoAl 258, Xyste, £v6que ou pape de Rome^ fut 
execDl^ dans le cimeti^re chr^lien, c*est-^-dire dans les 
ealacombesy et^ le 14 seplembre suivant, Cyprien, ^vdque 
oo pape de Carthage, subit le m6me sort. 

Celle proscriplion syslematique eul pour effet imm^diat 
de ramener aux pratiques de Tancien culle une foule de 
Chretiens qui pr(§C6raient Tabjuralion aux lourmenls et k 
la niort : c Aux premieres menaces de Tennemi, dit saint 
Cyprien dans une de ses lettres, une foule de nos freres 
trahit sa foi, nioins abbaltue par refforl de la persecu- 
tion qu'elle iie s'abattait elle-mSme par une chute volon- 
laire. lis n'allcndaient mduie pas qu'on les saislt, qu'on 
les fit nionter Ik haul (au Capitole de Carthage), qu'on 
les inlerrogc&t, pour dire non. Beaucoup furent vaincus 
avant Taction, terrass^s sans combat, et n'onl mdme 
pas eu le m^rite d'avoir Fair de ne sacriGer aui idoles 
que roalgr^ eux. D'eux-m^mes ils couraient au Forum, 
ils se pr^cipitaient k leur perle, comme s'ils n'avaient 
pas depuis longtemps d*autre desir, comme s*ils embras- 
saient une occasion qu'ils avaient toujours appel^e. » 
Cette ^preuve Tut de tr6s courte dur^e. 
L'esprit de tolerance, fruit du syncr^tisme religieux, 
inspira les actes de Taduiinistration imp^riale sous le r^ne 
de Gallien et d*Aur£lien, et pendant la premiere partie du 



(I) Oftosi, VII, 31,9. 



^ 



( 432 ) 

r^ne de Diocl^lien. Rien ne fit plus obstacle i la diffusion 
de la religion cbr^tienne. 

8. A la fio du III* siiele, le g^nie centralisateiir de Rome 
avail achev^ son oeuvre. II ne restait plus vestige des 
institutions r^publicaines ni des liberies locales. Une admi- 
nistration savanteet uniforme s'^tendait comme un r^seau 
sur toutes les parties de TEnopire. Tout convergeait & 
Tnnit^. 

La religion n*^chappa point k cette loi commune, l^e 
monde romain aspirait a un culte universel &\es& au-dessus 
des distinctions de races et de nationalites. 

Sous le rigne d'Aur^lien, Tunite religieuse sembia se 
faire autour de Mithra, le dieu r^g^'n^rateur, le Soleil 
invincible. 

Mais la religion chr^tienne, qui ^tait purement mono- 
ih^iste et qui avait su, en copiant les cadres de I'adminis- 
tration romaine, s*approprier son puissant esprit de cen- 
tralisation, triompha ^ la longue du culte de Mitbraet des 
aulres religions orientales. 

Au commencement du IV si^cle, les Chretiens ^laienl 
devenus tellement nombreux qu*ils occupaient en foule 
los magistratures et les charges les plus imporlantes. La 
Temme et la fille de Diocl^tien inclinaient ouvertement 
vers le christianisme (1). Un temple chr^tien s'^levait, k 
Nicom^die, en face du palais imperial. 

C'en 6lait fait d^sormais des divinit^s paiennes et des 



(I) « Furebat imperator ( Dioclclianus) non jam in domesUcos 
* tantum, sed in oinnes, et priroum omnium filiam Valcriam conjii- 
» gcmque Priscam sacrificio pollui coegit ». (Lactant., De martibus 
persecutorum, XV.) 



(433) 

CQltes parlicularistes. La religion augustale elle^m^e 
Detail plus qu'un soiiveDir, et la vieille coDStitulioD 
n>maine tombait en ruioe en mSme temps qae le vieux 
calie national. L*£tablissemenl politique et religieux, 
fonde par Auguste trois cents ans auparavant, sVffondrait 
el allait faire place bient6t k la monarchie eccl^siastique 
de Byzance. 

1^ nouvelle religion devail traverser une derni^re crise. 
Le 24 fevrier 303, ji Tinstigalion du C^sar Gal^rius, un 
^dil de proscription ful promulgu^ contre les Chretiens 
par Diocl^tien. Le m^me jour, T^glise de Nicom^die 6lait 
livr^ au pillage. Les supplices reprirent leur cours. Ceux 
qui refusaient de sacrifier aux dieux furent envoy^ ao 
bAcbcr, sans distinction d*^ge ni de sexe. 

Celte pers^ution dura sept ans environ (de 303 k 310). 
Eoiin an Mil public par Galore, Constantin et Licinius, 
aolorisa les Chretiens < k professer librement leurs opi- 

• nions particuli^res et i se r^unir dans leurs conven- 

• licules, sans crainte ni trouble aucun, pourvu qu'ils 
9 eonservassent le respect dA aux lois et au gouverne- 
9 meat ^tabli (t) ». 

Lorsque Constantin se trouva le mattre unique el incon- 
tesii de TEmpire, il promulga T^it de Milan (313), qui 
proclamait pour tout le monde la pleine et absolue liberty 
de conscience. Ce d^ret fut envoy^ k tons les magistrats. 
II etait ainsi con^u : 

€ Nous, Constantin et Licinius, Augustes, nous £tant 
9 rassembles k Milan pour Iraiter toutes les aHaires qui 
» concernent riot^r^i et la steurit^ de I'Empire, nous 
» avons pens^ que, parroi les sujets qui devaient nous 



(I) EpsiiB, VllK 17. 




( <34 ) 

occuper, rien ne serait plus alile k nos peuples que de 
r^gler d'abord ce qui regarde la faQon d'honorer la divi- 
nity. Nous avoQs r^olu d*ac€order aux chr^tieos et jk 
lous les aulres la liberty de praliquer la religion qu'ils 
pr^fiirenty aGn que la divinile, qui reside dans le ciel, 
soil propice et favorable aussi bien k nous qu'k tous 
ceuz qui vivent sous notre domination. II nous a paru 
que c*6tait nn syst^me trte bon et tr^ raisonnahle de 
ne refuser k aucun de nos sujets, qu*il soit chr^tien ou 
qu'il appartienne k un autre culte, le droit de suivre la 
religion qui lui convient le mieux. De cette maniire, la 
divinity supreme, que chacun de nous honorera ddsor- 
mais librement, pourra nous accorder sa faveur et sa 
bienveillance accoutumees. 

» II convient done que Votre Excellence sache que 
nous supprimons toutes les restrictions contenues dans 
r^dit pr^c^dent que nous vous avons envoy^ au sujet 
des Chretiens, et qu'i partir de ce moment, nous leur 
permettons d'observer leur religion sans qu'ils puibsent 
dtre inqui^tes ou molest^s d'aucune maniere. Nous avons 
tenu k vous le faire connattre de la fa(on la plus pr^- 
cise, pour que vous n'ignoriez pas que nous laissons aux 
Chretiens la liberty la plus complete, la plus absolue, de 
pratiquer leur culte; et, puisque nous Taccordons aux 
Chretiens, Yotre Excellence comprendra bien que les 
autres doivent poss^der le m£me droit. II est digne du 
si^cle ou nous vivons, il convient k la tranquillity dont 
jouit TEmpire que la liberty soit complete, pour tous nos 
sujets, d'adorer le Dieu quils ont choisi, et qu'aucun 
culte ne soit priv£ des honneurs qui lui sont dus. > 
L'6dit de Milan ne fut qu'un expedient politique, une 
mesure de circonstance. L'habile et prudent Constantin 
imposa une tr^ve aux deux partis dont les forces s'dquili- 




( 135 ) 

brakni. Mais la haine coiivait au fond des cceurs. Le prin- 
cipe de la liberie de coascience ne s'imposail pas encore & 
la coDscience hamaine comme une v^rit^ juridique, el bien 
des siteles devaient s*^couler avant r^tablissement d^fl- 
niliT de la paix religieuse. 

9. Aussi longtemps que les chr^liens 6laienl demeur^s 
en buKe aux pers^ulions des paiens, ils avaienl, par la 
¥oix de leurs apologisles, prSche ^loquemroeDl le sysl^me 
de la tolerance : 

c Le droit commun, la loi natureliey disait Tertuliien^ 
» feuleot que chacun adore le Dieu auquel 11 croit. II 

> o'appartient pas k une religion de faire violence d une 
» autre (non est religionis cogere religionem). Une religion 

> doii etre embrass^e par conviction et non par force, car 
a les offrandes k la Divinity exigent le consentement du 
a coeur. > 

c VoyeZy disait-il encore, s'il est & la gloire de Tinfid^lit^ 

» d*6ter la liberty de la religion^ d*interdire le choix de la 

» divinity, de ne point me permettre d'honorer qui je veux 

a et de me contraindre k honorer qui je ne veux pas. 

> Personne ne veut des honneurs conlraints, pas mdme 
» un homme... N'est-il pas inique de forcer des hommes 
a librcs k sacrifier malgre eux? (1). > 

Uo Fidcle plus tard, Lactance disait k son tour : 
« Ce n*est pas en tuant les ennemis de sa religion qu'on 
» la defend, c*est en mourant pour elle. Si vous croyez 
» servir sa cause en versant le sang en son nom, en muU 

> liplianC les tortures, vous vous trompez. II n*y a rien qui 
» doive dtre plus librement embrasse que la religion. 

> La religion, ajoutait-il, esi la seule chose od la liberie 



(1 ) Tbitvll , ApoL^ c ii. ; ad Scap. o. 2. 



> ait ^lu domicile. Elle est par-dessus tout volontaire, eC. 
» uul ne peut £lre force k adorer ce qu'il ne veul pas 

> adorer (1 ). » 

c Nous demandons le droit commuu, disait k sou tear 
» Atli^nagoras; uous demaudons k n*£tre point hai8 et 

> pers^cui^s parce que nous sommes Chretiens (2). > 
Quand les Chretiens, mattres de TEropire, se sentirent 

assc'z forts pour ^touffer la religion paienne, ils rejet^renl 
ces maximes desormais surannees, et de pers^cut6s il 
devinrent, k leur tour, pers^cuteurs. 

Firmius Malernus coinpo^a et adressa k Constance et 
Constant, les deux fils de Constantin, un veritable manuei 
d'intol^rance, intitule : De errore profanarum religionum. 

II les exborlail k supprimer violemmentles culiespaiens. 
C'est dans les texles de la Bible qu'il puisait ses argu- 
naenls : c Ceini qui sacride aux dieux sera d^racin^ de la 

> terre, sacrificans Diis eradicabitur >. II est d^fendu 
d*avoir aucune piti^ pour lui; il faut le lapider, le mettrei 
rnort, quand ce serail ton fr^re, ton fils ou la femme qui 
dort sur ton sein. 

Saint Augustin (354-425) ^leva k la hauteur d'une 
doctrine tb^ologique le syst^me de la conlrainte en roati^re 
de foi. 

Dans plusieurs lettres qui re^urent une grande publicity, 
il s'attacha k d^monlrer que TEglise doit invoquer Tappui 
du pouvoir temporel pour ramener les h^r^tiques k 
Tob^issance : 

« Qui, disait*il, pent plus nous aimer que*Dieu7 Et 

> cependant il ne cesse de mdler k la douceur de ses 

> instructions la terreur de ses menaces. Vous pensez que 

(1) Lact., Epitom, Div. Insiit., c. LIV. 

(2) Athbn., ^poL, 2. 




( 137) 

ool De doit dire Torc^ k praliqoer la justice, et cepen- 
claol voas lisez dans saint Luc que le pdre de famille a 
dil i ses servileurs : c Foreez d'enirer (ous ceux que 
Toas Irouverez ». 

» Si Too ^lait toujours digoe de lotiange, par cela seul 
qo'oQ souffre la persecution, il aurait sufli au Seigneur 
de dire : Beaii qui perhfculionem patiuntur; il 
a*aurait pas ajoutd : propter justiliam. II pent done 
arriver que celui qui souffre persecution soit m^cbant, 
et que celui qui la fait souffrir ne le soit pas. Celui qui 
Uie et celui qui gu^rit coupent les chairs el sont des 
des perseculeurs tons les deux; mais Tun persecute la 
vie, Tautre la pourrilure. 

» II De faut pas consid^rer si Ton est forc^, mais k quoi 
Too est Torc^, si c'est au bien ou au mat. Personne sans 
doute ne peut devenir bon roalgr6 soi, mais la crainte 
met Go k Topini^trele, et, en poussant k ^tudier la 
v^ritd, amdne a la d^couvrir. 

» Quand les puissances temporelles attaquent la Vdritd, 
la terreur qu*elles causent est, pour les forts, une 
^preuve glorieuse, pour les faibles une dangereuse 
lentation. Mais quand elle se diploic au profit de la 
virit^, elle est un avertissemenl utile pour ceux qui se 
trompent el s^^garenl. » 
Tels sont les arguments que saint Augustin inventa, 
sans pr^voir peut-dtre les persecutions auxquelles son 
auCorite vendree a servi d'excuse par la suite (1). 

La theorie de saint Augustin devint la base du droit 
public byzaolin en matiere de religion. 



(I) Au XVII* si^l« encore, les assembiees du elcrge fran^is 
s*appuyaienl sur renseigncnient de saint Augustin pour dcmander 
an roi de supprimer riicresie par rcmploi de la force. 




(<38) 

Chacon fut aslreinl k croiro les dogmes et k praliqaer 
le culte qui 6taient d^lards orlhodoxes par le gouveroe- 
meat. 

Tel est le principe fondamental dont I'^Donc^ coostitue 
le debut du code public par JusUnieo en 554 : c Nous 

> vouloos, dit-il, que (ous les peuples qui sont r^is par 

> noire clemence, pratiquent ia religion que le divin 
» apdtre Pierre a enseign^e aux Remains, ei prennent le 
» nom de Chretiens catholiques. Tous ceux qui soutien- 

> dront rinfamie d*un dogme h^r6tique seront frapp^ par 

> la justice celeste el subiront les ch&liments que nous 

> avons ^tablis centre eux ». 

Justinien ordonne done k tous les habitants de TEmpire 
d*adopter la religion unitaire ou catholique qui s*est &\es6e 
sur les debris des anciens cultes locaux et particularistes, 
et il menace les dissidents des supplices les plus rigoureux. 

10. II a group^f dans les onze premiers titres du code 
qui porte son nom, les incriminations l^gales soos 
lesquelles ^taient accabl^s les paiens, les b^r^tiques ec 
tous ceux qui ne professaient point la foi orthodoxe. En 
voici quelques-unes : 

I. L*acc^s des temples paiens est interdit. II est d^fendo, 
sous peine de mort« d'offrir des sacriflces aux dieux (1). 

il. Les temples et, en g^n^ral, tous les locaux oil Too 
c^l^bre des c^r^monies paiennes, sont conOsqu^ au proBt 
du lisc (2). 

HI. Les biens qui dependent des temples paiens sont 
confisqu^s au profit du fisc et des ^lises chr^tiennes (3). 

IV. Les ^lises et autres locaux qui servent de lieux de 

(1) Code de Justinien, livre I, lit. XI, lois 1 ct 7. 

(2) Ibid. Jivrc I, tit. XI, loi 8. 
5) Ibid.t loi S. 



(439) 

rionion aox Mr^tiques sonl cooiisqu^s au profit de Tfiglise 
calbolique.quand m^meces locaox seraienl des propri^l^ 
privies (i). 

V. Deineurer paien esl un crime contre la stireli de 
r£tau Ceux qui, aprte avoir re^a le bapt^me, retournent 
aox erreurs paieDDes, sont puois du dernier supplice. Les 
paieas non baptises sonl lenus de se reodre k T^glise avec 
leor femme et lears enfanls pour recevoir le sacremenl; 
aaCreaieol ils sonl mis au ban de r£tal et diclar^s inca- 
pables de posseder aucuns biens meubles ou immeubles ; 
loot ce qu*ils possMent doit leur 6tre enlevi, de mani^re 
qo*ils soient plong^ dans la pauvret^ (omnibus rebus 
abtaiis in inopia relinquendos) (2). 

Le m£me regime esl appliqui aux h^r^tiques et, en 
gioiral, h tous les dissidents : ceux qui n'adorent pas 
Dieu d'une mani^re orthodoxe doivent 6tre priv^s de (ous 
les biens terreslres (qui Deum non recti venerantur bonis 
omnibus humanis privari) (3). 

Vi. Les ortbodoxes seuls peuvenl transmetire leurs 
biens ileurs hiri tiers, soil par testament, soil ab inlestat; 
seols ils peuvenl acqu^rir par testament ou par donation. 
La succession d*un bir6tique peut 6tre revendiquee par le 
fisc(4). 

VII. Les enfanls enlach^ d'birisie sont incapables de 
socc^er k leurs parents; la succession de ceux-ci est 
divoloe k leurs collatiraux et, subsidiairement au flsc. 

Si les enfanls d*un hirilique sont, les uns, ortbodoxes 



(1) Code de Justinicn, litre V. loi 3. 

(2) Ibid., loi 10. 

(3) Ibid., livre l» lit. V, loi 12. 

(4) Ibid., tois 47 el 18. 



( **« ) 

el, les autres, h^r^liques , les premiers seuls recueilleot la 
succession de leurs pareDls(l). 

VIII. II est d^fendii aux her^tiques, sous peine de mort, 
de lenir des assembles ou synodes, de faire des ordina- 
tions, de bapiiser (2). 

IX. Le juif qui convertit un clir^tien k sa religion est 
puni de la peine de morl el de la conGscatioo des biens (3). 

X. Quiconque convertit un orthodoxe a une secte h^r^- 
tiqueest puni de la confiscation des biens et de la mort(4). 

XI. Les Manicheens sont punis de la peine capi- 
tate (5). 

XII. Les partisans d*Eutych^s, c*esl-j^-dire ceui qui 
n'admeltent en J6sus-Cbrist qu*une seule volontd, sont 
vou^s k Texil, k la mort et k la confiscation (6). 

XIII. Les livres h^retiques sont livr^ aux flammes, ei 
ceux qui les d^tiennent ou qui les lisent sont d^vou6s aa 
dernier supplice (7). 

On peut d*un mot caracl^riser cette legislation : elle a 
supprim^ absolument la liberty des opinions individuelles 



(1) Code de Justinien, lois 17 et 48. — Toutcs ces dispositions 
etaicnt calcul^es en vue de depouiller les famiUes hdretiqucs de leur 
patrimoine. On les ddtruisait ainsi lentement, mais surement et sans 
violence apparcnte. Reduits a une condition abjecte ct miserable, 
perdus dans la lie de la population, les dessidents perissaient Ton 
apres Tautre, ct, apr^ quelquea generations, ils avaicnt compl^- 
tcmcnt disparo. 

(2) Ibid., livrc I, titre V, loi ii. 

(5) Ibid., titre X, loi 18. 
(i) Ibid., titre VII, loi 5. 
(») Ibid., titre V, loi 41. 

(6) Ibid., titre V, loi 8. 

(7) Ibid., livre I, loi 3. § 3. 




r "▼■ 



( *^* ) 

en mali&re pbilosophique el religieuse. Cecail le couron- 
nement logique de I'immense travail d'liniflcation que le 
peiiple romaiD a poursnivi avec une invincible obslinalion 
depuis les premiers lemps de son d^veloppement hislo- 
riqoe. 

I^ R^publique avail subjagu6 loules les nations qui 
habitaient le bassin de la M^dilerran^e.Elle avail uni poli- 
queoient ees iniroenses regions, qui formaient la plus 
grande parlie du moode connu de la terre babil^e. 

Les empereurs avaient ensnite ^(endu, sur toutes les 
oalions soomises k I'autorite romaine, le r^seau uniforme 
iTone administration pon moins savante qu'oppressive. 

Celte double eenlralisatioii politique et administrative 
devait ralalemenl aboutir ^ la centralisation religieuse. II 
reslait i soumetire au joug de Timpiloyable discipline 
fomaJDe les intelligences et les consciences. Ce fut Toeuvre 
de Theodose et de Justinien, ceuvre que ces deux empe- 
rears ont r^umee dans les codes calibres qui portent leurs 



Le rive qui avail de toot temps hanl^ le cerveau des 
bommes d*£tat romains ^tait ainsi r^alis^ d'une maniire 
eooipiite. L*unit£ absolue regnait partout. Les esprits 
^laienl dompt^s et assouplis comme les corps. La liberty 
de conscience etail an^antie. 

Ce regime donna-t-il ^ la monarchic eccl^siastique de 
Byxance la grandeur et la prosp^rite que ses fondateurs 
ini avaieni promises? 

Cette question exc^de les limites de I'^tude que j'ai 
entreprise sur la liberty de conscience k Rome, et je 
m'abstiendrai d'cn aborder I'examen. 




(142) 



La poesie chinoise (seconde parlie); par M. Ch. de Harlez, 

membre de TAcad^mie. 

La Chine a eu presque k chaque si^cle des pontes de 
renom, mais sa poesie compte trois ^poquos priDcipales de 
floresceDce el d'^clal. La premiere est celle qui a donni 
naissance aox odes du Shi-King. La seconde s'^tend sor le 
court espace d*un demi-si^cle (1); les muses alors Boris- 
saient dans un £lat secondaire de Tempire chinois, k la 
cour de Tsou. La troisidme s'ouvrit et se ferma avec la 
c^l^bre dynastie des Tangs, qui r^gna de 618 & 907 apres 
J.C. et sous laquelle les lettres et les sciences prirent un 
essor inconnu dans Tempire du Milieu. 

Depuis lors et jusqu*^ nos jours, la Chine ne manqua 
point de pontes dislingu^, mais il n'y eut plus de ces 
pl^iades brillantes qui illustrent un pays ou un si6cle. 

Nous ne reviendrons pas sur T^poque des Shis poor 
laquelle d*autres sources de connaissance sont ouvertes 
aux lecteurs non sp^cialistes. 

La seconde est enti^rement inconnue, personne en 
dehors de la Terre des Fleurs ne s*en est occup^ (2). Nous 
croyons done faire chose utile en la faisant connaltre 
mieux que par les deux specimens que nous en avons 
donn6s pr^c^demment. Nous commencerons done par ce 
qu'on appelle les ^l^gies de Tsou. Mais d'abord, nous 
devons en faire connaltre la nature. 



(1) Fin du IV* ct commeocement do III* si^cle. 

(2) Hormis Pfizmayer, en ane courte monographie. 



( *^^ ) 

C6lail aa III* si6cle avant noire 6re. La Chine £lait 
divisdeeo dd grand nombre de principau(^ vassales, dont 
les cbers ne reconnaissaient plus que nominalement ia 
SBzeniiDet^ du faible empereur et se faisaient des guerres 
conlinuelles.Chacun d'eascherchaiUs*£tendreaux d6pens 
de SOD voisin, et les plus puissants visaient k rdunir lout 
ou partie de Tempire sous leur pouvoir. 

Mais le prince de Tsin (i) surlout s*efforQait d'accom- 
plir ce projet ambilieux et d£j& plus d'un des pelils £lals 
feodataires avaienl succomb^ sous ses coups. 

Ao centre de la Chine acluelle, entre le Hoang-ho el le 
TaDg-tcbe-kiang,se trouvait I'lStal de Tsou donl les princes 
aTaient pris le litre de roi et donl la puissance formail le 
principal obslacle i Tagrandissement de Ts*in de ce c6l^. 
Aussi, le souverain de ce dernier pays avail mis lout en 
ceufre pour detacher Hoei-Wang de Tsou des £(als voisins 
avec lesquels il s*6lail confed^r^, el il y avail pleinement 
r^ossi. Hoei-Wang avail mdroe reconnu une cerlaine snze- 
raioet^ de Ts'in; enfin, il lomba dans un piege que ce 
prince ambilieux lui lendil : il accepla une conference avec 
son astucieux rival qui le fit saisir et jeler en une prison 
oA le malheureux roi mourut pen apr^s. Tout cela avail 
il6 fait contre les conseils et malgr^ les supplicalions du 
minislre principal de Hoei-Wang, de Tilluslre homme 
d*£tat et po6te Kiu-Yuen, donl nous aurons k nous occuper 
bieot6l. Siang-Wang, GIs et successeur de Hoei, et comme 
lui plas adonn^ aux plaisirs qu'aux soins du gouvernement. 



(I) Son terriloire s'clcndait dans Tangle forme par le Hoang-ho 
4ans It dcmiire partie dc* son cours. 



^ 



( iU ) 

supporlait avec peine les observations de son vertueux 
ministre. flcoutant les jaloux et les flatteurs toujours pr^ts 
k profiler, dans leur int^rSl propre, des dispositions da 
prince, il lui enleva sa charge el le bannit mdme dans uoe 
petite ville sur les bords du Yaog-tche-Kiang, k Textr^mil^ 
de son territoire. Tons ses lieutenants et ses amis fureni 
disgraci^s avec lui et forces de s'6loigner de la cour. 

Kiu-Yuen, de son exil, voyait approcher la ruine de sa 
patrie^cl l'£tat de Ts'in, totijours grandissant, pr£t 4 Tabsor- 
ber. II essaya de faire parvenir i la conr de Tsou dips aver- 
tissenients et des plaintes, mais il ne fut point ^cout^. Ne 
pouvant supporter d*£tre t^moin de la destruction de son 
pays, poursuivi par Timage d'un autre ministre qui, dan& 
de semblables circonstances, s*6tait donn^ la mort, il se 
pr^cipila dans le Mi-lo pour mettre fin k ses jours et k ses 
tortures morales. 

Get acte d^sesp^re qui, dans ces conjonctures, £tail 
m^ritoire aux yeux des Chinois et fut envisage par tous 
comroe Teflet d*un palriotisme ardent et courageux, rendii 
son auteur k tout jamais c6l6bre. Les peuplcs de Tsou, 
sentant que Kiu-Yuen seul eAt pu peut-e(re leur ^viter les 
malheurs qui allaient fondre sur eux, se prircnt d'enthou^ 
siasme pour la victime de I'injustice royale; on se mil par- 
tout it sonder le Mi-lo pour retrouver son cadavre et Ten- 
sevelir avec honneur. Comme on ne pouvait le retrouver^ 
on ^tablit une Kie pour apaiser ses m&nes, la c^ldbre t&ie 
des bateaux, qui de Tsou s^^tendil dans lout Tempire el est 
encore c^l^br^e avec grande pompe aujourd'hui, le S du 
cinqui^me mois de chaque ann^e. 

C'est aux circonstances que nous venons de rappeler 
que nous dovons le plus beau po6me peul*£lre que la 
Chine ail produit et toutc une s^rie diodes el d'^l^gies. 



c **s ) 

Qdunres d^une pl^iade de pontes qui onl fait dc cette ^poque 
ce que Ton poiirrait appeler le si^cle des M^dicis de Chine, 
paisqoe le si^ge de ce mouvement litt^raire ful une prin-* 
cipanl^ dVdre secondaire comme la Toscane. Mais, k la 
difli^rence de i'ltalie, les pontes de la Terre des Fleurs se 
formdreol sans la protection de ieur prince .et malgr^ ou 
mime contre lui. C'est alors done et de cette mani^re que 
paroreot les Chants de Tsou. Kiu-Yuen et ses compagnons 
dedisgr&ceou ses disciples, Song-YCi, King-tcha, Tang-le 
et d'aulres encore, donndrent effusion 1^ Ieur douleur,a leurs 
angoisses patriotiques en publiant ces compositions lyri- 
qoes qui, sous diff6rentes formes, ^taient destinies h 
peiodre Tetat de trouble et de corruption oA se trouvait le 
royaume de Tsou, les basses intrigues qui avaient fait exiler 
ceux-Ii^ seuls qui auraient pu le sauver, les anxi^t^s des 
ininistres fiddles, repousses et bannis mSme, alors que les 
Tils flatleurs de la corruption etde Tambilion de (a Cour 
oblcDaienl toutes les favenrs et faisaienl pr^valoir leurs 
fonestes conseils. 

Ces poesies avaient ^t^ publides ifol^mentetsans concert 
de la part de leurs auteurs. Ce n*est qu'au premier si^cle de 
Dotre ere qu*nn lettr£ du nom de Liu-hiang en til une col- 
lection qui ne reproduit pas, sans doute, tout ce que les 
exiles et leurs disciples ont ^crit pour la post^rite, mais 
qoi nous en a du moins conserve le principal. 

Un commentaire en ful fait plus tard par Wang-Yi qoi 
ajouta, en outre, au premier recueil plusieurs pi6cesd'au- 
tears qui n'avaient point eu de place dans la premiere 
collection. 

' Le eilebre pbilosophe et commentateur Tchu-hi, du 
Xlh Steele P. C, en lit une nouvclle edition qu*il enrichit 
de notes assez souvenl utiles. 

3** SfiRlE, TOMB XXV. 10 



^ 



( i46 ) 

Ces deux Editions principales ont fourni la mali&re de 
loules les an ires: Nous ne nous y arr^lerons pas : elles 
n'oni pour nousaucun inl^rSl; noire but est uniquement 
de faire connatlre quelques-unes des principales produc- 
tions de la Muse chinoise, d'en donner une sorte d'antho- 
logie. Nous allons done les presenter Tune apr^ Tautre, 
sans lien entre elles, maisavec les notices pr^liminaireset 
les explications que requiert Tintelligence du sujetet des 
expressions. 

Miis avant d*en venir Id, nous devons encore une fois 
exprimer tons les regrets que nous ^prouvons de ne pon- 
voir conserver i ces pieces, vraiment remarquables, cetie 
forme podlique qui pourrait seule en donner une id£e 
adequate, et d*£tre, par la nalure ni^me des choses, dans 
rimposs^bilil^ de rendre loute T^nergique concision de la 
phrase cliinoise, loute la finesse des expressions, des allu- 
sions, la d^licalesse des lermes, leur valeur si pleine de 
sons et d'une port^e souvcnt si ^lendue. Le chinois ne 
pent Sire appr^cie qu'en chinois. 

D*aulres, plus habiles en Tart de bien dire, rdussironl 
sans doute mieux que moi; que ceci serve du moins a les 
engager h tenter Tenlreprise. 

Toutes les pieces de |io^ie que Ton va lire n*ont pas la 
m^me valeur. II en est, coname le Ta-tchao (§ II), qui ne 
sonl gu^re conformes k notre goAt. Nous avons cru bon de 
ne point les Pearler afin de faire connatlre sous son vrai 
jour Tart po^tique de la Chine, ce k quoi nous eussions 
manqu^ si nous n'avions pr^sent^ k nos lecteurs que ses 
productions les plus parfaites. A nos yeux, c*eAt ^t^ les 
induire en erreur et manquer notre but. 



(147) 



§ f. — Lb Kiu-KO ou LBS neuf chants. 

Le Kiu-ko est aussi Toeuvre de Kiu-Yuen, dont noas 
a^ODS vu pr^demmeDl la grande ode*4l^gie dans laquelle 
il annonce sa resolution de mettre fin k ses jours. II com- 
posa celle-ci pendant son exil, pour faire chose agr^ble au 
fieople de son pays. 

L*iotrodnc(ion de Wang-Yi nous apprend, en eflet, que 
les gens de Ying, la capilale de TEtal de Tsou, praliquaient 
avec devotion le culle desesprils^que leurs sacrifices ^taien I 
accompagn^ de musique et de danses par lesquelles on se 
proposail de r^jouir le coeur des Sires celestes. Le ministre 
disgraci^ se d^roba un jour pour assisler k ces cSrSmonies 
et Toolut, apr^ cela, donner ^ la musique de ces fdles des 
paroles appropri^. Cest ce qui lui fit Scrire cetle sSrie 
de Deaf Ofles ou hymnes d'un caract&re tout different des 
aotres parties du recueil des poesies de Tsou, et en 
majeure partie religieux. II y cliante r£tre supreme, le 
prince do destin, le gSnie du fleuve Ho el d*autres esprits 
encore, puis les guerriers morts pour la palrie que le 
people associait, dans les sacrifices, aux Stres spiriluels 
aoprte desquels il les croyait transport's aprSs leur 
oiorl. 

Voici les plus importantes de ces odes; nous passons 
soos silence quelques morceaux courts et insignifiants. 
Celles qui ont 't' vues pr6c£demment seront rappel'es en 
leors lieu et place afin que nos lecteurs puissent les repren- 
dre et se former une id'e de i'ensemble. 



( 148 ) 



1. — L'auguite Gratid Un (i ). 

(Description du sacrifice.) 

Ea ce jour propice, h ce moment favorable, 
Je viens plein de respect pour rejouir i'au^stc Supreme* 
La main sur la garde de jade de mon long glaiyc (2). 
L*agate, le lapis- lazuli pendant a ma ceinture (3), rendent un son 

[argcnlin. 



(4) Ta-Yi (t6 {x^y^ Sv), « le Grand Un • est une conception tao- 
sheiste. Cest r£lre infini avant la formation dcs dtres particuliers et 
des deux prlncipes, aclif et rcactif, qui les ont produits. Cetle concep- 
tion etait toute nouvelle en Chine au temps de Kiu-Yuen, si tant est 
que ce titre soit de lui et n'ait point etc ajoutd apres coup, par Liu- 
hiang ou tout autre, comme cela semble emincmment probable. L^ode 
en elle-m6me nMmplique nullementsaconnaissance;toutaucontrairc, 
la diyinile y est appelce Shang-hoang (vers 2), « le Supreme auguste » 
et nullement Tai'YL 

(2) Pour effrayer les mechants et defendre les gens vertueuz. 11 ne 
s'agit point d'un glaive de guerrier, mats de celui que les pretres mi- 
sorciersdes populations prechinoises tenaient en main pendant le sacri- 
fice, qui est encore en usage chez les Tartarcs et dont nous voyons 
la description d^taillee dans le Rituel mandcbou de Kien-long. Voir 
ma Religion des Tartarcs, pi. VIII, fig. 6. Le commentaire les deslgoe 
par les terroes ling-wu^ titre des sorciers dans Ic Tcheou-lt. La poi- 
gn^ede cc glaive etait ornee de pierres pr^cieuses enfilees; la lame 
clle-m^me en ^talt entouree. 

(3) II est probable que Tauten r parle des ceintures des Saman ou 
prdtres-devins,auxqucllcs pendaient de nombreuses files de picrreries. 
(Voir m6me planclie, fig. A,) Mais ce peuvent ^tre aussi les pendants 
de pierres precieuses que les Chinois de distinction portaicnt au c6t6 
et qui, en s'entre-clioquant, rendaicnt un son harmonieux. 



( 1^9 ) 

Moo tapis est om^ d*emerandes et de pendants de topaze; 
Ma main tienl des branches diiortehsia au suave parfum (1). 
Let fleurs d*orchidees (3) ont prepare les viandes sacrificielles, les 

[Aglaes leur servent dc tapis (S). 
J*ai Tcrs^ le Tin aromatis^ (4)^ les sirops parfumes de capsicam. 
On donoe le signal, le lambour retentit (IS). 
Les ebants et les pantomimes (6) s^harmonisent, 
Les daDses(7) se deroulent, faisant brilier Teclat des vetements (8), . 
Des parfums exquis remplissent le temple, 
Les Dotes masicalcs se melent et s^barmonisent, 
Le Maltre da monde est au comble de la jbie ; les sons m^Iodieuz 

[rdpandent la paiz, la eoncorde. 



II. — Le prince dee Nuages (9). 
(Voir la premie partie, pp. 48 et 43^ 



(4) Les pr^tres employaient ces ornements, ces parfums, poqr 
rdiauaser P^lat des ceremonies religicuses. 

(5) Elles euisaient dans le jus de la viande sacrificielle. 

(3) Une natte pour y d^poser les offrandes de gAteaux, de riz, etc. 
(i) Par rinfttsion de feuilles de lauricr; on offrait du vin e% des 
sirops oa ragouts. 

(5) Qui donne le signal auz musiciens. 

(6) Les pr£lres-devins ou samans s'y livrent eux-mdmes; ce qui 
proiiTe quMl s*agit du eulte de populations non chinoises. 

(7) Celles qu^ex^cutent les samans et qui repr^sentent des scenes 
religienses oa morales, et non des danses dans le sens que nous atta- 
eiioiis k ce mot 

(8; Par les mouTements des pantomimes qui les portent snr eux. 
(9) L^efeprit qui, si^geant dans les nuages, dirige les ph^nomines 
atmospbMqoes. 



(180) 

III. — Le gMe du Sia$ig(i), 

Immobile (en son scjoar... ) comme une diyine image, ce Nail re 

[auguftet 

Quel invocateur poarra Tatteindre dans cctte lie ^lev^e? 
Essence subtile, parfaite, orn6e de toutes les beaut^s ! 
£t moi, Yoguant en mon char, mon esquif de cinname, 
Je sillonne le Hi et le Siang que nulle vague ne trouble, 
. Gar leur G^nie les tient ealmes; mon bateau y flotte sans danger. 
Mes regards se portent au loin vers lul, mais je ne le vois point 

[venir, 
Les ^res harmonieux Tappellent (en vain), au sacrifice. Quelle est 

[done sa pensee? 
11 va chevauchant sur des dragons ail^, se dirigeant vers le p6le 

[nord(2). 
Je veux,par un sentier oblique (3), gagner la grOtte qui est son palais. 
Mais les cadres eeints de lianes odorantes, des orcbidees entrelaceea 

[obstruent la route. 
Avec mes rames de bois parfume et ma banniere de lotus, 
Je vais contemplant ies rives du grand fleuve jusqu'a leur limite 

[extreme. 
Je voudrais traverser ces flots immenses pour parvenir jusqu*i ce 

[grand Esprit. 
Je m^el^e yer$ lui. mais je n*atteins point son p6le. 
Qu*une nymphe gracieuse m*y conduise et dirige des soucis vers moi. 
En traversant ces ondes, je r^pands des pleurs au bruissement des 

[vagues. 



(1) L^esprit qui regit les eaux du Siang, riviere du pays de Tsou. 
lei, Tauteur reprend son sujet habitucl : sa disgr&ce et les dangers 
que court son pays. 

(3) Fayant r£tat de Tsou que ses fautes vont faire p^rir. Quand 
un fitat est pr^ de sa mine, les esprits Tabandonnent. 

(5) Coupant au court pour Tatteindre plus promptement et sans 
suivre le cours du fleuve. 



( «3i ) 

Secrftlemcnt, ma pensde se reporte vers mon roi; jc m*egare de ma 

[voie, 
Hes ramesde laarier prcssent Ics flancs de moa esquif, 
Fendant les eaox aozquelles le froid donne Taspcct de neiges accu- 

[niulees. 
Des d7moearpus» dcs nympheae aax couleurs viyes et yarides crois- 

[sent au milieu des ondes. 
Ma main eherehe k les coeiilir, a couper le sommet des (Igcs d*liibis- 

* [cus, 
Hais les pcnsees no sont point unies (1), c*est on fravail dc Sisyphe. 
Une favenr qui n'atteint pas sa perfection (2) est facilement bris^e. 
Le torrent qui rencontre la pierrc devient un mince flot (3), 
Mais le dragon qui prend librement son vol plane dans les hauteurs. 
Poor qui n*est point droit et sincere, je ic proclame, je n'ai point de 

[loisir. 
Daophin errant^ je snis en hiktc le courant du fleuve. 
La noit, je m*arr^te sur le bord, regardant le septcntrion (4). 
L*oiseau, prenant sa couche, se pose sur une cime 
Et moi je vois l^>nde battre de tons cdtes le pied de ma demeure (5). 
Je prendrai mes seeaux et les lanocrai dans les ondes. 
Arriere les ornements de ma ccinlure (6), je les jclte sur la rive. 
Et ees fleors au vif eclat> belles comme dcs oranges^ 
ie les jette aux tenebres, a Poubli. 

Le pass6 n^est pas en mon pouvoir, je ne puis le renouvcler. 
Plus de sooeis I J^irai done joyeux et indifferent} m'usant au malheur. 

(i) Le poete en tend par la qu*il faisait des efforts pour trouver 
des horomes vertueux aptes a sauverle pays, mais que la discorde y 
r^ne, qu^on ne le seconde point et quMI ne pfeut r^ussir. 

(2) La faveur, la confiauce du prince. 

(3) Ainsi Tardeor du z^Ie qui ne rencontre qu'^goisme et jalou- 
sie. AInsi rbomme de g^nie qui ne pent agir a son gre. 

(4) 11 ^tait exild dans le midi. 

(5) Les anxi^^, la douleor representee par Teau. 

(6) Oroements du costume ministeriel. Le poete se rdsoud k se 
rire de rinjustice* « Je suis reduit, dit-il, k la plus basse condition. • 



( i?{2) 



V. — Le Rigent du deslin, Ta'tse'tnitig (1). 

Elle est beante, Ja vaste porte du ciel (2) ! 
II se precipite sur sod char, les noirs nuagcs, 
Le vent, tourbillonnant avec force, ouvre l*espacc devant lui : 
11 fait tomber une pluie glacee et distilie la poussi^re. 
Maislc Mattre celeste vole ct ae dirige a son gre, descendant vers la 

[la terre. 
II passe le moot Kong-song. « Puisse-je to suivre, o Grand £tre! 
Tu parcours Tunivers, toutes les regions; 

Qui produit la longevite, la mort pr6maturde? Elles dependent de toi. 
Mais il s*dl^ve dans les regions les plus hautes, il y vole calme et 

[joyeux; 
II a pour char Tcsscncc pure de P^lrei il dirige, conducteur habile, 

[les principes actif et passif, la vie et la mort. 
Puiss^-je 6tre k ce prince cdlestc, purifid, plein de sele, 
Et le suivre en sa route, a travers les ncuf spheres. 
Le vdtement de eet esprit est long et flottant, 
Sa ceinlure est ornde de pierrerics incgales ct briilantes. 
Le Yin et le Yang se succ^dent dans leur action. 
Personne ne sait ce qui m^arrivera. 

Le Sse-ming brise le fil peu siir (dc la destinde) et les germes dores 

[(de la vie). 
Alors, ddlaissds, les tendbres nous cnveloppent. 



(i) Littdralemcnt : • Le Grand dirigeant le dcstin ». Cest encore 
une conception tao-shciste ; les Chinois attribuaient a Shang-ti seul 
la distribution dcs parts de bicns et de maux, les changements de 
sort d'apr^ les actes faits ici-bas. 

(2) Quand le Maitre du deslin veut venir visiter la terre, la porte 
du ciel s*ouvre toute large devant lul; des nuages il se forme un char. 
Kiu-Yuen exild, nialhcureux, voudrait ralteindre pour obtenir la fin 
de ses malheura. 



( 453 ) 

La Tieillesse Tietil peo k peu, inaperfue, et avec elle r^puisement} ' 
Elle approche sans s*arreter, d^autant plus vite qu'ellc est plus eloi- 

[gn6e. 
Patsse- je mooter un dragon : faisant virer moo char, je m'^leyerais 

[alnsi daos les hauteurs au sein du ciel. 
irattachant une branche de laurier. j*y resterais longtemps, 
Hes anxiites d^bordaot ayee violence, j*y plearerais les bommes, 
Je plearerais leur sort. Mais a quo! scrvent mes desirs ? 
.Hes donleurs sont sans terme en ces nialheureux temps. 
Oui le destiu des hommes a ses lois. 
Qoi pourra rendre Texild a sa patrie? C*est lui seul. 

VIII. — Le GMe du Ho (\). 

Que ne puis-je aycc toi, 6 Gcnict parcourir gaiemcnt les fleu?es. 
Le Tent souffle avec force, les vagues brisent Teau obliquement. 
Loi, moote sur Peau (qui est) son char, avec son dais dc fleurs de 

[lotus, 
II Ta, tralne par deux dragons, coursiers-esprits. 
II s'dere sur les pics les plus cfleves et inspecte les qualre plages. 
Hea eoeor Yole avee lui, montant au ciel, vagabond, immense d'aspi- 

[rations. 



(I) Le G^nie du Hoang-ho est e^l^bre dans la mythologie des 
peoples pre-ehinois. Le philosopbe-poeteTchuang-tze le met en sc^ne 
dans une de ses reveries les plus c^l^bres. Mais ce qui montre encore 
mieuz Timportance de son r6Ic, c*est un fait rapporte par Sse-ma- 
tsien. Dans une ville du pays de Wei, les chefs de la localite, unis a 
sea prelresses, s*cmparaient tous les ans d'une jeune (ille reconnue 
comflse la plus belle et la jelaient dans lo fleuve pour lui faire6pouser 
le G^nje do Ho. Pour cette c^remonie, ils prdlevaient des taxes 
^normes dont Ils gardaient la majeure partie. Un pr6fet chinois ayant 
appris ee fait, fit noyer les coupables au moment ou ils allaient sacri- 
la malheureuse fiancee. 



( 454 ) . 

PoarUQt le soleil va s^obseureir; anxieux, j*oablie le reloar, 
Mais le G^nie aUeint le point extreme de ma vision, je refonle lea 

[Amotions de moo Ame. 
Des estates soperbes, des dragons ornent sa deraeare ; 
Son palais est d*an ronge eclatant, sa porte est ^maill^ de perles 

[ineamales. 
Get esprit, comment babite-t*ll an sein des eaux? 
Mont6 sur une immense tortue blanehe, il circale, esoort^ par des 

[dauphins aux rales 61^ates. 
Paiss^je circuler avec toi, 6 G^nid sor les rives da Uol 
Puis, fendant les ondes, p^n^lrer dans lenrs profondeurs. 
Mais il me quitte, il retourne a Test, sa demeure. 
Pour moi, son vertueux serviteur, prcnant conge de lui, je retourne 

[au midi, ma patrie. 
Les vagues se sou Invent et semblent me faire escorte, 
Des daupbinst des squales divers ro*accompagncnt (par son ordre). 

VII. Le Gdnie du toML 

Le disque du soleil s*dI6ve de dessous icrre, dans la region de Test. 
Les rayons iilumincnt les piliers du del et frolent les hauts mt^iers. 
Guidant les ardents coursiersi il chcvauche calme et joyeux, 
Les tenibres s*illuminent, partout r^gne la lumiere, 
Son char est le tonnerre, des dragons tirent son timon. 
Sa banmere de nuages y est (iircment plantce, appuyce sur un 

[serpen t» 
11 grandit, il s*el^ve, dc ma poitrinc s*^chappe un long soupir. 
Mon coeurse trouble, et porte au loin ses aspirations (I). 
Les couleurs brillantes, les sonsdclatants rejouissent Thommc. 
Qui les perfoit, les goAte et oublie tout autre plaisir. 
Au son m^lodieux de la lyre (2), au bruit barmonieux du tambour ; 



(1) Vers la cour. 

(2) L*aulcur revient ici au sacrifice. 




( *s« ) 

l€8 iiktes, ies haotbois, les cloches relentissent, 
Jt Be rappelle le pouvoir protecteur des esprits el Tart des sages (i), 
Leart mooTemeats rapides com me uq toI, gracieux comme un roi 

[pechear prenant son cssor. 
D^roalant an chant po^tique. ilsformcnt des pantomimes harmonist, 
Les instroments de mosiqae les accompagnent, tout suit une commune 

[mesure. 
Le aplendear de la scdne obscurcit le soleil par Teclat des robes aux 

[nuages d'azur et des manteaux d'nn blanc de neige. 
Cependant fastre brillant s*^l^ve comme une fi^che lanc^ dans 

[respace, 

Pais conrbe sa route et descend dans 1^ ombres. 
DirigeeDt Tetoile polaire, r^pandant la ros^c odorante, 
II poQsse son char h travers les t^n^bres immcnses, pour aller repa- 

[railre k TOrient. 

IX. — L'esprit de$ moniagnes, 

Dtkta les gorges des montagnes apparaissent des formes humaines, 
Des ieurs d*an grand ^clat ct d*une odeur suave les revetent, des 

[convolvulus forment Ieurs ceinlures. 
Emir eontenance, leur regard sont pleins de charme ; gracicusemenl, 

[ils souricnt. 
lis minspirent le respect* ils sont bons, ct d^une beaut^ ravissante, 
Lear mootureest un leopard ecarlate, des renards aux rales brillantes 

[forment leur escorte, 
Leors chars sont fails de bois odorants, leur ^tendard est porte par 

[une tige de laurier, 
Leors manteaux, Ieurs ceintures r^pandent egalement les plus doux 

[parfums. 
Brisantdes tiges aux odeurs suaves, ils se communiquent Ieurs pen* 

[s6es, les laissant ainsi derri^e eux. 
B^as! mol j*habite celte terre t^ncbrcusc, jamais plus je ne verrai le 

[ciel. 

(I) Lespr^tres-devins au brillant costume, qui cxdcutaient des 
pantomimes en Thonneur des esprits. 



( *?J<» ) 

Ma route n*esi que precipices et obstacles ; partout ou je vais, je suis 

[uole. 
Scul aussi, Pesprit dcs montagnes se tient sur les sommets 61eT^, 
Les miages flottant ^a et la sont sous ses picds. 
Lli, tout est obscurity profonde etiejonr est uue nuit(l}« 
Quand le vent de Test souCQe avec violence, les csprits repandent la 

[plute. 
Tant que durait Tamour dc mon roi, heureux alors, j'oubliais le 

[rctoor. 
Le temps est sombre; qui me ramdoera en ma patrie? 
J*ai voulu cuclllir le San-Siou (3) au milieu des montagnes; 
Mais cc n^^tait qu*amas dc rocs ct dolichos aux longs rameaux. 
Mon coeur s^est irritd contre mon prince. 
Mcs esp6rances brisdes me font oublier ma patrie. 
Quand mon prince m^aimait, il ne me laissait point de repos. 
Aujourd*bui, au sein des monts Stdriles, je suis un rdseda jet^ au 

[dehors. 
Je bois a la source du rochcrjc vis, je m*abrite sous le pin, leeyprte. 
Quand le prince pense a moi^ on le fait douter de mon ddvouemeni. 
Ah ! ie tonnerrc prolonge ses roulements, la pluie rend Pair obscor, 
Les gibbons poussent des cris plaintifs, les l^pards hurlent toute la 

[nuit, 
Le vent siffle, violent, les arbrcs sont seicou6s avec force. 
Pensant alors A mon prince ingrat (3), je pars, je m*61oigne, lecorar 

[plein d^aiflietion. 

X. — Les guerriers mortt pour (a palrif (4/. 



( i) Image et presage des malhcurs qui attendent le pays de Tsou. 

(9) Plante odorante. Image des deceptions que le po^t^ a rencon- 
trdes en ses derniers jours. 

(5) Le deuil de la nature rdveiUe les pensees de tristesse. 

(i) Voir la premiere partie, i9 (207). La Muse chinoise n*a pas 
produit beaucoup de chants gucrriers ; mais, comme on le verra 
dans cette ode, elle salt aussi prendre un accent qui ne serait pas 
indigne de Rome et de Sparte. 



'*. ■ ■ ^» 



( i»7 ) 

§ 11. — Le Ta-tchao. 

Ce Dom signifie c le grand expos^, la grande descrip- 
tion ». Cest, en effet, one pitee assez longne decrivanl les 
charmes de V6iL On Tattribue g^n^ralement k Kiu-Yuen. II 
y a cependant des doules s^rieux i cet egard, car quelques- 
uns en adjugenl la paternity k un autre po^te. Ainsi fait 
KiDg-tze, en sorle qu*on n*a jamais pu tirer la chose au 
elair, dit Wang-Yi. 

Si Kiu-Yuen est Tautear de cette po^sie, 11 a dA la com- 
poser avant sa disgrace, car il y vante le bon gouverne* 
meat de Tsou. Ce n'est point Tavis de Wang-Yi, mais son 
opinion ne para!t pas soutenable. 

L'objel de celle ode est la description de Tet^, en ses 

effeis plutdl qn'en lui-m^me, et dans Taspect de la nature 

pendant cette saison. C'est surtout Paction merveilleuse 

da principe vital spirituel, le Hwun, qu'il envisage comme 

cause de tout ce qui se produit pendant la saison chaude, 

Ce ne sont point le Yin et le Yang qu'il fait intervenir, 

les principes actif et r^actif, mais Tagent vital intel- 

lectoel le Hwun, bien que ce mot ne s'emploie g^ne- 

ralementque pour designer I'&me vitale de Thomme. Kiu« 

Yoen en fait un principe universel dont il decrit les 

operations. Ceci, apris une courte introduction rappelant 

le rdle du printemps, forme la premiere partie du morceaut 

Dans la seconde, Kiu-Yuen decrit les plaisirs du prin- 

iemps, les banquets, les chants, les danses, les demeures 

d*6ij&j etc. 

II termine en parlant du bon gouvernement dont le 
Bumn est I'inspirateur. II semble que ce soil \k ce qu*i| 
avait sp^ialement en vue. 



( 188) 

Le Ta-ichao oous a itk conserve par Liu-hiang dans 
sa colleclion des Taoa-sze, ou odes de Tsoa. Nous le poss^ 
dons avec les commenlairesde Wang-Yi. MalheureusemeDt, 
il D*est pas loujours facile de se rendre compte des inten- 
lions du po&te, alors que les termes n'offrent rien d'obscur 
en eux-m£mes. En oulre, les explicaiions de Wang-Yi ne 
nous ^clairenl mainles fois que tr^ m^diocrement et 
semblent m£nie, en certains passages, enli^reoienl k c6t6 
du sens voulu par Tauteur. 

La m^lrique de ce chant est trte irr^guli&re. Ce qni en 
fait le fondement^ c'est le vers de sept ou huit pieds avec 

une ensure apr^s le quatridme et la particule tchi ^ qui 

le termine. 

A des intervalles d'^tendue in^gale, revient une phrase 
indiquant Taction du principe vital, son retour k Tactivit^ 
pleine que Thiver avait ^teinte et dont le prin temps avait 
pr^par^ la reslauration. 

La rime paratt n^glig^e, & part celle que produit la r^p^ 
tition de la particule tchi. Cesi tout ce que Too pent dire 
de cette versification un peu libre. 

Relativement au sens g^o^F, nous nous bornerons, 
pour le moment, k r^p^ter que les principes Hwun et Pe 
qui s'y trouvent mis en sc^ne ne sont pas le Yang et le Yin, 
comme le vent Wang-Yi, mais, ainsi que les termes et les 
caract&res Tindiquent, les deux principes vitaux, les deux 
Ames, si je puis m'exprimer de la sorle, dont Tune foiirnit 
la mati6re de T^tre, I'autre son mode ralionnel de constitu- 
tion (1). II ne s*agil pas davantage du corps de Thomme qui 

(1)11 est assez difficile d*expliquer ce que le poete a en vuc quand il 
dit que le Genie de racllvite, le Hwun, n^est plus, ne ya plus au nord, 
au sud, etc. Les commcntatcurs ne s^avisent pas de nous le dire. Nous 





( 189) 

p^ril par le manque d'uoioD en lui du Yin et da Yang, ou 
Til quand il la possMe en lui; encore moins du poeie.lui- 
waixoe dip^rissant dans Texil par la dispersion des ^l^ments 
de son £lre; roais, comme (oul le monde le comprendra 
sans peioe, des principes moleurs donl nous avons parl£ 
ci dessus. 

La iraduction que nous donnons ici de ce morceau est 
a peo pres lill^rale ; j'ai cru loulefois devoir m*6carler de 
la ieUre quand elle aurail consilium, le traduUor en tradii- 
tor. 



1 



Le prioterops fuit pcu a peu, P^clat du soleil r^ne sans partage (I). 

Le souffle du printemps s^cst ^lev6 avec force (2); 

Toos les ^tres en re^oivent Icur croissance. 

Preoaot sa eourse, invisible (3), ct parcourant Tespace, 

Le principe vital ne se derobe plus (i). 



ezprimons notre sentiment dans la note 6. II faut bien accepter ici la 
philosophie chinoise telle qu*ellc est et son introduction dans un 
domaine qui n^aurait du dtre que po6tiquc. 

(I) L^ele succedant au printemps donne au soleil tout son 6clat 
el sa chalear. 

(3) Le khi, eet Element de T^tre qui lui donne son activity et sa 
▼ie. Ce khi redouble de force par Paction de V^iL 

(3) Litt. obscur (raing -S- ). Wang-Yi fait de ce mot « TEsprit du 

nord • y Pe-fang-tchu- ihen^ dont la prdsence et Tinlervention en cet 
CDdroit sent absolnment inexplieables tout comme le r61e assign^ k 
ee Mnie. 

(i) Pendant Thiyer il 6tait rest^ eachd ; au printemps, il n^agissait 
que partiellement. 




( 160 ) 

Les deux principes, unis d'action, attirent a euz Ics 6trea (i). 
Poor le priDcipe vital, point de nord ou de sud, point d^orient oa 

[d'occident (2;. 
A Test, k la grande mer, les eauz, causes des naufrages, se d^ouleot 

[en larges vagues ; 
Lesjeunes dragons volent joycusement, montant, descendant avec 

[dignit^; 
Les brouillards flottent, ^pais, blanchissants, irradies. 
Le g^nie actif ne va point a l*est, se plonger derriere la colline hrik- 

[lante (5); 
11 ne va pas au sud, car le sud est en feu, les cobras y sevissent. 
Des montagnes, des for6ts, les gorges sont pleines de perils; 
Los tigres, les I^pards s'y glisscnt, rampants, les renards y epieni ^ 

[Icur proie, 
Le serpent royal se roule, la t6te dress^e. 

Le g6nie actif ne va plus au sud et les monstres aquatiques y ezer- 

[cent leurs ravages. 
II fuit Touest, car les terres de Poccident ont des mers de sable 

[sans rive; 
Des sangtiers a roeil mena^nt, au poil berisse, 
Aux griffcs lougues et aigues, aux dents ac^rees* forts ct cruels, 

[insultcnt a leurs victimes. 



(1) Ces expressions, appllquees une fois ou deux aux deux prin- 
cipes, semblent tout a fait hors de place. Le vrai texte devait avoir 
Hu au lieu de Pe, comme partout ailleurs, et ne parler que du prin- 
cipe vital r^gulateur. 

(2) 11 est egalement partout et ne se partage pas. Toutefois la 
suite semble dire qu'il s'en retire et que c*est pour cetle raison que 
les quatre extremiles du monde sont remplies de dangers. L'auteur 
ne nous dit pas pourquoi, et le commentateur est (Egalement maet a 
ce sujeU La seule explication, e'est que le principc vital concentre 
son action sur le centre de la terre et ne va pas a ses extremit^s; 
c'est ce qui produit la grande chaleur et Tactivite vitale de VM. 

(3) D'ou sort le soleil levant. 



I 



1 



( 16« ) 

Qnand leG^nie actif n'est plus h Touest, que de maux, de ravages! 
Quod il n*esl plus au nord, le nord est couvert de monts dc glace, 
[aboodants en dragons, et dc plaines rousscs de st^rilitc, 
Deseaux meurtridres(i), infranchissablesy ihsondables. 
Lc eiel y brillc d*une lueur blafarde, Thiver y accumule les glaciers. 
Le principe yital ne va point donner au p6lc nord sa plenitude 

[d'irrc. 
Mats aa lieu ou les deux principes se rencontrent r^ne un repos 

[parfait. 

II 

t 

Ecartons done les dpines de nos pcnsees, etablissons nos coeurs en 

[une douce paix (2), 
BaDDfssons les soucisi epuisons nos desirs ; nos coeurst nos esprits 

[gotitent la paix. 
ipuisoDt en nous la joie, le plaisir, ct nos annces s'allongeront (3). 
Quand le principe vital rcvient a nous, la joie dcs £lrcs est inexpri- 

[mable (4 , 
Les grainst en leur mesure, donnent un fruit abondani, 
Les vases au feu bouillcnt plelns> les mets ont leur parfum exquis. 
Les colombes unies k la viande sauvage en refoivent un goiit suave. 
La chair pure des torlues, la douce viande des poulels s'unisscnt en 

[un jus epais. 
Le pore aux cApres aigris« le chien au goiit amer re^oivent leur 

[saveur des planles aromaHques. 
AiQsit par Taction de ce Genie, les desirs peuvent se satisfaire. 
La grue r6tie, le malard prepard par la vapeur, la caille delicatc- 

[ment apprdlee sont servis avec soin. 



(1) L'bomme qui s*y aventure y p^rit. 

(S) Le eonmientateur volt en ceci une allusion a Tetat de la prin- 
cipaat^ de Taoo qui seolc jouit dc la paix et da plaisir. 

(5) Le contentcroent et Tabsence de soueis prolongent la vie. 

(4) Les pbisirs que Ton goiilea Tsoa nc peuvent 6trc decrits, dit 
le commeotairc. 

3** S^RlEy TOME ZXV. 11 



( <62 ) 

La pcrclie frilc, Tortolan etouffc sc suec^dent rapidement sar ics 

[tables (I). 
All relour du G<^nic dc Taclion, on prodigue Ics mets dclicieuz. 
On prdsentc quatre genres de vin genereux ct fort (i), rien qui ne 

[soit d*un gout exquia ci donz. 
La liqueur de Wu (5) se mcle, harmonis^e, au vin pur de Tchou (4). 
A cat heureux moment, les soucis sont banuis, les fliktcs rediscut les 

[chants de Tsin et de Tcbeng (5). 
Fu-hi composa les premiers chants, Tchou en invenla d'autres 

[exprimant le plaisir. 
Au retour du puissant Genie, Ics melodies retcntissent deloutcs parts. 
Les Icvres roses, les dents blanches des chanteuses ajoutent a leurs 

[charmes. 
Appelant a la vcrlu, k la bont<^, dies les font 8*exercer et fleurir (6). 
Les chairs brillanles et les os amincis, Thomme vertueux goAte le 

[plaisir du bien. 
A cet heureux moment, tout est aise et jouisSancc. 
Alors les regards furtifs, les sourires charmants, les sourcils soyeux 

[et delicats (se montient) tdmoignent la tendresse. 
Un maintien noble, d'un charme inaccoutume, 
L'cclat de la jcunessc, les fronts aux vives couleurs (tout charme}. 
Tout est repos et paix, le plaisir grandit, s'ctend. 
Tout est joie du cceur, et le bonheur est dans le bien. 
Los joucs arrondies, les oreillcs bien faitcs, les sourcils arqu^s, 

[traces avec grioe, 
S*infillrent dans les coBurs par leurs griices multiples, y nSpandent la 

pole par leur dignity eochanteresse. 

(I) Interprdtd d^apr^s le coromentaire. 
(2; Liqueur distill^e trois fois. 
(3) Liqueur fcrmenti^e pendant deux nuits. 
(i) Vin fcrmentd. i 

(5) Chaque £tat avait ses chants el sa musique a lui. Ce vers 
commence une nouvelle partie. 

(6) Hais ces plaisirs n*ont rien de pervcrtissant, les chanteuses et 
leurs mdlodies portent k la yertu. 




( 163) 

Let tallies d*one belle finesse, les coos greeieux sont comme form^ 

[d^une ^l^ante eeintare. 
Oh ! alors les soacis, les eol^res faient au loin. L*Anie a Talse, le cceur 

[harmonise, on est tout a Taction vertueuse. 

Le Tisage teint de blanc, les sourcila noircis, oints de parfums 

[suares, avee leurs manehes orndes et leurs joues brillantes, les 

[masldcnnes el les danseuses retiennent les hdles de la noaison. 

Les banquets et les plaisirs se prolongenl jusqu^i la nuit (I). 

Les eoulenrs pures, les sourcils bien fails, Ics beaux yeux tiennent 

[sous le charme (2). 
Ainsipaa rcloor du Genie de raclivite, les plaisirs se renouTellent (3). 
L*^le a ses salles vasles (4), hautes, orn^es de vives couleurs. 
Au sud est one terrasse (5) separee, portant une tour. 
€n baleon Feneeint de toules parts; de longues tulles le recouvrent et 

[debordent. 
L*afaord difficile commande la prudence au visitcur. 
La, les cavaliers et les promeneurs ont libre carricre (6). La chasse a 

[ses pares printaniers. 
Ijes chars resplcndissent do pierreries, leurs essicux dor^s, les fleurs 

[qui les decorent, Icur donncnt un aspect brillauU 

(I) Le commentatenr rappelle Ic passage des Shi ou il est dit que 
la miisique et le vin procurent du plaisir jusqu'2i la nuit. 

(9) Comme on va le voir, il 8*agit non de courllsanes ou de 
quelque chose de semblable, mais de musiciennes qui joucnt pour 
F^recr les h6les, dont le (einl frals, les sourcils droits et bien pos^s, 
etc., plaisent ^ la vue. 

(3) Chaeun a son genre accomraod^ ii ses goikts. 

(4) Poor jouir de P^td, on conslruit un pavilion a ce destind, et ce 
pavilion a one grande et haute salle ornee de sable rouge, de decors 
brillants; c*est une troisiime subdIVisiou. 

(5) Une terrasse portant un bliliment, une salle ouvcrte, dcartde 
do reste et destinde it s*y rcposer pendant le jour. 

(6) Le chemin qui y conduit rend la circulation facile. Le pare y 
attenanl cootient des animaux sauvages que Ton chasse au prini^ 
temps. 




( iU ) 

Dcs bosquets d*aglaes, de laurien, de plantcs odorantcs orneot les 

[chccnins. 
Ainsi) aa retour de Pet^, la pens^e est satisfaite en tons sesd^irs. 
Les paons remplisscnt les bocages, Targus y montre sa majesti. 
Les alcyons, les cygnes s^y nourrissciit en troupes. Des oiseaux au 
[brillant pJumage, des rois-peclieurs y circulent en tons sens. 
Le Ph^nix s*y plait ct plane sur les bosquets. 
Partout la joie s'infiltre; sur les Tisagcs, le sang, Tcsprit vital, montre 

[toute sa vigucur. 
Le principe actif assure a nos corps un heureux destin, de longues 

[annees. 
Les demeures abondent d^habitants; les parvis sont combles de 

[richesses. 
A ce retour du principe actift la paix, la s^curitc regncnt dans les 

[families (1). 
Aux routes des fronti^res, les voyageurs s^accumulent, circulent 

[comme des nuages (2). 
Les princes aux divers insignes (3) s'illustrcnt aux yeux des 

[hommes ; ce sont comme des csprits. 
Objcts de leur sollicitude, les malades^ les mourants, les abandonnes* 

[les orphelins, les pauvres, sont protdges et sauves. 
Get heureux commencement se perpetue* les champs et leurs limitcs, 

[les hauteurs, les habitants des villes prosperent. 
La beaute se rcpand partout; la vertu, la bonte se manifestent en 

[tons points et brillent d*un vif eclaL 



(1) Riches de mcmbres et de biens, les maisons, les families sont 
bien garddes et prospires. Ceci commence la troisieme parlie» rela- 
tive au gouverncmenL 

(2) Les rapports avec les autres pays sont nombrcux, etendusi ct 
procurent la richesse. Litt. : Sur 10,000 lis dcs chemins de relations 
on sort comme les nuages. 

(3) Litt. : Les trois Kouei (insignes divers dcs trois premiers 
"dogrcs), et les doubles dignites princi6rcs, parce que les princes dest 
deux degrcs inferieurs ont le mime insigne. 




(465) 

La rtg;oeur rdgna d*abord ; qiaintenant, Pattrait du beau> da bien, Icur 

[eclai, attirent les coeurs. 
Le G^ie de TactiTite reprend le dessus, les recompenses et les 

[chStiments ont leur juste mesare. 
La gloire da roi de Tsoa egale Teclat da soleil, entre les quatre 

[mers. 
La Tertu, la louange qii*elle merite I'associe au del et le constitue 

[arbitre des homines. 

Elle publie son nom aoz qaatre extremitib du monde, du Yeou-ling 

[a la Cocbioehinc; du mont Yang-Tchang a la mer de TEst. 

Qoand le principe actif predomine, il met en honneur les sages et les 

[savants. 
La politiqae humaine juste triomphe, Toppression est entravee. 
Les h^ros sont ^levds, la tyrannie s'abaisse, la calomniesubit sa juste 

[peine. 
1^ rectitode, la sagesse, obtiennent les honneurs et les titres; la 

[bonte, rindulgence, se repandent partout. 
Eafiiiy aa reoouTellement du principe actif, le poavoir, la familie, se 

[restaorent. 
Pidnc de majeste et de force, la vertu cdlestc repand un vif eclat. 
Les mlnistres gouyernent avec noble ct juste dignity. 
Les princes atteignent le point saprdme et constituent fermement les 

[offices. 
Dhg le point da jour tout est prdt. 

Le grand bat des lirs est tendu, on tient Tare et les filches* on se 

[cede le pas, on avance (I). 
Vraiment le principe actif nous ram^ne aox trois rois (2). 

(I ) L*exercice public du tir h la cour formaiti pour les magistrats, 
onesorte d^epreuve de leur capacite et de leur fidelity k Tobserva- 
lioo des r^les de leurs fonctions. Les rites de cette c^r^monie, dans 
laqnelle on se e6dait mutuellement le pas, habltuaient h la modest le, 
a la condesecndance. It d'autres vertus encore. 

(S) Nona font remonter h ce temps. Les trois rois, les fondateurs 
dei trois premieres dynasties, r^put^ des monarques accomplis, Yu, 
Tang el Wen- Wang. 




(466) 

§ III. — Lb Si-shi. 

Le nom de cetle po^sie est interpr^t^ par Wang-}i 
comme sigDi'fiant la fld^li(4 accabl^e de douleur. 

L'auteiir en est inconnu. II en est qui Tattribuent k un 
letlr^ du nom de Ku-hiuen; mais on n*en sait rien de 
certain. Quoi qu'il en soit, ce doit encore dtre un des 
ministres du roi Hoei de Tsou qui, aprte lui avoir donne 
sa conflance, le disgracia. Jadis, dit le commentaire» les 
souverains, en se cboisissant des ministres, les atlacbaient 
it leur service par un serment d'all^geance qui les obli- 
geait Fun et Tautre k Stre fideles k leur parole. Hoei-Wang 
n'avait point tenu la sienne; le minislre disgracia exbale 
sa douleur. 

Comme celle de ses confreres en malheurs et en plaintes, 
sa m^trique est des plus irr^guli^res. Ce sont des vers 
in^gaux, rimant imparfailement et coupes par la particule 
ordinaire hi, Leur longueur est g^n^ralement de treize 
pieds« coupes au septieme ou au sixi6me. II y en a de 
quinze pieds (8 + 7) et d'autres encore. 

Le sujet est analogue h celui de Li-sao; mais la fin en 
est toute diffi^rente. Au lieu de se tuer, Tauteur du Si-sbi 
termine par des reflexions morales. Ce n'est point non plus 
Tamour de son prince qui le poss^de, comme Song-Yu. 
II se borne i philosopher sur les faits. 

Nous allons le voir se promener dans les airs et atteindre 
le souverain point de la figlicit^ des Immortels. Mais rien 
ne le salisrait que sa patrie. En y pensant, il $oupire et 
r^fl^chity ce qui nous vaut les considerations finales. 

Voici cette pi^ce, traduite i peu pr^ litt^ralement et 
compietement : 




(167) 

La fidr'Utd affligie, 

I. H^as! mes ans atleignent la vieillesse et mon soleil s'eleint peu 

[a pcu. 
Les ann^ passcDt, foicnt et nc nous reviennent plus. 
9. Je TCQZ monter dans le ciel azure, mais sa hauteur s'eldve tou- 

[jours. 
Je gravis Ics sommets des mootagnes el le soleil s'eloigne dc 

[plus en plus. 

5. Je contcmple le cours large et sinueux des grands fleuves, mais 

[je ne puis atteindre leur chute dans Tocean. 
4. Je venx gravir la route du pole nord, je respire a peine, moo 

[souffle est brise, le vide me penetre. 
8. L*oiseau rouge (i) volantdevant moi,je monte joyeux sur le char 

[du Grand Un. 

6. Uo dragon azure tout jeune encore che?auche a ma gauche, un 

[tigre blanc galope a ma droite(2). 

7. Les astres reeouvrent mon char corame un dais (3), des 

[nymphes (4; me font cortege, montees derriire moi. 

8. Hon char roe porte dans Timmensite obscure, je m'arr^te sur le 

[plateau du Kuen-lun (5). 

9. Je goAte ane joic inGnic que rien nc lasse. 

Si je pouvaiS) dans ces gorges gigantesques, m'elever jusqu'aux 

[esprits ! 
10. Je traverse Ics ondes rouges du Kuen-lun (6). 



(I) Constellation formee de plusieurs des n6tres. 

(i) Ce sont les deux animaux les plus nobles de la Fable cbinoise. 
S*elever aa ciel train6 par des dragons ou des tigres, c^est le plus 
haul degre d*honneur. 

(3) Par leurs rayons, leur lumicrc. 

(4) YH^mu. Litt: des fillea do jade. 

(5) Les hauts monls de la Tartaric entre le Tibet et la Mongolie, 
que PimaginatioD populaire a peupids d^^tres surnaturels. 

(6) Cette eaa rouge est une invention de Hoei-nan-tze, philo* 
iopbc taoiste du III* si^cle. 



■^ 



( 168 ) 

Je m*clevc d*un vol d'oiseau, j^aper^ois les contours dcs monls 

[et des flcaves. 
12. Je monle unc fois encore, ct devant moi s'etcndcnt les formes 

[rondes ct carries du ciel el de la tcrrc (i). 
43. Je ni*abaisse vers Tempire du Milieu ct ses habitants. 

La regncnt la favour, la fourberic, Tardcur au plaisir (2). 
14. J*arrive au bosquet dcs Immortels ^3) et j*y vois le Roi des pins 

[rouges entoure dc scs fils. 
IK. Deux d'cntrc eux tcnaient leur lyre et chanlaient en accord. 

Et moi je dcmandai que Ton chant&l le Tsing-shang (4). 
id, L*ftme ^niue, je goutais unc joie pure, ct attirant a moi tous les 

[souffles (3), je planai dans les airs. 
i 7. Alors je considdrai mon grand Sgc et la duree de vie dcs Immor- 

[tds. Mais plus bcureuz de rctourner en ma patrie. 

48. Les oies hypcrbordennes suivent le temps ct plancnt dans le 

[vide; les hiboux sc rassemblcnt et r^glcnt le temps (6). 

19. Les dragons-csprits, quand Teau leur manque, se tiennent sur la 

[tcrrc s^chc el sc r6duiscnt a la petitcsse d*une fourmi (7). 

20. Si telle est la condition des oics et des dragons, bien pire encore 

[sera eclle du sage au milieu d'un monde dc trouble et dc 
Idesordre. 



(i) Le ciel est rond, la tcrrc carrde. Dc ces hauteurst il voit les 
immensites. 
(9) On s*y promenc a Taisc, sans souci dcs affaires. 

(3) Humains elev6s par leur vcrtu a la condition dcs csprits; le Roi 
des pins rouges en est un parmi les moins cclebrcs. 

(4) Chant dont le commcntaire nc nous dit que le nom. 

(5) Wang-yi les dnumire a sa fagon : celoi des nuagcs du matin, 
du Yang, du Yin flottant, etc. 

(6) D*aprds le commcntaire, ccci est la figure du sage qui. man- 
quant Ic temps convenabic, doit avoir recours aux moyens bas, 
Tartifice, la flattcrie, pour aboutir a ses fins. 

(7) M6mc figure dc Tliomme qui doit quitter les gens de rang 
dlev6 pour vivrc avec les petits ct les gens vulgairos. 



(<69) 

SI. Les ADS marchenty marchent toujours, et mon soicil deelioe, rou- 

[lant loujoura en cercle et ne s^arr^tant jamais. 

M. Les faomnes Tulgaires flattant toujours ne foDt que saivre et ilat- 

[tent sans jamais etre eox-m^mes; les mechants se tiennent 

[en eoz-m^mes (1) et voudraient plier les justes a leors desirs. 

U. Quelqoes-uns s*uDisscnt secr^tement pour commettre des actes 

[coupables. 
D*autres se eacbent dans Pombrc et tb^nriscnt la vertu en 

[secret (2). 

M. Malheareux qui ne peut distinguer les valeurs et les limites (3). 

Stt. Les gens vnlgaires de ce monde vivent dans les t^n^bres, aveu- 

[gles quant au bien et au mal, comme au blanc et au noir. 

M. De Teau qui se r^pand en remontant, la source s'^puise. 

LWbre qui se separe de sa raclne, ne peut grandlr. 
27. A qui ne rcfldchit et nc p6se point, les soucis ct les difficultes. 

L*aTare qui se nuit a lui-memc, n'en a point de m^rile. 
M. Vois le phdoix planant dans les hauteurs celestes, puis sc posant 

[dans le vaste d^ert. 

99. 11 pareourt les quatrc p6les du monde; il en visite tonte la 

sphere. S'il voit une vcrtu parfaite (A), il descend vers elle plein 

[de joie. 

30. Telle est la vertu spiriluelle du saint. Cloignant de lui Timpu- 

[ret^, elle se tient cachee. 

31. Pouvoir par sa vertu retenir le Ki-ling (5) sur cettc terre, est-il 

[rien de plus grand? 

(I) Les homrocs vulgaircs n'ont point d*idccs a eux et suivent tou- 
jours les aotres. Les mfchants se concentrent en cux-m^mes, en leurs 
projets et voudraient y faire scrvir les autres, 

(S) Les boos modestcs que le prince ignore. 

(8) Distinguer le grave de Tinsignifiant et le beaucoup du pen. 

(i) En nn sou?erain. II vient rendrc t^moignage k cette vcrtu et la 
conlempler. Cette apparition est une preuve des vertus royales. 

(5) Animal mcrveilleux comme le ph^nix et qui, comme lui, an- 
Donec par son apparition sur cette terre un gouvernement juste et 
bon, nn temps de f6licil6 pour le peuple. 




( 170) 



S IV. — Lb Tibk-wen ou Qcbstions relatives au gibl. 

Le Tien^wen est encore Toeuvre de Kiu-yueo. 

II consistCy d*une mani^re assez bizarre, en une loogue 
suite de questions qui ne refoivenl point de r^ponse, mais 
indiquent seulement les principaux probl^mes que la cos- 
mogonie ou Thistoire pr^sentent k Tesprit du penseur.Le 
ministre exile, dit son commentateur, errant dans les mon- 
tagnes, pr6s des lacs, le long des chemins, consid^re, dans 
son chagrin, tout ce qui Tentoure et se demande quelle 
puissance r^git tout cela pour que sa vertu soit si Dial 
r^compens^e. Dans la mSme pens^e, il remonte k I'origine 
de ce monde, qui offre un semblable spectacle, et se plait i 
^num^rer ce que nous appellerions les problemes de la 
production des £tres et de la providence. 

Wang-yi reniarque que le litre porte les mots Tien-wen 
dans cet ordre et non dans Tordre inverse Wen-lien (1), 
parce que leciel est chose trop ^lev^e, trop digne de respect 
pour qu*on Tinterroge. 

Notre auteur m£le, dans ses 6nonciations, les faits histo- 
riques avec les l^gendes et les mylhes; il demande, par 
exemple, comment Kong-kong,dans sa lutte pour Tempire, 
a pu choquer le ciel du front et Ta fait incliner vers le 
sud-ouest. Tout cela inl^resserait tris pen nos lecteurs; 
c'est pourquoi nous nous bornons^ leur pr^enter quelques 
extraits, le commencement surtout de cette piece, ce qui 
a un caracl^re po6tique. 



(1) Intcrroger le ciel. 




( 171 ) 

Les vers y 80nt composes de phrases de huit pieds pour 
la plopart, avec des rimes dispos^es irr^guli^rement, mais 
sans la particole At si freqtiemmenl employee ailleurs. 

Le Tien-wen^ 

(L'origine du monde et la proYidence.) 

Qui done a revile, a narr^ le commencement des temps antiques? 
Nalle part il n*aTait de forme (i), comment a-t-on pu le conoaltre? 
Les teoebres et la lami^re, la clarte et le myst^rc, qui a pu les 

[penetrer entieremcnt? 
Qa*esi-ee qui a donnd Tcvidcnce assuree aux formes et les a fait 

[reconnaitre ? 
Et ces temps distincts assignes a la lumiere et a Tobscurite, qui les a 

[cr^eset fixes? 
Quelle est la racine des deux principes^ et des trois puissances (i) ; 

[qui done les a formes? 
£t ces neuf spheres celestes (3), qui les a deroul^es dans Tespace? 
Quelle puissance a op^re cos oeuvres, qui leur a donne le principe? 
Qui tient le p61e du ciel attache au centre dc cc reseau tournant et 

[d^veloppe $es mailles (4)? 
Et Ics huit eolonnes du ciel, qui les incline au sud-est (5)? 
Les Umites des neuf cieux (6), qui les a fix^es et les maintient? 

(I) SMI n'y avail d^abord ni dtre a formC) ni esprit, ni objet 
distioctff qui a pu le voir pour le r^v^ler aux homroes? 

(3) Les principes actif et reactif ; le ciel, la terre et Thomme. 

(3) Le ciel est compose de neuf r^ions superpos^es comme des 
segments d*une immense sphere. 

(4) Le del est compare a un immense filet dont les mailles 
aupportent les astrcs. 

(5> Les Chinois croient que la terre est aplatie au sud-est. 

(6) Ce oe sont pas les neuf spheres indiqu^es plus haut, mais une 
diTiston nonuple de la voiite celeste de Test au sud^ du sud k 
Toucst, etc Chacune est d*une couleur difi'^rente. 



^ 



( 172 ) 

Lc8 angles si multiples que forment le ciel et la terre, qui en connait 

[le nombre ? 
Et les sections de r<^liptique, qui en a fait le partage ? 
Qui a uni le soleil et la lune auz autres astres, qui les tient en 

[place? 
Le soleil se leve, sort de la vallde du mont Tang et se couche sur la 

[rive de la mcr de Meng ( I ) ; 
Immense est Tdtendue quMl parcourt depuis le jour jusqu*aux 

[t^nebrcs. 
£t la splendcur des units (2), quelle puissance Tcteint pour la fatre 

[rcWvrc? 
Comment la Vierge (5) a-t-elle con^u ncuf fils sans s'unir a an 

[^poux? 
Qui ferme les portes du ciel et produit Tobscurite, qui les ouvre ct 

[donne la lumt^ ? 
Ou le g^nie de la lumierc, avant Taurore, cacbe-t-il ses rayons? 
Comment les sources jaillissent-elles? Comment leurs eaux ont-elles 

[leurslimitcs? 
Comment les divisions terrestres se sont-elles formdes ? Comment les 

[vallecs, lits des fleuves, ont-elles et^ traces? 
La mer de Test ne deborde pas par riufluence des fleuves; qui en 

[connait la cause? 
Qui a etendu Tunivers-dans son inimensitd du nord au sud? 
£t ces monts escarpds qui s'elcvent jusqu*aa ciel, qui les tlent en 

[place? 
Qui a jamais atteint les portes des quatre plages celestes (i) ? 
Comment Tavant-coureur du soleil (K) brille*t-il comme une rose 

[avant le lever du grand astre? 

(1) Noms fictifs d^signant proprrment Teat chaude et Tobscii- 
rit^ 

(2) La lune. 

(3) Constellation. 

(4) Les extr^mit^ des points cardinaux. 

(K) /-Ao, personnage mythologique, cocher du soleil; reprdsentaat 
les rayons se montrant avant Tapparition du disquesolaire. 



( 175 ) 

Ou est la ehaleur eii biyer, que devient la glaee en et6? 
Coaiiiient se produisent Ics pierres et les arbres? Comment des 

[animaux ont-ils la parole? 
CcMiUDent les eaux obscures s*eniasscnt-ellcssur les hautes montagnes 

[de la Tartaric? 
CoflBment les Immortelsarr6tent-ils lecours des ans? 

Kiu-Tuen pose ensuile une longue s^rie de qiieslioDs 
semblables relativement aiix principaux fails hisloriques 
on l^endaires des aDnales cbiDoises. Par la derni^re, il 
demande comment a ^1^ con^u Tze-Wen, le prince de 
Tsou, qui Tavail disgraci^. Puis il ajoute : 

Pour moi je Tai dit, il ne subsistera point. 

Comment pourrais-je persuader mon prince d'user de ma fld^litd pour 

[s'illustrer aux yeux de Tuniyers? 



§ V. — Poesies de l'^poque des Tangs et plus r£:gentes. 

Le reiour du priniemps, par Li-Tai-pe (i). 

Le Teot d*est nous revient En voyant briller la fleur de jonquille, on 

[reconnalt le printemps. 
Tout bonrgeonnci tout a un mouvement de vie ; Tesprit reste confus 

[devant ce mystere. 
Le del est brillant et d'un azur sans melange, une suare harmonie 

[regno entre tous les 6tres. 



(I) Le po^e le plus c^l^re de Fepoque des Tangs. Accuse de 
conspiration, il fut jele en prison. Reldcb^, il mena une vie errante 
et moDfut malbeureusement 



(174) 

Les efflaves de la mer ont une teinte TerdAtre, les plantes odorantes 

[renouvellent lean parfums. 
Lies campagnes reprenDent lear verdure ^tincelante de rubis, TMat 

[dcs fleurs ^blouit les yeax* 
Les nuages flottcnt mollement sous la brise* prenaat sans cesse de 

[nouvelles formes par lear ehoc 
Les eaux que balancent les vagaes l^ires rcfletent T^mcraade. 
La mousse renal t, les sources jaillissent avee une nouvclle Tigoear 

[et serpentent ininterrompoes. 
Contemplant leur cours sinueux et les yapeurs flottantes, si soyeuses, 
Mon Ame s'unit k leurs mouvements et se laisse p^netrer d'un souflQe 

[de m^ncolie. 
L^eau du fleuve bruit en choquant ses digues ; les gibbons rassembl^ 

[au bord du Kiang murmurcnt sourdement. 

Mont^ sur une Eminence pour contempler au loin la nature, on 

[sent se troubler le coeur et comme se dcchirer le eorps. 

Des vagues semblent agiter TAme, le printcmps y jette le trouble 

[comme la nelge. 
Miile sentiments divers s*en emparent et lui inspirent pitid ou joie. 
Lc printcmps agit en lui comme scs parfums. 
Que r^lat de la saison nouvclle favorlse les ^tres et ne leur noise 

[en rien« 

PlainU dulettripauvre, de Wang-li-Yen (I). 

IjC vent du sud souffle, favoris<Mi Tharmonic celeste. 
Un souffle d*harmonie ondule dans Punivers 
Et donne tout leur ^lat aux etres innombrables; 
Mais il ne pent changer ma peine, ni y mettre fin. 
Que puis-Je pour Tapaiser ? 
J*ai beau en m6diter,.en discuter la cause. 

Ceux qui flattent Ics forts et les violents en recueillent les fruits par 

[plusicurs votes. 



(i) Dc I'cpor.ue des Tangs. Voir le Tattg-Shi-pie-Uai, 111, 7. 



(178) 

S*il est des mecbauts, tous les rccherchenU 

Mais si Too cntend la Yoix dcs sages d'autrefois, 

lis flctriroDt cettc honte. 

H^las ! on ne peat, josqu*^ la fin, suiyre la voie droite* 

Les fleoTes et les mers ont leurs lies au milieu des vastes flots (1). 

L'oi»eau aimant, par Pe-kiu-yu dcs Tangs. 

Un tendre oisillon avail perda sa m^re. 

C^aient des g^raissemcnts, dcs accents de douleur continucls. 

Ni joor, ni nult, il ne prenalt plus son vol. 

Tonic l*annee il gardail sa dcmeure dans sa iorii nalale, 

La noil surtout, au milieu de la nuit, il redoublait ses plaintcs. 

Qui l>ntendait, participait h son afSiction ; ■ 

llab an oiscau rinlerrompant, lui dil : 

N*as-ta point encore assez nourri ton coBur d'amertume, 

Cent oiscaux n^oul-ils point perdu leur mere? 

Toi seul, conservcras-tu le dcuil profondemcnl en ton cosor? 

Ccl amour pour ta mere qui t'accable 

Tc met hors d*^tat de supporter ta douleur. 

D'aulres ont bien su la dompter 

Ely lout en gemissant, rcvcnir au milieu des leurs. 

Ton eoeur n*est done point cclui d'un volatile 1 

(A ees mots), le tendre oiseau se mdia de nouveau a la gent aiUe. 

Mais son coeor en secret conservait sa peine et son amoar filial. 

ThoU'fou(^) toit en songe son ami Li-tai-pe 
retenu dans les fers, 

Qoand la mort nous separe, ellc 6tou£fe la voix des plaintcs, 
Vivants ot s^pards! notre douleur n'a point de terme. 
Le Riang-oAn est unc tcrre meurtri^re, 

(1) Qai inlerrompent la llgne droite ; commc les malheurs, les 
obstacles dans la vie. 

(3j Aatre poiteaassi c^ldbrc que Li-tai-pe, son contemporain et 
son anl. 



( 176 ) 

Et de son h6te, je n'ai point de nouvelles. 

Mon vieil ami s'est montre dans mon r6ve. 

Tcmoignant que nos pcnsees tcndeot au souvenir mulael. 

Mais je crains que cc ne soil point Tcsprit d*un vivant (qui m*est 

[apparu). 

Le chemin est long, si long, qu'on chercherait en vain a le mesurer. 

Cct esprit est venu a moi dans la verdure d'une fordt agit^ par le 

[vent. 
Puis ii disparut dans un horizon de tenebres. 

Mon seigneur est maintenant dans Ics fers commff un oiseau dans les 

[rets. 
Comment a-t-il eu des ailes pour venir jusqu'ici? 

La lune remplissait de ses rayons Ten tree de ma chambre. 

Si elle pouvait eclairer aussi mon ami dloigne ? 

Mais les flotsqui nous sdparent sontprofonds; lesvagues,menafantcs, 

Les monstres malfaisanis y dominent sans conteste; 

Ccs ombres vagues flottent devant moi tout le jour; 

Elles vont 9a et 1^, mats hors de mes attcintes. 

Trois nuits dejk, cetle vuc en rdve de mon seigneur m'oppresse; 

Mon coeur aimant cherche a pdndtrer sa pensee. 

Restera-t-il perpetuellement enchalne dans un ^troit cachot? 

£rrera-t-il constamment afflige, persecute? 

Les fleuves qui nous s^parent sont souleves par les vents, 

Les barques qui y ramcnt sont sans cesse menacees de perir. 

Les autrcs se parent des fleurs dc la vie, 

Mon ami scul est ^crase par les maux, la douleur* 

Qui pourrait espdrer que la vie se renouvelle. 

Que le vieillard retournera a son principe? 

Oh ! si les mille printcmps qui se suco&lent sans s^arrdtcr 

Pouvaient voir Tbomme, dans le silence mystericux, renouveler son 

[dcstin(l)! 



{\) Si le grand bomme pouvait reoommencer une nouvelle ezls« 
tence, alors je pourrais cspdrer encore du bonheur pour mon ami. 
Autrement, non. — On sent l2i-dessous une allusion a la mdtempsy- 
cose bouddhiste. 



(177) 

L% eol du Tse-tang, par Thou-fou. 

Les venU de la moatagne soufflent vers moi en sifflant. 

A tniTers Tespace azur^, lis braissent, assemblant ou dispersant, 

Brojraot Ics mors, les ediBccs et les digues. 

El laissaDt a toot la couleur ferruginease de la poussiere. 

lis remplissent la vo&te celeste de tourbillons, 

BrisaDi le roc comme ils fendent la plaine, 

Amcfaant da sol les bambous deraein^. 

Dcs interstices des roches escarpees, la neige descend en flocons; 

Flottante, tourblllonnante, elle tombe et recouvrc le sol. 

Ed retoornant vers les slens, on se sent le cosur emu, attriste. 

L*onde refroidie etend au loin ses glaces. 

Hon cbeval a les membres raidis, arretds. 

Sur ees bords, tout etre humain lient son arc et ses flechcs, 

Car les brigands avides de meurire ne sont point encore exterminds. 

Un ouragan terrible bouleTcrsait la nature quand j^y passai jadis. 

Hon cceur et ma poitrine briilcnt encore d'angoisse {k ce souvenir). 

Chant populaire du XVH* iihle. 

Depais Tantiquite, yingt lustres forment la mesure de la vie. 
Les pleors de Tcnfance en commenccnt la chalne ; 
L*eoDai, la cadocite en forment la fin. 
Qo*est-ee qui compose les annees qui les separent? 
Les nuages, le lonnerre y Introduisent la peine, la douleur. 
L^aatomne passd, plus de beaux jours; apres le printemps, plus de 

[fleurs. 
HAlODS-noos de les cueilllr, dit le voluptueux. 
BavoDS, chantons jusqu'ii Taurore, que le soleil couchant n*inter- 

[rompe pas les fdles. 
Hais Tavare ^pargne son riz ; 
II a froid devant Tarmoirc qui enferme ses habits. 
L^ambitieox aspire aux honneurs; 
Haut plac^, les chagrins troublcnt ses pensecs, 

3*^ SfiRIE, TOME XiV. 12 



^ 



(178) 

lis fl^trissent son coeur et ne le laissent pas jouirdc la vie; 

JI mcurt et n'a point vecu. 

Hclas! les rdvcs d*autrui n*arr4tent pas Ics miens. 

Lcs projets d'aujonrd^hui seront demain des songes. 

Soyons chaque jour ee que nous devons ^tre, 

Dc peur qo*en differant, nous ne le soyons jamais. 

Un instant touche un autre instant et Temportc avec lui. 

La plus longue yie n*e8t qu'an songe, un souvenir. 

Ccux qui faisaient grand bruit devanl moi, ont disparu, 

Un monceau de terre marque ienr tombeau ; 

Dcs hcrbcs sauvages le cachent a moitie. 

Entourons le notre (par nos bonnes actions) de cedrcs 

Qui ne craignent ni la bache, ni le feu (i). 



(I) Mais perpcluent notre souvenir. — Compares M^moires con- 
cernantle Chinois, XIII, p. 526. 



T" 



(179) 



CLASSE DES BEAVX-ARTS. 



Seance du 2 fevrier 1895. 

M. Ad. Samubl^ direcleur. 

M. le chevalier Edm. Marchal, secretaire [>erpeiueL 

SoDt pr^seots: MM. G.-A. Fraikin, Em. Slingeneyer, Ad. 
Paoli, Jos. Schadde, Jos. Jaquet, J. Demannez, G. De Groot, 
G. Biol, J. Stallaert, H. Beyaert, Max. Rooses, J. Robie, 
A. Henoebicq, £d. Van Even et Charles Tardieu, mem- 
bres; le comte J. de Lataing, Paul De Vigne, Alf. Cluyse- 
naar. Alb. De Vriendt et P. G^nard, correspondants. 

MM. £d. F^tis et F. Laureys exprimeDt, par ^crit, lears 
regrets de ne pouvoir assister k la stance. 

M. le directeur soubaite la bieoveoue k MM. Ch. Tardieu, 
Alfr. Cluysenaar, Alb. De Vriendt et P. G^oard. — Apptau- 
dissemeots et remerciements des nouveaux £lus. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de Tlnt^rieur et de Tlnstruction publique 
envoie one ampliation de Tarrdt^ royal en datedu 17 Jan- 
vier, approuvant Telection, en quality de membre titulaire, 
de M. Charles Taidieu, correspondant de la Classe. 



( *80 ) 
MlM. p. G^nard, Alfr. Gluysenaar, Alb. De Yrieodi, 
Paul Dubois, Antonio Merci^, W. linger et J. Massenet, 
adressenl des letlres de remerciements au snjet de leur 
Election. 

— Hommages d'ouvrages : 

M. £d. F^tis offre, au nom de Tabb^ C. Renard, les 
deui ouvrages suivanls : 

VArgayon el giant d* NivelleSj et Les Aventures de Jean 
(T Kioelles el fits de %' pere. — Remerciemenls. 

— La Clabse renvoie i I'examen de la section de 
musique les Iravaux suivants : 

1** Note relative a la composition de la Fantaisie op. 80 
el de la Symphonie op. iS5 de Beethoven ; par (e D' F. 
Dwelshauvers-Dery; 

2^ Experiences d'acoustique musicale. Nouvelle lettre 
de M. Cb. Meerens. 




COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Recherches sur Varchitecte de la maison du Vieux^ 
Serment de rArbalete {Hooghuis)^ Grand' Place, a 
Anvers;p^r P. Canard, correspondant de TAcad^mie. 

Parmi les ^dlGces k facades renoarquables qui ornent la 
GrandTlace d'Anvers, se distingue surtout Tancienne mai- 
son du Grand'Serment de C Arbalete^ vulgaireoaenl coonue 



(18t ) 

SOUS le nom de Hooghuis (maison haute) parce qu'en 
r£alit^ c*est le b&liment civil le plus ^lev^ de la vilje. 

ScHATBS, dans son Histoire de Varchitecture en Belgigue^ 
parie a fee ^loge de celle construclion en style renais- 
sance : < Depuis le XVh siecle jusqu'^ leur suppression en 
1795, nos anciens serments et corps de m^tiers^ dit-il, 
ont fail reb4tir avec luxe un grand nombre de leurs loges 
00 luaisons commnnes. 

> Nous ne citerons, pour le XVI* siecle, que les maisons 
du Serment de Saint-Georges et des Drapiers sur la Grand* 
Place d'AnverSy celle du Serment des Arbaletriers it 
Bruges, et celle des Poissonniers k Malines. La fa^de du 
premier de ces £di6ces, perc^e de six Stages de fenfires 
trte rapprocb^es, offre un specimen fort curieux du style 
de renaissance primitive (1). » 

F.-U. Mertens, dans les notices dont il a accompagn^ 
V Album historiqve de la ville d'Anvers, de J. Linnig, 
assure que la facade, b&tie en grande partie en pierre 
bleue. Tut erig^e en 1513-1515 (2), mais en ceci le 
▼en^rable ecrivain se trompait ^videmment;^ cette ^poque^ 
Parchitecture dite de la renaissance ^tait pour ainsi dire 
ioconnueen Belgique; le style ogival flamboyant r^nait 
dans sa plus grande splendour. 

Basant notre opinion sur le simple examen des formes 
arcbitecluraleSy nous ^lions dans la croyance que le 
bAliment datait do milieu du XVI* sidcle, et qu*il pouvait 
avoir eo pour auteur un de ces vaillants artistes qui, k 



(I ) ScBATES, op, at., t II, p. i83. 
(i) Op, eU., p. 6K 




( 182 ) 

rimkation de Pierre Coeck, d'Alost, el de Corneilte de 
Yriendt, dit Floris, avaieol contribu^ k populariser la 
renaissance en Belgique. 

(i faul le reconnaltrei dans cetle supposition nous 
nous (rompions k notre tour; I'^difice date bel el bien de 
la fin du XVI* siicle, el void les principaux fails qui se 
raltachent k son bisloire : 

La grande gilde de Saint-Georges, vnlgairement connue 
sous le nom de Serment de la Vieille Arbalete^ 6tait const- 
d^r^e comme la premiere el la plus importante des 
associations militaires d*Anvers. 

Le receveur ou premier bourgmestre (bourgmestre 
forain) en ^tait le cbef*homme. Elle porlail pour armoiries 
un ^cud*argenl k la croix de gueules, entour6 d'un cbapeau 
ou couronne aux roses symboliques de la ville. Un second 
embl6me lui avail 6i& conc^d^ en 1181 par le due de 
Brabant Henri 1", en recompense du zk\e donl la 
confr^rie avail fail preuve au temps des croisades, savoir : 
un ^cusson de gueules k Tarbal^te d*argenl, futee d'or, 
adextr^e de la leltre D el senestr^e de la leltre W, la 
lettre G brocbanl sur le fAt, soil les initiates des mots : 
De Goei Willighen^ hommes de bon vouloir ou de bonne 
volontS (1). 

Ce ful en 1443, le 19 juin, que le serment de la Vieille- 
Arbal^te, represent^ par son chef-homme, le receveur 
Wautbier van Ranst, par son doyen Tbierry van den 
Baren el par ses suppdls, acquit du Brugeois Jacques 



(1) Voir notrc Armorial des instUuiians communaies d'Anven, 
pp. 167 et 17i. 



( 183 ) 

Biz6, fiis de Jacques, la maisoQ Spanien (Espagne) qui, 
JQsqa'eo 1794, devail devenir le lieu ordinaire de ses 
r^Doioiis. 

Jacques Bize avail acquis eel immeuble le 29 d^cembre 
1429 de Pierre Bouvier el de sa femme. Marguerite 
HuysfDans,qui,i leurtour,en 6taientdevenus propri^laires 
le 23 aoAl 1426, en Tachelanl simullan^inenl du Trere 
Jean Sceplaken, prieur du couvenl des dominieains, de 
Laurent Volckaerl, de Paridan van Goerle, des freres 
Guillauroe el Simon Drake, de Henri van Sompeken el de 
sa femme Marguerite Draecx. II esl i supposer qu*elle 
faisait parlie d*un des tiers relevanl du burgrave d^Anvers, 
el appartenant k une des sepl families palriciennes diies 
Sehaken (1). 

A celle^poque, la mai&on avail une issue donnanl dans 
la Ballinck-slraie, aujourd'hui la Vieille Bourse, el 
touchail d'un cdl6 k la maison la Manche {de Mouwe), plus 
lard la loge de la corporation des lonneliers, el, de I'aulre, 
k la maison le M'itoit (den Spiegel) qm, en 1620, devinl 
la propri^ie du jeune sermenl de TArc ou de Sainl* 
S^baslien (2). 

Sui%antIachronique de V^n Heysi {t' Boeck der Tyden), 
le sermenl de PArbalele ^lablil en 1514, an rez-de- 
chaass^e de son immeuble, un crollre ou march^ couverl 



(I) Voir, pour Thistolre legendairc de ees families, notre Armorial 
des insiiiuiions chiles d'Anvers, p. iO, et notre travail, Anvers d Ira- 
fters tes dges, t. If. 

(3) Tregisier van alien den scepsnenMeven ende munimenlen der 
ghuldens van den ouden voetboghe speclerende, fol. 1, 5 et 4. 




( <84 ) 

connu sous le nom de Spanienpand. En 1516, les mercieri; 
y vendirent leurs marchandises (1). La gilde, qui ^(ait 6ga- 
lement propri^laire de la maison Aelmaengien^ sise dans la 
Bullinck-slraele el adoss^ei son h6lel de la Grand*Placc, 
y fit Clever de iiouvelles galeries en communicalion avoc 
celles de la maison d*Espagne, et formani avec ces der- 
ni^res une esp^ce de cil£ de commerce pour la venle des 
marchandises aux grandes foires de la ville. Les archives 
communales prouvenl que le sermenl reiira de cette 
disposition des profits considerables (2). 

La maison des arbal6lriers ful incondite en 1576, 
pendant la Furie espagnole^ ainsi que la maison /te/maen- 
gien, rue de la Vieille-Bourse, el la plupart des maisoDs 
de la Grand'Place. 

La facade ful-ello d^truile en meme icmps que le reste 
de r^difice, on sauv^e pour ainsi dire par miracle, comme 
celle de Thdlel de ville? Nous avons, pendant quelque 
lemps, cru pouvoir admellre la derni&re de ces conjectures, 
mais, en presence des documents que nous venons de d^cou- 
vrir, il ne nous est plus permis de soulenir celle these. 

En efTei, il est prouv^ par desactes conserviisaux archives 

(\) A. Thvs, Historiek des tlraelen van Antwerpen, p. 51. 

(2) On trouve le passage suivant dans une requite des chefs du 
Scrment au magistral en date du i3 mars 45ii. «Tbooncn, elc... 
hoe dat zy supplianten, lot ceren ende wcl?aert van dcser sladt cnde 
tot heurcn grootcn cxcessiven cosle endc lasle, voermaels gemaect 
ende gccrigeert bcbben eenen schoonen, grooten ende cerlyken pandt 
onder beure buysingen van Spamgnen ende Afmamgnen aende 
merct albier,zeer oerberlyck ende profltelyck zynde totaugmentactcn 
vanden train vander coopmansehap alhier. • (PrwiUgieboeek der 
S^'Jari»gt7d$, fol. 62 v«). 




( 188) 

d'Anvers que, le 16 avril 1579 (1), toutes les enseignes de 
la Vieille-Arbal^le dtanl sous les armes, Messire Jean van 
Slralen, bourgmeslre forain el chef-homme, assist^ des 
doyens, des anciens el des suppdls de la gilde, consenli- 
rent, devanl le nolaire S^verin Rubbens, clerc du sermenl, 
a mellre en venle au marcb^ du Vendredi une parlie de 
terrains provenanl de leurs propri^l^sincendi^es^el divis^s 
au minimum en neuf lols. Suivanl la d^clarallon des 
oonrr^res, le produil en ^lail deslin^ k couvrir les frais de 
la reconslruciion de la maison Spagnien, II r^sulle d'un 
anlre acle de la rodme dale que le lol IX, silu6 au coin 
de la rue Bullinck el mesuranl 356 pieds, ful vendu au 
march^ du Vendredi, le 3 mars 1581 (2), par le fripier 
Jean de Keysere k Jean van den Wouwer, fils de Jacques, 
el a Elisabeth van Biestboven, sa femme, pour la somme 
de 162 florins Carolus 10 sous de renle (3). 



(1) i^ maison de Mouwe^ apparlenant aux tonndiers, fut cgale- 
noeni reedifiee en i579. {BuUelin des Archives, t. XV, p. 350.) 

(2) Void les noms des hauls fonctionnaircs qui comparurent 
lors de la ventc de ces terrains : « Heer Jau de Jonge, RIddcre, Buy ten- 
Borgemcester deser stadt, Hooflman ; Jan Cassiopin , Coninck ; Jacob 
Crabeel, Segcr Boel, Dekens; Wiliem Braem, Pantmeester; Jan 
Gysek, Michiel Heusch, Jan Schyn en Albert Walpergh, Oudermans 
respectire Tandcr Gulden vanden Ouden Voetboghe binnen deser 
sladi, vervangcnde hicrinne alle dandere oude dekens ende supposten 
Taoder xelver ghulden... • . 

(3) Actes scabinaux du li mars i58i. (Sub Kiipfbl et Gillis.) 
Tol. II, fol. 193 et 194... « Omme eene somme gelts die hen al ende wel 
is rergooden ende by hen voorts bekcert ende beleyt inde sebulden 
ende lasten rander voers. gulden daerinne deselve gevallen is in 
dopinetsen ende opmaken vander voors. gulden huysinge genaempt 
SpaijftUen, opde groote Merct alhicr gestaen... • 



( 186 ) 

Le doule n*est done plus passible : la maison Tut £difi^e 
vers 1880, et d^ ce moment il noas est permis de fairs 
des conjee tu res sur Tauteur de ee splendide b^timenl. Deox 
archilectes de renom travaill^renl en ces temps pour les 
administrations publiques, d'abord Paul Lutdinckx, le 
restaurateur de Thdtel de ville, de la Bourse, et Taufeur 
de I'Arc de triomphe, dit d'Alen^on, malheureusemeni 
d^truit en 1865, malgr^ les protestations de tout Anvers 
artistique; ensuite Jean Vredehan, dit le Frisonj ing^ 
nieur, peintre et architecle, eonnu par ses importantes 
publieations artistiques et qui, k celte ^poque, 6tait au 
service de la ville. 

Quoique Paul Lutdingkx fAt un des hauls fonctionnaires 
de la gilde, nous inclinons ^ atlribuer k Jean Vredeman le 
plan de la maison haute; en effet, on retrouve, dans la 
facade de cetle admirable construction, tons les ornements 
d'architeeture qu'il aimait h prodiguer dans ses riches 
compositions. 

Combien de temps employa-t-on k la construction du 
nouvel Edifice? II serait assez dilTicile de le pr^ciser, mais 
il est probable qu'au milieu des grandes lutles politiques 
dont Anvers Tut le Ihi^&tre k la (in du XVh si^cle, on se 
b&ta fort lenlement. 

La planche repr^sentant la Grand'Place lors de Tinau- 
guration du due d'AleuQon, en 1582 (I), nous prouve 
qu*en cette ann^e la facade n*^lail pas mSme commenc^e. 




(i) Le due d*Alen9on, qui joua un si triste role a Anvers, aceorda, 
le 32 jniu 1582, h la gilde de la VieiUe- Arbalhte^ de nouveaux priyi- 
liges tout en coufirmant eeux conc^ddsantcricurcment par les auciens 
souverains du pays. 



( <87 ) 

mais en itSdA^ au moment de I'enlr^e de Tarchidue Ernest, 
eile fignre dans toute sa splendeur sur la planche(l) 
repr^ntant le grand feu d'artifice tir6 sur ia Grand'Place. 
Dans tons les cas, la facade donnant dans la Bullinck-strate 
porte la date de 1584. 

De grands souvenirs historiques se rattachent k ce 
magnifique b&timent. La gilde de Saint-Luc tint long- 
temps ses reunions dans ses vastes salles, qu'elle oe quitta 
qa*en i664, lors de la fondation de TAcad^mie royale de 
peinture. L'Acad^mie de musique, ou le plus ancien 
opera en Belgique (2), y donna ses representations de 
1670 i 1710, et le serment lui-m£me y forma un 
cabinet d'ceuvres arlistiques parmi lesquelles flguraient 
les tableaux : la Concorde^ par Abraham Janssens, Mars 
et Venus^ par Rubens, et les Arbalelriers a la Grand' 
Place^ le chef-d'oeuvre de David Teniers le Jeune, qui 
aojourd'hui fait Tornement du Mus^e imperial de Saint- 
P^tersbourg. 

En suite des lois r^publicaines frani^ises, ordonnant la 
suppression des gildes el des corps de.m^tiers, ia maison 
des Arbai^triers fut vendue le 19 messidor an Yl (7 juillet 
1798), comme bien national, an prii de 204,500 francs 
en assignats. Apres avoir pass^ entre les mains de plu- 
sieurs propri^taires , cet immeuble ^chut k M""" veuve 



'I) DeMcriplio pubUea gratulaiionis, etc. Antverpiee, ex oilicina 
Planlioiana, 1594. 

{%) Voir notre DoUce sur Popera d'Anvcrs dans notre Buttetin dea 
archives d'Anven, t. II, p. 180, et celle de M. Ca. Rublbns, dans la 
Bevue d'hisioirt et d'archeologie, t. IV, p. 405. 



(188) 

Kreglinger el k son flis M. Eugene Kreglinger, qui en ont 
ordonne la restauration avec une g^n£rosil4 qui t^moigne 
de leur goAl artistique elm6rite les plus grands ^loges. Ce 
travail d^lical, confix ik Parchitecle Francois van Dyk, vient 
d'etre termini k la satisfaction des connaisseurs. li est hors 
de doute qu*en ce moment la facade de Thdtel des Arbal^- 
triers se pr^sente dans un ^tat aussi complel qu*au 
moment de sa construction (1). Si, comme nous le sup- 
posons, elle est I'oeuvre de Vredeman de Vries, nous par- 
tagerons en tous points Padmiration que, de son temps, 
avaient provoqu^e les conceptions du grand maitre. 




CAISSE GENTRALB DES ARTI8TRS. 

M. Marchal, ir^sorier de la Caisse cenlrale des artistes 
beiges, donne lecture de P6tat g^u^ral des recettes et des 
d^penses de celte institution pour I'ann^e 1892, dress^ en 
conformity de Particle 13 du r^lement. 

La Classe approuve eel 6tat, ainsi que les subsides 
accord^s par le Comit^ directeur, a une veuve et h un 
participant de la Caisse. 



(1) Sous peu ellc sera surmontee de la staluc equcslrc de saint 
Georges, par Jos Lambeaux. 



(189) 



OUVRAGES PRESENTES. 



Deib€Buf(J.), — Sur unc nouvelle illusion d*oplique. Bru- 
xelles, 1893; cxtr. io-S* (12 p.). 

Fitis (Ed.). — Rapport adressd k N. le Ministre de Tlntd- 
ricur et de I'lnstruction publique sur la situation de la Biblio- 
theque royale durant les ann^es -1890-91. BruxelleSy 1892; 
in-8»(71 p.). 

Lagrange {Ch.). — Sur la concordance qui existc enire la 
loi hislorique de Bruck, la chronologie de la Bible et celle de 
In grande pyramide de Cheops, avec une interpretation nou- 
velle du plan prophetique de la r^vdlation. Bruxclles, i895; 

in-8* (427 p., pi.). 

Lancaster (Alb.). — Le climat de la Belgique en 1892. Bru- 
xelles, 1893; in- 1 8 (160 p., pi. et carte). 

Mansion P. et Neuberg (/.). — Mathesis, recueil uiath^ma* 
tiqne, 2* siSrie, tome II, 1892. Gand, Paris, 1892; in-8^ 

Vrindts (Joseph). — Bouquet tot fait, oeuvres choisies, avcc 
priSface par Joseph Defrecbeux. Li^ge, 1892; in-18 (16i p.). 

Wattman van Spilbeeck (Fr.). --^ Het herentalsch kloosler 
onxer-lieve-vrouwen Besloten Hof der orde van Premonstreit. 
Heden Sint-Josephsdal der Franciskauer Penitentinnen. Aver- 
bodc,1892;in-8»(290p.). 

Coulon (rabbi Alphonse-Marie). — Histoire de Wevelghem, 
de son anclenne abbaye et de la pr^cieuse relique de la sainte 
£pioe, d'apres les documents authentiques. Bruges, 1890; in-8* 
(378 p.). 

Alberdingk Thijm (Paul). — De Faustsage in de nedcr- 
landsche Ictteren. Gand, i890; in-8<' (37 p.). 

— Dc^but des institutions de bienfaisance, etc., en Belgique, 



( 190) 

depuis la predication du christianisme juaqu'au XIll* BiMe. 
Bruxelles, 189i ; extr. in-S* (12 p.). 

-^ Josephus-Alberlus Alberdingk Thijm : Schets van zijn 
denken en dichten. Gand, 1891 ; ezirait in-8* (40 p.). 

— Di'iejaarlijkschc prijskamp der nederlandsche toonecl- 
lelterkunde {iV tijdvak 1890-91) : Verslag. Gand, 1892; 
extr. in^- (20 p.). 

de Borman {le ehev. Camille). — Les dcbe?ins de la souve- 
raine justice de Li^ge, tome !*' (rooyen age). Li^ge, 1892; vol. 
in-4* (504 p.). 

Slroo6anl (P.)«— * Nouvellcs rechercheB exp^rimentalessur 
r^quation personnelle dans Ics observations de passage. Paris, 
1892; cxtn in-4* (4 p.). 

Herlant {A.). — fitude descriptive des rnddicaments naturcls 

d'origine veg^tale. firuxelles, 1892; in-8^ (786 p., pi. et cartes). 

De Bruyne (C). — De la phagocylose observee, sur le 

vivant, dans Jes brancbies des Mollusques lamcUibranches. 

Paris, 1893 ; extr. in-4* (4 p.). 

Schloesing (Th.) et Laurent (Em). — Sur la fixation de 
Tazote par les plantes. Paris, 1892; in-8° (20 p.). 

LapatUe (A.). — Quelques mots sur la rdforme de Tortho- 
graphe fran^ise. Examen de diffi^rents systemes de simplifica- 
tion orthograpbique. Li^ge, 1 893; in-:8'* (40 p.). 

Renard (I'abbi C). — L'Argayon el g^ant d'Nivclles. 1893; 
vol.in-12(l56p.). 

-^ Les aventures di Jean d' Nivelles el fits de s' pire. Po6me 
^pique rassourd, erdoubl^, erdoui h Thistoire du pais avi des 
imacbes, pa Olivier Dessa, 3* iSdilion. Bruxelles, 1890; in-12 
(213 p.). 

Fergunl {Jean) [Van Droogenbroeck]. — Sprcuken en spro- 
kcn, gedichten en gedacbten, den zangers en kloostcrlingen 
dcr Oosterlingen afgeluistcrd en nagcfluisterd. Roulers, 1892; 
gr. in-8»(100p.). 



( 191 ) 

Matthieu {Ernest). — Notice sur un maouscrit intitule : 
c Descente de la niaison cl'£oghien». Louvain, 1892; cxt. in-8' 
09 p). 

Steeckx, — Hans Sachs en zijnegedichten. Bruxelles, 1885; 
exirait in-8« (58 p.). 

— Chamfort. Ganrl, 1886; in-8" (50 p.). 

— Cervantes als tooneeldichter. Gand, 1888; extrait in-8* 
(95 p.). 

— Hcl Iriptiek van Lier. Anvers, 1891 ; exirait in-8' (20 p.). 

— Guillen de Caslro en « Las mocedades del Gid ». Lidge, 
1892; extrait in-8« (48 p.). 

DiscailUs [Ernest], — Charles Rogier (1800-1885), dapr^s 
des documents inddits, tomes I et II (1800-1839). Bruxelles, 
1893; 2 vol. in-8«. 

BMiotheca Belgica (F. Vander Haeghen), livraison 111-114. 
In-li. 

Broxellbs. Societe (Vanthropologie. — Bulletin, tome X, 
1891-92; in-8«. 

Corps medical beige, — Caisse de pensions : bilan et rapport 
du comitd directeur, 1891-92; in-S"" (60 p.). 

Pidiration midicale beige. — Compte rendu de Tasscmblde 
gdneralc ordinaire tenue le 20 octobre 1892; in-8* (23 p.). 

Gand Vlaamsche Aeademie voor taal- en letterkunde. — 
De Belgische laalwetten toegclicht door Mr. A. Prayon-Van 
ZuylcD, I*"* aflevcring. 1892; in^"" (476 p.). 

Malihbs. Cercle arehMogique, litteraire et artisiique, — 
Bulletin, tome III. 1892; gr. in-8*. 

Association giodesique internationale. — Album contenant 
one dpreuvc, h grandes dimensions, d'un groupe photographic 
des pcrsonnes ayant pris part i la dixieme conference de 
TAssocialion gCoddsiquc Internationale. Bruxelles, 1892; in-i*. 



^ 



( 19J ) 

Allbmagnb bt Autrichb-Honorib. 

Kdlliker {Albert von)^ — Die Nerven dcr B)ilz und der Nieren 
uiid die Galleneapillaren. Wurzbourg, 1893; cxlr. in-S*" (7 p.). 

Pertsch (Dr, Wilhelm). — Die arabischen Handschriftca der 
herzoglichen Bibliothek zu Gotha, Band I-IV. Gotba, 4877-85; 
4 vol. in-8». 

— Die orientalischen Handschriften der herzoglichen 
Bibliothek zu Golba, Band U. Vienne, 1864;in-8« (236 p.). 

Meyer (Franz), — Bericht ueber die ForLschriUe der pro- 
jecliven Invariantentheorie im letzten Vierteljahrhundert. Ber- 
lin, i8U2; extraitin-8' (212 p.). 

Berlin. Archaeologische GeselUchaft. — 52. Program in 
zum Winckelmannsfeste (F. Koepp). 1892; in-4^ 

Berlin. Verein fur Geschichle der Mark Brandenburg. — 
Forsehungen, Band V, 2. 1892; in-8\ 

Berlin. Slernwarte. — Astronomisches Jahrbiich fur 1895. 
1893; in-8\ 

Cassbl. Verein fur Naturkunde. — Bericht ueber i89i-S2. 
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Leipzig. Astronomische GeselUchaft. — Publication XX. 
1892; in^*. 

Munich. Akademie der Wissenschaften. — Ueber allgemeine 
Probleme der Mechanik des Himinels, Rede von Hugo Seeliger. 
4892;in.4'(29p.). 

Stuttgart. Kommission fur Landesgeschichte. — Viertel- 
jahrshefte fur Landesgeschichte, neuc Folge, 1892; Heft 3 
und 4. in-8^ 



France. 

Gaudry (Albert). — Lcs pythonomorphes de France. Paris, 
1892;in-4<'(l4p., 2pl.). 




( 193 ) 

Paseaud (Henri). — Le regime de la faillite en Suisse* 
Toulouse, 1892; io 8* (30 p.). 

— Du r^ime des soci^t^s par actions. Paris, 1892; in-8* 
(42 p.). 

-* De Tautoritd paternelle sur la personne et sur les biens 
des eniaDls l<SgiUmes ou naturels. Paris, i893; in-8* (96 p). 

Chevalier (C,-V.'J.y — Inventaire des archives des Dauphins 
k SaioC-Andre de Grenoble en 1277. D'apres Toriginal, avcc 
taUe alphaMiiquc et pieces incdites. Paris, Lyon, i869; in-8* 
(48 p.). 

«- Notice analytique sur le cartulaire d*Aimoo de Chiss^ aux 
archives de ViyMki de Grenoble, avec noles, table et piices 
ioMites. Colmar, i869;in-8« (96 p.). 

— Inventaire des archives des Dauphins de Vieonois k 
Saint- Andr6 de Grenoble en 1345. Nogent-le-Rotrou, Lyon, 
IS7i ; in-8* (380 p.). 

— Visites pastorales et ordinations des ev^ues de Grenoble 
de la maison de Chissd (XIV'-XV siieles). Lyon, 1874; in- 8* 
(184 p.). 

— Ndcrologie et cartulaire des dominicains de Grenoble. 
Romans, 1875; in-8* (82 p.). 

— Cartulaire de Tabbaye de Saint-Andrd-le-Bas de Vienne^ 
ordre de Saint-Benoit, suivi d*un appendice de chartes inedites 
sw le diocese de Vienne (1X*-XJP siicles). Vienne, 1869; in-8* 
(Ln-368-43 p.). 

— Correspondance politique et litt^raire du marquis de 
Valbonnais. Grenoble, 1872; in-8* (84 p.). 

— - Choix de documents historiques in^dlts sur Ic Dauphin^. 
Montbelliard, 1874; in-8'» (viii-400 p.). 

— Cartolaires des hospitaliers et des templiers en Dauphin^. 

Vienne, 1875; in 8« (136 p.). 

— Cartulaire de Tabbaye N.-D. de Bonnevaux au diocise 
de Vienne, ordre de Citeaux. Grenoble, 1889; in-8* (198 p.). 

— Description analytique du cartulaire du chapitre de 

3"* StelB, TOMB XXV. i3 



( ^94^ ) 

Saint-Maurice de Vienoe, suivie d'un appendice de chartes et 
chronique ineditc des dv^ques de Valence et de Die. Valenee, 
!89i;in.8*(88p.). 

— Aolcs capitulaires de Tdglise Saint-Maurice de Vienne. 
Romans, 1892; in-8* (128 p.). 

— Diplomatique de Bourgognc par Pierre deRivaz, analyse 
et pieces inedites. Romans, 1892; in-8'' (96 p.). 

— Repertorium hyranologicum : Catalogue des chants, 
hymnes, etc., en usage dans Tdglise latine, depuis Torigine 
jusqu*2i nos jours, 2' fasc. D.-R. Louvain, 4892; in-8^ 

Giraud (Paul-tmile) et Chevalier (V.\ — Le mystire des 
trois Doms joud i Romans en MDIX, public d'aprj^-s le manu- 
scrit original. Lyon, 1877; in-i** (cxLvn-928 p.). 

Amiens. SocUU linienne. — Bulletin, 1891. Memoires, t VIII, 
1889-1891; 2 vol. in-8^ 

Amibns. Acadiniiedes sciences. — Mdmoires, 1891 ; in-8^ 

Amiens. Sociiti des anliquaires de Picardie. — Bulletin, 1891, 
i« irimestre; 1892, n^* 1 et 2. ln-8*. 

Angers. Sociiii industrielle et agrieole. — Bulletin, 1890 et 
1891,2 vol. in-8*. 

Arras. Acadiniie des sciences et arts. — Mdmoires, t. XXIII. 
1892. in-8«. 

Arras. Commission diparmentale des monuments historiques. 
— Bulletin, tome I, 2% 3* ct 4' livraisons. 1891-1892; 5 cah. 
gr. in-8*. 

BesANgoN. Academic des sciences. — Proces-verbaux et 
memoires. 1891 ; in'8^ 

- Besan^on. Soei4t6 Simulation du Doubs. — Mi^moires, vol. VI. 
189l;in-8«. 

Bordeaux. Acadimie des sciences, belles-lettres et arts. -^ 
Actes, 1890, 1891, 1^ ct 2* trimestrcs. In-8^ 

Lton. University. — Aunalcs, tome II, 4« fasc; IV; VI, 
1" ct 2* fasc. 1892-93; mS\ 



( 195 ) 

GRAlfDB-BRBTAGlfB, IrLANDB BT CoLONIBS BRITANNIQUBS. 

PiH Rivers {A.\ — Excavations in Bokcrly and Wans* 
djke, Dorset and Wilts, 1888-91; with observations on the 
haman remains, by J.-G. Garson, vol. III. Londres, i892; in-4* 
(308 p., planches). 

Adblaidb. Society of south Australia. — Transactions, 
▼oL XV, 2; XVI, i. i892; 2 cah. in-8\ 

Ddblin. Irish Academy. — Todd lecture series, vol. IV 
andV.i892; 3 vol. in-8«. 



Itaub. 

Parlatore (Filippo). — Flora italiana, continuata da Teodoro 
Camel, vol IX, 3* parte. Florence, 1893; in-8^ 



Pays>Bas bt Indbs N^brlardaisbs. 

MvUer {J.-W.) en Logeman {&.). — Die historic van 
Reynaert die Vos, naar den druk van i479, vergeleken met 
William Caxton*s engclsche vertaling, met inieiding en aantee- 
keningen. Zwolle, 1892. In-8<' (lvii -i- 2i2 p.). 

Sermrier {L). — Prof. Schlegel's zoogenaamde kritiek van 
bet japansch-nederlandsch en japansch-engelsch woordenboek. 

Leyde,1893;in-8«(8p.). 

Flora Batava, afbeelding en beschrijving van nederlandsche 
gewasseo, aflevering 299 en 300. Leyde, 4892; in-4*. 

Woordenboek der nederlandsche taal^ deel III, 2'* afleve- 
ring. La Haye, 1893; in-8^ 

Batavia. Genootsehap van kunsten en wetensehappen. — 
Plakaatbock, 1602-1811, deel X. 1892. In-8'. 



( <96) 

Pats ditbrs. 

Forel {August). — Die Nester der Ameisen. Zurich, 1892; 
IB-V (36 p., 1 pi.). 

Ptralta {Manuel de). — Mapa historico-geogniGoo de CosUi- 
Rica, y del Ducado de Veragaa. Madrid, 4892; f. in-plaoo. 

CoPBRHAGCB. Metcorologiske Insiitui. — Aarbog, 18889 
9* partie; 1889, i'*, 2* et 3' parties; 1890, i** et 5« parties; 
1891, 1'* el 3« parties. 1889-92; 8 cab. in-4*. 

LiSBONifB. Observatorio do Infante D, Sauxz. — Aanaea, 18881, 
vol. XXVI. Postos meleorologicos, 1886. 1891-1892; 3 cah. 
in-folio. 

S'-PiStbbsbourg. Institut de mMecine expMmentaU. — 
Archives des sciences biologiques, tome I, n* 4. 1892; ia-4*. 

Tokyo. GeselUchaft fur Ifatur- und Votkerkunde Oetasiens. 
-* Mittheiluiigen, Heft 49 und BO. 1892; 2 cah. gr. in-8*. 

Stockholm. Antiqvitets Akademien. ^^ Nordiske Fortids- 
minder, Hefte 2. In-4\ 

Stockbolh. Musee du Nord. — Minnen, Afbildningar af 
Foremal (Azelius), Haftet 3 och 4. 1892; 2 cah. in-4'. — Afbild- 
ningar, 4-7. 1892; i cah. in-4«. — Samfundet, 1890-1892.— 
Bidrag till var adiings Hafder, n* 5. 1892; in-8*. 

Madrid. Oheervatorio. — Observaciones meteorologicas, 
1890-91. 1892; vol. in-8«. 

Bbrgbn. Museum* — Aarsberetning for 1891-1892; vol. 
ln-8\ 



BULLETIN 



DR 

L'AG^DEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

DES 

LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQDE. 

1893. — No 3. 



CLAS8E DES SCIENCES. 



Seance du 4 mars 1893. 

M. Ch.VAN BAMBEKEfdirecteur, pr^sidenl de I'Acad^mie. 
M. le chevalier Eon. Marchal, secretaire perp^tuel. 

Soni prints : MM. Mourlon, vice- directeur ; P.-J. Van 
Beneden, G. Dewalquc, C. Cand^ze, Brialmonl, £. Dupoot, 
fid. Van Beneden, C. Malaise, F. Folie, A. Brian, Fr. Cr6- 
pin, Jos. De Tilly, A. Gilkinel, G. Van der Mensbrugghe, 
W. Spring, Louis Henry, P. Mansion, J. DelboBuf, P. De 
Heen, C. Le Paige, Ch. Lagrange, F. Terby, J. Deruyts, 
membres; E. Catalan, Ch. de la Valine Poussin, associes; 
A.-F. Renard, L. Errera, C. Vanlair, J. Neuberg, A. Lan- 
caster el J. Jorissen, correspondants. 

H. le directeur se fait I'interpr^te des sentiments de ses 
confreres en adressant les felicitations de la Classe ii 
M. Moorlcn, promu au grade d'officier de TOrdre de Leo- 
pold. [Applaudissements,) 

H. Mourlon remercie pour cette marque de sympathie. 

3"* S£rIB, tome XIV. 14 



( <98) 




CORRESPONDANCE. 



IM. le Minislre de rini^rieur elde rinstruclion publiqae 
envoie, pour la bibliolli^quede I'Academie, un exemplaire 
desouvrdges suivanls : 

V Bulletin n** 4, 1892, du Cercle des naluralisles 
hutois; 

2" La Cellule, recueil de cytologic, lome VIII, 2* fasci- 
cule; 

S"" Hull m^moires pr^seiU^s au concours pour lacollalioD 
des bourses de voyage et deux rapporls de voyage; par 
MM. Biourge, Janssens, Ide, Morelle, Scruel, Keiffer, 
Dadie, De Wulf, Grosjean el Corbeau. — Remcrciements. 

— M. CIk Hermile, asi^oci^ de i'Academie el membre de 
riDslilul, k Paris, exprime sa gralilude pour les Ti^licila- 
lions qui lui onl 6l6 adressees par la Classe, i roecasion de 
son soixanie-quinzi^me anniversaire de naissance. 

— M. J. Beaupain, ing^nieur k Li6ge, demande le 
d6pdl dans les archives de fAcaderoie d*un billel cachel^ 
porlanl la dale du 12 f^vrier el conlenanl la synthese des 
recherches qui font Vobjel de ses etudes, 

M. Gustave Vermeire, k Bruxelles, adresse semblable 
demande. Son billet, dal6 du 20 f^vrier dernier, conlient 
des plans de locomotive (nouveau systeme a grande 
Vitesse). — Accepl^. 

— M. E. Sp^e, aslronome k I'Observaloire royal, accuse 
reception du manuscril de son m^moire {Spectre de 



( 199 ) 

Thollon) qui lui a 6l& remis avec une copie des rapports 
des commissairesy conforro^menl k la decision prise par la 
Classe daos sa s^aDce du 4 t&Yrier dernier. 

— Hommages d'ouvrages : 

i* Annuaire de I'Observaloire de Bclgique, i893; pr^- 
sent£ par F. Folie, avec une note qui figure ci-apres; 

S* Notice iur Edouard Mailly; par F. Terby; 

3* Traits pratique de calorimetrie chimique; par 
M. Berlhelot, associe ; 

4* Projet d'observatoires meteorologiques sur l*oc4an 
Atlantique'r parS. A. S. Albert V\ prince de Monaco; 

5* a) Sur la transformation des fonclions elliptiques ; 
b) Sur une extension de la formule de Stirling; par 
Ch. Hermite, associ^; 

6* Considerations sur le cholera; par H. Boens; 

7* Sur rintegrale eulerienne de premiere espece; par 
J. Beaupain; 

8* La sphere attractive dans I'ovule des oiseaux; par 
H. Mertens; 

9* Les fetes jubitaires de MM. Hermite et Pasteur ; par 
A. de Lapparenl; 

10* Les muscles adducteurs du pouee et du gros 
orteil; par H. Leboucq ; 

11* Onze brochures sur des sujels divers de min^ralogie 
el degtelogie; par Ad. Firket. — Remerciements. 

— Travaux manuscrils envoy^s k Texamen : 

1* Quelques proprietes des surfaces du second degre; 
par CI. Servais, professeur h TUniversit^ de Gand. — 
Commissaires : MM. Le Paige et Neuberg. 

2* Le cholera ; par P.- J. Metzler, k An vers. — Commis- 
saires : MM. Masius el Vanlair; 



1 

1 




( 200 ) 

5® Projet d'Uinenaire pour la navigation maritime 
belgt^hollandaise^ etc; par C.-H. Delaey. — Commissaire : 
M. De Tilly. 



MOTE BIBLIOGRAPHIQUB. 

J'ai rhonneur d'offrir k TAcad^mie le volume de YAn- 
nuaire de I'Observatoire royal pour 1893. 

Dans ce volume figurent quelques notices qui ont Irait 
^ la nutation initiale el k la nutation diurne. 

C'est par la premiere seule que j*explique ces pr^ten- 
dues variations de latitude qui oceupent tant les astro- 
nomes des deux mondes. 

Elles proviennent de la definition de la latitude qu*ils 
ont adoptee depuis la publication du Traits d'Oppolzer. 

Dans le Bulletin (1) j'ai d^montr^ que cette definition 
est incorrecte : ^ 

1*" Parce que son application conduit^ des Tormulesqui 
ne sont pas absolument rigoureuses, de I'aveu m^me 
d'0|>polzer ; 

2*^ Parce que cette definition est en contradiction avec 
d'autres definitions capitales de rastronomie, celles du 
meridien et de Theure. 

On conQoitque j*aie tenu 5 donner, avant mdme Tappa- 
rition de VAnnuaire, une publicite plus grande i ma 
maniere de voir, en la repandant par Porgane d'un jour- 
nal matbemalique important; aussi ai-je publie, Tan der- 
nier, dans les Acta Mathematical un article intitule : 



(I) Sur les formules corrrcctes du mouvement de rotation do la 
Terre, Z* serie, U XX\l 1891 



( 201 ) 

c Expression complete et signification veritable de la 
nuUlion iniliale (1) >• 

Cel arlicle esl reprodiiit dans le present volume. Mais, 
depuis aa premiere publication, il m*est venu k Tesprit un 
argument nouveau, d'une simplicity telle que tout gte- 
mdlre, m£me non astronome, le saisira immediatement, et 
en conclura avee moi que les astronomes ont en tort, au 
point de vue de la rigueur malh^matique, de substituer i 
Tancienne definition de la hauteur du pAle g^ographique 
celle d'Oppolzer, qui se rapporte au p6le instantan^ de 
rotation de la Terre. 

Voici cet argument. 

Les Equations d'Euler, dont ^on part dans T^tude du 
mouvement de relation, prennent pour axes de reference 
les irois axes principaux de la Terre. 

Puis, comme ces axes sont mobiles, on en rapporte la 
position 1 trois axes fixes dans le ciel. 

Usant alorsy en analyse, du precede suivi dans la pra- 
tique par les astronomes, qui consid^rent la Terre comme 
fixe et le ciel comme mobile, je prends pour axes fixes les 
axes principaux de la Terre, et pour axes mobiles les axes 
do ciel; ce qui ne change pas un idta aux formules de 
Laplace et de tons ses successeurs, sans en excepter aiictin, 
81 ce n'est Oppolzer. 

Mes axes fixes sont done les axes principaux de la 
Terre, et me permettent de definir correctement le p6le, 
qui est Textr^mite de Tun d*eux, le m^ridieui qui passe 
par ce pdle, Tbeure, qui esl d^termin^e par le m^ridien, 
toiites definitions impossibles dans le syst^me du p6le 
iDStanlane. 

(4) T. XVI. Stockholm, 1892. 




( 202 ) 

El je n*ai aucune transformatioD k faire subir aux for- 
mulas de Laplace, transformation par laquelle doit passer 
Oppolzer, au prix de quelques n^ligences qu'il reconoatt', 
et de plusieurs autres qui Jul ont ^cbapp6, puisqu*il con- 
tinue k faire usage de formules rapport^es au m^ridien 
passant par le p6Ie g6ographique, et non par le pdle 
instantan^. 

Dans mon syst^me, le \}6\e est fixe, k moins que la 
Terre ne soit de forme variable, ce qui n'est nullement 
etabli, lant s*en faut; les latitudes g^ographiques sonl 
done constantes, et il ne pent plus dtre question d'une 
variation des latitudes. 

Celle*ci provientsimplement de ce que les astronomes, 
adoptant la definition d'Oppolzer, c*est-a-dire rapportanl 
leurs latitudes au pdle astronomique, font naturellement 
abstraction, par cela m^me, de Tune des nutations de Taxe 
geographique, la nutation iniliale, dont ils devraient les 
corriger pour les rapporter au pdle g^ographique (sans 
parler de la nutation diurne, qui est, du resle, moins 
considerable). 

Et ceci m'a fait penser bien involontairement, plus 
d'une fois, qu*il est fort heureux que Bradley, en calculant 
les d^clinaisons de ses etoiles, n*ait pas song6 k la possibi- 
lity de la variation de la latitude de Greenwich, pour 
expliquer les variations constal^es dans ces d^clinaisons, 
mais ait pluldt attribu^ ces variations k une nutation de 
I'axe terrestre. 

II en est de mdme dans la question qui nous occupe : les 
astronomes, au lieu de songer k des variations r^elles de 
la latitude, eussent dA se demander d*abord si <;elles-ci ne 
pouvaient pas s*expliqner par une nutation de Taxe ter- 
restre, connue des g^ometres depuis Euler, confirm^ en 



( 203 ) 

fait par Peters, Nyr^n, Downing, et qiraucun encore n'a 
appliqu^, parce qu*on a eii le tori de subslituer au poinl 
de Tiie absolumcnl correct, dont je viens de parler, le poinl 
de ^ue erron^ d*Oppolzer. 

L'application que je Tais de la nutation initiale aux 
excellentes observations de Honolulu monire que, malgr6 
les variations de sa latitude aslronomique, qui s^^tendent 
de — 0"25i -i- 0"30, sa latitude geographique est trfes 
sensiblemeDl constante. Les ecarts en sont renferm^s 
enlre db 0"07, et ne semblent plus presenter aucun carac- 
tere syst^maiique* 

Je crois done pouvoir afliriner que ies latitudes geogra* 
phiques sont constantes^ et que les hearts tr^s lagers don I 
je viens de parier sont imputables k des erreurs soit dans 
I'observalion, soil dans la reduction, soit dans le lieu 
moyen des ^toiles. 

Et, si je ne me Irompe, cette variation des latitudes, 
qui a lant passionn^ les astronomes, seraconsid^r^eavant 
peu comme Tune des plus singuli^res illusions scientifiques 
donl ils se soient berets. 

line autre nutation ^ courte p6riode, dont ils ne veulent 
pas tenir comple jusqu'^ present, malgr^ les renoarquables 
concordances des determinations que j'en ai faites, est la 
nutation diurne. Les observations de Peters m'en fournis- 
sent encore une preuve 5 ajouler k toutes les autres, el 
qui se trouve r^sum^e dans le pr^sejit volume. 

L'^tablissement de formules de reduction absolument 
correctes el la recherche de ces deux nutations i courte 
periode forment Tobjel principal du programme astrono- 
mique de PObservatoire royal. 

F. FOLIE. 




( 204 ) 



RAPPORTS. 



La Biobgie astrale et CEmbryogenie cosmique. Prodrome; 

par M. Julien Van Cleempul. 

c M. Van Cleempul essaye cle ratlacher les lois de la 
formation des moodes a celles du d^veloppemenl de la 
vie organique.li aboutil k une affirmalioD tres nelle quant 
au mode de formation des planiles et des satellites : ces 
globes se seraient, d*apre.s lui, formes par intussusception 
d I'int^ieur mdme des globes centraux autour desquels ils 
gravitent. 

En substance et dans la g^n^ralil^, c'est-^-dire en tant 
qu'elle ^veille I'id^e d'une subordination et d'une pro- 
gression dans la formation des globes centraux et exte- 
rieurSy issus d'une mdme masse primitive unique, cette 
bypoth^e aurait, aussi bien que d'autres, le droit de ne 
pas dtre rejet^e a priori; mais les explications de Tauteur 
sont par moments singuli^rement brouill^es avec les lois 
de la m^canique celeste et de la physique. Cette raison^ 
sans parler d'autres raisons d'ordre secondaire qui concer- 
nent la redaction, rend impossible Tinsertion de son tra- 
vail dans un des recueils de PAcad^mie. II serait injuste 
cependant de ne pas reconnaltre k Tauteur le souci de 
cbercher k conduire ses id^es avec ordre et de preparer le 
lecteur k ses conclusions par une certaine discussion des 
faits. Cette consideration m*oblige d'autant plus k l^i- 




( 205 ) 

timer Tappr^iation que je viens d'^mettre, et il en |)eut 
roller d'ailleurs quelques observations int^ressantes sur 
une question tout k fait k fordre dn jour de la science 
aciuelie. 

M. Van Glee mput commence par rappeler les grands 
traits caracteristiques du relief terrestre : predominance 
des continents dans Themisph^re nord et di^viation de 
Tooest k Vest des trainees m^ridiennes nord*sud. Le pre- 
mier fait ne s'explique d*apres lui que par Texistence de 
masses eiterieures tomb6es sur Th^misph^re nord de la 
planete dans une vase ^paisse ; une force (qu*il ne d^finit 
pas) aurait ^tir^ cette maliere plastique suivant le m^ri* 
dieoy et {'attraction lunaire, combin^e avec la rotation de 
la planete, aurait produit la deviation d^occideul en 
orient (d*une mani^re que, de nouveau, il ne d^finil pas). 

Deux antres fails lui semblent appuycr la r^alil^ de 
cette pr^ipitation de maliere exlerne : 1* Texislence du 
fer natif, doot on trouve des traces dans les couches 6rup- 
lives au Groenland; elle lui paratt favorable k la suppo- 
sition d*une compression violenle de la croule (faisanl, en 
passanl» une inconcevable confusion enlre le magn^lisme 
et reieclriciie, et ^metlant sur Taction d'une sphere aiman- 
t^ une idte tout h fait Tausse, il attribue i cette mSme 
cause Torigine du magn^tisme terrestre); S"" le fait de 
rinclinaison de Taxc terrestre sur Torbiie (qu'aurnit pu 
provoquer, en effet, Tadjonclion d'une masse ext^rieure h 
la Terre). 

D'oii provient cette mati^re externe? Renonganl k en 
diercber Torigine dans les seuls m^t^orites, M. Van Cleem- 
put se demande si quelque trail, encore subsidtant dans le 
syst6me solaire, ne Tindiquerait pas; il croit le trouver 
dans un annean qui, analogue a Tanneau actuel de 




( 206 ) 

Saturne^ aurait autrefois entoure la Terre, et dont laLune 
serait un vestige. A uiie ^poqiie k laqueile la Terre ^(ait k 
une haute temperature et priv^e d*eau, cet anneau, par une 
force explosive interne, se serait form^ dans la zone eqoa- 
toriale aux depens de la noati^re terreslre elle-mSme, et, 
d^tache du globe central^ il aurait gravity autour de lui k 
une certaine distance. Le caract^re ^ruptif de la Lune, res- 
tant de Tanneau, et le fait que cet astre est priv^ d'eau^se 
pr^senteraient comme une verification; les deux bourrelets 
de soul^vennent suivant les paralleles moyens des hemis- 
pheres terrestres, seraient les limites de la depression 
e(|uatoriale formee par le detachement de Tannean, Plus 
tard, k mesure du refroidissement et de la Terre et de 
Tanneauy des reactions cbimiques (que Tauteur definit) 
auraient provoque une precipitation des eaux, forme les 
oceans, et en mSme temps desagrege Tanneau et prepare 
la chute de ses elements. Ainsi se serait formee la matiere 
des couches geologiques, \k prendrait origine la nature 
sedimentaire des formations. L'attraction de la Lune, la 
rotation du globe, auraient entin determine une distribu- 
tion systematiquc des continents et des oceans. 

Tout Ct'la paralt k Tauteur I'explication naturelle des 
fails qu*il a commence par enumerer; il y trouve done un 
argument en favour de son idee fondamentale, celle de la 
formation des satellites (ici, la Lune) aux depens de la 
matiere mSme des planetes (par intussusception), ou sem- 
blablement de la formation des planetes dans le globe 
memo du Soleil. Les taches de celui-ci lui paraissent des 
temoins de planetes en voie de formation. D'ailleurs, en 
tout cela, il n*aperfoit pas de difficuUe mecanique; il fait 
graviter k distance, autour d*un globe, une portion de 
matiere detachee de ce globe par explosion, et cependant 



( 207 ) 

ii D^adniellrail saDs doute pas aussi facilement qu'iin bou- 
let de canon Ianc6 verlicalement finisse par acqu^rir line 
Titesse d^rinilive parallele k la surface de la Terre. II 
D*expliquey en oulre, nullenoent, sans faire intervenir 
d^antres causes nouvelles et parfaitennenl gratuiles, pour- 
qooi son anneau Equatorial, parti de Tequateur, retombe 
vers iin des pdles, et non pas sur T^qnateur d'od il est 
veno. 

On Iron vera inutile une analyse pins d^taillee; les iddes 
que jeviensde r^sumerparallront sans doute & premiere vue 
poss^ler ce genre d'^tranget^qui rend la critique trop facile, 
et les erreurs donl elles sont accompagn^es legitimeront, 
je pense, Tappr^ciation que j*ai proposEe et que j*avais k 
jaslifier. 

Mais ce caraci^re du travail de Tauleur rend d'autanl 
plus piquante la remarque suivante : c'est que, pour la 
plupart, les id^es qu'il prEsente ont, sous une forme plus 
ou moins differente, E(E emises deji par des autorites tout 
aulrement ecout^esque lasienne ne pent pr^tendre k T^tre 
dans le cas actuel, el que ce sont peut-^tre beaucoup moins 
des id^es ayant des precedents que les moyens m^roesde 
defense qui lui font d^faut. Les notions actuelles sur 
Texislence des m^t^orites qui, en nombre incalculable, par- 
courent Tespace celeste, ne sont pas une si mauvaise pre- 
paration a Tadmission de ses masses exl^rieures k la Terre, 
rencontrant celle-ci^ venant en modiGer le relief et chan- 
geant la situation de son axe de rotation (1); son globe 
boueux el ses continents orient^s par la rotation du globe 
el ratlraction de la Lune, peuvenl s*abriter d'une part 



({ ) Cc deroier cffet a 6le calcule par sir W. Thomson. 



n 



( 208 ) 

derri^re les speculations de Green (1), qui attribue k la 
rotation du globe en fusion le conlournement de ses con- 
tinents, d'une autre se r^clamer des calculs de premier 
ordre d*un savant g^om^tre sur la deformation d*un globe 
par {'attraction de ses satellites et I'orientalion du relief 
par cette attraction (2). 

II n'esl pasjusqu'i sa supposition de Torigine terrestrede 
la Lune, qu*il imagine s'^tre ensuite eloign^e de la Torre, 
qui ne puisse se reclamer de ces mdmes calculs du mdme 
auteur, puisqu'ils conduisent (5) celui-ci k conclure que le 
satellite etail d'abord eitrdmement pr^s de la surface ter- 
restre et qu'il s'est ensuite progressivemeni eloign^. 

II est done assez curieux de conslater que I'auteur, 
mieux instruit et s*etayant de Iravaux dont le m^rite n*esl 
pas conteste,eAt pu defendre.en leur attribuant des causes 
rationnelles, plusieurs de ses id^es en apparence les plus 
etranges et les moins dignes d*examen; on tire de ses spe- 
culations tout au moins Toccasion de rappeler qu*il en 
existe aujourd'hui dans la science une serie d*autres, si 
Ton pent s'exprimer ainsi, c du mdme ordre de grandeur ». 

Toutes derivent du d^sir d*assigner une cause syste- 
roatique k Texistence des traits les plus fondamenlaux du 
relief du globe, et leur consideration conduit k des 
reflexions dignes d*interei. 

II n'est pas douteux qu'k Theure actuelle, la geologie 
d'un cdte, Tastronomie d*un autre, ne marchent k la ren- 



(f) Vestiges of the molten globe, London, 1875, pp. S7-i9. 

(2) G.*-H. Darwin, Problems connected with the tides of a viscous 
spheroid. Phil. Trans. Part. II, 4879, pp. 580-590. 

(3) Ibid, p. 589 ; voir aussi On the precession of a viscous spheroid, 
and on the remote history of the Earth, du mdme auleur. 



( 209 ) 

ooDlre Tone de Taulre; la premiere pari de rcxamen 
d^faill^ de la distribulion el de la composilion des couches 
de Tecoree d*uD globe, la secoode d'observations qui, par 
leur nature mSme, la porlenl i consid^rer les globes comme 
des unitfo orgaois^es, donl les grands trails seuls se 
mellenl en Evidence. Mais ces deux sciences ne const!- 
toeni ^videmmenl en r^alit^ que deux faces diffigrentes 
d*un unique probleme^donl la definition exacteet les ^qua- 
lions apparliennent4 une troisi^me science^la m^canique 
celeste. La geologic (je prends ce terme dans un sens vul- 
gaire, qui s'enlend) voit la surface de ir^s pr^s, et, pr^oc- 
copte par la multitude infinie des details, elle peul Sire 
moins bien plac6e pour apercevoir les trails g^nSraux qui 
affectenl le globe lout enlier, pour d^couvrir les causes, 
g^nirales aussi,dont ces trails sont la manifestation. Pour 
rasiro-pbysicien, au contraire, les details disparaissenl, les 
ei^menls qu'il voil et qu*il doit combiner sont toujours 
lUs dans son esprit aux donn^es constilulives les plus 
gen^rales du globe observe, equateur, hemispheres, pAles, 
axe el vitesse de rotation. Par celte vue geuerale, il est 
done natureliemenl mieux prepare k la conception des 
globes comme unites organisees, k Tadmission de causes 
gen^rales qui en embrassenl la totaliie. Entre ces deux 
extremes, entre le point de vue trSs rapproche et le point 
de vue tr^s eloign^, celui du mecanicien et du g^ometre 
aper^il la conciliation; les conditions generates reveiees 
par Tastronomie physique el les fails innombrables, mais 
d*un ordre plus particulier, de la geologic, lui paraissent 
correspondre, dans la solution mathematique de ^'unique 
probieme auquel lout cela se rapporte, k deux termes 
d'ordres differenls donl le second, dans une premiere 
approximation, peul eire neglige devant Tautre; el il en 



( 210 ) 

conclut nalurellemenl que la marche rationnelle de la 
recherche est d'^tudier d*abord le terme priocipal, c*est- 
i-dire les traits g^n^raux r^v^l^s par la physique des 
globes ou Tastro-physique. 

Cest celte 6lude qui a fait nattre les diverses sp^ula- 
lions dont noire sujel nous ain^ne i dire ici quelques 
mots. Mais, dans ce problSme partiet lui-mfime, une nou- 
velle subdivision de points de vue s*est ^tablie. Elle a trait 
i rimportance relative que Ton attribue au fait du relief 
ou de la configuration de la surface dans la formation du 
globe tout enlier; soil l"* qu'on le consid^re comme s'^tant 
^tabli en m^me temps que ce globe acqu6rail sa forme 
ellipsoidale, sa rotation et son axe detinitifs, soil 2* qu'on 
y voie le ph^nom^ne plus d^licat d'une modification 
ult^rieure de la couche superficielle, alors que le globe 
ellipsoidal avail d^jili atteinl T^tat de mouvement, transla- 
tion et rotation, dans lequel le consid6re la m^canique 
c6lesle. 

A la premiere mani^re de voir se rapporlent les id^es de 
Green (1). 

On pent mettre dans un rang interm6diaire les specu- 
lations math^matiques de G.-H. Darwin sur la distorsion 
de la surface d*un globe inacheve, par rallraclion des 
satellites de ce globe. 

A la seconde mani^re, enfin, appartienuent les vnes de 
Briick (2) el une th^orie que j'ai moi-m£me r^emment 
presentee [Z). 



(4) Ouvrage cite. 

(2; £Uctricife ou magnetistno du globe, Bruxelles, 485i. 
(3) £lude 9ur Ic syttime des forces du monde physique, Mbm. 
DB l'Acad., t. XLVIII. 



p j%iiyj u ' ■ ^ 



(2U ) 

On Yoil par 1^ qu'en fait, la question est pos^e, sa 
solutioD teniae de plusieurs mani^res, et qu'il y a moins, 
pour ie moment, a cbercher une th^orie nouvelle qu'a 
discuier tout d'abord la validity de plusieurs qui existent 
d^ji. 

Je ne me propose nullement de d^velopper ici une 
discussion qui constituerait un travail ^tendu. Je l^cherai 
seulement, pour fixer les id^es, de signaler on quelques 
mots la mesure dans laquelle, plae£ k ces diff^rents points 
de vue, on a pu rendre compte des grands trails du relief 
de la Terre. 

La distribution syst^matique de ces grands trails (predo- 
minance des cootinenlsdans un hemisphere [rh^niisph^re 
nord]; souievemenls m^ridiens ^ angles droits; courbure 
des souievements, m^ridiens en forme d'S; crates paral- 
leles de souievement des regions moyennes) a eie, k ma 
coDoaissance, definie pour la premiere fois d'une maniere 
netle par Bruck (1). Celle id^e systematiquequi tui appar- 
tient a d*ailleurs eu des veriQcalions. Des 1879, on voil 
G. Darwin (2) observer sur la carle de Mars de Schiaparelli 
que Forienlation des lignes (de souievement) sur les deux 
hemispheres n*est pas un trail particulier k la Terre. Les 
observations presentees, dans une note interessante et 
remarquee de M. Prinz (3) sur les configurations systema- 
tiques d*aulres disques planeiaires, sont, en fail, et sans 
vouloir en rien diminuer par 1^ la valeur des belles 
rcmarques propres k Tauteur, un renouvellement de celle 
lot de Briick sur de uouveaux cas. 



(i) Loc. cit., pp 107 ct suiv. 
(S) Problems connected, etc., p. 590. 

(3) Sur la timHilude des cartes tcrrestre et planilaires, Annuaire 
Obs. royal, 4891. 



( 212 ) 

Or, de ces traits syst^matiques du relief terrestre, les 
vues de Green, fondles sur le reiroidissemenl el sar una 
torsion effective du globe tout entier, n*ex|)liquenl presque 
rien. Elles n*expliquent ni la predominance des continents 
dans rh^misph^re nord, ni la distribution des soul&vements 
par m^ridiens k angles droits, ni les crates parallSles. 
Mais ce qui est plus grave et dispense de toutes les autres 
raisons, c'est que son id^e fondamentale, ^ savoir la repre- 
sentation t^tra^drique du sysiSme du relief du globe, ou 
encore la division de la Terrc par Irois m^ridiens ^qui- 
distantSy est en contradiction absolue avec les fails. On 
n'a, pour s*en assurer, qu'i consulter la carte n"* 3 
(Vestiges^ etc., pi. I) qui, d'apr^s I'auteur lui-m£me, devrail 
avoir TAsie-Auslralie dans sa partie centrale, el qui n*en 
contient qu*une minime partie dans sa partie occidentale, 
alors que tout le reste tombe en plein oc^an. Green a 
d'ailleurs parfaitement senti ce point faibte et qui saule 
aux yeux; mais le fail est plus fort que raccommodalion 
qu*il propose : elle consiste k dire que le relief ne doit pas 
necessairement s*entendre de ce qui seul Emerge au-dessiis 
de la surface des eaux. Cette discordance dans un point si 
fondamenlal n'esl pas seulement une imperfection, elle 
mine enli^rement lout le syst^me. On ne pent rien trouver 
de plus d^monstratif que les cartes de Green pour prouver 
le contraire de toute sa these, i savoir la construction du 
relief par irois fuseaux ^gaux, el pour d^montrer du m£me 
coup Texactitude de la division rectangulaire de Briick, 
avec risthine de Panama el le d^troit de la Sonde, centres 
des S, 2i 180^ Tun de Tautre, et TarSte dorsale europo- 
africaine k 90^ du plan m^ridien de ces deux points. 

L'^tude des marees solides a conduit G. Darwin k 
admellre que des rides dirigees vers le N.-C. dans rb^mi- 



(213; 

spMre DOrdy vers le N.-O. dans rh^misphire sud, pouvaient 
vraisemblablement r^suUer de Taclion de la Lune sur la 
Terre. II remarque n^Dmoins que I'exemple de Mars est 
eo qoelque sorle regreltablement trop beau (« almosl too 
favorable »), la tbeorie s'appliquaot mal, en r£alit6, h ce 
eas en apparence si d^rooDslralif. D'aiileurs, ce ne sonl Ik 
que des vues fugitives et incompletes ; rien, dans ces idc^es^ 
n*expliqae ni ia predominance du relief sur un hemisphere, 
Di la distribution systematique des meridiens continen- 
taux, DI les cretes paralieies. 

On est oblige de reconnattre, d'apres tout cela, que les 
conceptions qui attribuent la formation du relief k des 
deformations roecaniques affectant le globe tout entier, 
d^ailleurs suppose dans un eiat general de fusion ou de 
plasticite, ont jusqulci echoue dans Texplication de la dis- 
tribution systematique des traits geometriques generaux de 
ce relief. 

Tontes les probabilites se portent done sur le point de 
vue restant. celui oh le relief, considere comme un pheno- 
mene beaucoup plus deiicat, simple plissement de la 
surface dA k Taction de forces superficielles (c*e$t-i-dirc 
residant dans la seule ecorce), d*ordre tout k fait inferieur 
|iar rapport a la formation de la Terre proprement diie, 
aurait suivi retablissement de celle-ci comme spheroidc 
equilibre. lei doivent intervenir des forces internes plus 
deiicates aussi que la seule attraction (dont Petude, dans 
tout ce qu'elle a d^esscntiel, semble d'ailleurs avoir ete en 
quelque sorte epuisee). II ne pent etre ici question de 
developper un ordre entier de deductions. II est seulemcnt 
dans Tordre du sujet de constater, comme point de fait, 
que dans ce dernier point de vue tou$ las traits signaies 
se presentent effectivement comme des consequences 

3^ StelB, TOMB XXV. 15 




( 214 ) 

malh^maliqiies des mouvemenls aslronomiques de la 
Terre, de son magn^lisine el du rayonnemeot Electro- 
magn^tique du Soleil. Le relief dessine alors eo quelque 
sorie k la surface les lignes d*achon maximum d'une 
organisation dynamique interne, fonetion math^matique 
des mouvements astronomiques du globe consid^r^ (1). 

Nous r^sumerons le coup d'oeil qui vient d*dlre jet^ sur 
r^tal acluel de la question en constatani : V que des 
traits g^n^raux de la surface des globes, r^v^lant des lois 
g^oni^triques, onl, d^s k present etdepuis Irop longtem|)s, 
atiir6 de toutes parts Tattention, pour qu*il soil possible 
de nier ici la reality d'une cause gdn^rale et syst^matique; 
2"* que toute th^orie d'astronomie physique (ou de physique 
du globe, cc qui est Equivalent) est d'abord tenue k 
IVxplication des relations g^om^triques si g^n^rales que 
ces faits d^Knissent; S"" que, sur ce terrain, les essais de 
la seule combinaison de Tattraction, du refroidi&sement et 
de la rotation, ont jusqu'ici EchouE; A^ que tout enseigne 
par consequent k chercher Texplicalion dans d*autres 
actions modificatrices (de rayonncment) qui s*exercenl 
alors que les globes onl acquis leurs translations et rota- 
tions definitives, et non dans des deformations ayant 
accompagne la formation premiere des globes sphero'idaux 
eux-m^mes. II va sans dire que, dans les effets de ce& 



(4) La dissymdtrie entre les deux hemispheres resulte dc T^iemeat 
astroDomiquc qui seul elablit une inegalite dans Taction du Soleil sur 
les deux hemispheres, savoir rexcentricite de Torbite combineo avec 
robliquile de recliptique. II est remarquable, d*aceord avee celte 
deduction, que, d'apres un travail rdcent de notre savant confrere, 
M. Terby, il y alt plutot symetrie entre les deux hemispheres de 
Jupiter, pour lequel aussi I'equateur est presque dans Forbite. 



( 215 ) 

actions niodificatrices, les lois de la r^sislance et de la 
pressioD donneront lieu k dc nouveaux fails de dislribu- 
lion, phis d^licals et qui leur sont propres; mais ii est ici 
esseDtiellemeni question de ia cause initiate de la distri- 
bution syst^matique des points et des lignes de pression 
eux-m^mes. 

II est int^ressant d'observer quVn cela on respecte 
I'ordre de grandeur du fait i expliquer, car il ne consiste 
r^llemenl qu*en un Irissonnement presque imperceptible 
de la surface modifi^e ; qu'en outre, on continue cet ordre 
aalurel de la recherche astronomique qui tend ^ faire de 
raslronomie physique un chapilre de la m^canique celeste 
et i approfondir avec la mSme nettet^ que Tattraction, 
principe et agent conservateur des njouvements des globes, 
d*autres forces dont les lois ^l^mentaires sont aujourd*hui 
coonoes; d'une maniire tout aussi g^ometrique, elles font 
de cbaque globe pris en lui-mdme une unit£ mathemati- 
quement orgauis^e. 

Je suis bien ^loign^ n^anmoins d*oublier que cbacun 
des points de vue signales correspond k une possibility 
mdcanique, et peut» d^ lors, contenir une part de v^rit^ 
el irouver une application partielle. Mais en tout ^tat de 
cause, c*est d6ji beaucoup dans P^tat d'une question toute 
neuve et tr6s complexe que de pouvoir classer, d'une 
maniere nette, les bypothtees et leur attribuer un poids. 

La seule coinparaison jette de la lumiire sur les objets; 
on ne les voit pas si bien, pris isol^ment. 

J*ai appel^ rattention sur celui qui me paralt le plus 
clairement indiqu^ et d^lini, el, par consequent, dans un 
sens, le plus facile i aborder. » 



( 216 ) 



c il me reste bien peu de chose Ji dire aprte le rapport 
si complet du savant premier commissaire; on oe saurait 
analyser mieux, ni d'une fafon plus bienveillanle, un 
ensemble d'hypothtees au milieu desquelles Tauteur laisse 
enlrevoir ^ el Ik des connaissances assez varices, mais qui 
viennent so henrler souvent, presque sans preuves k 
Tappuiy centre les denudes scientiiiques les mieux ^tablies; 
je fais surlout allusion ici au but que poursuil Tauteur, 
comme il Tannonce iui-m£me au commencement de son 
travail, el qui, dit-il, est de r&oudre par les donnas de la 
physiologic les probldmes astronomiques qui n'ont &i6 
jusqu'ici abord^s que par les malh^maliques. En admel- 
tant que toules les vues de Tauleur fussent dignes d'atlen- 
tion, que sa redaction ne laiss&t rien k d^sirer, TAcad^mie 
ne pourrait, a mon avis, prendre ce m^moire en considera- 
tion, puisque M. Van Cleemput ne le donne que comme le 
prodrome d*un grand ouvrage qui conliendra tons les 
d^veloppemenls k Tappui de ses id^es; dans cette hypo* 
th^se, il raudrailattendre la presentation de eel ensemble, 
avec les preuves k Tappui, pour emeltre un avis. A plus 
forte raison done, dans les circonslances acluelles, je ne 
puis que me rallier aux conclusions si clairement ^nonc^es 
par M. Lagrange. > 

La Classe vole le d^pftt aux archives du travail de 
M. Van Cleemput. 



(217) 



S^ir rinfluence du froUemenl inUrieur dans les mouve' 
menu periodiques d'un systeme; par M. Ronkar. 

€ I. U. Ronkar rappelle que, dans un travail ante- 
riear f ), il a d^Gni le froltement par Taction de forces 
s'exer^nl k distance entre les points materials, et dont 
cbaqoe composante, relative i deux points, est la somme 
de trois lermes proportionnels aux vitesses relatives de 
ces points suivant les trois dimensions. II se demande si, 
en parianl de celte conception, on pent se mettre d'accord 
avec la notion immediate du froltement de surface, soit 
des liquides, soit des solides f *}. 

II. Si Ton adopte pour valeurs des coefficients aJSy, qui 
iolerviennent dans la force ^l^raentaire de froltement, les 
coelBcients angulaires qui d^fmissent les composants de la 
force ^lastique dans la th^orie math^maiique de T^lasti- 
cit^, les deux expressions (celle du froltement, celle de 
r^lasticit^) soot identiques, k la condition de remplacer les 
d^placi'ments relatifs des points par les vitesses relatives 



(*) Mim, eaur. ei m4m, $av, itr. Acad, roy. Bel, t. LI, 1888. 

(*') Cest, je crois, ce qui resume clairement la redaction assez 
embrouili^ de l*auteur, abstractioQ faite, en outre, de certaines 
rcstrielions tr^ peu definies, relatives k la Constance des coefficients 
de proportionnalit6 a^y dans les expressions (1) des forces el^men- 
Uires de frottement. Si ces coefficients eux-m^mes sont des fonctions 
des vitesses des points, la loi de frottement pent 6tre telle que Ton 
Toudra. On voit un exemple de eette latitude d'interpr^tation dans 
rinterpr^tation qui est donn^e plus loin (p. 7 du m^moire) de 
IHnd^ndanee enire Ic frottement des solides et la vitesse. 



^ 



( 2<8 ) 

de ces points. On n*a done alors, pour obtenir les formules 
relatives au frottemeot, qu'i^ copier celles de T^lasticit^ 
en y rempla^ant les d^placements par les vitesses, cVst- 
i-dire [i raison de la nature de ces formules) les d^rivees 
des d^placements (par rapport aux coordonn^s) par les 
d^riv^s des vitesses. On obtienl ainsi, en fonclion de ces 
d^riv^es, les composanles normales et tangentielles du 
froitement pour les Taces du parall^lipip^de ^lementaire 
d*un milieu fluide; c'esl-i-dire que Ton pent reproduire les 
composantes auxquelles conduit la consideration directe 
du frottement de surface, froitement proportionnel par un 
coeflBcienl k la difference des vitesses des tranches fluides 
en contact. Gette derni^re id^e est, en effel, idenlique en 
principe k celle de la loi d'action de deux points, qui sert 
de point de depart k Tauteur. 

Mais pour traiter rationnellement cette partie de son 
travail Tauteur aurait dA : 1^ ^noncer la loi ^l^menlairc 
de la force de frottement de deux points, ind^pendamment 
des composantes; 2* calculer ces composantes; 3" donner, 
ce qu'il ne fait pas, les expressions explicites des coeffi- 
cients dans rint^ration qui fait connattre les composantes 
du frottement sur un ^l^ment de surface, et discuter, sur 
des cas parliculiers de frottement, la convenance de ces 
expressions, d*une mani^re analogue k celle dont Lam^, 
dans sa tb^orie de I'^laslicit^, discule la convenance 
de ses coefficients sur des cas particuliers d*eiasticit& II 
ne suffit pas de repr^enter les coefficients, qui sont des 
int^grales d^Bnies, par des lettres; il faut encore discuter 
et interpreter leur construction, et voir si elle est d*accord 
avec la r^alite physique. 

III. L'auteur s*etait propose de demonlrer que les 
expressions du frottement deduites de Tid^e d*actions k 



( 219 ) 

dislaoce, fonctions des vitesses relatives suivanl la fortiie 
assigD^ (p. 1 du m^moire), rendent compte du froUemenl 
-taot des liquides sur les liquides que des liquides sar les 
solides. II fait done nne application des formules generates 
qu*il vieDt d*6crire ; d*abord, aii cas de lames fluides hori- 
zonlales paralleles aai xy, qui glissent les unes sur les 
aolres dans le sens de x; puis, en remplacanl une diffe- 
rence infiniment petite par une difference finie, au 
frotteroent d^une semblable couche liquide sur unecouche 
solide. II trouve ce frottement proportionnel k la vitesse 
relative des couches. IMais ces exemples sont tellement 
simples, qu*ils ne n^ssitent en rien r^tablissemenl des 
forroules g^n^rales, et leur interpretation est tellement 
evidente d'avance, dte qu'on a suppose le frottement 
il^roentaire proportionnel a la vitesse relative des parti- 
cales, qu'on peut considerer comme une faute de les 
d^montrer en ^crivanl pour cela tout un m^moire. 

IV. L*auteur cherche enfin k d^montrer que ses for- 
moles s'appliqnent mSme au frottement des solides sur les 
solides; mais ici il abandonne et ne cherche mSme plus k 
transformer les expressions g^n^rales qu'il vientd'^tablir. 
Pour expliquer que le frottement dont il est question est 
indf^pendant de la vitesse, il fait usage de la latitude, qu*il 
s*est accord^e en commeuQanl, de faire du coefficient qui 
multiplie la vitesse dans Tespression du frottement, non 
pins une constante (comme ci-dessus), mais une fonction 
de la vitesse m^me. En le prenant done inverse de la 
vitesse, il introduit celle-ci en num^rateur et en denomi- 
nateur daus Texpression du frottement, et par \k il fait 
disparallre cette vitesse. Mais ce proc^d^ est arbilraire et 
n*a ^videmment aucune valeur th^orique. Si, dans Tex- 
pression generate de la force ^l^mentaire, on peut faire k 



n 



(220 ) 

volont^ les param^lres, ou constants, ou telles fonctions 
variables que Ton voudra, suivanl les cas, il n'est pas de 
fait avec lequei on ne puisse mettre d'accord ces formules ; 
c*est \ii une adaptation et non une iheoric. 

V. Je pense, en r^sum6, que le travail de M. Ronkar 
n*aurait d*int^r6t et de portee r^els que si, comme il a 
il^ji el^ dit, Tauteur, partant d*une loi ^l^mentaire de la 
force de frottement entre deux points, en deduisait les 
composantes, montrait les consequences theoriques d*ac- 
cord avec les lois du frottement des liquides et des solides, 
donnait explicitement les coefficients introduits par Tint^- 
gration, et les discutait sur des cas particuliers. Get acrord 
de la tb^orie el de Tobservation ^tait le but du mernoire; 
dans IVtat actuel, pour les raisons qui ont ^t^ indi((uees, 
on ne saurail consid^rer ce but comme r^alis^ d*une 
mani^re salisfaisante. 

J*ai done Tbonneur de proposer k la Classe de prier 
Tauteur de remanier son travail dans le sens que je viens 
de d^Giiir. » 

M. De Tilly, second commissaire, se rallie aux observa- 
tions contenues dans le rapport precedent et k la propo- 
sition que fail, en terminant, son savant confrere. Celle-ci 
est adopi^e par la Classe. 



Sur la digesiioH des CcpJenteres; par M. Marcellin 

Chapeaux. 



€ Dans la note qu'il pr^sente k la Classe, Tauteur rend 
compte des observations qu*il a faites pendant son s^jour 
au laboraloire Arago, k Banyuls-sur-Mer, sur la digestion 



r^ 



(22< ) 

ches qaelques Ccelenl^rdSy Siphonophores el Actiniaires. il 
indioe k penser que la digeslion serait exclusivemeiit 
iotracellolaire chez les premiers, en parlie exlracellulaire 
chez les derniers. M. Willem a d£j^ d^montr^, d'accord en 
cela avec d'aatres observaleurs, que les Glamenls m^seo- 
t^iqaes sont des organes 8^cr^leurs. M. Chapeanx arrive k 
la mdme cooclusion. Les Actinies produiraient des fer- 
ments capables de transformer Tamidon en glycose; mais 
elles ne dig^reraient ni la cellulose ni la chlorophylle. Les 
fenneDls contenus dans les cellules endodermiques ^mul- 
sionneraienl les graisses et, en outre^seraient capables de 
les d^doubler. 

Lexpos^ fait par M. Chapeaux des resultats de ses 
recherches est extrSraeinent sommaire; il precede par 
affirmations, au lieu de relater des experiences; aussi 
D*est-il pas facile de se rendre comple de ce qu*il peut y 
avoir de personnel et d'original dans les Etudes de Tauteur. 
II est vrai que la communication n*est qu'un prelude k un 
travail plus 6tcndu que Tauteur se propose de publier 
olt^rieuremeut. 

Je propose k la Classe d'ins^rer dans le Bulletin la 
notice de H. Chapeaux. > 

c Je partage entiiremenl Tavis de mon savant confrere, 
M. Cd. Van Beneden. 

La notice de M. Chapeaux est int^ressante, et je propose 
k la Classe Tinsertion de cette notice dans le Bulletin de 
la stance. > 

Ceite proposition est adoptee par la Classe. 



( 222 ) 



Contribution a V etude de razote; par M. A. PetermaoD. 

« A la saile des experiences faites, Taon^e derDiere, k 
la slalion agronomique de Gembloux, M. Pelerniano adoieC 
que le sol du ne fixe point Tazole libre, que Torge ne le 
fixe pas non plus, niais que les Algues qui recouvrenl la 
surface des sols bumides possedenl cetle propriel^. L'azole 
libre de Talmosph^re n'intervienl done pas dans la nulri- 
tion v^g^lale des planles sup^rieures. 

Ce sont 1^ des r^suilats oblenus par les belles recberches 
de MM. Scbloesing fils et Laurent. Ajoutons que ces deux 
exp^rimenlaleurs out v^rifi^ leurs r^sultals par une troi* 
siSme s^rie d*experiences failes Tan dernier, el que la 
question de la fixation de Tazote par certaines algues a ^16 
eiucid^e par eux d'une fa^on definitive. 

Toulefois, il est bon que des d^couvertes aussi impor- 
tantes soient verifi^es par des observateurs diff^rents. 

Nous avons Tbonneur de proposer k la Classe de voter 
des remerciements k M. Petermann et d'ins^rer son 
travail dans le Bulletin, i 



c Incompetent en matidre de physiologie v^getale, je 
n'ai pu appr^cier le travail de M. Petermann que du point 
de vue des operations chimiques executees en vue de 
verifier si Tazote de Tair est fixe par les plantes superienres 
ou par les vegetations cryptogamiques. 



( 223 ) 

Le travail de Tauteur me paratt bien codqu et bieo 
exhale; je n'h^sile done pas k me rallier aux conclusions 
de men sa van I confrere, M. C. Malaise. Je pense, comme lui, 
que la planche annex^e par M. Petermann k son travail, 
D*e8t pas indispensable k Tintelligenee du texte; elle pour- 
rait £tre supprim^. » 



c Je roe rallie aux conclusions de mes savants confreres. 
Quant k la planche, sll n'est pas absolument n^cessaire de 
la pablier, il est cependant fort utile de le faire, mais on 
pent en r^duire le format. > 

La Classe decide Timpression au Bulletin de la note de 
M. Petermann. 



Sur les imaginaires en geometrie; par CI. Servais, 
professeur k TUniversit^ de Gand. 

« Longtemps la geometrie analjtique eut^sur la g^om^- 
trie sjnlhetique, Tavanlage de pouvoir consid^rer les ^1^- 
ments gtom^triques daus toute leur g^n^ralit^, c'est-i-dire 
de permettre la demonstration de propri^t6s g^om^triques 
alors mdme que certains ^l^ments cessent d'avoir une 
existence r^elle. 

Poncelet essaya, le premier, d'afTranchir la g^om^trie 



( 224 ) 

(le ces entraves, mais ses eonceptions ne sent applicaUes 
que (laos les cas ou leg ^l^meots imaginaires apparaisseal 
par couples. 

Von Siaudt est all^ plus loio, et il est parvenu k une 
repr&entalioQ purement g^m^trique des Elements imagi- 
naires isol^>8. 

M. Servais s*est propose, en adoplant les definitions du 
g^ometre allemand, d'effectuer les constructions dans 
lesquelles entrent de pareils elements, et de d^montrer les 
th^remes oA ils figurent. 

Get essai n'est pas le premier tent6 dans celte direc- 
tion. 

Sans parler de nombreux m6rooires oil les g^om^lres 
ont fait voir que la consideration d'ei^ments imaginaires 
n'empdcbait point* Texistence de propri^t^s demonlr^es 
pour des elements r^els, nous pourrons signaler d'interes- 
sanls travaux de M. Tarry consacr4s k T^tude de questions 
analogues. 

M. Tarry part d*une representation g^ometrique, tout 
k fait differente, des elements imaginaires, et beaucoup 
moins en harmonic que celle de von Siaudt avec les 
mei bodes acluelles de la geomeirie de position ; mais il me 
parattrait injuste de ne pas menlionner ses recherches en 
faisant I'analyse de memoire de M. Servais (1). 

L'etendue du travail de notre honorable collegue de 
Gand ne nous permet point d'en faire une etude compie- 
tement detailiee; une pareille analyse depasserait les 



(i) Los travaux de M. Tarry ont die publics dans les divers 
comptes rendus des congris de rAssocialion fran^aise pour Tavance- 
ment des sciences. 



r 



( 225 ) 

limiles ordiiiaires d'an rapport acad^miqae; nous nous 
ternerons k faire connatlre les grandes divisions de son 
m^moire. 

Nous pouvons observer d'abord que les recherches de 
U. Servais se diviseot en deux parties bien di^tioctes. 

Les sept premiers paragraphes se rapportent k la g^o- 
m^trie plane ; les suivants, & la g^om^trie de I'espace et k 
aoe ^tude des cubiques gauches. 

Dans le premier paragraphe, Tauteur rappelle la d^Hni- 
tioD dono^e par von Staudl des ^l^ments imaginaires iso- 
les, comroe points doubles d'une involution elliptique, 
caract^ris^s par le sens dans lequel on parcourt le su|)- 
port. 

Eo parliculier, il r^out le problime suivant : Consfruire 
une droite passant par deux points imaginaires non con^ 
juguis. La m^lhode employee, qui est fort simple, d^monlre 
rexistence d'un point r4el appartenant k cetle droite ima- 
gioaire, d^finie alors par un de ces deux rayons doubles 
d*one involution elliptique^ ayant ce point r^el comme 
centre (Cf. Tarry, Geometrie des figures imaginaires^ Con- 
grisde Toulouse, 1887). 

Les paragraphes II et III sont consacr^s i la definition 
des elements imaginaires correspondants dans les formes 
projectivesy et des elements imaginaires d'une section 
Gonique. 

Cette demidre consideration repose sur ce theorime 
connu : Detix faiseeaux projectifs \ etB engendrant une 
conique C«, marquent une invotution sur toute droite s 
passant par le pole de AB. 

Je ne rappelle pas la construction donn^e par Tauteur, 
des points d*intersec(ion d'une droite imaginaire passant 
par un point S, avec une conique. 



^ 



( 226 ) 

Dans le paragnphe suivani, Tauleur ^tudie TiDvolulioD 
siir uoe cooique comme cas parliculier des series projec- 
lives. 

II est facile de faire voir qu*^lant doBD^ deux qua- 
ternes x^x^x^x^, yiVsysVi' l<^ls que x„ y^ se correspondent 
dans rinvolution, les points doubles des involutions d^* 
nies par une division quelconque en deux couples se cor- 
respondant, des groupes X, Y, sont des point correspon- 
dants de Tinvolution d^finie de la maniire ordinaire. 

Cetle definition ^tant adoptee pour les couples d'^l^- 
ments r^els, il resle k Taire voir que si les groupes d66nis 
ont des elements imaginaires, ceux-ci se correspondent 
dans llnvolution, et jouent absolument le mdme rdle que 
des couples d'^l^nients r^els. 

Cest ce que fail M. Servais. 

Je dois renoncer k suivre Tauleur, pour ne point d^pas- 
ser les limiles que j'ai cru devoir m'assigner, dans les con- 
sequences qu'il deduil du ih^oreme principal et qui con- 
sistent k demontrer, dans loule leur g^neraliie, pour des 
elements reels ou imaginaires, les proprietes connues, de 
la represenlation d*une involution sur une conique. il me 
paralt egalement inutile d*analyser compietement le para- 
graphe suivant, relatif aux series projectives. 

Notre honorable collegue de Gand ayant ainsi etabli, 
pour des elements imaginaires, les proprietes connues 
des involutions et des homographies, et ayant, en mdme 
temps, fait connatlre les constructions des elements 
representatifscorrespondants, il lui est facile de faire voir 
que Ton retrouve pour les quadrilateres quelconques, k 
sommets reels ou imaginaires, les proprietes involutives 
connues; les theoremes de Desai^ues,' Lame, Sturm, sur 
les coniques, sont alors demontres dans tonte leur gene- 
raliie ainsi que les consequences qui en decoulent. 



( 227) 

Comme nous Tavons dil en commen^nly les derniers 
paragraphes sont consacr^s k T^tude des imaginaires dans 
I'espace. 

lei se pr^nte une conception noovelle, egalement 
inlrodoile par von Standi : ceile des droites imaginaires 
de seconde esptee. 

Si Doas imaginons denx byberboloides ayant deui gene- 
ratrices communes, appartenant k un mode, ces surfaces 
en ODt g^neralement deux autres, appartenant k Tautre 
mode. Si ces deux dernieres sont imaginaires, on dit 
qu*elles sont des droites imaginaires de seconde esp^ce, 
difliiraQt de celles que Too a rencontr^esen g^om^trie plane, 
en ce qu'elles ne contiennent aucun point r^el, et ne sup- 
portent aucun plan r^el. 

Au lieu de les definir par cette consideration, on pent 
aassi se servir, pour les introduire, du syst^me involutif 
gaoche {geschaari-involutionischer System). Cest cette der- 
niere definition qu'adopte M. Servais, avec raison, puis- 
qM*elle etabiit le paralieiisme entre la conception relative 
aux elements imaginaires deiinis dans le plan reel, et ceux 
qui sont definis dans Tespace. 

Nous avons analyse jusqu*ici la partie du memoire de 
M. Servais oili il etablit, en quelque fa^on, la theorie gene- 
rale des elements imaginaires. 

A la suite de ces paragraphes, vient une etude des ele- 
ments imaginaires dans les cubiques gauches, oik Tauteur 
met k profit les resultats obtenus dans la premiere partie. 

M. Servais reprend une k une les proprietes connues de 
ia cubique gaucbe, etdemontre qu'elles subsistent lorsque 
ies elements cessent d'etre reels. Cette etude est Tort com- 
plete et parfaitement conduite. 




( M8 ) 

Analyser cette partie me semble inutile : lesgtemitres 
pr^fereront lire le travail m^roe de rauleur(l). 

En r^umdy le m^moire qui nous est soumis par Phono- 
rable professeur de Gand me parall une contributioo 
importanle k la ih^orie des ^l^ments imaginaires en g6o- 
m^trie; il a fait une £tude complete de ces ^l^ments, men- 
tr^ leur emploi, £(abli les constructions que leur conside- 
ration n^cessite. Les demonstrations sont gen^ralement 
simples. Je suis persuade que les geometresraccueilleront 
favorablement. Je verrais cependant avec plaisir M. Servais 
signaler les auteurs des propri^les qu*il d^montre dans 
toute leur generality; on se rendrait roieux compie de la 
part qui lui revient, ji juste ticre,dans cette etude. L'indi- 
calion des sources me semble, dans tons les cas, un 
devoir de justice k regard de nos devanciers, mdme lorqu'il 
s*agit, comme c'est le cas ici, de proprietes generalement 
bien connucs. Aussi je propose k la Classe d'ordonner 
rimpression du travail de H. Servais dans le recueil des 
Memoires in- 8% ainsi que des planches, pen nombreuses, 
qui Taccompagnent. Je demanderai egalement k la Classe 
d'adresser des remerciements k Tauteur. > 



« L'analyse si lucide que mon savant confrere vient dc 
presenter du memoire de H. Servais, me dispense de 
reprendre Texamen de ce travail pour en faire ressortir la 



(I) M. Senrais appelle s^cantes et demi-secantes d^une cubique les 
droites appelees ordiaairement bisecaotes et s^ntes. 



( 229 ) 

▼aieor el rimportaoce. Je me borne done k appuyer les 
coDclosioos du premier Rapporteur. 

Je ai*associe egalemenl aux desiderata qu'il a formuli^s. 
L'amear pourrait ajouter k son M^moire quelques noles 
bibliograpbiques. La lh6orie des ^l^menls g^om^triques 
imagioaires a ti& expos^e, par von Slaudt, dans les 
Beiirdge (1856-1860) ; apr&s avoir pass4 presque inaper^ne, 
eile a 6l& reprise, d^velopp^e e( ^lucid^e par August 
(Programm der Friedrichsrealschule zu Berlin y 1872), 
Slolz {Mathematische Annalen, t. IV), Liirolh {Ibid,^ 
L VIII), et pent-£lre par d'aulres. La th^orie des cubiques 
gaacbes ne date pas de si loin pour qu'il n*y ait pas lieu de 
mentionDer les auteurs des propositions que M. Servais a 
^tendoes aox ^l^ments imaginaires. Ces indications histo- 
riqoes ne pourraient qu*augmenter Tint^r^t du M^moire 
de noire bonorable collogue. 

On sail que von Slaudl s'^lait propose d'affranchir la 
g^m^trie de position de toule id^e de nombre. Sa repre- 
sentation des eiiiments imaginaires n*emploie pas non plus 
les symboles alg^briqnes. Ce n'est pas ici Ic lieu d'appr^- 
der ces tendances, et je ne demanderai pas non plus k 
II. Servais de faire Texamen critique et compart des 
diflerentes mt^tbodes propos^es par von Staudt, Poncelet, 
Chasles, Laguerre, Tarry, Mouchot et d'autres, pour Tintro- 
ductioD des elements g^om^triques imaginaires. Cependant, 
UD court expose de ces methodes ne serait pas d^plac^ 
dans une introduction au M^moire de M. Servais. > 

La Classe vote des remerciements i Fauteur et decide 
rimpressioD de son travail dansle recueil desMemoires. 



3** StelB, TOMB xxv. 16 



r- 



( 230 ) 



Ltiner fades poils; par A. Van Gehuchten, professeur 
d*ana(omie k TUniversit^ de Loiivain. 

€ Le travail sotimis k Papprecialion de la Classe est, 
dans Tune dc si's parlies, le d^veloppemen t d*uoe commu- 
nication pr^liminaire publi^e dans VAnatomischer Anzei^ 
ger.en mai 1892. 

Au Congr^s des analomistes, r^uni k Vienne Tan der- 
nier, U. Van Gehuchten a fait unc demonstration relative 
au m£me sujet : Tinnervation des folliciiles pileux. Appli- 
quant a T^lude de la terminaison des nerfs dans les poiis 
ordinaires (Schwellkorperlose Haarbdiget de Bonnet), la 
m^tbode rapide de Golgi, Tauteur a trouv^ dans les folli- 
cnles des souris blanches et des rats nouveau-n^, one 
disposition tr^s ^l^gante, entrevue deja par d*autres obser- 
vateurs, notamment par Bonnet, mais qu*il importait de 
viriKer et de contrdler par une m^lbode differente de celle 
k laquelle on a eu recours jusqu'ici. 

Le chloriire d*or et I'acide osmique ont ^t^ presque 
exclusivemenl employes dans T^lude des terminaisons ner- 
veiises.Ces r^actifs, quel que soil d*ailleurs leur m^rite, oot 
donn^, dans biendes cas, des r^sultals douteux,et Ton ne 
peut que feliciler M. Van Gehuchten d*avoir Gxe et ^tendu 
nos connaissances dans la question delicate des terminai- 
sons nerveuses cutan^es, en recourant k la pr^ieuse 
milhode de Golgi. 

II a montr6 que Tappareil nerveux terminal dans les 
follicules pileux des poils ordinaires, tant chez les souris 



( 23i ) 

Utnches que chez les rats blancs, est form^par un anoeau 
incomplely auquel aboutit d'ordinaire une fibre nerveuse 
ooiqae^ exceplionoelleinent deux ou trots fibres. De cet 
anneao, qui si^e au niveau de r^lranglement du follicule, 
an pen en de^ de Tembouchure des glandes s^bac^s, 
partenl de nooibreuses fibrilles parall^les k Taxe du folii- 
cale, la plupart ascendantes^ parfois aussi descendautes. 
Ces fibrilles, qui formeut autour du follicuie, avec Tauneau 
donl elies ^manenl, une veritable couronne, s'arr^tent 
apr6s un court trajet et se terminent, conform^ment aux 
obsenrations de Bonnet, dans I'^paisseur de la membrane 
filrfe. 

G. Retzius a repris, aprte M. Van Gehuchten, en se 
servant de la m^me methode, la question des terminaisons 
nerveuses dans les follicules pileux; il a obtenu, en ce qui 
concerne la souris et le rat, des preparations montrant les 
diverses particularity que le savant professeur de TUni- 
versit^ de Louvain avait fait connaitre. 

Deax observations cependant : tout d'abord les images 
oblenues par Retzius cbez d*autres roammifi^res et les r^suU 
tats signal6s par des observateurs ant^rieurs, d^montrent 
k r^vidence que la disposition signal^e chez le rat et la 
souris, n*est pas typique pour les mammir^res; Tappareil 
nerveux terminal des poils varie d'un animal h I'autre et 
peut-£tre m£me chez un m£me animal suivant les regions. 

D*autre part, il ne me paralt pas prouve que les fibrilles 
nerveuses ascendantes et descendautes se terminent r^elle- 
ment dans la membrane vitr^e. £tant donn^ ce que nous 
savons aujourd*hui des terminaisons nerveuses intra-^pi- 
dermiques et intra-epith£liales,il serait ^tonnant, a priori f 
que dans les follicules pileux les fibrilles nerveuses se 
lerminassent dans la gaine vitree et non dans la gaine 




( 232 ) 

^pith^liale. Au surplus, Relzius a vu, dans ud cas, cles 
fibrilles nerveuses, rendues apparentes par le d^pdl de 
Chromate d'argenl dans la gaine 6pilh^liale. On est en 
droit de se demander dte iors si les r^sullats n^atifo four- 
nis par la plupart des preparations ne doivent pas 6tre 
attribu^s k Tinsuffisance de la ro^lhode. A cdte d'incontes* 
tables avantages, le proc^d^ de Golgi pr^senle aussi des 
inconv^nienls : il ne fail pas appara!lre tons les ^l^menis 
nerveux et ne les rend pas toujours visibles dans loule 
leur ^tendue. 

Dans la seconde partie de son travail, M. Van Gebucb- 
ten rend comple des observations qu*il a faites sur Tinner- 
vation des follicules a sinus sanguins chez le rat et chez 
la souris blanche. Cbaque follicule re^it un nombre con- 
siderable de fibres nerveuses r^unies en un faisceau ; 
celui-ci s'^panouit dans T^paisseur de la couche conjonclive 
interne; on pent les poursuivre jusqu'au niveau du col, oik 
elles se terminent par des arborisations complexes. L'au- 
teur ne les a jamais vues pen^lrer dans la gaine epithelialc, 
mais se terminer sur la face externe de la membrane 
viirte. 

Rctzius, dans son recent m^moire, a d^ji d^crit des 
images tr6s semblables k celles qu'a obtenues M. Van 
Gehuchten. 

Je propose k la Classe de voter Timpression du travail 
de M. Van Gehuchten avec les planches qui Taccompagnent 
dans le recueil des Memoires in-8* de TAcademie. > 

La Classe adopte ces conclusions, auxquelles s*est rallie 
11. Van Bambeke, second commissaire. 



(253 ) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur la cause commune de la tension superficielle el de 
Evaporation des liquides; deuxieme commuDicalion 
pr^liminaire f), par G. Van der Mensbrugghe, membre 
de rAcad^mie. 

Dans ma premiere communication, j*ai allribu^ nelte- 
ment la tension superficielle et I'^vaporation des liquides k 
one seule et mfime cause; actuellement je puis faire 
conoattre deux consequences importantes de la th^orie 
que je propose : 

1. Soil un liquide k surface terminale plane, et 
Dommons K la force r^ultant de toutes les attractions 
muiuelles des molecules; c*est cette force R qui determine 
la cohesion du liquide et qui doit 6tre contre-balanc^e par 
one force repulsive ^gale et contraire, pour que T^quilibre 
ait lieu au Fein de la masse; mais, en vertu de I'^lasticit^ 
parfaite du liquide, cetle force repulsive se Iransmet dans 
la couche superficielle, ou les molecules subissent en tons 
sens des ^rts d*autant plus prononc^s qu'elles sont plus 
voisines de la surface : les hearts tangentiels donnent lieu 
i la tension, tandis que T^cartement des molecules dans 
le sens normal pent d^passer la limite de T^lasticit^, et 
dans ce cas il y a Evaporation. 



(*) Voir la premiere communication Bull, de I'Aead, roy, de 
BOgkfue, t. XXIV, p. »43, 1892. 



(234) 

Si la surface liquide est coocave, la tension supcr 
ficielle T qui y r^ne donne lieu k une traction 



(s-^s^) 



dirig^e vers Texl^riear (R et R' sont les rayons de courbure 
de Ja surface au point consid^r^); dte lors la force r^sul- 
tante qui produit la cohesion interieu re n*est plus K,comaie 
pour une surface plane, mais bien 



"-(54)= 



la repulsion correspondante, en se transmetiant k iravers 
la couchesuperticielle, y mainliendra une tension sensible- 
roent la m^me, tandis que la tendance a T^vaporalion sera 
moindre que dans le cas d'une surface plane; voili pour- 
quoi la vapeur du liquide consid^ri pourra se condenser 
sur une surface concave k une temperature ini^rieure k 
celle oA la condensation a lieu sur une surface plane. 

Enfln, si la surface est convexe, la force k laquelle est 
due la cohesion du liquide est 



"-(s^)' 



la repulsion qui fait ^quilibre k cette force tend, au 
contrairCy a augoaenter la vitesse de T^vaporation, d'autant 
plus sensiblement que la surface consid^r^e a une courbure 
plus prononc^e. 
Telle est,selon moi, la vraie explication du changement 



( 235 ) 

daos ia temp^ratare de condeosalion d'une vapeur suivant 
la ooarbore de la surface liquide. On sail que S. W. Thoin- 
soo a signal^ le premier ce changemenl en 1871, en 
s'appoyaDt sur une condilion d*^iiilibre purement thto- 
riqae. 

II. En 1876, j'ai prouv^ par la Ihermodynamique, que 
toute production de surf;»ce Tralche d*un liquide donne lieu 
k UD changemenl de temperature elk un courant thermo- 
electrique. Soil une spherule liquide comme celles qui 
constituent les nuages; puisque la conche superQcielle est 
form^e de tranches od la distance in(ermol6culaire va 
constamment en croissant jusqu*i la surface libre, el que 
r^vaporalion provoquesans cesse le renouvellement de la 
surface, chaque spherule doit constituer un couple thermo- 
Electrique d*autant plus ^nergique que la goullelette est 
plus petite. D*apr^ cela, la vapeur qui s'^chappe de 
spherules assez petiles doit £tre ^lectris^e sensiblement, 
tandis que celle qui provient de grandes masses liquides 
peut ne pas f^lre assez pour dire accusde par des appareils 
approprids. 



bemonsiration d'un thioreme de M. Tchebychef ; 
par C. Le Paige, membre de rAcaddmie. 

Le th£or6me dont il s*agit est le suivant : 
Si ion dMgne par b tin nombre quelconque el par a tin 
nambre incommensurable, il esl toujours possible de deter' 
miner des nombres enliers ro e^ n tels que m — na — b 
soil aussi voisin de gfti'on le veuL 
Consid^rons la droite representee par 

y — ax — 6 ■= 0, 



( 236 ) 

rapporl^e k ud syst^me d*axes reciangulaires et trains, 
dans ie plan, deux sysiemes de droites paralldles aux axes» 
s^par^es par des inlervalies 6gaux k Tunitg. 

Nous appeloQS noeud un quelcooque des points d'inter- 
section de ces droites; les coordonn^es d'un noeud sont 
des nombres en tiers. 

La distance d*un noeud k la droite doon^e a, prise en 
valeur absolue, la grandeur 



yp — ^f 



l/T 



Deux noeuds, situ^s d'un mdme cdt^ de la droite, ne 
peuvent fitre ^galemeni distants de celle-ci, car on aurait : 



yj 



V/f 



et a serait commensurable. 
Si 



y^^ax^ — b 



ne pent approcher aulanl qu*oil Ie veut de z^ro, elle aura 
une valeur minima d, sup^rieure k z^ro. 

Soil C Ie noeud Ie plus rapproch^ de la droite, et sup- 
posons qu*il soif k droite de celle-ci. 

Nous pourrons tracer une seconde droite, parall^le k 
la premiere, et sym^trique k celle-ci par rapport k C. 
Sa distance k ce point aura, en valeur absolue, une gran- 
deur i. 



(S37) 
Alors, dans la bande consider^, il ne pourra se irouver 
aucun ooeud. 



^ 



Ed effet, soit OuQ pareil point, el 0' sod sym^trique 
par rapporl i C ; 0' sera ^galement dans la bande. 

Or, oe peul 6tre i une distance d de la droite; par 
bypolb^e, il n'est pas d line distance moindre ; el il ae 
petit Hre k uae distance sup^rieure, puisqae alors 0' seraii 
k une distance inf^rieure. 

Done il n'eiiste aocun nceud dans la bande. 
* Or, ceci est impossible, car si nous menODs par C une 
parall^le ans deux droites coDstruites, celte derni^re 
droite, rapport^ aus deux droites perpendiculaires pas- 
sant par C, aura pour ^nation 

y — ax '^O. 



a £unt incommensurable, peul toujours^lre d^fini comme 
limite du rapport -^ de deux nombres enliers. 
De 

flc— lim — t 



( 238 ) 
on dMoiC 

\\m{p — aqr) = 0. 

Par coDS^uenty la parall6le passe aussi pr^ qu'oD le 
veut d'uD Doeud, el comme elle ne sort pas de la baode 
coDsid^r6e» celle-ci cootient une infioil^ de noeads. 

Par suite, il est toujours possible de determiner deux 
nombres y,, x,, enliers, de telle sorte que 



y^ — ax,-6 



Vi -^a 



« 



<«, 



e etaut uue quantity positive aussi voisine de zero qu*on 
le veut. 



Une consequence du Probleme dee Partis; par E. Catalan. 

Une ancienne Note sur ce c^l^bre probleme, publi^e 
dans les Melanges matliematiques ('), contient la formule 

r(a+6) ^ ^' 
• n . 6—4 X X*-' 1 

dans laquelle a, 6 sont des nombres enliers. 



(A) 



(*; Tome I, p. 66. 

(*•) A Pendroit indiqu^, on a iroprtai6f par erreur, — 7" • 



( 259 ) 
Si Pod suppose 

X + y S3 c a= const, 

on a, en rempla^nl 



par 



r(a)r(fc) 
r(a+6) 

1.2.3...(tt— 1) 1 



6(6+1)... (a -♦-6— I) (a-^6 — 1)C^^,,^, 



a I a-Hi a-*-6 — I 

6 i 6-4-i aH-6— 1 ^ ' 

Le premier membre ne conlonant ni x ni y^ il en est 
de Di^me pour le second. De cetle remarque r6suUe un 
ih^r^me d'Algibre, ii peut prks Evident quand c = i : 

a, b elant des nombres eniiers, et i, y salisfaisanl a la 

condition 

X -4- 1/ ^« c «= const, 
la quantite 

a a-*-1 a-t-2 a + 6 — 1 

6 6-4-1 6-4-2 a-4-6— i 

e$t independonte de x el de y. 

J'ignore si celte proposition estconnue. De plus, elle ne 
me semble par s'^tendre, facile menty au cas de a, 6 non 
entiers. 




( 240 ) 



Sut*vie apris la division successive des deux vagues; 
par C. Yanlair, correspondanl de rAcad^mie. 

En raisoD de i'int^r£t extreme des ph^nomeDes qu*elle 
d^termioe, la section du pneumogastrique est devenue une 
operation classiqiie de laboratoire. Elle a servi d'abord it 
^tablir la distribution topograpbique des ramifications 
Ihoraciqiies et abdominales du nerf, laquelle ne saurait 
dtre que trSs imparfaitement fixee par la dissection la plus 
attentive. On I'a utilis^e ensuite pour I'^tude de plusieurs 
questions doclrinales de la plus haute importance, celles 
notamment qui ont trait au pouvoir inhibiteur des nerfs el 
^ leurs facult^s tropbiques. 

Tantdt on s'est content^ d*une section unilaterale; 
tantdt les deux pneumogastriques ont et6 diviste coup sur 
coup. Le lieu d'ilection est la partie moyenne du cordon 
cervical, vers le milieu du cou, entre remission du laryng^ 
sup^rieuret celle du recurrent. 

La premiere operation — la section unilaterale — 
permet g^n^ralement la survie de fanimal. Le plus sou- 
vent elle ne provoque que des vomissements et de I6gers 
troubles dyspn^iques qui ne tardent pas eux-ro£mes i se 
dissiper. La mort ne survient gu^re que chez Ics jeunes 
sujets, et encore assez rarement ; elle est occasionn^e alors 
par Taspbyxie r^ullant de la paralysie d*une moiti6 du 
larynx. 

Certains cas de mort chez les animaux adultes me 
paraissent trouver leur explication dans une disposition 
anatomique que j'ai rencontrte parfois chez le cfaien. 



^pr 



( 24i ) 

Aiors que, dans les conditions normales, les deux moiti^s 
<iu larjnx el de la trach^e re^oivent un ebiffre k pen pris 
^al de 6bres nerveusesy il arrive que le laryng^ inferieur 
gaoche, remarquablemenl volumineux^ traverse la ligne 
m^iane vers le milieu de la tracb^e et dessert presque d 
lui seol les deux cdl^s du larynx. De telle sorte que si la 
section vient i porter sur celui des deux vagues qui fournit 
ee recurrent, Top^ration devient presque aussi grave que 
si Ton procMait k une division bilat^rale. 

Si la niort e&t exceptionnelle apr^ la destruction d'tin 
pneumogastrique seulenoent, il n*en est plus de m£mc 
quand on pratique la division <fmti//afiee des c/etio; vagues. 
Jamais un mammif^re ne r^siste k cette operation. Les 
jeones animaux expirent imm^diatement apr^s la section. 
Cbez les adultes, le decte se fait attendre plus- longtero|»s. 
Pour le lapin ce d6lai d^passe rarement vingt-quatre beures. 
Le chien resiste davanlage : cbez lui, d'ordinaire, la vie ne 
s'^teint gudre avant quatre ou cinq jours; quelquefois 
cependant en a vu la survie se prolonger beaucoup au 
deli de ce terme. Le cas le plus remarquable que Ton ait 
observe est celui de it. Boddaert, oh I'animal — un cbien 
de 4 ans — n'a succomb^ qu*au bout de trois mots et 
six Jours. Dejkf cbez un cbien op^r^ par Bidder ^ le d^lai 
avail d^passe un mois et dix-huit jours, et, dans un cas de 
Sedilloi, la survie avail ^t^ de deux mois et demi. 

Cesl d'babitude une aspbyxie suraigue qui emporte les 
jeunes animaux. Mais cbez les sujets adultes le mecanisme 
de la morl est beaucoup plus complexe. Ici encore il se 
prodnil en premier lieu, corome effet immediat de la sec- 
lion^ une tendance k I'aspbyxie, une soif d'air intense 
r&ultant des troubles apportds k la pression sanguine et k 
ia fonclion respiratoire. Mais bientdt ces premiers acci- 



(242) 

dents s'aUenueot et raDiroal paralt vouloir se r^Ublir. 
Mais on voilsurvenir alors une bronckopneumonie g^n^ra- 
lemenl double et invariablement mortelle. Cette lesion — 
doni Valsalva et Morgagni avaient d^ji not^ Texistence — 
est consid^r^ par tons les physiologistes^depuis les travaax 
de Legallois, com me la cause essentiellc de la mort. Elle 
se coffiplique parfois, k vrai dire, d'une d^^n^rescence 
aigue dtt myocarde et d*une d^nutriiion g^n^rale; mais ces 
derni^res n'interviennenl qu*accessoirement dans Tissoe 
funeste de Top^ration. 

I^ pneumonie n*esl pas ici, comme on Ta cru longtemps 
elcomme le professent encore certains auteurs, le fait 
d'une destruction des fibres trophiques. On sait, en effel« 
par les recberches m^morables de Traube, que rinflamma- 
tion pulmonaire doit £tre attribute k la penetration dans 
les voies a^riennes de corps Strangers, surtout de parti- 
cules alimentaires venues des voies digestives. Cette intru- 
sion est principalement d^termin^e par la paralysie des 
muscles laryng^s internes qui, en supprimant I'occlusion 
de la glotte, rend possible le passage du corps Stranger 
dans les voies respiratoires. Mais il s'ajoute k Tinertie du 
larynx une anesth^sie et une akin^sie totales de Tappareil 
bronchique, et, subsidiaireroent, un relSichemenlderoeso* 
phage avec occlusion spasmodique du cardia. La trachte 
elle-m^oie subit une insensibilisation presque complete 
lorsque Tanastomose entre le laryng^ sup^rieur et le 
recurrent est peu d^velopp^e. Par le fait de ces multiples 
anesth^ies, la toux se trouve ^galement supprim^e, et 
Tanimal est mis bors d'etat de rejeter les particules ^Iran- 
gires qui se sont malencootreuseroent introduites dans ses 
voies respiratoires. 

On a demontr^ d*ailleurs exp^rimentalement Tinfluence 



r^ 



( 243) 

pripond^raDte exerc^e par la destractioD du r^urrentsur 
le d^veioppement de la lesion pulmonaire. Si chez le 
crapaud, par exemple, on vient Sn praliquer la section du 
vague au-^esMiu de remission des deux laryng^ ranimal 
peut se maintenir eo vie pendanl au moins plusieurs mois. 
D^aotre part, la destruction du recurrent chez le lapin 
saffil pour aroener la mort par pneumonic. Et si les 
oiseaux se monlrent relativement r^fractaires k la double 
▼agotomie, c*est que, chez eux» ainsi que Ta d^montr^ 
R. Baddaet% la section du nerf faite au milieu du cou 
porta sur un point situ£ au-dessous de T^mergence des 
branches laryng^s^ou plut6t des nerfs qni en liennent lieu. 

Toujours est-il que, jusqu'i present, on n*est jamais 
parvenu k conserver ind6finiment en vie ni un lapin ni un 
cbien op^res coup sur coup au lieu d'^lection. II est cepen- 
dant possible d'obtenir une r^elle survie apr^s cette opera- 
tion; mais il faut pour cela laisser s'^couler un certain 
detai entre la premiere et la seconde section. 

La duree de ce d^lai semble osciller dans des limites 
trte 6tendues, suivant I'esp&ce sur laquelle on exp^ri- 
mente. 

II est rait mention, dans Touvrage de Vulpian (1), d*une 
experience de Cruikihank^ oii Tanimal (un jeuoe mam- 
mifere) op^r^ par le chirurgien aurait surv^cu k la section 
du second pneumogastrique pratiqu^e troU semaines apr^s 
la division ilu premier. J'ai cherch^ en vain dans le texte 
original la relation d'un pareil cas. Dans la premiere des 
experiences rapport^es par Tauteur anglais, Tintervalle 
entre les deux sections a 6i& de dix jours, et le chien a 

(I) Lemons ntr la phynohgie ginirale et comparie du syslhne 
mervtux. Paris, 4866, p. 265. 



(iU ) 

succombe sept jours apr&s la seconde operation. Pour la 
seconds experience, celle sans doiite k laquelle Vuipian 
fait allusion, il s*est ^coul^ enlre les sections de droile el. 
de gauche un laps de irois seroaines (du 6 au 27 mars). 
L'animal vivait encore le 15 aoAt suivant, mais il a eii 
sacritie k cette derni^re date, c*est-i-dire dix-neuf jours 
apres la deuxieme section : lerme ^videmment insuffisant 
pour jnstifier raffirmalion d*une survie d^Gnilive. A la 
v^rit^, Cruikshank a cru pouvoir admettre la revivification 
du nerf, en se basant sur le fait que les deux bouts du 
pneumogastrique droit se trouvaient c solidement r^unis » 
par un tractus d'apparence k pen pr^s semblable k celle du 
nerf. Mais si n)£me Texamen microscopique — qui n'a pas 
^t^ fait — eAt d^montr^ la presence de fibres nerveuses 
dans le segment intercalaire, la conclusion de Cruikshank 
n*en edi pas moins ^te pr^matur^e, car c*est la r^innerva- 
tion non pas de ce segment, mais du bout p^riph^rique 
qui constitue la condition sine qua non de la restauration 
nerveuse. 

Un autre exemple de survie rapport^ par Haighton^ 
^galement consid^r^ comme authentique par Vuipian^ ne 
saurait non plus 6tre accept^ que sous les plus expresses 
reserves, lei Tintervalle entre les deux sections a ^t^ de 
six semaines^ et le chien a surv^cu dix^neuf mois, Au lK>ut 
de ce temps l'animal fut sacrifi^. Mais si Ton examine de 
prte les planches jointes au travail de Baighton^ on aura 
quelque peine k admettre que le pneumogastrique droit 
ait subi une division totale. Dans la figure repr^ntant ce 
dernier nerf, les deux bouts se trouvent imm^diatement 
juxtapose, alors que la retraction des segments — quand la 
solution de continuity est complete et que les bouts restent, 
comme ici, abandonn^s k eux-m^mes — produit toujours 



( 24S0 
no toiriement assez considerable. Oo ne constate en outre, 
au Diveau de la section du vague droit (le premier op^r^), 
aoeone apparence de renflement n^vromateui, lequel se 
rencontre toujours dans les divisions completes et persiste 
d*ordinaire pendant plusieurs ann^es. Cette objection est 
d^aalant plus dirimante que, sur le dessin du pneumogas- 
trique gauche, coup^ six semaines seulement apris le 
premier, on observe au point de section un n^vrome volu- 
rainenz. J'ajouterai que, sur les mSmes figures, les sections 
olt^rieures qui ont amen^ la morl de Tanimal appa- 
ratssent commedes divisions manifestement incompletes. 

Dans une double experience de Prevosty la regeneration 
do nerf chez de jeunes chats se serait accomplie au bout 
de quatre mois. Mais ce resultat n*est pas moins sujet i 
caution que celui de Cruikshank^ attendu que Tanimal a 
ete sacrifie qninze jours seulement ap^es la seconde 
section. 

Une observation irreprochable de Vulpian fixe i pres 
de quatre mots le deiai jninimum necessaire i la repro- 
duction du vague chez le chien. Pour le cochon d'Inde il se 
reduirait 4 qualre-vingts jours. Enfin, Phiiippeaux aurait 
realise la survie chez de jeunes rats albinos en operant les 
deux nerfs di un mots de distance. 

Voici, au surplus, le releve synoptique (1) des expe- 



(1) Ce tableau a ^t^ dresse en partie d'apres les mdmoires origi- 
naiui de Cruikshank et de Haighton, en partie d*apr^ les rcnsei- 
gnemcDts coasignds par Vulpian dans ses Legons sur la physiologic 
gM&aie si eomparSe du systhne nerveux, la note du mdme auteur sur 
le MMissenuni des fonttions des nerfs pneumogastriqucs aprhs la 
seeiioH de ces surfs^ et celie de Phiiippeaux publide dans les Bulletins 
de la Society de biologic, 

3^ s6bie, tome XXV. i7 



( 246 ) 

riences faiies par ces divers auteurs avec i'indication de 
leurs r^saltats : 



NOM 

de 
ll'exp^imenUtear. 



o 



e 



GEMRB 

d'aniinal. 



INTERVALLE 

entre 

les 2 sections. 



DUK^E DE LA SURVIB. 



Cruikshank 



HaightoQ. 



Descoi 



Prtvost 



Vulpian 



i 

i 

3 
1 

3 
1-2 

3-4 



Pfailippeaux. 



2 

3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 



Ghien. 
Chiens. 

Chien. 
Cbiens. 

Chien. 
Cbiens. 

Chats 
novTeAo-n^. 

Chats 
tres jeanes. 

Chien. 
Chiens. 



Jcane rat 
albinos. 

Jeunes rats 
albinos. 



iO jam's. 
21 - 

3 — 
9 — 

6 semaines. 

9 jours 
21 — 
32 — 

qoelqnes joars. 

4 mois. 

5 mois 
et 10 jours. 

3 mois 
et 3 semaines. 

30 jours. 

31 - 



Hort 1 joan apres la seetioQ da seetod nerf. 

Sa«rifi<8 19 jours — — 

Mort 1 joor — — 

Morti 13 jwiK — — 

Sacrifies lil mois — — 

Mori 4-5 joan — — 

Morts 25 joars — — 

lorts 1 mois — 

Morts 15 heores — — 

SaeriGes 15 jours — — 

Sacrifi6 3 mois et demi — 



Saerifi^s 9 mois et demi 



Morts 1 jour 
Morts 3 jours 



Sacrifies M jours — — 



Pour ce qui concerne les esp^rieoces propres de Philip* 
peaux,\e comple rendu qu'eu donoe Tauteurcomporte uoe 
importante lacune. Philippeaux dil bien que six rats sur 



r" 



( 247 ) 
hoic oot support^ la seconde vagolomie pratiqu^e apres la 
premiere. Mais trois des survivants ont M sacriG^s treote 
jours aprte la seconde operation (1), et I'auteur garde un 
silence coroplet sur la dur^e de la survie chez les trois 
aolres. Or, il r^sulte positivement d'une observation de 
Vulpian qne certains animaux peuvent £tre gardes en vie 
plusieurssemaines el m£me pendant un mois enlier apr&s 
oDe Yagotomie bilat^rale simullanee, sans que ni Tun ni 
raotre des deux nerfs se soit r^g^n^r^ (2). 

II est vrai que les trois rats survivants, sacrili^s plus 
lard par la vagotomie double simullanee, onl snccomb^ 
Ires rapidemenl : du premier au quatri^me jour; mais rien 
ne dil que si cette operation eul^t^ railed'embl^e, j^enlends 
sar Tanimal encore sain, la survie n'aurait pas et^ beaucoup 
pluslongue. Les rechercbes de Philippeaux ne presentent 
done pas cette rigueur absolue qui seule pent auloriser une 
conclosion definitive. 

Enfio, plusieurs des experiences pr^c^demment cities 
ne roumissenl en r^aliie aucune donn^e chronomeirique 
relative k fa reproduction du vague : celles, par exemple, 
oh la section des neux nerfs a &i6 effecluee ^ de tr^s 



(4} Ccs trois rats ont ele tucs par la section coup sur coup des 
deux pneuojogastriques au-dcssous-du niveau des premieres u6vro- 
toniies. Cette operation — imitee de Haighton — avait eld praliquee 
dans Ic bul de s*assurcr s'il n>xistait pas chez ccs animaux quelque 
anastomose maintenant en communication le bout central avec le bout 
pertpii^rique du nerf, anastomose qui aurait assure la survie ind^- 
pcndaoiment de toute regeneration. 

(i) M^me dans le cas de /?. Boddaerty ou la survie a depassc trois 
niois, c*est i peine si I'on a rencontre quelques elements de nouvellc 
formatioo dans le tronc du vague et dans la longueur du recurrent 



(S48) 

courts iDlervalles. Les fails de Haighton el de Deseol 
sembleol bien d^montrer que la survie — d*ailteurs too- 
jours pr6caire — , obtenue dans ces coDditions» se prolonge 
k mesure que devieol plus considerable le temps 6coul6 
entre les deux sections. Mais ceci n'a rien k faire avec le 
processus r^^n^rateur. Tout ce qu'on peut en induire, 
c*est que Tanimai supporte plus facilement deux trauina- 
tismes espac^, ou bien qu*il s'^tablit ici une suppl^nce 
fonclionnelle suffisante, non pour pr^venir, mats pour 
relarder Tissue funeste de la double operation. 

Quoi qu'il en soit, les cas de conservation prolong^e de 
Texislence apres la vagoiomie double espacee peovent 
encore se compter; en outre la plupart se rapportent k de 
jeunes animaux. Les experiences auxquelles je me suis 
livre prouvent d'une fafon p^remptoire que certains 
mammiferes adultes sont ^galement en ^tat de rdsister k 
la section successive des deux vagues, et que la survie 
observ^e en par^l cas peut dtre bien r6ellement consi- 
dir^e comme ind^finie. 

Elle demontrent surtout que, pour atteindre sArement ce 
r^sultatjl faut, presque toujours au moins, laisser s'6cooler 
entre les deux sections un delai depassant de beaucoup 
celui qu'ont indiqu^ les auteurs. 

D6]k^ en comparant k ce point de vue le pneumo- 
gastrique avec d'autres nerfs, Vulpian avait note la lenteur 
particuliere avec laquelle s'effectue sa reproduction. A voir 
les choses de pr^s, il n'y a rien Ik qui doive surprendre. 
Cette lenteur est plus apparente que reelle. II ne faut pas 
oublier en eflet que, dans les vagotomies simples ou doubles, 
la mort reconnatt pour cause essentielle la pneumonic 
xenogenique, et que celle-ci elle-meme resulte surtout de 
la paralysie musculaire du larynx. Lors done que I'oo 




( 249 ) 

|iarle de survie poslvagolomique, on doit voir dans ceU6 
sorvie le Tailde la reproduction du recurrent. Or, ce dernier 
nerf pr^ote, chez le chien notamment, un long parcours 
auqnel il convient d'ajouter encore, quand on pratique la 
Tagolomie au lieu d'^lectton, toute la distance qui s^pare 
le niveau de la section de la crosse aortique k gauche et 
de la sous-claviire k droite. 

Mes rechercbes out port^ sur des lapins et des cbiens 
adultes. 

Des essais tenths sur les lapins je ne puis rien conclure, 
attendu que lous out succomb^ apr6s la destruction d'un 
seul pneumogastrique. Les uns ont p^ri pen de temps 
a|>rte I'op^ration ; cbez d*autres la survie s'est prolong^e 
davantage. Pour Tun d*eux, elle n'a pas M moindre de 
onze moisy et je me disposals k couper le second vague 
quand le d^cte est survenu. Cbez cet animal, les poumons, 
le coeur, le foie, le tractus intestinal ne pr^sentaient 
aucane alteration, et le cordon op^r^, poursuivi jusque 
dans rint^rieur de la cavit^ tboracique, offrait k I'oeil nn 
les caract&res babituels <les nerfs r^g^nerfo. II y avait 
done lieu d'esp^rer que cbez celui-li au moins la section 
du second pneumogastrique, si elle avait ^t^ pratiqu^e, 
aurait 6i6 trte probablement couronn^e de succ^s. 

Toatefois, en presence de cette mortality constante, j'ai 
bien dA renoncor k poursuivre mes experiences sur le 
lapin. 

Les rechercbes tent^es sur le chien ont egalement 
echone dans la plupart des cas, Tanimal ayant succomb^ 
d^jli k la section unilat^rale du vague (1). Mais cbez 

(I) J*ai indiqu^ plus baut la raison d*uiic partie au moins de cc$ 
insncccs. 




( 2W) 

plusiears de mes op^r^ j*ai eu rbeoreose chaDce de 
r&liser pleioenieDt le bal qae je m'euis propo8& 

Voici, pr^nt^s sous uoe rorme sacciocle, les fails qae 
j*ai eo Toccasiou d*observer. 

Experience /. — Le 27 jaio 1889, oo praliqac ia sec- 
tion do vago-syropathiqae droit an lieu d*election (I). 

L*op^ratioD ne produil aucua effel bien appreciable sur 
la circuIalioD oi sur la respiration. On n*observe mAme 
pas de dyspbagie. La plaie gu^rit rapideroent, el pendant 
une annee enti&re Tanimal se mainlienl dans an ^tat de 
sanl^ parfaile. 

An bout de ce temps, le 12 jain 1890, on sectionne 
le pneumogastrique gauche. II se manifeste, imniMiate- 
menl aprte Top^ration, une l^ire acceleration des balte- 
menls du coBur el un certain ralenlissement dans les 
excursions respiratoires. Avani la section, le coeur don« 
nail 32, el la respiration, acceier^e sans doute par remo- 
lion, 10 an quart; apr^s la division du nerf, le premier 
cbiffre s*eievait & 40 et le second tombait a 7. Pour le sur- 
plus, Taniroal conserve tout son entrain et ne pr^sente 
DOtamment aucune tendance i Taspbyxie ni la moindre 



(I) Tuutcs les sections ont ^le faitcs en dcnudant le nerf dans la 
moins grande elendue possible, el les sutures pra(iqu6es au fil de sole 
sublimee, de manierc k obtenir une coaptalion parfaite. Pour favo*' 
riser la cicatrisation, les masses musculaircs ont <^t^ rapprocbees 
^troitemcnt el reunics au moyen de fils de catgut chromo-plicnique; 
on a sutur^ ensuile de la m^me fa^on les Idvres culanecs de la plaie 
qui, finalement, a ete recouverte d*une couclie epaissc de collodion 
iodoform^. Les teguments avaieni subi au prealable une soigneuse 
disinfection 



g^De de d^lutilion. — Le lendemain, les condilions sont 
resits absolumeni les mdmes. Mais pen k peu, les jours 
soivaots, on voit se dissiper les lagers (roubles respiratoires 
et circulatoires observes au d^bul, el I'etal du sujet rede* 
^ienl absolumeni normal. 

Tenu en observation pendanl dix mois^ I'animal se 
moDtre, duranl toul ce d^lai, aussi bien porlanl que s'il 
n*avail subi aucnne op^ralion. On pouvail dte lors, apres 
une aassi longue p^riode, consid^rer la snrvie comme 
d^finitivemenl acquise, 

Je ne me suis pas conlenl^ de ce r^sulial. 

La r^g^n^ralion du pnenmogaslrique droit ^tail ainsi 
mise en Evidence. Mais il m*a pam inl^ressanl de recher- 
ehersi le vague gauche lui-m^roe s*^lail ou non reproduit. 
Pour cela, le 5 avril 1891, j'ai divis6 une seconde fois 
le pnenmogaslrique droit un peu au-dessous de la pre- 
miere seclion, la survie ^venluelle de I'animal devanl 
impliqner la reslilulion complete du pnenmogaslrique 
gaoche. 

Au momenl de subir celle op^ralion, I'animal, visible- 
menl pris de frayeur, pr^senlail une respiralion halelanle 
el lellemeni irr^ulr^re qu'il n'eAl servi i rien d'en compter 
les mouvemenls. Le coeur donnail alors 23 au quarl. 

1^ seclion du nerr n'amena aucun r^sullal imm^dial 
sous ce double rapport. Mais, les jours suivanls, le pouls 
s*^leva i 43 au quarl el le chifTre de la respiralion lomba 
a 12, Tanimal conservanl d'ailleurs lous les allribuls de la 
sant^. 

Cel ^lat absolumeni salisfaisanl se mainlinl duranl tons 
les mois qui suivirenl. II persislail encore le 17 oclobre 
1891, soil $ix mois el demi environ aprte la teconde sec- 
tion dn pnenmogaslrique droit. Ce d^lai ^tail assur^menl 



( 252 ) 

assez long pour m'autoriser h coosid^rer la question 
comme Iranch^e. La regeneration dn pneumogastriqae 
gauche ue pouvait plus faire Tolijet d*nn doute. 

A cette epoque, Tanimal etait en possession de deux 
pneumogastriques nouveaus, dont Tun avait mdme sabi 
deux divisions successives. 

PrevoU avait d^jjl tenl^ une experience de ce genre, 
mais ressemblant de tr^s loin k celie que je viens de 
mentionner et dont on ne peut guire a|)ercevoir le bat. 
Snr deux jeunes chals, dont il airait divise les deux pneu- 
mogastriques i quatre mois d'intervalle et qui avaient 
survecu, il praliqua, quinze jours plus tard, une nonvelle 
section sur le vague op^re en second lieu. Celle-ci, natu* 
relleroenty ne fut suivie d'aucun accident. Puis, au bou( de 
trente-six heures, il lit la section de Tautre pneumogas- 
trique au-dessus de la premiere section. Cette fois, comme 
on devait s'y attendrci Taniroal succomba, et cela trente 
heures apr^s Pop^ration. 

Plus recemment, Vulpian a tente, mais sans succ^, 
une experience semblable k la mienne. Apr^s neur mois 
de survie, il a pratique une seconde section du pneumo- 
gastrique droit (le premier opere); Taniroal a succombe 
dix-huit jours plus tard i une congestion pulmonaire. II 
persisiait d*ailleurs,au moment de cette seconde operation, 
des troubles vasculaires unilateraux qui ne pouvaient 
s'expliquer que par une non-reproduction dn vago-sympa- 
thique gaucbe. Desirant pousser encore plus loin Pexpe- 
rience, je divisai i son tour, k cette mfime date da 
17 octobre 1891, le pneumogaslrique gauche regenere. 

Ayant dej^ reussi, dans des essais anterieurs (1), k 

(I) Sur la periisfance de Vaptilude riginerahiee dc$ nerft. 
Bruxellos, 4888. 



( 253 ) 

oblenir plosieors fois de suite la reproduction d'un mdme 
Miatique soumis k des sections it^ratives, je voolais m'as- 
sorer si le pneumogastrique |M>ss^dait ^alenaent cettie 
reinarqoable propriety. Hormis une I6g&re acceleration 
des inttements du coBur et un certain ralentissement du 
rythme respiratoire, Tanimal parut d'abord ne souffrir en 
rien de cette quatri^me vagotomie. Mais d^ le iendemain 
la respiration devenait rftlante et la deglutition difficile; 
ranimai ^lait pris en mdme temps de vomissements 
ineoercibles et snccombait le siiieme jour apr^s Top^ra* 
tion. L'aatopsie &l reconnattre une b^patisation presque 
generate du poumon droU^ avec un l^ger engouement de 
la base du poumon gauche. Le cceur etait intact, le foie 
fortement congestionn^, Testomac normal et vide. 

D'apr^s cela, Tanimal avait bien succombe k la derniirc 
vagotomie. Le delai de mix mois et demi qui s*etail ecoul6 
enlre la denxieme section du pneumogastrique droit et 
celle du pneumogastrique gauche n'avait done point suffi 
pour effectuer une nouvelle restauralion du pneumogas- 
trique droit. 

Signalons en passant cette circonstancc,egalement nol^e 
dans quelques autres de mes observations, que la cause 
de la mort r^sidait essentiellcment dans une pneumonie 
du c6te droit f alors que I'animal venait d'etre vagotomis^ 
do c6te gauche. Ce fait suffirait Ik lui seul pour justitier 
l*opinion de Traube sur Torigine de la pneumonie postva- 
gotomiqoe et Taire rejeter, ici au moins, Tintervention 
d*une influence nervense trophique. 

Les deux nerfs ont ^t^ diss^qu^s jusqu*5 leurs premieres 
divisions intratboraciqueF, puis soumis k un examen atten- 
lif. Le pneumogastrique droit offrait k Toeil nu une appa- 
rence lout ^ Tait normale; il portait seulement deux 



( 25i ) 

n^vromes de r^^n^ralion, l*infi£rieur eacore assez volumi* 
neux, le sup^rieur presque invisible. Le pneumogaslrique 
gauche pr^sente, au«dessus de la sololion de continuity, une 
injection irhs prononc6e;au-dessous de la section* le nerf 
parait intact. L'examen microscopique, pratiqu^ sur les 
deux nerfs conserve dans le liquide de Flemming un peu 
inodiO^ et color6s ensuite au carmin boracique, d^montre 
I'int^rit^ ou pluldt la restitution parfaite des fibres; le 
pneumogaslrique gauche, comrne on devait s'y attendre, 
est en partie d^g^n^r^ dans son bout p^riph^rique (1). 

De Texperience qui vient d'etre relat^e d^coulent les 
donn^es suivantes : 

1^ Le chien adulte est en ^tat de survivre a la vagotomie 
bilaterale espac^e; 

^ Une r^^n^ration complete pent s'effectuer successi- 
vement des deux cdt^s. Dans Tesp&ce, on a constat^ la 
reproduction du premier nerf apres un intervalle d*un an^ 
celle du second au bout de dix moisf 

3* Un laps de six mois et demi parait dtre insuflBsanl 
pour r^aliser deux fois de suite la restauration d'un m6me 
nerf. 

Experience 11. — Le 12 juin 1890, le vago-sympathique 

(t) A Tepoque encore pcu eluignce ou Ton ne connais<ait qu^im- 
parfailement le mdcanisme de la reproduction des nerfs, on lUachait 
une importance extreme a la presence ou au defaut de fibres vivantes 
dans Pespace separant les deux bouts. On salt aujourd'hui que si la 
junction des segments par des elements nouveaux constitue tr^ r^el- 
lenient une condition tine qua non de la regeneration du bout peri- 
phcrique, c*est a cette derni^re seuh qu'est due la rdinncrvation ou, 
si Ton veat, la restauration fonctionnelle des parties paralysees. 




( 2SS ) 

droit est seclionne au milieu da coo. L'op^ration n'est 
suivie d*aucun accident; on n'observe m£me aucun trouble 
bien apparent de la respiration ni de la circulation, tout 
an plus une l^g^re acceleration des battements du coeur 
qui 8*accuse davanlage les jours suivants^ La cicatrisation 
de la plaie s^acbive assez lentemenl. 

Le 5 aoAt 1891, done un pen moins de dix mois apris 
la vagotomie droite, Tanimal, rest^ bien portant jusque- 
tt, subit la mdme operation du c6ie gauche, Cette fois 
encore la section du nerf ue determine au moment mdme 
aucune modification apparente dans les fonctions respira- 
loires et circulatoires. Quelques jours apres, Tanimal se 
mootre un pen abattu; mais cependant il acceple volon-* 
tiers les aliments el d^glutit sans difficult^, en sorte que 
la nutrition se maintient dans des conditions excellentes. 
Six mois plus tard, sa sant^ ^tait encore parfaite. 

1^ 16 octobre 1891, done environ un an et quatre mois 
apres la section du pneumogastrique droit et six mois et 
demi aprte celle du pneumogastri(|ue gauche, le premier 
des deux nerfs est soumis k une nouvelle division, un pen 
au-dessous du point primitivement sectionn^. 

La respiration, un instant suspendue au moment de la 
section, reprend presque aussitdt son activity normale; 
elle reste seulement un peu suspirieuse. Les battements 
do coeur n'ont subi aucune modification. N^anmoins, d6s 
le lendemain de la section, Tanimal est pris de dyspn^e et 
de vomissements; il succombe le 19 octobre. 

A Tautopsie, on trouve le poumon droit forlement 
b^patise et mdme parsem^ de trainees purulentes. Le 
poumon gauche est simplement cedemati^. Le coeur ne 
presente aucune alteration. On voit qu'ici encore c'est le 
cAte oppose ji celui de la section qui a subi la funeste 



( ;286 ) 

influence de la vagotomie. II ne 8*agi( pas li d*un fail 
d'exception, car on a depuis longtemps signal^ cette vul- 
nerability plus grande du pouroon droit h la suite de la 
destruction simple ou double du pneumogastrique. Les 
deux nerrs pr^ntent cbacun un beau n^vrome, et la 
portion inl(§rieure du cordon garde des deux c6i6s le 
volume et Tapparence d*un nerf r^in^r^. 

Nous avons done ici un deuxi&me exemple de survie 
apr6s une vagotomie bilat^rale, mais sans reproduction do 
nerf divis6 en second lieu. 

Le d^lai pour le pneumogastrique droit a ^t^ de dix 
mois. Quant au pneumogastrique gamhei il ne s^^tait pas 
encore r^g^n^re au bout de six mois et demi. 

Tels sent les deux cas de survie que j*ai eu roccasion 
d^observer. De la comparaison des dates, on pent conclure 
que la restauration du pneumogastrique — qu*il s'agisse 
du nerf divis^ en premiere ou en seconde instance — 
n'exige pas plus de dix mois. D*autre part, un terme de six 
mois et demi ne snifit pas pour obtenir la r^^n^ration du 
second nerf sectionn^. Le d^lai n^cessaire i cette derni^re 
restitution oscilledonc enire six mois et demi et dix mois. 

Mais il ne faut pas oublier que cette Evaluation se 
rapporte au pneumogastrique gauche^ dont la destruction 
a eii pr^cMEe par celle du pneumogastrique droit. Od 
irait au delii des faits en Tappliquant ji celui*ci sans pins 
ample inform^, allendu que deux operations ne se sont pas 
exEcutees dans des conditions identiques. Le nerf (/rot/, en 
eflet, a 6i& coupE chez un animal absolument sain, tandis 
qu'on a sectionnE le pneumogastrique gauche cbez iin 
sujel dont le nerf droiV avait iii antErieurement divisE. II 
etait permis de penser que, malgrE tout, Tanimal avait pu 
souffrir de cette premiere operation el setrouvait parct-la 



(287) 

onteie dass des coodilions moins favorables k Taccomplis- 
semeal d'une nouvelle restauralion. De \k peut dtre un 
retard anormal dans le r^lablissement de la fonction. 

Afin de voir si, en r^alil^, le ddai de six mois et demi 
poiivait £tre riduil pour un pneumogastriqoe sectionn^ 
chez un sujet inlacU j*ai proc^d^ k des experiences plus 
simples et plus directes, dans lesquelles je ne me suis 
plus prtoccup^ du sort du second nerf divis^. 

Voici les r^sultats qu*eiles ont fournis : 

Experience III. — Le 1*' juin 1891, section du pneu- 
roogastrique droit au milieu du cou. Pas d'accidents. 

Le 17 octobre de la mdme ann^e, c'est-ik-dire apr^s un 
iDlervalle de quatre moU et demi^ on divise le pneumo- 
gaslrique gauche. Le lendemain, Tanimal est pris de 
dyspo^e aspbyxique et soccombe. 

Aucun des deux poumons n'^tait atteint de pneumonie, 
oiais le parenchyme pr^sentait des deux c6t£s un cedeme 
trte prononc^. Le coeur £tait intact. 

Le d^lai de quatre mois et demi n*a done pas permis la 
8urvie,c'estJi-dire que la r^g^n^ration du pneumogastrique 
droit demande plus de quatre mois et demi pour s*ac- 
eomplir. 

Experience IV. — Le 13 avril 1801, section du pneu- 
BOgaslrique droit au milieu du cou. L*animal ne ressent 
aocone suite f&cheuse de Top^ration. 

Le 16 octobre 1891, done environ six mois plus tard, 
OD coupe k son tour le pneumogastrique gauche. Le lende* 
BDaiD ro£me, le chien se met k rkler et k vomir ; il meurt 
le 90 octobre. 

Le lobe inKrieur du poumon gauche ^tait h^patis^ en 



( 258 ) 

masse, et des suffusions sanguines se montraient dans 
Tautre lobe. Le poumon droit ^lail alteint de pneumonie 
lobulaire. 

Done, apres six moisy la reslauration du pneumogas- 
trique droit oe s*6lail pas effectuee. 

Experience V. — Le 24 avril 1889, on opfere la section 
du vago-sympalhique droit au milieu du cou. Les jours 
suivants Tanimal gagne de la diarrh^e et Ton observe un 
certain degr^ de dysphagie. Ces accidents digestifs per- 
sistent plusieurs mois, mais ils tinissent par disparaitre 
vers le milieu de novembre. 

Le 2 d6cembre 1889, I'animal se trouvant en parTftile 
sant^,on pratique la section du nerf ^aucAe. Aussit6t aprte 
reparation, le chien tombe dans un ^tat non pas dys- 
pn^ique, mais syncopal. Pen k pen il revient k lui, et Ton 
observe alors les inspirations lentes et laborieuses,ainsi que 
Pacc^l^ralion des batlements cardiaques qui constituent 
les suites ordinaires de la vagotomie double. Le lende* 
main, Tanimal meurt. 

A I'autopsie, on constate seulement un l^ger engoue- 
ment de la partie superieure du poumon gauche et quel* 
ques infiltrations sanguines dans la partie moyenne du 
poumon droit. Le ccBurest intact. 

Ici rintervalle entre les deux operations avait €i6 
d'environ huit mois, et cependant la regeneration da 
pneumogastrique droit ne s*etait pas accomplie. 

Experience VI . — Le 27 juin 1889, le vague sympa- 
thique droit est coupe au milieu du cou. Pas d*accidents 
particuliers, saur un certain degre de dysphagie qui per- 
siste pendant pr^s de quatre mois. 




r 



( 259 ) 

Le SO juio i890, done tin an aprte la premiere op^ra- 
lion» ie pneumogastrique gauche est divis^ au mdme 
niveau. 

L*aoimal paratt d'abord ne pas souffrir de cette nou- 
velle n^vrotomie. Mais au bout de quelques jours il se mel 
k vomir el gagne en mSme lemps de la diarrhee; ses forces 
diminueDt k vue d'oeil. Puis, le 26 juio, la toux apparait el 
deux jours plus tard Taoimal succombe. 

A i'autopsie, on trouve le poumon droit transform^ 
dans tout son lobe inf^rieur, el la plus grande parlie de 
SCO lobe moyen, en une masse h^palis^e, parsem^e d*abces 
putrides. Le poumon gauche est sain. II exisle en outre 
iiD caiarrbe prononc^ de rfntestin. 

Cetle derni^re experience d^montre que, mdme apres 
tin an, on pent encore observer la non-restauralion du 
pneumogastrique droit. 

Conclusions, 

En r^capitulant les donn^es r^sullanl des fails qui 
viennent d'etre exposes, on arrive k formuler les propo- 
sitions suivantes : 

i* La survie apres une section successive des deux 
vagues peut £tre obtenue chez des animaux adultes aussi 
bien que cbez des sujets jeunes; 

2* Le d^lai requis pour la r^^n^ralion du pneumo- 
gastrique ouy pour parler plus exaclemenl, de sa brancbe 
laryngienne infigrieure, ddpasse g^n^ralement de heaucoup 
rintervalle Gx^ par les auleurs. En ce qui concerne le 
chien adulte, il semble que le temps n^cessaire k la 
restauration du vague — droit ou gauche — comporte 
un minimum de dtx mois ; 



( 260 ) 

3* Pour le nerfen experience, le d^lai resie le mdnfie^que 
Tautre nerf ait 6i& ou non sectionn^. En d'autres termes, 
la division pr^alable de Tun des pneumogastriqoes 
n'apporle aucun obstacle k la regeneration de Tautre; 

A"" La question de savoir si le vague poss^de, corome le 
sciatique, la faculty de se reproduire deux fois de suite 
resle encore irresolue. On est seulement en droit d*affira)er 
qu*un deiai de iixmois et demine suffit pas pour obtenir 
— si tant est qu'elle soit dans les choses possibles — 
cette restauration de seconde main. 

Ces determinations chronometriques pourraient, me 
semble-t-il, servir k eiucider certains points obscnrs de la 
physiologic du vague. Comme la regeneration marche du 
centre vers la peripheric en suivant une progression 
reguliere, il doit arriver un moment oA, par exemple, les 
fibres cardiaques se seront integralement reproduites, alors 
que les elements k destinations gastrique, intestinale, 
hepatique, spienique, etc., se trouveront encore en pleine 
degenerescence. II suit de 1^ qu*en etudiant k des dates 
successivesy correspondant aux differentes etapes de la 
regeneration, les reactions fournies par le tronc meme du 
nerf, on reussirait peut-etre k operer la dissociation pby- 
siologique de ses branches viscerales.sans qu*il soit besoin 
de recourir k des sections multipliees portant le plus 
souvent sur des plexus composites et difficiiement 
isolables. 



(261 ) 



BfBLIOGRAPHIE. 

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3"* SfiRIE, TOMB XXV. 18 



^ 



( 262 ) 

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des Sc. med., 2< seric t. XXVI, l'« partic, pp. 211 et suiv., et 
3« serie, t. XVIII, l'« partic, pp. 285 et suiv. 



Sur la digesdon des Ccelenteris; par Marcellin ChapeaiiXy 

doctcur eo sciences nalurelles. 

On sail depuis de belles eludes de Metcbnikoff el des 
obs^rvalions isolees de quelques aulres savants, que les 
cellules endodernniques des Coelenl^r^s jouissenl de la 
propriele d*ing^rer des parlicules solides el de dig^rer 
cerlains corps, globules sanguins el vilellins, globules du 
lail, bacl^ries, infusoires..., qu'elles sonl, en un mot, des 
phagocyles. 

Les Coelenl^res qui se prSlenl le mieux i des observa- 
tions direcles sur la digestion inlracellulaire, sonl les 
Siphonophores, donl les polypes nourriciers, g^n^ralenienl 
transparents, on( leurs cellules endodermiques volnmi- 
neuses. A Banyuls-sur-Mer (1), j'ai eu la bonne fortune de 



(I) Les rechcrchcs r^sumees dans ccttc note ont ct^ faites au 
laboratoire Arago a Banyuls-sur-Mer pendant le printcmps de 189S. 



-^ ^- 



( 263 ) 

renconlrer dans aoe p^che p^lagique Apolemia uvaria et 
Diphyes acuminaia en abondance. J*ai pu me convaincre 
que leurs cellules endodermiques soot de v^rilables 
phagocytes, et qu'elles jouissenl de la propri£t£ de se 
sooder, de se fondre en on grand plasmode quand elles 
doivenl ing^rer des corps relativement volumineux, comme 
de grandes diatom^es, des infusoires, des brins de laine, 
des ^bardes de bois, etc. 

On pent observer des fails semblables chez les Actinies 
(Sagariia parasitica, Anemonia sulcata. Actinia equina, 
Adamsia, Heliactis bellis, Hyanthus...)^ les M^diises 
cras[i^dotes el aussi, d'apr^s Metchnikoff, chez les Cl^no- 
pbores et les M^duses acrasp^des. 

La digestion intracellulaire par les cellules endodermi- 
ques peui done £lre consid^r^e comme une fonction 
g^n^ralis^e dans la grande division des Cnidaires. 

D*apres Krukenberg, il exisle dans les pbagocyles des 
Spongiaires, un ferment Irypsique. Cbez les Actinies 
(embryons de Sagartia parasita assez transparents) et les 
polypes nourriciers de Siphonopbores, on peul voir des 
grains de tournesol virer au rouge irint^rieur des ^I6menls 
^pith^liaux, ce qui fait penser & la presence possible de 
ferments qui ne manifestenl leur pouvoir digestif qu*en 
milieu acide. Cependanl il existe cbez ces organismes un 
ferment qui peptonise la (ibrine en milieu alcalin. L6on 
Fredericq avail di'ik reconnu ce dernier ferment en 1878, 
cbez les Actinies, el il le rapprocbail de la trypsine. 

J*ai recbercb^ par diverses m^tbodes Taction des fer- 
ments des Actinies sur Tamidon, la cellulose, la cbloro- 
pbylle el les graisses. 
L*amidon soumis i Taction d'une solution aqueuse de 



( 264 } 

ferments ou inject^ dans la cavil6 gastrovasculaire, est 
transform^ en glucose. L'action des ferments est ienle sur 
Tamidon non hydrate. La transformation s*op^re aussi 
bien en milieu acide qu*en milieu alcalin. Les Actinies ne 
dig^rent ni la cellulose, ni la chloropbylle. 

Les ferments con ten us dans les cellules endodermiques 
emulsionnent les graisses et les d^doublent. II semble que 
le d^doublement se produise plus rapidement quand le 
ferment est en milieu acide que lorsqu*il se trouve en 
milieu neutre ou alcalin. 

Les ferments des Actinies sonl impuissants contre les 
Algues. La membrane cellulaire de celle-ci s*oppose k 
Taccte de ces ferments k Tint^rieur des cellules et permet 
ainsi au protoplasma de garder son int^gril^ fonctionnelle. 

Les fails que je viens de signaler s'appliquent aux 
Siphonophores et aux Meduses crasp^dotes. 

La digestion des Coelent^r^s est-elle exclusivemenl 
intracellulaire? Metchnikoif, si j*ai bien compris sa 
communication dans Zoolog. Anzeiger (1882), semble 
atiribuer la digestion des Coelent^r^s au seni processus 
intracellulaire. Une telle ihtorie serait certainemenl trop 
exclusive. D'abord, I'alcalinil^ du liquide de la cavit6 gastro- 
vasculaire des Actinies que j'ai ^tudi^es est plus marquee 
que celle de Teau de mer. En outre, le fait que les 
Actinies se nourrissent parfois de proies relativement trte 
volumineuses fait d^ji penser k une secretion de sues dans 
la cavit^ digestive. Enfin Tobservation vienl d^montrer 
qu'une action extracellulaire se manifeste dans Tacte 
digestif. Si Ton donne de gros flocons de fibrine i 
Sagarlia parasitica^ par exemple, et que I'on ouvre 
Tanimal au bout de six k quinze beures, on ne retroave 



trr«^ 



( 268 ) . 

a rint^rieur lie celui*ci que de rares pelits fragueroenls de 
fibrioe; le resle a disparu. Qii'est deveDue cetle fibrine? 
Est-elle seulemenldissoci^e? Ou bien les cellules endoder- 
miques se soDl-eltes consiiui^es en un vasle plasmode 
pour ing^rer les flocons de tibrine el les dig^rer? II y a, ^ 
la fois, dans la cavil6 gastrovasculaire des Aclinies, une 
dissociation el une dissolution : il v a done une s^cr^tion 
de sues. Je peose que cetle s6cr£lion est produite par les 
filaments m^sent^riques, car il m*est arriv^ plusieurs fois 
de voir ces filaments appliques sur les flocons de fihrine ou 
sar de pelits mollusques que j'avais donn<^s en p&ture aux 
Actinies. J*ai vu en outre une Sagartia dont les filaments 
iD^Qt^riques etaienl sorlis par une ouverlure arlificiel- 
lemenl produile,el qui, s*^lanl appliques sur une LiUorina^ 
ont ameni la dissociation du petit gast^ropode. 

Une Sagartia nourrie avec 4 grammes de fibrine n'en 
pr^nle plus de trace i Toeil nu apres quinze beures. Le 
liqoide qu'elle rejette quand on la retire de Teau, pr^cipite 
par r^bnllition, jaunit par I'acide nitrique, et donne une 
faible ruction du biuret !k froid. Examine au microscope, 
le liquide pr^sente une foule de granulations jaunissant 
par Tacide nitrique el se colorant en brun jaun&tre par 
iloile. Au bout de vingt-quatre beures, les cellules 
endodermiques sont gorg^es de ces granulations. 

Le liqoide rejete par une Sagartia k jeun ne renferme 
pas de traces de peptone, et si Ton fait agir le liquide sur 
de la fibrine, on n'observe, aprte vingt-quatre beures, 
aocone des reactions des peptones. 

Mats si Ton injecte dans la cavii^ gastrovasculaire de 
Teau de roer tenant en suspension une grande quantity 
de grains decarroin,et qu'aprte un certain temps on fasse 



( 266 ) 

agir le liquide rejel^ par raoiniial sur de la fibrioe divisfe, 
on Iroiive, au bout de vingt heures, une certaioe quantil^ 
de peptooe form^e. 

II y a done bien uoe s^cr^lion de rermenls dans la 
cavite gaslrova8Culaire«el cede s^cr^lion, qui est, il est vrai, 
relativemenl faible, oe se manifeste que sous TaclioQ d'un 
excitant : grains decarmin, nourriture ing^r6e, etc. 

Les graisses sont ^mulsionn^s dans la cavit^ gastro- 
vasculaire. Les globules ainsi formes sont englob^s par les 
cellules ^pitb^liaies, qui s*en monirent gorg^es an bout 
d*un certain (emps, et c*est i Tinl^rieur de ces 6l6ments 
qu'ils sont saponi6^. 

Cbez les Siphonophores, la digestion est sans doule 
e&clusivement intracellulaire, car les polypes oourriciers 
ne peuvent se nourrir que de proies relalivenient peu 
volumineuses et qui sont bien vite ing^r^es par les 
phagocytes ^pilh^liaux. D'ailleurs on n'observe jamais de 
disisociation de la tibrine dans la cavit6 gastrovasculaire, et 
je n*ai pu ^lablir une difference entre Talcalinit^ dii 
liquide contenu dans cette cavit^ et Teau de mer ambianle. 

Dans ce groupe, la digestion inlracellulaire e&t si 
^tendue, si caract^ristique, qu*il semblequ*elledoivesuffire 
entiirement k Torganisme. 

II est possible que cbez les Actinies et les aulres Ccelen- 
ter^s la digestion inlracellulaire soit ^galement suffisante, 
mais il y a cependant dans ces formes T^bauche d*une 
function qui, dans les organismes plus « ^lev^s » de la 
s^rie animale, acquiert une importance de plus en plus 
grande : la s^cr^tion de sues digestifs i Tint^rieur de 
cavil^s particulieres. 



( 207 ) 



Coniribulion a la question de razoie; par A. Petermano, 
directeur de la slalion agronomique de r£lal, k Gem* 
bloux. 

Troisi6iie note (1). 

A la suite de nos rechercbes de 1889 el 1890, oous 
afODs pu tirer les conclusions suivantes : 

< 1* Lorsqu'on ^leve dans I'air normal des planles de 
» lupin jaune, de haricot nain et d orge de printemps dans 

> un milieu de culture pauvre en azote, mais pourvu de 

> matiires min^rales el, en outre, de bactdries du sol, et 
» qu*on ^lablit le taux de I'azote contenu dans ie sol 

> avant et apres Tessai, dans la semence, les eaux de 
» pluie ou d'arrosage, les eaux de drainage et la recolte, 

> on constate Gnalement, parlie aerienne^ racines et sol 
» prisdans leur ensemble, un gain important en azote, dA k 

> Tintervention de Tatmosph^re; 

> 2" Le rodme ph^nom^ne a lieu dgalement lorsqu*on 

> met k la disposition des planles, les aulres conditions 
» ^tanl ^gales, non Tair normal, mais Pair d^| ouill6 de 

> ses combinaisons azol^es ; 

» Les planles experiment^esappartenantd des families 
» si distinctesy les papilionacees et les gramin^es, on pent 

> conclure que» d*uoe maniire g^n^rale, Tatmospbire 



(i) Premiere note. — Mimoires eouronn^i el autret m4moirt$ 
pubNit par t'Acadimie royaU de Belgique, in-8% 1880, t. XLIII. 
Seconde note. ~ Ibidem, r89l, t. XLIV. 



( 268 ) 

» intervieol dans ralimeolalion vegelale, dod seuleineDl 

> par les combinaisons azolees qa'elle coDlient, mais 

> aussi et priDcipalemeol par Tazole ^lemeolaire. > 
Quoique nous ayons loot parliculieremeol voula allirer 

ralteotioD sur le inembre de phrase c partie aerienne, 
racioes el sol pris dans l<Mir ensemble > en le faisant impri- 
mer en caract^res gras cl maigre la r^rve que nous avons 
faite it la fin de notre travail en declarant qu^une oouvelle 
s^rie d'essais, dans un milieu Uerilise^ ^tait n^essaire 
pour expliqoer le m^nisme de Tintervention de Tazoie 
atmosph^rique, nos conclusions ont iie inlerprel^s erro- 
nement On leur a donn^ le sens d'une demonstration de 
Tassimilation directe de Tazote ^lementaire par la cellule 
de la plante. La portee de nos conclusions pouvait d*autaot 
moins dtre telle, que nous avions constate k Touverture 
de nos cases i experiences (loc. ct7., p. 28) que le sol etait 
couvert d'une vdg6tation de plantes inKrieures vertes 
(algues), dont le rdle comme fixateur d'azote pouvait 
d6\k dtre entrevu d*apr^ les travaux de MM. Gautier et 
Drouin (1888), et de M. Franck^avant qu'il fAt d^montr6 
par MM. Schloesing fils et Laurent (189I). Le rap|)ort de 
MM. les Commissaires de TAcad^mie est du reste absolu- 
ment conforme k ces restrictions, que nous avions etablies 
nous-ro^me (1 ). 
Aprte cette digression, que Tint^rdt de la v^rite nous 



(t) « It lai reste a recherchcr s*il y a reellemeiit assimilatioD do 

• Tazote clemcntaire par la cellule vegetale de la plante supericure 

• ou si ee gain (il s*agit de Teip^rience avee les cereales) est du k 

• des organismes inferieurs. • Rapport dc MM. Malaise, Henry et 
Spring. BuU, de I' Acad. roy. de Belgiqtie, 62* an nee, L XX 111, 
p. 340. 



(269 ) 

a oblige de fairc, nous passons aux noiivelles experiences 
de 1892, entreprises comroe les pr^c^dentes, avec la coila- 
boralion d^vou^e de M. Grafliau, chef des (ravaux cbimi- 
ques k la station agronomique. 

La sterilisation et surtoul le maintien de la sterilisation 
d'oD appareil aussi puissant que celui employe en 1890 
etaot irrealisabie, nous en avons fait une reduction & 
petite ecbelle, mais reposant sur le meme principe : 
Culture des plantes dans une atmosphere non confinee, 
mais constamment renouveiee. 

La planclie et sa legende font facilement comprendre 
TeDsemble de la disposition de Tappareil etabli dans notre 
serre k experiences, situee k une cinquantaine de metres 
du laboratoire de la station agronomique. 

Des explications sur certains points importants sont 
cependant necessaires: 

A. — Tousles joints sont^ mercure;tout danger d'intro- 
duction ou d*ecbapperoent accidentel d'air est absolument 
ecarie. 

B. — Le systeme de barboteurs est le meme que celui 
employe comme contrdle dans lesessais precedents et qui, 
nous Tavons demontre {loc, ci/., 25), depouille complete- 
menl un courant d'air atmospberique de ses combinaisons 
azoiees. 

C. — Nous avons assure en R la possibilite d'augmenter, 
en cas de besoin, la richesse en acide carbonique de Fair 
traversant la cloche. La saturation du carbonate sodique 
des barboteurs FF, une fois realisee, cette precaution 
deveoait inutile, et la prise d*air A a seule fonctionne 
pendant Texperience. 



( 270 ) 

D. — Le mercure assaranl la fermelure herro^liqoe de la 
cloche ploogeant dans la nochere ^lail recouvert d'une 
couche d*eau, aQn d'empteher rinloxicalion des piantes 
par les vapeurs mercurielles. 

E. — Notre appareil ^lait double. Pour la simpliBcatioo 
de la planche, nous n*y en avons Tail ligurer qu*un seol 
sysl^me. Les deux cloches ^laieot reliees par les rac- 
cords PP. On remarque que ceux-ci sonl k GItre en laine 
de verre, une des cloches devant en eflel resler st^rilis^e 
pendant tout le cours de I'exp^rience, 

F. — Le barboteur de sortie E, k acide suirurique, ^tait 
un appareil de silret6 en cas dinterruption voulue ou 
accidentelle de Taspiration. 

G. — Le luyau R ^tait reli^ i un tuyau en plomb muni 
d'un robinel et raccord^ k un grand aspiraleur d*air plac£ 
au laboratoire. 

L*aspiraUon d*un couranl lent s'effectuail jour el nuit. 

H. — La sterilisation des pots ^ v^g^talions^estraile dans 
une ^tuve Wiesnegg. Leur temperature, prise au centre du 
bocal rempli, a ^t^ maintenue pendant 5 heures i iSO^ C. 

Les semences onl M sterilis^es en les plongeant dans 
une solution de bicblorure de mercure au milli^me; 
I'exc^ du liquide a ^i6 absorb^ par du papier buvard. 
Tout etant iustulie, on a fail passer lenlemenl dans la 
cloche un couranl de chlore, afin de luer les organismes 
inrerieurs ou leurs spores qui, pendant le montage de 
Tappareil, auraient pu se d^poser soil sur les bocaux, soil 
sur les parois de la cloche. 

I. — L*arrosage a ^t^ op^r^ au moyen du tuyau L, pou- 
vant, k Taide d*un raccord mobile i joint de mercure, dtre 
tourne au-dessus de cbaque bocal. L*eau disliliee a ii6 



r 



( 27i ) 

sl^rilisee dans une chaudi^re en cuivre N, relive au luyaa 
d*arro8age L. 

Apres one ^bullilion prolong^e, ie refroidissemeot 
s*operail ^us la protection d'un tillre de eotoo. L*arrosage 
a M r^l^de manidre k entrelenir une humidil^ suffisanle 
sans atleindre la saturation complete du pouvoir absor- 
bant. Nous avons n^anmoins draine nos bocaux et plac6 
des soucoupes a6n d'eviier loute perte ^ventueile d*eau 
de drainage. 

J. — I^ soly les engrais phosphates et potassiques et les 
sentences (orge de prinlemps) ayant 6l6 les mdmes que 
dans les experiences pr^c^dentes et les m^thodes analyli- 
qoes ayanl diji 6i& d^crites dans lous leurs details, Ie 
compte rendu de nos recherches de 1892 se trouve consi- 
derablemeni simplifie. 



Au debut de nos experiences, nous avons eu ^ lutler 
contre de grandes difficuUes techniques. Les cloches de 
125 litres que nous avions du faire confectionner expres- 
semenl n'eiaient pas homogenement refroidies. La Torte 
dilatation produite par les journees chaudes du commen- 
cement de Tete de 1892 a occasionne Ie bris de deux 
des recipients et nous avons diH reinstaller trois fois toute 
Texperience. 

Commences Ie 11 juin, les essais etaient termines Ie 
27 juillet. Les deux pots i vegetation avaient produit 
13 plantes d'orge bien taliees. 

Premiire experience. 

Sol non tUrilhif non ctdiive, mais couveri a la surface 
et sur les parois du vase (Fune vegelation de plantes infe^ 



( 272 ) 

rieures {algues veries el rouges) en contact avec de Vair 
atmospherique depouille de ses combinaisons azotees. 



Azote contenu dans le sol 



[ au commencement de I'essai 0^0255 

I i la tin de I'essai 0,0S94 

Gaik. 0,0039 



Deuiieme experience. 

Sol sterilise^ non cultive^ reste sterilise jusqu'a la fin de 
r experience f en contact avec de I'atr atmospherique 
depouille de ses combinaisons azotees. 



Azote contenu dans 



i au coi 
le sol \ 

( ^laii 



commencement de I'essai 
fin de I'essai .... 



gramnet. 

a0255 
0,0340 



Perte. 



0.0015 



TroUieme experience. 

Sol sterilise^ reste sterilise jusqu^a la finde r experience^ 
cultive en orge, en contact avec Vair atmospherique 
depouille de ses combinaisons azotees. 

(rammei. 

Au commencement i "<>^ <^<»°^«°^ ^"^s *« sol (2 bocaux rtunis) . . 0,0511 

— — les semences 0,0573 

Total. . . 0,1084 

. 0,0492 
. 0,0575 



de I'essai 



A la fin de I'essai 



azote contenu dans le sol (9 bocaux r^unis; . 

— — la r^olte 

Total. 



Azote 



BILAN. 

au commencement de I'essai . . . 



irai 

0,1084 



ii la fin de I'essai 0,1067 



0,1067 



Perte. . 



0,0017 



( 273 ) 



Qiatrieme experience. 

Solnon sierilise, cuUive en orge, en contact avec de Vair 
atmospherique depouille de ses combinaisons azotees. 

Perdue par accideDt apr^s la lev^e; les experiences de 
1 890 (secoDde note) en cases de v^g^tation, les aulres con- 
ditions ^tanl les mfimes, remplacent cet essai manqu^. 

Cin^iime experience. 

Sol iterilUij non cuUive, arrose d^eau distillee sterilisie^ 
reste sans vegetation cryptogamique, expose dans la serve 
a Vair atmospherique normal. 

grunmei. 

Azote conteno ( *° commencement de lessai (2 bocaux r^unis). . . 0,0438 
danslesol | ^ ja fin de lessai 0,0430 



Pebte. 



0,0006 



Sixiime experience. 

Solnon sterilise, non cultive^ arrose d'eau de pluie non 
sleritisee^ se couvrant peu a pen d'une vegetation cryptogam 
mique^ expose dans la serre a I'air atmospherique normal. 



Au commencement | *«>*« <^^°*^°" ^"^^ '« "^^ ^ ^^^^^^ 
deressai j _ __ icau darrosagc . 



Total. 



A la fin deressai 



azote contenu dans le sol (J bocaux) 
— — I'eau de drainage 



Total. 



Azote 



BILAN. 

ao commencement de Tessai . 
« la fin de Tessai 

Gain. 



0,0438 
0,0300 



0,0738 



0,0SS3 
0,0347 



OfifieB 



• ■ * 



grtaniM. 

0,0738 
0,0769 
0,0031 




C 274 ) 

II r^sulle toot d^siiMMrd des essais donl nous venons 
de rendre compte que notre sol d^expiriences depourvu de 
toute vegetation (sans culture et sans f^UtioD crypto- 
gamiqne spontan^e) ne fixe point Cazote atmospkdHqm. 

En eflet, dans Fexp^rience n** 5, le bilan de Tazote se 
solde par z^ro, car la difference de 0*',0008 lombe dans 
les limites des erreurs analytiques; dans Texp^rience n*% 
il y a m^me perle. 

La non flxation de Tazote par le sol nu — c nu » pris 
dans son sens absolu — a toujours 41^ soutenue par 
M. Schloesing p6re, conlrairement k d'aulres experiment 
tateurs. 

Mais le r^sultal change lorsque le sol se couvre d'une 
v^g^lalion de planles inf^rieures vertes, soil par inocula- 
tion (n* I), soit spontan^ment (n"" VI). 

Mors, le bilan de I'azote se solde par un gain appre- 
ciable, respectivement 0«',0036 et 0«',0051. 

Celte constatation est Texplication nalurelle et decisive 
des gains d'azote obtcnus dans nos experiences ante- 
rienres (1890), meme dans la culture de Vorge^ plante sans 
tubercules radicaux. 

Malgr6 la presence d'une vegetation cryptogamiquc 
observee dans nos cases k experiences, nous ne pouvions 
alors que pressenlir cette explication (loc. cit., p. 37) 
sans la formuler positivement, des essais comparatirs dans 
un milieu sterilise n'ayant paseie entrepris. 

Mais k cdte de cet enricbissement du sol produit par 
certains micro-organismes, des reactions d'un autre ordre, 
telle que Tassimilation directe de Tazote libre par la 
cellule vegetale dans les plantes superieurcs, n'ont-eiles 
pas lieu? Cette question, nous Tavions di'yk posee, sans la 
resoudre, k la (iti de notre premier memoire. 



( 275 ) 

L*exp^rience n* 5 de 1892 nous aiitorise maintenaQl k 
repondre dans un sens tout k fail n^gatir. 

Ed effet, la culture de Vorge dans un sol sterilise place 
softs une cloche alimentee cxclusivement par de Fair 
aimospherique filtre et depouille de combinaisons azotees, 
ue monire aucun gain. 

Ce r&uttat est conforme aux nouvelles experiences de 
MM. Scbloesing fils el Laurent, failes, comme les ndtres, 
en 1892, avec Tavoine, le colza et la pommc de terre (1). 
La question de Tazole qui, depnis un demi-si&cle, a 
teno en baleine physiologisles ot chimistes, doit, dans la 
situation actuelle de nos connaissancesy £lre r&olue 
o^livement quant k Tabsorption direcle de I'azote libre 
par la cellule des plantes sup^rieures, noais n^anmoins 
posilivement quant k la participation de Tazote libre dans 
la production v^g^tale. 

Grftce k rintervenlion du sol, ou plus exactement des 
inicro-organismes qui riiabitent, c*esl-a-dire grdce k 
Taclion microbienne (Hellriegcl el Wilfarlb) cboz les 
planies k tubercules radicaux ct au d^veloppement spon- 
tanide cerlaines esp^ces d*algues, qui constituent, pour 
les plantes sans nodosit^s, une veritable fumure d'engrais 
verls, Tazote ^l^menlaire de ralmospb^re entre dans le 
cycle vital. 
Si, au point de vue pbysiologique, la premiere source 

■ 

est plus int^ressante, la seconde a cependant aussi une 
grande importance agronomique. 

L*une constitue un cas special, agissant avec une inten- 
sity particuli^re, mais ne se r^alisanl que chez les l^gumi- 
oeoses; I'autre est une source d*azote pouvant intervenir 



(I) Compiet rendu* de i'Acaddmic des sciences de Paris. Octobre 
I89S. 



1 



( 276 ) 

d*une mani^re g^n^rale, les conditions les plus favorables 
au d^veloppement des v^g^taui inf^rieurs fixatears d^azole 
une fois bien connues. 

Le r6lc de ces organismes nous explique aussi une serie 
de faits agronomiques dont nous n'avons pas i parler ici, 
mais dont nous voulons signaler seulement deux de$ plas 
saisissants : 

1^ Le mainticn de la richesse en azote des lerresf 
malgr^ la perte sensible en ce principe essentiel que les 
eaux Iraversant le sol leur font subir depuis des siteles, 
perte ineompletement compens^e par les apports des eaux 
m^teoriques ; 

2"" La possibilite d*obtenir dans des terres tr^ pauvres 
des r^coltes satisfaisantes avec Tapplicaiion exclusive 
d'engrais phosphates et potassiques. 

Conclusions. 

L'atmosphere intervieni dans la production vegetate^ 
non seulement par ses combinaisons azotees, mais aussi 
par son azote elemenlaire. 

Cette interoenlion n'a pas lieu directement. Les expe- 
riences failes jusqu*a ce jour demontrent qtte I'azoie 
gazeux n'est fixe ni par la plante superieure ni par le 
sot nu. 

Uazote libre de Vatmosphere entre dans le cycle vital 
grace aux micro-organismes qui habilent le sol, Les. vege- 
tations cryptogamiques qui se developpent spontanemenl 
a la surface de tout sol hnmide et faction microbienne qui 
s^opere dans les nodosites radicales de certaines plantes en 
sont les causes. 

La premiere se manifests d'une maniere generate; la 
seconde ne constitue qu*un cas special. 



,^i^5S«v>v^*; 



ZOTH 



' S ^)*yif^ 



f 



R 



i\ 




fuit a Tri^rcure das ba/*bote4trs 



ZtiA yj .'-"'t.'-r j-'-'U^xf^'*-!^ 



r 



( 277 ) 



GLASSE DES LETTRBS. 



Seance du 6 mars 189^5. 

M. P. Henrard, directear, occupe le fauleuil. 

M. le chevalier Edm. Marchal, secretaire perp^tuel. 

Sont prints : MM. Cb. Loomans, vice-direcleur ; A! ph. 
l¥aiiters, A, Wagener, P. Willenis, S. Bormans, Ch, Piol, 
Ch. Polvin, J. Slecher, T.-J. Lamy, G. Tiberghien, L. Van- 
derkiodere, Alex. Henne, Gust. Fr^d^rix , le comte Goblet 
d*Alviella, F. Vander HaegheD, J. Vuylsleke, E. Banning, 
A. GiroD, membres; Alph. Rivier, associe; le baron de 
Cbeslrel de Haneffe, Paul Fredericq et Mesdacb de ter 
Kiele, correspondants. 



CORRESPONDANCE. 



M. le secretaire perp^tael donne lecture d*une leitre par 
laqoelle H"* Ganlrelle fait part de la roort de son mari, 
M. Joseph Ganlrelle, membre titulaire, d^c^d^ k Gand, le 
24 fevrier, k Tftge de 84 ans. 

M. le. secretaire perp^tuel fait savoir que M. Wagener, 
acc^dMi i la demande qui lui a 6i6 faite par le direcleur 
de la Classe, a bien voulu parler au nom de celle-ci, lors 
de rinhuoiation qui a eu lieu le 1*' mars courant. 

3"* 86RIE, TOME XXV. 19 



(278) 

Une loUre de condol^ance sera adressde k M"* veuve 
Gantreile. La Classe decide en m£me temps que le discours 
de M. Wagener figurera an Bulletin. 

M. Wagener rappelle qn*il avail 6i6 charge, au mois 
d*avril 1890, de mellre TAcad^mie en possession, tsur la 
denoande exprim^e par une personne qui d^ire que sod 
nom ne soil connu qu'apris sa n^orl », d'un capilal de 
45»000 francs, desUn^, au moyen des inldr^ls, k fonder uo 
Prix biennal de philologie classique, Ce don a &i6 accept^ 
par arrSi^ royal du 5 mai suivanl el, comme suite au 
r^lemenl adopl^ en si^ance gentle des trois Classes, le 
lendemain du mdme jour, la Classe sera liien(6l appel^e k 
juger les r^sulats de la premiere periode de ce concours, 
close le 51 decembre de Tatin^ derniere. 

Cetle g^n^reuse disposition en faveur de la philologie 
greco-latine co Belgique, que, dans mon discours, j*ai cru 
devoir qualiGer de don royal^ nous la devons, dit 
M. Wagener, k notre regrelt^ confrere, donl Texislence a 
el6 toute de d^vouement au professoral el au progr&s de 
la science. Depuis le commencement de sa longue el 
laborieuse carri^re, il a ^t^ mA par I'idde de [louvoir 
un jour donner aux langues et aux litt^ratures anciennes 
le plus precieux de$ encouragements. 

Je crois devancer les intentions de la Classe, (ermine 
M. Wagener, en proposant que le Prix biennal de philologie 
classique soil d6signe dor^navanl comme fonde par 
Joseph Gantreile, Ce sera la marque publique de la recon- 
naissance de TAcad^mie k T^ard d*un de ses membres 
qui, ne ponvanl, k cause de son grand &ge, prendre 
une pari aclive aux travaux de la Classe, a voulu laisser k 
celle-ci une marque de reconnaissance pour Tavoir admis 
dans son sein, comme membre lilulaire, en 1885. — 
Applaudissements. 



I 



( 279 ) 

M. ie Biioisire de rini^rieuretderinstruction publique 
eovoie^ poor ia bibliolb^oe de I'Acad^mie, tin exemplaire 
des oQvnges soivante : 

i * Let Etats de Flandre sous Us periodes espagnole el 
muiriehienne; par Gallel-Miry; 

2* Procis'verlmux des seances des conseils provinciauXf 
eession de 4893 ; 

3* Anecdota Maredsoleana^ vol. i ; edidil D. GermaDus 
Morin; 

4* Enumeracion de libros y documenlos concernienies 
a Cristobal Colon; public par rAcad^rote d*histoire de 
Madrid. 

— Remerciements. 

— Hommages d*ouvrages : 

1* Eludes hisloriques el archeologiques sur rancien pays 
de Liegej 1 ; par Ie baron J. de Cheslret de Haneffe, corres- 
pondaol; 

i* La liberie de la chariie; par L^od Lalleroand, associ^ 
a Paris; 

3* Chrisioforo Colombo^ discorso; par V. di Giovanni, 
associ^ k Palerme ; 

4* Nolificalion de la condamnalion de Galilee^ dal^e de 
Li^ge, 20 seplembre 1633; par I'abb^ G. Monchamp; 

a) Carlutaire de Vabbaye de Saint^Andre-le'Eas de 
Vieune; b) Correspondance politique et lilleraire du mar- 
quis de Valbonnais; c) Choix de documents hisloriques 
inedils sur Ie Dauphine; d) Carlulaires des hospitaliers et 
des lempliers en Dauphin4 ; e) Carlulaire de Vabbaye iV.-/). 
de Bonnevaux; f) Description analytique du cartulaire du 
chapilre de Saint^Maurice de Vienne ; g) Actes capilulaires 
de reglise Saint-Maurice de Vienne ; h) Diplomatique de 
Bourgogne, par Pierre de Rivaz, analyse et pieces inedites ; 



( 280 ) 

i) Reperlorium hymnologicum : Catalogue des chants^ 
hymneSf etc.^ 2* fasc. ; j) Le mystere des trots Dotns joue 
a Romans en 4509; par I'abb^ J. Chevalier; 

6® La diplomatic firanfaise et la succession d*Espagne^ 
I. IV (La solution 1700-1725); par A. Legrelle {pr&senii 
par P. Fredericq, avec une nole qui figure ci-apres) ; 

T" Africa^ drame couronn^, en cinq actes et en vers, par 
£d. Descamp (pr^ent^ par M. L. de Uonge, avec une 
note qui figure ci-aprte); 

8® Code politique et administratif de la Belgique; oeuvre 
posthume de F. Larcier, publi^e par Jules De Le Court, 
2" Edition. — Remerciements. 

— La Classe renvoie k Texamen de MM. Slecber et 
Le Roy une note de M. le capitaine Gaetan Hecq sur le 
Petit traictie compille par maistre Jehan Molinet^ a Vin- 
struction de ceulx quiveulent apprendre I'art de rhetorique. 
(Biblioth^que nationale de Paris, 7984, in-4% parch. 
36 feuillets.) 



Discours prononce aux funerailles de Joseph Gantrelle, 
membre de la Classe des lettres , par Aug. Wagener, 

Messieurs, 

La Classe des lettres de rAcad^mie royale de Belgique, 
donl Joseph Gantrelle faisait partie, ai*a pri^ de la repr£- 
senter dans cette triste c^r^monie et de payer ^ la m^- 
moire du savant distingue que la mort vient de lui enlever, 
un juste tribut de regrets et de reconnaissance. 

J'ai d'autant moins h£sit6 i me charger de ce pieux et 
douloureux devoir, que des liens d*une amiti^ sincere et 



f _ 



(281 ) 

profoode m'oni&iaient depots de longaes ann^s k noire 
emiDenl confrere et coll^iie. 

Gaotrelle fat 6\n correspondant de TAcad^mie le 
9 mai 1881 , membre effectif le 4 mai 1885. II avait 
aiteint k ce iDoment Vkge de 76 ans. 

Comtoent se fait-il que la Classe des lellres ait songS si 
lardivemenl ik s'associer un homme desa valeor? 

Cela tient snrtoul, d*aprte moi,^ ceque Tactivilescien- 
tifiqoe de Gantrelle, si grande et si f^conde qu*elle TAt, ne 
s*appliqoa qu'i partir de 1874 (il avait alors 65 ans) k 
lies mati^res liil^raires propreinent diles, notammeDt k la 
critique el k rinterpr^lalioo de Tacite. 

Ant^rieuremeDt, en faisant abstraction de quelques 
to'its de sa jeunesse, qui ccrtes, on vient de le dire, ne 
manqoaient pas de valeur, il s'^tait occup6 surtout d'6tudes 
gramma ticaJPS. 

Malheareusement, k notre ^poque, ces Etudes ne con- 
daisent gn^re k la reputation : celui qui aura compost un 
livre d'histoire ou d'^conomie sociale, un roman, un 
recueil de vers ou un pamphlet politique, obtiendra, par 
nnlerm&liaire des journaux, une notori^t^ que ne pen- 
vent esp^rer ceux qui publient des grammaires ou des 
trait^ de pMagogie, fussent-ils d*une incontestable 
▼aleur. D*ailleurs, dans Tesprit de plusieurs, les grammaires 
et les livres de pedagogic apparliennent k une cat^gorie 
de iravaux inf(§rieurs. Et pourtanl, combien ne faut-il pas 
de finesse de jugement, de savoir et de perseverance pour 
composer une grammaire qui soit a Tabri de la critique! 

La grammaire latine deGanlrelle, dont la premiere edi- 
tion date de 1839 et la douzieme de 1889, constilue k mes 
yeux une ceuvre de grande valeur, dont Eugene Benoist, 
professeur k la FacuUe des lettres de Paris, a pu dire, on 




( 282 ) 

vienl de le rappeler, que c*^lail le meillenr travail de ce 
genre 6cri( en langue francaise. Ce qu*il a falla it Ganlrelle 
de recherches de lout genre, d'^tudes et de meditations 
pour maintenir constamment son oeuvre au niveau des 
progrte incessants et considerables de la science gramma- 
ticale, ceux-li seuls peuvent le savoir et en rendre t^rooi- 
gnage qui ont v^cu dans son intimil^. 

Niebuhr, qui etait un homme d*£lat et un financier, en 
m^me temps que le r^novateur, au XIX* sitele, de la 
science hislorique, Niebnhr n*a pas craint de dire, it 
Texemple du grand Scaliger : 

Utini^m bonus essem grammalicus! 

Mais chez nous, par je ne sais quelle Strange al)erration 
d*esprit, bien des gens qui se croient fort babiles ont 
grand soin, dans leurs discours soi-disant pMagogiques, 
de pr^venir sans cesse le Gouverneroenl contre Tabus des 
etudes grammaticales, qui font tort, d'apr^s eiix, anx 
etudes litieraires. 

Gantrelle, dans le cours de sa longue carriere, n'a cesse, 
toutesles fois que Toccasion s'en presentait, d'insister, avec 
une energie sans pareille, sur la necessite de donner 
comme base k ^education litieraire, retude serieuse et 
approfondie de la grammaire. 

En agissant ainsi, il a ete amene, notamment en sa 
qualite d'inspecteur de Tenseigneroent moyen, k provoquer 
certains froissemenis qui, peu k pen, se sont fait jour avec 
une intcnsiie croissante, et ont reussi finalement it intro* 
duire dans les ecablissements de r£tat un affaiblissement 
considerable des etudes grammaticales. 

Les consequences funestes de cet affaiblissement ne 
se sont pas fait atcendre et, dans les examens universi* 



{ 283 ) 

Uires, Ganlrelle a pu, oon saDs one proronde aiDertume, 
les constaler avec ses coll^ues de la Faculty de philosophie 
et lelires. 

Messieurs, je ne vous apprends rien de noiiveau en vous 
disant que, depuis un demi-si^le, il s'est produit un 
mouTement ires 4nergiqiie conlre le roainlien, dans 
renseigoement moyen, de T^tude du grec et du latin. Ce 
mouvenient n*est pas sur le point de s'arrSter, et la r^pul- 
sioD dont les langues mortes sont Tobjet dans certains 
milieux, s*esl r^percutee fatalement sur la gramtnaire de 
ces langues. 

Voili des faits qn*on essayerait vainement de dissimuler, 
el qui ont conlribu^ ^ laisser dans Tombre, fort injuste- 
ment selon moi, I'activit^ graromalicale, d*ailleurs si 
remarquable, de Gantrelle. 

Ce n*esl qu*5 partir du moment oik ses Etudes se 
porlenl specialemenl sur Tacite, que sa reputation scien- 
lilique commence i s'^tendre. Les Editions de la Vie 
d*Agricola^ de la Germanie^ des Hhloires, qui iui avaienl 
et^ demand^es par nne grande maison de librairie de 
Paris, se suivirenl k de courts inlervalles et eurent, dds 
lenr apparition, un succ^s m^rit^. Elles prouvaient, en 
effel, que si Gantrelle ^(ait un grammairien de premier 
ordre, aucune partic de la science philologique ne Iui 
£tail ^Irangere. La constitution du texle de ces Editions 
l^moignait d*un esprit ^minemment critique et sagace; les 
observations dont ce texte ^tait accompagn^ ^lucidaient, 
d*une facon toujours claire et concise, souvent originale, 
les difficnlt^s que la graromaire et le dictionnaire ne 
snffisenl pas i r^soudre. L'histoire, la geographic, le droil 
public, y eiaient lour i tour mis k contribution et attes- 
taienl les connaissances etendues et precises du commen- 
lalear. 



( 284 ) 

Le c6l^ litt^raire n'y ^tail point n^lig£, car les iotro- 
ductions mises eo t£le de ces diffSreDts ouvrages pr6- 
seDtent, aa sujel dti style el de la composition de Tacite, 
des remarques aussi judicieuses que neuves. 

Le style de Tacite avait mfime fait, de la part de 
Gantrelle, Tobjet d'line £tude sp^ciale, dont le succ^s eo 
Alienriagne, en France et en Belgique Tut considerable. 

Cest noire confrere qui, le premier, a mis en lomi^re, 
dans une dissertation magistrale, le vrai caracl^re de la 
Vie d^Agricola. 

Serrant de pres un passage remarquable de cette bio-* 
graphic, il r^ossit a d^montrer, ce qui n'est plus gu^re 
contest^ aujourd*hni, que, tout en ayant la forme d*Qn 
eioge bistorique, c'est, au fond, une apologie de Tacite loi- 
m£me, auquel, au lendemain de Tav^nement au trdne de 
Nerva et de Trajan, on reprochait, non pas toui k fait 
sans raison, la ti^deur et la resignation passive qu*il 
u*avait cess^ de montrer durant les quinze ann^es du regne 
tyrannique de Domilien. 

L'explication d^taillee que Gantrelle donna, k cette occa- 
sion, des trois premiers cbapilres de VAgricola pent dtre 
signal^e comme un vrai module du genre. On y voit aussi 
que notre confrere, tout en paraissantentierementabsorbe 
par ses Etudes linguistiques, avait une singuli^re perspica- 
city politique, dont il donna du reste maintes preuves, a 
toules les ^poques de sa vie, par la maniere dont il appr^- 
ciait les evenemenls de son temps. 
, Depuis la publication de ces travaux philologiques, le 
renom de Gantrelle ^lait definitivement ^labli en Alle- 
magne et en France* II y fut range d*embiee parmi les 
meilleurs connaisseurs de Tacife, et la Revue critique de 
Paris s'empressa de se Tattacher comme collaborateur. 




( 285 ) 

pour faire le compte rendu de (oales les publications rela- 
tives au grand hislorien latin. 

Ed Allemagne, ses opinions sur la port^e et le caract^re 
de la Vie (fAgricola donnerent naissance k de longues 
cootroverseSy qui ont assur^ k son oeuvre une notori^t^ 
durable. 

En prince de ces incontestables succte, la Classe des 
lettres de TAcad^mie de Belgique Taccueillit dans son 
sein.Mais n*y arrivantque vers le d^clin de la vie, il ne 
pot faire paraitre dans les publications de TAcad^mie que 
des travaox peu nombreux. 

En 1883, il comoiuniqua k la Classe des lettres une 
iiude litt^raire sur la place des nnots dans la phrase 
latine. 

Cel essai, qui d^montrait une fois de plus que choz Gan- 
Irelle les preoccupations du grammairien n'avaient point 
faire tort k ses instincts litteraires, fut trds favorablement 
appreci^y notamment par Louis Hymans, qui certes n'^lait 
pas suspect de trop aimer les grammairicns, et-dont la 
rectitude de jugement, en matiSre de litt^rature, ^tait 
giD^ralement reconnue. 

En 1886, Gantrelle ins^ra dans les Bulletins de la 
Classe une dissertation sur les Su^ves des bords de TCscaut. 
Ce travail ^tait destine k d^fendre, contre plusieurs de 
ses confreres, les opinions qu'il avait ^mises anterieure- 
ment sur une question int^ressante de g^ographie 
aocienne. 

Sans vouloir pr^tendre que, dans la controverse qui 
surgit k cetic occasion et qui fut men^ de part et d'autre 
avec one grande vivacity, Gantrelle ait en raison snr tons 
les points, il est certain qu'il y montra, malgr^ ses 77 ans, 
tontes les quality qui le distinguaient : la nettetS des 



( 286 ) 

id^es, la vigueor da raisonnemenl, ropposilion syslema* 
liqae & toutes les hypolbdses d^nu^es de preuves, k 
toutes les generalisations impmdentes et h&tives. 

Tout en rendant pleinement justice k ee quil y a de 
solide dans Tesprit germaniqne, Gantrelle avait nne predi- 
lection marquee pour la litterature Tran^aise, doot il 
prisait bautement lesquaiiies mattresses: la clarte et la 
sobrieie. 

Guizot et, dans ces derniAres ann^es, MM. Gasion Bois- 
sier et Taine etaient ses auteurs prefer^s. 

Gr&ce au commerce assidu qu'il enlretenait avec ces 
grands ecrivains, il avait r^ussi k se former un style qui, 
sans etre brillant, n*etait assur^ment pas d^nue de merites 
s^rieux. 

C'est ainsi que Gantrelle, en debutant par des etudes 
grammaticales, finit par devenir un veritable pbilologue, 
dans la pfus baute acception de ce mot. En effet, pour 
lui, comme pour Frederic- A uguste Wolf, la philologie 
classique etait la connaissance complete, sous tons les 
rapports, de Tantiquite greco-romaine, la reproduction 
ideale de cette anliquiteau point de vue de la pbilosophie, 
de la religion, du droit, de Tart el de la litterature. 

• 

C'est k la pbilologie ainsi entendue qu*il s'etait voue 
avec toute renergie qui le caracterisait. C'est elle qu*il 
dei'endait, avec une ardeur indomptable, contre tons ceux 
qui, d*apres lui, en entravaient repanouissement. II etait 
beau, quand on attaquait en sa presence cette philologie 
qui lui etait cbire, de voir avec quelle ardeur juvenile ce 
vieux lutleur s'acharnait k parer les coups qu*on lui 
porlatl, car ils sont rares ceux qui, jusqu'i un ftge avance, 
conserveut toute la cbaleur de leurs convictions, an lieu 
de se laisser alier, comme tant d'autres, au decouragement 
ou k rindifference. 



( 287 ) 

Ce que Ganlrelle aimait, il Tairoait passioon^ment, et 
80D amour pour les Eludes philoiogiqaesy il en a fourni, 
il y a quelques ann^es, une preuve ^clatanle, en offrant k 
rAcad^mie, par roon interm^diaire, mais avec la recom- 
maodatioo expresse de ne r6v£ler te nom du donateur que 
quaud il n'apparlieDdraii plus au monde des vivants, uue 
Bomroe de quarante^cinq mille francs^ pour fooder un 
priz de philologie classique. 

Cher confrere, tu m*avais fait promellre de ne r^v^ler 
qo'aprto la mort le nom du g^n^reux fondateur du prix 
de philologie classique. J*ai religieusemenl tenu ma 
promesse, mais, dte aujourd'hui, j*ai cru, eo ma double 
quality d'ami el de d^l^u^ de TAcad^mie, pouvoir 
d^hirer le voile dont la modeslie s'obslinail k se couvrir. 

Le don que lu as fail k TAcad^mie esl, j'ose le dire, un 
doD vraimenl royal, car lu n*^lais pas du nombre de ceux 
que le privil^e de la naisssance ou les coups du basard 
ool mis k la tile d'une grande fortune. Cesl uniquemenl 
gr&ce k ton intelligence, k ton activity incessanle, k ton 
courage et k la simplicit6 de les gouts, que tu as riussi k 
assurer k la famiile une aisance honorable, el c'est sur un 
patrimoine conquis dans de pareilles conditions, que lu 
D*as pas crainlde prilever une part relativemenl conside- 
rable, sans aucune preoccupation personnelle, uniquemenl 
dans rinterSt de la science I 

De pareils exemples soni irop rares pour qu'on ne rende 
pas k ceux qui les donnenl un hommage edalanl et 
public 

Cher ami, je le dis adieu, mais je garderai de loi un 
souvenir iternel, le souvenir d'un homme d'une trempe 
peu commune, droit et loyal, iudbranlable dans ses convic- 
tions, poussanl parfois la franchise jusqu'ik la rudesse, 



( 288 ) 

mais passion n^men I d^vou^ k sa famille et k ses amis, 
adversaire implacable de la duplicity et du mensonge, 
aimant par-dessus toules choses la v^rit^ et la science, au 
culte de laquelle tu as voiilu^ dans la mesure de tes forces, 
contribuer mdme au deli de la tombe. 

Encore une fois, an nom de TAcad^mie, au nom de les 
amis, adieu ! 



notes bibliographiques. 

Messieurs, 

L'ann^e pass^e, j*ai eu Thonneur de vous pr^enler, au 
nom de Tauleur, les trois premiers volumes d*un ouvrage 
qui intiressera vivement les historiens beiges : La diplo^ 
malie frangaise et la succession d'Espagne^ par M. A. Le- 
grelle(l). Aujourd*hui, j'offre k la Glasse des lettres le 
tome IV et dernier, intilul^ : La solution (1700-1725). 

Le consciencieux historien frangais y ^tudie Paccepta- 
tion du testament du roi d'Espagne par la France, la 
reconslitution de la Grande-Alliance, la con tre-coali tion 
de Louis XV, les premiers effets de la guerre, les projets de 
demembrement de rEspagne,les pr^liminaires de Londres, 
les traits d'Utrecht et la paciflcalion g^n^rale qui s'en- 
suivit. Comme pour les volumes precedents, un appen- 
dice conlient une s^rie de pieces in^dites. 

M. Legrelle fait surtout parler les documents, les citant 
copieusemeut dans le texte. C'est une m^thode sAre, mais 



(I) Seance do 7 mars 1892; BaUeliiu, 5« sdrie, t. XXIll p. 984. 



( 289 ) 

qui nuit parfois it son livre au poinl de vue litteraire. Un 
critiqae aiissi autoris^ que M. Louis Farges s*est exprime 
tres justement i ce sujel dans la Revue historique de Paris: 
c L'aateur perd ainsi en inl6r6t ce qu*il gagne en solidity ; 
mais aussi bien c'esl un beau d^faut que celui que je lui 
reproche, et il n*en reste pas moins que nul ne pourra 
d^sormais iludier la succession d*Espagne sans avoir 
recours a son travail. > 

Paul Freoericq. 



II n*esl rien de plus noble et de pluBg^n^reux en noire 
temps que Tenlreprise d'abolir la traite des negres, celle 
horrible plaie qui d^truit ou fl^lrit des millions d'exis- 
tences bumaines. 

Les Beiges ont le droit d'etre fiers de leur Roi. C est 
grftce il lui qu'on voit les nations cbr^tiennes, oubliant 
leurs rivalit^s et leurs defiances mutuelles, s*unir dans une 
action commune pour 6tablir dans le continent noir le 
r^ne de la justice et de Phumanit^. 

Llllustre cardinal Lavigerie avait ouvert un concours 
litteraire international pour le meilleur ouvrage sur Pes- 
elavage africain. 

Trente-cinq manuscrits en diverses langues ont pris 
part k ce concours. Cest un Beige qui a m6rit6 le prix. 

J'ai rbonneur de presenter k TAcad^mie de la part de 
Tauteur, mon coll^ue k rUniversil^ de Louvain^ M. Des- 
camps, Toeuvre qui vient d'etre couronn^e : c*est un drame 
en cinq actes, en vers, intitule : Africa. 

On pourrait dire, en for^ant un peu le sens, que Tau- 
teur: 

Sur des pensers nouveaux a fait des vers antiques. 



( 290 ) 

Si les id^es sont toiUes modernes, la forme est pure- 
ment classique.On voit que M. Descamps 8*est p6u6iTi des 
grands matlres du XVII* si^cle. L'eipression des seDti- 
meals h^roiques, ja coDcision do dialogue, P^oergie et 
r^lat du vers rappelteol son?eol Corneille, et, dans les 
plaiules d*une m6re que Tod s£pare de sod fits, on trouve 
des accents dignes de Racine. 

c Si, dit le Rapporteur de la Commission qui a d^rn^ 

> lepriXfM. Lefevre-Ponlalis, le tb^Atre moderne peutse 
ji renouveler, c'est par de telles ceuvres qui valent autant 
» par la forme que par le fond; elles Taideront k remonter 
» vers les hauteurs, en ravivant les sources ^ternelles de 

> la beaut6 morale et les g^n^reuses Amotions ennoblies 
» au service d*une grande cause. > 

L. DR MONGB. 



CONCOURS ANNUEL POUR fANNfiE 1894. 



La Classe entend la lecture des rapports de MM. Prins, 
Loomans et Tiberghien, sur le roemoire concernant les 
syst^mes p^nitentiaires. 

La Classe se prononcera sur les conclusions de ces 
rapports dans la s<^ncc du mois de mai fixie pour le 
jugement du concours. 



( 291 ) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



A propoB des depouilles morlelles du celebre Antoine 
Arnauld^ mart d Bruxelles en 4694; par Alphonse 
Wauters, membre de rAcad^mie. 

La d^iuolilion de raocienne ^glise SaiDte-CatheriDe, k 
Bruxellesy qui va Aire en parlie remplac^ par uoe usine 
deslio^ au service de Feclairage ^lectriqtie, a report^ 
ralleolioD sur la morl d*un des homines lesplus marquants 
du XVil' ftitele, le celebre Aoloine Arnauld, mort daus 
noire ville le 8 aout 1694, apr^s one vie singuli6rement 
agit^» et qui y est eiUerre, suivant l*opioion commune. 
Ce n*6st pas le lieu ni le moment de parler en detail 
de la fameuse querelle des molinistes et des jansinisles, 
qui troubia tant d*esprits et Ql ^ciore tant de volumes 
pendant les r6gnes de Louis Xlil et de Louis XIV. c Rien 

> n*est plus connu, a dit \ olime {Siecle de Ixniis XIV ^ 

> dans {'edition Furne, t. IV, p. 14), que T^loquence 

> d*Arnauld, son (Erudition et ses disputes, qui le rendirent 

> si celebre et si malheureux, selon les idees ordinaires 
» qui metlent le malheur dans Teiil et dans la pauvrel^, 
» sans consid^rer la gloire, les amis et une vieillesse saine, 
» qui furent le partage de cet bomme fameux >. En 1679, 
menac6 par Tautorit^ despolique de Louis XIV, priv^ de 
Tappui de M*** de Longueville, que la mort enleva, il prit, 
dit ailleurs le m&aie 6crivaiu (p. 270), le parti de quitter 
pour jamais la France et d'aller vivre dans les Pays-Bas, 
inconnu, sans fortune, n.6nie &ans domestiques: lui, dont 



( 292 ) 

le neveu avail 6i& ministre d'£tat, lui, qoi aurail pa dtre 
cardinal. Le plaisir d*^crire en liliert^ lui tinl lieu de tout. 
II veeut jusqu'en 1694, dans une retraite ignor^e du monde 
et connue de ses seuls ami$» toujours ^erivant, toujours 
philosophe sup^rieur i la mauvaise fortune, et donnant 
jusqu'au dernier moment I'exemple d'une dme pure, forte 
et in^branlable. . 

A r^poque de la mort d'Arnauld, la querelle th^ologique 
^lait UD peu calm^e, par suite de la paix qu'avait impos^e 
aux deux partis le pape Clement IX ; ajoutons qu'un grand 
nombre dc prdtres, de magislrats, de fonctionnaires aux 
Pays-Bas ^taientfavorables aux id6es.jans6nistes. Arnauld 
y aurait done joui d*une paix complete, s*il n*avait sans 
rel&che continue ses iravaux de poi^mique. Mais plus sa 
renomm^e augmentait, plus s'atlisait la haine de ses 
ennemis. C'est pourquoi, lorsqu^il mourut, ses amis prirent 
le plus grand soin de cacher le lieu de sa sepulture, qui 
iUkil encore g^u^ralemenl inconnu lorsque Bayle ^crivait : 
c Notez qu*on ignore le lieu, dit de ce dernier le Dic/ton- 

> naire historiqne et critique (Z^ Edition, Amsterdam, 1 720, 
» 1. 1, p. 514, citant VHistoire abregee de la vie d'Arnauld, 

> p. 303), ou il mourut; on croit que ce ful dans un 

> village du pays de Li6ge (1), ou encore moins le lieu ^ 



(I) Cest cc qui r^ulte egalemeot de la longue ^pitaphe publice, 
dans une brochure du temps. Elle se terminc ainsi : 

Obiit sub iisdem octogenario major, 

Anno reparats salutia M^DC^XCIV, 

VI Idas August!, 

In Leodiensi pago, ubi studendi, scribendi, 

Et assidu^ Deum orandi causA 

Latere voluerat. 

Ibi latet. 




( 293 ) 

» oil il a ^l^ enterr^, et c*est Tune des coiiformil^s que 
> Ton Irouve entre sa destin^e el celle de Moise >. On sail 
le loiig d^bat auqiiel donna lieu le lombeati de T^vdque 
d'Ypres Jans^nius el Tinscriplion que ses amis y avaienl 
fail placer. Un Iravail special de feu noire col l^ue, Alphons^ 
Vanden Peereboom, nous a iransmis i ce sujel lous les 
renseignemenls desirables (1); on nMgnore pas non plus les 
pers^ullons auxquelles ful en bulle le po^le Sanleuil, 
pour avoir consacr^ ces beaux vers ^ la m^moire d'Arnauld, 
dont le coeur avail ^i^ porl6 aux religieuses de Porl-Royal 
par son ami, Kulh d'Ans : 

Ad Sanctas rediit sedes ejectus el exul, 

Hosie Iriumphato, lol lempeslatibus aclus, 

Hoc porlu in placido, hac sacra lellure quiescit 

Arnaldus, veri defensor el arbiter aequi, 

lUius esse memor sibi vendicet exlera tellus; 

Hue coclestis amor rapidis cor Iranstulit alis, 

Cor nunqnam avulsum, nee amalis sedibus absens« 

vers donl M. de la F^mas a donn^ la Iraduclion, assez 
faible, que voici : 

c En fin, apris un long orage 

> Arnauld revient en ces saints lieux. 

> 11. est a u port malgrd les envieux 

» Qui eroyoient qu*il feroil naufrage. 

» Ce martyr de la v^rit^, 

» Ful banni, ful persecute 

9 Et iDourut en terrc ^trangire, 

> Heureuse de son corps d'etre d^positaire! 

» Mais son coeur, tou jours ferroe et toujours innocent, 

(Ij ConUtiuM Jansenius, aeptUme evique d'Ypres, sa mort, son 
testament, ses epitaphes, Bruges, 1883, in-8«. 

3*' S^RIE, TOME XXV. 20 



(294) 

I Put porl6, par I'amour, ii qui (out est possible, 

» En cettc rctraite paisible, 

1 D'ou jamais il ne fut absent (1). » 

On sail aujourd*hui que le bruit de la mort el de Tense- 
velissemeni du corps d^Arnauld au pays de Li<^gc, n'^lail 
qu*une fable r^pandue k dessein. Despr^aux (ou Boileau), 
interrog6 i ce sujel, r^pondil, si Ton en croit le Journal 
de Brosselte du 22 octobre 1702, que les amis d'Arnauld 
avaient Tail courir cc bruit atin d*6ler aux jesuiles, ennemis 
de M. Arnauld el de sa memoire, la coonaissance du lieu 
oil il reposait, de peur quits ne le fissenl d^lerrer, comme 
lis rent fail, dit Brosselle, pour Jans^nius. € M. Arnauld, 
» ajoute celui-ci, est mort dans un faubourg de Bruxelles, 

> el il a 6i6 enlerr^ dans I'^lise de ce faubourg, secr^le- 

> ment el pauvrement, sous les degr^ de Tautel. II n*y a 

> que Iris pen de gens qui le saehenl, el M. Despr^aux m*a 

> dit que Ton comple bien que je ne divulguerai pas celle 

> particularity. > On lit encore dans le mime journal que, 
vingt ans apris, en juin 1728, Brosselle, ayanl inlerrogi k 
ce sujet Jean-Baptiste Rousseau, alors refugii k Bruxelles, 
sur les mimes details, ne put Hen en apprendre, car on en 
faisait encore un mystire (voir Sainte-Beuve, Pori^Royal^ 
I. V, p. 474). 

Remarquons, au surplus, qu*k Tipoque de la mort 
d'Arnauld, ce dernier n'ilait en rialili en bulle qu'k des 
inimitiis ihiologiques el litliraires. Le roi Louis XIV avail 
pu lui en vouloir, mais sa vie retirie el solitaire avail 
dissipi les soupfons que Ton avail d*abord con^us contre 



(1) Hufoire de$ luiies eau$ie$ par M, Arnauld aprhi ta mort ci le 
dimetU de Mont, SanteuU avec lesJituites, 1696, pp. 40 ct il. 




( 295 ) 

lai. Auk Pays-Bas od ne pouvait se plaindre de son s^jour, 
si ce D*est k cause des querelles que provoquaient ses 
Merits et son style parfois trop acerbe. A Rome, la nouvelle 
de sa mort, comme le dit Lanjuinais {Etudes biogra^ 
phiquet et litteraires, p. 19. Paris, 1823, iu-S*), fut un 
deoil. Son ^loge, conlinue le m£me 6crivain, y fut pro- 
nonc£ publiquement dans une illustre assembl^e, au 
coli^e de la Sapience, et sa m^moire y fut touee en plein 
consistoire par deux cardinaux, dont un s'exprima ainsi : 
4 On canonise des saints qui ont rendu moins de services 
» et dont la vie n*a pas £t^ plus pure ». 

Mais cette reputation ^ciatante se ternit rapidemcnt. 
Lesj^uites Temport^rent ^ la cour de Rome, et bienldt 
exercereni sur Ic clerg^ beige une influence toute-puis- 
sante. Lorsque, plus tard, leur ordre futsupprim^, la lutte 
etait engag^e entre les doctrines philosophiques el les id^es 
religieuses, et les dissensions qui avaient divis6 les d6fen- 
seurs de ces derni^res ^taient k pen pr^s oubli^es. La 
personnalite et les oeuvres d'Ariiauld ne comptaieut plus 
que de rares admirateurs. 

La suppression violente du monast^re de Port-Royal et 
sa fermeture k main arm^e, prescrite peu de temps apris 
la mort d*Arnauld par Louis XIV, expliquent les craintes 
des amis de Texil^, craintes dont on pent voir une trace 
frappante dans T^pitaplie qu*a consacr4e k Tillustre th^olo- 
gien le calibre Boileau, et qui est con^ue en ces termes : 

< Au pied de cet autel de structure grossiire 

» Git sans pompe, enferm^ dans une vile biire, 

» Le plus savant roortel qui jamais ait derit; 

» Arnauld, qui sur la gr^ce instruit par Jesus-Christ, 

» Combattit pour TEglise, a dans I'^Iise m^rae, 

B Souffert plus d*un outrage et plus d*un anathime. 



( 296 ) 

Plein du feu qu'en son cosur souflla Tesprit divin, 
II terrassa P^Jage, il terrassa Calvin, 
De tous les faux docteurs confondit la morale. 
Mais pour prix de son zele on Pa vu rebute, 
En cent lieux opprim^ par leur noire cabale^ 
Errant, pauvre, honni, proscrit, persecute; 
El m^me par la mort leur fureur mnl eteinte 
N'au rait jamais laiss^ ses cendres en repos, 
Si Dieu lui-mdme ici de son ouaille saiote 
A ces loups d^vorants n'avait cach^ les os. » 

Ces vers m*oht donn^ k refl^chir. L*expression c Au 
pied de cet autel, de structure grossi^re >, ne peut 
8*appliquer i T^glise Sainte-Catberine, de Bruxelles, donl 
le mattre-autel, que nous venons de voir mis en vente el 
adjug^ k vil prix, ^tait alors nouveau et ^talail au 
centre de sa belle decoration de style renaissance, un des 
chefs-d'oeuvre de Grayer : Sainte Catherine regue dans le 
del, qui a ^t^ transport^ au Louvre pendant Toccupation 
francaise, restitu^ en 1817, et qui orne encore aujourd*hui 
la nouvelle ^glise d^di^e k la mdme sainte. Boileau, en 
parlant comme il le fait, n'a pu, ce me semble, songer k 
one ^glise paroissiale de Bruxelles; il a fait sans doute 
allusion k une chapelle modeste, dont le nom n'^tait 
connu que de quelques amis du c^l^bre d^funt. 

Dansladix-buiti&me Edition deMor4ry(Amsterdam,1740, 
t. I, p. 642), on lit c que M. Arnauld mourut k Bruxelles, 

> dans le faubourg de Loo, le huitidme jour d'aoAt 

> 1694, aprte avoir re^a les sacrements de la main de 

> son pasteur, quoiqull etit c^l^br^ sa messe deux jours 

> auparavant. Son corps fut inhum^ dans T^lise de 

> rhospice des Primontr^, od il logeoit, et son coeur 
9 apport^ k Port-Royal-des-Champs >. Ces renseigne- 



( 297 ) 

ments, qui paraissent si f r^cis, ne son I bons qtfi nous ^ga-* 
rer. En effet, il n'y a eu ^ Bruxelles ni un faubourg de Loo^ 
ni un hospice, avec ^glise, de Tordre des Pr^montr^s. 
Mais d^ji on semble se rapprocher de la virile, el si Ton 
r^fl^chit que ie iravail de Mor^ry a &i6 iroprim^ k Amster* 
dam, i une ^poque et dans un pays oil se trouvaient 
alors un grand nombre de jans^nistes beiges, qui avaient 
fui leur palrie pour i^viter les pers^culions dirig^es conlre 
eux sous Ie gouvernemeut de Tarchiducbesse Marie* 
£lisabe(b, on comprendra que quelques-uns d*entre eux 
onl pu avoir connaissance du lieu oil reposaient, en 
r^alil^, les resles morlels d'Arnauld. Seulement Ie nom 
de la localil^ aura &i& mal compris ou mal imprim^. C'est 
c au faubourg de Ten-Noode », el non au faubourg de Loo, 
qu*il faul lire, et ce qui semble Ie prouver, c*e$l qu*il 
existe aux Archives de la ville de Bruxelles un nianuscril 
inlitul^ : Recueil d^epilaphet de plusieurs hommes illustres 
et auireSf oik les vers de Boileau sonl reproduils, pr£c^d6s 
de ia menlion quMrnati/d git a Saint-Josse-Ten-Noode. 
Ce manuscril forme un cahier de papier de 37 pages 
inquarlo, el dale de la 6n du si^cle dernier. Les £pila- 
pbes qui y sonl conlenues s'arr^lenl aux annees 1720 ou 
4730, sauf T^loge de Timp^ralrice Marie-Th6rtee, d^c^d^e 
en 1780, el sign6 par O'Kelly, k qui la copie loul enlidre 
est due. Les O'Kelly apparlenant k une famille de h^rauts 
d'armes, onl Ad connallre, sur les anciennes families et 
sur leurs lombeaux, bien des parlicularil^s ignor^es par 
d*aulres. A celie ^poque, Saint-Josse-Ten-Noode n*^(ait 
qu*un hameau, et son ^glise, qui a ii6 agrandie en 1714, 
en 1777 el plus r^cemmenl, en 1835, ne conslituait qu'une 
simple annexe, un oraloire dependant de la coll^giale de 
Sainte-Gudule. A-l-elle renferm^ les restes d'Arnauld? il 
serait impossible de s*en assurer, car elle a ii& renvers^e 



( 298 ) 

de fond en comble pour Taire place k T^glise actuelle, qui 
ne date que d*une trentaioe d^ann^es. 

Quant i T^lise Sainte-Catherine, ce ne fut que long- 
temps aprte la mort d*Arnauld que Pon s'habitua k la 
consid^rer comme ayanl &l6 le lieu de d£p6l de sa 
d^pouille mortelle. Lorsque parut I'^dilion complete des 
oeuvres d'Arnauld (^dit. in-4% Lausanne, 1775-1779), on 
y ins^ra, parmi les pi^s justificatives, la pi^ce suivanle : 
Ego Gvitlelmus Vmh den Nesse^ pastor parochialis eccle^ 
siw 5"* CatharincB Bruxellis^ tesior quod die 9 augusti 
hujus anni 1694, me curante^ prwsente^ cooperan/e, 
deposilwnp est in sepulcrali caved familicB doinini de 
Steenhout^ quw prope et sub gradibus majoris altaris 
prmfatOB ecclesi<B sita est^ corpus sapientissimi viri domini 
Anlonii Arnoldi Parisiniy presbiteri et in Academia 
Parisiensis doctoris^ ac socii Sorbonici, quod quiUem 
corpus, sacerdolalibus ornamentis indutum, in area ligned 
inclusd alteri plumbecB conditam est. In quorum /idem ita 
subscripsi, die 9 augusti ejusdem anni 1694. Erat signa^' 
turn Van den Nesse, pastor ut supra (voir Le Mayeur, La 
gtoire Belgique, i. II, p. 601), c'est-^-dire : € Moi, Guil- 

> laume Van den Nesse, cur^ de la paroisse de Sainle- 

> Catherine k BruxeliesJ^attesle que, le 9 aout 1694, par 
» Dies soins, en ma presence et avec mon aide, a 6le 
» depos6 dans le caveau s^pulcral de la famille du sei- 
» gneur de Sleenhoul,qui se trouve pr^s et sous les degr& 

> du mallre-autel de la susdile ^glise, le corps du irte 
t savant homme, seigneur Anloine Arnauld, de Paris, 
» pr^lre, docteur de TUniversile de Paris et membre de 
» la Sorbonne; que ce corps, revSlu des v^tements sacer* 

> dotaux, a ii6 renferm^ dans un cercueil en hois, com- 

> pris dans un autre en plomb. En foi de quoi^ j*ai 

> signe... > 



( 299 ) 

Mais celte pi^, 8i precise, esl-elte authentique? 
II est permis d'en douler, car Vandenesse o'y prend pas 
son veritable litre, celui dii cur^ de Molenbeek et de 
Sainle-Catherine. Elle est d'ailleurs d^mentie par un autre 
documeot eman£ pr^cis^ment du ciir^ Vandenesse. C'est 
one liste des sepultures existant dans la m£me ^glise 
Sainte-Catherine et dress6e par le cur^, avec le concours 
dedeux de ses paroissiens et du fossoyeur, en 1710. On y 
lit qn*en 167... on consCruisit, dans le grand chceur, le 
caveau de la famille du sieur Steenhout alidn Bulincx, 
dont une fille demeurait alors k Enghien et y ^tait marine 
avoc le sieur Marbey, et dont un tils babitait i Malines, od 
il <^tait devenu conseiller au parlement (conseil de Malines), 
tandis qu'un autre ^tait ^tudiant k Lonvain. Dans ce 
cavean, ajoute celte lisle, il n'y a personne de la famille qui 
soit enterr^, si ce nVst un ou deux enfants, et Ton ne 
troiive pas que le seigneur Slcenhoui ait pay^ i la cure 
aucune reconnaissance pour eel emplacement (1). N*exisle- 



(I) Onder den hooghen autacr is anno 167... gemaeckt de kelder 
Tan de famiUe van den hcer Sleenhout alias Bulincx, waervan eene 
dochler woont tot Engien ende aldaer gehuwt is aen den heer 
Marbcy; een soon woont tot Mcclielen, synde in anno 1712 aldaer 
geworden raedshcer van bet parlement, ende eenen is in de studie tot 
Lovcn. In dese kelder en is niemant van de familie begravcn als een 
oft twee kinderen, ende oick en bevindt men niet dat dc beere Steen- 
hoat aen de pastorye ecnige recognitie voor de plaetse gegcven heeft. 
Le document contenant ces details est intitule : /tulruciie ende inform 
matie genomen anno 17 10 van de legraefplaetten ende tarken in Sinte 
Katharina kereke, door den heer paetoor, beneffens de heeren Joh* de 
Becker, die in Sint Kalhelyn /uefi geretideert omtrent de vyflieh 
Jaeren, ende Jacobus De Laer, die geresideert heeft omtrenl de vier en 
deriigh jaeren, gehoort den graffmaeker, Manuscrit de la Bibliotb^ue 
royale, fonds Goethals, n* 4558. 



( 300 ) 

t-il pas une contradiction manifeste entre ce document et 
la declaration citee plus haut? Oserait-on supposer que le 
cure Vandenesse aurait garde le silence le plus complet sur 
Tensevelissement du cel^bre Arnauld, dans une piece d*uQ 
earaclere aussi secret que le relev^ que nous venous de 
citer ? Pourrait-on croire que Daniel Leyniers, k qui on doit 
la copie de ce texte, et qui y a ajout^ des notes nombreuses, 
se serait k son tour tu sur une circonstance aussi iropor- 
tante. Je le r^p^te, il y a li une contradiclion manireste 
entre cette liste de siJpultures, liste dont la pareille existe 
encore a la cure de Sainte-Catherine.et la declaration attri- 
bute k Vandenesse et dont la publication est de longtemps 
poster ieu re k sa mort. 

Ajoutons que Jacques-Auguslin De Bleye, cbanoinc de 
Sainte-Gudule, dans sa cbronique manuscrite de Bruxelles, 
qui s*arretei 1769, et od il cite une cbronique anterieure, 
qu*il intitule la Chronique de Van Assche^ croyait que 
Arnauld avait ^t^ enseveli en secret (1) k Sainte-Gudule, 
et Pabbe Mann, dans son Abrege de I'histoire de Bruxelles 
(t. I, p. 193), doute si sa sepulture est k Sainte-Catherine 
ou k Laeken. Circonstance bien Strange, on n*a rencontre k 
Sainte-Catberiue aucune trace de cet ensevelisseinent, ni 
dans les archives, ni dans les fouilles qui ont eu lieu dans 
le temple a diverses reprises. Tout rdcemment, on a ouvert 
le grand caveau Taisant face au maUre-autel, et Ton y a 
trouve de faibles restes de deux corps, dont Tun portait 
encore quelques traces de v^tements sacerdolaux ; mais 
c*etait le lieu d*inhumation (avant T^dit de Joseph II, de 
1783) des chefs spirituels de la paroisse. Pour etre cer- 
tain que Ton avait devant soi les restes d'Arnauld, il aurait 



(1) ffeyme(yck, telle est Texprcssion dont il sc scrt. 



( 301 ) 

fallu les retrouver daos uo cercueil de plomb. ActuellemeDt 
il n'y a plus de trace de la pier re s^pulcrale des Sleenhout ; 
le pavage du temple a, du reste^ 6i& completement modifl^ 
k plasieurs reprises, Dotaminent en 1787 et en 1806, et 
les pierres tumulaires exislant dans T^glise ont subi des 
d^placements norobreux. Les registres des services reli- 
gieux affectum k Sainte-Calberine nous auraient peut-dtre 
Tourni queiques renseignements; mais, ils sont complete- 
ment muets, au sujet d*Arnauld, ainsi que ceux de Sainte- 
Gudule, oik ^laient ^galement inscrites les personnes 
mortes k Saint-Josse-Ten-Noode. Faut-il en conclure qu'k 
une ^poquc oik dominaient les cnnemis des jans^nistes, 
postirieurcment k la mort du cur^ Van den Nesse, on 
aura fait disparattre k la fois le cercueil en plomb contenant 
les restes de son matlre et ami, el supprim^, mutil^ ou 
d^tourn^ Tun ou Tautre volume contenant une mention des 
honneurs fundbres rendus k sa m^moire? Dans I'impossi- 
lit^ d'accueillii* a priori ces suppositions, ne semble-t-il 
pas que Ton doive admettre Tensevelissement d'Arnauld 
dans une chapelle ignor^e, telle que retail, k cette <^poque, 
r^lise de Saint-Josse-Ten*Noodc. 

Quoi qu'il en soit, il semble certain aujourd*hui que ni 
BruxelleSy ni ses faubourgs, ne poss^dent plus les restes 
du c^lebre polemiste ; le basard, ou des rechercbes plus 
beureuses que les miennes, pourront seuls nous renseigner 
sur ce qu*ils devinrent imm^diatement apres sa mort (1 )• 

(I) En tcrminanl, qu'il me soil pcrmis de rendre hommage au 
personnel de la Riblioth^que royale, lanl de la section des imprimds 
que de eelle des manuscrils, qui ai*a permis de poursuivre eettc 
6tude aussi loin que possible. 



■ 



( 302 ) 



GLAS8E DES BEADX-ARTS. 



Seance du 2 mars 1895, 

M. Ad. SAMUELy directeur. 

M. le chevalier Edm. Marghal, secretaire perp^luel. 

Soot presents: MM. G.-A. Fraikin, £(l. F^tis, Era. Slin- 
geneyer, Ad. Pauli, Jos. Scbadde, Jos. Jaquet, J. DemaDoez, 
P.-J. Clays, G. DeGroot, G. Blot, H, Hymans, J. Siallaerl, 
Max. Rooses, J. Robie, G. Huberti, A. Heoaebicq, £d. Vao 
Even et Cbarles Tardieu, membres; Alb. De Vrieiidt et 
P. G^oard, correspondante, 

— M: Th. Radoux, mepibre de la Classe, ^crit qifune 
indisposition rempSche d'assister a la stance. 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de Tlnt^rieuret de Tlnstruclion pablique 
transmel une ampliation de TarrSt^ royal du 30 Janvier 
dernier, ouvrant un double concours pour la composition 
d*une po&roe en langue Tran^aise et d'un po6me en langue 
flamande, destin^ k servir de thime aux concurrents pour 
le grand prix de composition musicale de Tann^ actuelle. 

M. le Ministre demande, en m6me temps, que la Classe 
lui soumette une liste double de candidats pour le cboix 
du jury charge de juger ce concours. 



( 303 ) 

— M. le Mioistre envoie, pour la Biblioth^que de TAca- 
d^mie, un exemplairc des ouvrages siiivants ; 

f* Eludes 8ur la propriete ariisiique el lilleraire; par 
Ed. Romberg; 

2" Ma Julielle, souvenirs d'une morle; par Jean Rous- 
seau. — Remerciemenls. 

— M. Ravaisson-Mollien, associ^ de la Classe, el 
membre de rinslilut de Fraoce, k Paris, adresse, k litre 
d*hommage, un exemplaire de son travail sur la Venus de 
Milo. — Remerciements. 

— MM. P. Dubois, A. Merci6, W. linger et J. Massenet, 
elus assoeies, remercient pour leurs dipl6mes. 



Elections. 

La Classe proc6de k la formation de la liste de quatorze 
candidats pour le choix du jury charge de juger le con- 
cours des cantates. 

Cette liste sera transmise k M. le Ministre de Tlntdrieur 
et de rinstruction publique. 



GAISSE GENTRALE DES ARTISTES. 

MM. Hymans, secretaire, et Marcbal, tr^sorier, donnent 
lecture de leurs rapports sur Tad ministration et la situation 
financiere de la Caisse pendant Tann^e 1892* 

Des remerciements leur sont vot^ pour leur gestion. 

Ces documents figureront dans VAnnuaire de FAcad^- 
roie pour 1894. 

'9990^ 9 ' 



A 



( 304 ) 



OUVRAGES PRESENTES. 



Chestret de Hamffe (le haron J. de) — Etudes historiques 
et arch^ologiques sur Tancien pays de Lidge, I. Les statuts 
somptuaircs du clerg^. Li^ge, 1895 ; in-8* (iO p.). 

Folie (/.). — Annuairc de TObservatoire de Belgique, 
1893. in-12. 

Terby (F.), — Notice sur Nicolas-Edouard Mailly. Bruxelles, 
i893; exir. in-18. 

Mertens {ff,). La sphere attractive dans i'ovule des oiseaui. 
Gand, 1893; exlp. in-8* (6 p.). 

Lapparent {A. de), — Les fdtes jubilaircs de MM. Hcrinite 
et Pasteur. Bruxelles, 1895; extr. in-8» (13 p.). 

Lareier (F,). — Code politique et administratif de la 
BeFgique, oeuvre posthume annot^e, mise & jour et publiee par 
Jules de Le Court, 2"'' Edition. Bruxelles, 1892; vol. pet-in 8*. 

Gailel'Miry {Achille). — Les Etats de Flandre sous les 
pdriodes espagnole et autrichienne. Gand, 1892; in-8'' (156 p.). 

Romberg (Edouard), — Eludes sur la propridt^ artistique 
et lilteraire. Bruxelles, 1892; in-S"" (572 p.). 

Housseau (Jean). — Ma Juliette, souvenirs d'une morte. 
Esch-sur-FAlzette, 1892;in-8* (197 p.). 

Monchamp ((?.). — Notification de la condaronation de 
Galilde, datee de Li^gc, 20 septembre 1633, publide par le 
nonce de Cologne dans les pays rh^uans et la Basse-Allemagne, 
texle d*apres une copie manuscrite avec remarques. Saint- 
Trond, 1893; in-8« (30 p.). 

Boins {Hubert). — Considerations sur le cholera et sur son 
traitement. Bruxelles, 1893; extr. in-8''(7 p.). 

Beaupain (7.). — Sur Tint^rale eulerienne de premiere 
espece. Paris, 1892; extr. in-4'' (20 p.). 

Ldtoucq [H.). — Les muscles adducteurs du pouce et du 
gros orteil. Bruxelles, i893; extr. ln-8' (19 p.)* 




( 308 ) 

Firket {Ad,), — Sur quelques min^raux artificiels pyro- 
g^n^s. Li^ge,1885; extr. in-S** (6 p.). 

— Masse de fonte partiellement d^carbur^e. Li^ge, 4885; 
cxlr. in-8« (3 p.). 

— Reroarques sur la classification des gites m^tallifires. 
Li^ge, i886; extr. in-8<> (22 p.). 

— Min^raux artificiels pyrog^nds : Fayalite. Lidge, 1887; 

exlr. in-8*(i0p.). 

— Alluvions modernes de la vallee de la Meuse h Li^ge. 
Lidge, i887; extr. in-8" (10 p.). 

— Sur quelques fossiles animaux du syst^me houiller du 
bassin de Liege. Lidge; extr. in-8* (4 p.). 

— Note sur le gite de combustible mineral du Rocheux, a 
Theux. Lidge; extr. in-8*(6 p.). 

— Fossiles des gites de phosphorite de la Hesbaye. Lidge, 
1890;extr. in-8'(5p.). 

— Sur rdge et Torigine d*un limoii recent de la valine de 
rOurthe. Liege, 1890; extr. in-8* (2 p.). 

— Observations prdsentdes k la suite de la communication 
de M. Max Lohest sur les failles de Tdtage houiller. Lidge, 
1890;extr;in-8«(10p.). 

— L'eau mindrale et le captage de Harre. Lidge, 1893; 
extr. in-8« (39 p.). 

Biovrge (PA.). — Recherches morphologiques et chimiques 
sur les grains de pollen. Llerre, 1892; pet. in-4* (36 p., 2 pL). 

Janssem (Fr.). — Les branchies des acdphales. Louvain, 
1891 ; extr. pet. in-4« (90 p., pi.). 

Ide {Manille). — Anadrobiose du bacille commun de 
Tintestin et de quelques autres bactdries. Lierre, 1892; pet. 
in-4« (22 p.). 

Morelle (Aimi). — £tude bactdriologique sur les cystites. 
Lierre» 1892; pet. in-4* (48 p., 1 pi.). 

Scruet (F.). — Contribution k Tdtude de la fermentation du 
bacille commun de Tintestin. Bruxelles, 1892; in- 8* (72 p.). 

Kei/fer {LeD'.). — Recherches sur I'origine et le developpe- 



( 306 ) 

ment dcs produiU sexuels mdles chez Hydraclinia Echinata. 

Bruzelles, 1892; in-S"* (36 p., 2 pi.). 

Duehe («/.). — Etudes sur les effete de r^tiervalion au point 
de vue de Fexallalion de la reaction locale, et de la n^istance 
des animaux h Tinfection microbienne. Bruxelles, 4892; 
in-8»(44 p.). 

De Wulf {Maurice). -^ La valeur esth^lique de la morality 
dans Tart. Bruxelles, 4892; in-8« (87 p.). 

Grosjean (Leonard), — * Sur le d^cyl^ne normal et quelques- 
uns de ses derives. Bruxelles, 1892; in-8* (12 p.). 

Cor6eaii (Jean). — De Tacte d'accusation. Etude critique et 
de legislation compardc sur les articles 24i et suivante du Code 
d'instruction criminelle. Bruxelles, 4892; in-8'' (164 p.)« 

De Coster (Ch.). — La Idgende et les aventures herofques, 
joyeuses et glorieuscs d*Ulcnspiegcl et de Lamme Gocdzak, au 
Pays de Flandrcs ct ailleurs, 2**' edition. Paris, 4869; voL in-4* 
(480 p., illustre). 

Anecdota Maredsolana^ vol. 1 : Liber comicvs sive lectio- 
naris inissae... edidit D. Germanus Morin. Maredsous, 1893; 
pet. in-4* (462 p.). 

Descamps (idouard). — Africa, drame en cinq actes, en 
vers. Paris, 1893; in-8* (132 p.). 

De Laborde (Le eomte), — Les dues de Bourgogne, Etudes 
sur les lettres, les arts et Tindustrie pendant le XV* siMe, et 
plus particuli^remcnt dans les Pays-Bas et le ducbe de 
Bourgogne, seconde parlie, tomes I-IIL Preuves. Paris, 4849- 
4852; 3 vol. in-8^ 

La Cellule^ recueil de cytologic, tome VIII, 2* fasc. Louvain, 
1892; gr. in-8«. 

Cornells provinciaux. — Proces-verbaux des stances de la 
session de 1892; 11 vol. in-8*. 

Gard. Kon. vlaamsche Academie, — Dit is die Istory van 
Troyen, deel IV, aflcv. 3. — Middelnederlandscbe gedicbten 
en fragvneoiea (De Pmuw), f^^aicr. iW»-99; t ok ia-S*. 



(307) 

HcT. Cercledes Naturali$tes kutois. — Bulletin, u* 4, 1892. 
ln-8». 
TouHNAi. SocUie historique ei littiraire. — Bulletins, 

tome XXIV, 1892; in-8«. 

^^^^ « 

Allbmagnb bt Autricbb*Hoii6iiib. 

Dorn {£.). — Vorschlage zu gesetzlichen Bestimmungen 
uber elektriscbe Maasseinheiten. Berlin, 1893; gr. in-8*. 

Bbblin. Technisehe Bochschule. — Die Entwickelung der 
Mathematik. (E. Lampe.) 1893; in-8*. 

Cracovib. Aeadimie des sciencen — Annuaire pour 1890-92. 
Elephantiasis Arabum (L. Teichmann). 1891-92. 2 vol. in-18 
et 1 vol. in-i"" avee atlas. 

GoETTiNGUB. GtseUschaft dcr Wissensehaften. — Wilhelm 
Weber s Werke, Band III. Berlin, 1893; vol. in-8*. 

Heidblbbrg. UniversildL — Almanach fur 1886. In- 12. 

K5ififf68BBRG. Physikalische GeselUehaft. — Fubrer durch die 
geologiscben Sammlungen dcr Provinzialniuseunis(A.Jentzsch). 
1892; in-8\ 

ViBNiiB. Zool. botanische GeselUchafL — Verba ndlungen, 
1892, 3 und 4. In-8*. 

Ah^riqub. 

Keeler (James), — Tbe spectroscope of tbe Allegbany 
Observatory. Cbicago, 1893; in-8" (11 p., pi.). 

Austin. Texas Academy of science. — Transactions, vol. I, 
1. 1892; in-8*. 

Boston. Academy of arts and sciences, — Proceedings, new 
series, vol. XVIII, 1890-91. In-8*. 

Cambridgb. Observatory of Harvard College. — Annals, 
vol. XV, part 2. 1892; in -4*. 

Minneapolis. GeologicaL.* Survey of Minnesota — 19th 
annual Report for 1890. In-8^ 



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. Nsw. Havb5. Observatory of yaU University, — Transac- 
lions, vol. I, 3 and 4 1893; in-4'. 

RocHBSTBE. Academy of science, — Proceediogs, vol. I, 
I and 2. 1890-91; gr. in-8*. 

Salem. American Association of the advancement of science, 
— Proceeding, 40th meeting at Washington, 1891-1892; 
vol. in-8*. 

Saint-Louis. Academy of science. — Transactions, vol. V, 
3 and 4; VI, 1. 1892; in-8^ 

Washington. National Academy of sciences. — Memoirs, 
volume V, 1891 ; in-4«. 

Washington. Naval Observatory. — Report of the superin- 
tendent for 1891-92. Observations, 1888. In-4*. 

— U. S, geological Survey. — Mineral resources, 1889-90. 
In.8». 

— Smithsonian institution. — Contributions to knowledge, 
vol. XXVIII. 1892; in-4«. 

— Historical Association, — Annual Report, 1898. In-8^ 

Faancb. 

Ravaisson (Filix). — La V^nus de Milo. Paris, 1892; 
extr. in-4« (1 1 2 p. et 9 pL). 

Albert /•', Prince de Monaco {S. A. S.). — Projel d'observa- 
toires met^orologiques sur Toc^n Atlantique. Paris, 1892; 
extr. in-4* (3 p.). 

Hermite [Charles). — Sur la transformation des fonctions 
elliptiques. Prague, [1892]; extr. in-4* (13 p.). 

— Sur une extension de la formule de Stirling. Leipzig, 
[1893]; extr. in.8' (10 p.). 

Berthelot {3i). — Traits pratique de calorim^lrie chimique. 
Paris, [1893]; vol. in-16. 

Lallemand {Lion). — La liberty de la charit^. Rapport 
pr^sent^ au Congris catholique de 1892. Besan^oh, 1892; 
in.16(14p.). 



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Legrelle (ii.). — La diplomatie francaisc cl la succession 
d*Es|)agne, lomr IV. Paris, 1892; vol. in-8\ 

BoEDRAux. Sociili linnSenne. — Actes, volume XXIV. 1891; 
in.8-. 

Caen. Soeiit^ des beaux-artn. — Bulletin, vol. VIII, 4' cahier. 
1891 ;gr. in-8*. 

Cabn. Soeiete linneennt* de Normandie, — M^moires, 
volume XVII, i" fasc. 1892 ; in^*. 

Caen. SociSti linneenne de Normandie, — Bulletin, 1 892, t*' et 
2* fascicules; in-8*. 

Chalo?i-sur-$a6ne. SociitS dChiitoire et d^arcMologie, — 
M^moires, 1891 ; in-8^ 

Cherbourg. 5oetVM des sciences naturelles, — M^moiras, 
tome XX VIII. 1892; i^-8^ 

Dax. Society de Borda. — Bulletin. 1892; in•8^ 

Limoges. Saciiti archdologique. — Bulletin, t. XXXIX, et XL, 
I" livprtlson. 1890-1892; 2 vol. in-8-. 

Lille. Universite. — Travaux, tome II, n'* 7-9. 1892; 
5 cah. in-8^ 

Lyon Soci^le academique d' architecture. — Annales, t. IX, 
1887-88. In>8\ 

Marseille. Faculty de$ sciences, — Annales, tome IT, fasci- 
cules 2-6. In-4*. 

Montpellibr. Acadimie des sciences. — Mdmoires : a Sciences, 
t. XI, n* 3; 6. Icltres, t. IX, n""* 3 et 4; e. mddecine, t. VI, n* 3, 
1892. 4 cah. in-4^ 

MoifTPELLiBR. Catalogue de la Biblioihkque dc la ville. — 
Sciences et arts, 2* et 3' parties. Catalogue des ouvrages l^gu^s 
par M. Charles De Valla t, t. I et II, 1891-1892; 4 vol. in-8^ 

Nancy. Sodiii des sciences. — Bulletin, 2* s^rie, tome XII, 
26* fasc. 1892; in-8*. 

Nancy. Acadimie de Stanislas. — M^moires, 1891, 9* sdrie, 
t. IX. In.8-. 

Paris. Music Guimet. — Annales, t. XXI, 1892; 1 vol. in*4*. 
5** s6rir, tome XXV. 21 



( 310) 

— Annales, serie in-S"*, 1. 1, 4892. — Revue de Thistoire des 
religions, I. XXV, 1-3; XXVI, 1. 1892; in-8*. 

Paris. ComiU da iravaux historiques tt seientifiques. — - 
Revue des travaux scienlifiqnes, t. XI; XII, 1-6. 

— Bulletin Qrehiologique, 1891, 1, 2, 3 ; 1892, 1 et 2. In-8'- 

— Bulletin historique et phitologique, 1891, 1892, 1,2. In-8*. 
^ Bulletin de gdographie, 1891, 1892, 1, 2. In-8*. 

— Bibliographic des travaux historiques et archiologiques, 
tome II, 3« livraison, 1892. In-4^ 

Reims. Acadimie nationale. — Travaux, 88* et 89* volumes, 
1892; 2 vol. in-8*. 

. Rouen. Soci^t^ des amis des sciences naturelles. — Bullelin, 
1891,2*6cmestre. In-8« 

RoDBN. SociM libre ddmulation. — Bulletin, 1891-1892, 
I" par lie. In-8*. 

Saint-Ombr. Soci^S des antiquaires de la Moinnie. — Bulle- 
tin, livr. 141-163. Memoires, t. XXII, 1890-1892. In-8«. 

— Les chartes de Saint-Berlin, t. Ill, in-4*. 

Paris. SociitS des antiquaires. — Bulletins et mdmoires, 
1890; 2 vol. iu-8*. 

Paris. Museum d^histoire naturelle. — Nouvelles archives, 
3* s^rie, t. Ill, 2* fasc., IV, 1891-1892. In-4*. 

SoissoNS. Soci^tS archiologique, — Bulletin, I. XIX, 1888* 

1891. In-8*. 

Toulouse. Acad^ie de Ugislation. — Recueil, t. XL, 1891- 

1892. In-8<». 

Gkandb-Brbtagnb bt Colonies britanniqubs. 

Calcutta. Meteorological Department. — Report on the 
meteorology of India in 1890. 1892; in-4*. 

Edimbourc. Royal Society. — Transactions^ vol. XXXVI, 
parsi, 2,3. 1891-92; in-4*. 

Londrbs. Royal Sociely. — Philosophical Transactions, 
vol. 182 (A and B). 1892; 2 vol. in-4*. 



C 311 ) 

Society of antiquaries. — Archaeologia or miscellaneous 
tracts, 2* scries, vol. III. 1892; vol. in-4^. 

Melbourne. Royal Society of Victoria, — Proceedings, 
vol. IV, pari i. 1892; in -8«. 

Greenwich. Observatory. — Astronomical magnetical and 
meteorological Observations, 1889. Londrcs, 1891; vol. in-4^ 

LoNDREs. South Kensington Museum, — Art handbooks : 
Textile fabrics; by Daniel Rock, 1876 — Ivories ancient and 
mediaeval; by William Maskell, 1875. — Furniture and wood- 
work; by John Hungerford Pollen, 4875. — Conferences held in 
connection with the special loan collection of scientific appa- 
ratus : physics and mechanics, chemistry, biology, etc., 187G. 

— Handbook to the special loan collection of scientific appa- 
ratus. 1876. — The industrial Arts. Historical sketches. 4876. 

— Manual of design compiled from the writings and addresses 
of Richard Redgrave; by Gilbert Redgrave. 4876. — Animal 
products, their preparation, commercial, uses and value; by 
P. L. Simonds. 1877. — Glass; by Alexander Nesbitt. 1878. — 
Tapestry; by Alfred de Champleaux. 1878. — Gold and silver 
smiths*work; by John Hungerford Pollen. 1871). — The 
industrial arts in Spain; by Juan F. Rioiio, 1879. — Handbook 
of the Dyce and Forster collections, 1880. — Japanese pottery; 
by Aug. Franks. 1880. — The analysis and adulteration of 
foods; by James Bell, pars I and II. 4881, 4885. ^ College and 
corporation plate : a handbook to reproductions of silver 
plate; by Will. Cripps, 4884.— The industrial arts of Denmark; 
by Worsaal, 4882. — Food, some account of its sources, 
constituents and uses; by A. H. Churcb, 4882. — Maiolica; 
by C. Drury E. Fortnum. 4882. — The industrial arts of 
Scandinavia in the pagan time; by Hans Hildebrand, 4885. — 
Pei*sian art; by major R. Murdoch Smith, 4885. — Precious 
stones; by A. H. Church. 4885. — Handbook of the Jones 
Collection, 4884. 25 vol. in-8\ 



(312) 

Pays-Bas. 

Van der Aa (A-J.) — Biographiscb woordenboek der 
Nederlnndcn, bcvattende levensbeschrijvingen van zoodeiiige 
personen, die zich op eenigerlei wijzc in ons vaderland bebben 
vermaard gcmaakt, deel I-XX1. Harlem, 4833-78; 34 vols. 
in-8*. 

imtnerzeel {J,) — De levens en werLen der bollandsche en 
vlaamsche kunstschildcrs, beeldhoii^ers, graveurs en bouw* 
incesters, van bet begin der vijfticnde eeuw tot bcdcn, 
deel Mil. Amsterdam, 1843-43; 5 vol. in-8«. 

Kramm (Christiaan), — De levens en werken der hol- 
landscbe en vlaamsche kunstschilders, beeldbouwers, graveurs 
en bouwmeesters, van den vroegslcn tot op onzen tijd; strck- 
kende tot vcrvolg op bet werk van Immerzeel, deel I-VI. Aan- 
bangsel. Amsterdam, 1857-64; 7 vol. in'8\ 



RussiB. 

Frilsche (D' ff.), — Ueber die Bestimmiing der geogra- 
phiscben Lfinge und Breite und der drei Elemente des Erdr 
magnctismus durch Beobacbtung zu Lande, sowie erdmagne- 
tisebe und geographiscbe Messungen an mebr als tausend 
verscbiedenen Orlen in Asien und Europa; ausgefubrt in den 
Jabrcn 1867-1891. Saint-Petersbourg, 1893; in-S*" (109 p.). 

J^KATB^RiNBOUBG. SocUti ouraltefine des sciences naturelles. 
— Bulletin, t. XIII, 1" livr., 1891-92; in-4«. 

MiTAu. GeseUscltafl fur Literalvr and Kunst, — Sitzung<^ 
Bcricbte,1891. ln-8«. 

Odessa. SocUU des naturalistes de la Nouvelle-Russie. — 
MiSmoires ct comptes rendus pour 1893. In-8*. 

Saint-PiStbrsbourg. Akademie der Wissenschaflen* — Reper- 
torium fur Meteorologie, Band XV. 1893; in-4^ 

^^ Physikalisches Observaiortum. — Annalen, 1891, Theil I 
und II. 1893; 3 vol. in-4*. 



•• • 



BULLETIN 



DB 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 



DBS 



LETTRKS ET DBS BEAllX-AKTS DE BELGfQDE. 

1893. — No A. 



CLASSE DES SCIENCES. 



Seance du 8 avril 1895. 

H. Ch.VAM BAMBEKE^directeur, president de TAcad^mie. 
M. le chevalier Edh. Marchal^ secretaire perp^tuel. 

Sonl presents : MM. Mourlon, vice-direcleur; P.-J. Van 
Beneden, le baron de Selys Longchamps, G. Dewalque, 
E. Cand^ze, Brialmont, £. Dnpont, £d. Van Beneden, 
C. Malaise, F. Folic, Alph. Brian, F. Plateau, Fr. Cr^pin, 
Jos. De Tilly, A. Gilkinet, G. Van der Mensbrugghe, 
W. Spring, Louis Henry, P. Mansion, J. Delboeuf, P. De 
Heen, C. Le Paige, F. Terby, J. Deruyts, membres; 
E. Catalan, Cb.de la Valine Poussin, a^^octej; J. Neuberg, 
correspondanL 

M. Ch. l<agrange ^crit qu*il ne peut assister k la 
seance. 
> 3"' s^RiE, TOME xiy. 22 



( 314 ) 



CORRESPONDANCE. 



' H. de Candolle annonce la morl de son pdre, M. le pro- 
fessear Alphonse-L.-P. Pyrame de Candolle, associ^ de la 
Classe, d^c^d^ k Geneve le i avril 1893. 

— M. le Ministre de Plnt^rieur et de rinslruction 
publiqae envoie pour la biblioth^qne un exemplaire des 
i4rcAtt;e5 de Biologic^ publi^es par MM. £d. Van Beneden 
et Ch. Van Bambeke, tome XII, fasc. 4. — Remer- 
Clements. 

— L*Acad^mie royale de m£d6cine de Belgiqae adresse 
le programme de ses questions de concours poor les 
ann^es 1891-1894. 

— Hommages d*ouvrages : 

1* Resultats des campagnes scientifiques accomplies par 
S.-i4.-S. le Prince Albert /•' de Monaco^ 3* el 4* livraisons; 

2^ A. Letlres a quelques mathematiciens ; B. Note sur 
Vellipse de Longchamps; par Eug. Catalan ; 

3** A. La nouvelle science, livres I et III; B. La nouvelle 
doctrine de I'evolution; par M"' Celine Renooz^ 

4* Un nouveau cas de symphysie renale unilaterale 
chez Vhomme; par Alf. Stocquart; 

5° Memoire sur les causes qui ont contribue a main- 
tenir le disaccord qui existe entre les mathematiciens et les 
musiciens sur les vrais rapports des sons musicaux; par 
A.-J. Vivier; 






(315) 

6* Stir la faune et rhomme de Cipoque quatemaire; 
par £d. Dupoot ; 

7* Sur les termes du second ordre provenant de la 
combinaison de I* aberration et de la refraction; par 
F. Folic; 

8* Hommage a la memoire de LouiS'Philippe Gilbert; 
compte rendu de la manifestation du 6 novembre 189S. — 
Remerciemeots. 

— M. Henry pr^eote la premiere ann^e du Bulletin 
de la Societe des sciences physiques de Bucharest^ el 
demaode, au nom de cette Soci^t£« T^cbange de publica- 
tioDs. — Renvoi k la Commission administrative. , 

Une demande semblable est adress^e par la Revue 
semestrielle des publications mathemaliquesy publi^e sous 
les auspices de la Societe malhematique d' Amsterdam. — 
Mdme renvoi. 

— Travaux manuscrits k Texamen : 

i* Sur un four electrique pour V incineration des sucres; 
par Henri Hanause, cbimiste ^ P&turages. -> Commissaire : 
M. Spring; 

2* Sur la diffusibilite de certains gaz a travers une 
membrane de caoutchouc; par A. Reychler, professeur 
agr^g^ i rUniversite de Brnxelles. — Commissaires : 
MM. De Heen et Van der Mensbruggbe; 

3^ Rapport de M. G. Gilson sur le resultat de ses tra- 
vaux a la station zoologique de Naples. — Commissaires : 
MM. Van Beneden (pkre et Ols) et F. Plateau. 



(316) 



RAPPORTS. 



Sur le rapport verbal de M. De Tilly, la Classe vole le 
d^p6l aux archives d'une note de M. C.-H. Delaey, intitule : 
Projei d'ilineraire pour la navigation maritime belge^ 
Bollande, 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur les termes du second ordre qui proviennent de la com- 
binaison de Caberration ou de la nutation avec la 
refraction; par F. Folie, membre de TAcad^mie. 

Dans le n' 4 du Bulletin de TanD^e derni^re, j'ai signal^ 
des termes p^riodiques du second ordre de Paberralion 
dont les astronomes n*ont pas encore tenu compte dans 
leurs formules de reduction Q. 

En r^digeant (k nouveau la th^orie de Taberralion, je 
me suis aper^u qn'ils ont toujours aussi n^glig^ d'autres 
termeSy qui ont une Ir^s grande importance dans le 
calcul du lieu apparent de la polaire en parliculier. 

Ces termes sont ceux qui proviennent de la comblnaison 
de Taberration et de la refraction. 

Les astronomes calculent Taberration, comme si Tatmo- 
sph^re n'existait pas, c'est-&-dire que les coordonn^es de 

C) Voir ^galement MontMy Notices, t. LII, d« 8. 



(317) 

Tastre, qui soot employees dans leurs formules, sonl ses 
cooordoQQ^s vraies. 

Mais il est bien Evident, puisque l*aberralioD provient 
da mouvement de robservateur, que c*est le rayon 
lamineux re^u par celui-ci qui est aberr6; or, ce rayon 
est, non le rayon vrai» mais le rayon apparent, c'est-i-dire 
affect^ de la refraction. 

Celle-ci n*agit qu'en bauteur. 

Si nous la d^signons par r, la distance z6nithale vraie 
de r^toile £tant zeacp — d, sa distance z^nithale appa- 
rente sera 

^' = y — <?_r — f — (^-«-r); 

c*est-&-dire que le rayon lumineux regu par Toail arrive, 
en apparence, en ligne droite, d*un point dont la d^clinai- 
son est 3 -^r^ tandis que le rayon vrai, envisage par les 
astronomies, vient, en ligne courbe, d'un point dont la 
d^clinaison est 3. 

Dans les termes de Taberration des astronomes, on 
doit done, pour tenir coropte de Tinfluence exerc^e par la 
refraction, substituer la d^clinaison apparente d + r ^ la 
d^clinaison vraie i. 

La modiflcalion qui en r^sulte en declinaison serait 
tout it fait insigoiOante, sauf pour les ^toiles voisines de 
rhorizon, auquel cas il est inutile d*en tenir compte. Mais, 
en iA, cette modilication est tr^s iroportante. 

J*ai d^montr^ dans les Comptes Rendus (*) qu*d Taber- 

ration en A telle que les astronomes la calculent, A a, il 

faut ajouter 

JA«i—rtg^A«; 

O !20f6vrierl893. 



( 3*8 ) 
que cette correction pent s'^lever k plus de six dixi&mes 
deseconde de temps pour la Polaire 4 Paris (1892); et 
qu'il rdsulte, en effet, des observations qui y ont iii 
faites, que T^cart entre les iA trouvees vers le 11 avril et 
le 14 oclobre de Tann^e 1882, ^poques oil la correction 
pr^c^denle atteignait son maximum posilif ou n^atif, est 
de VSf ce qui est une confirmation de notre calcul. 

Ceile correction serait un peu moindre pour Uccle, 
Berlin, Greenwich, qolablement moindre pour Poulkova 
et Stockholm, plus considerable, aucontraire, pour Wash- 
ington, Rome, Naples et le Cap. 

Nous n*avons envisage, jusqu'^ present, que Tinfluence 
indirecle exerc^e dans Taberration en jR par le fait de la 
substitution de la d^clinaison apparente ^ -f- r i la d^cli- 
naison vraie 3. 

II n*est pas superflu de d^m'ontrer que, dans le m^ridien, 
rinfluence directe de la refraction est nulle en jti. 

En appelant A la hauteur de T^toile, yj son angle horaire, 
f et r, comme ci-dessus, la latitude et la refraction, on 
trouve ais^ment 

Aa M* sec Vi cos f sin *iy . r, 

expression qui est nulle dans le meridien. 

On a contest^, dans les Comptes Rendus, Texactitude de 
notre theorie, qui est cependant confirmee, comme je 
viens de le dire, par les observations memes de Paris. 

L*erreur dans laquelle on est tombe k ce sujet provient 
de ce que Ton raisonne comme si les formules devaient 
s'appliquer k I'etoile elle-meme, tandis qu*on doit les 
appliquer k Timage de I'etoile, telle qu'on Tobserve dans 
le champ du reticule. Cest sur cette image, en effet, et 
non sur retoile, que se font les observations. 



( 319 ) 

Et celle image est k une distance d -4- r de I'^quateor, 
landis que T^ioile en est ^loign^ de d. 

Au moyen d'un simple artifice, on se persuadera, du 
reste, ais^ment, que c'est bien k un point de d^clinaison 
d H- r quil faut appliquer le calcul. 

Supposons qn'il y ait, parall^ement h Taxe opiique 
de la lunette qui sert k I'observation, un simple tube qui 
s*£tende jusqu'i la limiie de Tatmosph^re, et qu'on 
aper^ive un astre k travers ce tube; la position vraie de 
cet astre est 6videmment toujours la mdme que la position 
apparente de I'^toile, que la Terre soit mobile ou non, 
c*est-ji-dire qu'il y ait ou qu'il n'y ail pas d*aberration; ce 
qui revient simplement a dire que la position observ^e est 
celle de I'axe optique de la lunette, affirmation dont nul 
ne doutera. Or celui-<^i a pour d6clinaison, non pas dy mais 
8 -h r; c*est done d + r qui doit entrer dans les formuies 
de reduction, au lieu de la d^clinaison vraie d, qui figure 
dans celles des astronomes. 

Voici, du reste, un autre argument, sans r^plique : Sup<> 
posons une atmosphere assez r^rringente pour qu*une 
^toile situ^ k plusieurs degr^ au-dessous de Thorizon 
paraisse k plusieurs degr^s au-dessus. II est bien Evident 
que, faire usage dans le calcul de la declinaison vraie, c*est 
d^larer qu'on ne voit pas T^toile; car le calcul, dans ces 
conditions, lui attribuerait une hauteur negative. 

Ce principe a un caractire de g£n£ralit6 qui nous paralt 
le rendre applicable non seulement k la formule de Taber- 
ration, mais aussi k celle de la nutation. 

En consid^rant la Terre comme fixe et le ciel comme 
mobile, on pent regarder la nutation comme un mouve* 
ment de T^toile; ce mouvement est donn^ en obliquity et 
en longitude par la m^canique celeste; il s'agit de le 
projeter sur I'^quateur. 



( 320 ) 

Or, si nous reprenons noire 6ction, c'esl bien le poinl 
d^tennin^ par la direclioo du tube parall^le k Taxe optique 
de la lunette, et s*^tendant au deli de Tatmosph^re, dont 
il s'agit de projeCer le mouvemenl, puisque c'est lui que 
nous observons, et non pas I'^toile dans sa position vraie; 
ici done encore c'est i -^ r^ ei non i, qui doit intervenir 
dans la formule, toujours, bien entendu, dans le cas des 
observations m^ridiennes, leseui dont nous nous occupons. 

J'ai pri^ M. Stroobant, qui avait d^j5 Tait les calculs 
relatifs k Taberration public dans les Conaptes Rendus, de 
bien vouloir verifier ^alemenl ma th^orie en ce qui 
concerne la nutation. 

II a recouru dans ce but aux observations de Washing* 
ton, qui lui ont offerl deux series d'observations eniiere- 
naent r^duites, k neuf ans d'inlervalle, I'une en 1875, 
Tautre en 1884. 

Au commencement de ces ann^es, la longitude du nceud 
^tait de 15"" et de 195"" respectivement, et le terme 
C4)rrectirdu terme principal de la nutation pouvait s'^crire, 
en secondes de temps, 

8 98 
AV — — r sec V sin 1 " -^- cos(a — 4 5^40'), 

15 

qui donnait, en adoptant pour Washington la refraction 
moyenne rs^TS", 

i 875 A'a = — 0:57 pour n = i 5» 
1 884 A'a » -^ 0;40 pour n — i 95'. 

Ces termes correclifs repr^senfent la difT^rence D«=» 
calculi — observation. 
Or en 1875, de Janvier k juillet, 62 observations out 

donn^ 

D=-0'36. 



( 321 ) 

En 1884, 48 observations ont donn^ 

D = -»-0;415; 

ce qui est encore une conCrmation trte remarquable de 
notre ih^orie. 

Je me suis demand^ ^galement si, malgr^ la forte 
hauteur du p6le de Poulkova, les exeellentes observations 
de Wagner ne manifesteraient pas Texistence de ce terme 
correctif. 

Malbeurensement les observations ne s'^fendent que de 
1861 k 1872y en sorle que, pour avoir deux ^poques oik 
les longitudes du noeud different d'environ 180**, on doit 
choisir 1862.0 et 1871.0 ; ces longitudes sont alors de 267* 
el de 93'* environ ; par suite, les cos (Q — 15") sont trfes 
faibles, cause qui, ajout^e i la faiblesse de la refraction, 
fait que le terme correctif ne pent Stre que tr&s petit. 

Malgr^ ces circonstances d^favorables, j*ai voulu m*as- 
surer du moins si la difference entre les valeurs observ^es 
k ces deux dates r^pond k la th^orie. 

L'expression de A^a est — f cos (Q — 15**), ill ajouter 
au lieu apparent calculi, ou -4- fcos{Q — i&) k ajouter 
au lieu moyen d^duit de Tobservation. 

L'iA moyenne calcul^e k Poulkova doit done 6tre un 
peu trop faible en 1862, un pen trop forte en 1871. 

En combinant les observations entre elles de maniere^ 
elimincr la nutation initiate, j*ai d6duit des observations 
faitesen 1861 et 1862 k Poulkova : ^41 moyenne 1865.0 : 
1"*9"38%80; et de celles de 1870 et 1871 : 1^9'»38%84, ce 
qui conlirme de nouveau la tb^orie, quoique la dilf^rence 
soit moindre que celle qui serait donn^e par le calcul. 

Si les erreurs que nous avons signal^es n^avaient d'autre 
r^sultat que de modifier VAX de la polaire calcul^e par les 
astronomes, elles seraient fort aisement r^parables. 



( 322 ) 

Mais elles ont des coos^queoces bieo autremeol graves. 

Cesi au moyen des Ai observ^es et calcal^es de la 
polaire qae les aslronomes d^lermineot, en effet, le meri- 
dien et razimol de leurs mires; el c'est au moyen de cette 
determination qu'ils calculent ensuite les H des aalres 
^toiles qu'ils ont observ^es. L'influenee de Terreur com- 
mise dans le calcul de TiA de la polaire se r^percule par 
cons^fiuent dans celui de toutes les ^toiles observes. 

Si done on veut faire usage des jR calcul^es de certaines 
^toiles pour determiner des constantes aslronomiques, et 
tout particulierement celle de Taberration, on voit qu'il y 
aura uo calcul de correction pr^alable et tr^s considerable 
h effect ner. 

J*ai indique prec^demment une autre source d'errear 
du mdme genre : la negligence de la nutation initialedans 
la determination du meridien. 

Je repeterai enGn que la negligence des termes perio- 
diques de Taberration systematique, qui sont loin d'etre 
insigniflants en J\ pour la polaire, concourt avec les 
precedents k Tausser le calcul de Tazimut de la lunette 
meridienne. 

On ne pourra done pas, avant longtemps, se reposer 
avec contiance sur les determinations de la constante de 
Taberration qui auront ete failes au moyen des /R 
observecsy d'autant moins que ces etoiles sont tr^s gene- 
ralement des etoiles voisines du pdle. 

Les dedinaisons des etoiles observees prfts du zenitb 
semblent bien plus favorables i cette determination, 
pourvu, bien entendu, qu'on les reduise de la nutation 
initiale, ce qui n*a pu encore etre fait jusqu*a present. 



( 323 ; 



Contributions a l*histoirb de la constitution de l'qbuf. 
— li. Elimination (Telements nucleaires dans Vo&uf 
ovarien de Scorpaena scrofa L.; par Ch. Van Bam- 
beke, membre de FAcad^mie. 

En m*occupant de rechercbes sur la conslilution de 
i'oeuf ovarique, j*ai rencontr^, cbez un ovaire de Poisson 
osseux, Scorpaena scrofa L., des particularit^s assez 
intdressaoles pour m^riter une description sp^ciale (1). 

L'organe provient d'lin exemplaire ne mesuranl que 
4k S centimetres de longueur, tres jeune par cons&]uent, 
rindividu adulte, comme nous Tapprend Lac^pede, parve- 
nant quelquefois jusqu'i une longueur de plus de 
4 mitres. 

Le plus grand diamitre des coupes de Tensemble de la 
glande ne d^passe guire 1 millimetre (2). 

L'objeta 6i& fixi par le liquide de Kleinenberg ou bien 
par Tacide picrique (3). La coloration a &i6 obtenue par le 
carmin borate. 



(i) Les preparations dont j*ai pu disposer ont et^ faites aa labora- 
toire de Naples par mon savant coll^ue, H. le profcsseur J. Mac 
Leod, et ont rervi h ses inleressantcs Recherches iur la structure tt 
ledivehppement de Vappareilreprodnctcur femeUedee TeleoMt4ent(lB). 

(2) L'auteur donne une Ogure grossic d'une coupe totale d*ovairc 
(15, fig. ^ pi. XXX). 

(5) Je ne puis malheurcusement ricn preciscr, les etiquettes des 
preparations microscopiques ne portant, hi cct ^gard, aucune indica- 
tion; mais jc tiens de M. Mac Li'od loi-m^me que c^est Pun de ces 
deaz r^actiis qui a servi a la fixation. La conservation des coupes ne 
laisse d*aillcurs Hen a desirer. 



( 324 ) 

Le pr^ent travail est divis^ en trois parties. La pre- 
miere comprend Texpos^ des faits que j*ai observ^; dans 
la deuxieme, je signale les faits analogues d^ji connus, en 
t&chant de d^montrer en quoi ils se rapproehent et en 
quoi ils different de ceux offerls par la Sccrp^ne; dans la 
troisidme enfln, je m'occupe de la signification de ces 
derniers. 

I. — FaHi obserTea. 

Les ovules encore tr^s petits, comine le volume si 
minime de Tovaire permet de le supposer, ne pr^sentent 
plus trace de divisions. On peut done les consid^rcr comme 
^tant arrives k la deuxi6me p^riode d'^volulion, reconnue 
par £d. Van Beneden et Ch. Julin dans la spermatogen^se 
de TAscaride du Cbeval (23), p^riode qui correspond a la 
deuxi^me phase ou phase d'accroissement^ admise par 
Aug. Lameere dans la spermatogenese et Tovoge- 
n6se (12), (Wachstumszonej 0. Herlwig{7)). 

Quoique trte restreintes, les dimensions des ovules 
varient dans d*assez larges limites. Les plus petits, faisant 
encore partie de vrais nids ovulaires, ne d^passent pas 
10 |x, et le diam^tre de leur vesicule germinative oscille 
enlre 3 [x et 7.5 |x. 

Les autresovules,qui, pour la question qui nousoccupe, 
nous int^ressent plus particuli^rement, peuvent, au point 
de vue de leurs dimensions et de leur aspect g^n^ral, se 
ranger en deux cat^ories. 

Une premiere cal^gorie comprend des ovules k vitellus 
en grande partie d*apparence homog^ne et, en g^n^ral, 
plus fortement teiul6 par le carmin (pi. I, fig. 1-5 et 
fig. 20). Leur diamdtre total varie de 10 k 20 [a, celui de 



( 323 ) 

la v^icule germinative de 7 & 10 [a. Mais il est i reroar- 
qaer qoe presque tousces ovales ODt subi ud relrait, d'oA 
il rfoalte qu'ils ne remplissenl pas exaclenoeDt la capsule 
ovulaire» et qu'entre celle-ci el la p^riph^rie du vilellus 
existe ud espace vide plus ou moins prononc6; tonlefoiSy 
les ovules de cette cat^orie doivenl 6lre consid^r^s comme 
^tant moins &g6s que ceux de la seeonde. 

Ceux-ci se caract^risent par la coloration beaucoup plus 
p&le et, d'apris que le grossissement employ^ est faible ou 
fort, parfaspecl granuleux ou granulo-Gbrillaire du vilellus. 
(Voir les figures, k Texclusion de ceiles cil^es plus haut.) Le 
diam^lre de ces ovules est compris entre 27.5 et 50 {x; par 
exception, il atteintjusqu'i55 |x; celui de la v6sicule ger- 
minative varie de 15 ik 37.5 |x. Contrairement aux ovules 
de la premiere cat^orie,ils n'oni pas subi de retrail appre- 
ciable et remplissent exactemenl la capsule qui les ren- 
ferme. 

Les ovules des deux cat^ories sonl relics par des 
Tormes interm^diaires. 

II est aussi certains caracl^res communs k tous ces 
ovules. Chez tous, la forme normale semble 6tre la forme 
sph^rique, mais elle est fr^qucmment modifi^e par les 
pressions subies; d*o& les figures variables, rondes, ellip- 
tiques, ovalaires,polygonales,etc.,que monlrent les coupes 
microscopiques. 

Dans les ovules les plus volumineux de la premiere 
cal^gorie, Taspect homog^neet la plus grande colorabilit^ 
par le carmin portent sur une zone p^riph^rique du vilel- 
lus. Cette zone exlerne limile une zone interne beaucoup 
plus p&le et d'apparence grenue. Elle correspond k la zone 
claire signal^e par Ransom (16), His (8), Leydig (14) et 
d*autres. 



( 3J6 ) 

J'ai aussi altir^ rattenlioo sar la prince de cetle zone 
chez les jeunes (Bufs ovariens de diverses especes de 
T^ltost^ens (81). A Texemple de Leydigje la designe sous 
le nom d'espacc pMvesiculaire, € HShluog um das 
Keimblaschen » (pi. I, fig. 20, e. p.). 

Plosieors ovaJes de la seconde categorie poss^dent aossi 
Tespace p^riv^sicolaire, mais la coloration plus faible du 
resie du vitellus le fail g^n^ralement moins bien ressortir 
(pi. I, fig. 6, 8, 10, H, 17, el pi. II, fig. 21, 22,27 e.p.). 
J'auraii revenirplus loin sur eel espace et les diverlicoles 
que souvent il pr^senle. 

Une autre particularity propre auz ovules des deux 
cat^ories, mais plus fr^quente chez ceux de la premiere, 
consiste en rexistence,autour de la v^sicule germinative, 
d*une coucbe d*^paisseur el de Torme variables, plus dense 
et plus leint^e, qui s^pare alors la paroi v^iculaire de 
Tespace p^riv^siculaire; c'e&t le manleau on la coucht 
palUalCf € Mantelschichl > de Leydig (pi. I, fig, 20, 17, 
et pi. II, fig. 21, fit.). Parfois, au lieu de former une 
coque continue aulourde la v^sicule, elle embrasse celte 
derni^re en guise de cupule (de croissant sur les coupes) 
(pi. 1, fig. 17, til.); ailleurs elle se prolonge en forme de 
c6ne (pi. II, fig. 21, 22, c). La genese de celte coucbe se 
raitachant aux ph^nomenes qui font Tobjet principal de 
ce travail, il en sera encore question dans la suite. 

Dans lous les ovules, la v^sicuie germinative est sph^ 
rique, rarement plus ou moins elliptique; centrale ou 
faiblemenl excentrique. Elle est delimilee par une mem- 
brane chromalique k double contour et montrant, i un 
fort grossissement, des points allernativement fonc^s et 
piles; on pent en conclure qu'elle est poreuse. 

Le* contenu de la v^sicule consiste en des Elements 



( 327 ) 

flgur^s el en iine substance interm^diaire (caryochyme) 
rest^e incolore. Les ^l^ments figures sont de deux sortes : 

a. Une ou plusieurs laches, — fen ai compt^ jusqu'^ 
cinq, — de dimensions un peu variables suivant les ovules 
ou, dans un mdme ovule, quand elles sont multiples, 
occupant des positions quelconques k Tint^rieur dela v^si- 
cule; toujours parfaitement sph^riques, homogenes, ^ 
r^fringence sp^ciale.Dans les plus jeunes ovules, alteignant 
de ^0k 17.5 p. de diam^lre et dont la v^sicule germinative 
mesure de 7 ^ 10 |x, la tache ou les taches se colorent 
parfois par le carmin (pi. I, Gg. 1 et 2); mais, malgr£ celte 
coloration, elles conservent leur r^fringence sp^ciale. 
Parmi ces jeunes ovules, on trouve d'ailleurs tons les inter- 
m^diaires entre ceux dont les taches ont plus ou raoins 
fix6 la mati^re colorante et ceux oti cos elements sont 
restds absolument incolores (pi. I, fig. 3 et 4). Ces taches 
sans afBnite pour le carmin sont les seules que renferment 
les ovules plus d^velopp^s, notamment ceux de la seconde 
categoric (voir Ggures). 

En Tabsence de Texamen micro-chimique, ces carac- 
tires sont sans doule insuffisants pour qu*il soit permis 
d'imettre une opinion au sujet de la constitution de ces 
taches. Toutefois, eu ^gard k Tensemble de leurscaractires, 
elles me paraissenl devoir se ranger dans le groupe des 
nucleoles plasmaiiques de Carnoy, des nuclioles de Zacha- 
rias, des nucleoles de pyrenine de Schwarz. 

b. Des filaments monilirormes, les chromosomes. Les 
grains (microsomes) de ces chromosomes ont des 
dimensions variables. Je ne puis certifier si les micro- 
somes seuls colorables sont renfermis dans un sub- 
stratum achromatique {linine de Schwarz), ou bien s*ils 
forment corps avec les inlerfils igalement cbromatiques 



( 328 ) 

doDt lis coQstitueDt de simples renfleaients [ncsuds dans 
te sens admis par £d. Van Benden). II est souvent assez 
difficile de trancher la question de savoir si les filaments 
s'anastomosenl el forment reticulum, on bien si simple- 
ment ils s'entre-croisent, s'intriquent et conservenl leur 
ind^pendance. Je considdre toutefois celte derniere dispo- 
sition comme la vraie, Tapparence reliculaire pouvanl 
s'expliquer par Tentre-croisement el rintriealion des fila- 
ments.' 

Quelle que soil la partie constituanle des chromosomes 
qui se colore par le carmin, il m'a paru qu*ils onl pour celte 
teinture un peu moins d'affinil6 que la membrane vitelline. 
Li oil les amas de substanpe ou grains sont plus consid^- 
rabies, la coloration est naturellement plus prononc^e. A 
part ces grains ou microsomes plus volumineux et d'autres 
grains paraissant isol6s,maisqui correspondent la pluparli 
la coupe oplique ou r^elle dc filaments, on ne rencontre pas 
de nucleoles chromatiques (nucleoles nucleiniens, Carnoy). 

J^arrive maintenant k Texpos^ des fails se rapporlant k 
r^limination de cerlaines parties figur^es de la v^sicule 
germinative. 

Celte elimination porte exclusivement sur les chromo^ 
somes; les nucleoles ny prennent aticune pari. Elle s*ob- 
serve dans les oeufs des deux categories, mais elle esl infi- 
nimenl plus fr^quenle dans ceux de la seconde. 

L'eliminalion se pr^sente sous des aspects ires vari^. 
II faul tout d*abord ^lablir une distinction entre les ovules 
oik les parlies en voie d'elimination ou d^ji ^limin^es con- 
servenl encore leurs rapports avec la v^sicule germinative, 
et ceux oik les parlies ^limin^es sont d^sormais sdpar^es de 
celte derni&re. La seconde disposition est surtout propre 
aux ovules les plus d6velopp6s. 



( 529 ) 

U importe aussi de ne pas perdre de vue qu'i un examen 
superGciely des parties ^limin^es peuvent paratlre d^ji 
libres, alors qu'en r^alit6 elles se trouveol encore relives k 
la v^siculegerminalive;en TaisaDt varier la mise au point, 
CD parvient souvent & trancher la question. II se pent aussi 
n^cessairement que le niveau et la direction de la coupe 
aient pour r^sullat d'interrompre la continuity encore exis- 
tante. 

A. Elemenls en vote d* elimination ou d4ja elimineSy 
mais encore rattaches au noyau de Voiuf. 

Halgr^ les apparences multiples du processus d'^Iimina- 
lion, on s'assurc, par un examen attenlir,qu*il est certaines 
formes qu*on peut consid^rer comme fondamentales et 
tjpiques, et dont, le plus souvent, les autres ne consti- 
tuent, pour ainsi dire, que des deviations. 

Une des formes fondamentales, que j*appellerais volon- 
ticrs forme fondamenlale principale, se prdsente avec les 
caract6res suivants : une petite masse en forme de larme, 
de flamme ou de lame de lancelte, foriement color^e.par 
le carmin, se trouve relive 5 la vesicule germinative, ou, 
plus exactement, h un filament intra-nucleaire, par une 
tigelle de mdme nature que ce filament, tigelle de lon- 
gueur variable, droile, inflechie ou contourn6e (pi. I, Og.5; 
6, tj 7 (ovule a), 10, /,); Dans la plupart des cas, la conti- 
nuity de la tigelle avec un chromosome intravesiculaire 
est des plus manifestes, et fournit ainsi la preuve que la 
partie ^limin^e appartient 5 la charpente nucldaire ou 
caryomiton, non aux nucl^oles. Toujours, dans la forme 
fondamentale principale, la portion la plus large, ou cequ'on 
pourrait appeler la base de la lame, correspond & Textr^- 
mit£ de la tigelle, en formant angle droit avec cette extr^ 
mit^. 

3'* SfiRIB, TOIfB xxv. 23 



■ • 



( 330 ) 

One forme voisine de la pr^ceJeote consiste en ce que 
deux amas chromaliques, aussi en Torme de flammes, de 
larmes on de lames de lanceUcSy se r^gardent par leur 

< 

base. Je designe cette forme sous le nom de flammes^ de 
larmes ou de lames conjuguees (pi. I, fig. 8, c; 9, c). Je 
ne puis adirmer si ces amas chromaliques sont rallach^s 
aux filaments nocl^aires par une tigelle simple ou double, 
c'esl*ik-dire s*ils se irouvenl sur la continuity d*un seul on 
bicn de deux chromosomes. II m*a sembl^ cependaot 
qu*une tigelle unique aboutit aux flammes conjuguees. 

II est deux autres formes qu*on pent consid^rer, Tune 
comme une simple variety, Taulre comme un ddriv6 des 
flammes ou lames conjuguees. La vari6t6 resulte de ce que 
les amas chromaliques, au lieu (T&ire en contact par leur 
base, se tonchent par leur extr^mit^ eflTil^e.d^ou une figure 
en forme de poign^e ou d*ball^re (pi. I, fig. 6, A.). Je n'ai 
rencontr6 cclte forme que Ir^s exceplionnellement. La 
forme deriv^e pent s'expliquer par unesorle de fusion des 
lames conjugn^cs ; de 15, une apparence fungiforme (pi. I, 
fig. 10 et 11, /!). Si rinterprclalion que je donne ici du 
mode de gen^se de cette forme est exacte, elle vient k 
Tappui de ce que je disais plus haul des flammes conju- 
guees, car une seule tigelle supporte la dilatation pilei- 
forme; i moins tontcfois, ce qui n'estgu^re probable, que 
les tigelles aussi se soient fnsionn^es. 

Certaines formes d^^limination, distinclos de la forme 
fondamenlale principnie et de celle k flammes conjuguees, 
s'en ropprochenl et n'en constituent, pour ainsi dire, que 
des modifications. En voici quelques exemples. Une petite 
flamme,plus massive que dans la forme-type, continue direc- 
temenl la tigelle servant de support, sans former angle avec 
elle (pi. I, Ug. 7, 6.); ailleurs, un filament plus ou moins 
flexueux ou tortilie semble consister en la tigelle seulement, 



( 331 ) 

sans porlion terminale plus forte (pi. I, fig. 12); il se peut 
qa'il s'agisse alors d'un hasard de coupe qui a s6par£ cetle 
portion terminale du reste du filament, par suite du trajet, 
dansdiff^rents plans^ de ce dernier. II est des ovules oijI la 
partie ^limin^e, dans son ensemble, a un aspect claviformc; 
la roassue est droite on inflechie (pi. I, fig. 14, m; pi. IK 
fig. 27« m.). La forme representee planche I, figure 8, /, 
n'est sans donte qu'une modification dc celle 5 flammes 
conjugu^es 

D'autres formes s'^cartent davantage des deux formes- 
types. Telles sont celles representees planche I, figures 13, 
15, 16, 18, 19. La figure 27 de la planche II monlre en c 
une serie de grains chromatiques affectant une disposi- 
tion moniliforme et tangentiellement silues par rapport i 
la paroi de la vesicule germmaiive. Dans les ovules des 
figures 18 et 19, r, les parties eiiminees, et encore en con- 
tinuite avec le noyau de Toeuf, sont representees par des 
amas plus considerables et de formes variees. 

Je suis amene ainsi d parler de la gen^se de la couche 
palleale^ < Mantelschicht > de Leydig, qu'5 rescmple du 
savant bistologiste allemand, je considdre comme d'origine 
Ducieaire. J'ai dej^ dit quelques mots de ses caracteres et 
de sa frequence plus grande dans les ovules k vitellus 
compact que dans ceux i vitellus clair. Dans les premiers 
surlout, on distingue assez souvent, 5 la surface de la vesi- 
cule germinative et intimement appliques & sa membrane, 
des grains chromatiques de dimensions variables et plus 
ou moins nombreux. L'aspect bosseie du manteau, dans 
beaucoup d^ovules, permet de supposer qu'il resulte de la 
coalescence et de la fusion de ces grains (pi. I, fig. 20, m). 
Toutefoisy Paspeet plus homogene de la couche palieale 
dans d*autres ovules, surtout dans ceux ^ vitellus granu- 



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( 335 ) 

sur cet objet. Toatefois, avant de dire quelques mots de la 
soriie elle-m^me et des causes (^ui doDoent aux parties 
^limin^es ieurs divers aspects, il importe encore de faire 
remarqner que r^limination se fait, le plus souvent, en 
plusieurs points de la surface v^siculaire, et que ces Eli- 
minations multiples onl lieu, soit simultanEment, soil sue- 
cessivement (voir notamment pi. I, fig. 6, 8, 10, 11, 12; 
pi. II, fig. 27). 

Quelles sont les forces en jeu dans TElimination des 
Elements nuelEaires? Laissant de cdtE le mode de gendse 
de la couche pallEale, on pent se demander si les elements 
EliminEs sont seuls actifs dans le processus, ou bien si la 
vEsicuIe germinative, dans son ensemble, y intervient pour 
une part. 

La forme typique, dans laquelle une petite masse 
conique, tr^s avide de carmin, termine une (igelle de lon- 
gueur variable et en continuity avec un filament iotra- 
nuclEaire, semble indiquer que la petite masse susdite s'est 
fait jour h travers un des pores de la membrane de la 
vesicule germinative^ enlratnant i sa suite, i mesure 
qu'elle p<§n6tre dans le vitellus, le filament qui la supporte. 
Cette sortie s'est-elle effectuEe en vertu de mouvements 
amiboides du petit cdne terminal? Cela est possible et 
m^me probable; mais TEtude d'objets fixEs, en Tabsence 
de I'examen sur le vif, ne permet pas de r^soudre le pro- 
bldme. 

11 semble aussi, si j'en juge d*apr6s certaines images 
(pi. I, tig. 15), qu'une contraction totale de la vEsicule ou 
de la paroi vEsiculaire pourrait contribuer, au moins pour 
une part, i TElimination. 

Pourquoi, dans les formes typiques, TextrEmitE en 
forme de flamme est-elle toujours plus d^veloppEe que la 



( 534 ) 

ligelle qai la sapporte? Voici rexplieationqoe je crois poo- 
foir doDoer de cette parlicolaril^. Tool en admeltanl la 
possibility d'on accroissemeot rapide, d^ sa p^oelratioD 
dans le vilellos, jVslime que Veiiritnhi d*uD cbromosomey 
ao moiiienl de slosinaer dans le pore tres elroit de la 
membrane nocl&ire chromaliqae, emporle en m£me 
temps une parlie de la substance de celle membrane, dont 
elle se coiffe; de celle mani^re, la voie, devenue plus 
large, livre facilemenl passage au resle du fliamenl, qui 
conserve son ^paisseur. Si celle inlerpr^lalion esl exacie, 
j'avoue qu elle n'esl gu^re applicable k la forme des 
flammes conjugu^es; la cause de celle disposition resle 
pour moi une enigme. 

Abslraclion faile de ces cas parliculiers, beaucoup de 
parlies elimin^es doiveut inconteslablemenl leur forme 
sp^ciale soil h des ph^nom^nes d'accroissemenl, soil a des 
pb^nom^ncs de fusion, ou bien encore, el plus souvenl, k 
une combinaison de ce double processus. 

B. Elements definiUvement separes de la vesicute ger* 
minalive. 

Le vilellus de beaucoup d'ovules, surloul de ceux donl 
le diamelre esl le pins considerable ei donl, par cons^- 
quenl aussi, le d^veloppemenl esl le plus avanc^, renfer- 
menl des elements chromaliques qui ne sonl plus relics k 
la v^sicule germinalive. Ces ^temenls, qui irancbenl par 
leur coloralion plus forte sur le vilellus ambiant, se pr6- 
senlcnt sons diff<^rents aspects. Dans certains ovules, ils 
consistent en un petit amas, g^n^ralement de forme spb£- 
rique el de volume variable (pi. I, Gg. 18, n; pi. II, 
fig. 23, ii); dans d*aulres, deux pelits amas en forme de 
b&lonnets ou de larmes, el paralleles entre eux, soni 
enlour^s d*une zone plasmique plus dense el plus colo- 



( 358 ) 

rable que le vitellus ambiant (pi. II, flg. 26 et 28^ n); dan8 
d'autres encore, les amas cbromatiques sodI plus oom- 
breux et de i'ormes varices. 

Fait digne de remarque el que j'aurai h iuToquer plus 
bas : ir^s g^n^ralement, Tamas ou les amas cbromatiques 
soDt situ6s ik ^gale distance de la vdsicule germinative et 
de la surrace du vitellus (voir figures). 

Souvent aussi, dans les ovules les plus d^velopp6s« ils 
ont pour siege une zone plus fonc^e et plus dense du vitellus 
(pi. II, (ig. 23,24,25, a) (1). 

II sera question ik la Gn de ce travail de la signification 
probable de ces amas. 

IL — Comparaison avcc les falts analo^cs deja connus. 

Route (17) et Fol (5) ont, les premiers, observe le pas- 
sage, dans le vitellus, de cerlaines parlies de la v^sicule 
germinative. Depuis lors, plusieurs auleurs, parmi les- 
quels Balbiani(l), Fr. Blochmann (2), Fr. Slublmann (20), 
Lejdig(14),Korschelt(10),L. Will(25,26, 27), A.Weis- 
mann et Ischikawa (24), Aug. Lamcere (13), ont signal^ 
des fails analogues* 

(I) Ccttc lonc correspond h cdlc rcncontrec par R. Scliarff chcz 
Gadus virens ct d'autrcs Poissons osscux, ct qu'il appcllc • Internal 
protoplasmic ring • (19) ; ct aussi a Tauncau signalc c( (igurd par 
Hcnncguy dans un jcunc ceuf ovaricn do Truitc (6, p. 21, (ig. 17). 
Ccrtaincs phases de ddveloppcmcnt de la « Dottcrkernzone > dccrite 
parStuhlmann dans Toouf dc Zoarecs vhiparus(ZO, pi. If, fig. 31,37), 
sont aussi les homologucs dc Panneau de ScharlT. J*ai 6galcment 
rencontre cctte zone chcz la Blennic vivipare, mais beaucoap plus 
ddvcloppce que nc la figure Stuhlmann. Jc me propose dc rcvcnir, 
dans on prochain travail, sur Porigine de cctte zone vitelline. 



( 356 ) 

On est loin d'etre d^accord sur la vraie natnre et sur la 
destination dcs parlies ainsi eiimin^es. II est un autre c6t^ 
de la question, auquel les embryologistes n*ont pas tou- 
jours accord^ toule Timporlance qu'il m^rite. Je veux par- 
ler du mode suivant lequel les parlies se s^parent de la 
vesicule germinalive. Or,ce mode varie.En tenant compte 
des fails acluellcroenl connus, on constate Texistcnce de 
deux modes prineipaux : dans I'un, il y a formation de 
v^rilables bourgeons k la surface de la vesicule; dans 
Tautre, il ya Elimination, sorlie^ expulsion de certains Ele- 
ments nuclEaires. Je designerai le premier mode sous le 
nom de reduction par bourgeons ou gemmes^ le second 
sous celui de reduction par elimination. 

A la reduction par bourgeons se ratiachent notamment 
les rEsullats obtenus par Roule, Fol, Blochmann, SlnhU 
mann, Aug. Lameere, et parliellement ccux auxquels est 
arrivE Balbiani. 

D*aprEs Fr. Blochmann, dans Toeuf ovarien de Campo^ 
notus ligniperda Lair., les c Nebenkerne » observes par 
lui dEbulent par un bourgeonnementde la vEsicule germi- 
nalive, donnant naissance i des vacuoles; dans les 
vacuoles ainsi formces apparaissent alors des granules qui 
se colorent par le carmin; bienlol apres, les vacuoles, 
devenues plus volumineuses, sonl nellcmenl dElimilEes 
par une membrane; puis les < Nebenkerne » se dEiachenl 
de la v6sicule germinalive el commencenl k Emigrer vers 
la pEripherie de Poeuf (2, pp. 145-147, flg. 1 ^ 10, A:). 

Aug. Lameere, observant de son cdle le mode de genEse 
des c Nebenkerne » de Blochmann chez Campouotus ligni- 
perda Lair., les voil aussi apparattre sous forme de bour- 
geons: c Les premiers bourgeons qui s*observent k la 
surface du noyau des jeunes oeufs sont de petites hernies 



( 337 ) 

claires dans lesqoelles p^n^trent uo ou plusieurs grumeaux 
chromatiqucs (13, p. 43). 

Balbiani, dans ses recherches sur Toeuf ovarien des 
G^ophiieSy a renconlr6 les deux modes de reduction 
Diicleaire. Comme lui-mdme en fait la remnrque, chez le 
GeophiluB longicomis^ on pent consid^rer les cellules du 
follicule «'comme se produisant k rextr^mile d*une sorte 
de^stolon forme par un prolongemenldu nucleus. Chez le 
G. carpophagus, ces mdmes cellules naissent par un mode 
de bourgeonnement qui pr^sente plus de ressemblance 
avee ce que MM. Fol et Roule ont observe cbez les Asci- 
dies. » 

» La membrane de la v^sicule germinative commence 
par s'^paissir sur plusieurs points de la surface. Ces points 
^paissis s'allongent au dehors et constituent autant de 
pelits culs-de-sac ou diverticules, etc. » (1). 

La reduction par elimination, signal^e pour la premiere 
fois par Balbiani chez Geophilus longicornis^ est aussi 
celle d^crite par Leydig dans Pceuf ovarique de plusieurs 
animaux, et par A. Weismano et C. Ischikawa dans les 
oeufs d^hiver de Moina paradoxa. 

Ce que j'ai observe chez les ceufs ovariens de Scorpcena 
scrofa L., se rapporte ^alement k ce mode de reduction. 
Dans tons ces cas, it ne s*agit pas de formation de bour- 
geons on de gemmes, mais d*une veritable Elimination, 
d'une sortie de certaines parties constituantes de la vEsi- 
cule germinative k travers sa membrane-limite. 

Les images fournies par les oeufs ovariens de Scorp^ne 
se rapprochent, it certains Egards, de ce que Balbiani a vu 
et d^crit chez Geophilus longicornisy mais surtout des dis- 
positions figur^es et ddcrites par A. Weismann et Ischi- 
kawa chez les Daphnides, et par Fr. Leydig dans les 



( 338 ) 

oeuFs ovariens de Theridium^ Phalangiumj Geophilus hn- 
gicorni8(% Lithobius et Slenobothrus. 

Dans Toeuf ovarien de Geophilus longicornis Leach, 
Balbiani decrit et figure ud prolongemeot creux qui part 
de la v&icule germinalive et s'avance, h one distance 
variable, dans le sein du viiellus (1, fig. 1,2, 5,6). Le 
savant professeur du College de France d&igne ce prolon- 
gement tubulaire sous le nom de canal ou d'enlonnoir 
nucl^aire, k raison de ses connexions avec le nucleus de 
rceuf. A soh extrdroit^ basilaire, 6largie en enlonnoir, le 
canal s'ouvre dans la cavii6 de la v^sicule germinative par 
un orifice circulaire, beaucoup plus large que Touverture 
terminale ^galenaent circulaire, et dont la ligue de con- 
tour est plus epaisse et plus r^fringente que celle de la 
vesicule germinative. 

One couche mince de plasma vitellin dense, ordinaire^ 
ment homog^ne, sans delimitation nette avec le vitellus 
environnant, apr^s avoir revetu la surface ext^rieurede 
la vdsicule germinative, se prolonge sur le canal en s'amin- 
cissant graduellemeot vers son extr^mit^ libre. 

c Dans les tr^ jeunes ovules, Tappendice de la vesi- 
cule germinalive.... constitue plul6t un ^paississement 
local, en forme de verre de montre, de la membrane de 
celte vdsicule, qu'un canal proprement dit » (1, fig. 3). 

« La grosse tache germinative que I'on observe dans la 
plupart des ovules d*une certaine taille»,appliqu6e centre 
le point de la parol de la vesicule d'oii nait le canal, ^met 
un prolongement qui traverse Torifice interne ou nucl^aire 
de ce dernier, et p^n^tre dans son int^rieur en suivant la 
direction de Taxe. < De m£me que I'appendice de la vesi- 
cule germinative, celui de la tache m'a paru creus^ int^- 
riearement d*un canal rempli d'un liquide clair et homo- 



( 359 ) , 

g^De. lis nous pr6sentent, par leur eDsemble, un sysldme 
de deux tubes emboli^ Tun daus I'aulre, etc. » (1, p. i 
du (ir^ k pan). 

c Chez cerlaines femellesy Tappendice nucl^aire a la 
forme d'un long cordon enroul^ ou pelolonn6 diversement 
k son exiremile libre » (1, fig. 4). 

Leydig, apres avoir rappele les int^ressantes recherches 
de Balbiani, ajoute : c Ich bin z^^ar nichl in die Lage 
gekommen, dieselben in alien Slucken beslaligen zu 
konnen, wohl babe ich die Richligkeil einiger Haupt* 
punkteanzuerkennen. » (14, p*. 316.) 

Je puis faire miennes ces paroles du savant anatomistc. 
J*ai rencontr^, en effet> dans des ovules de Scorpaena 
scrofOf une disposition qui rappelle celle d^couverte par 
Balbiani chez Geophilus longicornis^ mais qui ne montre 
pas tous les fins details de structure d^crits et figures par 
le savant frangais. 

Les particularit^s oflerles par les ovules de Scorpene 
rappellent, au contraire, d*une fa^on frappanle, celles 
observ^es dans des oeuTs ovariens de Geophilus (1) par 
Leydig. Pour s'en convaincre, il sulTit de metlre en regard 
mes figures 17, 21 et 22 avec les Ggures 94 et 61 de la 
planche XIII de son ro^moire. 

Seulementy je ne suis pas tout k fait d*accord avec 
Leydig sur finterpr^talion de ces figures. D*apr^s lui, 
Tentonnoir de Balbiani est un diveriicule, c eine Ausbuch- 



(I) G*cst sculcmGnt dans les ocufs ovariens do Geophilus longi- 
eamis (?) que Tautcur a vu une disposition comparable a ccllc ddcou- 
verte par Balbiani. 11 nc Ta pas m£mc rctrouvde dans ecux d*un 
autre genre de Myriapodes, Lilhobius (14, p. 317). 



(340) 

r 

tung », de Tespace clair entourant la v^icule genniDative, 
« Hohlung urn das Keimbl^schen ». Le contenu de cet 
eolonnoir est repr^sent^ soil par une substance claire ou 
de rhyaloplasma, soit par une matiere granuleuse, grume- 
leuse, rappelant par ses propri^t^s opliques la substance 
des taches germinalives, € so dass schon dadurch der 
Gedanke, es mdchten korperliche Theile aus dem Keim- 
blaschen heraus in besagte Lichtung getreten sein, kaum 
abzuweisen ist; zudem liegl auch gern der grosse Keim- 
fleck der Basis des Trichters nahe ». 

Leydig parle aussi d*un ^paississenient apparent de la 
membrane de la v^sicule gcrminative, qui, ^ un forlgros- 
sissement et k Taide de ri^aclirs, se montre constitu^ par 
une substance granulo*grume!euse silu^e en dehors de la 
membrane; cette substance est Gnement stride dans le 
sens radiaire. (14, pp. 51C-3I7.) 

Cette matiere grumeleuse entourant la viisicule corres- 
pond bien, me scmble-t-il, & la zone ou i une partie de la 
zone, si fr^quente dans les oeufs ovariens de plusieurs 
aniroaux, et designee par Leydig sous le nom de couche 
pallialcy c Manlelschicbt ». Mais cette couche pall^ale cor- 
respond, d'autre part, & la couche plasmique qui, d*apr6s 
Balbiani, entoure la v6sicule germinative. Or, on Ta vu, 
d*apr^ lui, c*est cette m^roe couche qui se prolonge sur le 
canal en entonnoir quil delimite exterieurement (1). 



(i) Lcs concrdlions ddcritcs dans Tocuf ovaricn dc Zoarces vio»- 
parus Cuv. par Fr. Stulilmann, ct formant bicnl6t cc que l^aulear 
appcllc le « Dollcrkcrnschiclit *, sont aussi rhomologuc du » Mantel- 
scbicht • dc Leydig. Pour Stublmano, conlrairemcnt h la manicrc de 
voir de Leydig, ccs productions sont d'origine cytoplasmique (81) 
pp. 14-45, fig. 20-24). 



( 341 ) 

Je ne puis done coDsid^rer comme l*bomoIogae de Yen- 
tODDoir de Balbiani le prolongemeot diverliculaire de 
Tespace perinucleaire. Aussi bien sur certains ceufs de 
Geophilus observes par Leydig (14, fig. 54, 61, Tar. XIII) 
que sur les oeiifs de Scorpaena (fig. 17, 21, 22), ce pro- 
longement forme gaine autour d*une autre expansion 
diver ticulaire pro venant de la couche palleale ou compa- 
rable i cette couche. Cest celte derni^re expansion qui 
correspond en r6alil6 i Tenlonnoir ou, plus exactement, 
au sysl^me de deux tubes embolics Tun dans Taulre, dont 
parle Balbiani. 

Un disposition tr^s semblable aussi h celle que j'ai 
rencontr^e dans certains ceufs de Scorp6ne, a ^t^ decrite et 
figur^e par Lcydig chez des ovules de Nephelis (14, p. 297, 
fig. 8, Taf. XI). 

Leydign*a pu d^couvrir d'orifice basilaire dans Tenton- 
Doir de Balbiani. Je n'ai rien trouv^ non plus de compa- 
rable i cet orifice. Comme Tauteur allemand, j*ai lieu de 
supposer que les ^I6ment3 nucleaires sorlent de la vesi- 
cule germinative h Iravers les pores de la membrane. Je 
D*ai pas apergu davantage la moindre trace d'un canal 
6ilu6 dans I'axe du diverlicule pall^al; toutefois, la pre- 
sence d'dl^ments chromaliques, k ce niveau (pi. I, fig. 17), 
apporte une ressemblance de plus avec la description 
donn^e par Balbiani, et permet de conclure k Pexistence 
d'un canal virtuel axial. 

Je dois ajouler que, contrairement aux r^sultats obtenus 
par Balbiani et Leydig chez Geophilus, les parlies ^limi- 
D^s par la v^sicule germinative de Toeuf de Scorpaona ne 
8ont pas les vraies taches germinatives; rien ici ne trahit 
rintervention de ces derni&res dans le processus en 
queslioQ. 



( 542 ) 

II est des ovules de Scorpaena scrofa daos lesqiiels se 
yoit un filament contourn^y comparable au cordon enroal^ 
ou pelotonn^ rencontr^ par Balbiani dans des oeufs ova- 
riques de Geophilus longicornis; mais il n*a jamais la 
forme massive de ce dernier et se rapproche beaucoop 
plus, comme nous le verrons, de certains objets d^crits et 
figures par I^eydig (voir nos (ig. i% pp. 15 et 19, r.). 

Les fails observes par A. Weismann et C. Ischikawa 
dans Teeuf des Daphnides, notammenl cbez Moina para" 
doxa, peuventse r^sumer comme il suit : 

a. Dans les jeunes cellules ovulaires, it vfeicule relati- 
vement volumineuse par rapport au corps cellulaire dont 
le protoplasme est encore enti^rement homog^ne, les 
aulcurs onl vu, 5 diverses reprises, nn certain nombre de 
grains chromaliques, pr^senlant absolument Taspect de 
ceux renferm^s dans la vesicule, sortir manifestement de 
cette derni^re (24, p. i75, pi. VI!, fig. 1). 

b. La substance ^vacu^e se transforme en un noyau, 
€ Ncbenkern » ou < paranucleus >, qui s*entoure ensuite 
d'une zone de protoplasme, I'ensemble formant la cellule 
copuhlrice < die Copulationszelle • (24, p. 176, fig. 3, 4, 
8,10,13). 

c. Weismann et Ischikawa concluent de \k que la 
cellule copulatrice est un produit de Toeuf, qui doit son 
origine premiere h la sortie, de la v^sicule germinative, de 
substance nucl^aire colorable, et qui se complete par la 
formation d'un corps cellulaire (24 p. 176). 

d. Examin6e sur les coupes, la membrane de la v^sicule 
germinative est invisible ou peu apparente; elle ne pr4- 
sente pas de d^chirures, mais semble avoir subi des modi- 
fications chimiques ou mol^culaires. 

e. La sortie elle-mdme doit 6tre attribute au mouvemeut 



( 343 ) 

actif de la substance fi&le, hyaline du noyau, laquelle 
entoure chaque grain chroma lique. 

f. On doil admeltre que la sortie degroupes de granules 
se r^p^le i diverses reprises, et qu'elle a toujours lieu au 
mSme endroit ou en des endroils tr&s rapproch^s de la 
v^sicule germinative (24, p. 177). 

Les phenom^nes dont les jeunes oBufs ovariens de 
Scorpaena scrofa sont le siege, pr^sentent incontestable- 
ment plus d*un point de contact avec ceux observes dans 
les oeufs de Moina par le savant professeur de Fribourg 
et son ^l^ve. 

Dans les deux cas, il s'agit bien de Texpiilsion de grains 
chromaliques, non de vrais nucleoles (1). 

Chez Scorpaena comme chez Moina, les grains expuls^ 
sont manifestement en conlinuil^ avec des grains homo- 
logues (chromosomes) renferm^s dans la v^sicule germi- 
native (Comparez plusieurs de nos figures avec la figure 1 
du m^moire de Weismann el Ischikawa.) 

Dans les ovules de Scorpene, les ^I6ments chroma- 
tiques ^limin^s, et d^sormais sans connexion avec la 
v^sicule germinative, s*entourent parfois d'une zone proto- 
plasmiquo, netlement dislincte du vilellusambiant(pl. II, 
fig. 26, 28, n). Dans ces conditions, le corps ainsi form^ 
n'est pas sans presenter une certaine ressemblance avec 
la c Copulationszelle » de Weismann et Ischikawa; toule- 
fois, rien, dans ce corps, ne denote la presence d'un 
Doyan. 

Sous d'autres rapports, les r^sultats auxquels sont 



(4) Dans les osufs de Leptttdora hyalina et de Bythotrephet, le 
paranucl^as serait, par contrc, d'origine nucl6olaire(24,pp. 478-180), 



( 544 ) 

arrives Weismann et Ischikawa ne concordeot pas avec 
les ndlres. 

Ainsi, sur nos ovules, la membrane de la v^siculc ger- 
miDative n'est ni invisibley dI moins apparente aux 
endroits oh s*op6re T^vacuation; elle ne semble pas avoir 
subi de modiGcations cbimiques ou mol^culaires. Dans 
fceuf de Scorpaenoy la membrane de la y^sicule germina- 
tive est poreuse, et c'est k travers ses pores que les 
QIaments nucI6aires se font jour. 

D*apr6s Weismann et Ischikawa, la sortie des elements 
nucl^aires doit £tre attribute au mouvement actif de la 
substance p&le, hyaline du noyau, laquelle entoure chaque 
grain chromalique. Comme je I'ai dit dans la premiere 
partie de ce travail, chez Scorpaena^ on constate frequem- 
ment la presence, autour des parties dlimin^es, d'une zone 
ciaire et plus homog^ne que le vitellus ambiant; mais, 
comme Leydig, je consid^re cette zone comme form^e aux 
d^pens du proloplasme de Tespace p^riv^siculaire(l). 

Weismann et Iscbikav^a admettent encore que la sortie 
des grains cbromatiques se r^p^te k diverses reprises et 
que toujours elle se fait au mSme endroit ou en des 
endroits tr^s rapproch^s de la v^sicule. Chez Scorpaena, 
I'diminalion a lieu, non seulement 5 diverses reprises, 
roais aussi simultan^ment, et cela en des points de la 



(i) Lcydig, il est vrai, a vu, dans des ccufs ovariens dc Bufo 
cinerctu cxaminds dans la salivc, Ic halo clair entourant chaque tache 
germinativc sc confondrc pcu h pcu avec Tespacc pdrinuclcaire, ct il 
ajoutc : « £s schwand allmahlich die Hcmbran des Kcimblascbcns 
an dem anzwcifclhaft nocb lebcndcn Ei » (14, p. 351, fig. 106, 
• oberes Ei »). 



(345 ) 

surface de la v^sicule germinative souvent tris distanls les 
UDS des autres. 

J'aurai k revenir plus loin sur rinterpr^tation dooD^e 
par Weismann et Iscbikawa de r^liminalion des ^l^ments 
DQcl^aires. 

A propos de la description donu^e par Balbiaui de 
Toeof ovarien de Geophilus longicornis, j*ai d^j^ expos^ 
certains r^sultats obtenus par Leydig en ce qui concerne 
les (Bufs ovariens de la rofime espice (?) et Poeuf ovarien 
de Nephelii. 

Je n'insisterai pas sur la sortie d'^l^inents nucl^aires, 
— il s*agit de taches germinatives, — observee par Leydig 
chez les Poissons {Gasterosteus aculeatus)^ les Amphibiens 
(Triton laeniatus^ Salamandra maculosa, Bufo cinereus, 
Rana esculenta) et certains Mammifi^res, notamment 
Myoxus nitela, Je rappellerai seuiement que, dans Poeuf 
ovarien de Triton taeniatus^ I'auteur a vu les taches 
germinatives quitter la vesicule germinative a la mani^re 
des amibes (14> p. 343, fig. 91 a). 

Sans doute, ces faits se rattachcnt k la question qui 
nous occupe; mais je tiens surtout h rappeler les. obser- 
vations de Leydig qui se rapprochent le plus de nos 
propres observations. 

Les recherches de Leydig auxquelles il est fait allusion 
se rapportent aux oeufs ovariens de Theridiuniy de pha- 
langium^ de Geophilus, de Lithobius^ et de Steti^bothrus. 

Piusieurs ovules de Scorpaena nous ont fouroi des 
images qui prdsentent une tr^sgrande analogic a vec eel les 
d'ovules ovariens de Theridium d^crites et figur^es par 
Leydig. J'engage encore une fois le lecteur k metire en 
regard certaines de nos figures, par exemple les figures 
12 et 15 et les figures 24 et 25 du m^moire de Leydig. 

3"* S^RIE, TOME XXV. 24 



^ 



C 3*6 ) 

Dabs Toeaf de Scorpaena comme dans celui de Theridium, 
on voit un boyau granuleux, faisanlsailliedans ie vitellus, 
el en continuity avec des filaments de m£me nature ren- 
fermes dans la v^sicule germinative. Dans ce cas parti- 
culier, la difference entre les ovules de Scorpaena et ceuz 
de Theridium resulle surlout de I'absence, dans les pre- 
miers, de Tespace p^rinucl^aire el de diverticules de eel 
espace; mais dans d'autres ovules de Scorp^ne, cet 
espace et ses diverticules existent, et, comme je i'ai d^j& 
remarqu6 plus haul, cette disposition y est beaucoup plus 
fr^quente que nos figures ne semblent Tindiquer. 

La figure 64 du m^moire de Leydig repr^sente un ovule 
de Lithobius, avec sortie d'^l^ments nucleaires«k travers les 
paroisde la membrane vitelline. Parmi les parlies 6limin^es, 
deux tigelles moniliformes se tcrminent, du c6t^ du 
vitelluSy par une petite masse granuleuse el sph^rique. 
Cette disposition n*est-elle pas comparable k cello oft, 
dans les ovules de Scorpaena^ une tigelle, aussi Ie plus 
souvent moniliforme, aboutit k un petit amas terminal 
fungiforme (fig. 1 0, H , /:)? 

Dans les oeufs ovariens de Scorpaena^ des grains 
nucl^aires ^limin^s ou en voie d*^limination (fig. 27, c) 
ra|ipellent aussi, jusqu^i un certain point, ce que Leydig a 
vu chez Stenobothrus (14, p. 551, fig. 80). 

La couche munie de saillies ou de bossclures (aspect 
parliculier de la couche pall^ale) rencontr^e par Leydig, 
autour de la v^sicule germinative d ovules de Phalangium 
(1i, p. 306, fig. 46, 47), sc retrouve aussi cbez des oeufs 
ovariens de Scorp^ne (pi. I, fig. 20). 

En r£sum£, les fails que j'ai observes chez Scorpaena 
scrofa confirment, en ce qu'ils out d*essentiel, les r^ul- 
tats obtenus par Leydig, notammenl chez les Arachnides 



( 347 ) 

(Theridium, Phalangium), les Myriapodes (Geophilvs, 
LUhobius) et les Insectcs (Stenobothrus). 
Comme le savaot Daturaliste allemaod, je constate : 

a) Le passage, dans le vitellus, d'^l^menls nucl^aires. 

b) L'existence fr^quente, dans les oeufs ovariens de 
Scorp^ne, d*un espace perivesiculaire^ € Hohlung um das 
Keimbiaschen >, plus clair que le reste du vitellus et 
d^^paissenr variable, suivanl les cas. 

c) La presence de diverlicules de cet espace, coiffant et 
entourant les parties ^limin^es. 

d) L'^existence d'une couche dense, d*^paisseur et d'ap- 
parence variables, la couche paileale ou le man(eau(€ Man- 
telscbicht >), embrassant parliellenoent ou entourant la 
v^sicule germinative, et intimeroent appliqu^e k sa 
surface. 

Pour Leydig, les parlies ^limin^es sont des laches 
germinatives. Partout, dans son travail, il n'est question 
que de la sortie de ces tacbes. J*ai d^montr^ que, dans les 
ovules de Scorp^ne, les vraies tacbes germinatives ne 
quittent pas la vesicule, etqu*il s'agit du passage, k travers 
ses parois, des filaments de la cbarpente nucl^aire. 

Mais, dans certains cas, le disaccord entre les r^sultats 
de Leydig et les ndlres est plus apparent que r^el. Je 
citerai comme exemple ce qui a trait iToeufde Theridium. 
Ce que Leydig y d^signe sous le nom de nucl^ole prin- 
cipal consiste, en r^alit6, en des filaments pelotonn^s, et 
les parties ^limin^es appartiennent pr^cis^ment k ce 
nucl^ole principal. Or, ces filaments enroul6s sont bien 
comparables aux chromosomes de nos ovules; et les 
nucl^oles accessoires figures par Leydig, lesquels oe 
quittent pas la v^sicule, ne sont pas sans rappeler les 
tacbes germinatives des ovules de Scorp^ne. 



( 348 ) 

Parlant de la sortie des laehes germinatives cbez 
Geophilus^ Leydig s'ex prime comme il suit : c Ich glaube... 
dass Keimflecke nicht als Ganzes durcb eioe grossere 
Oeffauog nach aussen gelangen, sondern nachdem sie 
sich zuvor in Tbeilslucke zerlegt baben ; diese erst scbie- 
DCD mir durcb die Poren der Membran des Keimblascbens 
zu dringeD, um sicb alsdann wieder zu einem eiDzigea 
Ballen zu vereiuigeD > (14, p. 318). 

Dans Toeuf de Scorpcena^ les dimensions des parties 
^liminees ue n^cessilenl nullement une reduction ou une 
fragmentation pour permettre leur passage k travers les 
pores de la membrane nucleaire; maisje puis admetlre 
que (out comme, d*apres Leydig, les nucl^oles se reconsti- 
tuent ensuite par Tunion de ces fragments, les grains des 
cbromosomes ^limin^s ont une tendance k se fusionner, 
donnant ainsi naissance k des amas plus massif:$. Ce fait, 
joint k Taccroissement des microsomes des leur entree 
dans le vilellus, rend compte, en effet, de Ja presence, 
dans ce dernier, d*amas ou de grumeaux cbromaliques 
parfois assez considerables (1). 

L accroissement, a Tinterieur du vitellus, des dements 
cbromatiques d*origine nucleaire a ^t^ observe aussi par 
Fr. Blockmann dans ses < Nebenkerne » (3, p. 145); 
Weismann et Iscbikawa coostatent, au contraire, dans le 
paranucleus cbez Moina^ une diminution du volume des 
grains cbromatiques (24, p. 175, fig. 6, 7, 8). 



(1) Dans certains ovules, ces masses pr6sen tent assez d*anaIogie 
avec qoelqnes-unes de cellcs decrites et figurees par G. Jatta dans 
led oeufs ovariens de Pholcits phalani/ioides, ct considdrees par oet 
auteur comme represcntant des noyaux vitellins (9, voir Og. 49). 



(349) 

II est cerlaines formes d'^limination, — et ce sont pr^ci- 
seicent les Tormes typiques, — propres aux oeufs ovariens 
de Scorpmna scrofa, au snjet desquelles je ne trouve 
Dulle iDdication parmi les fails cojonus jiisqu'alors. Nulle 
part, en effet, il n'est question de tigelle surmonl^e, k son 
extr^mit^ libre^ soit par un seul amas chromatique plus 
d^velopp^, en forme de flamme, soit par deux amas 
semblables conjugu^. Je constate n^anmoins une ressem- 
blance, mats tr6s lointaine^ entre cette derni^re disposi* 
tion et la figure que revdlent, d*apr^ Aug. Lameere, les 
chromosomes des corpuscules rdsiduels, a certains stades 
de leur d^g^n^resconce^ dans Tovogen^se de TAscaride du 
Cheval (13, fig. 25 et 27). 

III. — Interpretation dtB faits. 

Dans son ro^moire d^ji ci(£, A. Lameere relate et 
discute les divers fails ^tablissant que la v^sicule germi«- 
native subit une perte de substance au cours de revolu- 
tion de Tceuf. 

Apris avoir parl£ des travaux de Leydig, de Roule, de 
Fol et de Balbiani, il ajoute : c Nous avons tenu i passer 
en revue ces divers fails, quelque douteux quails soienl 
encore aujourd'bui, car il est bien probable que Tavenir 
d^montrera qu'au moins une partie d*entre eux repr^- 
sentent une expulsion de corpuscules r^siduels dans 
Tovogen^se des divers animaux pr^cit^s. Nous sommes 
auloris^ it penser ainsi par suite de d^couverles trte 
positives qui out M faiies cbez les Insectes, d^couvertes 
sur lesquelles ratteniion n*a gu&re encore &ti attir^e et 
dont on n'a pas donn^ jusqu'ici d*interpr6tation > (13, 
p. 42). L'auteur fait allusion aux rechercbes de Blochmann, 



■ ■ ^} 



( 350 ) 

conflrm^es par lui, chez Camponotus ligniperda Lair., et it 
ceiles deStuhlmaon. 

Si, compares k ces d^couvertes tr^ precises, A. Lameere 
qualifie les aulres fails dedouleux,c*eslsurloul parceque 
cerlains auleurs c n^gligeanl remploi des reactifs colo- 
ranls, n*onl pas cherch^ it se rendre comple de la nalure 
exacle des ^lemenls qu'ils consid^renl comme expulses de 
la v^icule germinalive. > II vise surloul les fails consi- 
gn^s dans le m^moire de Leydig el fail remarqucr « qu'il 
noQS esl difficile de savoir si les porlioos de substance qui 
sorlenl de la v6sicule sonl chromaliques ou nori, si elles 
consiiluenl uue diminalion du plasma h^r^dilaire, si elles 
peuvenl £lre consid^r^es comme corpuscules r^siduels > 
(13, pp. 39-40). Et plus loin : c Quant aux ^l^meols plus 
ou moins obscurs dont Leydig a constat^ la sortie de la 
vesicule germinalive, Dotammenl sur le vivanl chez une 
Araign6e (Thcridium)^ sonl-ilsde nature chromatique, el 
ont-ils la m^me signification que ces corpuscules r^si- 
duels ofTrant tons les caract^res de petils noyaux, qui 
naissenl de la vesicule germinalive chez certains Insecles, 
alors que Toeuf esl encore jeune ?... C'est ce qui esl fort 
probable, mais des Etudes ult^rieures sonl n^cessaires pour 
r^tablir positivemenl » (13, p. 40). 

Les fails que j*ai observes ne sonl pas passibles des 
m^mes reproches. Si, chez Scorpcena scrofa, nous sommes 
r^ellemcnt en presence d'une sortie d*^l^menls nucl^aires 
d travers la paroi de la v&sicule germinalive, — et je ne 
vois guere d'autre explication possible des images que j*ai 
cues sous les yeux, — il faul admellre aussi, eu ^gard k la 
coloration de ces elements par le carmin el k leur conti- 
nuity avec les chromosomes inlra-nucl^aires, qu'ils sont de 
nature chromatique et qu'ils n'ont rien de commun avec 
les vrais nucleoles que renferme le noyau de I'oeuf. 



( 381 ) 

Les ph^nom^nes d'^limination cbez Scorpcena se rap- 
procheot rr^qqemtnenl de ceux observ<^s par Leydig chez 
Theridium. Or, comme j'eo ai fail la remarque, le rappro* 
cbement devient plus intime encore si Ton consid^re que 
ia masse enroul^e, dt^sign^e par Leydig sous le nom de 
nucl^ole principal, correspond, en r^alil^, aux chromo- 
somes nucl^aires, et que les deux nucleoles accessoires 
figures par lui sont, au contraire, comparables aux 
nucleoles non color^s par le carmin que renferme la 
v^sicule germinalive des ovules ovariens de Scorpene. Les 
observations de Leydig el les ndtres se compl^tenl ainsi 
muluellemenu Je croisjdevoir insisler d*autant plus sur ce 
rapprocbement,que les premieres ont porl£ sur des oeufs 
ovariens d*un Invert^br^, les secondes sur ceux d'un 
Vertebr^. 

A. Lameere se demande aussi si les ^l^ments ^limin^s 
chez Theridium onl la mdme signiQcation que ces corpus- 
cules r^siduels oflrant tons les caracteres de petils 
Doyaux, qui naissenl de la vesicule germinalive cbez cer- 
tains Insectes, alors que rceuf esl encore jeune. 

La difference en ire la reduction par gemmes el celle 
par eiiminalion enlratne n^cessairemenl cerlaines diffe- 
rences dans la conslitulion des ^l^menls morphologiques 
n^s de c<^s processus. 

Ainsi, dans T^liminalion, la membrane de la vesicule 
germinalive n'enlre pas ou n'inlervienl que pour une pari 
tr^s mioime dans celle conslilulion. Conlrairement aux 
gemmes, les parlies nucl6aires eliminees u'offrenl done pas 
les caracl^res de pelils noyaux. 

Mais ces differences impliquenl-elles une signification 
essentiellemenl diffdrenle entre les elements issus d*une 
gemmation et ceux provenanl d'une Elimination? Non, 
sans doule. 



( 332 ) 

Aug. Lameereyaprte avoir compart les corpuscules r^si- 
duels de VAscaris megalocephala a?ec les < Reifungs- 
ballen > ou c Nebenkerne > du Camponotus ligniperday ei 
fait ressortir les ressemblances et les dissemblances entre 
les deux produits, ajoute : < Ces divergences ne peuveot 
n^anrooins nous emp^cher de consid^rer I'expulsion de 
ces corps de rebut comme ayanl la m£me signiOcalion que 
r^limination des corpuscules F^siduels de VAscaris mega* 
locephala^ (13, p. 44). 

Ce qui importe, en effet, c'est que les parlies ^limin^s 
soient bien de la nature de celles consid^r^es comme ser- 
vant de support aux propri^t^ h^r^ditaires. C*est ie cas 
pour les jeunes ovules ovariens de Scorpene, el je ne crois 
pas trop m*avenlurer en disanl que r^limination donl ils 
sont Ie si^e correspond k une r^duclion karyogamique. 

Mais nous voici en pr&ence d'une question conlro- 
vers^e. Dans leur travail sur la spermatogen^se chez 
TAscaride m^galoc^phale, Ed. Van Beneden et Julin com- 
paraienl les corpuscules r^siduels des sperroatomeres aux 
globules polaires des ovules (23). Pour Aug. Lameere, la 
reduction karyogamique se produit dans la premiere ou 
dans la deuxi^me phase de revolution des gonocytes, et, 
cbez VAscaris megalocephala^ k des stades qui se corres- 
pondent dans Tovogen^se el la spermalogen^se (13, p.68). 

Chez Plerotrachea^ Sagitta bipunctata et Echinus 
microtuberculatusj Boveri ne rencontre, pen de temps 
avant la maturation proprement dite de Toeuf, que la 
moiti^du nombre de chromosomes, typique pour I'esp^; 
il en conclut que la reduction karyogamique doit se faire, 
au plus lard, dans la vesicule germinative (4, p. 02). Dis- 
cutant la question de la reduction karyogamique, dans son 
article c Refruchtung*, Boveri dit aussi que cette reduction 
doit avoir lieu avant la formation des corpuscules polaires, 



( 333 ) 

au plos tard dans les oocytes de premier prdre, mais pas 
plus (dt, du moins en ce qui concerne TAscaride megaloc^- 
pbale (4% p. 4S9). 

En somme, d'apr^ les embryologistes que je viens de 
citer, en laissanl de cdl6 la comparaison autrefois ^(ablie 
par £d. Van Beneden et Ch. Julin entre les corpuscutes 
r&iduels el les globules polairesje processus de reduction 
pr^c^de la troisi^me phase ou phase de multiplicalion des 
produits sexuels. 

D'aprte 0. Herlwig {Ascaris megalocephala) et J. Rue- 
kert (Elasmobranches), ce tn&me processus correspond, au 
contraire, Ji la phase de multiplication (Reifezone, 0. Hert- 
wig); il est le r^sultat de la formation des corpuscules 
polaires. 

Parmi les conclusions formul^es par 0. Hertwig, k la 
suite de son etude compar^e de Tovogen^se et de la sper- 
matogen^e cbez les Nematodes, nous trouvons la sui- 
vanle : c Die im Keimblaschen und in dem Samenmutter- 
kern vorbereitete Henge wirksamcr Kernsubstanz ist 
gleich gross, wie in jedem andern Kern vor der Theilung. 
Ein Reduction durch Ausstossung oder Ruckbildung hat 
nicht statt gefunden » (7, p. 70). Aossi consid£re-t-il les 
globules r^siduels d^crits par Cd. Van Benedem et Julin, 
globules qn'il d^signe sous le nom de c Hodenzwischen- 
korperchen », comme des cellules testiculaires atrophi^es 
ou en voie de d^^n^rescence (7, p. 17) (1). 

De son cdt£, Riickert, dont les recherches ont port^ sur 
les oeufs ovariens de Scyllium^ Torpedo, et surlout de 



(I) Comme Pauteur nous Papprend dans une note, k la fin de son 
m^moire, il n*a pu prendre connaissance, en temps opportun, des 
r^sultats obtenus par Aug. Lameere. « 



-\ 



( 354 ) 

Pristiurus, apres avoir d^crit ies caractires de la vesicule 
germinative des plus jeunes ovules, constate que, dans la 
suite du d^veloppemeot jusqu'i maturalioQ complete, Ies 
chromosomes de la charpente nucl^aire ^prouvent simple- 
men I des moditications de volume, de structure, de colo- 
rabilit^ et de si^ge (18, p. i09). 

Je ne veux nullement pr^lendre que Ies fails observes 
chez Scorpaena sontde nature k r^soudre le probl^me en 
lilige; mais j*e$time que, joints aux fails analogues d^k 
connus, ils apportent un argument nouveau en faveur de 
la premiere opinion, celle d'apr^s laquelle la reduction 
karyogamique existe el pr^^de la phase de multiplication 
des produits sexuels (1). 

Je puis r^p6ter ici ces paroles d'Aug. Lameere, lors- 
que, apr^s avoir assimil^ Ies corpuscules r^iduels aux 
< Reifungsballen » et aux c Nebenkerne », il dit : c Si 
cette Elimination n'esl pas un pb^nom^ne de reduction 
karyogamique, quelle signiOcalion peut-on bien lui atta- 
cber? Pour notre part, nous n*en voyons pas d'autre » 
(13, p. 44). 

J'ajouterai : A moins de consid^rer Ies fails d*Elimina- 
tion connus jusqu'^ present comme resultant des r^actifs 
employes, ou comme Etant du domaine de la pathologic. 
Une telle mani^re de voir n'est pas addiissible, surtoul 
pour Ies motifs suivants : 

l"" Quand TElimination a lieu, elle s^observe dans tous 
Ies ovules ou presque tous Ies ovules ovariens arrives a 
une certaine phase du d^veloppement, et ne se retrouve ni 

(i ) Je laisse de cote ici Ies r^sullats obteous par Henking, chez 
Ies insectes, me contentant de reavoycr aux travaux de cet auteur 
(5*9 5^) et a i'appreciation qu'en a faite Boveri (4% p. 465). 



( 5SS ) 

dans les ovules plus jeunes, ni dans ceux plus lig^s du 
m^nie ovaire ; 

2^ Les ovules, si^ge de phdnom^nes d*^limiuation, 
paraissent absolument sains, et ne pr^sentent non plus 
aucun des caractires propre s aux ovules en voie d'invo- 
lution; 

3^ Les ph^nomines d'^liininalion onl M observes non 
seulement sur des objets (ix^s, mais encore sur le vivant 
(dans Toeuf de Theridium par Leydig); 

4"^ La presque similitude que pr^sentent parfois les ph^- 
nomines de reduction par Elimination dans des ovules 
apparlenant k des gronpes trte Eloign^s les uns des autres, 
et dont, par consequent, les repr^sentants vivent dans 
des conditions trds ditferenles {MoinafTheridium^ Stenobo' 
thruSy Scorpaena) ; 

S^ La destination des parties 6liminEes et d^jd separEes 
de la vEsicule germinative. 

Qu*advient-il des Elements nucl^aires Elimin^s et d^j^ 
sEparEs de la vEsicule germinative? Sur cette question 
aussi, les embryologistes ne sont pas d*accord. 

Ainsi,d'apr^ Fol (6), Roule (17) (Ascidies), Balbiani (1) 
(MyriapodesX Will (26, 26, 27) (Insectes), les parties 
sEpar6es de la vEsicule germinative ou Elimin^es par elle 
donnent naissance a des noyaux, puis,s*entourant de pro- 
toplasme, i des cellules, notamment aux cellules follicu- 
laires. 

Korschelt, apres avoir rappele que, d'apres les 
recherches de Wielowiejski^ Sluhlmann et les siennes 
propres, ce mode de genesc des cellules folliculaires 
n*est rien moins que probable cfafz les Insectes, croit pou- 
voir admeltre qu'il en est de meme danslesautres groupes 



^ 



(356 ) 

do r^ne animal. Et il continue : «' Findel bei diesen 
wirklicb eine Abgabe von Subslanz durch den Kern stall, 
so muss hierr&r wie bei den Insecten eine andere Erkla- 
rung gesuchl werden » (10, p. 117). 

Pour Weismann el Iscbikawa^ les parties eipuls^es par 
la vesicule germinaiive de TcBuf d^hiver des Daphnides, 
deviennent, soil le paranucleus {Leptodora hyalina, 
Bythotrephes longimanus)^ soil la c Copulationszelle » 
{Moina paradoxa) (24). 

D*aprte Will (25), Scbarff (19) et d'autres, les 6l6meots 
distraits de la vesicule germinaiive se iransformenl eo 
Elements vilellins. 

D*apr^ Blochmann (3), ils d^g^nerent. 

Leydig £mel I'opinion que, chez les Arlhropodes, ils 
deviennenl les noyaux blaslodermiques (14). 

D'aulres embryologistes, parmi le&quels Balbiani (1) el 
Henneguy (6), consid^rent ces Elements comme donnanl 
origine au corps tilellin ou de Balbiani, 

Avanl de pouvoir se prononcer en connaissance de cause 
sur la destination uttime des elements expuls^s, par la 
vesicule germinaiive, dans Tceur ovarien jeune de 5cor- 
paena^ il serail indispensable d'examiner les slades ult^- 
rieurs du d^veloppement des ovules jusqu*^ la maturation 
complete. Jusqu'^ present, les materiaux n^cessaires pour 
cet examen m'onl fait defaut. Cela ^tant, je crois inutile 
ou tout au moins premature d'enlrer, k ce sujet, dans 
de tongues considerations. Je me bornerai ^ quelques 
remarques qui me sont sugg^r^es par la comparaison des 
tails fournis par les ovules de Scorp^ne avec ceque j'ai vu 
dans d*aulres oeufs, et avec les r^sultats consign^s par 
Henneguy dans un recent et important memoire (6). 

II est incontestable que, par leur si^ge, r^poqye de leur 



.(537) 

apparition, souveot par leor constitotion, et partiellemeDt 
aossi par leur origioe, les ^l^ments ^limin^Sy devenus libres, 
rappelleDt les productions connues sous les noins de noj/ati 
viiellin^vesicule embryogene^ vesicule ou noyau de Balbiani^ 
et qu*il vaut mieux appeler, k Texemple de Hcnneguy, 
corps vilellin ou corps vitellin de Balbiani. 

J'ai fait remarquer qu*en g^n^ral les parlies nucl^ires 
^iimin^es, devenues libres, viennent se placer k ^gale dis- 
tance de la vesicule germinalive et de la p^ripfa^rie du 
vitellus. Or, cela s'observe fr^quemment ausssi pour le 
corps vitellin de Balbiani. Piusieurs figures du m^moire 
de Henneguy, pour ne citer que celui-li, en fournissent la 
preuve. Telles notamment les figures 6 (Chatte), 1 1 (Rana 
iemporaria), 17 (Truite), 24t'^'&{Syngnafhus acus). Voici, 
du reste, comment s*exprime Tauleur k propos de la gen^ 
du corps vilellin chez ce dernier T^l^ost^en : c Le corpus* 
cule r^fringent qui apparalt ainsi en contact avec la vesi- 
cule germinative, s'en dioigne, grossit, s'arrondit, et se 
place i pen pris k ^gale distance de la vesicule et de la 
Peripherie de Toeuf » (6, p. 25). 

Mais il y a plus. Dans lesoeufs ovariens deTruitc oil existe 
Fanneau protoplasmique interne k teinte plus fonc^e que 
le reste du vitellus, c'est dans la partie externe de cet 
anoeau que Henneguy rencontre le corps vitellin de Bal- 
biani (6, p. 21, fig. 17). Dans les oeufs de Scorpene poss^- 
dant Tanneau, les Elements eiimin^s occupent exactement 
le m6me siige (voir fig. 25, n), J*ai trouv^ une disposi- 
tion analogue dans de jeunes oeufs ovariens de Zoarces 
viviparus Cuv. 

Nous avons vu apparattre les phenomines d*eiimiua- 
tion, dans Tceuf de Scorpaena^ pendant la deuxi^me phase 
de Fovogentee ou phase d'accroissement. Cela s'observe 



( 358) 

aussi, d'apr^s Henneguy, pour le corps vitellin : c Tanl 
que les ovules primordiaux se multiplient par division, on 
ne trouve pas de corps vitellin dans leur inl^rieur; celui- 
ci n'apparatt que lorsque Tovule primordial s'individualise, 
etc. » (6, p. 28); et plus loin : < II (le corps vitellin) 
n'apparatl que lorsque I'ovule primordial a cess6 de se 
multiplier et commence k s'accrottre » (6, p. 35). 

D'apr&s Henneguy, qui conGrme en cela les recher- 
cbes ant^rieures de Balbiani, le corps vitellin consiste 
en un corpuscule central enlour^ d'une zone de proto- 
plasme plus ou moins modifl^, ce qui donne k Tensemble 
Papparence d*un ^l^ment cellulaire (6, p. 35). Les fails 
fournis par lesoeufs de Scorp^ne ne rentrent pas exacte- 
ment dans cctte deGnilion. II est vrai qu*en la donnant, 
Henneguy a soin d*ajouler que la constitution du corps vitel- 
lin pr^sente d'assez nombreuscs variations. Cest ainsi que« 
dans un ovule de jeune Chatte, il trouve un corps vitellin 
arrondi, Gnement granuleux, colore par la safranine, et 
dans rinl^rieur duquel < on ne pouvait observer aucun 
corpuscule central »;et il ajoute : « J'ai retrouv^ un 
corps a pen pr6s identique dans un ovule d*un embryon 
de Mouton de 47 centimetres » (6, p. 17, Gg. 6). 

Dans certains ovules de Scorp^ne, les parlies ^limin^es 
devenues libres se pr^sentent sous un facies tr^s analogcie 
k ce dernier (Gg. 18 n, 23 n). D*ailleurs, chez les T^leos- 
t^ensy qui touchent de plus pr^s k Tobjel qui nousoccupe, 
Tauteur constate la variability d'aspect du corps vitellin. 
c Tandis que, dans les ovules de Salmonides, il est 
constitu^ par un corpuscule central, environn^ d*une 
petite zone plasmique plus colorable que le reste du 
plasma ovulaire, chez la Limandeje Belone, le Syngnathe, 
il se pr^sente, au lerme de son Evolution, sous forme d'un 
amas granuleux nettement circonscrit » (6, p. 27). 



( 35,9 ) 

II est des ovules de Scorp^De o<i> tout comma chez ceux 
de Salmonid^s, les ^l^menls chromatiques elimin^s se 
soDt enloar^s d*iine petite zone plasmique, plus dense et 
plus colorable que le vitellus ambiant (Hg. 26 et 28). II est 
vraiy au lieu d*un seul corpuscule, la zone plasmique en 
renferme souvenl deux, parall^lement places. On pent se 
demander toutefois si ccs corpuscules, d*abord distincts 
et s^par^s, ne se fusionnent pas, plus tard, en un corpus- 
cule unique. La m^me remarque est applicable aux gru- 
meaux chromatiques, parfois plus nombreux, mais toujours 
tr^s rapproch^s,que quelques ovules renferment (Qg. 24, n). 

Je dois encore ajouter que, dans les ovules de Scorp^ne, 
les ^i^ments chromatiques ^Iimin6s se comportent, vis-i- 
vis du carmin borate, exactement comme le fait le corps 
vitellin de Balbiani des ovules de Blennie vivipare, apr^s 
fixation par le liquide de Kleinenberg ou Tacide cbro- 
mique. 

Reste la question de Torigine. II resulte des recherches 
de Balbiani (1) (Myriapodes) et de Henneguy (6) (Vert^br^s, 
notamment Syngnathus acus) que le corps vitellin provient 
de la v^icule germinative. Les Elements chromatiques 
libres que renferment, k une certainc p^riode, les ovules 
deScorp^ne, ont une semblable origine. Mais \k s'arrSte 
Tanalogie. En eflet, pour les savants frangais, le corps 
vitellin serait constitu^ par de la substance nucl^olaire; 
dans les ovules de Scorpene, du rooins dans ceux oil se 
fail r^limination, les nucl^oles, qui se presentent d'ailleurs 
avec Taspect de nucl^oles plasmatiques, ne prennent 
aucune part au processus; seuls les filaments de la char- 
pente ou chromosomes sortent de la v^sicule et p^n6- 
trent dans le vitellus. 

Si les ^l^ments ^limin^s et devenus libres de Tceuf 



( 360 ) 

OYarieD de Scorpdne correspoDdent en risAiii an corps 
vitellio d'autres ovules, I'hypoth^ ing^nieose et s^dui- 
saote de HeDDegoy, d*apr^ laquelle ce dernier € est an 
organe ancestral qui, avec les elements nucl^olaires 
de la vdsicule germinative, correspond au macronucl^us 
des Infusoires, le micronucl^us etant repr^sent^ par le 
r^seau cbromatique, prcnant seul part aux pb^nomenesde 
la fi^condation » (6, p. 35), cette hypothtee ne leur serait 
pas applicable. Mais j'ai bllle de le r^p^ter : avant de rien 
affirmer ji ce sujet, il serait indispensable de suivre plus 
avant Tovogen^se de la Scorp^ne; il serait desirable aussi 
de pouvoir contr6ler, k Taide des r^actifs actuellement en 
usage, les faits sur lesquels j*ai cru utile d'attirer Tatten- 
tion. 



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piriphdrie du tnlelltis, — Bull, dc i*Acad. roy. de Belgique, 52«ann^, 
4885; 5* scric, t. VI, n* 42; ct Archives de Biologic, t. IV. 

23. Van Beneden (Ed.) ct Julin (Ch.), La sperm atogenise chez 
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zellen bei den Amphibien und Insecten. — Zool. Anzeigcr, Bd. VII, 
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26. Idem, Bildungsgeschichte und morphologischer Werth des Eies 
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Bd. 41, 1885. 

27. Idem, Oogenetische Studien. /. Die Entstehung des Eies von 
Colymbetus fuseus L. — Ebenda, Bd. 43, 4886. 



( 363 ) 



EXPLICATION DES PLANCHES. 



Toutcs Ics figures sont dessindes a la chambre claire, k Taide da 
systcmc a sec (5 mm. ; ouvcrture mm. 0.95) ct dc I'oculaire compon- 
satcur 6 dc Zeiss. — Les details out 6i6 contr61cs avec rimmcrsion 
homogcne de 1.40 d'ouverturo. 






Planche L 

Fig. 4-4. — Jeanes ovules dans Icsquels on nc constate pas 
d*6Iimination. 

Fig. S. — Elimination typiquc. TigcIIe incunrde tcrmince par un 
petit amas cliromaliquc en forme dc larmo ou de lame de laneette. 

Fig. 6. — M£mc mode d'elimination en t; /i, Elimination en forme 
d*baUdrc; e. p, espace pcrivdsiculairc. 

Fig. 7. — > Elimination typiquc dansTovulea; dans Tovule 6,ldg6re 
modification dc la forme typiquc. 

Fig. 8. — Ldgcre modification dc la forme typiquc en f ; en c, larmes 
ou lames conjugudes;^, modification de cetype; e.p., espace pdrivcsi- 
eulairc. 

Fig. 9. — c, elimination sous forme de larmes conjuguces. 

Fig. 40. — En f, elimination typiquc; /*, Elimination fungiforme; 
0. p, espace pdrivcsicalaire. 

Fig. 14. — /*, elimination fungiforme; e.p., espaee pdrivdsiculaire. 

Fig. 42. — Pi climiration sous forme de filament tortillE. 

Fig. 43. — Forme dcvidc dc la forme typiquc. 

Fig. 44. — m, dllmination en forme de massue incurvEe. 

Fig. 45. — Forme dcvide dc la forme typiquc. 

Fig. 46. — Idem. 

Fig. 47 ^ fit, couche palldalc avec prolongement conlque ren- 
fcrmant no filament chromatique elimine; e. p, espace pdriyEsica- 
laire. 




( 364 ) 

Fig. 18. «— r, forme d^climinalion dcvidc dc la forme typiquc; 
fi, masse chroma tiquc sphdriquc scpnrcc de la vcsicule gcrmina- 
tivc ct cntour6c d^une ' zone plasmique dislincte du vitcllos 
ambiant. 

Fig. 19. — Formes devices. 

Fig. 20 — Ovule a vitcllus pcriplidriquc homogdne; m, couche 
pallealcj e. p^ cspace pcrivcsiculairc. 

Planchb II. 

Fig. 21. ^ m, manteau ou couche pallcale; c, son prolongo- 
ment conique avcc amas plus chromatiqucs; e, p, cspacc perivc- 
siculaire ct son diverlicule conique. 

Fig. 22. — c» prolongcmcnt conique avcc amas plus chroma- 
tiques; e. p., cspace p<Srivcsiculaire avcc diverlicule cntourant lo 
prolongcmcnt conique; n, masse chromalique scparde de la vdsi« 
cale. 

Fig. 23. — n, petite masse chromatiquc non rclicc a la vcsi- 
cule gcrminative» situcc dans la partie pcriphcrique de a, anncau 
yitcllin plus dense ct plus colore. 

Fig. 24. — a, anncau yitcllin plus color6 ct'plus dense, rcn- 
fermant on n quelqucs amas chromatiqucs. 

Fig. 25. — a et n, commc dans Tovule qui prdccde. 

Fig. 26. — n, deux pclits amas chromatiqucs en forme do 
b&tonnets ou de virgulcs, parallclemcnt places el cntourds d'unc 
zone plasmique plus dense ct plus colorize. 

Fig. 27. — m, Elimination en forme de massue; c, elimination 
en forme de chapelct; e. p, cspaoc pcrivcsiculairc. 

Fig. 28. — n, deux amas chromatiqucs en forme de b&tonncts 
oa de yirgulcs, parallclcs, ct cntourcs 4'ano zone plasmique plus 
dense et plus colonic. 



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( 365 ) 



Sur la pression hydrostatique negative; f^r G. Van der 
Mensbrugghe, inembre de I'Acad^mie. 



1. On sail qu*nne coacbe horizontale quelconque d*un 
liquide en ^quilibre dans un vase, supporle en cbacun de 
ses £l6menls une pression ^gale an poids d'une colonne 
liquide ayant cet ^l^ment pour base et pour hauteur la 
distance vcrticale de la couche au niveau. 

Quand la couche consid^r^e est au-dessous du niveau, 
le principe gdneral s'applique avec la plusgrande facilil^; 
mais comment faut-il interpreter celui*ci lorsque la couche 
appartient ill une colonne liquide soulev^e au'dessus du 
niveau par un moyen quelconque, par exemple par la pres- 
sion Dlmosph^^rique ou par un eflet capillaire? Les trail^s 
de physique que j*ai pu consuller sont absolument muets 
sur ce point curieux d*hydrostatique; c'est ce qui m'a 
determine i Tdclnircir par quelques exemples bien simples, 
que tout le monde pent r^p^ler ais^ment. 

2. Plongcons une ^prouvette, longue de i5 & 20 centi- 
metres, dans un vase assez large, profond et presque rem- 
pli d*cau; apr^s qu'elle s'est compietement remplie de 
liquide, soulevons-la verticalement, le fond en haut, et 
fixons-la quand le bord inr^rieur est & un ou deux centi- 
metres au-dessous du niveau : comme on sait, r^prouvette 
demcurera remplie de liquide, par reffet de la force atmo- 
sphdrique. Quelle sera, dans ces conditions, la pression x 
supportde par Tunite de surface de la tranche horizontale 
situdc i une hauteur h au<-dessus du niveau (Og. 1)? Pour 
Tobteuir, il suflit d'exprimer que la pression exercde sur la 



( 366 ) 

tranche horizoatale du niveau est la mdme a rint6riear 
qu*i Texl^riear de Teprouvetle; on a done la relation 

X -♦- A<^ = P. 

oik d est la density du liquide et P la pression atmosph^- 
rique ^valu£e au moyen du mfime liquide. 




FiC. 1. 

On d^duit de 1^ que 

X « P — A^, 

c*est-^-dire que la pression cherch^e est ^gale h la pres- 
sion atmosph^rique, diminu^e du poids d'une colonne 
liquide de hauteur h et de seclion 1. 

En d'autres termes, tandis que la pression h3 s'ajoule k 
P pour une couche plac^e au-dessous du niveau, elle 
doit 6tre relranch^e de P pour la couche situee au-dessus, 
c'est-ii-dire que h a change de signe : c*est pourquoi la 
pression x, consid£r£e independamment de la pression 
almosph^rique, sera dite negative. 

3. On pent d^duire de cetle proposition les consequences 
suivantes: 

i"" Tandis que le liquide situ6 au-dessous du niveau 



( 567 ) 

subil une compressioD allaot en croissaDi i nicsiire que 
la profondeur augmente, chaque iranche liqiiide silu^e 
au-(lessus du niveau ^prouve, au conlraire, one sorle de 
dilalalion d'aulaut plus marquee que la distance A au 
niveau est plus grande. 

2° Si, d'uue part, tous les points de la sarrace lat^rale 
ext^rieure de I'^prouvette soni soumis h la m£me pres- 
sioD P exerc^e par ratmosphSre, les points de la surface 
interne subisseni tous une pression d'autani moindre qu'ils 
soul plus 6\ev6s. 

i. Nous allons soumettre ces consequences k I'^preuve 
de I'observalion. 

Premiere experience. — Inlroduisous dans I'^prouvelte, 
flx^e comme nous I'avons vu plus baut, I'une des branches 
d'uo tube en U (fig. 2) dont I'autre brancbe est mainlcnue 
ferm^, afln que I'eau ne puisse pas s'introduire libre- 
menl; aussilAt que la premiere brancbe sera arriv^e dans 
r^prouvette, od peu au-dessus du niveau, d^bouchons la 
seconde brancbe : ce n'est pas I'eau qui t;'iotroduira dans le 
tube en U, mais bien de I'air qui s'introduira dans I'^prou- 
velte el en cliassera I'eau. 



m ^finoB^ it i.m; ^^ air-ir^sfis ol nnpsn 

Crftfi ''^mfcr^ri^ 'nu^ a?- iraai.Jt9 cm utiean 

a i#:aaKi*^ ^-L>^iaDT» qianc ^ wv y um at 

O'hAfU'Jiit r^ :*^aiiiit CK ;2 irmzut Itrmmtz Mwrttff Ir 






*a ja j»»*-r, 0* S i r»I 2*^ : tti*'-??» Of innpior ft 4f 10 i 

H C'jLt v'j^ c*A OLi*^-.Lre^ *•:• : Jtrsit* a Til-i ^aa bo«- 
f^Tf,, (jL^'ji ^ \¥r\.\ kzpkTt. cu pirfiteant sec, boos 



ji 



t » 
-^ 



fic 3. 



li; (ilon^ffons iJan» uii grand recipient rempli d'eau; le 
cylirtdre en papier 6tanl cnti^rcment rempli de liquide, 
noun le diffpoftons verticalement, le boucbon en haut, pais 
rioiiN le Moulevons vivement jusqu*^ ce qu'il ne soil plus 



J 



( 369 ) 

plong6 que de 1 ou 2 centim^lres dans I'ean: aussitdt 
noQS pourrons constaterque ie tube en papier s*est aplaii 
sous l*aclion de (outes les pressions plus grandes k Tex- 
t^rieur qu'i Tint^rieur. Get cITet est d*autant plus marqu6 
que Ie cylindre est plus long. 

II va de soi que Ie petit appareil en mati6re flexible ne 
doit pas £tre cylindrique: il pent £lre conique, plus large 
enhaut qu*en bas ou inversement, plusou naoins irr^gu- 
lier; toujours Texcis de la prcssion ext^rieure sera Ie 
mSme, par unil6 de surface, 5 la m^me hauteur au-dessus 
du niveau. 

6. Pour une experience 
de cours, on peut adopter la 
disposition suivanle, qui m'a 
paru fort simple et ires com- 
mode : 5 la branche a d'un 
lube de verre en T, qui est 
normale aux deux autres 6 
et c, on attache solidement 
un tnyau en caoutchouc, lix^ 
par Tautre bout 5 nn lube en 
verre ayant la forme d'un U 
et destine h contenir une 
colonnc de mcrcure el h ser- 
vir ainsi de manomelre. A la 
deuxi^ine branche 6 du lube 
en T,se trouve llx^ de mdme 
solidement un tube de verre 
d^cnviron 1 m^tre de lon- 
gueur. Ccia etant, on attache 
—=.---/ Ie systeme abe et Ie lube 

Fic 4. manometrique U k des sup- 




"^y 



( 370 ) 

ports fixes; ensuite on boache avec un doigt le tube be en e, 
et Pon approcbe un vase con tenant de Teau, de maniire 
que le doigt fermant e y soit plough; on fait remplir alors 
compl^tement le long tube et le tube en T jusqu*4 I'extr^- 
mit£ a de la troisi^me branche, en ^vitant aotantque pos- 
sible la presence de fair dans le voisinage de a; on voit 
alors le mercure accuser une petite depression du c6i& 
de a, depression qui est ^ale an quotient par 13.6 de la 
verticale, distance s^parant les sommets de la colonned'eao 
en c et de la colonne de mercure en f; avec mon appareil, 
cette distance ^tait d'environ 12 centimetres^ et, cons^ 
quemment, la depression du mercure ^tait de 0.9 centi- 
metre i pen pr^s. 

Pour achever Texperience, on bouche herm^tiquement 
Touverture c en comprimant le moins possible la colonne 
dVau pour ne pas augmenter la depression du mercure, et 
Ton debouche Touverture e; k Tinstant mSme, on voit se 
produire une depression du mercure en senscontraire,etla 
nonvelle depression, augmentee de la premiere, donne la 
mesure de reiat de succion de Teau au niveau du sommet 
superieur du mercure. Dans mes experiences, la distance 
de ce niveau k celui du liquide dans le vase V, etait de 
90 cenlimeires, et la depression totale du mercure de 
66 centimetres, ce qui est, k tr^s pen prSs, d'accord avec 
la formule donnee pins haut. 

7. II est ill peine necessaire d'ajouter que, pour develop- 
per retat de succion demontre plus haut, on pent aussi 
recourir h un systdme de pistons et de soupapes, comme 
dans les pompes ordinaires. Ce mSme eiat se realise dans 
mainte manipulation chimique. Pour produire dans uo 
mdme tube k la Tois les etats de compression et de succion, 
il suflit de donner au tube la forme d'un siphon, de le rem- 



( 571 ) 

plir compl^temeDt de liquide, de te boucher aaz deai 
extr^mit^, de plonger ensuJle la courte branche dans le 
mime liquide (fig. 5); de cette maoitlre, it se prodoira ua 
£tat de succion dans toutes les tranches au-dessas du 
niveau, et ud itat de compression dans (outes les tranches 
liquides du tube au-dessous de ce niveau. 



8. Voyons maintenanl le cas oA le liquide est soulev^ 
par UD effei de capillarity; on sait que la bauieur A de la 
colonne capillaire est intt^pendante de la forme dn lube, 
pourvu que lediamitre du tube au sommet c ou c' (fig. 6) 



d<> la colonne soil le mSme. On peul dte lors se demao- 
der, dans le cas oA le lube b est soud^ i une portion for- 




(372) 

lement ^visee en bas, qoelle est b force qui sootient le 
liqoide au-dessiis do niTeao, allendo qoe la tension qui 
r^oe sar le cooloor intdrieor 9nr dn tube en c' ne fait 
6)Qilitire qo'aa poids de la colonne liqoide ayant A pour 
haulear et poor lose la section droite icr* dn tobe ao mdme 
point c\ 

La cliose est bien simple : la traction oper^ au som- 
met c\ vers le haot, prodnit pr^cis^ment, dans (outes les 
tranches horizontales maintenues ao-dessos du niveau, le 
mJme ^lat de succion que dans le cas de reprouveUe ren- 
Tersi^ ; en effel, snr Tnnit^ de surface en c\ la pression est 
^ale 4 la pression atmospb^riqoe, moins le poids hi du 
liqoide; i one distance quelconqoe A'<A du niveau, la 
pression est P — Ai -h {A — h')d = P — h'i; or, il suflit 
que la pression d'un oo de plosienrs 6l^meots d'une m&me 
tranche horizontale doive, poor leqoilibre, affecler une 
valeur d^termin^, pour que tons les aulres elements de 
cette tranche ^prouvenl la meme i^ession : ils'ensuilque si 
la portion capillaire audessoos de c' comprend un nombre 
soffisant de tranches, Tiquilibre du liquide sur chacune de 
ces tranches ne sera point trouble si les tranches iuferieures 
deviennent beaucoup plus etendues: en chacune deces 
derniires, la pression sera P — A|^, A| etant la distance 
verticale au niveau. 

9. Pour v^riGer cette conclusion par Texp^rience, j'ai 
oper6 comme il suit : un tube de verre ayant 12 millimetres 
de diametre a ^te ferm^ i Tun des bouts par un bouchon 
de li^e perc^ d*une ouverture tres etroile, deslm^e i 
livrer passage k un tube extremement (in, ayant au plus 
0"'"',50 de diametre moyen inttirieur (tig. 7); le bouchon a 
6i& ensuite convert de cire a cacheier, pour que le tube 
fAt parfailement flx^ dans le li^e et que ce dernier fAt 



r 



( 573 ) 

rendu tmperm&ible i I'air. II a sulS alors de disposer I'ap- 
pareil de maoidre que le tube capillaire fAt en bas, de 
remplir le gros lubejiisqu'^ ce que le liquide s'engage&l 
dans le tube capillaire, de relourner. avec les precautions 
voulues, le petit appareil dans I'eau, et enfln de le fixer 
dans une position telle que le liquide fQt soutenu dans le 
gros tube sur nne longueur de S,! k 5 centimetres an* 
dessus du niveau. J'ai introduit alors dans le gros tube 
I'uncdes branches d'un lube en U complitement rempli 
d'eau et ferni^ h I'autre branclie; aussitdt aprto avoir 
d^bouch^celle-ci, j'ai pu constater qu'en r^alil^, dans le 
cas actuci comme dans celui de I'^prouvetle renvers^, 
i'eau est descenduedans la brancheeit^rieureexactemenl 
jusqu'au niveau du liquide dans le vase, ce qui 4iail 
rigoureusement conforroe & la th^orie. 



10. Pour lenniner ce peiit travail, je liens ^ faire one 
remarqiie qui oie parall tr6s imporlanlc au point de vue 
de ia Ih^orie de la capillarile : Ics experiences pr^c^dentes 
roontrentfi I'^vidence, selon moi, qu'un liquide, mfime en 
masse relativement petite, n'a pas la mime constitution 
moiecuiaire parloui, comme I'admeltent formellement 



(374) 

les theories capillaires de Laplace et de Gauss : qaanl i la 
premiere de ces theories, j'ai d^j^ pa montrer sa fausseti 
par ane s^rie de fails qu'elle est absoloment impuissaDle 
k expliquer, de sorle que Tobjeclion aciuelle est surabon- 
danle. En ce qui concerne la tb^orie de Gauss, elle n*est 
pas d^mentie par les fails, mais les momeots virtuels 
qQ*elle fait entrer dans les calculs ne peuvent exisler en 
r^alit^ que si Phypolhtee d*une conslilution uniforme 
d*aD liquide est fausse ; il en r^sulte que la tb^orie de 
Gauss n'a de valeur que si Ton rejette Thypoth^se qui lui 
sert de base. 



Rayon de courbure de certaines conrbes planes; 
par J. Neuberg, correspondant de PAcad^mie. 

Plusieurs math6maticiens (*) se sont occup^s r^cemment 
de la d^lerminalion g^om^lrique du centre de courbure 
des coniques et de quelques autres courbes comprcnaot 
les coniques comme cas particulier. Nous allons trailer la 
m£me question en faisant usage de considerations cin^- 
matiques trds simples. 



{*) FouRBT, Comples rendut de VAcadimie des scieticee, 14 ct 
21 avril 1890; bulletin de la Soeicie mathematique de France, t. XX, 
p. 60. — GoDRFRor, Bulletin de la Soci6li mathimatique, t. XXI, 
p. 30; Nouvellea Annalea de mathdmatiques, 3* sdric, t. XII, p. 85; 
Journal de I'icole poly technique, LXIh cahicr. — Jambt, Annates de 
v6colenormale supirieure, 3« scric, t. IV, suppl.. p. 49. — MANifOBiM, 
Bulletin de la Soeiile mathimatique^ t. XVII, p. 159. — Db Loxocbamps 
et Dbmodlin, Association frangaise pour Pavaneement des sciences , 
GoDgr^ de Marseille, 1891. 



(375 ) 

Pour plus de clart^, nous rappelons le principe de notre 
m^lhode f ). 

Soil D une droite qui se d^place d^uue maniere coulinue 
dans UD mime plan (fig.1). Prenons sur cede droite le 
point quelconque A et, par une translation qui rende 
commune 5 lous les autres points la vilesse Aa du point A« 
assujettissons celui-ci k d^crire sa propre trajectoire. 




Fig. 1. 

Comme la droite change k cbaque instant de direction, 
son mouvement cflectif peut 8*obtcnir en composant la 
translation emprunt^e au point A avec une rotation 
effectu^e autour de ce point comme s'il ^tait flxe. La 
Vitesse d'un point quelconque B est done la r^sullante B6 



(*) Voir Lamaklb, Exposd g^mdlriqw du caleul diffdrcntiel ei 
inUgralf pricM de la ein^malique du point, de la droite et du plan, 
(Hdmoircs eouronods ct autres mdmoircs publics par PAcaddmie 
royftle de Belgique, U XI et t. XV de la coUocUon in-S*.) 




{ 376 ) 

d'une Vitesse BB' ^gate el parallele ii Aa, et d*ane vUesse 
BB" perpendiculaire fi D; le lieu du point B" est une droile 
passant par A. Decomposons la vilessc B6 en deux vitesses 
dirigees. Tune Bb' suivant D et ditc vilesse de glissement^ 
Taulre Bb" h angle droit sur la premiere et dite vilesse 
de circulation. Les vilesses de glissement des differents 
points de D sont loutcs egales et de m6me sens; comine les 
droites B"b, B'^b" sont constantes en grandeur et en direc- 
tion, les lieux des points 6, b" sont des droites mb^ M6% 
parall^les k KB". Le point M oil la derni6re coupe D a une 
vilesse Mm dirigee suivant D; on Tappelle cenlre de circu- 
lation : le mouvement elTcctir de D pent (ilrc consid^r^ 
comme resultant du glissement de la droite sur elle-mSme, 
combin6 avec une rotation autour de M. 

Pour obtenir le centre de circulation^ il suflit de con- 
naltre les vilesses de deux points de D; car la droite qui 
joint les extr^mil^s de leurs composantes normales h D, 
passe par le point cherch6. Cette conslruclion est encore 
applicable lorsqu'on donne les vilesses de deux points qui, 
assujettis i rester sur la droile D, out un mouvement 
propre sur cette droile; car celui-ci n'aflccle pas leur 
vilesse de circulation. 

Le centre de circulation d^crit une courbe langente k 
chaque instanl k la droite D. 

1. Ces pr^liminaires 6tant posds, nous nous occupons 
d'abord du centre de courbure d'une conique. 

Soient Ox, Oy un diametre d*une parabole et la lan- 
gente k son extremity (Gg. 2). La langente en un point M 
ayant pour abscisse OP rencontre les axes en des points 
A, B tels, que AO »» OP. Par suite, les points A et P ont 
sur Ox des vilesses dgales et de sens contraires; nous les 
repr^entons par AO et PO. La vilesse correspondante de M 



( 377 ) 

sor la parabole esl MB, et la vitesse de circulation da 
point A consid^r^ sur la tangente AB est la projection AV 
de AO sur une perpendiculaire k AB. Le centre de cour- 
bare de la parabole au point M est le centre de circulation I 




Fig. 1 



de la normale MC. Les droites AB, MC ^tant constamment 
perpendiculaireSy leurs vitesses angulaires, qui ontrespec- 
tivement pour expression AV : MA, MB : MI, sonl^ales; 
on en conclut 

MA. MB 
P = — T— » («) 



p d^signant le rayon de courbure Ml, et A la distance OE 
du point i la tangente. 

On d^montre facilement que BI est perpendiculaire 
k MY. Si Ton projette en K sur la normale, les points 
kf B^K, I sont sur une m6me circonfi§rence. 

2. Soient (fig. 3) A, B les points de rencontre des 
asymptotes Ox^ Oy d'une hyperbole avec la tangente au 
point M, lie centre de courbure en M.CommeOA = 20P, 
on pent repr^enler les vitesses des points P, A sur Ox 

S"** SfiRlEy TOME XSV. 26 



( 378 ) 

par PO, AO; la viiesse de H sur lliyperbole sera MB, et 
la Vitesse de eirealalion da point A, coDsid£r6 comme 
appartenant k AB, sera la ligne AY, ^ale et parall^ie i la 
perpendiculaire EO abaiss^e de sor AB. On en conclut 
la formuie (1); de plus, Bl est perpendiculaire k MY, 
Tangle RAI est droit et les points A, B, K, I sont sur une 
m^me circonference, K £tant la projection de sur MC. 




Fig. 3. 

3. Soienl mainlenant A, B les points de rencontre de 
deux diam^tres conjugu^s d'une conique avec la (angente 
men^e en M, MCD la normale, et J ie centre de conr- 
bure (fig. 3); soienl x = OP, a = OA les abscisses des 
points M, A ; on a 



ax 



d'oil, en diff^rentiant, 



dx 



II en r^sulte que les vitesses des points P et A sur Ox 



( 379 ) 

peuvent 6tre representees par PO et Ax «=> OA. La vitesse 
de M sur la conique sera MB, el la vitesse de circulation 
do point A, consid^re coinme apparlenant k la tangenle, 
sera le segment AV|, ^gai et paraliile i la perpendi- 
culaire Ob) abaiss6e de sur AB. On en conclut 

MA. MB 

'• — (^) 

pourvu qu'on applique la r^gie des signes, d*une part aux 
segments MA et MB, d'autre part aux segments paral- 
Idles OE, JM. 

On voit facilement que BJ est perpendiculaire k MV| 
ou k sa paralieie AK; done J est Torthocentre da 
triangle KAB. 

Lorsque Ox, Oy sont les axes principaux, on a aussi 

MC.MD 

''"""'mk 

Voici deux remarques qui se deduisenl immediaterocnt 
de ce qui precede. 

// existe une infinite de coniques ay ant pour dia' 
metres conjugues 0\, Oy et touchanl AB; /e lieu du centre 
de courbure au point de contact de AB est une parabole 
passant par A, B, et ayant pour axe la perpendiculaire 
menee au milieu de AB. 

Une ellipse et une hypeibole homofocales se coupent au 
point ill lies rayons de courbure des deux courbes en ce point 
sont entre eux comme les distances du centre aux normales 
eorrespondantes. 

Si Ox, Oj^ sont les axes principaux, 

c» 
OC=--OP; 



( 380 ) 

OD pent done repr^enter les vilesses de G el P siir Ox par 
C0» PO. Alors MB est la vilesse de M sur la coiirbe, CH 
est la Vitesse de circulation de C consid£r6 comme point 
de la normale ; par suite, BH passe au centre de coar- 
bure J. 

4. La construction trouv^e ci-dessus peut dire ^tendue 
k toules les courbes dans les luelles les abscisses OP=>x^ 
OA>=aad*un point M de la courbe, et du point oili la tan- 
genie AB rencontre I'axe Ox, v^riflent une relation de la 
forme 

n et p dtant des conslantes. En effel, celte ^galite donne 

da dx 

— = n — ; 

& X 

done les vilesses des points P, A sur Ox peuvent dire 
representees par les segments PO = — x, Ax = — n a. La 
vilesse de M est alors MB el la vilesse de circulation de 
A, consider^ comme point de la langente, est AV = n.OK. 
Le rayon de courbure MJ a pour expression 

MA. MB 

nh 

el BJ est perpendiculaire k MV. 
L'^galite a=px* donne 

X ^eaapx", 

ou 

dy dx 



y x{\ — px"""*) 
Si n <=> 1, rintdgrale de la derni6re Equation est 



y'^ox, 



( 38< ) 

a £tant une coDstante. L*byperbole rapporl^e k ses asymp- 
totes, la parabole rapport^e k ud diam^tre et k la tangente 
correspondante, la d^velopp^e de la parabo}e renirent dans 
ce cas. 

Soil n ^ 1 ; T^quation diff^rentielle de la courbe est 

dy a""*rfx i dz i Idz pdz \ 

y x""*(i— px*~*) n — i z{\ — pz) n — i\z i — pzj 

z d^sigDant oc*^'. On en conclut 
Equation de la forme 

ax" H- 61/*" = c. 

Les coorbes correspondantes sodI appelees courbes de 
Lame; leur rayon de courbure a pour eipression 

MA . MB 






(m— 1)A 



Comme cas particuliers, on pent remarquer les coniques 
rapport^es ideux diam^lresconjugu^s, les paraboles too- 
cbant les axes de coordonn^es (m e=» i), les byperboles pas- 
sant par et ayant pour asymptotes des parall^lesaux axes 
de coordonn^es (i7ib» — i),h d^velopp^e de Tellipse et 
Pbypocycloide k quatre rebroussements (m *=» |), la kreuz- 
curve (m — — 2), etc. 

5. Sapposons que la tangente AB se deplace de manidre 
que OB^^px*; on trouve^ en raisonnant comme ci- 
dessosy 

MB* 



( 382 ) 
L'^aation diff(§reDlieile de la courbe est 



s= px'^'^dx. 



oa 

ydx — xdy 

Si n = l, on trouve 

y = X (a — plx). 
Si n ^ 1, la courbe a pour Equation 

y cssax •¥■ 6x", 

a ei b £tant des constantes. 

6. Soil M (x, t/y z) un point quelconque de la courbe 
triangulaire symetrique^ representee par T^q nation 

ox" -^ 6y" -f- C2" «= 0; 

el soient A.\ b\ C les points oil la tangente en M rencontre 
les cdt^b BC, CA, AB du triangle de reference (Qg. i). 




Pour trouver le rayon de courbure Ml^^p, il suflBt de 
connaltre les vitesses simullan^es MN = v, CT = t7| de 
M sur la courbe et de C sur AB. La vilesse de circulation 
de C consider^ comme point de la langent«3 A'B' £iant 
C'V, les triangle^ MCV, IMN sont semblables; done NI est 
perpendiculaire k MV, et 

Vi sin C 



( 383 ) 

A\ B\ C d^ignant les angles de la langente avec BC, 
CA,AB. 
La langente en M ayanl pour Equation 

les coordonn^es de C v^rifient r£galil6 

m 

d'odi, par diffSrentiatioD, 

Les diff^rentielles dxy dy sonl proportionnelles aux pro- 
jections de MN sur les coordonn^es rr, y de M f ),et les diff6- 
rentielles dX, dS sont proportionnelles aux projections de 
C'P sur les coordonn^es X, Y de C Done, les quotients 

dx dy dX c(Y 
T' 7' Y' Y 

sont entre eux comme les quautit^s 



MA' MB' C'A GB 

et Ton a 

Cette relation fait connaitre le rapport v : t^i; on trouve 

ensuite 

1 AB.MA\MB\MC 

^"'m — i B'A' . C'A . C'B sinC* 
Pour transformer cette expression, d^signons par a, |3, y 

(*) Les coordonnees x, y, z sont les perpendiculftires abaissto 
de U sur EG, GA, AB. 



( 384 ) 

les perpendiculaires abaiss6es de A, B, C sur la tangeDie, 
par R le rayon du cercte circonscrit au triangle ABC. Au 
moyen des relations 

X = MA' sin A', y » MB' sin B', s ^ MC sin C, 

B'A'sinA'sinB' 



a = C'A sin C, p = C'B sin C, r = 

AB 



sinC 



m 



sinC 



on obtienl cette formule ^I^ante et peut-6tre nonvelle : 



P = ^R 



xyz 



Soient pi»ps, pz les rayons de courbure en M des (rois 
coniques qui touchent A'B' en M, et dont la premiere est 
circonscrite au triangle ABC, la seconde inscrite, la troi- 
si^me conjugude; ces courbes correspondent aux valears 
m em — i, m e=» ^, m »» 2. On a 



p,« — R 



xyz 

«Pr 



p« — 4pi, ps = — 2/)i; 



pour la courbe triangulaire d*exposant m, on a 

2f>i 



? = 



i —m 



formule de M. Jamel [loc. cit., p. 19). 

La formule pr^c^dente est ^galement applicable aux 
courbes anharmoniques representees par r^quation 

x''y';y''= const., 

oil p -+- 9 -4- r t=» 0; car I'^qualion de la tangente, 

pX oY rZ 

xyz 

rentre dans r^quation (A) pour m=^0. 



_j 



( 38S ) 

Si deux des exposants p, q, r sodI ^gaux, on a le 
tb^orime snivant : 

Leg trois coniques tangentea a une droUe donnee m au 
point M et touchant deux cotes du triangle ABC aux extre- 
mites du troisieme cote^ ont meme rayon de courbure en M. 
Ce rayon est double du rayon de courbure en M de la 
conique circonscrite au triangle ABC et touchant m en M. 

7. Soient MO =» r, HP = ti ies distances d'un point M 
d'une courbe k un point fixe et k une droite Oxe PQ 
(fig. 5). Supposons que Ton ait 

r = pu", 
p etn ^tant des constantes. Cette equation donne 

dr ndu 

r U 

Menons Ox perpendiculaire k QP. Les vitesses de 
glissement de M sur le rayon vecteur MO et sur une 
parallile k Ox peuvent Stre representees par MO sa r et 
ME i» ^. La r^gle du quadrilatire des vitesses donne pour 
Vitesse de M sur sa trajectoire le segment MT, les angles 
MOT et TEM ^tant droits. 




Fic. 5. 



( 386 ) 

MeDODs la norroale HN. Le quadrilatire MOTE ^tant 
iDscriptible, on voit facilemeDt que les triangles OME, 
NOM sont equiangles; on en d^nit 

OM*— ON.Mfi, ou r*=— • 

fi 

a d^signant ON. Par differentiation on obtient 

_ dr du da 
2 — = — -♦. — 

r u a 

Les difll^rentielles dr^ du, da, sont proporlionnelles aux 
vilesses de M sur MO, de M sur MP et de N sur Ox. Poar 
la premiere vitesse, nous avons d^j^ pris MO = r, et pour 
la seconde ME = ^ ; nous en concluons que la troisidme 
est egale i a (2 — ^). Soil NG la vitesse de N (*); si la 
Vitesse de circulation du point N consider^ comme appar- 
tenant ^ la normale est NK, la droite TR rencontre MN au 
centre de conrbure. 



(') Od porte OH ss NO et Ton tire les droites HH, PO qui se 
coapent en L; la droite £L rencontre Ox en G. 



(587) 



CL/iSSE DES LETTRES. 



Seance du 40 avril 1895, 

M. P. Henrard, directeur, occupe lefauteuil. 

M. le chevalier Edm. Marchal, secretaire perp^tuel. 

Sont presents : MM. Ch. Loomans, vtce-cfirecfefir; Alph. 
Wanters, A. Wagener, P. Willems, S. Bormans, Ch. Plot, 
Ch. Polvin, J- Stecher, T.-J. Lamy, G. Tiberghien, L. Van- 
derkindere, Alex. Henne, Gust. Fr^d^rix, le comte Goblet 
d'Alviella, F. Vander Haeghen, J. Vnylsteke, E. Banning, 
L. De Monge, A. Giron, membres; Alph. Rivier, associe; 
Paul Fredericq et Mesdach de tcr Kiele, correspondants. 



CORRESPONDANCE. 

M. Am^d^e Faider, conseiller k ia Cour d'appel de 
Bruxellesy annonce la mort de son p^re, M. Charles Faider, 
doyen de la Classe des leltres, d^cede le jeudi 6 avril k 
r&ge de 81 ans et 6 mois. D'apr^s les dispositions prises 
par la famille, les fun^railles ont ^t^ c^l^br^es aujourd*hui 
lOcourant, ill heures du matin. 

M. Faider failsavoir, en m^me temps, que son p^re lui 
avait exprim^ le d^sir qu*il ne fAt pas prononc^ de 
discours. 

M. Loomans, vice-direcleur, se fail Torgane de la 
Classe pour adresser un supreme hommage a la m^moire 
de son v^n^r^ et Eminent confrere. II fait savoir que 
M. Giron, d^ferant au d^sir qui lui a ^t^ exprim6, ^crira 



( 388 ) 

la notice de Charles Faider pour VAnnuaire de TAcademie. 
Une letlre de condol^ance sera adressee k la familie. 

— M. le Minislre de rAgriculture, de I'Induslrieel des 
Travaux publics ^crit que le jury charge de juger le 
cinqui^rne concours pour le prix de iOfiOO francs fond4 
par le docleur Guimnrd, de Gand, en faveur de € celui qui 
aura fait le meilleur ouvrage ou la meilleure invention 
pour am^liorer la position materielle de la classe ouvriire 
en g^n^ral sans distinction » vient de decerner ce prix a 
M. F. Robyns, inspecteur principal de I'enseignement 
primaire, ^Hasselt, pour son OEwre des Societes scoiaires 
de temperance. 

Ce resultat sera proclam^en stance publiquede la Classe. 

— M. le Ministre de rint^rieur et de I'Instruction 
publique envoie, pour la Bibliotb^que de TAcad^mie, un 
exemplaire des ouvrages suivants : 

1° Postel's biographisch woordenboek; par Th.-lgn. Wel- 
vaarts ; 

2^ Les doctrines philosophiques de Louvain et les con- 
gregations romaines; par Ad. Delvigne; 

S** La providence dans les fails sociaux et la science 
sociale ; par Pierre De Decker, oBUvre posthume, achev6e 
par les soins de son fits; 

4* Cercle archeologique de Tertnonde : Annates, 
tome IV, 1'" et ^^ livraisons; 

5*" Le due de Marlborough en Belgique; par M*"" Elisa 
Lagrange; 

6® Un pape beige. Hisloire du pape Elienne X; par 
Ulysse Robert; 

7^ Rapport triennal sur la situation de fin^truclion 
primaire en Belgiqne (seiziime p^riode 1888-1890); 

8® Geschiedenis van Gheluwe; par £mile Huys; 



( 389 ) 

9* I-Liy ceremonial de la Chine antique avec des extraits 
des meilleurs commentaires ; Iraduit pour la premiere fois 
par Charles de Harlez. 

— Reraerciements. 

— Hommages d'ouvrages : 

1® a) Poesies chinoises; b) La poisie chinoise : preceptes 
el tnodelcs; par le chevalier C. de Harlez; 

2^* La seigneurie de Tignee (Terre- Libre); par fidouard 
PoDcelet, k Li^e (pr^sent^ par M. Bormans); 

3^ Doit'on dire participe ou adjectif en dus; par 
J. Delboeur; 

4^ Discurso leido en la real Academia de jurisprudencia 
y legislacion, 58 nov. i892; par Canovas del Castillo, 
associ^ ; 

S"" a) De la peine de morty traduction et preface par 
Ludovic Beaucbet; b) Rapport du Conseil d^administra- 
tion des prisons et de la justice en Suede ^ en i89i; par 
C. d'Olivecrona, associ6; 

6® Reformateurs et publicistes de VEurope; par 
Ad. Franck, associ^; 

T"" Les quatre grandes villes de Belgique; situation 
en 1890; par Maurice Heins; 

8** Histoire moderne^ secoude Edition, tome V; par le 
baron Ch. de Blanckart-Surlet; 

9® Difendiamo la famiglia^ saggio contro il divorzio e 
specialmente contro la proposito di inlrodurlo in Italia; 
par L. Billia (pr^sent^ par M. Le Roy avec une note qui 
figure ci-apr6s); 

10^ Traite des etudes historiques; par Jean Moeller ; 

ii* Voyage au Mont Ararat, (traduction en langue russe) 
par Jules Leclercq ; 



( 390 ) 

12® Lellres el negociations de Claude de Mondoucei^ 
tome II; par L. Didier; 

13" Conference monetaire Internationale lenue a Bruges 
en H69 ; par Alph. de Wille; 

14® Hull brochures sur des sujets divers de Iiu6ralure 
orientale; par Terrien de Lacouperie; 

IS" Un demugros a I'aigle frappe par Henri K, 
1297-1506; par le vicomle B. de Jonghe; 

16" Diet de Marguerite de Bourgogne; public par 
Louis Paris; 

17" Notice sur le canton de Montherme, par Dom Albert 
Noel. 

— Remerciements. 



NOTE BIBLIOGRAPUIQUE. 

II y trois mois, j*ai eu Thonneur d'offrir a la Classe, au 
nom de Tauteur, une ^tude de M. Billia sur les travaux de 
M. Gabba contre le divorce. Le volume donl je sals 
aujourd'hui charg^ de vous faire hommmage (1), de la 
part du m6me publiciste, fait suite en quelque sorte a cet 
opuscule, el Tauteur y revendique pour lui-mSme le litre 
de c d^fenseur de la famille » qu*il avail d^j5 d^cerne k 
son pr^d^cesseur. Le m^moire de M. Billia arrive k son 
heure. Cest plus qu'une simple dissertation, e'est ud 
chaud plaidoyer, ou plutdt un r^quisitoire d'une logique 
serr^e el dict(§e par une conviction sincere, une protesla- 
lion ^nergique provoqu^e par Timminence de la presen- 
tation au Parlemcnl ilalien du projel Villa-Zanardelli, 

(4) Difendiamo la famiglia. Saggio contro il divorzio. Uilano, Ales- 
sandria, extrail, in-8« de 161 pages. 



(391) 

introduisanl le divorce dans la legislation de la Penin- 

sule. On a fait k ce propos, et probablenient on fera 

encore, en Italia, de Tagitation et de la contre-agitation, ct 

des flots d*encre ont deji coul^ sans grand r^suhat. Ces 

pol^miques nous restent ^trang^res; cependant, comme 

elles se rattachcnt k Torganisation de la society en g^n^ral 

et aux probl^mes les plus ardus de la morale publique, elles 

nesauraient nous laisser compl^tement indifferents. Aussi 

bien M. Billia s*est pos6 directeinent la question philso- 

pbique : il a cberch6 i se rendre comple de la nature du 

mariage, et il est arrive k le proclamer indissoluble par 

essencBj d'oii il suit que le divorce est intrins^quement 

immoral. La loi qui, non contente de tolerer le divorce, 

Vadmeltrail formellement, constitueraitainsi une violation 

des droits les plus sacr^s, mdme si Ton se place en dehors 

du point de vue de la conscience religieuse. De quelque 

c6le que Ton penche,enpresencedecesinteressantsdebats, 

le livre de M. Billia servira sans aucun doute k pr^ciser et a 

eiucider les questions, ainsi qu'i faire refl^chir les esprits 

encore b^sitants. 

Alph. Le Rot. 



Election. 



Sur la demande de M. le Ministre de rinlerieur et de 
rinstruction publique, la Glasse proc^de k T^lection de sept 
nouveaux candidats pour la fonnalion du jury charg6 de 
juger la neuvi6me pi^riode du concours quinquennal de 
litieralurc fran^aise (ann^es 1888 i 1892). 

Ces noms seront communiques k M. le Ministre. 



( 592 ) 

JUGEMENT DES CONCOURS 

Conform^ment k Tarticle 16 du R^lement general de 
rAcad^mie il est donn^ lecture des rapports des commis- 
saires sur les difl(§rents concours de la Classe. Ces rapports 
avec les memoires auxquels ils ont donn^ lieu sont d^posfe 
sur le bureau jusqu'i la prochaine stance dans laquelle la 
Classe se prouoncera sur les cooclusioDs de ses rapporteurs. 

RAPPORT. 

Le Traiitie de Rhetorique de Jehan Molinel; 
par le capitaine Gaetao Hecq. 

< M.le capitaine Gaeian Hecq soumet k ^appreciation de 
la Classe une trouvaille interessante pour Tbistoire de nos 
< grands r^lhoricqueurs » bourguignons. On sait que ce 
nom bizarre de T^cole solennelle de Chastelain et de 
Molinet derive du nom de seconde rethoricque, qui ddsi- 
gnait Tart po^tique au moyen &ge, d'apr^ une tradition 
remontant jusqu'^ Marcianus Capella et mSme k la classi- 
fication des arts lib^raux de Varron. (1) 

Un € Art de r^tborique >, compost vers 1472 par 
Molinet, le mattre de Jean Lemaire de Beiges, paratt avoir 
6t6 tr^s calibre aux Pays-Bas. Le Boileau des Rederijkers 
de Cbarles-Quint, le joyeux notaireapostoliqueMatbiasde 

(i) On disait aussi : rhdtorique late ou vulgaire (E. Langlois, ihhse 
latinc dc 4890). Dans cetto tb6se on trouve deja un parallelc entre 
les deux prologues, celui de Molinet et celui de Croy. M. Langlois 
DO croit pas m^me k rexistence d*un Henry de Croy. 



( 393 ) 

Casteleyn, d'Aodenarrle, ii*altaque jamais que lui, quand il 
en veut aux 5/t7eii van der WaUchen provinchie ou bien 
quand il se moque des Cluchten, des drdleries |)r6conis£e8 
paries mattres walions. 

En France, au contraire, depuis Charles VIII jusqu*^ 
Henri li, on ninvoque que Henry de Croy pour d^fendre 
ou d^nigrer les < mignardiscs et espisseries » de T^cole 
raillee par Rabelais el Dubellay. Les bistoriens Iiu6raires 
ont ignore jusqu'^ nos jours i'importance du lrai(6 de 
Molinel, le secretaire de Chaslellain. Ni Jordanus Cinfor^ 
tune, m Fabri, ni Gracian du Pont, ni Sibilet, ni Estienne 
Pasquier, ni Francis Wey, ni Quicherat, ni Ferdinand 
Wolf, ni Zschaligy ne consentent & reconnallre d^autre 
code de P^cole bourguignonne ou hennuySre que YAri et 
science de relhorkque de Henry de Croy. 

Comment s^expliquer celie ^tranget^? 

Peui-£tre le < petit lraicti6 » du chanoine de Valen- 
ciennes nVl-il jamais ^te imprim^, et le pauvre Molinet, 
dans sa Recollection des merveilleuscs advenues de Tan 1 473, 
ne songeait-il pas au fameux Sic vos non vobis^ quand il 
^rivait ces lignes : 

(V. 553.) J'ay veu grand multitude 
Dc livrcs imprimcz 
Pour tircr en cslude 
Povrcs mal argcnlez. 
Par CCS nouvcllcs modes 
Aura maint cscollier 
D<Screts, bibles ct codes 
Sans grant argent baillcr. 

Henry de Croy» lui, se (il imprimer d&s 1493,et,cequ*il 
ne faut pas oubiieryd^diasare/Aoricfi/e, au « bon petit roy » 
Charles VIII, h peine emancip^ de la lulelle de c Madame 
la Grande » et r^ccmment mari^ i la savante Anne de 

3** S6RIE9 TOMB XXV. 27 



( 394 ) 

Breiagne, la palronne de Jean Lemaire. Done 5 une 
£|)oque de ferveur litleraire. 

Or, M. Hecq, en comparant le manuscrit n* 7984 avec 
le traits de Croy,a ais^menl reconnu TidenUl^ ou la quasi- 
idenlit6 des deux lexies. La scule difTervncc, en eflet, 
vient de ceque les passages (rop bourguignons ou plul6t 
trop beiges de VIolinel onl &{& demarqufe, el en quelque 
sorte francises pour ne pas d^plaire au puissant dilloKanle 
de Paris. II est assez curieux de voir ce fils du perfide 
Philippe de Croy se servir d'une ceuvre beige au profit de 
sa courlisanerie frangaise. 

II se peul, comme le conjecture M. Hccq, que Molinci 
ait tout simplement compos6 sa rethorkqve pour plaire^ 
Philippe, qui mSme la lui aurait payi^e, alors qu'il 6tait 
encore dans les bonnes gr&ces de Charles le Teinerairc, 
c'est-ik-dire avant 1471. Quoi qu*il en soit, c'esl bien le cas 
de r^p^ler avec Terentianus Maurus : 

Pro caplu lectoris luibent sua fata libelli. 

En eiTet, manuscrit ou imprim6, le manuel de Molineta 
dA dire tr£s rcpandu, nr]algr6 le di^marqnage des Croy. Je 
me rappelle qu'en 1889 M. Augusle D*Oulrepont, alors 
mon el6ve, aujourdliui mon collegue 5 Liege, avail, it ma 
demande, analyst uu de ccs mannscrits de Molinet qui se 
trouvait ill la Bibliotheque nalionale. C*etail le n"" 2575 
(fol. 14-41). II me paratt ro^mc que ce texte est plus 
correct que celui que M. Hecq a trouv6 dans le n" 7884 
indiquc parReiffenberg. 

Mais c'esi incontestablement M. Hccq qui a d^couvert 
le plagiat, et nous croyons devoir proposer in la Classe 
Tinsertion de son travail dans nos Bulletins, > 

Cette proposition, & laquelle se rallie M. le Roy, second 
commissaire, est adoptee par la Classe. 



J 



(395 ) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Le Iraittie de relhorique de Jehan Moiinet; 

par Gaetan Hecq. 

J*ai rhonneiir de signaler k TAcad^mie royale de Bel- 
gique line d^couverte litt^raire qui ne me paralt pas 
d^pourvue d'int^rSt : 

Petit traktie compUU par maistre Jehan Molinety a 
Vinsfruclion de ceulx qui veulent apprendre I'art de rketo- 
rique. Bibliotb^que royale de Paris, 7984, in*4'% par- 
chemin, 36 feuillels. 

Sous celte indication, le baron de Reiffenberg signalail, 
en 1836, un manuscril dont il donnait quelques lignes, 
dans son ouvrage : Chronique milrique de Chasleltain et 
de Moiinet. 

En lisant nagu^re ces courts extraits, je fus surpris de 
lestrouver idenliqnes au texte de VArt et science de rhito- 
riqve de Henry de Croy. 

Une curiosity bien naturelle me conduisil c^ la Biblio- 
theque nationale, pour y confronter les deux ouvrages. 

A quelques Iris l^g^res variantes pr6s, {'Art et science 
de rhelorique est T^dition du manuscril de Moiinet. II n'y 
a ni un cbapitre de plus, ni un chapitre de moins; quel- 
ques-uns seulement out ^t£ changes de place. Les regies, 
toujours pareilles, sont exprim^es de la m£me mani^re et 
accompagn^es des m^mes exemples, g^n^ralement lir^s 
des ceuvres du chanoine de Valenciennes. 



^ Etihwmt.k 





Pes ktUMMs itfff rr, 4t% ni*rifpr <a iwfrct 

a a^'^iianeafl a« ^sfikB FnBQBis^ &^ 4b rai ftu- 

bevMS 4*«B ca:.^^}«!fte i^oraal, faciies a nA r ge r; c fsl 
mmt eopi^ eocore^paroe qae Ic redo d« {nwrr fevillet de 
lesle portp, aa bas. ks vm& de FraMe ealHUMes. 0.% 
MNU a:iofU k voir, le iraf^ priwuT fsl aecate poor 
■o setgikrar bcwrgiiigiioB. D doil ffOBler as dria de 
ranaee 1474, pai^qoe raaCenr j die M^msmsmemr rimdi- 
eUhre. A partir At 1474, c'eU MoUbH luHMoie qui esl 
de Boorgogne, pr saile da deoes de Qias- 



Je D'ai pas a toos faire coonaitre TArt ei sciemee de 
reihorique de Heory de Croj. Franeisqiie Michd en cata- 
logoe one edilioD io-folio (i493), trois aaties iii-4\ toales 
golbiqaes. II ne oooDail pas Fediuon io-IG, goihique, saos 
dale, sans oom d*aoleor di d^ioiprinieor, a laqoelle appar- 
tieol Teiemplaire de la Bibliotheqae rojale de Broxelles. 

Si Tod TeoC savoir quelle place occupe Henry dans la 
g^D^ilogie de la famille de Croy, void ce qoe nous appreod 
le Recueil historique^ genealogique, chronologique el no6t- 
liaire du royaume de$ Pays-Bos, par C de Fmncquen : 

Henri^ sire de Croy, comic de Cbiteau-Porcean el de 



( 5»7 ) 

Seneghem, Baron de Renty, Araines et Montcornel, sei- 
gneur de Bar-sur-Aube; conseiller et chambellan de 
Louis XII>roi de France; fiU aine de Philippe, premier de 
ce nom» sire de Croy, comle de Ch&leau-Porcean, baron 
de Rcnly, Scneghem, Araines, Beaumonl, Arsehot et 
Montcornel, seigneur de Chiivres, Bierbeke el autres 
terres; pair de Hainaut, s^n^chal du Boulonnais, cham- 
bellan de Louis XI roi de France, el de Philippe le Bon 
due de Bourgogne; iieulenanl g^n^ral dans le pays de 
Li^ge, gouverneur de Valenciennes, de Thuin el de Mar- 
chienne-auPont, chevalier de Tordre de Saint-Michel 
(f 4511); et de Jacqueline de Luxembourg^ dame de Bar- 
sur-Aube (alliance de 1455). 

Henri de Croy £pousa Charlotte de Chdteaubriant^ dame 
de Longni-en-Perche. lis eurent huil enfants, dont un 
archevdque de Tol&de, un^v£que de Cambrai et un ^vdque 
de Tournai (1). 

Henri de Croy mourut en 15U. 

Au moment oCi parut VArt de rethorique, Henri n'^tait 
pas encore le chefde la famille. II ne le fut d*ailleurs que 
pendant trois ans; ce qui explique le pen d'importance de 
sa carriere publique, comparee k celle de son p6re. 

Le livre lul di^di^ au roi de France, Charles VII i. 

Passons k Texamen comparatif des deux ouvrages en 
question. 

Ce qu'ils ont de moins semblable, c'est Tentr^e en 
maliere : 



(I) Tout cda n*est pas bicn d*accord avcc cclto assertion de 
C. de Prancqucn : « Henri mourut tr^ jcune, en i5li ». 



^ 



( 398 ) 



JEflAN MOLINET. 



Powr ee que nouveUemeni comme jen- 
tens par tos grtdeoses missives ettcM 
are toubz leeiandart de eupido le diea 
damours, et que tous montres honooress* 
tout entrepris dardant desir desirez estre 
tresleal et chcTalereox champion pour 
conqixerre vre partie adverse et obtenir 
delle Tietore glorieuse : tous eistf s adres- 
siet Ten moy affia daser de lart de retho- 
rique, Gertes treshonnooresst et tant pou 
que jen ay en teste ne vol's y puet gairea 
<Hi pou aidier, voue en auez plus en la 
bouche qnen ecay meitre par eecript, Ne 
la ehalemele de pan qui abuta le roy 
midas, ne lafleuie du dieu mereure qui 
endormi le eler argue, ne la vtele dam- 
phion qui repara let murs de ihebee, ne 
auMsi la harpe dorpheus qui ouvri let 
partes denfer neuret ensemble tele ar- 
monie ne si joyeuse resonance que vous 
treshonnooress* avez en boucbe et en 
facon des toz tresnoblcs progeniteurs 
parens et oncles et germains en furent et 
sent si richement douez que les treshaulz 
et glorienx personnages de ce monde en 
ont este largement contenlez arooliez et 
adoucis^ Tos forligneriez grandement se 
nen sentiez qnelque eslincdle. Que prouf- 
fiteront dont mes rimes emprez vostre yi? e 
eloquence. Ge sera paille emprez pur grain, 
plomb emprez fin or, eaue emprez vin, et 
obscure face de lune emprez resplcdissant 
soleil, mais affin de mieulx satLsfaire a tos 
piieres et requestes que je tiens pour 
commandement, je tous envoit ce petit 
traitiie de rethorique tout cfaaudement for- 
gie et fait a vostre contemplation, ouqnel 
TOUS troaverez : 



HENRY OE GROT. 



PROLOGUE. 



Pour ce que nouveUemel comeje entes 
sire par Tostre tresnoble engin et entende- 
ment estet tire soubs lettandart de eupido 
et de Ten* lesquelz goaveinent la tem- 
poralite selon lart de rheioriqae pour 
parvenir a aprendrc^ eocevoir et eoteilre 
lart tresnoble de rhetorique. Et eoucher 
par cscript en beanlz termcs par diciions 
et redargusions sil est besoing tant a la 
lonenge de diea et de nosure mere saincte 
eglise come par motelz, par fersclz et 
autres lonengcs a lonneur de dieu et de 
ses saincts lesquelz sont iais et se font 
joumeliemct en rbetoriqae par gnis dercs 
el autres tat en latin come en francois. 

Sire pour passer temps aunmeffois laisat 
dictiers,rondeaulx joyeuiz, balades on res- 
ponce^ 11 est de necessile que ios roys et 
les princes y mettct leur enlendetnet pour 
apredre a parler, a dieter et a bien mettre 
par escript tat es eurres de poeterie, sem- 
blablemet en laguc latine : pareillcm^ a la 
lague fracoise iheorique et Tulgaire. Et 
come vre treshuble et tr.'sobeissaot sob 
ject et servitenr me sois iogere de tous 
presenter certains patros et exeples. Ceitcs 
sire ce tat peu que je tous prescnie ne 
vout peut gueret aider vout en apez plus 
en la bouche q nen scauroye mettre par 
escript ne la chatemelle de pan qui abuta 
le roy midat, ne la flute de dieu mereure 
4iui endormit le cler argu^, ne la vielle de 
amphion qui repara les murt de tkebet, 
Ne autsi la harpe de orpheus qui ouwH 
les partes deferuemei enseble tel resonace 
ne si joyeuse armonie q vous sire avez en 
sens naturel et acquis. Car Tre complexion 
et de yfe entedemet desirez ssToir copr^ 
dre, dicemer et entsldre la tresnoble leieee 



r 




( 399 ) 



Patrons, exemplet, coulettrs et figures 
de ditUcrs el tallies modcrnes qui sont 
msintenant en usage, comme Ugnes dou- 
Uet:es, vers sizaius, septaim, wltalns, 
alejrandi'ifis, et rime bcueiee^ rime b)risiee, 
rttne enchaijennce, rime a donbie queue, 
tt/orme de complainle amoureuse, ron- 
deaux simples d'une, de deux, de irois, 
de quatre et de cinq sijllabes, rondeaux 
jumeaux et rondeaux doubles, simples 
vireialx, doubles vireinisct reports, falras 
simples etfalrcu doubles, balade comune, 
batade baladant, balade fatriste, simple 
lag, lay ren/orchiet, chant royal, serven- 
tois, riqueraque et baguenaude. 

De laquelle rhetorique, montreshon- 
nore S', si cest chose qui gaires vaille, 
vous prendrez en gre, 8*il tous plaist, lant 
b flcur come I.i farinc, tele qac vostre tres- 
humble ct petit ODolinct a sceut lourner 
entre scs meulcs. 



do rhetoriqae. Sire se cest chose que 
gueres ne vaille vous predres en gre de 
vostre treshuble cl trcsobeissat subject et 
senriteur henry de croy lequel auconeffois 
par maniere de passe temps si est bien 
Toulu occuper. 

ScDsayt lart et science de relboricq pour 
cognoistre to' les termes, formes et pa- 
trons exeple, couleurs et figures de die- 
tiers tallies modemes qui mainienant 
sont en usaige, Cestassavoir come Itgnes 
doubiettes, vers sisains, vers septalns, 
vers huytains : vers alexandrins rigmes 
batelee, rigme brisee : rigme enchainee, 
rigme a double queue, rigme en forme de 
ciplaincte amoureuse, Rondeaulx sim- 
ple* de une, de deux, de trois, de quatre 
et de cinq sillabes, Rondeaulx jumeaux 
et rondeaulx doubles, simple vtrlais, 
double virlais et respTse, fatras simples 
et fcuras doubles^ balades cZmunes, bal- 
lade balladante, ballade fratrisee, simple 
lay, lay renforce : chat royal : servantoys 
riquerat et baguenaude, De laquelle 
rethorique ensuyret les exemples. 



Ccrlains examples, de ton trop bourguignon, n'^laienl 
pas fails pour sonoer agr^ablement 5 ie& oreilles Tran- 
f^aises. Ms fiirenl modiGes comme il suit : 



JEHAN MOLINET. 

Vive Sainct Pol, Tire Renti (1) 
Vive loute flcur de noblesse 
\iT0 qui ticnt le bon parti 
Centre Icnuemi qui no'blesse 



HENRY DE CROY. 

Vi?e !e roy et son party 
Vivo toutc fleur de noblesse 
Vive qui licnt sans de parti 
Centre Icnoemi qui nous blesse 



(1) Baron ds Rsntij est Tun des litre* de U mai&on de Croy. 



c 



1 



etftaac 



zjmnt 



Mm» bt% ^wmJT plus 



Hi m^tur, lei faou; Ml 



^ wmena htttusr tanacn 



I 




* •>& 



Qoaol ami preceptes ciiiHiitecs, ies varaaies araiii 
qo'j iolrodriit TediUoo resolteoL, le plus siMiciil, de 
riRSoflbaoCe iDlelligeoce de foiigiiial. Je ae pois catrer 
id dans le detail de ces alieralions : faiidnit reprodoire 
le teste entier La difference la plus importaDte se rcD- 
eoDtre daos le oom de ftfeve aniiHe^qiie donne H. de Croj 
i la rime enchayennee de J. UolioeL 

Je eomparerai neanmoins deox oa irob par^raphes* 
ail haiurd. Par eux. Too poorra jogerdo resie : 



Rise mcblcttz. 

La pfof Cidle el eooraoe laifle de rimes 
eftt bi dMh>Ate <ifji »e poet (aire en loote 
qoaniito de si'b}>ei fst le plos^oareot 
eo Vlll. ft eo II. De resie mani^re deiime 
eit eompote le roman de la roce, Ei plo- 
tievrf bistoiret et (arees en soot pbioes. 



IIE5M DE CROT. 



Astre taiDe de rime qn se 
bleue la plus £Kille cC comoae qae loo 
peot faire el se peat £iire en lootes qaatHcs 
de s^liabes : ei le pi* eo haict oo neof sil- 
labeib De eeste maniere de ic^me est 
copooe le Romat de la rose. Et 
hlstoircs et farces en sent eomposeou 



( *o* ) 



Exemple^ 

Quant mon oeil dort mon coeur sesveille 
Dq mal daxDoan qui me traveille 

VBBS SlZADf s. 

Autre taille de yers sizains qui se font 
en moralites et jeus de personnaiges sou- 
Teralnement en reproches on redargutions 
de six iignes de cinq et de Vi siUabes. 

Exempie. 

La Guerre. 

Jay bruyt regne en court 
En champs et en court 
En lautre et en lane 

La PAix. 

io sub sans secours 
Mais apris decours 
Yoit on prime luoe 

Fatras. 

Autre espece de rethorique nommee 
latras est couTenable a matieres jojeuses 
pour la repetitition des mettres qui sont 
de sept et do huit, desquels lea uns sont 
simples et nont que ung seul couple, Ics 
autres doubles et out deax couples de 
pareille sustancc et termination. Hals la 
premiere ligne du premier couple sera 
seconds an second couple. 



Bxemple. 

Quant mon oeil dort mon cueur sesTeiUe 
Du mal damours qui me traveille 

Aultre taille de Ters sisains qui se font 
en moralite et jeuz de personnaiges en 
respose ou redargutions, Et sont commune- 
men t de troys ligncs, de quatre Itgnes, ou 
de sept ligncs ou composees de six sillabes. 

Bxemple. 
(Ideutique k celui de Molinet). 



Aultre espece de rethorique nommee 
fatras, et sont convenables en matiere 
jojeuse pour la repectiiion des metres qui 
sont de sept ct de hoyct, desquelz les ungs 
sont simplos et nont quo ung scul couplet. 
Les aultres sont doubles et ont deux cou- 
plets et pareille substance et termination. 
Mais la premiere ligne du premier couplet 
sera seconde au second couplet 



(Exemplos identiques). 

Od voit qu'i rimpressioD, Touvrage n*a pas gagn£ en 

clart^. 

Le Petit Traittie ful-il 6crit pour Henry de Croy el 
pay^ par lui oa par son p^re? Les apparences rendeni 
celte bypolhtee iris admissible. II ne faudrait pas juger 
le XV* siecle selon les id^es da XIX% et appliquer aux 



• « 

* b 






« * « 



( 402 ) 

auteurs ou ^dileors d'alors les principes qui rdglent aujoor- 
d'hdi la propri^l^ litl^raire. D*ailleurs, li n*est pas la 
queslioD. II s*agit de r^tablir la v6ril& Apr^s qtialre 
sitelesy roeuvre originate reste in^dite, tandis qu*unecoo- 
trefafOD de quality inf^rieure a eu ses six ^dilions, pour 
le moiDS* en complant celie de Crapelet. 

Le baron de Reiffenberg a dit de Toeuvre de Molinet : 
€ On peut comparer ce trait6 avee ceux d'Euslache Des- 
champs, d'Henry de Croy et autres analogues ». 

Voilii la comparaison faite, cinquanle-sept ans aprte. 



gomit£ secret. 



La Classe proc^de, en comit6 secret, k Texamen des 
litres des candidats pr&ent^s pour les places vacaoles, et 
k Tadoptioo de candidatures nouvelles. 



>99QC»9< 






• f 



( 403 ) 



CLASSE DES IfiEAVX-ARTS 



Seance du 6 avril 4895. 

M. Ad. Sauuel, direclenr. 

M. le chevalier Edm. Marcoal, secretaire perpituel. 

Sonl presents: MM. C.-A. Frnikin, Cd. F<^(is, Ern. Slin- 
geneycr, F.-A. Gcvaeri, Ad. Pauli, Godlr. GufTens, Jos. 
ScI)adde,Tli.Radoux,Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J.CIays, 
G. DeGroot, G. Blot, H, Hymans, J.Siallacrt, H. Beyaert, 
Al. Markclhach, Max. Rooses, J. Robie, A. HcDDcbicq, 
£d. Van Even, membres; F. Laureys, ^Paul de Vigne et 
A. Cluysenaar, correspond an U. 



CORRESPONDANCE. 



H. le Ministre de rinltSrieurclde rinstniction publiqae 
traiismel une ampliation dc rarr£i6 royal en date du 
23 mars dernier, nommanl MM. P. Benoic,Gevaerl,Samuely 
F^tis, Rooses, P. Willcms el A. Snicdcrs membres du jury 
cbarg6 de jugcr le double concours pour la composition 
d*un podmc en langue frangaise el d*un po6me en langue 
flamande destines* ii 6(re mis on musique pour le prix de 
composition musicale de 1803. 

M. Marchal remplira los f'onctions de secretaire. 



( 404 ) 

— M. le Ministrc de Tlnl^rieur et de rinstructioQ 
publique envoie« pour la bibliotii^que de rAcad^mie, od 
exemplaire des ouvrages suivants : 

!• CEuvrei de Gretry, XIV* livraison : Le Huron, 
com6die en deux acles et en vers, m£l^e d'arietles. (fidilion 
de la Commission pour la publication des ceuvres des 
anciens musieiens du pays.) 

2* Tr^sor musical, par Robert Van Maldeghem, musique 
profane et religieuse, 1893. — Remerciements. 

— M. Joseph Varge, !k Londres, offre un exemplaire de 
son travail intitule : Harmony unravelled, or the neutral in 
Music. In-8*. 

H. Guflens ofTre un exemplaire de son rapport sur Peao 
position 4riennale des beaux-arts de Bruxelles de 4886. 

M. Marchal offre, au nom de Tauteur, M. A. Megret, 
une &tude sur les canons de Polyclete. — Remerciements. 



CONCOURS DES CANTATES POUR L'ANNfiE 1893. 

La Classe prend notification des poemes re^us pour ce 
concours : 

POl^MES FRAMgAIS. 

1. Les Pheniciennes (d'apr^s Euripide). — Devise: 

Non impedir lo suo fatale andare (Dante, /n- 
ferno, V). 

2. Mieulniry le Marteau sacre (inspire de I'Edda). — 

Sans devise. 

3. Le Golgotha. — Devise : SionI 

4. Promethee. — Devise : Suum cuique. 

5. Le depart des Franchimontois. — Sans devise. 



( *05 ) 

6. Sacrifice d'Iphigenie. — Sans devise. 

7. Gerlmde de Moha. — Sans devise. 

8. Une gloire beige. A Toccasion de rinauguratioo de 

la statue de Gallail. — Sans devise. 

9. Ije giant de VEscauL — Devise : La prose parte i 

la raison, la po^sie s'adresse 5 rimagination. 

10. Ariane a Naxos. — Devise : £lvoh^ ; 

11. La mortdu Tasse. — Devise : Muse cootemple ta 

victime (Lamarliue). 

12. Didon. — Devise : II faut commencement i tout. 

13. Jephte. — Devise: Excelsior! Excelsior! 

14. Thesee. — Devise : Fac et Spera. 

15. La gloire du Sceptre. — Devise : Novissima cana- 

mus. 

16. Judith (cantate sign^e : hors concours par applica- 

tion du reglement). 

17. Thamar.— Devise : Consilio et viriute (sans billet 

cachet^). 

18. Minnexvater. — Devise : Bona Spes . 

19. Uimpot du sang. — Devise : La pens6e est la fleur 

du cerveau. 

20. Idomenee. — Sans devise. 

21. Lady Macbeth. — Devise ; In medio virtus • 

PO&MES FLAMAMDS. 

1. De Noordzee. — Keuspreuk : Le trident de Ne ptune 

est le sceptre du monde. 

2. Hgpermneslra. — Kenspreuk : Immer werkzaam. 
5. Semele. — Kenspreuk : Al singende jonc. 

A. Darius' fcestmaal. — Kenspreuk : Ein Mabrchen 
aus alien Zeiten, das kommi mir nicbt aus dem 
Sinn. 

5. Coram populo. — Kenspreuk : Dura lex! 



( 406 ) 

6. Sans Hire. — Kcnsprcuk : Doc wel eo zie Diet om. 

7. KrijgH! — Kenspreuk: Nooddwiogll 

8. De Broedennoord. — Kenspreuk : Cum essenl in 

agro, consurrexil Caui adversus fralrem saum 
Abel, et inlerrecil eum. (Gentee, IV, 8.) 

9. Jephie. — Kcnsprcuk : Wat door werken is verkre- 

gen, Slrckt den mensch (ol Iieil en zegen. 
10. Brugsche McUen. — Kenspreuk : Dan waart ge 

grooly Brugge..., en (hans?... 
H. Eglea. — Kenspreuk : EIke vogel zingt zijn eigen 

lied. 

12. Leten. — Sans devise. 

13. De Zeevisschers. — Kenspreuk: Gegroet, o zeel 

Wie mint, enz. 

14. De Vrijheid. — Kenspreuk : Vrijheid, zonderliefde 

voor Iiet vaderland, is een ijdel woord. 

15. Dutsclie strijd, — Kenspreuk : Het leven is een 

slrijd. 

16. Cairn Marcius Coriolaan. — Kenspreuk : Si vis 

paeem, para bcllum. 

17. De Eersle Vadcr. — Sans devise. 

18. Zoiner! — Sans devise. 

19. Pater Damiaany aposlcl der melaatschen te Molokau 

20. Lichil — Kenspreuk : Leg de Kunst niel aan ban- 

den. 

21. Cnssafidra, — Kenspreuk : Amor. 

22. Menschenblocd. — Kenspreuk : Nil novi sub sole. 

23. Heldenslrijd. — Sans devise. 

24. Congoland. — Kcnsprcuk : Dat is tevens Konings 

grooiheid. (J.J. L. Ten Kate.) 

25. Bedrogen Liefde, — Sans devise. 

26. Jatnes Wall. — Devise : Excelsior I 



r ^■«, 



( 407) 

Elections. 

La Classe precede k r^leclion tie son directeur pour 
1894 eu remplacement de M. Alpboose Balat, qui a d^sir^ 
ue pas accepter ces fonctions. 

M. J. Stallaerl esl 6\u. 

— La Classe proc^de eusuite au renouvellement du 
Comit^ directeur de la Caisse centrale des artistes pour 
un nouveau terme de dix ans. Les membres sortaots 
sont r^^lus. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Les canons arlistiqnes et le livre de M. M egret; par le 
chevalier Edm. Marchal, secretaire perp^luel de TAca- 
d^mie. 

Comme on se le rappellera, Polycl^te de Sicyone, ^l^ve 
d*Agelada$, d'Argos, avail ^cril pour ses disciples un 
traile des proportions du corps humain. Cette th^orie 
^lait pratiqu^c par Phidias et Myron, ses condisciples, et 
par Alcam^ne, le c6l6bre el^ve de Phidias. I^*illuslre fils de 
Sicyone on d'Argos, car on ne sail au juste dans laquelle 
de ces deux villes de la Gr^ce il naquit vers 480 avant le 
Christ, avait coule en bronze, aGn de demontrer matt^riel- 
lemcnt sa ihcorie, son Doryphore^ pour lequel il avait pris, 
dit-on, comme module un des gardes des rois de Perse, 
Doryphoros ou porteur de lance. Ce bronze a disparu, mais 
one replique en marbre, le Diadumenos^ d^couvert h Vais- 
son (Vienney France), aujourd*bui au British Museum^ a 




(408) 

permis, giice aax rechercbes des arcbtelogaes assist^ par 
les artistes, d*etablir qae VAchiUe do Loavre serait la 
reproductioD do bronze dePoiycIete. Oo a, en cons&iQenee, 
reslitn^ & ee marbre Ic nom de Doryphare. 

Ainsi que notre Eminent associ^, M. Eugene Gnillaame, 
fa Tait remarquer dans one intdressante ^tude sor le 
Doryphore de Naples, le canon de Polycl&te serait le 
rdsam^ d*une ^le el noo le point de depart d*Qne ^le 
nouvelle. A ce moment, dit cet aoteor, le mode dorieo 
atteignait k sa perfection dans les ^diGceset dans les repr^ 
sentalions de Tbomme. Plus tard, et apris avoir r^lis^ an 
id^al dans lequel dominait la force, les Grecs se mireot i 
poursuivre on id^I d*el^ance. H. Guillaume cite Lysippe 
k ce sujet. 

J*ai riionneur d'offrir,^ titre d*bommage,i la Classedes 
beaux-arts, au nom de M. Adolphe Hegret, un ezemplaire 
d*une 6lude qu*il vient de publicr k Paris, sur Us Canons 
de Polyclete. Tous les artistes et, en general, tous cenx qui 
soot ^pris de Tart hell^nique, s'int^resseront k ce travail, 
dans lequel le staluaire fran^ais a repris la question si 
souvent agit^e des r^les harmoniques ou du rytbme des 
proportions et des formes humaines. Cette th^orie ^tait 
d^ji discut^e dans Tantiquit^, notamment par Diodore de 
Sicile; lors de la Renaissance, par Michel-Ange, Leonard 
de Vinci, Jean Cousin ; et, de nos jours, par Viardot, Maxime 
Collignon, Eugene Guillaume et surtout par Charles Blanc 

D'apr&s Diodore de Sicile, les £gypliens r^clament 
comme leurs disciples les plus anciens sculpteurs grecs, 
surtout Toelecl6s el Theodore, tous deux fils de Rhaccus, 
qui t>.\^cul6renl la slaluc de VApollon Pythien pour les 
habitants de Samos. Une moilie ful faile k Samos par 
Toeleclis ; Theodore acheva I'aulre a Iilphtee, ces parlies 
8*ajustant si bien Tune dans Taulre que Tceuvre en son 



( <09 ) 

entier semblait Stre da m6me staloaire. Pour arriver k ce 
r^sultatjes ^gyptiens, apr6s avoir taill6 la pierre, propor- 
lionnaieol les parlies d*apr6s une division du corps humain 
en 21 sections et un qaart, rdglant ainsi toule la 
sym^lrie de la stalue; ils arrivaient par ce fait k ex^cuter 
leur travail de manidre que toules les parties s*adaptaient 
entre elles dans leurs moindres details. Diodore, malbeo- 
rcusement, n'a donn^ aucun detail sur la nature de ce 
canon. 

Le savant Egyptologue berlinois R. Lepsius, qui a entre* 
pris, sous Tauguste protection du roi Fr^deric-Guillaume IV, 
ses Denkmalen am ^gyplen und JEUiiopienI d^crit trois 
canons employds par les Iilgypliens el donne h Tappui an 
dcssinappartenant^ r^poqnedela plusancienne monarchie 
des Pharaons. Le troisieroe de ces canons, qui appartient 
au temps des rois Psammctik ou Psammetichus, dont le 
premier vivait vers 667 avant le Christ* offre une altera- 
tion compl6te du principe de la division et demeure sans 
modification jusqu*5 Ti^poque des empereurs remains. Or, 
ce dernier canon est le mdme que celui dont Diodore 
parle d*une mani^re positive. 

Charles Blanc, dans sa Grammaire des arts du dessin^ 
refute en ces termes Diodore : c Au premier abord, il est 
clair que Diodore de Sicile n*a pas bien su ce dont il par- 
lait, et quil a dA se tromper quand il a dit que les sculp- 
teurs Egyptiens divisaient le corps bumain en 21 parlies et 
un quart, etc. La seule presence d*une fraction dans un 
pareil calcul annonce une erreur. Un corps proportionnE 
dans toules ses parlies est celui dans lequel un membre 
est le commun diviseur de tons les aulres. C*est done Ml 
une premiere faute de Diodore de Sicile. Ensuite, il n*est 
pas possible que les figyptiens aieni divisE la hauteur du 
corps bumain en 21 parties et un quart, car en experimen- 

S** S^RIE, TOME XXV. 28 



( 410 ) 

lant celte mani^re de calcoler, on ne renconlre pas joste- 
ment les points de section marques par la nature elle-m£me. 
En d'aulres termes» Touvertare du compas £gale k la 
21* parlie, torobe presqoe toujonrs en de^ou au deiii des 
articulations, au-dessus ou au-dessous des principales 
lignes trac^es par le divin Gtom^tre. Aussi la division par 
21 Vi n'a-t-elle &i6 suivie par aucune«;^cole, quoi qu*en 
dise Diodore. > Comme consequence, M. Blanc croit 
pouvoir fixer la division veritable du canon de Polycldte 
en 10 parties ^gales, en se servant d'une petite statuette 
^gj'ptienne que donne aussi (^psius dans son graDd 
travail. Cette figurine, selon Ch. Blanc, bien que divis^ 
dans sa hauteur totale, y compris la liare qui lasurmonte, 
par 21 parties 6g^\es et une fraction, n'olTre que 19 divi- 
sions geom^triques ^gales dans toute sa hauteur depuis 
le sommet du cr6ne dissimul^ sous la coiffure. L'auteur 
de la Grammaire des arts du dessin en a conclu que c'est 
la seule m^lhode de division qui a dA! £lre employee par 
les Grecs, celle qui aurait 6i6 d^crite par Polyclete ! 

Comme on le voit, le sujet de la th6se de M. Megret est 
de rechercher de quel cdt^ est la v^rit^ entre Polyclete el 
Charles Blanc. A cet effet, il a appliqu^ au Dorypbore du 
Louvre le canon de Polycl6te en se servant pour uni(6de 
division de la seconde phalange du doigl m^dius, dile pba- 
langine, laquclle ^quivaut, selon eel artiste, k la 6A^ parlie 
de tout le corps. Or, si Ton fait abstraction d'unc de ces 
parties, il reste le nombre 63, lequel divis^ par 3 donne 21 
plus un tiers et non un quart. Par ce mode de mensuration, 
ou norme r^elle, en pla^ant la 1'* division sur la malleole 
interne inf^rieure, la 6" tombe sur I'apopbyse sup^rieure 
du tibia au milieu de la rotule; la 11'' sur la pointe de Tos 
pubis; la i& k la pointe inferieure du sternum; la 17* ik la 
fourcbette des clavicules ; la 18* k la base du menton (os 




{Hi ) 

maxiKaire inKrienr); la 19* 5 la partie inferieure de Ton 
oasal, d la naissancc du cartilage; la 20' sur Ics frontaiix 
et la 21* plus la fraction sur Ic sonimcl du cr&ms en y 
comprcnani Ic cuir chcvelu et Tdpaisscur pr^sum6e des 
chcveuxl II appclle sa mesure le canon primilif ou 

M.MegrelconcInt en ces termes: Si la premiere mesure 
que conseille Charles Blanc doit commencer 5 partir du 
sol, la 19" arrivant eireciivcment sur le sommel de la l£tf\ 
cette I'ormule de '/lo divise ainsi la statue en 19 parties 
dgales. II est impossible, comme resultat, au point de vne 
liarmonique, et malgr6 I'aflTirmation de Charles RIanc. 
d'admetlre, avec cet excellent critique d'arl, qu'elle ait 
jamais pu diriger rexc^cution du Doryphore du Louvre, hi 
celle-ci est Tceuvre de Polycleie. Ce canon n'a jamais pu 
6lre le sicn, et son travail regi par la farmuie qui compose 
celui'Ci puisque loules Ics mesures de division que r^glc 
cette formule tomhrnt en dehors ou ii cdie des grandes 
divisions de la statue representative parlaite de la figure 
humaine, cost ce que voits voulous demonirer. M. Megrel 
ajoute & sa dt^monstration theorique sepl planches. La pre- 
mii^re reprdsente la slatueite egyptienne qui a servi h 
Charles Blunc; la dciixiome, la mdme statuette, mesur^e 
d*apres sa methode; la troisitime, une figure de Toutm6$ III 
assis, qui a aussi servi 5 Charles Blanc ei dans laquelle 
M. Megrel declare ne savoir saisir en quoi elle a ^galemenl 
servi ^ la theoriede Tauteur de la Grammaire des arls du 
dessin; la quatri6me, la conformation osteologique de la 
main de Thomme, afm de faire ressortir I'unit^ de mesure 
phalangienne; les cinqui6me et sixi&me, le Doryphore du 
Louvre, en 19 parlies ^gales el en 21 Vs Parties, et la 
septiime, fapplication du canon de Polyclile d la statue 
repr^sentant le jcuoe Th£s£e. Cette curieuse ^tude est 



( 412 ) 

lermin^e par une note addilionnelle sur le mode de menso- 
ration pratiqu^ sur le sujet vivant, appliqu6 i la statuaire, 
aiDsi que par un appendice ayant pour objet la forme 
bumaine comme principe generateur appiiqu^a la confec- 
tion des vases grecs et romains. 

Dans une rccente conference !k TAssociation fran^ise 
pourTavancement des sciences, M. Paul Richer, resumant 
son livre sur le canon des proportions du corps humain, 
que vient de publier la niaison Delagrave, de Paris, con- 
clut de la maniere suivante : < Je vous dirai sculenicni 
que Tunite de mesure ou module est la hauteur de la lete 
subdivis^e elie-m^me en moiti<^s el en quarts. La lete est 
comprise sept fois et demie dans la hauteur du corps, da 
vertex i la plante des pieds, el elle so r^partil au torse et 
aux membres, suivant un systeme de mesure fort simple 
et d*une precision plus grande que nc le comportenld*ordi- 
naire les canons artistiques. Mais ce canon, tout en reposant 
sur des mesures reelles, n'est en somme qu*une abstrac- 
tion. II est fail de moyennes. II est comme le centre autoor 
duquel gravitenl les variations individuelles. Aussi, je le 
r^p6te el liens a le declarer hautement, comme tous les 
canons artistiques, il n'est point de r^gle i laquelle doi- 
vent s'aslreindre les artistes, encore moins un modeic i 
reproduire dans leurs (cuvres. Us ne doivent y voir qu'nn 
guide, en face de la nature, qui Icur permel d'appr^cier, 
eo loute connaissance de cause, les proportions des dilK- 
rents modeles qu'ilsauront sous les ycux... > 

Comme on le voit, ce ne seronl jamais les artistes qai 
manqiieront de canons des proportions hnmaines, bien 
entendu. Deux types out pr^domin^ chez les liigyptiens, 
d*abord le type trapu et vigoureux, puis, pins tard, le type 
allong^ et ^l^gant. D^aprte M. Guillaume, c*£tait la palme* 
c'est-5dire la Inrgeur de la main i la racine des doigis, 



i 



( 413 ) . 

qui aurait conslilu^ la mesure adoptee par Polyci^te, sea 

^mules cl ses ^l&ves. 

« 

La haulcur lotale de ce lype renfermail sept fois el 
demic la lite; ce rylbmc constiluait un heureux iquilibre 
enlre la hauleur du sujet et la largeur. M. Megret pr^f^re 
la phalange du milieu du doigt medius, qui, selon lui» 
enlre G4 fois dans lout Ic corps humain. Lysippe 8*en 
<Scarla en errant un lype plus ilanc^, parlant dc ses pr&ti' 
rences, disait-il, pour le Doryphore, voulant Thomme (el 
qu*il devrait Sire et non lei qu'il est. L*Apoxyom6ne» 
Mcl<^agrc,le Gladialeur, Germanicus justitient ses mesures, 
car en appliquant la palme 5 rApoxyom6neJa tele est trop 
peiite proportionnellement a Ti^lSvalion et i la svellesse 
du corps. Viiruve, le cel^bre archilecle romain, n6 vers 
85avar:t le Chrisljeseul qui ait Iaiss6 une formule Scrite, 
donnc le nonibril comme centre des proportions, d*oji il 
r6sulle que rhomme, les bras el les jambes Slendus, doit 
8*inscrire dans un cercle ou dans un carr6. La tile devient 
la 8* partie, et le pied la 10* parlic du corps. Ces donuSes 
avaient 6i& adopldes par Leonard de Vinci, lequel jusliGa 
ses prdfercnces dans un dessin resle cel^bre. II est toule- 
fois h rcmarqucr que la proportion de buit tStes n'exisle 
que pour les lailles de 1"*,80 et plus. 

Albert Durer, dans son ouvrage publi6 en 1528, adople 
indiflcren)ment 7 ou 8 tiles et donne mime des figures de 
9 et 10 tiles de proportion. Jean Cousin, le Michel-Ange 
franQais, avait adopti 8 tiles et admetlait aussi Tigaliti 
entre I'envergure et la laille. Charles Blanc a rameni le 
canon de Jean Cousin & 7 Vs tiles. Un peinlre italien du 
XVI* siicle, J. Lomazzo,auleur d'un volumineuxTrailide 
la peintnre, a repris comme type les 10 tiles qu*employait 
Albert Durer. Nous en passons bien d*aulres, mime celui 



( ^<4 ) 

(le rancien directeur de TAcad^mie des beaux-arls d'An vers. 
Van Br^^e, qui a cii unc si grandc influence sur Ics artistes 
Mges. Coinme on le voil, chacun de ccs grands maltres 
n*a pu s'cmp£clicr de prdconiser ses preferences. M. Paul 
Richer nous console de ces divergences en nous faisant 
remarqucr que c ce qui est Tideal artisliquo d*unc epoque 
» ne correspond plus i ceiui d*nne autre <^poque donl 
» Tesprit, les tendances, Ics sentiments font defaut ». 

Si je me suis permis de faire une incursion dans 
Tesquisse de M. Richer sur I' Anatomic dans Carl, c*esl 
parce que j*y ai ctd nltir6 par Teloge qu*il fail de mon 
illuslre predi^cesseur Quetelel dont VAnthropomcin'e, dit- 
il, constitue un vdritahle monument sciontilique. Ricn ne 
pouvait m*6tre plus sensible que cette justice rendue k 
Tune des plus hautes personnali(o$ de TAcademie, dont 
j*ai eu Thonneur d*dtre Tadjoint comme secretaire |)endant 
plus de vingt ans. « Appliquant, dit M. Richer, 5 propos 
d*Adolphe Quetelel, la loi des probabilit^s h la dc^termina- 
lion des variations de la taill.c ct des autres parties dans 
nne agglomeration homogene d'individus, le savant secre- 
taire |)erpeiuel etablit scienlifiqucmenl que les diverses 
tailles se r^partisscnl en groupes plus ou moins nombreux, 
cfapres une loi qui est toujours la roeme. Par groupes 
de iO, il mesure plus de 500 sujcts des deux sexes ct de 
tons les ftges, et il <lonne des tables de proportion de 
rhomme el de la femme depuis la naissance ik tous les 
Ages de la vie. Cesl un travail vraimenl colossal. » 

Qu*est-ce que cce travail colossal > aurait ete si Adolphe 
Quetelel, comme semble le rogretter M. Richer, avail 
etendu ses recherches aux autres pays? 



( 418 ) 
CONCODRS ANNUEL POUR i8M. 

La Classe fait savoir qa*elle a retir^ de sod programme 
de concours pour Tann^e 1894 la question suivanle: Faire 
Chuioire de la chanson mondaine a une voix^ dans tes 
provinces belgiques^ a partir du XV* Steele. 



OUVRAGES PRI^ENT^S. 



Catalan {EugA. — Lettres h quelques niathdmaticiens. Bru- 
xellcs, 1893;in-8*(3G p.). 

— Note sur I'dlipse de Longchamps. Paris, 1893; extr. 
in-8» (4 p.). 

DelbcBuf. — Doit-on dire participe ou adjectif en dus? 
Gand. 1893; cxtr. iii-8* (1:2 p.). 

Duponi {Ed,), — Sur la faune et rhomme de Fdpoque qua- 
ternairc. Bruxclles, 1892; extr. in-8'' (43 p.). 

Folic (f*.). — Sur Ics termes du second ordre provenant do 
la conibinaison de i'aberralion ct de la rdfraclion. Paris, 
1893; cxtr. in-4* (4 p.). 

Guffens (&)• — Rapport sur Texposition triennale des 
bcaux-arls de Bruxcllcs de 18GG. Bruxelles, extr. in-8* (16 p.). 

Harlez (C de). — Poesies chinoiscs. Gand, 1892; extr. 
in-8*(30p.). 

— La pocsie chinoise, 2* partie. Paris, 1893; in-8* (52 p.). 

— I-Li, ceremonial de la Chine antique, avec des extrails 
dcs meilleurs commcntaires; fraduit pour la premiere fois. 
Paris, 1890; vol. in-8*. 

de Witte (Alpli,), — Confidrcnce mondtairc internationale 
tcnuc a Bruges en 14C9. Bruxelles, 1893; in-8* (14 p.). 
de Jonghe [le vieomte £.). — Un demi-gros a I'aigle, frappi^ 



♦ ' V 



VH« 



( 416 ) 

par Henri V, comtc dc Salm infcricur ou Solm en Ardenne 
(1297-1 506).,BpuxeIlcs, 4893; inS' (9 p.). 

Paris (Louis). — Diet dc Marguerite de Bourgognc [Bru- 
xelles, 1893]; in-4» (30 p.). 

Siocquart (Alf). — Un nouveau cas do symphysie r^nale 
unilalcrale cliez riiommc. BruxcIIee, i893; extr. in-8'>(l2p.). 

Poncelel [Edouard). — La seigneuric de Tignde (Tcrrc librc). 
Li<?ge, i893;in-8<»(80p.). 

Welvaarts {Th,-Ign.). — PosleFs biographisch Woorden- 
boek van de XII (ot dc XIX ceuw, met vijfiien gravurco. 
firuxplles, 1892; vol. in•8^ 

Delvigne{Ad.), — Lcs doctrines philosophiqucs de Louvain 
et les congrdgalions romaincs (i8o4>i8G6). Une page d'histoire 
contemporainc. Bruxelles, i893; in-8* (42 p.). 

Gretry. — OEuvres: i4* livraison, le Huroriy comddic en 
un aclc et en vers, m6Ide d'arictlcs. Leipzig-Bruxclles, 1893; 
vol. in-4\ 

Ileins (Maurice), — Les quatre grandcs villcs de Belgiquc : 
Bruxelles, Anvers, Gand. Liege. Situation (inancicrc ct admi- 
nistrative en 1890. 6tude statisliquc. Gand, 1893; in-8* 
(138 p.). 

BlanckartSurlet (le baron Charles de), — Histoirc roodernc. 
Scconde ddition, tome.V. Liege, 1893; vol in-8\ 

De Decker (Pierre), — La providence dans les faits sociaux, 
et la science socialc. Ouvrage poslhume, achev6 el pubUc par 
les soinsdcson fi)s. Bruxelles, 1893; vol. in-8* (352 p.). 

Maldeghem {R,J, Van), — Trcsor musical (1893). Bru- 
xelles, 1892; 2 cahicrs in-4*. 

Lagrange (J/** £lise). — Le due dc Marlborough en Bel- 
giquc. Bruxelles, 1892; vol. in-8<* (380 p.). 

Robert (Ulysse), — Un papc beige. Histoirc du pape 
ilicnne X. Bruxelles, 1892; in-8<' (120 p.). 

Moeller (Jean). — Traild des dtudcs historiques, avcc dcs 
additions par le professeur Ch. Moeller. Louvain, 1887; voL 
in.8' (673 p ). 



"»"T 



(417) 

Buys (imilt). — Gcschicdcnis van Ghcluwe. Courlrai, 
i89l, 1895; vol. in-8* (3G0 p., cnrlc). 

Lsclercq (Jules) — Voyage nu mont Ararat (traduction en 
languc russc). 4893; in-S^" (4G p.). 

Vivier (A.-J.). — Mdmoirc adrcssd oux conservatoires et 
aux academics dc musique sur ies causes qui ont contribud k 
maintcnir Ic disaccord qui existc entrc Ies matlidmalicicnset 
Ies musicicnSy sur Ies vrais rapports des sons musicaux. Dru- 
xellcs,i895; in-8* (23 p.). 

Ilomniagc n la mcmoirc dc Louis-Philippc Gilbert. Comptc 
rendu dc la manircstalion du novembrc 4892. Lou vain, 

i893;in-8M1^3p). 
Club alpin beige. — Bulletin nMG. 1891 ; in-8*. 

Gano. — Archives de hiologie, tome XII, 4* fascicule. 1892; 
cabicr in-8^ 

Tfinuo.XDB. Cfirc/6 areheologigue. — Annoles, tome IV, I** 
S* ct 3* livraisons. 1892; 3 cabiers in-8*. 



ALLBHAaiUB. 



Dabistadt. Verein fur Erdkunde. — Notizblatt, i3. Heft 
1892; in-8«. 

DnesDB. Verein fur Erdkunde. — XXII. Jahrcsbcricht. — 
Liltcralur dcr Landes- und Volkskundc des Kdnigreichs 
Sacliscn (Paul Emil Ricbtcr), Nacbtrag I. 2 cab. in-8*. 

Fbarcfobt s/M. Ifalurforschende Gesellschafl. — * Abband- 
langcn, Band XVI 1 1, i. i892; cab. in-4*. 

NuBEHBERG. Gtrmanisckes Nalionalmuseum. — Mittei- 
lungen und Anzeiger, 1892. In-4*. 

— Katalog dcr im Museum vorbaodenen zum Abdrucke 
bcstimmten gescbnitlcnen Holzstdckc, von XV. -XV III. Jabr- 
bundcrtc, crstcr Teil. 1892; in-8*. 



( 418 ) 

Ah^riqub. 

Schaeberle {J.-M.). -— Terrestrial atmospheric absorption of 
Ihc photographic rays of light. Sacramento, 4893; io-8* 
{90 p ). 

LhXGOLif. University of Nebraska. — Bulletin of Ihc agricul- 
tural experiment Station of Nebraska, vol. V, articles 4 and 5; 
VI, 1. 1892-1893; 3 cab. in-8«. 

— Sixth annual report of the agricultural experiment 
station, 1892: in-8^ 

FaANCB. 

Renooz (Celine). — La nouvelle science, livre I*' : la Force. 

Paris, 1890; in-8* (180 p.). 

— La nouvelle science, livre III : Te^volution de rhommc 
etdcs animaux, i" partie, les Mammiferes. Paris, 1890; in-8* 

(i8i p.). 

— La nouvelle doctrine de revolution. Resume du livre III 
dc la nouvelle science. Paris, 1891 ; in-8'' (48 p.). 

Franck (Ad.). — Rcformateurs el publicistes dc I'Europc, 
XVIII* siccle Paris, 1893; vol. in-8^ 

Albert I" de Monaco (S. A. 5.). — Rusultats des campagncs 
scicnliliqucs acconiplics sur son yacht, fasc. Ill cl IV. Monaco, 
189M893;2cah. in-4-. 

Didicr (L). — Lctires et ncgociations dc Claude de 
Mondoucet, resident de France aux Pays-Bas (1571-1574), 
publides d^apr^s le manuscrit de la Bibliolh^que de Reims, 
tome II. Paris, Reims, 189^; vol. in-8*. 



Gbandb-Bretagnb, Irlandb et Golokibs britanniqobs. 

Terrien de Lacotiperie {A,). — How in 219 B. C. Buddhism 
entered China. Extr. in-8'' (9 p.). 

— The Yuch-Ti and the early Budhist missionaries in 
China. Londres, 1887; in-16 (8 p.). 




( *I9 ) 

Terrien de Lacovperie (A)* — L*erc dcs orsacidcs en 248 
avant J.-C. scion Ics inscriplions cunciformcs. Louvauii 1891; 
cxtr. in-8* (42 p.). 

— On the Corcan, Aino and Fusang writings. Lc}'dc»«i892 ; 

cxtr. in-8*(i7p.). 

— The lonn of chnldco-clamilc culture to corly China. 
Londrcs, 1892; cxir. in-S* (52 p.). 

-- Severn! tutelary spirits of the silkworms in China, 
Londres, 1892; cxIr. in-8<' (8 p.). 

— Premiere introduction dc la civilisation occidentalc en 
Chine. Londres, 1892 ; cxtr. in-8* (25 p.). 

— Catalogue or Chinese coins from the \\V\ cent. B.C. 
to A. D. G21 including (he series in the Drilish Museum. 
(Introduclion and general Index.) Londres, 1892; in-8*. 

Varge {Jos.) [J, Cravi^, — ilnrmony unravelled op the 
neutral in music. Londrcs, 1895; pet. in-4'' (HO p.). 

Muirhead, — Illuslrntcd price list of electrical and telegra- 
phic apparatus. Londrcs, 1895; in•8^ 

Ottawa. Geological Survey of Canada. — Contribution to 
Canadian paloeontology/vol. I, part 4, 1892; in 8*. 



Italie. 

Bitlia {LorenzO'3iichelangeto). — Difcndiomo la famiglia, 
snggiocontro il divorzio c spcrialmcntc conlro la proposiladi 
introdurloin Italia. Turin, 1895; in.8'* (IGI p ). 

Gu€Cia{G.'B.) — Due proposizioni relative alle involu- 
zioni di specie qualunque, dotaie di $ingoIarit& ordinarie. 
Palcrme, 1895; cxtr. in-8*(l2 p.). 

Pini (£.). — Osscrvazioni metcorologiche escguitc ncU* anno 
1892. Milan, 1895; cxtr. in-4<' (GG p.). 

Giovanni (V. di). — Christoforo Colombo. Palermc, 1893; 
gr. in-8* (55 p.). 

BliLAif. Societd ilaliana discienzo naturali. ^ Atli, volume 
XXXlV,fasc.1.1892;in-8*. 

Padoub. Societd di scienze naturali. — Atti, 1893. In-8*. 



(4») 

da MJmaL — JMBBiii, IW3L to-fa 
tf cffc sdmzc — MoMrie fi 
e ii fiao, I0«o THL Xapks. f Stt; voL i»4\ 
lUfUL ZMlflfifcAcr /dbraknciC, 1891. 1893; voL ^r. 



Friiukt \1Df H\ — Udxr die Bcstimav^ dcr e^og;'** 
fltntAea Irngt mod Brcite and dcr dm Elcaeate dcs Erd- 
■MgnetisiDos dorcb Bcofaacfatong zo landc, sraie crdm^ne- 
lifdie ond geograpbische Mcssoogcn an mclir ab Uuscnd 
Tcnciiicdenm Ortra in Asicn ond Earopa; an^efuhrt in den 
labren 1867-1891. Sainl-Pclcrsboars, 1893 ;in^ (189 p.). 

HojixcFOis. Soet^ de geograpkie. — Fennia, € d 7. I89S; 
2 call. i»-8*. 

i£&ATs£Bi5aocBC SocJeU omrulUnnt des teitmeet ngf irrrfto, 
— Bulletin, L XIII, 1- Urr^ 1891-92; in-4*. 

If iTAi:. CesdUehttft fur Lileralwr umd EvmsL — Silznogs- 
berilbce, 1891. In-8*. 

Odessa. Socieii (Us natmralUUs dt la UTouvette-Rmssie, — 
H^moires ct eomplcs rendus poor 1892. In-8*t 

Pats ditcbs. 

Peralia {Bfanuel de), — Apontcs para on libro sobre los 
aborigcncs dc Cosla Rica. Uadrid, 1895; iQ-8* (30 p.). 

Engelmann et Pekelharing. — OndcraocLingcn gcdaan in 
bet pliysiologisch laboralorium, II, 2. Dlrccht, 1893; in-8*. 

Oliveerona (C. d'). — De la peine dc mort, 2* cdiiion. Tra- 
docllon ct prdfacc par Ludovic BeaucbeL Paris, 1893; toI. 
in-8« (325 p.). 

— Rapport du conscil d'admioistralioa dcs prisons en 
So6dc sur Petal dcs prisons et sur le regime pdnilcniiaire 
pendant Tanndc 1891. Stockbolm, 1892 ; vol. in-V. 

-— Rapport sur radministralion dc la justice en SoMo pen- 
dant rannde 1891. Stockholm, 1892; vol. in-4*. 



BULLETIN 



DK 



L'AGADEMIE ROYALC DES SCIENCES, 



DES 



LETTRES ET DES BEADX-ARTS DE BEL6IQDE. 



1893. — N« S. 



CLASSE DES SCIENCES. 



Seance du 9 mai 1893. 

M. Ch«Van BAMBEREfdirecleur, president de rAcad^mie. 
M. le chevalier Edm. Marghal, secretaire perp^tuel. 

Sonl presents : MM. P.-J. Van Benedeo, A. Brialmonl, 
£. Dupont, £d. Van Beneden, C. Malaise, F. Folie, F. Pla- 
teau, Fr. Cr^pio, Jos. De Tilly, A. Gilkinet, G. Van der 
Mensbrugghe, W. Spring, Louis Henry, P. Mansion, J. Del- 
bceuf, P. De Heen, Ch. Le Paige, Ch. Lagrange, F. Terby, 
J. Deruyts, membres; E.Catalan, Ch. de la Valine Poussin, 
associes; L. Errera, J. Neuberg et Alb. Lancaster, corres- 
pondanU. 

3"* S^RJE, TOME XXV. 29 



( 422 ) 



CORRESPONDANCE. 



M. le Minislre de Tlnt^rieur et de rinstruction publiqae 
envoie, pour la biblioth6que de rAcad^mie, ud exemplaire 
de I*ouvrage suivant : La cellule^ recueil de cytologie^ 
tome IX, P' fascicule. — Remerciements. 

— Le Naturhistorischer Verein der preusiischen fiAein- 
lande^ a Bonn, fait savoir qu*il c^l6brera, le 23 mai pro- 
chain, le cinquanli^me anniversaire de sa rondation. — 
Les felicitations de I'Acad^mie lui seront adress^es. 

— Hommages d*ouvrages : 

1® Recherches sur quelques produiu indefinis et sur la 
cofistanle G. (complement); par E. Catalan 

2^ JeanServais Slas.Notice necrologique; par A. Hirscb; 

Z^ Contribution a la question de I'azote; troisi^me note; 
par A. Petermann; 

4* Nouvelle solution du probleme d'altimelrie; par 
£douard Monet; 

5** A. Modifications anatomiques et lesions anatomo- 
pathologiques du rein dans le cholera cuiatique; B. Sur 
I' existence dCilots cellulaires a la peripherie du blastoderme 
du poulet; par 0. Van der Stricht ; 

6"* Contribution a Ntude anatomique et clinique de 
racromegalie; par A. Glaus et 0. Van der Stricht. — 
Remerciements. 

— Travaux manuscrits k Tezamen : 

1* Recherches sur la composition de V atmosphere (se- 



( 423 ) 

conde parlie), par MM. A. Petermano, direcleur de la 
station agronomique de r£lat, i Gembloux,el J. Grartiao, 
chef des iravaux chimiques de la ni^me station. — Com- 
missaires : MM. Spring et Giikinet; 

2* Quelques experiences sur l^herMiU physiologique^ 
par le D' Grocq (flis). — Commissaires: MM. Van Bambeke 
et Vanlair; 

3** Sur la production de I'ammoniaque dans le sol par 
les microbes; par M. £milc Marchal, ing^nieur agricole, i 
Bruxelles. — Commissaires : MM. Jorissen et Errera; 

A^ Sur les spheres bilangeutes a une surface du second 
degriyp^T M. Clement Servais, professeur k I'Universit^ 
de Gand. — Commissaires : MM. Le Paige et Neuberg; 

5® Observations relatives a la navigation aerienne^ par 
E. Francois, de Charleville (France). — Coromissaire : 
M. De Heen. 



RAPPORTS. 



La Classe entend la lecture des rapports suivants : 
1* De M. Spring, sur une note de M. Henri Hanaose : 
Four electrique pour I'incineralion des sucres. — L*auteur 
sera remis en possession de son manuscrit, afln qu'il puisse 
porter plus direciement le r^ultat de ses recherches i la 
connaissance des personnes que la chose concerne; 

2° Pe MM. De Heen et Van der Mensbrugghe, sur une 
note de M. A. Reychler, traitant de la diffusibiliti de cer- 
tains gaz a travers une membrane de caoutchouc. — La 
note sera remise k Tauteur avec une copie des rapports des 
Commissaires; 



( «4 ) 

3* De MM. Folie, Lagrange et Terby, sur une d6|iteli€ 
ministirielle relative h la publicalioD des OburvaHonB 
asiranomiquei et magnetiques faites au Congo^ par les 
capitaines A. Delporte et Gillis. — Ce travail, qui avail 
d6}k fait Tobjet de rapports qui Bgureroot au Bulteiin, 
sera public dans les M^oioires de TAcad^ie. 



I. Sur le$ quadrique$ homofocales. II. Quelques propriiies 
det surfaces du second ordre ; par M. CI. Servais, 
professeur a TUniversite de Gand. 

c Ces deux notes, quit conviendrait de fondre en uoe 
seule sous le titre de la seconde, renferment des proposi- 
tions inl^ressantes, dont les unes sont nouvelles et dont 
les autres g^n^ralisent des propri^l^ des cooiques, ou 
sont coonues, mais etablies ici par une vole nouvelle. 

En prenant pour axes d*une quadrique les tangentes 
conjugu^ rectangulaires Hx, My, et la normale Mz en un 
point M d'une quadrique S., M. Servais repr^nte la sur- 
face par r^quation 

Rs« et R«y d6iignent les rayons de eourbure des sections 
normales par les plans zx, zy ; N. est la longueur de la 
corde normale men^ par M; T^ et T,, sont les segments 
compris entre le point M et les points ou les axes Mx, My 
sont rencontrds par le plan tangent en la seconde extr£- 



( 428 ) 

ffiit^ de la corde N*. Les deux qaadriques S., S,^ homofo' 
cales avec S^ et passant par M» oot des Equations 
aoalogoes. Entre les coefficients des trois Equations, il 
existe plusieurs relations dont quelques-unes sont suscep- 
tibles d*une interpretation g^om^trique tr6s simple. Ainsi, 
Ton a 

R^ » T.y, R,, a=r^,. 

Les dernidres se traduisent par ce th^or^me tres 
carieax, d^jjl connu : En un point d'une quadrique, let 
d9ux centres de eaurbure principaux sont les poles du plan 
tangent par rapport aux deux surfaces homofocales qui 
passenl par ce point. 

Voici comment M. Servais generalise deux theor^mes 
sar les coniques : Le plan polaire d*un point M d*une 
quadrique a centre par rapport a la sphere orthogone 
(lieu des sommets des tri^dres trirectangles circonscrits) 
determine sur la normale au point M un segment egal a 
la somme des rayons de conrbure principaux de la surface 
en ce point. 

Leplan orthogone d'un parabolotde determine sur la 
normale^ en un point de la surface, un segment egal a la 
demi'somme des rayons de conrbure principaux au point 
eofisidire. 

M. Servais enonce aussi le theordme suivant, qa*on 
pourrait deduire plus simplement de formules connues : 

La somme des puissances d'un point par rapport aux 
spheres orthogones relatives aux trois quadriques homofo^ 
cales passant par ce pointy est egale a z&o. 

Ces extraits suffisent pour montrer que les recberches 



( 426 ) 

de M. Servais pcuveDt iDl^resser les g6om&tres. Nous en 
proposoos voloDtiers l*impression dans les BtUletint de 
TAcad^mie, en engageant Tauteur k t&wmr les deax notes 
en one seale. » 

La Classe adopte cette proposition. 



Contribution a I* etude de la iriehinose; 
par Paul Cerfontaine. 



Mtippoft dm M, Bd. F«m Mmnmdmnf ptrmwKUmw e«tMJM<«Mrtr« 



€ On sail qu'au mois de Janvier dernier une ^pid^mie 
de trichinose a 6clal6 k Herstal, prte de Li^e. De nom- 
breuses personnes fiirent atteintes, et plusieurs cas mortels 
se produisirent* les uns pen de jours apr^s Tingeslion de 
la viande contamin£e» la plupart quelques semaines plus 
tard. 

M. le Docleur Malvoz, assistant de mon coll^gue^ M. le 
professeur Firket, fut charge de faire Tautopsie de 
plusieurs cadavres. Le 5 f^vrier j'^crivis ^ M. Firket pour 
lui demander de vouloir bien me c6der quelques muscles 
humains trichin^s, afin de pouvoir en faire des prepara- 
tions pour mon enseignement. M. Firket voulut bien me 
c^der non seulement des fragments de diffiirents muscles 
provcnant d'un individu, dont Pautopsie avait ^t^ pratiqu^ 
le 2 f(6vriery mais dgalement le corps de Tun des trois rats 
blancs auxquels M. Malvoz avait fait ing^rer, le 3 f§vrier, 
de la chair bumaine trichinae et qui, tons trois, succom- 
bdrent le 6 f^vrier, soit trois jours apres ingestion. L*un 



( *27 ) 

de ces rats ful autopsi^ au laboratoire d'aoatomie palho- 
logique; de nombreuses trichines adolles et aexu^es furent 
constat^es dans I'inteslin; mais, comme il 6lail k pr^voir, 
00 ne troova aiicun parasite musculaire. 

J'ai abandonn^ k mon assislaot, M. le D' Cerfontaine, 
poor lui permettre d*en faire T^tude, ie materiel que je 
devais 4 Pobligeance de M. Pirket. II y avait lieu d'esp^rer 
que rexamen du tube inleslinal du rat qui avait succomb^ 
k la suite de rintroduclion des parasites, pourrait fouruir 
des renseignemeots sur la cause des ph^nom^nes gastro- 
intestioaux qui, dans beaucoop de cas, se produiseut 
rapidement apr6s Tingestioo de la chair irichiD^e, peut- 
6tre mime nous telairer sur la question peu ^lucid^e de 
savoir quelle est la voie que suivent les jeuncs trichines 
pour se r^pandre dans T^conoroie. On a 6mis k ce sujet 
diverses hypothtees; mais ces vues ne reposent que sur un 
nombre fort restreint d*observations positives. 

Dans le travail qu*il communique k la Classe, M. Cer* 
fontaine rend compte de ses recherches qui, je suis 
henreux de pouvoir le dire, constituent une contribution 
pr^ieuse k I'bistoire de la trichinose. 

L'auteur a constat^ trois faits importants : 

1"* Les trichines adultes ne se trouvent pas exclusive- 
ment, comme on Tadmet, dans la cavit^ intestinale : on en 
rencontre fr^quemment dans T^paisseur de la paroi diges- 
tive, dans la muqueuse et la sous-muqueuse, dans les 
couches musculaires, et jusque dans le m^sent&re; 

2* Ces trichines adultes, f(Scond^es et charg^es d'ceufs 
en segmentation, se rencontrent en beaucoup plus grand 
nombre dans les organes lymphoides, les plaques de 
Peyer et les ganglions m^ent^riques. Ces organes 
paraissent constituer des lieux d*election pour les para- 



t 428 ) 

sites. M. CerfoQiaine a troiivS jusque c'mq et mdme six 
trichines dans un mdme follicule d'une plaque de Peyer; 

3* Les trichines Irouv^s dans I'^paisseur des parois 
iDtestinales et dans le m^ent^re sonl toujoors et exciusi- 
ment des femelles t^condies et cbarg^es d*€dufs en voie de 
d^veloppement. 

On avail suppose jusquici que T^closion des larves 
se fait dans la cavit^ intesiinale, et que les larves senles 
sont capables de p^n^trer dans la dauqueuse, d*oii elles 
se diss^mineraient dans Torganisme. On ignorait si e*esl 
par jes voies lympbatiques, en p^nkrant dans les capil- 
laires sanguins, ou en cbeminant dans le tissu conjonc- 
tir, qu*elles se r^pandent dans r^conomie. Sans vou- 
loir contester que I'iclosion puisse se faire dans le tube 
digestif et que les larves puissent p^n^trer de lit dans les 
parois intestinales, comme on Ta suppose, M. Cerfontaine 
a ^tabli que les tricbines sexu^es peuvent envabir les 
parois de I'intestin. II est ^minemment probable dto lors 
que les milliers de larves, qu^une tricbine est capable de 
produire en quelques jours, peuvent ^clore dans ces 
m£mes parois, circonstance ^minemment favorable pour 
assurer Tinfection. 

Le fait que les tricbines trcuv^es dans les tissus sont 
exclusivement des femelles, et seulement des femelles 
sexu^es et gravides, d^montre h T^vidence qu'il ne s'agit 
pas 1^ d*une circonstance accidentelle, mais d*un pbeno- 
niene normal et r^gulier. 

D'aulre part, si les tricbines adulies gagnent de pr^fiS- 
rence les organes lympboides, si, par cons^uenl, c*esi 
dans ces mdmes organes que les larves sont mises en 
libert^y nul ne peut douter que ce ne soit par les voies 
lympbatiques que ces larves sont aroen^es dans le torrent 



( 429 ) 

circulaloire, pour Stre eosuite diss^min^es par le sang 
dans ies divers organes et plus particuli^remeDt dans les 
muscles. 

Qttoique les dimeosioos des larves, compar^es k celles 
des capillairesy ne s^opposent pas k leur passage k travers 
ces vaisseaux, il est fort probable qu'elles sonl arr^t^es 
dans le r^seau capillaire ; les slases sanguines auxquelles 
elles doivent donner lieu, en obstruanl les pelils vaisseaux, 
sonty k n'en pas douter, la cause de roedime qui constitue, 
dans un grand nombre de cas, un symp(6me caracl^ris- 
lique de Tune des phases de la maladie. 

D'autre part, Tarrdt des jeunes larves dans les capii- 
laireSy le ralentissement du couranl sanguin dans les vais- 
seaux partiellement ou totalement obstru^ par les* para- 
sitesi la distension des parois qui en est la consequence, 
constituent bien certainement antant de circonstances 
favorables k une perforation des parois des capillaires et 
au passage des trichines dans les tissus ambiants, oh ils 
sont appel^s k s'enkysteret k continuer leur ^volulion. 

Je propose k la Classe : 

1* D'ordonner I'insertion dans le Bulletin de la stance 
du trte int^ressant travail de M. Cerfontaine et de voter 
la reproduction liihographique de la planche qui accom- 
pagne le manuscrit; 

2" De voter des remerciements k Tauteur pour son 
importante communicatioB. » 

M. P.-J. Van Beneden, second commissaire, se rallie k 
ces conclusions, qui sont adopl^s par la Classe. 



k ' "iJ™" 



« 



(430) 

COMMUNICATIONS ET LECTURES. 

Une consequence du Probleme des Partis (suite et fin) (*); 

par E. Catalan. 

Je reprends I'^quation (A), mise sous la forme 

T(a)T(h) 



r(a-4-6) 



c*^»-* = 



fl 1 a-nl 1.2 o-f.2 a-4-6 — i l 



/i i 6-1-1 1.2 6-4-2 a-i-6 — 1 

Pour passer an cas de c =» I , il suffit de poser 

X = c{l — z)y y =. C2. 

Par la suppression du facteur c*^^"*, on oblient ainsi, 
au lieu de (A'), 

r(a)r(6) ^ 

r(a^6) J j 

(1— «,• 6-1(1— z)--^' (6— |)(^-.2)(|-.z)^ (l«2)«+^« ( J 

a \ a-t-1 l.i a-*-2 a-4-6 — I 

z' g—l 2*+' (a — !)(o— 2) 2*+» z*^' 

'*"6" T" 6T7 "*" iT^ 6+^ a-«-6— I 

Lorsque z = 1 , cette egalite se r^duil i 
r(o)r(6) i a— 1 1 (a— l)(,i-2) 1 _^ 1 



r(a-i-6) 6 1 6-+- 1 1.2 6-H2 a-i.6 — I 



C) Voir fiu«. de I'^cad. roy. de RvUfique, I. XXV, p. 238, 1893. 




( ^31 ) 
ou it 



••• 



; (C) 



r(a-^6-«-l) 6 4 6 + 1 1.2 6 + 2 a-i-6 

par le changemeDt de a eD a -4- 1. 
Mulliplions les deux roembres par 

r(tt + 6 + 1) 

n6) 

A caase de 

r(a -4- 6 + 1) « 6(6 -I- 1) ... (6 -♦- a)r(6), 
noas aurons 

r(a+i)-6(6+4)(6 + 4)...(6*.fl)ri — ^-l-+...d=-Ll; (D) 

L6 I 6-*-i a + oj 

00, a ^tant an nom6re «n(i>r : 

1 .2. 5 ... acB* 

hl}(6+2)...(6+a)-j6(6+2)...(6 + a)+^i^5^ 

db6{6+i)...(6-*-a — i). 

Le second membre est le d^veloppemeot de 

A*[6(6-»-1)...(6-*-a — 1)]. 

Done r^galit^ (D') revient k 

l.2.3...a — A'[6(6^ 1)(6 + 2)...(6 + a— 1)]. (D") 

Cette formule connae (*) ne suppose pas que 6 soit un 
Dombre enlier : elle subsisle pour 6 quelconque. 



(*) Manuel dei Candidatt..., tome I, p. 200. 



( 432 ) 

L'^alit^ (C) ayant 6l6 d^montrie pour z = if'il soflBt, 
pour r^tablir gdD^ralemenl, de verifier que le secoad 
membre est constant. Or, la d^riv^e de celie foaclioa de 
zest 

a_i (a — i)(a — 2) 

I i .2 

OU 



z 



r a-l («-t)(a-2) . ■] 



OU, d'aprte les premieres hypotheses sur aei b: 

OU enfiOy ziro. 

Ed r^sum^ : 

i* L*^aliie (C) est vraie, quand a et 6 soot des nombres 
entiers ; 

2° Dans (D), (D'), (D' ), a ^tant un nombre eniier, b 
peut Stre quelconque ; 

S"* Si a el 6^ & la fois, ne sonl pas des nombres entiers, 
r^aliie(C)esla6surden. 

(*) Soil, par exemple, o = 6 — i. On trouve 

-t-^stH — db-; 

U 

ce qui ira pas de sens. 



(433) 



Stir la pression hydroslatique negative; [suite (1)], par 
G. Van der Mensbrugghe, membre de I'Acad^mie. 

On se rappelle qu*en 1889 (2), j*ai pabli^ uoe s6rie 
d*exp^rieDces qui readeni manifestes les pressious hydro- 
dynamiques negatives; comme complement naturel de ce 
travail^ j*ai fait connatlre r^cemment (5) quelques faits trte 
simples oili apparatl la pression hydrostatique n^ative; 
celle-ci n'^tant pas ^tudi^e dans les traits de physique Je 
crois utile de rapporler quelques autres experiences oil la 
succion des liquides produit des effets assez curieux. 

Premiere experience. — Choisissons un tube de verre 
d'environ 80 centimetres de longueur et de 8 i 10 milli- 
metres de diametre interieur; plions-le de maniere que 
vers I'un des bouts il presente la forme d'un U relie k la 
portion droite, et dont chaque branche ait 10 k 12 centi- 
metres de longueur; bouchons alors le tube en 6 (fig. 1) 
et remplissons-le entierement d'eau, en ayant soin de 
chasser les bulles d'air ; fermani ensuite Textremite a qui est 
alors en haut, renversons le tube pour lui donner la posi- 
tion verticale, le bout b etant en haut ; on fixe alors le 
systeme k un support, on debouche b et Ton verse dans le 
tube en U une colonne de mereure, telle que les sommets 



(1) Voir la premiere note sur ce sujet {BuU. de CAcad. roy. de 
Belgique, t. XXV, p. 365, 4895). 
(^)ConitiffHiionii la th^riedu siphon (Ibid., 4889, t. XVII, p. 8). 

(3) Voir le renvoi (4 )• 



1 



c, d soicDt it 8 ou 6 centimitreg de disUDce de 6; oa 
enlive I'eau qui est au-dessus de d, el Tod bit eo sorte 
que c et d soient k peu pr6s an ta&aie niveaa; enfio oa 
ploDge l'extrimit£ a dans I'eau d'an vase, et od b 
d£bou(^e; k I'lDstaDt indme, oo voil le roercare nroour do 



c&li de c et accuser one d^pressioo qui mesare la sacooo 
dn liquide au niveau du floiDinel sup^rieur do mercnre; a 
k est la depression du mercure el H la dislauce itorlicale de 
ce sommet au niveau de i'eau dans ie vase, on a Irii 
approxtmativenieni 

13.6X A-.H, 

en regardant la density de Tean comme ^le i {'nuii^ 

On pent d6s lore retirer le tubede I'eau dn vasetit su- 
peodre I'appareil k un support queiconqne, sans avoir 1 
craiodre r^ulemenl soil de I'eau, soil da mercnre; M 
voit ais^menl qne, gr&ce au petil diamilre intMenr da 



( 433 ) 
tube, lequel ne doil pas atieindre i ceolimilre, )'&]ailibre 
de rensemble des deux colonaes liquides est parraitement 
stable : en elTet, si le mercure montait davantage du c6l^ 
de c, la depression nouvetle dipasseraiL aussitdt la saccion 
de Tean dans le plan horizontal passant par le sommet c, 
et si le mercure descendail, la succioo de I'eau le ramine- 
rait imm^diatemenl Jl son niveau d'^quilibre dans la 
branche c. 

Dmxiemt txperienee. — On pent simplifler encore la 
Forme du tube de verre, etjcboisir celle d'un siphon 
ordinaire qu'on remplit d'abord compl^lement d'ean el 
qo'on boucbe ensuite aui deux extr^mit^; 11 sufBl, its 
lors, de plonger rexlr^oiit^ de la longue branche dans 
I'eau et celle de la courte branche dans le mercure, pour 
voir s'ilever ce dernier dans le tube k une hauteur A 
au-dessus du niveau N, telle que h^ ^i Tort pen prAs. 
H ^tant la distance verlicale du sommet du mercure au 
niveau. inKrieur N'. 



Dans le cas actuel, on ne petit plus relirer les deux 



(*36 ) 
branches. Tune de reaa, I'autre da mercure, sans que 
r^nilrbre soil aassitdl rompu. Toutefois I'^aililm 
devient stable ei Von a eu soia de replier k angle droit 
cbacune des branches du siphon sur une longoear de 4 i 
5 centimetres {fig. 5) ; dans ces conditions, on op^ 
commetonl i I'heure, en prenant la precaution de ne faire 
plonger que de 3 4 3 millimetres le cou>le de la coorle 
branche dans le mercure et celui de la tongue brancbe 
dans I'eau; apr^s qu'oD anra relir^ ensuiie I'appareil bors 
des deux liqaides, I'^uilibre s'^tablira aussitdt d'une 
mani^re stable; car si le mercure montait davantage, la 
succion de I'eau serait irop Tatble pour coDtre-balancer la 
nouvelle pression native; un d^placement eontraire 
rendrait celte pression trop grande ei le mercure repreo- 
drait sa position d'^oilibre. 



II est k peine n^ssaire d'ajonter que les deux portions 
en coude ne peuvent avoir an plus que 3 ou 4 millimetres 
de diamitre inierieur, alin que les colonnes liquides ne se 
divisent pas par la rentr^e de I'air. 



(437 ) 
TroiiUme expiritnee. — Avanl de la d^crire, je rappel- 
lerai un fait conDU, tnais dont je o'ai IroDvd Dulle pan 
Texplication : od remplit compl^lement d'eao one ^prou- 
vclte, puis on y plonge d peu prte k moiti6, ea commen-- 
^anl par Ic rood, une aulre eprouvelle en verre naioce el 
Tori peu moins large que la premiere; puis, maiDtenanl 
invariable ie sysl^me des deux ^proavettes, on le renverse 
de mani^re que la plus petile soit actuellement en bas 
. (flg. 4), etoo liche brusquemeni cette derniSre; aussitM 
on Ja voit moDler d (ravers le liquide de la grande ^proo- 
vcttf, malgr^ Taction de la pesanteor. 



D'iprte ce qui pr^cSde, reiplicalion da ph^oom^ne est 
bien Tacile : si A est I4 distance veriicale de i'ouverlure de 
rcprotivelle remplie d'eau an Tend de I'^prouvette vide, In 
pressioD de la tranche liquide qui bargnecelui-ci estP-Ad, 
P £tant la pression almospbdrique el i la density du 
liquide; d'autre part, le fond de la plus petile ^prouvette 
esl sonmis ividemment i la pression P de ratmosphire; 
par consequent, si la r^suliante veriicale des pressions 

S** SiRIE, TOMK XXY. 30 




( 438 ) 

D^alives supporldes par la surface ext^rieare Teroporte 
sur le poids de I'^prouveUe, celle-ci s*^l6vera. 

Du moment oh elle est engagee eompl^tement daos 
Teaiiy il est aise de faire voir que le mouvement se produit 
en verlo du principe d'Archiniede, malgr^ Telat de succion 
du liquide. 

Ce fail m'a sugg£r6 Tidee de Texp^rience soivaote, 
qui a 1*avantage de bien faire voir Taclion difTi^renle 
de deux masses dVau, suivant que les pressions qu'elies 
supportent sonl sup^rieures ou inf<irieures «l la pression de 
Tatmospb^re. 

A la petite ^prouvette de I'exp^rience de la figure 4, je 
substitue simplemont tin (ube eii papier ou en soie ciree, 
parfaitement Blanche snr la surface lat^rale, et bouehed^on 
cdt^ au moyen d*un bouchon de liege collecontre la paroi 
int^rieure du tube; it la grande ^prouvette, je substitue 
un long tube de verre qui est bouch^ d*un e6l£ et dont le 
diam^tre d^passe de 1 ^ 2 millimetres le diam&tre exl£- 
rieur du tube flexible. De celte maniere, quand on plonge 
partiellement celui-ci, par le bouchon d*abord, dans Teau 
remplissant le long lube^ on voit aussitdt le cylindre 
flexible s^aplatir dans la portion plong^e; si Ton renverse 
brusquement le systeme, comme dans Texp^rience prece- 
dente, k Tinstant mdme le tube redevienl cylindrique dans 
toule la partie entour^e de liquide : c*est la succion de 
Teau qui, s*exer(ant autour du papier ou de la soie, rend 
de nouveau la section du tube circulaire. 

Je termincrai ce petit travail par deux remarques. En 
premier lieu, de mdme que Tcau contenue dans un tube 
ou dans un systdme de tubes parfaitement ajust^s et com- 
muniquant avec I'eau d*un reservoir peut determiner 
contre les parois int^rieures de ce reservoir des pressions 



( 439 ) 

irds considerables (experience du touneau de Pascal), de 
.mdme, avec on pareil sysl^ine retourne sens dessus des- 
8t«vUest possible de produire une pression ^norme 
contre l^parois ext^rieures do r^ervoir plac4 actuelle- 
ment k une grMule hauteur au-dessus de ToriQce terminal 
du syst6me toburairt. 

En second lieu, dans toates mes experiences, la pression 
bydrostatique negative a ^t^ produile soil par la pression 
atmosphdriquc, soit par des efffels^capillaires; mais on 
pent aussiy conime Ta fait voir M. Wortbington dans un 
m^moire fort int^ressanl (1), d^velopper T^tat de snccion 
des liquides par des eflets m^caniques considerables. 



Recherches si/R LEs d£riv£s homogarbon^s ; par 
Louis Henry, nnembre de TAcademie. 

IV. Sur les derives halo'ides monosubstitues H«C <Qri| 

de roxyde de melhyle. 

On ne poss6de jusqu^ici, en fait de derives balo'ides 
monosobstilues de Toxyde de methyle, que le derive cblore 



*^»^ <OCH„ 



que M. Cb. Friedel a fait connaltre en 1877 (*). 



(I) On the mecfianical stretching of liquids (Piiilos. Transactions 
or TOE Royal Society op London, i892, vol. 183, p. 355). 
n Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 347 (1877). 




( 440 ) 

Ce corps r^suhe, selon M. Friedel, de la chloraratioD 
directe de Toxyde de m^ihyle, reaction, sinon difiictley aa 
rooiDs fori delicate k dinger (*). 

J*obtien8 ais^ment ces d6riv& par la reaction des hydra- 
cides balog^n^s gazeux sur Tald^byde m^ihylique eo pr^ 
sence de I'alcool m^thylique 

''•^ '^OCII,'*' ^^ ~ "•^ <^bcH, "*" "•^ 

La reaction est ais^ et constitue, comme on va le voir, 
ie veritable mode de preparation de ces composes int^res- 
sants. 



Oxyde de melhyle monocMore. 
"*^ <OCB,. 

I 

Dans la solution aqueuse au maximum de concentration 
— 40 i 45 7o — de Taldehyde m^tbylique, on inlrodoit 
une quantity d'alcool m^thylique correspondant k une 
molecule d'ald^byde. On sature la liqneur maintenue dans 
un melange r<irrigerant de sulfate sodique et d*acide cblor- 
bydrique, d'acide cblorhydrique gazeux et sec. L*absorp- 
tion de celui-ci £tant termin^e, on constate qu'il s^est 
form^ k la surface du liquide, dont le volume s*est nota- 
blement accru, une coucbe snperticielle parfaitement 



(*) Voir Clbmbns Klkbbr, Liebig't A nnalrn der Chemie, t. CGXLVI, 
p. 97 (1878). 



(441 ) 

iricolore, qui est le produil clilorc form6, surnageant iine 
soiulioD aqoeuse d*acide chlorhydrique fumant. 

Yoici le detail d*une operation: 137 grammes d*alde-- 
byde m£(hylique aqueuse k 44 ""U. soil 60 grammes d*ald£- 
byde HjCopO ou deax molecules, onl 6ie m^lang^s avec 
64 grammes d'alcool m^lhylique ou deux molecules, le 
tout formaot uoe dissolution bomogene. 

Cetle masse liquide a absorb^ 153 grammes d'acide 
HCI gazeux. 

La coucbe suroageante d'^tber m^tbylique cblor^ pesait 
125 grammes. De la coucbe cblorbydrique inr^rieure, le 
cblorure de calcium a encore s^par6 17 grammes. Le poids 
total du prodoit recueilli s'^levait done a 142 grammes; il 
en aurait fallu 161; le rendement est done d'environ 
88 7» de la quantity calcul^e. 

Les 137 grammes de solution ald^bydique renfermaient 
77 grammes d*eau qui, avec les 36 grammes de ce com- 
pose formes dans la reaction, donnent un total de 
113 grammes. Cetle quantity d'eau a absorb^ 133 grammes 
d'acide cblorbydrique, moins 73 grammes ou les deux 
molteules de ce compost qui ont pris part i la r£acti6n, 
spit en fin de compte 60 grammes, ce qui ^quivaut it de 
Tacide cblorbydrique de 35 Vo environ. 

Le produit brul de la reaction est remarquable de 
puret6; quelques distillations sufflsent pour le d^barrasser 
de Tacide cblorbydrique gazeux et donner un produit 
bouillant k 59'*-61* sous la pression ordinaire. 

L'analyse a fourni les r6sultats suivants : 

L 0,2951 de substance ont fourni 0,5218 de AgCI. 

IL 0,2746 de substance ont fourni 0,4901 de AgCL 



^ 



( 442 ) 
Ces cbiffres correspondent h 



Chlore •/•• 



TrouT^ CalcoM 

I ^ 

43,78 43,92 U,09 



A la description qu'a faile M. Friedel de ce composi, 
j'ajoulerai les donn^es suivanles : 

Sa densil^ 5 f^tat liquide i 10° est par rapport i Teao 
k la mfime temperature 1,0623. 

La density de vapeur a ^t^ trouv^e 4gale k 2,66. 



Substance .... 
Prcssion baromctrique 
Mercure soulcve . 
Tension dc In vapour. 
Volume de In vapeur. 
Temperature . . . 



0,0373 
745 ra. 
600 m. 
143. 
78-, 6 
100- 



La density calcul^e est 2,78. 

Chauff^ avec Talcool m^thylique ou le m^tbylate de 
sodiun), ou roSme I'alcool m^thylique tenant en dis- 
solution de la polasse ou de la sonde caustique, ce corps 
fournit aisement du m^tbylal 



H,C < 



OCH, 

ocn,- 



Je rappellerai que mon fils s*en est servi pour r^aliser, 
par ia reaction des conopos&i organo-zinciques, la .syn- 
thtee directe des alcools primaires 



( 445 ) 

Oxyde de mithyle monobivme 

^•^ <OCH,. 

L'acide brorohydrique gazeux (*) est rapidcment ei 
abondammenl absorb^ daos la solution de Talcool m^lby- 
lique dans Tald^byde m^lbylique aqueuse. 

201 grammes de ce melange, soit 137 grammes d*ald£- 
hyde i 44 7o ou deux molecules grammes de H3G =» et 
64 grammes d'alcool m^lbylique ou deux mol^ules, ont 
absorb^ 320 grammes d'acide HBr gazeux. Dans le cours 
de Top^ration, il se Torme au fond du flacon une coucfae 
inTiirieure d*un liquide jaun&tre que surnage une solution 
concentr^e d*acide brombydrique, color^e en brun ou en 
violet. 

Dans Top^ration indiquee, j*ai recueilli 220 grammes 
d*^ther ro^tbylique monobrom^ 



"•^ <OCH, 



(*) J'ai riiabilude, dupuis bien dcs annccs dcjo, dc preparer Tactde 
bromhydriquc gazeux par la reaction du broruc sur la naphtalinc. On 
laissc tomber gouUc a gouttc Ic bromc liquide sur l*hydrocarbure. 
La reaction s*clablil dcji a froid. Pour dcbarrasscr I*acide HBr forni6 
do toule trace de brome, on lui fait traverser une cprouvctle remplic 
de naphtaline en fragments grossiers. Cuttc rdaclion donnc du gaz 
parfaiterocntscc et absolurncnt iucolorc. II n'est aucun gaz aussi facile 
a obtenir que Tacidc brouibydriquc. 

II est regrettable qu'il n*en soit pas ainsi de son congencre, Tacide 
iodhydrique. 



( 444 ) 

consliluanl la coache inferieure; la ih^orie en deman- 
dait 250 grammes; cela correspoDd k un rendemeoi 
de 88 7p. 

La coache sup^rieure aqueuse pesait environ 300 gr.; 
elle se constiluait de 113 grammes d*eau tenant en dis- 
solution 187 grammes d'acide bromhydrique environ. 

A la distillation, il se d^gage de I'acide brombydriqur; 
le produit commence k passer vers 75% la plus grande par* 
tie distille de 80"* k 96"". A une seconde distillatioo, le 
produit passe surlout de 85* i 87*. 

L*oxyde de m^tbyle monobrome 

constilue un liquide incolore, mais jaanissant rapidement 
!k fair, d'une odour forte, ires piquante, l)ouillant sous la 
pression ordinaire k 87*; d'une densile k 12*3 £gale 
k 1,531. 

Son analyse a donn^ les rcsultals suivanls: 

I. 0«%5399 de substance ont fourni 0«',8652 de AgBr. 

II. 0«%5046 ont lourni 0<%8002 de AgBr. 

III. 0s%2846ont fourni 0<',4607 de AgBr. 
Ces cbifl'res correspondent k 

Tro vLs 6 o/o Calculi Vo 

I ^11 HI 

Br. . . . 68,1 07,5 68,88 68,00. 

Ce corps tombe au fond de Teau an sein de laquelle il 
disparatt en se transforiiiant en ses g^n^rateurs, I'acide 
bromhydrique, Talcool el Tald^hyde m^lhyliques. 

II r^agil avec la meme Anergic, el dte la temp^raluie 
ordinaire, de mdme que le produit chlor£. sur Talcool 
m^lhylique el ses analogues. 






( UH ) 

Oxyde de melhyle mono^iodi, 

^*^ <OCH,- 

L'acide iodhydrique gazeux est puissamment absorbe 
dans le melange & molecules ^gales de I'alcool melhy- 
lique et de i'ald<Shyde m^lhyliqtie aqueuse. II est n^cessaire 
de rerroidir ^nergiquement. 

II se forme bient6l une coucbe liquide ioKrieure 
jaaofttre, dont le volume va rapidemeol eo augmenlant. 
Elle est siirmoQt^e d'une couclie plus l^&re d'acide 
iodhydrique aqueux. Cette eouche inrerieure est consii- 
tu^ de trois produits principaux : de Tiodure de m^lbyle 
Eb. W^ de Foxyde de m<^lhyle moDO-iod£ 

H,C <QCH Eb.vcpsl25» 

et Roalement d'oxyde de m^tbyle bi-iod6 

)0 feb.2i8% 
H,C I 

lequel r^sulte de Taction de Tacide HI sur Tald^byde 
elle-m6me. La distillation les s^pare ais^ment. 
L*oxyde de m^tbyle mono-iod^ 

"•^ <OCH, 

fralcbement distill^, conslitue i(n liquide jaun&tre, brunis- 
sant rapideroent i la lumiire, que le mercure d^colore 
ais^ment, d*une odeur ires piquanle. 

Sa density ji 15^ est ^gale ^ 2,0249. II bout sous la 
pression ordinaire i 125-125^ 



( U6 ) 
Sa density de vapeur a 6i& trouv^ ^ie i 5,90. 



Substance 

PrcssioQ boromdtriquc 
Merc u re soulcvd . 
Tension de la vapcur . 
Volume dc la vapeur . 
Tern p(^ra lure. . . . 



0,0728 
759 m. 
607 m. 
152 01. 
67,7-. 
iOO* 



La densil^ caicul^e est 5,94. 

L'analyse de ce corps a fouroi les r^sultats suivants : 

I. 0<%362l de substance onl donn6 0^,4937 de Agl. 

IL 0^,2951 onl donn6 0^,4021 de Agl. 

Ces chiiTres correspondent k 



I. 



i ' ii 

73,68 73,63 



CUciil6 



Ce corps r^agit comme les pr^c^dents vis-Ji-vis de 
Teau et des alcools; Tean au fond de laqnelle il tombe 
le decompose rapidemeni; avec Talcool m^thylique, sa 
reaction est violente el Tournil du m^thylal el de 
riodure de melliyle. 

Dans les conditions ordinaires de temperature el de 
lumiire, ce corps ne se conserve pas; il se d^double 4 la 
longue en ald<^byde m^lhylique (H^C < 0). solide et en 
iodure de m^lhyle. 

On le volt, les composes que je viens de d^crire onl un 
air de famille tr^ accenlue. 

Ce sonty dans Tordre des d^riv^ de substitution du 
m^ihane, les premiers que Ton rencontre oil existent de 
Toxyg^ne et un corps halogene fix^s sur le m6me atome 
de carbone; ce sont aussi les plus simples. 



i 



( **7 ) 

A ce double litre, ces corps pr^senlent un s^rieux in(^- 
r^t au point de vue g^n^ral. 

Le voisinage de Toxyg^oe determine dans la molecule 
des Others halo'ides HjC — X des propri^lds nouvelles; ils 
acqui^rent une odeur piquante sp^ciale; les corps halo- 
giaes y prennent une aptitude r^actionnelle d*une inten- 
sity remarquabie. En ce qui concerne la volatility, ces 
Others mixtes 

se conaportent tout autrement que les Others methyl^- 
niqaes haloides mixtes 

Dans ceux-ci, les radicaux X et X' ^tant Equivalents, la 
volatility est precisEment la moyenne de la volatility des 
simples correspondants (*) 

S:?rf.SSS:>"o. H,c<f' 109--H0. 



(*) Voir ma notice dans Ics Comptes rendus, t. CI, p. 816 (4885). 
(*') J*ai fait connaitrc cc compose en 1888 en m&ne temps que le 
bromo-iodure dc m6thyl6ne 

(1) Comptes rendus, t 01, p. 589 (4885). 



Dans les elhers m^lbyliqaes mono-subslita^ 



"•^ <OCH» 



ot les radicaux X, Cl» Br et 1 — el OCH3 ne soDl pas 
foQCtionnellement Equivalents, le point d*ebullition est 
plus ElevE que la moyenne des points d*Ebullition des 
composes simples correspondants, d^environ 17* k 19*. 

H,C — CI, 4f^ *' ""^ <^OCH, ^^ **" 

H,C — Br, 98-> ^^ "*^ <OCH, »7 — ^ 
H«C — (OCH,), 42*^ , . ., nrx*' 4^N» 4i7» 



L'ald^byde m^tbylique se comporte avec les autres 
alcools C^Hj,^ comme avec Talcool m^tbvlique. 



Jc Pavais oblenu, commc Ic chloro-bromurc d'clhylcne, que j^ai 
sigoale en 1870, par la rdaetion du brome sur Ic chloro-iodurc 

CI 

En 4891, M. A. Besson (*)a dv. nouveau dccril le chloro-bromure 
de m^lbylenc, qu^il a obtcna, a c6(e d'autrcs produils, par la reaction 
du bromc sur to chlorurc dc methyle. 

(<) Comptet rendut, t. CXlll, p. 173. 



( U9 ) 
Je signalerai les produits suivants, que j'ai obtenus : 

"•^ <OCH. ^^'^ ^ 

c\ 

H»C < _ t;,,^ _ CH, - CH, ^^- *«" * ^ 

CI 

H,C <o — CH, — CH < J[j» Eh. vers iiO» 

H.C<g'LcH.-CH. Eb<07--I08- 

H.C <l^_ CH, - CH. - CH. ^^' ^^'-^ *2»•• 



Tous ces corps sont des liquides analogues i ceux 
decrils plus haul. 

II n*eD est pas ainsi du ph^Dol ordinaire. Celui-ci se 
dissout dans la solulioo aqueuse de Taldibyde m^lby- 
liqiie. Le melange k molecules ^gales de ces deux corps 
subity sous Taction d*une faible quantity de HCI gazeux 
ou Tumant, une reaction violente; il se d^gage £norm£- 
meot de cbaleur, et toute la masse se transrorme en un 
corps solide blanc, insoluble dans tous les dissolvants 
ordinairesy dur comme de la porcelaine. Je regarde ce 
corps comme un polymire de 

H,C, — OCeH. 



H.C/— OCH5. 



• t: 



( 450 ) 



Sur le$ Equations caracteristiques des fonctions invariantes 
r4duites; par Jacques Deruyis, membre de rAcad^mie. 

Dans an travail r^enl sur la ih^orie des formes, 
nous avons ^ludi^ la reduction des fonctions invariantes 
rapport^es aus variables gciometriques (*); les variables 
donl il Skagit sont les determinants 

d*ordre8 t »=» 1, 2 ... n — 1, composes au moyen de series 
de n variables x^H, af*% ... , qui sont toutes de la meme 
espece (variables poncluelles). D'apr^s notre rdsultat, les 
functions invariantes quelconques se ram^nenl a ccrtaines 
d'entre elles <^(0, qui conticnnent au plus une s^rie de 
variables de cbacuce des espices ti^t% ... tn — 1. 

Les covariants reduits <^sont compl^temenl d^finis, en 
expression normale (**), par les equations du second 
ordre 

M^i)^=o, [i>j) (i> 



(*) Bull, de VAead. rotj. de Delgique, 5* ser., t. XXIV (f89d}» 
p. 558. 

(**) L'exprciiion normale N(0 d*unc fonction csl caractcrisdc par 
ccttc propricld, qu'il cxistc les mdmcs relations lincaires cnlre 
les produits des variables t ct cntrc les mulliplicaleurs cprrcspondants 
de N(0) abstraclion faite des cociBcients polynomiaux. 



( '^Sl ) 

si i'OD coDvieot de prendre 



A(i, 



.A(p», pj) — p\ .,..., pj.^, ...^ 



''•'^-^(d4-' ^-l <*) 



2i 



(«') 



0|, O) ... Vt^j ^tant compris dans la suite 1, 2 ...n. Da reste, 
one fonclioD N(0 est exprim^e sous forme Dormalc si 
Tod a 

A(i,t)NtO — 0, t = i,2...ii — 4. . . (3) 

Les rormules (1) et (3) doivent dire vdrifices idenii- 
quemeniy comme si les quaniitds t elaient independaDtes 

eolre el les. 

Le Dombre des dqualions caractdristiques (1) des Tone- 
tions ^croit Iris rapidement avec n; ainsi, il est ^al 
2i O9 i, 9, 56 pour n »» 2, 3, 4, 5 f). Nous nous proposons 
d*indiquer les simplifications que Ton pent introduire 
Jans le sys(^nie(l). 

Une premiere simplification rdsultera de ce que les 
groupes d*equations X(t,j)<^«=»0 sont equivalents k^ — i 
d*entre eux, si est le nombre des series de variables 
tp\ tf\ ... (p® qui sont conlenues dans <^(f), ^ des degr& 
diflTerents de zdro. Toutefois, les — 1 systemes d*dquations 



(*) Par un calcul asscz compliqud, nous avons trouvc que le 
nombrc des dqualions (4) est, cd general. 



»*--i(i")-rn)- 



I 



( 452 ) 

a coosid^rer dependent des valears de p', p" ...,p^; iis be 
comprennent pas» en g^n^ral, les 6 — e — 1 groupes 
d'equations analogues, relatifs aux Tonclions <7qui con- 
lienneni — e series de variables de la suite tp' ... /p^ 

D*autre part, nous ^tablirons que les ^nations X(t,y) 
«^ 0, ou t el/ out des valeurs donnees (t > j), se ram^nent 
i une seule d*entre elles, V(t,j) «> 0, quand elles se rap- 
portent k une fooction invariante exprimee sous forme 
iiormale. 

D*apr^s ces r^uliats, les fonctions invariantesreduites^, 
qui contiennent series de variables t h des d^res diffe- 
rents de z^ro, sont caract^ris^es en expression normale, 
par — 1 &]uations ; on a du resle < n. 

I. Notations. Nous conviendrons de repr^nter par 



les operations de deriv^es 



d 



dtl 






De mimtf les produits de determinants 

(db a\ aH ... ai) . [db 61 62 ... 6/), 
(zt ai o2 ... at) (d= 61 62 ... bj) (d= cl c2 .^ ck), 

serviront k repr&enter les d^riv^es 



rf" 



d' 



dti dtj dti dtj dtk 



correspondant aux mdmes series d*indices. 



( *S3 ) 

Daosces coDdttioos, on peut ^crire, d*apr6s les rormules 

(2), (2') : 

M«. J) ^ S,(± «U. a^., •.. «S 61.,^,) (=fc W.,^. ... 6;V^J. (4) 

la somme S* ^ rapportaot aux permutations alterndes 
de 61 avec 62, ...6;; d'ailleurs t etj poarront dtre diffii- 
rents ou non. 

A cause des relations qui existent entre les variables /, 
une fonclion des I peut prendre diCKreutes expressions 
sans changer de valeur. Nous conviendrons de consid^rer 
seulement comme egales, les fonctioos qui ont la meme 
expression. 

De plus, nous indiquerons par ^ les quotients diffe- 
renliels obtenus comme si les ( ^taient des variables 
ind6t>endantes. 

II. Soit g une fonclion entiire et homogine des quan- 
lilds t; nous ^tablirons le theor^me suivant : 

Si la fonclion g est de degre different de ziro pour les 
variables tk et satisfait aux Equations 

A(i,%«0, A(*,j)9«0, .... (5) 
on a aussi 

Mij)g = (6) 

■i ji k ayant des valeurs dislincles. 

II est evident que Ton peut supposer differents de z^ro 
tes degr& de g en fi, (/; ^^tis ces conditions, les Equa- 
tions (5) sont ^uivalentes k 

^.A(i,i)9-0, 
ifaprds le tbeor&me des fonctions homogines. Semblable- 

3^* StRlS, TOMB XXT. 31 



( 454 ) 

meot, poor ^lablir la formule (6), il sufDra de proover que 
les foDclioDS 

soni Duties. 

Dans le syst^me de notations qae nous avons adopts (§ I), 
les ^ualions (5') s*ecrivent sch^matiquement 



S (± 61 62 ... bj) (di a 1 a3 ... ai ci ) (ib c2 ... ck) b 0, 
S(±ol a2 ... at) (d= c\ c2...c*6l) (± 62... 6y)sO, 



(5") 



moyennant les conventions suivanles : 

1* les leltres a, b, c ont des indices quelconques compris 
dans la suite 1,2... n; 

2^ la sommalion S ^^ rapporte aux permutations 
alternees des leltres de cbaeun des groupes [a], [6]^ [c]; 

5^ les produits de determinants des groupes [a]» [6], 
[c] repr^ntent les d^rivdes correspondantes 

dti dlj dik 

De mdme, en employant des indices u t?, d'ailleurs quel- 
conques, on aura, k pan un facleur num^rique : 

EsS(±cJ....c*..)(±al.,a2.,...a.;^6l.,^.)(±62.^^...<i,;^), 
ou bien 

E^2S(:taU....«g(±62,^...6;;j 
6U 

c2, c2, c2. . . c2- 



cK ck. 






I 



^ 



(455) 

la somtnation 2 « rapporlant anx permntatioos altero^es 
d« 9m avec v„ v, ... ©,. 

O'aprte la deuxi^me ^uaiion (S"), on pent ^rire : 



Es — 



2S(±«l.....«.-,)(=b62.,^.. 



^-'Vy) 



c/r,^cA.^ ...«A.^ I 



Si Ton d^veloppe le dernier determinant suivant les 
elements de la premiere colonne, et si i'on effeclue la 
sommatioD ]^, on oblient (^ pari un facteur num^rique) : 

E = S (d= a«.^ ... at;^ ci,^^) (± 61,^ c2.^ . . c*.^^ 

(±62.^. ...6/); 

ou encore 

C±:6I. 62. ...6;; \ 

en rapportant la sommatioo ]^' aux permutations alter- 
n^ de U|, u, ... tl^ 

Les quantit^s repr&enl^es par les termes de la somme 
2 eont nulles separemenl, d*aprte la premiere Equa- 
tion (5"); on a done E «» 0, comme consequence des ^na- 
tions (5) : c*est la proposition que nous youlions Elablir. 

RmABQUB. — D'aprte la correspondance des opEra- 



( 456 ) 

tears \(ij) et des expressions X(piy pj) d^fioies par les 
formules (2'), les fonctions pk. \{pi, pj) sont des combi-. 
naisoDS lio^aires des quanlitfe 

pj . Hpif pfc) e« pi • ^(p^> P». 

III. Soient 

rp', (p" ... rp'«> 

les series de variables t qui soat coDleDues dans an 
coYariant r^ail ^{i)^ k des d^rds differents de z^o; 
uous sapposerons que Ton a 

- i 

D'apr^ les formnles (I), ^ est alors ddfini en expres- 
sion normale par les ^uations 

A(pSpO^— 0, 

En appliquant plusieurs fois de suite le ihtorime etabli 
au paragraphe prdc£dent» on voit que les groupes d'^ua- 
tions (1) sont aciuellement Equivalents k X(p',p'~')a»o. 
Ainsiy les fonctions invariunles rSduUes /, aux sMes de 
variables lp\ tp" ... /p^, sont caractirisies en expression 
normale par les i — 1 groupes d' ^nations 

a(p*,p'-«)«0, t»2,3...9 (7) 

Remaroob. — Aacun des groupes d*Equalions(7) ne peat 
6lre la consequence des autres; il existe des fonctioos 
invariautes (p(/p\ ip" ... if\ exprimdes sous forme normale 



F* 



( 487 ) 

qni satisfont ^ tous les groupes d*£qua(ions (7), a rexcepiiou 
d*un seal. 

En effety d&ignons par H, /2 ... Ft ... les coefficients de 
formes lin&iires (1„ 12. ... M. ... et prenons en abr^^ 

(^ /U2 ... /i ti) =2 (=t /1r '2, ... li.) . ii„,... 

La fonclion invarianie 

xrit^^.,(^nr2.../y<pO 

est terite sous forme normale; on a : 
et 

IV. Reprenons la formule sch^malique (t) des op^ra- 
tears y 

2i savoir : 

A(«,/) a S, (db a\.^ a2., ... ar;^ 61,^^,) (± 62.^^^ ... 6j,^). (4) 

La sabstitotion lin^aire 

^ t 9 „ ( • • • f*> 

tW ■» 1 , ^ ... If , J 

eflectate sar tooies les variables x, transforme les varia- 



( 458 ) 

bles t en des fooclions lin^aires T des quantil^s (, de telle 
maniSre qae Tod a, en general : 

D'apr^s la derni^re relalioo, Top^rateor 

correspoodant k 

est UD agregat lineaire de deriv^es j^^?; il s'exprime 
scb^matiquemeDl par 

81 Tod prend 

A^ = aia,^ -4- a,«i^ -4- ••• -♦- a^*^f 
B«+*«=»Ba. 



Pour le v^rifier^ il suffit d*observer qu'il existe les 
mfimes relaiions Iin6aires» d'une part enire les prodaits 
de d^terminaots 

(=fcal...ai)(±6i...6;") ct (dbAI-.At)(=bBI,..By), 

d'autre part eotre les deriv^es correspoodantes 

et 



dli dtj dli dHj 

d'one foDction quelconque des i. 

(*) Les ▼ariables Tt sont des determinants (dt X<A| X^*^ .^ ); ellef^ 
ont entre elles les m6mes relations que les ti. 



( 489 ) 

An sojet des op6ralears A(i,j), nous feroDS les 
remarqoes suivantes : 

1* Si 9 est une fonction quelconque des variables (, 
on a 

A(t,»j— 2*x^M5 (*) 

les facteurs e dependant settlement des paramitres a. 
2* L*op<irateur A(i, /) se d^doit identiquement de 



XdJidTjl 



par les formules g^n^ralcs relatives au chaogeinent de 
variables dans les d^riv^es. Cons^quemment, Viqua* 
lion A(i,j)g(t) s= est iquivalenie a 

si g*(T) est Fexpression que Ton d^duit deg(t)y en rempla- 
cant les quantit^s t par leurs valeurs (8') en fonction des T, 
comme si les t et de mSme les T etaient independants entre 
eax (*). (Ainsi, pour oblenir g'(T)^ on ne doit introduire 
aucune ri^duclion provenant des relations qui existent 
entre les ( ou T.) 

y. Parmi les op^rateurs X(t,j), oji i^j ont des valeurs 
donn^es, nous consid^rerons sp^cialement celui qui est 
repr^ent^ par 

A'(t,i) s §4 (± ai , a% ... at, 61^,) (±: 62,+, . . 6;^), 



(*) Si les leltrcs t reprdscotaicnt des variables inddpeudantes, 11 en 
serait dc mdme des T. En effct, les dquations (8') sont r6solables par 
rapporlauxT;lcur determinant est une puissance de(zhaiiaa«fAM)f 
d*apris un tlieordme de Jaeobi. 



( 460) 

si Ton convienl de remplacer les indices n + ft par k^ daos 
lecasde t -hj > n. 

L'op^raleur A (i,j) correspondant sera 

A'(t,j) s S*(=*= Ai. ... At, Bl,+.) (=b B2,^. ... Bj^). 

Ainsi qu'il r^sulle de la formule (9), les maltiplica- 
teurs des param^lres a dans le d^veloppement de ^'{i,j)g 
sont des fonctions X(t,j)(/. Inversemenl, toute expres- 
sion '^{uj)g correspondant k la fdrmule (4) est un 
coefficient de A'(t,/)j. En eflfel, pourt -f-j^n, X(t,j)g 
est le multiplicateur de 

d'apr^ la signification des symboles A, B. 

Si, au contraire, on a t h- j > n, les indices v^ ... v^^j 
compris dans la formnle (4) ne peuvent pas 6tre tons 
diff(§renls; d'aulre part, v^ t?t — Vi doivent £lre distincts 
entre eox et de mSme f i^, ... Vi+j\ par consequent, il y a au 
iroins t +/ — n termes de la suite Vf-^i-i-/ <ltii sent 
compris parini les norobres t?i ... v,^|. On pourra loujoors 
supposer 

« etant ^gal ki^j — n; alors, y<{ij)g est repr^nt^ par 
le coefficient de 

dans le d^veloppement 

S»(=bAi,A2,...At,B1^,) 



(=fc BV, ... Bn — t„ Bri — t -«- 1« ... B;.) . g. 

La derniere somme ne difl%re pas de A'(t\/)9, paisqoe 



( 461 ) 

Ton a B.^i<=Ba; ainsi, les formules ^(t\j) 9(0^=^0 sc 
d^oisent de A' (ij)g(t)^0. 

D*apris uoe remarque indiquee ci-dessos (§ IV, 2"), la 
relation A'(t,/)0(O*=='O peul 6lre remplacie par 

Cons^qoemmenl, les ^ualions du groupe X(i, j)g(t) «■ 
sont iquivalentes a 

Vl. Nous rechercberons quelle est TexpressioD g'(T), 
qnand g{i) est une fonction invariante d^velopp^e sous 
forme normale. 

Nous ^crirons 9«=»9[c, 0* ^^ representant par c les 
coefficients de formes alg^briques (i series de variables 
poncluelles); nous pourrons loujours consid^rer les coeffi- 
cients c comme tout h fait independants entre eus, car les 
fonctions invariantesde formes alg£briquesJi particularity 
esseniielle se d^duisent immidiaiement des fonctions inva- 
riantes de formes k coefficients quelconques f). La trans- 
form^e de g par la substitution lin^ire(8) s^^crira 

G-s[C,T], 

si Ton d^signe par C les transform^es des coefficients c, 
exprim^es en fonctions lin^aires des c. 

D*apr^s la propriety d*invariancc, les valeurs de 9 et de G 
difl^rent seulement par une puissance t^ du module 



(*) Voir notre travail insure dans les Mimaires de la SacUti de$ 
seiencet de Liige, 2« sdr., I. XVII, p. I5i. 



(462) 
En d*autres lermes, les ronctions 

g[C,T] et ^9'[c,Tl. . . . (10) 

oot la m6ine valeur, g'[c, T] ^lant dans notre syst&me de 
nolalion, la fonclioD g' (T) correspondant kg^^^glc^ f]. 

Puisqoe g^=^g[c^t] est exprim^ sous Torme normale, 
00 a [formule (3)] : 



(ii ^) *^' '] - «• 



1,2. ..II — I 



D'aprte la relation (9), les fonctions A(t\0? ^Qt des 
combinaisons lin^aires des quanlil^s X(t9 tjg; on a done 

A(»,t)Sf[c,«] — 0, 
on encore 



'[^iwh'^^^^-''^ 



par suite, g'[c, T] est une expression normale relative aot 
variables T. Les valeurs des fonctions (10) ^lant les 
m6mes, 9'[c,T]est Tesfiiressioo normale de 8*''9[C,T]; 
or, 9[C, T] est normal par rapport aux T, de la meme 
raaniere que g par rapport aux /; on a done : 

y'[c,T]«<y-'y[(;T] (H) 

VII. D'aprte r^quation (11) et d*aprte le r^oltat obtenu 
au paragrapbe V, les Equations du groupe 

x(i\y)j[c,o = o 

sont ^quivalentes k 



K^-^)*t^^]-«' 



( 463 ) 

en cbaogeaot les nolaiious, on peoi remplacer la deroiire 
formule par 

on encore par X' (ij^g ■=» 0. 

Done, si g est une fonclion invariante exprimee sous forme 
normale, les Equations du groupe X(], j) g =» se deduisent 
(Tune seule d'etitre elles X'(iy j) g ■» 0. 

En tenant compte du tb^or^me ^tabli an paragrapbe III, 
on est conduit & ^noncer cette proposition : Une fonclion 
invariante, atut series de variables tp\ Ip"^ ... tp^ est une 
fonction invariante riduite /(t), quand son expression 
normale verifie les^ — 1 eqiuMlions 

i = 2. 3, ... (•). 

Ainsi.par exemple, pourn »» 4, les fonctions invariantes 
r^duites ^, qui contiennent les variables ti^ t% tZ & des 
degrfe differents de z^ro, sont caract^ris^s en expression 
normale par les Equations 

Si, au coniraire, ^ depend seulement des variables H» 
/3, on doit remplacer les deux deroieres Equations par 



O On suppose eommc pr^cMcmmcnt p' < p" < - 



(4«4) 



Contribution a l^etude de la trichinou; par Paul Cer- 
fonlain6, docteur en sciences 'nalarelles, assistant d 
rinstitut zoo1o;;ique de Li^ge. 

INTRODUCTION. 



Ao mois de Janvier de cette annde, la Irichinose a fait 
plusieurs viclimes k Herslai, pris de Li^e.Cest la premiere 
fois que Ton a dAment constat^ en Belgique nn cas de 
trichinose prisentani le caractire d*une ^pid^mie. 

Le 3 f^vrier, k la suite d*une autopsie, trois rats 
blancs furenl infest^s ao iaboratoire d*ana(omie patholo- 
gique de M, le professeur Firket^ par M. le D' Malvoz. 
Ces trois rats sont morls dans la journ^e du 6 f^vrier el 
dans la nuit du 6 au 7; & Texamen de fun d*euX| M. Mai- 
voz tronva des trichines adulles dans Tintestin, mais pasde 
trichines larvaires dans les muscles. 

Cest alors que M. le professeur Van Beneden a prii 
M. Firket de bien vouloir loi c^der une partie de la viande 
trichinae provenant de Tautopsie, dans le but de pou- 
voir faire des preparations microscopiques de trichines 
enkyst^es. 

M. Firket eut Textrdme obligeancc d*envoyer plusieurs 
morceaux de viande trichinae, conserve dans ralcool,el en 
mdme temps Tun des rats qui avaient servi de sujets dVxpd- 
rience. 

M. le professeur Van Beneden a bien voulu mettre ce 
pr^cieux mal^riel k ma disposition, et j*ai profit^ de cette 
rare occasion pour faire la recherche et Texamen des tri- 



( *^^ ) 

chines inteslinales; j'ai eu ('occasion de constater queK|ues 
faiu int^ressanls au sujel desqoels j*ai Thonneur de com- 
maniquer la pr^senie note i TAcad^mie. 

J*adresse k mon savant matlrei mes plus vifs remercie- 
menls pour avoir mis ce materiel k ma disposition et pour 
les sages conseils par lesquels il n'a cess6 de me guider 
dans cette £tude. 

CUAPITRE PREMIER. 

OBSERVATIONS PBRSONNELLBS. 

II s*agissait ici d*un cas de trichinose presque fon- 
droyante^ le rat ayant succomb^ du troisiime au quatriime 
jour. J*ai pratiqu^ Tautopsie le 7 T^vrier, environ douze 
heures aprte la mort. La paroi du tube digestif paraissait 
forlement injecl^e et pr^entait une coloration rouge 
Tonc^. 

Les plaques de Peyer, d^j^ bien visibles ext^rieurement 
«ur rintestin d*un rat sain, dans diiFSrenls points de T^ten- 
due de Tildon, du c6l£ oppos6 k Tinsertion du m^sentire, 
^talent plus ou moins Tortement exag^rdes, et pr^sentaient 
Taspect indiqu6 dans les figures i et 2 de la planche. 

En dissociant sur porte-objet, dans quelques gouttes de 
s^rum artificiel, une petite quantity du contenu du tube 
digestif, Texamen microscopique k un faible grossissement 
permettait de d6couvrir imm^diatement un grand nombre 
de trichines intestinales. 

Un examen plus attentif ill Taide d*un grossissement suf- 
Usant, montrait que les femelles ^taient notablement plus 
nombreuses que les m4les. 

Dans le contenu de Tintestin se trouvaient des lambeaux 
43pith£liaux9 ainsi qu*une quantity innombrable de petits 
^l^ments cellulaires. 



n 



( 4«6 ) 

Les temeWes montraieDt par traosparence des oenfo 4 
difiSSrents ^tats de developpement, mais dans aucune je 
n'ai po observer des larves avanc^es, c'est-i-dire des 
jeanes vermiformes sor le point d'etre mis en liberty ; il 
n'exislait pas non plus d'embryons libres dans la cavili^ 
inteslinale. Ce fait rend compte de Tobservation de H. Mai- 
?oz, qui avait constat^ dans un autre rat Tabsence totale 
de trichines larvaires dans les muscles. D^ailleurs, d*apr^ 
les recberches des diff^rents auteurs qui se sont occupy 
de r^lude de la trichinose, la mise en liberty des embryons 
no commence que vers le sixieme jour de Tinfestation. 

Ayant &ii frapp6 par Taspect que prisentaient les pla- 
ques de Peyer, j*ai eu lld^e de faire des coupes micro- 
scopiques k travers la paroi intestinale. Dans ce but, plu- 
sieurs morccaux dMnleslin ont il& durcis patr le liquide de 
Flemming, par le sublime et par Talcool, color^s au carmin 
boracique et coupes au microtome de Tung. 

L'^tude des series de coupes m*a r^v6l£ un certain 
nombre de fails int^ressants que je vais rapidemcol 
ex poser ici. 

J"* On rencontre des trichines adultes dans I'^paisseur 
de la paroi de Tintestin ; 

2* Le nombre des (richines adultes qui p^netrent dans 
les tissus est assez considerable ; sur la s^rie des coupes 
pratiqu^es a travers un morceau d*intestin mesurant 7 it 
8 millimetres de longueur, j*ai rencontre une vingtaine 
d'individus dans la paroi inteslinale; 

3"^ On en ironve ^galement dans le m&enldre intes- 
tinal. 

Dans les diff^renles figures de la planche annex^e i ce 
travail, les details histologiques sont laiss^ de cdt£, la 
chose essentielle ^lant seulement de montrer k quels 
endroits se trouvent les trichines en question. 



(467) 

Sur toutes les coupes, la rouqueuse de rinlestio est en 
mauvais ^lat de conservatioo; dans les figures 3^8, la 
partie representee par uoe teinte plate, au voisinage de la 
lumiire du lube digestif, n*est constilaee, dans la plus 
grande partie de son etendue, que par des debris de 
villosites. 

Cette alteration de la muqueuse peut etre due k diffe- 
rentes causes. 

D*abord, le nombre considerable de trichines que Ton 
irouve dans l*intestin et ce fait que la mort a ete prema- 
turee, nous autorisent k dire que la maladie a debute par 
des pbenomenes gastro-inteslinaux d*une extreme vio- 
lence; en second lieu, cette alteration peut etre due k ce 
que Tautopsie n'a ete faile que douze heures environ apres 
la mort. En troisidme lieu, nous allons voir que les tri- 
chines elles-m6mes intervieunent pour une part impor- 
tante dans ces modifications de la muqueuse intestinale. 

La figure 3 represente une trichine partiellement entree 
dans repaisseur de la muqueuse; nous voyons une glande 
de Lieberkiibn detacbee du derme et engagee encore dans 
la concavite de Tanse decrite par la trichine. 

Cela nous explique la presence de debris epiiheiiaux 
dans le contenu de Tinlestin, et cela prouve evidemment 
que les trichines peuvent determiner des alterations dans 
la paroi intestinale; en fouissant en quelque sorte la 
muqueuse, elles peuvent produire des dechirures, deter- 
miner des phenom6nes de desquamation, voire mSme 
alterer profondement les villosites et les glandes. 

La trichine interessee sur cette coupe est une femelle; 
la partie representee dans le dcssin montre dans toute la 
longueur des oeufs assez volumineux, et il s'agit par con- 



i 



^^n 



( 468 ) 

sequent, de la partie ceolrale du corps interposee eotre 
Toesopbage et Tovaire. 

La figure 4 nous repr^sente ^galemeol une coupe trans- 
versale de rinteslio. De dehors en dedans nous voyons les 
muscles longiludinaux, les muscles circulaires et la mu- 
queuse. Nous y irouvons une (ricbine log£e entre la 
muqueuse et la couche des muscles circulaires. La partie 
ant^rieure de la trichine est int^ress^e sur cette coupe ; on 
y voit la bouche, la partie initiale de Tcesophage et puis 
une serie de grandes cellules nucl^^es constituant ce que 
les auteurs ont d&ign6 sous le nom de corps cellulaire. 

Ici la trichine a traverse compldlement la muqueuse; 
elle se trouve au contact des muscles circulaires, dans 
r^paisseur de la sous-muqueuse et du derme de la 
muqueuse. La s^rie des coupes permet de voir qu'il s*agit 
d'une femelle dont Toviducte est bourr^ d'oeufs en segmen- 
tation. 

La figure 5 nous montre, dans une autre coupe trans- 
versale de rinteslin, une trichine femelle rencontr^e en 
deux endroits par le rasoir. Les deux fragments sent 
remplis d^oeufs. Dans le cas present, la trichine avait dijk 
traverse partiellement les couches musculaires de Tin- 
testin. 

Dans la muqueuse on voit une interruption indiquani 
probablement Tendroit par lequel la trichine a p^n6tr6 
dans la paroi intestinale. 

Dans la figure 7 se trouve representee une trichine 
arriv^e dans le m^sentere. Elle se trouve log^e au milieu 
des cellules adipeuses. II s*agit ^galement d*une femelle, 
reconnaissable encore une fois en ce qu*elle est remplie 
d*(eufs. 

Les figures 3,4, 5 et 6 nous monlrent done des trichines 



( 469 ) 

adultes dans Tepaisseur de la paroi intestinale et jusque 
daos le m6$en(6re; dans (ous ces cas il s*agit de (richines 
romelles. Or, it est clabli que la copulation a lieu dds le 
second jour suivant Tingeslion dela viande (richin6e; par 
cons^qiienl, il s*agil ici de lemelles liicond^es daos le canal 
digestif. La preuvc en est que Toviducle renrerme des ceufs 
en grande parlie d6j& sogment^s et destines h donner 
bieni6t naissance h des embryons vermiformes, qui seroot 
mis en Iiberl6 en dehors de la cavil6 digestive. 

La figure? nous repriJsente une coupe longiludinale du 
lube digestif, au niveau de rinscrtion du m<^sentere. Daos 
Tepaisseur du m^senlire nous (rouvons la coupe d*un 
ganglion mdsenldrique, el h Tinl^rieur du ganglion se 
monlrent deux Irichinrs fcmclles. Toul autour du gan- 
glion il y a, dans le lissu adipeux, une infiltration de 
globules blancs; dans r^paisseur de la paroi intestinale, il 
y a une quantity de leucocytes dans la sous-muqueuse; 
enfin, vis-i-vis du ganglion, il y a une tratn<ie de leucocytes 
Iraversanl la muqueuse el se prolongeanl dans le canal 
digestif. 

La figure 8 nous montre une coupe Iransversale de 
rintestin. passant par une plaque de Peyer. Trois follicules 
sont coupes, a, 6, c, et dans cliacun d*eux Ton aper^oitdes 
Irichines qui, encore une fois, sont toutes des femelles. 

En suivant la serie des coupes, on pent s*assurer de la 
pr^ence de deux trichines dans le follienle a, six dans le 
follicule b et cinq dans le follicule c; vis-5-vis du folli*- 
cule c, les villosit6s et les glaodesjnteslinales font absolu- 
menl difaul, la coupe passant i peu pr6s vers le centre du 
follicule; pour les follicules a et 6, ce n'est pas le cas, 
parre que la coupe passe plus pr6s de la p£ripb£rie de ees 
follicules. 

S** StRIB, TOMB XXT. 52 



( 470 ) 

Yis4-vi8 du follicule c, j*ai rcpr^nt^ la coupe transver- 
sale d'Qoe trichioe de la cavii^ iDleslioale. Soil dil en pas- 
sant, sur (ootes les coupes on irouve, dans le canal digestif^ 
un nombre consid<^Table de coupes de Irichiiies renconlrtes 
dans diir^renlcs directions; ces tricliinesde la cavit£ intes- 
tinale sont ou des ro&les pu des femellcs^ mais ces derni6res 
sont en grande majorite. On volt aussi dans cetle flgore 
quelqucs leucocytes repr^scnt^s vis-ik-vis du follicule c; 
on en trouve sur toules les coupes e( dans toute Telendue 
du canal digestif. La presence de ces leucocytes dans la 
cavite intestinale s'explique ais^mcnt par les figures 7 eC 8. 
Les irichines, en p^n6lrant dans les follicules des plaques 
de Peyer, dans les follicules clos ou dans les ganglions 
m^scnl^riqucSy praliquent des d^chirures permettant £vi- 
demment in la lymplie d*arriver dans la cavile intestinale. 

Apres eel expose rapide des fails nouveaux oliserv^s, 
nous aliens jeter un coup d'ceil sur Fdlat actuel de nos 
connaissances sur la tricliinose; j*exposerai ensuite les 
conclusions que Ton pent tirer des faits que je vieos 
d'enum<^rer. 

Cependanty avant de passer au chapitre suivant, je liens 
ik appcler encore une fois Tattention sur les trois fails 
cssentiels qui constituent la base de ce travail : 

i* Des tricbines adultes p6n6lrent dans la parol intes- 
tinale el s*avancent jusque dans le meseult^re; 

2* On trouve de ces tricbines imrnigrees dans le sys- 
l&me lympbalique; nous en avons rencontr^ dans les 
plaques de Peyer (fig. 8) el dans les ganglions m^nte- 
riques(l]g. 7); 

3* Toules les tricbines que nous avons tronv^ dans 
les tissus sonl des femelles f£cond<Ses, dont Toviducle est 
liourr^ d'ueufs en vole de d^veloppement. 



(471 ) 



CHAPITRE II. 

DI8T0RIQUE. 

Je ne mc propose pas de Tairo ici I'historique coroplet de 
la iricliinose. Ccia nous enlralncrait trop loin et ce seraii 
d*ailleurs en dehors do sujet, vu que les observations que 
j*ai faites.n'ont de rapports qu^avec cerlaines phases de la 
matadic. 

Afin de mellre dn relief les modiGcalions que ces fails 
d*observa(ion apporlenl dans Tidde qu*on s'tst faite jas- 
qu'ici de la nature el deJa marchc de Tinfeslalion, je crois 
cependanl devoir exposcr rapidemenl quelle serait, d'aprgs 
ce que Ton connalt jusqu*5 ce jour sur celte terrible 
roaladie, revolution du ver qui en est la cause d^lermi- 
nante, la Trichina spiralis (Owen). (1). 

Nous pouvons distinguer avec Rupprecht (2) trois 
p^riodes dans la maladie : 

i* VingressioHj correspondant au d^velopperoenl des 
trichines adultes dans rintestin cl 5 la mise en liberty des 
embryons; des troubles gastro-inlestinaux constituent les 
principaux symptdmes; 

2" La digression, pendant laquelle les embryons com- 
mencenl i quitter Tintestin pour aller se diss^miner dans 
loute I'i^conomie, ct caraclerisde principalement par des 
douleurs musculaires; 



\ i) Descnptioh of a mieratcopic Entozoon in fating the musctes of the 
Awauoi tely (Transactions zool. Soc, London, 1855.) 

(2) Die Triehinenkrankheii im spirget der i/ettitadier Epidenne 
betruehtet.HeXiSAdi, f86i. 



'ira 



( 472 J 

3*^ La regression, correspondant k Penkystemenl des 
larvcs. 

Ccs Irois p^riodes sont parfois neltcmenl dislincles, 
mais seuleinent dans les cas graves; qiiand rinfeslation est 
l^g&re, les diff^renls slades se confondenl el pr6senteot 
des sympldmes exlrdmemcnt varies dont rinlensiti et 
r^poque d'apparition n'ont rien dc fixe. Dans aucnn cas, 
la marcbe de la maladie n*est aussi r(^gnli6re et aussi carac* 
t^rislique que celle des maladies inrectieuses. 

Premiere periode. 
Ingression. 

Dans rimmense majority des cas, Thomme gagne la 
maladie en ingdranl de la viande de pore (richinee. Sons 
Paction du sue gaslrique, les kystes sont digt^r^s, on tout au 
moins perror<§Sy et les jeunes trichines,jusque-li dans une 
p^riode de vie lalente, entrcnl brusquement en activity 
Dejd trois ou quatre heures apr^s ringestion, on trouve 
dans I'estomac de jeunes vers libres qui vont atteindre 
rapidement lour maturity scxuelle. Ccs irichines peuvcnt 
sojourner quelque temps dans Testomac ou passer directe- 
ment dans Tintestin gr£le. Les remellcs sont en general 
beaucoup plus nombreuses que les mftlcs. L*acconplement 
a lieu k partir du second jour de rinrestation, et les tri- 
chines continuent Sk grandir pour altcindre Icur taille d6fi* 
nitive. Le m&le complitement adulte est long de i"'",4 k 
1"",6. U femelle mesure de 3 ik 4 millimeires. 

Dans Pacte de la copulation, le m&le se fixe au moyen de 
ses appendices postdrieurs h rorificc vulvaire, et s'y 
maintient en introduisant dans celui-ci son cloaque £va- 



( *75 ) 

gin^; les muscles du canal deferent enlreol alorsen jeu ei 
projeUcDl le sperme daos roviducie. Les spermalozoides 
traverscnl loule la longueur de Toviducle, et vonl s*accu- 
muler dans une dilatation inlerpos6e chcz la femelle entre 
l*ovidncte et Tovaire, et designee sous le nom de receptacle 
seminal. 

Les ovules passent de la cavit^ ovarienne dans cette 
dilatation et y sont f^condds au passage; ils arrivcnl 
cnsuite dans Toviducle et la segmentation commence. 
L'oviducte se remplit de plus en plus, et, k un moment 
donned, on le trouve bourr^ d'oeufs, d'autanl plus d^ve- 
loppes qu*ilsse trouvenlsilucs plus en avanl. Les premiers 
embryons vermiibrmos apparaisscnt du sixi&me au sep- 
ti^me jour de rinTestation; ccux qui sont situ^s au voisi- 
nage de la vulve sont les plus avanc^s dans leor develop- 
pemcnt; ils sont expulsi^s gi&ce k des mouvements 
p^ristaltiquos de Toviducte. La trichine est done vivipare, 
et Ton pent evaluer h plusieurs milliers le nombre de 
jeuni*sque pent produire une seule femelle. 

D'apr6s les calculs de Cobbold^ I'ingestion d*une livre 
de vtande trichinae determine bientdt la presence de 
400,000.000 de jeunes trichines. D'apris Leuckart^ ce 
chiflre scrait de l>eaucoup inforieur ill la r^alit^. En outre, 
il a 6\e deduit de calculs l>asi^s sur Texamen de viandes i 
liystes monotrichiii^s, et ne saurait s*appliquer aux viandes 
bypcrlrichincesyOJi Ton a trouv^ jusqu'i sept tricbines lar- 
vaires dans un mAme kyste. 

Ces embryons se trouvent dans Tintestin k cdt6 de leurs 
pan^ntSy mais leur s<ijour en ce milieu est de courte dur^; 
ils doivcnt en eflet aller promptemeot occuper, dans 
d*autres regions de forganisme, la station favorable k leur 
enky^tement. 




( 474 ) 

f 

heaxieme periods. 
Digression. 

Comment ces embryons parviennent-ils du tube diges- 
tif aux parlies, souvent fort £loign6es« dans lesquelles doit 
s^accomplir la p^riode stagiaire de leur existence? 

II y a irois voies possibles : 1* le courant sangoin; 2* le 
syst^me lytnpbalique; Z'^ le tissu cellulaire interpose aoz 
diff(Srents organcs. 

Virchow (i) et Gerlach (2) ont trouve des cmbryoDS 
librcs dans les ganglions lymphatiques, et pensent que les 
vaisseaux lymphatiques peuvent jouer un certain rAle dans 
leur migration. 

ZenkeYy Fiedler ct KHhn ont rencontr6 des embryons 
dans divers points de Tappareil circulatoirei dans un caii- 
lot du coeur el des gros troncs veineux; Colberg en a va 
dans les gros capillaires des ronscles; Thudichum admet 
que le courant sanguiu est funiquc agent de dissemina- 
tion des paiasites. 

/. Chatin (5), dans son beau travail sur la tricbine et la 
irichinose, nous dit : c La rapidity avec laquelle les tri- 
cbines apparaissent dans le p^ricarde, leur frequence el 
leur multiplicity dans les muscles du tronc compart 4 
ceux des extr^mitfe, enfin la presence, constat^e ill difl(£- 
rentes reprises, de jeunes trichines dans le sang de sujets 
trichinoses, ne permettent pas de r^voquer en douie la 
migration par les vaisseaux sanguins. Cependant ce mode 

(i) Darstellung der Lehre von den Trichinen. Berlin, l86i-65-6lt. 

(2) Die TriehineH. Hannover, 1806. 

(3) La triehine efla trichinoie, Paris, 1883. 



( 478 ) 

<ie dissemination semble relativemcnt rare, et c'est surloui 
par la voie du (issu cellulairc que la progression des 
jeunes se (rouve assiir^e ». 

Les emhryons se distribuent dans tout le corps, mais se 
logent de pr^rirence dans les muscles de cerlaines regions; 
leur sidgede pr^dilcclion est constitu^ par le diaphragme, 
les muscles intercostaux, ceux de la gorge, du cou et de 
PoBil. 

Trolsieme periMle. 
Regresiion. 

Arrive dans un endroil propice, Tembryoo grandit et 
s'entoure d'un kyste. Les auteurs interpretent de diffe- 
renles fagons la formation du kyste et ne sont pas d'ac- 
curd sur les rap|)orls des kystes avec les tissus ambiants. 

Deux theories sont en presence : 

Cohnheim^ Leuckarl^ Heller , etc., partagenl ^opinion 
exprim^e en premier lieu par Virchow^ et d*apr6s laquelle 
Tembryon se logerait k Tintdrieur de la (Ibremusculaire, 
dans laquelle il provoque de profondes modilications. Dans 
ce caSy le kyste se formerait done en dedans de la gaine de 
sarcolemme. 

Cette opinion eiait encore gen^ralement admise il y a 
un petit nombre d'ann^es. 

Aujourd*hui cette maniire de voir ne pent plus dtre 
soutenue, et si, dans des circonstances exceptionnellesi on 
trouve des trichines i Tinterieur des fibres rousculaires, il 
faut admettre que, dans la grande majority des cas, le 
parasite s*arr£te dans le tissu conjonctif interfasciculaire, 
et le kyste provient d*une irritation de ce tissu. Cest ce 



( 476 ) 

qui r^sulle sortout des rechcrches de J. Chatin^ confir- 
mees par difliireDts obscrvaleurs, nolammeot par Delavau 
el Fourment. 

Chaiin a decoovcri dcs kysles Dormaux dans les masses 
de graisse auxquellfs on accordail jusqu*alors une immu- 
nity constanteyet il en a lrouv6 de meme dans la parol 
de rinleslin de pores am^ricains. CcUe demi^re observa- 
tion eslde haute importance, parce qu*clle d^montre que 
finfcstation pent se faire par rinlerm^diaire des diOe- 
rentes preparations pulinaires faites avoc Pintestin du 
pore, alors m£me que Ics viandes employees pour ces pre- 
parations sont parfaiteroent saines. 

Une fois le kyste forme autour de la .jeune trichine, 
celle-ci achive son developpement larvaire, puis tombe 
dans une vie latcnte on attendant des conditions favo- 
rabies pour son passage ^ TiStat adnlte. 

Les trichines enkystdes peuvent rester vivaotes pendant 
de nombreuses ann^es, sans subir aucune moditication. 
Klopich en a tronvd qui avaient conserve toute leur vita- 
lite vingt-quatre ans apr^s rinfestation. 

Si la vie lalente se prolonge trop, les kystes d^g^- 
n^renly et ils peuvent Stre d^truits de trois fagons : par 
degdnerescence pigmentaire, par degenerescence adipeiise 
et par ddgen^rescence calcaire. Cest ce qui arrive, par 
exemple, quand les larves se trouvent Iieberg6es cliez 
un homme jeune » qui a subi de bonne lieure rinA'Sta- 
tion. Si au contraire la viande trichinae est transportde, 
avant la mort des embryons, dans Tappareil digestif 
d*un autre organisme susceptible d^Stre infest^, ie cycle 
evolutif que nous venons de parcourir rapidemeut, recom- 
mence. 



( *77 ) 



CHAPITRE III. 

On a done admis jusqu*ici que la prcnvi^re p^riode de la 
maladie, Vhtgresiion^ comprcnanl Tarrivee des tricliines 
dans le lube digestif, raccroissemenl des adulles, Paccou- 
plement el la mise en liberie des enibryons, que loute 
celle p<^riodese paisse dans le canal digestif dc Torganisme 
infesle. 

Chatin £crit dans son Iraild (page 50) : Quant a la 
STATION de la Iricliine adultb, elle se trouve indiqiiej par 
le$ generalites exposfies plus haul; on a vu^ en e/fel^ que 
sous celle forme le parasile se Irouve comiammenl et tirit- 
quemenl dans le canal inleslinal de son hoiCf quel que soil 
d'ailleurs Vorganistne chez lequel on I'ohseroe, 

Or, d*apres les fails (^lablis par les observalions relaldes 
dans le premier cliapilre de ce Ira vail, il esl ceilain que les 
trichines pe uvenl quitter le canal intestinal avanl d*avoir 
alleinl leur complul deveioppemenly puisque nous avons 
Irouv^ dans IVpaissour de la paroi du tube digestif el 
jusquedans le inei>entere,dcs Irichincs feinelles ne renfer- 
manl encore que des ooufs segmeut^^, cVsl-i-dirc n*ayanl 
pas encore mis leurs embryons en liberie. 

La penetration de iricbincs adultes dans les lissus esl 
done un fait ddnienl etabli, qui n'a\ail pas 6i& observe 
jusqu*^ ce jour. 

Ces Iricbines fcmelles peuvenl achever leur accroisse- 
menteldonneronl li6s probablemenl naissanceikdesjeunes; 
par consequenl il deviendrail absolunienl dvidenl que les 
jeunes ne sonl pas loujours mis en liberie dans le canal 
iDleslinal de Thdle 



^ 



(478) 

Les jeunes provenant des Iricbines d6jk iinroigrdes daos 
Ics lissos, sc trouveronl d6jh en dehors du canal digestif 
au moment dela naissancc»ct n'auront naturellemcnt pas 
hesoin de traverser eux-meroes la mnqucusc intestinale 
pour aller infesler Torganisme. 

- £videmmenl^ toutcs les trichines adnftes ne quittent 
pas le canal intestinal de celte fa^on; la grande majority 
restent peut-£lre dans la cavite digestive, pnisque sar 
toQles les coupes on rencontre une quantity enorme de 
trichines m&les et Temelles dans la lumi^re du canal; 
d*autre part, tout le monde sail que, dans les cas de trichi- 
noses on trouve presque toujours un certain nombre d*in- 
dividus dans les dejections des malades. 

De mdme, il ne faut pas on conclure que les jeunes ne 
puissent prendre naissance dans la cavit6 digestive, Texa- 
men des selles ayant ^galement fait decouvrir un grand 
nombre d'embryons dans la pluparl des cas. 

C'est m6mc la presence de trichines sexu^es ou de leurs 
jeunes dans les mati^res fecales qui constitue au d^but de 
la maladie le diagnostic indiscutable. 

Ce qu'il y a de remarquable, cVst que toutcs les trichines 
rencontrees dans les tissus etaient des fenielles; cela tend 
i d^montrer que c'esl \k le mode normal d*infestation. 

Les femelles p^u^trant dans la paroi digestive k Tex- 
cfosion des m&los» ce fait semble prouver qu*il ne s'agit 
nullement ici de faits accidentels, mais que Tinfestation se 
fait normalcment de cette faQon, c*est-&-dire que les 
femelles immigrent dans les tissus avant de mettre leurs 
jeunes en libertd. 

Pour ce qui en est de la secondc p^riode ou digression. 
tons les auteurs sont d'accord pour admettre que les 
embryons ayant pris naissance c/aiij la caviii dige$iice 



r^ 



( *79 ) 

perforent la parol intestinale poarallersediss^minerdans 
rorganisme. 

Or, on n*a pas coQstal^, que je sache, la presence de 
larves dans T^paisseur de r^pilhelium inlestinal, et par 
consequent le fail du passage des embryons ^ travers la 
muqueuse reste k T^tat d'hypolb68e9 et n*a jamais ^t^ 
observe. 

Leuckart^ dans son travail classique(1),dit ik la page 562 
du second volume : 

€ Leider bat die histologiscbe BeschaOenbeit der Darm- 
wand, und die ausserordentliche Kleinbeit der wandern- 
den Embryonen, dem VerSucbe, die letzlern auf diesem 
Durcbbrucbe zu ertappen, bis jetzt eine uniiberwindlicbe 
Scbwierigkeit enlgegengestelt. > 

Mais du moment que Ton a dAment constate ce fait que 
des tricbines adultes p^netrent dans les tissus, on est en 
droit de se demander si Tinrestation ne se fera pas par les 
jeunes qui proviendront de ces tricbines immigrees, sans 
pour cela nier la possibility que des embryons, ayant pris 
naissance dans la caviie intestinale, puissent egalement 
contribuer ik infester Torganisme en penetrant dans la 
parol intestinale, gr&cei leurstenuite. Deplus.remarquons 
encore que le passage des embryons de la caviie intestinale 
dans les tissus sera singuiierement i'acilite, par suite de 
Texlstence des brdches pratiquees par des adultes qui out 
penetre precedemment. 

Par quelle voie se fait maintenant la dissemination des 
embryons k travers Torganisme? 



(I) Die menuKUehttn ParoMUen wtd die «oa ihnem htrrUhremUn 
KtanUmten. Leipzig, 4876. 



( 480 ) 

J'ai expos^ plus haut Ics diff^rcnles opinions qui r^nent 
sur celle question: les uns fonl intcrvcnir le syslftme lym- 
phatique^d'aulres les vaisseaax sanguins; enfinjesauleurs 
r^cenls penscnl que c'esl principalemenl ii iravers le (issu 
ceilulaire que sc fail la diss^minaiion. 

Dans la figure 7 dc la planchc, nous conslalons la pre- 
sence de tricliines diins un ganglion m^senl^rique. La 
figure 8 nous monlre un nombre considerable de tricbines 
femelles fecond^es dans une plaque de Poyer. 

Ces fails plaident singuli6rcment en faveur de cette 
hjpo(besed*apr6s laquelle le syst6me lymplialique servirail 
imniedialement ii la dissemination des embryons dans 
recooomie. 

Les embryons mis en liberie dans les plaques de Peyer 
ott dans les ganglions mesenieriques peuvent passer aise- 
menl dans les vaisseaux lympbaliques et arriver dans le 
tronc intestinal; celui-ci se jetle dans le reservoir de Pec- 
quet en meme temps que les deux troncs lombaires. 

En passant ensuiie i Iravers le canal lhoracique» les 
larves arriveronl dans la veine bracbio-cephaliquegaticbe. 
Emporiees alors par le sang jusqu*au coeur, elles pourronl 
etre iransportees dans toule Pcconomie par le systeme 
arteriel. 

Sans exclure absolument la possibiliie que les embryons 
de trichines puisseni, des leur point de depart, chemtner 
dans le tissn ceilulaire et atteindre petit ill petit, de cetle 
fa^n, Tendroit o£i ils s'cnky&teront, voici cotnment jc 
suppose que se fait la dissemination de la grande majorite 
des larves. 

Les embryons se trouvant, lors de I'eclosion, dans le 
systeme lympliatique, la voie immediatement ouverleetla 
plus aisee est certainement representee par ce meme sys* 



T^ 



( 481 ) 

l&me lymph<itiqoe; arrives au coeor, ils seroni transportcs 
par le courant sanguiD. 

Gidce 5 leur poiitesse cx(r£me, ils peuvcnt arriver jus- 
que dans Ics capillaircs. Ccs ombryons mesurent cD^iron 
100 fi (Ic long sur 6 i 7 (x de large, alors que les capil- 
laires pr^sentenl un diam^lre variant enlre 6 el 22 fx, sui- 
vant les organes dans lesquels on les consid6ro. 

Ces larves pourronl done racilcment £(re arr£ldes pendant 
lenr Irajetik travers les rdseanx ca|)illaires; les larves sont 
anim^es de mouvemenls assrz energiques, elles peuvent se 
replicr sur elles-m^mes^ sVnronler, ef, de cede fa^on, elles 
donneronl aisdment lieu h dcs obslruclions el, par suile^ k 
des stases sanguines — d*oii une augmenlaiion de pression 
dans les capillaires — ce qui conslilue une condition <imi- 
oemmenl propre k engendrcr roelime si souvent caracl6- 
risliquedecelle seconde pdriode de la maladie. 

A ce slade de la Irichinose, rintensil6 des doulours mos- 
culaires correspond au nombre de jeuncs vers immigriis. 
Dans les cas lr6s b^nins, les malades ne s*alilent m£me pas 
el la royositc pent passer p*us on moins inaper^ue; quand 
rinvasion est plus consid<5rable, (out mouvemenl est rendu 
difficile el provoque d^atroces douleurs; souvont Tinvasion 
des muscles respiratoires est la cause direcle de la morl par 
aspliyxie. Tons ces pliinom^.nes, sur lesquels il est inutile 
denousclendre plus longuement,sVxpliquenl aisiuient par 
la presence de parasites larvaires dans le sysli^me capillaire 
et ullerieuremenl dans le tissu inlerrasciculaire. 

Si un (erritoire capillaire se trouve obstru£, supprim^, 
tout le sang qui devait le traverser est forc^ de prendre 
une autre voie; il sVngage dans les capillaires du voisi- 
nage resits libres, se surajoutant ill celui que ces derniers 
rccoivent dejik normaleoient; il y a done afflux sanguin 



^ 



( 482 ) 

exag^r^y augmeDtalion de pression^ en an mot les condi- 
tions capables de produire un oeddme se irouvent r&- 

L*alonie ei la faiblesse tr6s marqu^ qoe pr^sentenl 
alors Ics muscles permeUent d^admeUr^qo^ils sonlaU^rds; 
rapport de inat^riaux nulrilifs est cerlainement enlrav^ 
el, de plus, ils subissent one veritable maceration. La 
paroi elaslique des capillaires se distend sous reflet de la 
pression in(<irieure, et Ton con^oit que les jeunes irichines 
puissenl alors facilcment, gr&ce i leurs mouvements et k 
leur pell lesse, traverser la paroi des capillaires et p^niStrer 
dans les tissus ambiants qui sont baign^s e( en qnelque 
sorie dissocies pr une grande quantil^ de liqnide. 

Aprfts avoir cffec(u6 encore uq irajel plus on moins long 
dans le lissu cellulairejes cmbryonss'arr^lent soil dans les 
tissus de la substance conjonctive, soit exceptionnellement 
k rint^rieur des fibres musculaircs strides. 

En admettant que la dissemination se fasse de cette 
facon, toulos Ics observations qui onl ^t^ faites trouvent 
ieur explication; on pent irouver, en eOet, des embryons 
dans Ic syst^me lympbatique, dans Tappareil circulatoire 
sanguin et dans le tissu cellulaire proprement dit, mais 
toutes ces observations ne s*inOrment pas les unes les 
autres. 

La troisi^me p^riode on regression ne doit pas nous 
arreter ici. Elle consiste dans revolution du kyste et ne 
renire pas dans le sujct de ce travail. Elle a ete etudiee 
par diirerents auteurs, notamment, dans ces derniers* 
temps, par J. Chatin (1). 



it) Lne. cit. 



r 



( 483 ) 

CHAPITRE IV. 

Quelle est, au point de vue de revolution do la trichine, 
la portde de ce fait que les trichines femelles fecond^es 
quittenl la cavile inteslinale pour p^n^trer dans Torga- 
nisme? 

Comme je Tai dil plus haut, la marche de la roaladie 
est trte diflercnlc suivanl la gravito dcs cas,ce qui depend 
notammcnl de la quantil6 de viande tricliin^e ioger^e el 
de sa ricliesse en larves enkyst^es capables de donner 
naissance i des trichines adultes. 

La maladie dc^bute gcn^ralcment par de la diarrh^e 
accompagnee de coliques;on a remarque que, d*une fa^on 
g^n^rale, la maladie est plus courle et plus b^nigne dans 
les cas oil la diarrh<^o apparalt de bonne Iicure; c*cst que 
sans doute clle expulse une partle des Irichines intesti- 
nales. 

Cest un fait d'obscrvation i^galement que la maladie est 
plus courle et moins scvdre chez les enfants, ce qu'il faut 
probablemcnt altribuer in la grande facilite avec laquelle 
ceux-ci prenncnt la diarrhee. 

Dans repiddmie de Hcdersleben, d'apr6s les observa- 
tions de Kratz (I), il y eut plus de cent dec^; aucun des 
dic&Jes n'etait &ge dc moins de 14 ans, et cepcndant un 
grand nombre de petits cnfants furent alteints dans T^pi* 
dcmie (2). 

(1) Die Tnchinenrpidemie su iiederlcben. Leipzig, I80G. 

(2) Rcmarquons qu^il nc s*agit pas ici d*unc epidemic dans le sens 
ciDCt ct precis du mot, mais on a gcucralemcnt designc sous cc noro 
improprc les cas ou la maladie s^allaque a un plus ou moios grand 
nombre d'iiidividus. 



( 484 ) 

Leuckarlf en parlanl des crampes intcslinales, dit 
qu*clles ont |)Our cause, d6s le debut de la maladie, les 
mouvements quVxiicutent les trichinos au milieu de$ vil- 
losii^s inleslinalosy el il ajoute en note : € Der Umstand 
dass die Trichinen mohr zwischtm den DarmzoUen, als im 
Speisebrei lebon, oiktart zur Gcnugo, wesslialb dieselben 
— selbst nach Gendss von Laxanlicn — verlialtnissmassig 
nor schwcr und selten mit dem Kothc abgrben ». 

Leuckarff qui cerles est une des plus grandes autorilis 
en matiere d*belminlboIogie, admct done que cette circoo- 
stance, que les trichines sont logi^es entre les villosites, 
empccbe les vers d'dtre ^liininds avec les matieres fccales. 

Or, il est Evident que les trichines qui parviendronl k 
pdn^trer conipl6lement dans la paroi du tube digestif 
seront absolumenl ^ Tabri, et ne pourronl plus dtre ^limi- 
min6es (lar cette voie. 

Ces trichines seront t^galement i I'abri des substances 
mddicamenteuses, tellcs que : picrate dc sonde, benzine, 
santonine, ergoline, calomel, huile de foie de morue k 
baule dose, etc., etc., dont on a exp(rimon(6 Taction sor 
les trichines adultes de Tintestin d'animaux inTest^s. 

L*espoir qui pouvait resler de tucr ou de faire expulser 
les parasites de cette fa^on n*a plus de raison d*Slre, el la 
tbdrapeulique dcmeure absolumcnt impuissante vis-^-vis 
des vers immigrds dans les tissus. 

On pent en dire aulant des embryons; ceux qui pren* 
nenl naissance dans la cavit6 intestinale peuvent encore 
£tre ^Iimin6s ou tu6s apris administration de quelque sub- 
stance m6dicamcnteuse,mais ceux qui seront mis en liberty 
dans les tissus et dans le sTstime lymphatiquc auroni 
toutes les chances d*aller infester directement Porganisme. 



( *8» ) 

Noas avons d*ailleurs fail cetle rcmarqiie, qui a certaine- 
menl son imporlancc, que tonles les tricliines qui ont iii 
renconlrdes dans Ics tissus ^laicnt des femelles fecond^es 
et capables de donner naissance h une nombreuse prog£» 
Diture. 

Les morls pr(imalur6es observ^es dans les cas oil la 
maiadie s'dlablit violemment, ne pouvaient s*cxpliquer que 
par un collapsus d^lermin^ par la vioienle irritation de 
rcsCoroac ct dc rinleslin, irritation produile par les mou- 
vements des hciminlhes k Tinl^rieur du canal digestif, au 
contacl des villosites. 

Dans r^pid^mie d*Hcdersleben on a constat^ deux d^ces 
par suite d'himorragies inteslinales dans les premiers 
jours de la maiadie; la cause de ces h6morragies £tail tr6s 
mal determin6e. 

Mainlenant que nous avons vu Tassaut que livreni k la 
paroi inlcstinale les irichines adultes, ce collapsus g6n^ral 
s*expliquc beaucoup mieux, et ces bdmorragies trouvcnt 
leur explication toute naturelle; nous voyons positivemcnt 
combien do br&cbes sont pratiqu^es, comment lesglandes 
et les villosites peuvent dire d^truites, commcnl Ics lym- 
phatiques el les vaisscaux peuvent £tre performs, el Ton 
con^oil aisdment que des lesions nerveuses se produisent. 

CONCLUSIONS. 

D*apr6s lout ce que nous venous de voir, nous pouvons 
tracer il comme suit revolution de la trichine pendanl les 
deux premieres pdriodes de la Irichinose : 

1* Aussildl que la viande trichinae est ingdrde par un 

3** SfiRlE, TOMB XXY. 33 



^ 



( 486 j 

organisme appropri£» ies kyslcs sont d^lruits et les larves 
soDl mises en liberty daos Tcstomac; 

2* Les tricbines s^journenl un certain temps dans Tea* 
tomac ou passcnl imm^diatemeol dans Tintestin gr6le; 

5* Les irichincs inleslinales s'accroissent et Taccouple* 
ment a lieu dans la cavit^ digestive, ii partir du second 
jourde Tinfestation; 

A^ Les m&leSt apr6s un s^jour plus ou moins prolong^ 
dans rintestin, sont expulses avec les mati^res f^cales; 

S"* Chez les femelles, le d^veloppement des larves com- 
mence aussitdl apr6s la fecondation. Les ocufs fecond^, k 
leur passage dans la poche siiminale, p6nctrent dans Toti- 
duc(e et se segmentcnt au fur et jli mesure qu'ils s^avan- 
cent vers Torilice vulvaire ; 

6"* La mise en libeit^ des embryons commence vers le 
sixiime jour de Tinfestation ; 

7* Un certain nombre de femellcs p6n6trent dans la 
parol intestinale et jusque dans le me$ent6re; d'autres 
peuvent rester dans la cavit^ digestive et y donner nais- 
sance k des enibryons, si el les ne sont pas biltivement 
ex puisnes; 

8" £tant donn6 que toutes les (richines adultes que j*ai 
rencontr^cs dans les lissus 6taient des femclles, et exclu- 
sivement des femelles fecondees, il y a lieu de croirc que 
celte pdn6lralion dans Torganisme est un stade normal de 
revolution de la tricbine, et que I'inrestation se fait nor- 
malement par les embryons provenant de ces tricbines 
immigr^es; 

9* Les Temelles qui parviennent a p6n6trer dans les tis* 
8US ont plus de cbance dlnfester Torganisme que celles 
qui restent dans le canal intestinal, parce qu elles et les 



( *S7 ) 

embryons auxquels elles donneront naissance oe peoveni 
plus dire espulsds avec les f^ces; 

iO"* Comme nous avons rencontrd des femelles dans les 
pLiques de Peyer el dans les ganglions mdsenteriques, il 
est ^inemnocnt probable que c*est normalement le sys- 
sleme lympliatique qui intervient d*abord dans la dissemi- 
nation des embryons; ceux-ci passent ensuile dans les 
vaisseauz sanguins, arrivenl dans le r^seau capiliaire, el ne 
cbcminenl 5 Iravers le lissu cellulaire propremenl dil 
qu'apr6s avoir (ravers^ la parol des capillaires par une 
sorle de diap^d^e; 

11'' Le fail de la penetration de irichines adulles dans 
les lissus rend la Iricbinose plus grave encore qu'elle 
ne le scrail d'apris ce que Ton admeltail jusqu*aujour- 
d'bui, en premier lieu parce que les subslances medica* 
mentcuses ne peuvenl agir sur ees parasiles el sur leurs 
embryons; en second lieu, parce que ces Temelles el 
ulierieuremenl leurs larvcs ne peuvenl plus dire expul- 
sees avec les matieres fecales; enlin, en Iroisieme lieu, 
parce que les irritations produites {>endanl cetle phase 
de la maladie sonl beaucoup plus graves qu'elles ne 
pourraienl retre si les Irichines adulles reslaienl dans la 
eavjte digestive; 

12^ Le Tail de la penetration de irichines adultes dans 
les tissus nous donne une explication plausible de la vio- 
lence desphenomencsgaslro-inteslinaux qui caracieriseni 
souvenl le debut de la maladie. 



^ '» ,. V 



( 488 ) 



EXPLICATION DE LA PLANCHE. 



Fio. 1. — Ploquc dc Peyer dc l*iIcon d'an rat Irichinos^. 

P., plaque dc Pcycr ; mi»»^ m^scnl6rc. 
Fig. 2. — Plaqnc de Pcycr composdc d*un plus petit nombrc de'{ 

folliculcs. 
Ffo. 3. — Coupe transvcrsalc dc l*intcstin. On voit unc trichinej 

(/ri'c/i.) cngagdc dans la rouqucusc ct contournant la partle pn 

(bndc d'unc glandc dc Licbcrkuhn. 

0. ct vaiM., vaisscaux sangulns. 

muq.^ muqucusc. 

m. long,^ muscles longitudinaux. 

m. c, muscles circulaircs. 

m6$,^ mcsenlcre. 
FiQ. 4. — Coupe transvcrsalc montrant unc trichlne logde aa con 

tact dcs muscles circulaircs. 
Fio. 5. ~ Coupe transvcrsalc monlrant una trichlne dans Tcpais- 

scur dcs couches musculaires de la parol intestinalc. 
Fio. 6. — Coupe transvcrsalc rcprcsentant une trichino arrivee 

dans Ic mdsentcre. 
Fig. 7. — Coupe longitudinale dc Tintcstln passant dans TiSpais- 

scur du mcscnl6re ct montrant dcs trichines dans un ganglion 

mcscntcriquc. 
Fio. 8. — Coupe transvcrsalc passant par unc plaque dc Pcycr. La 

coupe intcresse Irois folliculcs, ct dans cliacun d'cuz on irouve 

dcs coupes de Iricliines adullca. 

tr. t., triehinc intcstinale dans la cavito digestive. 



Election. 



M. Cr^pin est r^^la d^l^guS de la Classe aiiprte de la 
Commission administrative pour Tann^e 1893-1894. 



f 



•. 



T 



i 

m 












r 



( *^9 ) 



(]LASbE D£S L.ETTRES. 



Seance du 8 mat 1893, 

M. P. Henrard, dirccieur. 

M. le chevalier Edm. Marghal, secr^laire perp^loel. 

Sonl presents : MM. Cb. Loomans, vice'direcleur ; 
Alpb. Wauters, A. Wagener, P. Willeins» S. Bormans, 
Cb. Piot, J. Scecber, T.J. Lamy, G. Tibergbien, L. Van- ^ 
derkindere, Alex. Henne, Gust. Fr^d^rix, le comle Goblet 
d'Aiviella, F. Vander Haegben, Ad. Prius, J. Vuyls(eke» 
E. Banning, A. Giron, membrcs; Alpb. Rivier, associe; 
le baron J.deCbeslrel de Hanefle, Paul Fredericq et 
Mesdacb de ter Kiele> correspondanis. 



CORRESPONDANCE. 



La Classe apprend avcc un prol'ond regret la morl d*UD 
de ses associ^,, M. Ad. Franck, membre de Tlnslitut de 
France, d^c4d£ le 1 1 avril dernier ii Paris. 

— M. le comte de Borcbgrave d'Altena cxprime les 
regrets de LL. MM. le Roi et la Reine de ne pouvoir assisler 
i la stance publique de la Classe. 



( 490) 

MM. |es Ministres de riol^rieur, de la Guerre, de 
fAgricollure, des Chemins de fer» ainsi que le bureau 
de TAcad^mie royale de m£decine, adressent des leUres 
de remerciemenls pour les invilalions k la m6me solen- 

— L*Acad£mie des sciences d*Ams(erdam envoie le 
programme pour Pann^e i894, dn concours de poSsie, 
rond£ par HoeufTt. 

— M. le Minisire de rinterieur el de rinslruclioo 
publique transmel : 1' une expedition de Farrdl^ royal du 
28 avril dernier, nommant membres du jury cliargd de 
juger la neuvi^me p^riode du concours quinqucnnal de 
liU^rature fran^aise (1888-1892) MM. Discailles, £d. 
F^liSy G. Kurlh, Pergameni, Stiernet, WilmoUe et de 
Groutars; 2* cinquanle exemplaires du rapport du jury 
qui a juge le concours quinquennal des sciences sociales 
(p^riodede 1887-1891). 

-— M. le MinisCre envoie, pour la bibliolbftque de TAca- 
d^mie, un exemplaire des ouvrages suivants: 

1* Les bases de la morale et du droit; par Maurice 
De Baest; 

2^ La legende et les aventures heroiques d'Ulenspiegel; 
par Ch. De Coster (nouvelle edition in-8*); 

3* VArgayon el giant d* Nioellef; par C. Renard; 

4* Portraits et silhouettes^ premiere et deuxieme series ; 
par M. de Haulleville; 

8* Proces^verbaux des seances des conseils prot; jnciatix : 
Anvers^ Liege, Hainaut (4892) ; 

6* Thedte Walton; par Jean Bury; 



(491 ) 

7* Leltres d'Elienne de Tournai (noiivelle Edition), par 
I'abb^ Jules Desilve ; 

8* Bulletin de Folklore, tome II, premier fascicule, 
1893. — Remerciemenls. 

^- M. Henrard remet, pour VAnnuaire^ le maDuscril de 
sa notice sur la vie et les (ravaux du baron J.-B.-N.-C. Ker- 
vyo de Letteuhove,aDcien membre de la Classe. — Reiner- 
ciements. 

— Hommages d*ouvrages : 

V Carlnlaire de l^eglise de Saint^Lamberi de Liege; 
public par S. Bormans et E. School meesters, tome h' 
(Collection des chroniques beiges in^dites); 

2* De rekeningen der siad Gent : lijdvak van Philipi 
van Artecelde, 1376^1589; par J. Yuylstekte (avec une 
note qui ilgure ci-aprds); 

3"* Hlstoire poeliqne des Merovingiens ; par Godefroid 
Kurlb ; 

4* a. Les collections de Bastard d'Estang; b. Catalogue 
des manuscrits des fonds Libri et Barrois; c. Note sur le 
dipartement des imprimis de la Bibliotheque nationale^ k 
Paris; d. Manuscrits latins et franfais ajoutes aux fonds 
pendant les annees 1 S7 5-189 f^ 2 parties; par Leopold 
Delisles, associ^ de la Classe; 

5* Uassistance pratique donnee en Allemagne aux 
ouvrierssans travail; par Cb« De Queker; 

6* Belgien unter der Generalstatthalterschaft Erzherzog 
Carls (1703-179i); par H. R. von Zeissberg, I. Theil. — 
Remercieroents. 



(492) 

HOTB BfBUOGBAPHIQOB. 

J*ai rboonear d*offrir i la Classe on exempiaire d*one 
poblicalion que je Tiens d*achever pour la Soci^l^gaaloise 
de lill^rature el d'hisloire o^rlaodaise : De taal is gansch 
hft talk. L'oovrage est inlilule : De Rekeningen der stad 
Gent. Tijdvak van Philips van Arlecelde, 4576^1389. 

On sail que la guerre civile qui ^lala en Flandre vers 
la fln do regne de Lx>Qis de Male, dura plus de six ans, de 
sepleinbre 1579 h decembre 1385, s'^lendanl ainsi sur 
sepi ann6es ^evinales de la ville. L*annte ^cbevinale 
commencail le 15 aoAl. 

Malbeureusemcnl la pluparl des compies de celle 
^poque si agilie oni disparu. II ne nous en est parvenu que 
la seulc ann^e 1380 en enlier, quelques fragments de 
1381 et 1582, el un £tat des defies de la ville se rap- 
portanl aux annees 1578 ik 1580, oh I'on trouve quelques 
renseignemenis relalifs aux ^v^nemenls de 1579. 

Pour donner une idee de T^tal des choses avant el aprte 
celle longue r^volle, j'ai joint i ces documents les ann^ 
1576 ei 1577 et les anniies 1587 el 1589, qui sont respec- 
livcmenl, parmi les compies conserves, les dernicres qui 
precedent la guerre el les premieres qui suivent la pacifi- 
cation. 

J'y ai joint aussi diverses pieces exlrailes des archives 
de Gand, destinies en parlie h combler, dans une cerlaine 
mesure, les lacunes des compies, et une note sur les lois et 
usages qui r^glaienl k celle ^poque Pdleclion des ^chevins 
el le parlage des fonclions el des bonneurs communaux 
enlre les irois membres de la ville, poarlerij^ kleine 
neringen et voeverij. i. Vutlstskb. 



/ 



( 493 ) 



RfiSULTATS DES CONCOURS POUR 1893. 



Concours annuel de Id Classe. 

Troisi^me question. 

Quel est Feffet de$ impots de eonsommation sur la taleur 
venate des produiU imposes? En d'autres termes^ dans 
quelle mesure ce genre d'impois pese^i^il sur le cansomma* 
teur? 

Exposer et discuter^ a I'aide de documents statisliques^ 
les risultats des experiences recemment faites a cet egard 
en divers pays, et plus speeialement en Belgique. 

€ La question propos^e reparail pour la troisi^me foisau 
concours annuel de la Classe. Comme en 1889 et en 1891, 
UQ seul concurrent se pr^sente aujourd*hui. La devise de 
son travail est idenlique Micelle que portait le m^moireqne 
MM. Rolin-JaequemynSy A. Prins et noire regretl£ Emile 
de Laveleyc ont longuement examine en 189i. Tout r^v^le 
que le concurrent est le m£me. 

En proposantdc distinguer son (Buvre, les trois premiers 
cororoissaires y avaient signal^ cependant des lacunes assez 
imporlantes pour Taire h^siler la Classe devant lesconclu-* 
sions des rapports. Notre savant confrere, M. Giron, 
aboutitencortfaujourd^hui^ une conclusion negative dana 
Texamen de TcDuvre du concurrent. J*ai done, en regret- 



( 494 ) 

tact de me s^parer de lui, h essayor de jiislifier les 
coDclosioDS que je soomels k la Classe, et qui sont 
coDforiDfs i cellos des commissaires de 1801. II imporle 
de rcchercher, avanl tout, dans quelle mesure Tauleur a 
tenu eoinpte des observations qui lui avaient i^l^ adress^s. 

La d^iinition primitive de rinip6t de consomniation 
avait ^t^ justement critiqu^e par M. Rolin-Jaequemyns; 
I'auteur lui donne aujourd*liui one suflisanle gen^ralite 
pour embrasser toutes les Tormes de cet imp6t indirect : 
accises, monopoles (iscaux, douanes, octrois, ct toutes les 
m^thodes de rccouvreroent auxquelles on a recours : c Un 
imp6t de consommation, dit-il, est, en /htV, une taxe et uq 
systftme de taxes pergues sur un objet de consommation 
de maniftre k rench(irir, an moins k concurrence de leur 
montant respectif, le prix de revicnt de la totality ou d*une 
partie des industries qui fournissent cet objet ^ la consom- 
mation locale ». En Tait, au point de vue pratique auqiiel 
Tauteur va se placer, c*est le caractire cssentiel de eel 
imp6t de grever le prix de revient du produii qui passe 
aux mains du consommalcur d*une charge au moins egale 
i^son montant; et la question qui se pose alors est de 
determiner TinOuence qu*exerce sur le prix de vente cette 
elevation du prix de revient. 

Ici Tauieur a maintenu la distindion que M.fl.de Lave- 
leye avait trouv^e quelque pen obscure cntre les iropdis de 
consommation en equilibre et ceux qui ne soni pas en 
iquilibre. Dans le rait,rimp4t en equilibre atteint unifor- 
moment tons Irs producteurs concurrents qui approvi* 
sionnent un marche : rimp6t qui n*est pas en Equilibre 
B'atteint pas ^alement tous les concurrents, ou n*atteint 
qu*ODe partie des concurrents, ^pargnant les autres. La 



w 






( 498 ) 

distinclion s'allache done aux conditions dc la concur- 
rence, lanl6t nniformes, lan(6t dilKrenles. Ainsi confue, j 
elle me paratt irr^prochablc. L'auleur n*avai( primitive* i 
menl, paratt-il, pr<(vu d*autro exemple de rimp6t en ^f ui-* 
libre que les droits per^us sur les Truils exotiques, i la 
production desquels notre climal se refuse. La critique de 
M. de Laveleye sur ce point a ^t^ suggestive. L'auteur a 
visiblement refondu touie cette partie du m^moire; 
fexemple sans porl^e des fruits exotiques a disparu pour 
faire place aux impdts de consommation per<;us sur les 
alcools, les bi6res, les sucres, les savons, le sel, les 
vinaigres, etc. : ils sont en equilibre en tanl qu'ils rench6- 
rissenl uniformi^ment le prix de revienl de toutes les 
industries similaires concourant i approvisionner un 
march6 local, ct que tons les produits similaires export^ 
en obtiennenl uniform^ment la d6charge. 

Dans r^inde de rinOuence que cette aggravation du 
prix de revienl cxercera sur le prix de vente, Tautour 
s'applique k combiner les mdlhodes deductive et induc- 
tive, en donnant la premi6re place i la m^tbode d^duc^ 
tive.lld£terminea/>rtort les cas principaux qui peuvent se 
presenter en ^levant graduellement ses bypoth&ses en com- 
plexity : le principe d*action qu'il met successivement en 
operation, c*e$l Tint^r^t personnel, et la devise de son 
<BUvrc : Nobody wiUiugiy produces in the prospect ofloss^ 
revile toute sa pensee; il est fidile k T^cole classique et 
surtout i Ricardo, mais il s^eflbrcera, dans la seconde 
partie du m^moire, de verifier ses conclusions a priori^tn 
interrogeant directement les raits,en recourant h la Torme 
la plus fiiconde de la m^tbode inductive, Pinduction sta- 
tistique,et aux riches accumulations de mat^riaux livr^es 



^' 



( 496 ) 

aujourd'boi aox savants. La question de methode domioe 
toutes les controverses modernes, toute cette vaste revi- 
sion des principes de i*^conomie politique qui se poursoil 
aujourd'hui, el dans revolution que cette science accom- 
plil sous nos yeux, la mdthode inductive, hislorique et sta- 
tistique est destin^e h prendre la preroidre place. Je 
m'associe done aux reserves si justeinent formnl^es par 
M.Giron. Copendant, il n*est pas po$>sil)le de m^connaltre 
que la conobinaison des m^lbodes adopl^e par le concur-, 
rrntyrordre suivi dans leur application sont consacr^s par 
de puissanles autorit^scontemporaines; dans la tb^oriede 
la valeur el celle des prix, Stuart-Mill, Cairnes, Stanley 
Jevons, Marsball s*appuient sur la m^tbode deductive; 
mais s'ils onl cru l^gilime, dans ce que Condorcel appe- 
lail Teffroyabie complexity des pb^nomines sociaux, de se 
d^barrasser d*un grand nombre de circonslances, de cod- 
covoir des cas abstraits, de d^duire les lois des pbdno- 
menes d'un petit nombre de Tacleurs, il faul reslituer k 
ces lois, comme Ta si neUemenl fait Tilluslre Cairnes, leur 
earaclere hypothetique ; elles n'exprimenl que des ten- 
dances modiGables vl (oujonrs modili^es dans la r^lit6 : 
cVsl pour(|uoi le conlrdle inilexible de Tinduction slatis- 
tique et bislorique doit prendre et prend une place gran- 
dissanle dans la science moderne. 

Dans la conception et rencbainemenl de ses bypolbdses, 
Tauteur r^v&le une puissance d*abstraclion et de raisonne- 
ment pen commune, el un remarquable esprit de classifi- 
catipn. II est regrettable que ces qualit^s pr^cieuses soient 
mal servies par son style. Sa pbrase est lourde, malaisiie, 
la lecture du memoire est laborieuse, penible mdme; mal- 
gr^ ces d^fauts, il suffil de tracer le plan g^n^ral de I'oeuvre 



^ 



« f 



( 497 ) 

eldlndiquer la s^rie des hypotbtees examinees par 
Tauleur, pour permetlre d'appr6cier les dilTiciill^s du pio- 
bi^me elia grandeur de reffort tenl6 pour te rclsoudre. 

Les trois seciions de la premiere parlie du m^moire sont 
consacr^es k Texamcn successifdes bypotb&ses d*un imp6l 
en 6quilibrc parrail, d*un impdt parlieltement en dquilibre, 
d*un imp6t compleleroent d6pourvu d*^quilibre Le pre- 
mier cas est le plus simple e( ne donne lieu h aucune 
division sccondaire. Le second cas est celui oili Tinduslrie 
locale est frapp6e d*une (axe ^quivalente h cclle qui adeint 
rindustrie imporlatrice, mais oil aucune d^cbarge de 
rimp6t n*est accord^e k rcxporlation nalionale. Ici des 
bypoib6ses secondaires apparaissent, m^tbodiqnement 
class^es : ou bien Industrie indigene ne sulfa pas k la 
consommation locale et Timportation est ndcessaire; ou 
bien l-industrie indigene est aple k exporter sans que les 
producteurs r^alisent de profit extraordinaire, gain de 
monopole ou rente fonciere. L'auteur distingue encore , 
rhypotbcse d*une concurrence sans obstacle, de celle oii 
des syndicats de producteurs tendent k la constitution d*un 
monopole; ou bien, enfin, Tindustrie indigene est aple k 
exporter, mais les producteurs rcalisent un profit extraor- 
dinaire^ une rente^ d'apres la terminologic de Tauteur, et 
Ik encore il distingue le regime d'une concurrence sans 
limites de celui de la formation de svndicats. 

Le troisi6me cas est celui o& I'induslrie nationale n'est 
frapp^e d'aucune taxe correspondant k cclle qui est 
perdue sur Tindustrie dtrangere. La premiere hypoth^se 
secondaire est celle de Fabsence de tout monopole pliy- 
sique ou conventionnel; Tindustrie locale pent Tournir en' 
quantity illimit^e, au coAt de production ordinaire, la ' 



1 • 



(498) 

marchandise prot^g^; la secondc hypolh6se est cclle ot 
Ics producleiirs natioaaus recuci I lent, outre le profit ordi- 
naire, une rente; la troisieme Iiypotli6se est celle de Tin* 
tervention d*un syndicat qui fixe une limite minima ao 
prix de vente. Dans une qua(ri6me hypoth^sc, Fauteur fait 
apparattre un monopole limitatif nalurel; en d*autres 
termes, Tinduslrie privil6giee pcul bien approvisionner le 
mnrclie local, mais avee une aggravation du cout de pro- 
duction ordinaire; 15 encore il pourra y avoir ou absence 
ou intervention dcs syndicats. 

Telle est la vaste application de la mi^thode deductive i 
iaquclle proc^de Tauleur; tels sent les cas dans lesquels il 
^tudie a priori les fluctuations que Topcration de Tintdrdt 
personnel communique i Vottve et i la dcmande dcs pro- 
duits, et recherche les tendances durables qu^aflecteront 
finalement les prix. L*induction slatistiqne doit ressaisir 
alors les conclusions du raisonnement dcductif pour les 
soumcttre h la verification expiirimenlale. Ce sont les 
applications de cette double mdtbode qu*il s*agit d'appr£- 
cier. Elles se rapportent toutesaux diverscs hypotheses du 
troisieme cas, ou de Tabsence complete dY'quilibre. 

Premiere application de lUnduciion stalisliqve. — L*in- 
dustrie nationale est en 6m d*approvisionner compl6te- 
ment le marchd national, sans augmentation du coAt de 
production,c*est-(^-dire,d*apresla terminolc^ie de Tauteur, 
sans monopole limitatif physique. II n'y a plus, non plus, de 
monopole conventionnel ou dc syndicat, et mdme Tid- 
dustrie recueille une rente. Dans cette hypotb&se, la con- 
clusion du raisonnement dtkluclir est qu^il y a tendance 
durable vers une bausse nulle de.% prix. L'exemple choisi, 
et donl I'auteur empronte les elements k M. Godin-David, 



( 499 ) 

estceloi de la bouille, « L*imporlalion de la houille, dit-il, 
a 6i6 80omise en Bclgique, depuis 1822 i ddcembre 1853, 
i un droit d*enlr£e de Tr. 14,80 par tonne. Pendant cetle 
p^riode, la production indigdne sobissait sans doute no 
certain rencbcrissenicnt legal, par Teflet des redevances 
ou des (axes locales, mais cette charge du prix de revient 
o*^tait en rien comparable au droit probibilifde fr. 14,80 
par tonne pr6leve sur Timporlation. » De 1854 ik 1857, 
Tentrde du cbarbon fut libre, ainsi que de 1865 k 1880; 
de 1858 & 1865, il y eut une p^riode de droits mod^r^s. 
L*auteur oppose Ics moyennes des prix de la p^riode des 
droits eleves (rr. 0,60), des droits moderns (rr. 10,75) et 
de la libre entree (rr. 12,41), et constate que cVst pebdant 
la p6riode de libre entree que les prix sent le plus £lev^. 
Faut-il conclure de ces faits que Tinfluence du droit de 
douane ait 6(6 nulle? L*action de la concurrence a-t-elle 
6ii assoz <^nergique pour en conjurer conipl6tement les 
effets? Les prix rccllement atteinls,en presence de Tdnor- 
m\i6 du droit, ont paru di^cisifs aux yeux de Tauteur. 
Considerons cependant qu*il se trompe en pensant que le 
droit de fr. 14,80 ait subsist^ pendant toute la p^riode 
d*exp^rience« En effet, le decret du 29 juin 1831 a r^duit 
i fr. 5,50 par tonne le droit sur les houilles fran^ises; les 
lois do 16 novembre 1857 et du 25 fevrier 1842 ont r^uit 
k 1 franc par tonne les droits sur les houilles prussiennes 
penetrant par la frontiire luxemlK>urgeoise, ce qui nous 
roene dej5 loin d'un droit prohibitif. En second lieu, nous 
n*avons aucune donn^ : 1"* sur les prix de la houille en 
Belgique avani le (arifde 1822 et pendant les nenfanndes 
qui en suivent Tapplication ; 2* sur les prix internationaux 
aux inAmes ipoques. En troisiftme lieu, tons les prix pos- 
t^rieurs k 1853 sonl affect^s par la d^prteiatian de la 
monnaie, qui a &i6 port^ & 18 et 20 */« jusque vers i865; 



-,- ^ 



( SOO ) 

pendaol la seconde pdriode de libre entree, les prix de la 
houille, de 1871 k 1875, ont, sous Tinfluence de la iievre 
industrielle,aUeint une hauteur qui n'a jamais £t£ d^pass^e. 
Aprds 1880, dans cette mime p^riode, ils subissent une 
depression gradiielle. L'appliealion de la m^thode stalis- 
tique est done, il faut le rcconnatlre, ici tr^s imparfaite, 
bicn que la tendance signalde par Taulenr soil rationnelle- 
oient deduite. On jugera de la ndcessit^ d*une application 
methodique de la slatistique comparative par Pexemple des 
droits sur les c^ri^ales succcssivement ^tablis en France 
depuis Ic8 lois de 1885 el de 1887. Que de fois n*a-l-on vu 
les ^crivains qui nienl systematiqucment Tinduence des 
droits de douane sur les prix, invoquer ce fait que, depuis 
leur 6tablissement en France, les prix du froment se sont 
abaiss^s au-dessous m£me des prix anl6rieursl II a suffi, 
comme le montre Ic diagramme que je joins h cette note (1), 
de mettre en parallele les variations des prix sur les mar- 
ches restds libres, pour dissiper cette erreur et rdvdler un 
^cart persistant correspondaul sensiblement k la hauteur 
des droits per^us. 

Deuxiime application de ^induction stalistique. — Cest 
rhypoth^se d'une Industrie apte k satisfaire k tous les 
besoins de la consommation indigene au prix international, 
mais qui priisente la constitution d*un syndicat empdchant 
la vente au-dessous d'un certain prix. Cette hypoth&se a 6i6 
parfaitemenl expos6e par ftl. Rolin-Jaequemyns : je n'y 
reviens que parce que Tauteur a prolong^ ses observations 
jusqu^au 1'' Janvier 1802. Depuis juillct 1879, Timporta- 
tion du rail d*acier est soumise en Allemagne k un droit 

(I) Cc diagramme est ddpos6 dans lesarcliivcs aveo le manascrit 
do rapport 



! 



(801 ) 

d'eolr^e de 25 marks (fr. 31,25) par tonne. La production 

indigene ne supporte pas de charge Oscale. II y a done 

conoplet in^quilibre. La p^riode ^tudi^e est celle qui suit 

la rupture du syndicat international de Tacier en 1886, 

pour ne laisser subsister en Allemagne que Tinfluence du 

syndicat national. La m^thode deductive avait conduit 

Tauteur k formuler cette loi : si Tindustrie privil^gi^e par 

un droit de douane £tabli sans ^quilibre, est dotie d*un 

monopole volontaire, la hausse du prix de venle pent 

varier entre le prix ant^rieur ill la taxe el le taux du t 

monopole, dans la limile du rencherissement impose au 

prix de revienl de Cindusirie taxee, 

L'observation a v^rifi^ cette tendance. Pendant les cinq 
ann^es et cinq mois de la p^riode d'exp^rimentalion (aoAt 
1886 — 1*' Janvier 1892), le prix rooyen du rail d*acier a^ie 
en Allemagne de 123*,77, et sur le march4 international 
de92",S3. Diff<§rence en faveur du prix allemand, 51"*,24. 
Cette difference moyenne n*exc6de le montant des droits 
que de 6*,24. Pius la concurrence internationale a 6i& 
vigilante et ^nergique, et plus la diffiSrence s'est r^duite. 
L'^art moyen s'explique pour la plus grande parlie par les 
avantages de situation des aci^ries allemandes relativement 
i leur marcb^. La v^riGcation inductive est complete, et 
c*est Ik une excellente application de la methode faite par 
Tauteur. 

Troisieme application de Vinduetion slalislique. — Cette 
iroisiime application est relative au cas ob, le droit de 
douane £tant sans ^quilibre, Timportation d^passe Texpor* 
talion^et Tindustrie priviMgi^ est affect^e d*un monopole 
physique relatif, c*est-i-dire qu'elle ne peut augmenter la 
production dans une mesure suflSsante pour salisfaire la 

3"** StelBy TOMB XXV. 34 



( 502 ) 

demaode, ou ne le pent sans ^l^vation do coAt de pro- 
duction. Dans cette hypoth^se, Temploi de la m^lbode 
deductive avait conduit k cette conclusion, que le droit de 
douane etabli impose au prix de revient de la production 
indigene une hausse egale aux firais supplementaires aux^ 
quels les quanlites lotales necessaires a la consommaiiou 
peuvent etre fournies par la production indigene. C'esC ce 
qo'il s'agissait de verifier indactivement. 

lei, les recherches de Tauleur sont nouvelles; elles lui 
ontet^ inspir^es par de Laveleye, pr^occup^ surtout, dans 
son rapport, de Tinflueuce des innpdls de consommation 
sur les prix du ble et de la viande. Cette pariie conside- 
rable du m^naoire (elle en forme plus du tiers) t^moignc. 
d'un esprit d'investigation remarquable; Tauteur a su ne 
pas reculer devant les recbercbes les plus noinuticuses et 
les plus complexes : les materiaux qu'il accumnle sont 
considerables, et peut-^tre eAt-il bien fait d*en reporter la 
plus grande partie dans un appendice, pour alldger son 
expose. L'exemple cboisi est celui desdroits k Pimportation 
sur les c^r^ales en Allemagne. 

L*auteur expose, dans une introduction, les diflicultes 
que rencontre I'application de la m^tbode statislique. it 
s'agit de comparer, avant et apris Tapplication de I'impdt 
de consommation, les variations des prix du marcbi pro- 
tege aux variations des m^mes prix sur les marcbes rest^s 
libres, sur le marche international; il s'agit ensuite de 
tenir comple des circonstances etrang^res qui auronl, 
depuis reiablissement du droit, affect^ les prix soit sur le 
marcbe international, soit sur le marcbe protegi; des 
causes secondaires d'erreur doivent etre, en ouire, eeartees 
avec soin. 

Les cereales dont il aborde reiude sont le fromenl, le 
seigle, Tavoine; les periodes d*experimentation des droits 



( 803 ) 

aont : 1* les anodes 1880-1884, pour le droit de 10 marks 
^r (onne; ^ Tann^e 1886, pour ie droit de 30 marks par 
tonne ^dc froment et de seigle, de IS marks par tonne 
d'avoine; 5"* les ann^es 1889-1800 pour eelui de 50 marks 
par tonne de froment ou de seigle, de 40 marks par tonne 
d*avoine. La periode de comparaison embrasse les ann^es 
1875-1870; et les prix du march6 international seront 
ceux de PAngleterre, des Pays-Bas, de la Belgique pour 
le froment et Tavoine (le march6 central sera FAngle- 
terre); des Pays-Bas, de la Belgique et, avant tout, de 
TAIIemagne elle-m6me pour le seigle. Cost a cesprix que 
Tauteur compare non seulement la moyenne des prix de 
I'Empire, mais les moyennes des fitats principaux de 
TAIlemagne. 

Le premier r^suitat important des recherches induc- 
tives, c*est la constatation d*une hausse nominale des prix 
des c^r^ales aux diverses p^riodes d'exp^rience : mais cette 
bausse n*est pas la m^nie relativement aux diff£rents mar- 
ch^s qui ont servi de termes de comparaison. A regard du 
marche international central, I'Angleterre, pour le froment 
et Pavoine, la hausse moyenne est plul6t sup^rieure au 
montant des droits success! vement ^tablis; mais k regard 
des marches du Danemark, de rAutriche-Hongrie, 
d'Odessa, elle est sensiblement inf^rieure. 

L*auteur s'engage done dans une nouvelle s^rie dc 
laborieuses recherches pour trouver Texplication des hearts 
de hausse. II aboutit k une seconde conclusion : c'est que 
les causes de rel^vement des prix qui ont op^r^ sur les 
marcbds du Danemark, de rAutriche-Hongrie, d'Odessa ont 
^te sans action sur les prix en Allemagne, et n*ont pas con^ 
tribui k modifier leurs rapports avec les prix internatio- 

IMIOX. 



( S04 ) 

(I aborde ensuite T^tude comparative des £carU de 
hausse entre le march^ central c( les dilT^rentes parties de 
lAllemagne, et il est anient k une troisi^me s^rie d'expli- 
cations parlielles qui raitachent ces hearts soil aiix varia- 
tions des quantit£sdec£r£ales produites ou import^es, soit 
aux changements subis par les Trais de transport. Cest 
ainsi qu'il arrive k une conclusion gen^rale, connrmative 
de son raisonnement d^ductir, que : ^tant donn^es les con- 
ditions rappel^es ci-dessus du march^ allemand, les droits 
de douane comrouniquent aux prix de vente une ten* 
dance k la hausse au moinsi concurrence de leur noontant. 

L'auteur se proposait d^^tendre ses Etudes k ia France. 
II nous dit, dans les derniires pages de son m^moire, qu*il a 
recueilli des mal^riaux considerables, mais que le temps 
lui a manqu6 pour les mettre en oeuvre. II faut le regret- 
ter; il Taut regrelter aussi que I'bistoire de la legislation 
douani^re beige n'ail pas fourni plus d'exemples et que 
la loi du 18 juin 1887, dtablissanl un droit sur le b^tail, 
n'ail provoqu^ aucunes recherches. Le desir exprim6 par 
M. Rolin-Jaequemyns de donner plus de place aux syndi- 
cals (trusis) cAt pu dtre plus largement satisrait. Les 
I^.la(s-Unis ofTraient un vaste champ d'observation k par- 
courir, et Ton jugera de la n^cessil^ d^^tudier Taction des 
trusts sur les prix, par le seul t^moignage de M. Edwards 
dans son rapport au Gouvernement am^ricain. Mais, mal-* 
grc ces iacunes, ce qui resle acquis, c'est que Tauteur est 
aujourd'hui en pleine possession des m^thodes scientifiques 
les plus f^condes, qu*il les applique avec une infatigable 
ardeur, une precision croissante, une remarquable ind6- 
pendance d*esprit, un fervent amour de la v^rit^. Or, ce 
sont \kf assortment, des titres a la bienveillance de TAca- 
d^mie. LNeuvre, d^ji si profond^ment remani^e, peut £tre 



( 808 ) 

^largie el am^lior^e encore. L'auleur s y prepare, il nous 
le dil dans un langage (oiichant. L'Acad^mie, en disdn* 
gaanl ce m^moire, r^compensera justenienl tin rude labeur, 
et donnera le signal d'un effort encore plus ^nergique et 
d*on profit incontestable pour la th^orie des prix, dans nn 
temps oik plus que jamais la science doit direclement 
inspirer la pratique des gouvernements. • 



< Un m^moire portant cette devise : Nobody willingly 
produce in the prospect of loss a 6t6 d^pos^ en r^ponse ik 
la question pos^e par la Classe des lettres. 

L'auteur ^tablit d'abord que les imp6ts de consomma- 
lion ont pour effet de rench^rir, au moins k concurrence 
de leur montant, le prix de revientde la totalile ou d'une 
partie des industries qui Tournissent les objets de con- 
sommalion. 

II expose ensuile que Teffet exerc^ sur le prix de vente 
d'un produil par un rencherissement du prix de revient 
depend de Taction et des reactions exerc^es successive- 
ment par ce rench^rissemenl sur Tint^rSt et les moyens 
d'action tant des entrepreneurs d'industrie que des con- 
sommateurs. 

Or, cette action et ces reactions varient : 

i*" Suivant le mode d'etablissemenlde Timpdt ou plutdt 
suivant les monopoles l^gaux qu'il cr^e; 

^ Suivant T^tal ^conomique au point de vue des 
monopoles des diverses industries qui fournissent le 
produit. 

Au point de vue des monopoles que cr^e une taxe de 
cousommation, il se peul qu'elle impose un rench^risse- 



( 806 ) 

ment equivalent an prix de revient de chacune des 
industries qui alimentent le march^t et qu'elle accorde uoe 
ristourne ^quivalente i Texportation. C'estce quefauteur 
appelle la taxe en parfait ^quilibre. 

II se pent aussi que la taxe impose ce rencb^rissemebt 
aux induairies nationales, sans accorder une restitution 
^quivalente h Texportation. Cest ce que Tauteur appelle 
une taxe sans ^quilibre international. 

II se pent ^alement que la laxe impose un rencb6risse- 
ment au prix de revient d*une partie seulement dcs 
industries qui fournissent un produit & la consommation 
nationale. C'est ce que Tauteur appelle une taxe sans 
^quilibre national. 

Poursuivant son travail d*analyse, Tauteur examine les 
<^tats ^conomiques gin^raux d'une industrie qui fournit Ic 
produit tax^. 

Cette industrie peut, dit-il, se trouver impuissante, en 
vertu d*un obstacle naturel, physique ou technique, k 
subvenir k la consommation nationale au prix ant^rieur k 
ia taxe. 

Elle pent aussi £tre apte k fournir des quantitds sup^- 
rieures k la consommation nationale, tout en assurant un 
benefice extraordinaire aux coop^rateurs de la production. 
Elle pent aussi dtre apte k fournir des quantit^s sup4- 
fieures aux quantit^s que consomme la nation, moyennant 
i\es frais de production qui correspondent sensiblement 
aux prix ant^rieurs. 

Aprte avoir ainsi divis6 les Aliments da problSme, 
Tauteur aborde Texamen d^taill^ de chacune des faces de 
•ce probl^me. 

II recherche d*abord quelle est la tendance imprim^e 
au prix de vente par un imp6l de consommation en 
«quilibre parfait. Sa conclusion est qu*un imp6t de con- 



( »07 ) 

sommatioD en ^quilibre parfait impriine au prix de venie 
«lu produit tax6 une tendance permanente vers une hausse 
egale au rencherissement impost au prix de revient. 

II recherche ensuile quelle tendance imprime au prix 
de vente un impdl de consomniation depourvu d*^uilibre 
pour Texportation seule. II arrive k la conclusion suivante : 
€ Si la rente pay^e par une Industrie qui exporte est 
9 inferieure par produit au montant d'une taxe de coo- 
» sommation sans ^quilibre international^ le prix de la 
» vente hdussera k concurrence de la diffi§rence entre le 
» montant de la rente et de la laxe, car en tant qu'il y a 
» rente il ne pent y avoir de hausse, et en tant qu*il h'y 
» a pas de rente il doit y avoir hausse, conform^ment k 
p la loi des frais de production. > 

L*auteur recherche, dans la troisieme section de son 
travail thtorique, quelle est la tendance imprim^e au prix 
de vente par une taxe d^pourvued*^quilibrei tons ^gards. 

Si Tindustrie privil^giee estexempte de tout monopole, 
le niveau normal du prix de vente tend, d*apr6s lui, a se 
r^gler d*apr^s le montant des frais de production. 

Si rindustrie exempte de taxe est favoris^e par un 
monopole, la solution est la mdme que dans le cas prece- 
dent. 

Si rindustrie privil^gi^e livre sans rente ou avec rente 
ei avec un syndicat les quantit^s n^cessaires au march^, 
ce monopole conventionnel a, en r^gle g^n^rale, les 
m^mes effets qu*une taxe sans ^quilibre pour Texporta- 
tion. 

EnQn Tauteur examine les ph^nomines complexes qui 
se produisent si rindgstrie exempte de taxe est affect^ 
d'un monopole limitatif naturel, physique ou technique, 
eu ^ard k la livraison au prix ant^rieur des quantity 
n^cessaires au march6. 



- f 



( 808 ) 

La deuxieme parlie dii m^moire se compose de volu- 
oiineux tableaux slatistiques iDdiquanl la production el le 
mouvemeul commercial des diflerenles marchandises qui 
se consommenl en Belgique et dans les autres pays de 
TEurope. 

La m^thode que Tanteur a suivie pour trailer la question 
soumise au concours me paratt sujette k critique. 

L'^conomie politique ^tant une science controvers6e e( 
douleuse, il aurail dill, i mon sens, prendre pour point de 
depart les fails constates par les slatistiques, les analyser 
s^par^menl et, par une s^rie* de deductions logiqnes^ 
aboulir a des conclusions g^n^rales. 

II a proc^d^ autrement. II a formula a priori une 
quantity de principes dont la parfaile exactitude est loin 
d*dtre d^montr^e. 

Les regies qu^il ^nonce au d^but de son travail ne sonl 
pas appuy^es sur des preuves suflTisamment precises. 

Elies sont formul^es d*une mani^re tellement abslraite 
qu*il est souvenl difficile de comprendre ce quil a voulu 
dire^et lorsqu'on veul en rechercher la confirmation dans 
les tableaux slatistiques qui constituent la deuxieme parlie 
du m^moire, on ne parvienl pas loujours k decouvrir le 
rapport qui existe entre les principes el les documents 
justilicatirs. 

Le style du m^moire est parfois lourd et incorrect^el la 
pesanleur de la phras^ologie augmente Tobscurit^ des 
abstractions dans lesquelles se complati Tauteur. 

J'estime, en r^sum^, que ce m^moire prdsente» tant au 
point de vue scientiiique qu^au point de vue litt^raire, des 
lacunes el des incorrections qui ne permettenl pas de le 
couronner. » 



r 



( 809 ) 

€ Me r^r^ranl aux avis exprim^s en 1801 par MM. Rolin- 
JaequemyDS el Cmile de Laveleye el au rapporl si d^ve- 
lopp^ el si conjplel de M« Heclor Denis, je nie rallie aux 
conclusions de ce dernier. Avec M. Denis je pense que, 
malgr^ rimperfeclion de la forme, signal^e ^ jusle lilre par 
M. Giron, Tauleur du m^moire a fait une OBuvre conside- 
rable el ulile, d^nolanl une science r^elle, el que ses efforts 
consciencieux m^rilent d'etre encourages. > 

La Classe^ se rallie i la noajoriie de ses commissaireSy el 
d^cerne k Tauteurdu memoiresa medaille d'ord*une valeur 
de huU cents francs. 

L*ouverlure du billet cachet^ fail connatlre que ce tra- 
vail est dA k !!• Herman School meesters, juge de paix h 
Mechelen-sur-Meuse. 



ClI«QUl£:ilE QUESTION. 

Fatre, d'qpres Us r^suUats de la grammaire eomparee, 
Mne Hude sur le redoublement dans les themes verbaux et 
nominaux du grec et du latin. 

€ La cinquiime question, remise au concours en 1891, 
demande de c faire, d^apr^s les r^sullats de la grammaire 
compar^e, une etude sur le redoublement dans les themes 
Terbaux et nominaux du grec et du latin ». II y a deux 
ans^notre regrette confrere, M. Roersch, a fait un rap- 



^ 



(510) 

port <ilendu sur uii m^inoire euvoye en r^poDse h celte 
question. 

c Avec un zk\e louable et une grande connaissaoce de 
la litterature lingnislique rooderne, disail-il, Tauteur a 
compulse toules les dissertations, programmes et articles 
de revues qui poiivaient lui fournir des renseignements. II 
a examine de mdme ce qu^apprennent sur la mati^re les 
trait^s g^n^raux de grammaire compar^e ou les ouvrages 
sur la grammaire et Tetymologie grecques et lalines. Aucun 
^crit n*a 6chapp^ k son attention. II a reuni et class^ avec 
m^thode les faits ainsi recueillis et les a exposes dans un 
style g^n^ralement clair et non depourvu de certaine €16" 
gance. Son m^moire pr^sente Bd^lement P^tat actuel de la 
question ; il nous donne le dernier mot de la philologi^ 
sur la plupart des objets qui s'y rattachenL > 

c Ce qui lui manque, c*es( Toriginalit^. Ne travaillam 
pas avec assez d'ind^pendance, unobservant pas les ph^no- 
mines k la suite de recherches personnelles, ne remontant 
pas par Iui-m6me aux principes et aux lois qui les gou- 
vernent, Tauteur n'a pas augmente les fails d£j& C4>nnus, 
ni doming suliisammenl la matiire pour se prononcer sAre- 
ment sur les questions controversies , pour decider ce qui 
pouvait 6tre affirm^ comma cerlain et ce qu'il fallait con* 
sid^rer comme douteux. > 

La question fut done remise au concours pour permettre 
i Tauteur du memoire de combler les lacunes signal^es. 
Nous regrettonSy comme il arrive d*ailleurs souvent, que 
Tauteur ne soit plus rcntre en lice. Le travail qui a ^t^ 
adress^ k TAcademie, portant la devise : Non recuse labo-' 
rem^ ne r^pond absolument pas k la question posie. L*au<- 
leur n*a pas m6me lu le rapport de M. Roersch, qui expose 



( 5H ) 

si clairement la portee de la question. Ou, s'il Ta lu, il oe 
I'a pascompris. Sinpn^ il n'aurait pas envoy^ k TAcad^mie 
un cahier d*une qnarantaine de pages, qui, k c6l^ de cousi- 
derations g^n^rales peu exactes et de certains appendices 
qui nesont que des hors-d'oeuvre, renrerme,au lieu d*une 
^tude sur le redoublement dans les themes verbaux et 
nomtnaujp du grec et du latin, un trait6 ^l^mentaire sur 
la formation du redoublement et de Taugmcnt des verbes 
grecs et latins, copi6 dans les grammaires classiqued de 
Cbassang. 

En consequence, i roon avis, il ne peut Aire question de 
couronner ce m^moire. » 



c Je ne puis malheureusement que ratifier le jugement 
de notre confrere M. Willems. L'auteur n's^ pas refus^ le 
travail, il a fait prcuve d*erudition. Mais il n*a pas compris 
la nature d^une 6tude acad^mique qui n'est pas un resume 
de la science faite, mais tout au moins une irruption sur le 
terrain de la science k faire. II m^rite louange et encoura- 
gement au point de vue oix il s*est plac£; malheureusement 
ce n*est pas le ndtre» et TAcademie, me semble*>t-il, ne peut 
consacrer ses Memoires k des resumes de cette esp6ce. 
Une revue savantc ne lui donnerait pas ses pages. > 

M. Wagener, troisi&me commissaire, se rallie aux con* 
elusions de ses deux coll^ues, MM. Willems et de Harlez. 

V A Classe adopte les conclusions de ses commissaires. 



( 8*2 ) 

SlXI]feME QUESTION. 

On demande une elude $ur les divers syitemes peniien^ 
tiaires consideres au point de vue de la theorie penale el 
des resullals oblenus. 

€ Le m^iDoire porlant la devise : Travail^ esl ud expos^ 
des diffi^reDts syst^mes p^nitenliaires appliquds dans le 
iDODde civilis£.ll s'^lend surloul longuement sur les insti- 
tutions p^nitenliaires beiges, dont il d^veloppe Torgani- 
sation pratique avec un grand luxe de details adminis- 
tralifs. Pour les autres pays, il r&uroe leurs institutions 
d'uue mani^re asscz compl^tey lout en se pla^ant toujours 
au point de vue des fails pluldl qu*au point de vue des 
principes et en ne ^'^levanl jamais k des conceptions %&n& 
rales. II se lecmine par des considerations sur renfance, le 
vagabondage et la mendicit^y dont beaucoup ne se rap- 
portent pas directementau sujet k trailer. 

En resume, c'est un travail consciencieux el qui 
t^moigne de rechercbes louables. Mais il n'^vile pas assez 
le reproche de banaliti et il a, en outre, le d^faut essenliel 
de ne pas r^pondre k la question du concours. 

II s'agit d'^tudier les f^ystimes p^uitentiaires au pom/ 
de vue de la theorie penale el des resullals oblenus. Or» 
Tauteur examine surloul le fonctionnement des prisons; 
il reunil quelques-uns des mat^riaux n^cessaires pour 
r&oudre le probldme ; il s'occupe fort peu des theories 
p^nalesetdes r^sultats oblenus. II fail, en passant, des 
reflexions souvenl jusles. Maisces reflexions, qui devraient 
eire la substance mSme de son travail, en sont Taccessoire. 



( 813 ) 

II e£Deure sod sujet; il n'approfondit aucune des graodes 
questions si inl^ressantes, si vivantes que soulive aujour- 
d'bui r^tude propos^e aux concurrents. J'ajoule que le 
style du m^rooire laisse parfois i d^sirer sous le rapport 
de la correction. 

Or» il a paru, dans ces derniftresann^es^tant de travaux 
originaux sur ces mati^res, il y a eu, aussi bien au point 
de vue de Thistoire qu'au point de vue de la pbilosopbje^ 
de la statistique et de la science sociale» un tel renouveau 
d'idies et de controverses, que Ton est en droit de se 
montrer s^vire dans Tappr^cialion du m^moire. 

Assur^ment TAcad^mie, en mettant au concours la 
sixi&me queslion,n*a paseu Tintention d*exiger des auteurs 
la production de conceptions personnelles, mais elle a dA 
avoir le d^ir de trouver dans leurs oeuvres une trace quel- 
conque du mouvement scientiQque contemporain, un ^cbo 
des discussions d'^coles, un reQet des preoccupations qui 
dominent les savants. 

Le manuscrit ne remplissant pas ces conditions et 
n'^tant pas une veritable r^ponse k la sixi^me question, je 
ne puis proposer k la Classe de lui accorder le prix. > 



c Le manuscrit qui a pour devise : Travail, pr6sente un 
expose souvent int^ressant des institutions p^nitentiaires 
etablies en divers pays et plus particuliireinent de celles 
e.xistant dans- le nAtre. II offre une description plus ou 
moins detaill^e de Torganisation p^nitentiaire et de son 
fonctionnement. Ce n*est pas une elude sur le$ divers 
systhnes penitentiaires consideres au point de vue de la 
theorie penale et des resullats oblenus. 



( nu) 

L'aateur dc 8*est pas renda un coospte eiacc do aeos 
el de la port^e de la qoeslion mise au concours et appar- 
tenaot au groope des scieocea philosopbiques. 

Eo demandant une ^lude sur les systemes p^niten- 
tiaires consid^r^s au point de vue de la lh6orie p^nale, la 
Cla8se avail en vue les priocipes phik>sopbiqoes concer- 
nant le droit de pnnir, le but de la peine, ses caract^res 
essentiels, ses r^sultats accidentels, Tesp^ de peine k 
infliger, la conciliation enlre le principe de la justice 
repressive et celui de ramendement du coupable, la limite 
d'action de ces principes dans le syslime p^nitentiaire 
comme dans la legislation p^nale, etc. 

D*autre part, la Classe demandait une discussion 
€ des r^sultats obtenus » en mati6re de recidive, par 
exemple, eu ^gard aux divers systemes penitentiaires, aox 
moyens d'amendement qu*ils emploient et aux importantes 
questions de psycbologie morale qu*ils soulevent. 

Le m^moire, en negligeanl le plus souvent Tun et 
Pautre de ces points de vue, manque d^ei^vation et de 
profondeur et ne repond qu'en parlie k la question posee. 
Par ce motif decisif, je me rallie aux conclusions du 
premier rapport. » 



Mmppot^ dm M, T i bm ay f h imMf iwrnimi^wntm 99a m m t i§ 9 mir >9, 



€ 



J'adopte enti^rement les considerations presentees et 
les conclusions proposees dans les deux premiers rap- 
ports. 

Le memoire soomis k notre appreciation n*esl pas 
sans merite, mais il a de graves defauls qui ne permeltent 
pas k TAcademie de lui accorder un encouragement. Cest 



( MB ) 

un travail honn^le, sens^, pratique, qui denote des con- 
Daissances adininistratives, mais qui manque de m^thode 
et ne r^sout pas la question pos^e.On demandait une ^(ode 
ih^orique et philosophique, et la th^orie et la philosopbie 
font absolument defaut. Le probleme mis an concours 
touche k fensemble des sciences morales et politiques, il 
int^resse k la Tois la psychologies la morale^ le droit 
natbrel, le droit penal, la religion, la p^dagogie et mdme 
rbygiine; il implique une connexion intime, inconnue 
avant notre ^poque, entre |e droit et la morale, entre la 
repression et la charil^, entre les destinies individuelles et 
les fonclions de Tfilat comme organe de la justice, et 
Taulcur ne semble pas m£me se douter qu*il y a \k une 
foule de points k exposer isol£ment,i ^lucider, k rattacher 
les iins aiix aulres, k discuter et k d^fendre enfm contre 
les ^coles contemporaines, qui rejettent la liberty et la 
responsabilil^ de riioAime, qui contestent le droit de punir 
et la passiLilitc de Tamendement, qui voient dans les mal- 
faiteurs non des coupables, mais des dlres dangerenx, qu'il 
Taut retrancher sans piti^ de la soci^t^ huroaine. 

La question posee ^tait difficile, je le veux bien ; mais 
ceux qui ne possedent pas de connaissances philosopbiques 
suffisantesnedoivent pas se presenter au concours. L*au- 
teur fait, en passant, T^loge de Ducpetiaux, qui a cr^ le 
systSme p^nitentiaire en Belgique. II pouvait faire mieui. 
S'il avait ^ludi^ seulement les ouvrages de cet esprit ^lev^ 
et g^n^reux, il aurait riuni iijk les princi pa les conditions 
voulues pour faire un travail convenable. Sans dtre un 
philosophe de profession, Ducpetiaux avait une intuition 
ir^s nette de toutes les questions de Tordre moral, juridique 
et social, el il en a fait une application remarquable k la 
tbtorie rationnelle de la peine. 



( Si6) 
Cest pourquoi j'estime que la question peut rester 
au Goncours, et j'en proposerai le mainlieo en temps et 
lieu. » 

La Classe, adoptant la proposition de ses commissaires, 
ne d^cerne pas le prix propose. Eile examinera s*il y a lieu 
de maintenir la question au programme de concours. 



SEPTl£:]fB QUESTION. 

Faire Fhislorique de la philosophie scolastique dans Us 
PayS'Bas et la prineipauU de Li^ge, jusqu'a la revolution 
franfaise, 

€ Un seul m^moire a el& regu en r^ponse i la septidme 
question. II porte pour devise le calibre vers de Terence : 

Homo fttifty humani nit a me alienum pulo. 

Le manuscrit coroporte 723 pages, sans compter ies 
nombreuses notes et la table des mati^res. C*est plus qu'un 
m^moire : c*est un livre. 

L'auteur prend soin, avant tout, de nous ^difier sur son 
attitude et de justilier son plan, Trop longlemps la philo- 
sophie du moyen ftge a &i6 dedaign^e : le travail opi- 
niil^tre et fi^cond des monographes a enfin mis un terme 
aux appreciations superficielles ou passionn^es qui ont eu 
pour r^sultaty soit d'accr^diler de grossiires erreurs, soit 
de confondre dans la mdme proscription les conceptions 
des grands maltres et les sublilit^s pu^riles de leurs Epi- 
gones de la decadence. II s*agit maintenant de rendre it 
chacun ce qui lui revient. 

Quant au plan adopts, il importe de remarquer que 



( »17 ) 

noire bistorien n*eQ tend pas se perdre dans les d^tails^ 
sous pretexts d*£(re complet; il tient, en revanche, ft 
metlre en relief ce qoi est r^ellement essenlieL Et il 
eslime que pour en venir 1^, ie mieuz est de faire servir 
SOB expos^ bisiorique de cadre i une importante monor 
graphie, comme Pa fait M. Auger, sur les conseils de 
H. Tiberghien, en groupant tous les mystiques beiges 
autour de Ruysbroeck. Le portrait k encadrer est ici celui 
de Henri de Gand» dit le docieur aolennel. L'auteur a tra- 
vaill^ sur les sources, et son cboix a 6t^ d'autant plus beu-; 
reux qu'il s*est ainsi trouv^ plus d^une fois dans Tocca- 
sion de corriger des traditions sans base solide, atCribuant 
k Henri des theories qu*il r^pudiait ouvertement. 

Tout en traitant avec un soin particulier et dans de$ 
proportions beaucoup plus larges la figure saillante de 
Henri de Gand, le concurrent n'a d*ailleurs pas oubli6 
qu*il avait k remplir le programme trac£ par la Classe des 
lettres. 

Apris avoir montr^, dans une intdressante introduction, 
que la scolastique ne se distingue pas seulement par cer- 
tains proc^d^s ou par un langage sui generis qui a fait 
d*abord sa force et ensuite sa faiblesse, mais par son 
allacbement k deux ou trois id^es fondamentales qu'elle a 
emprunt^es h Aristote pour en suivre revolution (la th6o* 
rie de la puissance et de Vacte, V\d6e de la finalite), il 
etablit que c*est seulement au XIII* siicle que cette pbilo- 
sophie, d*ailleurs ancilla iheologim^ s*est £lev6e k la con- 
science d'elle-m£me. C'est une veritable 6cole» oii Ton va 
apprendre k joAter conlre toutes sortes de rivaux, les ^ri* 
g^nisles, les averroistes, les mystiques. 

Tous les efibrts vont enfin se conceotrer autour du pro- 
Mime des universauxy suscit^ par la fameuse pbrase da. 

3** S^RIK, TOMB XXT. 35 



d 



( 818 ) 

Vliagoge de Porphyre traduite par Boece: Jfox de generi- 
bus et speciebusy etc. 

Ces pr^liminaircs nous conduisenl k la division de Tou* 
vrage. il comprend deux parlies natureliemenl indiqaees : 
rhistoire de la scolaslique avant et depuis la fondatioii de 
rUniversil^ de Louvain. 

I^ premiere partie se subdivise en qualre cbapitres, 
savoir : 1. Les debuts de la vie philosopbique jusqu*ii la fio 
du XI' siiclc; 2. Les ^coles pbilosophiques du Xli* siecle; 
3. Henri de Gand; 4. Le Xlir el le XiV- siMe. 

La deuxiime parlie comprend sept cbapilres, savoir : 
1. Coup d*(eil general sur les ^lablissemenls pbiloso- 
phiques dans les Pays-Bas; 2. Dominique de Flandre, 
Pierre et Georges de Bruxelles, Jean Dullaert; 3. La sco- 
laslique el les bommes de la Renaissance; 4 I^a scolas- 
lique et le cartesianisme; 5. Les j^suites el les university; 
6. Galilde el renseignemenl scientifique au XVil* et au 
XVIIh siecle; 7. La scolaslique au XVIII* sifecle. — Con- 
clusion. 

Le cbapitre I*' de la premiere parlie ne contienl pr^ci- 
s^menl rien de bien neuf. Quelques pages sur les ^coles 
Hl*Ulrecbl el de Liege, sur T^vSqiie Nolger el sur la poi6- 
mique de B^renger au sujel de la presence reelle^ voili 
tout ou k pen pres. 

Dans le cbapitre It apparaissent, sinon des pbilosopbes 
propremenl dils, du moins des dialecticiens. Ceux de 
Tournai el de Lille gravitenl aulour de Paris, donl les 
^oles sont en plein renom el oji Ton commenle d£j4 Aris- 
tote, revt'l^ par les Arabes. Au cbapitre 111 apparall Henri 
de Gand : Tctude donl il est Tobjel d^passe en ^lendue la 
moitie de tout le travail. II est vrai que ce morceau ren- 
ferme une longue dissertation critique sur la personne el 



( 549 ) 

les OQvrages de Henri, hors-d'ceuvre inevitable i raison 
des norobreases conlrpverses qui se sont produiles k ce 
propos depuis la publication du livre de.M. Huet, les 
objections du P. Ehrle, les recberches de notre savant 
conrr&re M. Alpbonse Wauters, et Gnalement le m^moire 
de M. Werner, le dernier venu. 

Abordant la question de doctrine, d*apr^ les ouvrages 
principaux de Henri, les Quodlibeta et la Somme de theolo^ 
9ie,rauteur ^tablit nettement la diffi^rence et les rapports 
de la philosophie et de la theologie selon Henri. Elles ont 
le m6me objet et pourtant elles demeurent distinctes. La 
t&cbe de la raison, c*est d^eclairer la foi, de la rendre clair- 
voyante, perspicua. Cette proposition, par parenlh&se, 
parut bardie aux successeurs dc Henri; elle fut aus.si vive- 
ment attaqu6e par Duns Scot. Elle fut soutenue au con- 
traire et pouss^e jusqu*^ Texc^s par Raymond Lulle et les 
tb^osopbes de toutes nuances, qui pr^par&rent la deca- 
dence de la pbilosopbie scolastique. 

« La tb^ologie est la science de Dieu d^duite des prin- 
> cipes de la revelation. » 

Elle embrasse Tessence divine tout entiere, et non pas 
seulement un attribut special de la divinite. Nous ne pou- 
vons sonder jusqu'au fond Tinlinite de Dieu, mais nous 
pouvons etre plus ou moins edaires. En somme, Henri se 
montre ici plutdt tbeologien que pbilosopbe, et sa tbeo- 
dicee. n*a rien d*original. 

Plus curieuses sont ses tbeories de Tespace et du temps, 
auxqnelles Tamene retude de Timmensite ct de reiernite 
divines. Quant k la derniere, son respect pour saint Augus- 
tin ne va pas jusqu'ji nier absolument que le temps existe 
hors de nous. 

D'aprds la doctrine aristoteticienne, le temps est la 



( 5J0 ) 

mesure du mouvemenl; il n*est done pas le mouvemeni 
lui-m^me, il le presuppose; I'id^e du temps est done 
objective, au moins quant au pr^nt. 

Henri aborde r^solument Timportante th^orie de la 
maliere el de la forme^ avec application i la psychologie. 
II ne reconnalt pas seulement k la maliere premiere one 
T&^\ii6 essentieile propre (actus esseniice)^ il lui atlribue 
une ej^istence ind^pendante [actus exislentias). H^lasl 
poursuivi, press^ d^objections, il en est bientdt pour set 
bardiesses; il recule. Tout i Tbeure, il aflirmait le fail 
de Texistence de la mati&re dans toute substance con- 
crete; maintenanty pour les besoius de la cause, fl 
s*al}ri(e derri^re la possibiliie de ce m6me fait. 

Je regrette de ne pouvoir insisler sur ce d^bat, non plus 
que sur celui qui surgit i propos de la th^orie tbomiste de 
Vunite de la forme substantielle dans Thomme; il en 
faui deux d'apr^s Henri de Gand. Ces discussions, au sur- 
plus, n*oiTrent plus guere qu'un inl^rdl historique. 

Nous passons a la psycbologie» et tout d'abord k T^tude 
du ronclionnement de la sensation et de la pens^. 
Henri fail d'abord ressortir Tunion du sujet et de Tobjet 
dans Tacte de connaissance, puis il essaye, plus ou moins 
beureusement, d'analyser le m^canisme de la sensation. 

Les sens sont des instruments indispensables, mais it 
ne Taut leur demander que les apparences des choses; la 
raisoQ seule pent aller plus loin et s'^iever jusqn'i Tuni- 
versel. On ne m^connatlra pas ici le dessein de Henri : il 
tente de concilier Platon et Aristote. Seulement son 
Platon est celui de saint Augustin et son Aristote est 
celui d'Avicenne. Je note ici de bonnes pages sur IVxem- 
plarhme ct ses rapports avec le platonisme pur; sur 
I'inniiliie des esp^ces intelligibles; sur le reproche immii- 



tiii d'ontologisme adress^ au philosophe ganlois; enlin, 
8ur la ii^cessit^ d*une illumination divine pour rendre la 
raison capable d*a((eindre la source vtvanle de toiite 
v£ri(6. Je voudrais monlrer avec Tauleur du memoire, 
dont je me plais d'ailleiirs k louer Tim partiality, que 
P^cleclisme de Henri n*esl nuHement k d^daigner, malgr^ 
le tort qu*a pu hii faire le voisinage des deux grands 
maltres entre lesquels il s'inlercale, le docteur angelique 
el \e docteur subtil^ ce dernier impitoyable pour lui; oiais 
Tespace me fait d^faut : je dois mlmposer des homes. 

Quanl au probleme des univcrsaux, notre auteur estime 
que Henri de Gand se tratne k la remorque d*Avicenne : 
e*est k tort, selon lui, que Roger Bacon el de nos jours 
H. Werner font rang^ parnii les conceptualistes. Je passe 
outre el ne m*arr6tc m6me pas sur la theorie de la 
▼olont^; Henri est moins un moraliste qu*un psychologue 
el un m^taphysicicn. Je me contenterai de transcrire 
qoelques-unes des conclusions de notre auteur. Apr^s 
avoir represenle Henri comme un ^cleclique, il ajoute : 
c Henri de Gand remplil k Paris Tepoque inlermidiaire 
» «ntre saint Thomas et Duns Scot. Son enseignemenl a 
» dA laisser de proFondes impressions dans le milieu 
» aeademiqucy pour que Duns Scot rappelle el discule 

> ses doctrines avec taut d'insistance. C'esl Henri de 

> Gand, bien plus que saint Thomas d^Aquin, que Duns 
» Scot prend k partie dans son commentaire sur les 
» Sentences. I.e docteur solennel n*esl done pas, comme 
» on I'a dil parfois, un pr^curseur dn formalisme de Scot. 

» Mais les attaques du docteur subtil ne parvinrenl 
^ pas i ruiner devanl la post^rit^ le prestige de la doc- 
^ irine de Henri. Elles contribu^renl plutAl k la faire con- 
» naltre el peul-^tre mSmc k lui irouverdes admirateurs: 



( 522 ) 

• Henri fit ^cole pendant tout le moyen k%e. II eut ses 
» partisans et ses adversaires. » 

Bosstiet enOn, Taigle de Meaux, pronon^nt Toraison 
fun^bre de Nicolas Cornet, ne crut pouvoir mieiix louer le 
defunt qifen comparant ses conseils aux oracles tomb^ 
de la bouche de Henri de Gand. 

Le cbapitre IV esi consacr^ au Xl\\ slide, 

« Les £coles s*accenluent, mais les personnalilte 
s*effacent. » A cdt^ du ihoniisme des dominicains et du 
formalisme scotisle des franciscains, surgit renthoosiasme 
des servites pour le docteur solennel. Notre auteor noas 
nnonlre les Beiges afDiiant de plus en plus k Paris. Aprte 
Guillaume de Moerbeke, Tami de saint Thomas, citons 
Gilles de Lessines, Sigcr de Brabant, esprius ind^pendants 
s^duits par Taverroisme; Godefroid de Fontaine, dans le 
camp thomiste (n'oublions pas Marsile d*lnghen); chezles 
scotistes, Guibert de Tournai, Gaulhier de Bruges et Jean 
de Gand; dans T^cole nominalisle entin, Jean Buridan, 
bJen connu parson &ne. Le^rigne des subtilitds nous 
annonce ici la decadence de la scoiastique. 

C'est sur ces entrefaites que Tut cr^ dans les Pays-Bas, 
k Louvain, un nouveau centre d*^ludes. La bulle d*£rec- 
tion i'ut sign^e par le pape Martin V, Ie9 d^cembre 1428t 
etapporl^e dans la cit^ braban^nne par T^colfttre de 
Saint-Pierre, Guillaume Neefs, Ai\k d&ign^ comme pre- 
mier recteur. 

L*Universit^ fut inaugur^e le 12 octobre 1426, et 
bientAt less ^tudiantsy afllu6rent. 

Nousentrons dans la deuxiime partie du m^moire. 

La thdologie fut d'abord exclue de Tenseignement de 
Louvain; il fallut les vives instances du prince et du 
clergi pourlui faire obtenir place au programme (1431V 



( 523 ) 

La faculty des arts, la plus nombreuse, fut divis^e en 
quatre nations, k resemple de rUoiversili de Paris. Una 
large pari y fiit faite aux lefons de philosophie. Jusqu^ed 
1596| on y commenta le livre des Sentences; Lombard dut 
alors cMer la place i la Somme de saint Thomas. 

La philosophie eut ^galement ses repr^enlanU dans la; 
faeiill^ de m^ecine. Guillaume Philippi, par exemple» 
appartenaii aux deux facult^s. 

Tout bien consid^r^, Tenseignement de la philosophie 
se montra faible et st<^rile dans le cours de cette p^riode. 
La scolaslique d^^n^rait de plus en plus; Tesprit humain 
secouait ses enlraveset menacait de battre en hrftche, sans 
remission, une science vermoulue qui prenait les mots 
pour les choses. En vain TUniversit^ de Douai vint k la 
rescoosse : de mime qu*i Louvain, la th^ologie y absorba 
la science. 

L*essor des hautes icoles dans les PayS'>Bas septentrio^ 
naux, nolammcnt ^ Leyde, altire Tatienlion de notre 
auteur. Louvain a perdu son monopole; d'aulre part, void 
les j^suites, tout disposes k Taire p&lir encore son ^toile. 
Puis viendront les grandes querelles, viendront Baius, 
JanseniuseL.. Descartes. L'cnnemi a des intelligences dans 
la place. 

La scolastique n'a plus qu'un abri : les s^niinaires dio*: 
cisains. On Ty poursuivra. 

Traitant un sujet ingrat, Tauteur du m^moire a su 
reiuire son oeuvre int^ressante, en Taisant djSfiler sous nos 
yeux des bommes illustres k des titres divers, qui inOui* 
rent plus ou moins directement sur les destinees de la 
th^ologie et de la philosophie au commencement du 
XVI' siicle. Se pr^sentent tout d*abord le pape Adrien Yl, 
(Adrien Boyens) et £rasme de Rotterdam, deux Hollan-. 



( K2i ) 

dais.Grftce i eax ct i quelques aulres,an coorant d'hiima- 
imme se fail sentir dans VAlma Mater. Or, rhumanisine, 
c*e$l rantiscolastiqiie. 

Mentionnons ensuite Martin Vandorp el Jean-Loais 
VivSs (1), plus connu que lui, ili cause de la part plus 
active qu*il prit k Toeuvre de la Renaissance. En fin de 
Gomple, on ne se montra intransigeant ni de part ni 
d'autre. II en sera tout autrement an si^cle suivant, lors- 
que r^cole aura en face d'elle le cart^ianisme. La raison 
en est simple : les humanisles n*£(aient que des gens de 
lettres; les cart^siens, au contraire, venaient opposer phi* 
losophie a philosophie. II fallait cboisir : faristot^lisnie Tut 
battu. 

A la veille de cette grande lutte, on vit encore appa- 
raftre des individuality marquantes, mais isol^es. Un seul 
Dom : Juste Lipse, qui n*a point fait £cole. Ce soni plut6t 
des pr^curseurs, 

De Louvain, nous passons i Douai, oCi rhumanisme 
fleurit, mais ou Taristot^lisme n*en est pas moins la doc- 
trine officielle. Cependani, Tinfluence de Pierre de la 
Ram^e s*y fait sentir : la dialect iquc s'engage dans la voie 
qui conduit i la rh^torique. C*est toute une revolution. 

L'inOuence des luttes religieusos sur les destinees de la 
scolastique se dessina vers ^a On du XVI* sitele dans les 
provinces du nord. Les pages consacr^es i ses vicissitudes 
forment une des sections les plus instructives du m^moire. 
Le mime £loge pent s'appliquer au chapitre qui traite da 



(I) Et non Nicofas. Notre aulear doil se d^ficr de ses copistcs; 
e*est ainsi quails oni plusieun fois confondn Jean Seoi Erigene, 
aree Dvni 8eol, le doeteur mbtil. 



( 825 ) 

cart^sianisne. l/auteur a largemeol utilise Pouvrage coii- 
ronii^ de M. Monchamp; je suis loin cle Ini en faire un 
reproche. 

La luUe des j^suites et de TUniversil^ de Louvain; le 
8ucc^ des lenlaCives de la Compagnie de J^sus h Douai; 
VAlma Maier brabanfonne perdant son monopoie pour la 
philosophie; enfin, le faroeux proc^ du Galilee beige, 
Martin Vanvelden, r^cemment remis an jour par M. Sl£* 
varty puis repris el discul^ avec attention par M. Monchamp, 
tels sont Ics objets de la derni^re partie du m^moire. II 
serail superflu de nous y arrdter. Signalons seulemrnt 
I'esprit d*^quit^ de notre concurrent, qui ne s*est laiss^ 
goider par la passion ni dans un sens ni dans Taulre. 

Quelques pages sur le profond abaissement de la philo- 
sophie en Belgique au XVII* si^cle, et c'est tout. S'il se 
trouve encore dans le pays un veritable penseur, un Nelis; 
par exemple, ce n'est pas ji TUniversit^ qu*il Taut aller le 
cbercher. 

Aprte tout, la scolastique est tomb^e d*4puisement ; et 
voili que maintenant elle fait mine de se relever. Est-elle 
autre chose qu'un cadavre qu'un pent galvaniser^mais non 
ressusciier? L*auteur semble le croire : « Les grandes syn- 
> tb&ses du XIII* siecle, dit-il, possident des cadres assez 
» larges pour accueillir et syst^matiser les r^sultats crois- 
» sants des sciences d*observalion ». 

Apr6s avoir recommand^ ii Tauleur une revision att<'n- 
tive de son style (^ et lik je suis mdme tomb^ sur des locu- 
tions qui ne sont pas du tout Tran^ises), je conclurai en 
proposanl la midaille d'or pour son m^moire, qui serait 
imprim^ dans le recueil in-8* des travaux de TAcadiniie. 
II y tiendrait honorablement sa place i cdt£ des ouvrages de 
MM. Moochamp et Auger. » 



( S26 ) 

c J^adopte sans hesiter les conclusions de mon bono-* 
rable confrere. 

Le Iravail qui nous esl soumis est bien fail» au double, 
point de vue du fond et de la forme, il est dislribui 
convenablement, il a une ^tendue suflisante, il presents 
un haut int^r^l historique, il rt§pond completeroenl jk la 
question pos^e, il m^rite la no^daille el les bonneurs de 
rimpression. 

Nous aurons ainsi dans les Memoires de I'Academie^ 
gr&ce k la pr^voyance de M. Le Roy, irois ouvrages impor- 
tanis sur Pbistoire de la pbilosophie dans les Pays-Bas 
et dans la principautS de Li^ge : YHUioire de la Scolasdqnef 
I'Bistoire de la Mystique de M. Auger, et CHistoire du. 
Cariesianisme de M. Moncbanop. Ces trois ouvrages se 
conipl^tent et font bonneur k la Belgique. 

iJHisloire de la Scolaslique contribuera 5 dissiper les 
derniers pr^jug^s qui existent encore au sujet de la cul- 
ture pbilosopbique au moyen dge. 

Je ne veux pas dire cependant que Toeuvre de notre: 
concurrent soit parfaite. Le style manque parfois de. 
correction et de noblesse. Mais nous pouvons avoir con^ 
fiance dans le talent de Tauteur : il montre assez par ce. 
qu*il a fait qu'il est capable d'enlever lui-mdme les legers. 
d^fauts qui d^parent son manuscrit. Quant au fond, c'est 
autre chose. Je nesnis pas toujours d'accord avec Tautenr, 
ni au sujet de la critique qu*il fait de cerlaines theories ou 
de certaioes ^coles, ni au sujet de son appreciation g^ne-, 
rale de la valeur de la scolastique. Mais ici nous sommes 
sur le terrain de la* liberty de conscience. Le concurrent 
a des convictions que je ne partage pas. II a les yeui. 



( 527 ) 

toiirn^s vers le pass^« et moi vers TaveDir. Noire id^i 
D*e$t pas le mdine. Je puis lui signaler mes opinions^ pour 
Tengager i mArir les sieooes, je ne puis les imposer. Je 
dois done me conlenter de faire des reserves en ee qui 
concerne quelques points. 

Faisons d'abord une observation g^n^rale. L'auteur 
prend pour principe de division de son travail la fondalion 
de rUniversit^ de Louvain en 1425. Ce choix l^inoigne de 
ses sentiments de d^vonement envers VAlma Uater, mais 
la division ne semble pas naturellc, quand il s*agit de 
Thisloire de la scolastique dans les Pays-Bas et dans la 
principaute de Li^ge. La philosophie a ob^i, au moyen dge 
comme en Gr^ce, aux loisd'une Evolution organique dont 
Tauteur indique lui-m£me les phases fondamentales dans 
ses conclusions : p^riode de croissance, periode de matu* 
rite, periode de decadence. Cette division s'applique aussi 
k nos provinces. La scolastique atteint son apogee au 
Xlil'' slide, k r^poque de saint Thomas et de Henri de 
Gand. Elle itait en pleine decadence au XV' slide, et 
rUniversiti de Louvain n*a pas arritisa chute. Louvain a 
6ii un foyer de piripalilisme et de scolastique depuis son 
origine jusqu'i la fin du XVI IP siecle, et n*a susciti aucun 
mouvement de rinovalion. Louvain, du resle, itait loin 
d'etre la seule ville universitaire des Pays-Bas. 

La figure salllante de Touvrage est Henri de Gand. La 
vie, les ceuvres et les doctrines de ce personnage ont 6i6 
mises en pleine lumiire. Et c*est justice. Henri de Gand 
est pour ia scolastique ce qu'est Jean Ruysbroek pour la 
mystique. II est lui aussi une gloire nationaJe et I'un des 
esprits les plus distinguis du XIH* slide, de cette grande 
ipoque oil la philosophie chritienne revit son caractire 
organique et communique son ginie k toutes les forces 



( 828 ) 

sociales. Cesl done i josle lilre que Tauleur a coDsact<i la 
majeure parlie de son maDiiscrit aa docleur solenneL 

Seolemenl, od peut iui reprocher, k moo avis, poar 
certaines parties de cedd mooographie, iin peu deprolixite, 
d'uoe pari, el, de Taiilre, quelques appr^iations qui ne 
•eoiblent pas suiRsamroeni juslifi^es. 

Cerlaines queslions, longuemenl d^tuiUues dans les 
iicoles, n'onl plus aujourd*hni qu*un int^rdl de curiosil^. 
Ni les anciens, ni les docleurs n^^laienl en mesure de les 
r^udre, faule de connaissances oxp^rimenlales el surlout 
faule de nolions physiologiques. Quel esl en ee cas le 
devoir de I'hislorien? II expose brievemenl la doclrine, il 
eo monlre Torigine el les applications, el, s*il vent crili- 
quer, il en signale les erreurs el les lacunes. II n*esl pas 
indispensable d'insisler da vantage. Mais pour proci^der 
ainsi, il Taut cire matlre de son sujel. Les interminables 
discussions sur la niatiere premiere el les formes suhslan- 
lielles, sur les esp^ces inlenlionnelles, et souvent sur les 
universaux imporlent peu i la science moderne. 

II y a de belles chores dans la psychologic, dans la 
logique el dans la m^laphysique de Henri de Gand, gco£- 
ralemenl conformes k la doctrine de saint Thomas. Le 
libre arbilre est affirm^, la raison est reconnue commc un 
organe qui nous permel de connatlre naturellement 
Tessence de Dieu ; la ibeorie de la connaissance rationnelle 
est bien d^velopp^e. II y a Ik un grand nombre de propo- 
sitions imporlanles, donl beaucoup d*auteurs modernes 
ponrraienl encore lirer profit. On y d^couvre avec satis- 
faction un reflet de la th^orie des id^sde Plalon et souvent 
one inspiration qui remonto k saint Augustin. Ceci nVst 
pas commun au moyen Age. C'est ponrquoi le docleur 
$olennel a ^te consid^r^ par quelques historiens, parmi 



( 529: ) 

lesquels Htiet e( Karl Werner, comme un repr^senlanl du 
plaioDisme cbr^ljen. 

L'auleiir de noire m^moire est no pen d^rout^ par ces 
nonveautds, qui s*£cartent de la doctrine ofBeielle, de la 
Soinme de I'Ange de T^cole. II soulient, avec Aristote et 
avec quelques modernes, que Henri de Gand a mal compris 
Plalon, que les id^es sont des substances ind^pendantes 
de DieUy comme si toutes les idees ne se concentraient pas 
dans Tid^e de Te/re, qui est aussi Vun et le bien, c'est-^* 
dire Dieu. II ajoute que le Dieu entrevu par Platou est 
vaporeux et iropersonnel, parce qu'il est le plus universal 
et le moins singulier des 6tres. Je crois que Tauteur 
confond ici la personnalit^ avec Tindividualit^, comme le 
Tom les philosophes contemporains qui rejettent la person** 
nalit^ divine. II a Fair de dire, avec U. Vacherot, que si 
Dieu est r£lre infini el universel, il ne pent avoir con- 
science de lui-mdme» et que s'il a conscience de soi il 
n*esl pas infini. C'est \k une grave erreur et un reproche 
qu*on ne peut pas adresser k Tauteur du Timee. Platon a 
reconnu la personnalit^ divine beaucoupmieuxqu*Aristote. 
N*accorde-t-il pas ik Dieu desattributs moraux, tels que la 
sagesse« la bonti, la providence, et ces attributs ne sont-ils 
pas les qualiles d'un 6tre qui est boo et qui sait qu'il est 
bon? Plus loin, notre concurrent oppose au litre de 
plalonicien qu*on d^cerne k Henri de Gand sa conception 
de la mati&re. Platon est un id^aliste, les docteurs du 
XIII* siScle sont r^alistes et p^ripat^ticiens. Mais Aristole 
a-t-il mieux compris la matiire que Platon? Existe-t-il 
m£me une diffi^rence notable enire Pantiquit^ et le 
moyen lige sous ce rapport? Les docteurs esliment que la 
matiire n*est pas une pure possibility, qu'elle est quelque 
cbose de r^el, soit; mais ils ne saventpas ce qu*elle est. II 



t 830 ) 

a falla atlendre Descarle» poor d^coitvrir que la mali^re 
est essentiellemeDl 4fendue, et Leibnitz pour reconnaltre 
qu*elle esl one force. La th^orie de la mati^re est encore a 
foire. Laissons k Thistoire les hypotheses qu'on a imagin^es 
k ce sojet, mais gardons-nous de les c^I^brer comme des 
merveilles. 

A propos de la lumi^rc divine qni illumine notre raison, 
Tauteur du manuscrit se livre k une dissertation sur Ton- 
lologisme, et croit devoir d^fendre la m^moire de saint 
Augustio contre cette accusation. Que signifle cette 
digression? Qu'est-ce que Tontologisme? Si Ton en tend 
par li la doctrine qui enseigne que Dieu est P£tre, je veuz 
dire r£lre un, inOni, absolu, objet total de la pens6e, ideal 
de la raison, principe de la science, r£tre dont saint Paul 
a dit : Ex ipso etper ipsum et in ipso sunt omnia, et saint 
Augustin : Religet religio nos ei a quo sumus et per 
quern sumus et in quo sumus, et saint Anselme : Ex 
ipsa summa essentia et per ipsam et in ipsa sunt 
omnia^ je ne comprends pas qu on puisse faire de cette 
y6nl& sublime un terme de bl&me contre un P^re de 
r£glise ou un docteurdu moyen &ge; car c*est le seul 
fondement de ce qui reste de sentiments religieux dans la 
conscience de nos contemporains. Si Dieu n^^lait pas 
rfilre, il serait un 6tre comme nous ou ne serait rien. 
Prenons garde k des arguments de ce genre. En croyant 
injurier la philosophies on risque d'injurier le christia-* 
nisme, qui est aussi une philosophic. 

L^histoire atteste que toute religion nouvelle est carac- 
t^ris^e par un agrandissement de la notion de Dieu et de 
la notion de Thumanite. Platon et Aristote avaient con^u 
Dieu comme £tant r£tre, mais I'dtre veritable k leurs 
yeux ^tait Tidee ou la forme, la pure essence des choses, 



( 831 ) 

d^ag^e de louie mali^re, car la maliire £lail pour eui un 
oon-dtre. lis ne connaissaient ni la physique, ni la cosmo- 
l(^ie. Les philosopbes d'Alexandrie, sous Tinspiralion des 
traditions orienlales, chercbent k s'^lever au-dessus de 
cetle opposition de TAtre el du non-£tre, et proclament la 
doctrine de I'Un, d^ojl tout £mane. Les Pires de rCglise, 
sous rinfluence du n^o-platonisme, s'efforcentdeconeilier 
les dogmes Chretiens avec la conception de Dieu comme 
£tre inGni, absolu, parfait. De Ik les hautes pens^s de 
saint Clement d'Alexandrie, d'Orig&ne, de saint Alhanase, 
de saint Augustin, de Scot Erigene, de saint Anselme et 
d*autres* Mais au Xlil' si&cle, Aristote avait reroplac^ 
Platon, et la th^ologie chr^tienne, s*organisant dans les 
^coles sous la direction de la thoorie de Tacte et de la 
puissance, de la roatiere et des formes substantielles, 
perdit peu k pen son caraclftre d*universalit^. Saint 
Thomas est le g^nie de la dogmatique chretienne combin^e 
avec le p^ripat^tisme, mais il n*est pas, selon moi, le penseur 
le plus 6\ey& que le christianisme ait produit. C'est contre le 
thomisme que protestent ceux qui reinvent le drapcau de 
Tuniversalisme k la Renaissance, puis au sein du cart&ia- 
nisme et plus tard dans les ^coles r^form^es. Cette 
protestation s'accenlue encore aprte les d^couvertes de 
Copernic, qui nous apprennent euUn ce qu*est la terre et 
ce qu*est le monde, et qui annoncenl la doctrine de 
Pbumanit^ universelle, occupant tons les globes babitables 
de Tespace. L*hypothtee n^bulairc de Kant el de Laplace 
complete cette Evolution ontologique, en nous montrant 
comment se forment les syslimes plan^taires. Faut-il 
ajouter que le docleur angilique n*a rien soupconn^ de 
tout cela? Cest tout simple. La science ne s*arr£te pas 
au XIII' sitele. II ncs'agit plus dechoisir entre le thomisme 



I ■ 



( 533 ) 

et I'ontologisme, mais enlre ie panlh^isme el le paneD- 
Iheisine; il s*agit pour la philosophie religieiise de revenir 
aux mots proph^liques de saiot Paul : In Deo sumus, 
vivimus el movemur, 

Notre concurrenl ne s*engage pas dans ce courant 
scienliGque. II se coDtenle des distincliousde T^cole et ne 
parvient pas k les dominer. Voili pourquoi il D'appricie 
pas k sa valeur rinfluence de Descartes et des universa- 
lisles de la Hollande. L'ampleur, T^liivalion et riod^pen* 
dance de Tesprit nooveau liii ^cbappenl. Voili pourquor 
encore il ne joge pas d'assez haut le grand probl^e des 
universaux qui cachait dans ses flancs, non seulement la 
question des espdces el des genres, roais encore la 
question de rindividualil^ el la queslion de Tessence une 
et infinie, qui est pr^sente en toutes choses. II Taut con- 
venir que ce problime^tait pr^matur^ au moyen &ge, alors 
qu*on ne savail presque rien ni de la classiGcation des 
ilres, ni de Pimmensit^ de Tespace, ni de la dignity de la 
Nature. Les concepts d*espece et de genre onl-ils une 
valeur objective? Les espices sonl-elles fixes ou iransi- 
toires? Existe-tnl un principe dlndividualil^ et consiste-t4l 
dans la mati&re, comme le soutenail saint Thomas, parce 
que la mali^re seule est susceptible d'etre mullipli^ el de 
prendre loules les formes? Toutes ces questions son I 
encore d^baltues dans les ^coles naturalisles el philo- 
sophiques, mais ce n'esl pas dans les subtilit^s scolasliques 
qu*on irouvera des arguments pour les resoudre. 

Voil^ pourquoi enfin Tauteur, en terminant, parle d*une 
tentative de reslauralion de la philosophie scolastique. 
C*esl une pure illusion. La scolastique est morte d*^puise* 
menl, comme Ta dil M. Le Roy el comme le prouve son 
evolution dans Pbisloire. On ne remonte pas le cours da 



( 553 ) 

temps, c Les grandes synlb^ses dn XIII* sitele » soot 
admirabies pour lear ^poqiie et digoes d*£lDde, mais 
leurs cadres ne sont pas asse2 l^rges pour accueilirr Tesprit 
<rnDiversalit^ qui r^gne & notre ^poque. 

Ces reflexions ne m'emp^chent pas de reconnattre le 
merite de I'auteur et de proposer de lui d^cerner le prix. 
II est de roon devoir de signaler k la Classe, au noin de 
la philosophie moderne, que je ne puis approuver les ten- 
dances de Touvrage qui nous est pr^sentti; mais il est da 
mon devoir aussi de respecter la liberty des opinions. 
L*auteur tiendra comple de mes observations dans la 
mesure que lui dictera sa conscience. » 



c Mes deux savants confrdres, H. Le Roy et M. Tiber-: 
gbien, ont suflisamment fait connallre Tensemble et jes 
m^rites du m^moire qui fait Thistorique de la philosophie 
scolastique dans les Pays-Bas et la principaut6 de Li^e; 
je n*en ferai pas un nouvel expos^, qui conliendrait des 
redites inutiles. J*adople compl^lement les conclusions de 
mes deux confreres. » 

La Classe, adopiant les conclusions des rapports de ses 
commissaires, accorde au m^moire sa midaille d*or d*une. 
valeur de milh frana. 

L'ouverture du billet cachet^ a fait connallre comme en 
^tant Tauteur M. Maurice De Wulf, docteur en droit et en 
philosophie et leltres» k Poperinghe. 



3** sArib, tomb XXV. 36 






( 554: ) 



PRIX BIBNNAL DB PHILOLOGIB GLASSIQUB FONOfi 
PAR JOSEPH GANTRELLE. 

(Premiere p^riode : i89i*1892») 

Faire fine elude critique sur les rapports publics et 
prives qui ont exisle entre les Romains et les Juifs jusqn*i 
la prise de Jerusalem par Titus. 



c A la suite de la fondalion du prix de philolo^ie 
classique qui porte aujourdUiui lenom de Joseph Gantrelle, 
la Classe avail mis au concours la quesliou formulae 
ci*dessus. 

Deox m^moires lui ont 6i6 envoy^s en r^ponse k cede 
question; le premier, que nous appelierons A, porte la 
devise : Vw, tw victis! Le second porte le sigle A. N. 22. 
Nous Tappellerons B. 

Le m^moire A se compose de 151 pages in-4% 

II est divis^ en deux parties principales,donl la premiere 
i6tudie les rapports publics, la seconde les rapports prives 
entre les Romains et les Juifs. 

De ces deux parties, la premiere est de beaucoup la 
plus importante, car elle comprend neuf chapitres, tamlis 
que la seconde se borne k un seul. 

L'ensemble du travail est prec6d6 d*une introduction 
g^o^rale, d*une courte analyse des sources el d*un aper^u 
de la force respective des deux £lats, ainsi que des lois de 
guerre en usage chez les belligirants. 

bi& rintroduclion, le memoire A trabil une tendance 
apolog^lique manifeste, qui exerce une influence Hkcheuse 



( 535 ) 

sur Tensemble do travail. D*Qn bout k I'aulre, Tauleur ne 
seinble poursuivre qu*un seal but : glorifier le peuple juif 
et ie laver de tous les reproches qui, daus la suite des 
si&cles, ont 6i6 dirig^s centre lui. Cest en r^alil^ un gros 
pamphlet politique, dans lequel le d^sir de combattre Tanti- 
s^niitisme dornine sans cesse le calme et Timpartialite 
dont doit faire preuve Thislorien. 

II est \rai que Tauteur se defend J'avancc centre ceux 
qui le taxcraicnt de partiality, c Ne va-t-on pas,dit-il (p. 8), 
adresser le nodme reproche k Tauteur de ces pages? Sa 
critique esielle plus sincere et plus juste que celle des 
hisloriens qu'il recuse? 

» II potirrait r^pondre que si sa critique £tait en effet 
enlachce de partiality, de jud^ophilie, une compensation 
est bien due h cetle race pers^cut^e, 5 ce peuple soutTre- 
douleur pour le crime d'avoir apport^ au monde le mono- 
th^isme pur. Mais il n*en est pas ainsi. En son ^me et 
conscience, il croit son appreciation juste. Elle est bas^e 
d'ailleurs sur des textes soumis k une critique s^rieuse et 
ses deductions sont eiay^es de faits precis. > 

Voyons si Tauteur a tenn parole. II cite comme sources, 
pour la partie de Tbisloire des Jnifs qui s'^tend jusqu'i la 
naissance de J^sus-Christ, le livre des Macchab^es, les 
Antiquiiis de Flavius Josephe et des notes ^par^es dans le 
Talmud et le Midrasch, quoiqull declare que ces deux 
derniers ouvrages ne sont pas, k proprement parler, des 
livros historiques. 

Pour la p^riode qui s'^tend de la naissance du Christ ii 
la prise de Jerusalem par Titus, il mentionne en ouire 
comme sources les Hisloires de Tacite, Dion Cassius, 
Philon, Eusdbe, les Evangiles, les actes des Apdtres et 
les Epitres. 



( 556 ) 

11 n'appr^cie pas la valeur historique du livre des- 
Macchab^es, et pourlanl la criliqae moderne a ^tabli, me 
paraU-il» d*une mani^re suffisanle, que ies indications con- 
lenues dans ce livre ne peuvent pas» au point de vue histo- 
rique, 6lre consid^r^H comme rigoureusement ezactes. 

Mais dte qu'il vient k parler de Flavins Jos^phe, on sent 
que sa plume est dirig^e par la baine. c II faut, dit-il» 
fl^irir en Josephus le fait d*avoir brigu^ la place de gou- 
verneur de la Galilee, alors qu'il n'avait aucunement 
rintenlion de la d^fendre, qu*au conlraire la pens^ de la 
livrer 6tait bien arrSt^ dans son esprit; il faut le O^trir 
pour avoir d^Ggur^ Thistoire pour complaire k ses amis; 
Ies Remains, et pour se venger de ses ennemis personnels.* 

Ce n*est pas ici le lieu d'apprecier la valeur historique 
de Josdphe, dont le grand Scaliger Taisait un cas extra- 
ordinaire; il me suffira de dire que Ies reproches sao- 
giants formules par I'auteur ne reposentquesurde pures 
hypotheses : le proc^ quil fait k Josdphe est un veritable 
procte de (endauce. * 

Dans sa critique des £vangiles, ce qui guide Tauteur, 
cost encore une fois un parti pris Evident. II a certes le 
d^oil de ne pas consid^rer Ies Evangiles comme des livres 
inspires, mais il est contraire k (oute saine critique de ne 
pas y voir en tout cas des documents hisloriqoes d'une 
importance capitale. Or, dans Ies fivangiles, la mort de 
J^sus-Christ est attribute aux Juifs concurremment avec . 
Ponce Pilate. C'est \i ce que, a priori^ Tauteur ne vent 
pas admeltre : ce sont Ies Remains qui, seuls, doivent 
porter la responsabilit^ de cette mort. 

On pent assur^ment diff^rer d'opinion sur le point de 
sayoir quelle est la part exacte prise par Ies Juirs et par 
Ponce Pilate etses agents dans le lait de la crucifixion da; 



( 837 ) 

J^sus, mais il faudrait de (out aiilres arguments que ceux 
que Tauleur du mdmoire A a mis en avant pour faire 
croire que Ponce Pilate, par pure cruaul^, aurail faitmelire 
k roort J^sus-Clirist, s'il n*y avait ^t^ pousse par Ics Juifs 
du Sanii^drin. 

Le parti pris dont Tauteur fait preuve dans son appre- 
ciation de Jos&phe et des Cvangiles, il le montre ^gaie- 
ment en jugcant les auteurs moderncs qui ont 6cril sur 
rhistoire du peuple juir. 

Aprte avoir, en passant, donn6 un coup de grifle i 
Renan, auquel il reproche de ne pas avoir connu suflTi- 
samment la langue aram^enne, dans laquelle est ^cril le 
Talmud, il dirige conlre Th. Mommscn le r^quisitoireque 
Yoici : 

Dans le cinqui&me volume de son llistoireromaine, 
Mommsen < s'est tclloment identifi^ avec la nation donl 
il s'occupe, qu*il se place presque partout, non au-dessus 
des partis, ma*s au point de vue exclusivement romain... 
Son engouemcnt pour l'£lat romain et pour sa civilisation 
obscurcil son jngement au point de le rendre incapable 
de jugcr avec calme et im|)artialit6, et il se lance dans des 
appreciations diam^lralement oppos^es i la verity... D ail- 
leurs, il ne connalt aucune langue orientale et esl» en 
outre, afflige d'antis^mitisme, en compagnie de son con- 
frere von Treitschke... 

» Mommsen n'a pour excuse de ses erreurs que eetle 
circonstance, qu'il a ecrit son ouvrage k une e|H)que oh sa 
patrie etail k Tapogee de sa puissance et que, pris de ver- 
tige, il a cru que Bismarck en ferail une nouvelle Rome. 
L-ancienne etait done devenue ^on ideal et il iui voua un > 
veritable culte. 

» Les Juifs $*en consoleront en voyant Thistorien bis<- f 



f^ 



( 558 ) 

marckien trailer avec la meme injustice les GermainSy ses 
ancdtres, el les Bretons, qa'il condamne et fl6lrit pour 
avoir voulu reconqu^rir leur ind^pendance contre les 
Ronaains. 

9 Si Mommsen ^crivait I'bistoire de Belgique^ les d*Eg* 
monl et de Horn et les bommes du Compromis des 
nobles, nos b^ros nationanx, ne trooveraient pas gi5ce non 
plus devant Tami de r£tal fort, qui 4tait k ceUe ^poque 
FEspagnesous Philippe II. » 

L'auteor, qui le prend de si bant avec Renan el 
Mommsen, a-l-il P^rudition et le sens critique nc^cessaires 
pour trailer avec competence une question aussi interes- 
sante, mais en mSme temps aussi difficile, que celle des 
rapports entre les Romains et les Juifs? 

Cesl ce que nous allons examiner. 

Laissant k T^cart son aper^u sur la force respective de 
ces deux peuples et sur les lois de guerre en usage chez 
les bellig^rants, — quoique mSme dans eel aper^^u, a cAlS 
de nombreuses banalit^s, il y aurait k relcvcr (fasscz 
graves inexactitudes, — voyons comment Tauteur a traits 
lesujet principal. 

Lorsqu'il s*agit d*etudier les rapports publics qui onl 
exists entre deux peuples, la premiere cbose k laire c'esl 
de s'assurer s*il existe k cet ^gard des documents autben* 
tiquesy ind^pendants de la mauvaise foi ou de Tignorance 
des historiens qui onl expos4 ces rapports. Or, dans 
IVspdce, ces documents existent en grand nomhre, princi- 
palement dans les Anliquites du peuple juif de Flavius 
Josipbe. On y trouve, nolammenl aux livres Xlf, XIII el 
XIV, par extraits ou inl^ralement, de nonibreux s^nalus- 
consultes, des rescrits imp^riaux, des d^crets de villes pris 
k la suite d^'nstructions venues de Rome, etc. 



( 539 ) 

L*ordre chronologique et llnterpr^tatioD de ces docu- 
ments ont donn£ lieu i de vives et int^ressantes cootro- 
verses, qui ontd^jik conduit k plusieurs resultats d^Gnitifs, 
tandis que beaucoup d'autres resient encore plus ou moins 
douteus. 

D6s Tannic 1768, Krebs avait consacr^ k cette question 
un travail m^ritoire intitule : Decreta Romanorum pro 
Judaeis facia. Egger s*en £lait occup^ k son tour dans 
son Examen critique des historiens anciens de la vie et du 
reffned'Auguste. 

Mais c'est surtout depuis 1873 que la question est 
entree dans une phase nouvelle, gr&ce k la dissertation 
magistrate ins^r^e par Tillustre philologue Frid^ric Ritscbl 
dnns le Rheinisches Museum fur Philologie (vol. XXVIII). 

Dans cette dissertation, RitschI s'est eflbrc^ de prouver, 
k faide de quelques exemples frappants^que les documents 
oflrciels r^unis par Jos^pbe dans le livre XIV de ses Anti^ 
guiles se trouvent dans un d^sordre effroyable, et qu*avant 
de pouvoir les uliliser pour ^tablir sur une base certaine 
rhistoire des rapporls entre les Juifs et les Romains, il 
Taut les soumeltre k un examen critique etjl no triage des 
plus minulieux. 

(^.e n'est pas, ajoute Ritscbl, un mince travail que d'ap- 
por(er de la lumi^re dans ce chaos. II s*agit de combiner 
des Tragments de s^natus-consultes ^pars ^ et li, de des* 
agr^ger des parties disparates, soud^es maladroitemeni, 
de constater les endroits qui pr6sentent des lacunes, 
de d^monlrer Tautbenticit^, complete ou partielle, de 
s^uatus-consultes regard^ k tort comme apocryphes. 

II 8*agil ensuite, ce qui n'est nullement impossible, de 
mettre de Tordre et de la clart^ dans les d^crets de Jules 
Cdsar, dont jadis Fr^deric-Auguste Wolf eut la malheu- 



^ 



( tJiO) 

reuse id^ de dire : quw nemini erudilo, ut opinor^ hodie 
fraudem facienl^ alors que leiir caraclere aatheDtique est 
iod^niable. 

II s*agil eniin d'^ludier les ps^pbismes des villes grecqiies 
de PAsie, donl celui de Pergame est parlicuU^rement 
int^ressant, mais exige, poor £tre appr^ci^ k sa jusle 
valeur, des recherches ^lendues el difficiles. 

Eb bieo, ce travail compliqii^, doot RiuchI d^moDtrait 
l^bsolue n^cessil^ pour ceux qui onl a c€$iit de voir clair 
dans les relations entre les Juifs et les Romaios, ce travail 
a 6i& eotrepris par un bomme de grand talent etdegrande 
science, M. Louis Mendelssohn, qui a Tavantage de trte 
bien connattre Tb^breo en ni£me temps que le grec. 
( Apris avoir public successivenoenl deux dissertations 
8ur les senatus-consulles conserves par Josipbe au trei- 
zi^me et au qualorziime livre de ses Anliquiies^ il a 
expose compl^tement le r&ultat de ses Etudes dans le 
travail imporlanl intitule : Senati cousuUa Romanomm 
qucB sunt in Josephi Anliquitatibus disposuU et enarravii 
Ludovicus Mendelssohn (Acta soc. philol. Lipsiensis, 
t. V, pp. 87-288). 

Les conclusions auxquelles ^taient arrives, ind^pen- 
damment Tun de Tautre, Ritscbl et Mendelssobn ont iii 
partiellement combattues par Tb. Mommsen (Hermes, 
t IXt pp. 281 et suiv.). Ritscbl et Mendelssohn avaient, en 
,eflet, pr^lendu que le s^natus-consulte rapport^ au livre 
XIV, 8, 8 de Josiphe comme inspire par Jules X^sar 
en Fannie 707 a. u. c, doit dtre reculi d^eoviroo 
un sitele et assign^ k Tannie 615 a. u. c. C*est cvtte 
opinion, appuyie igalement par von Gulscbmidt (Kleine 
Sehriften^ t. 11, pp. 303 et suiv.), que Mommsen repoussa 
c|*iii)e fafon quelque peu bautaine. Mendelssobn et Ritscbl 



( Sil ) 

ripo8(6renl dan^ le Rheinisches Museum (v. XXX, 1875, 
pp. 419-455). Ce dernier nolamment opposa & Targii- 
mentatioD de Mommsen une r^plique ^liocelante de 
logique et de verve, qui nous paratl r&K>udre ia question. 
Telle n'esl pas cependant Topinion ni de Niese (Hermes^ 
I. XI, p. 466-488), ni de Jndeich (Cmar im Orieni, 1885, 
pp. 130 el suivanies). 

Une autre question, ^galemenl irbs ^pineuse, est celle 
de savoir si le s^natus-consulte ins^ri par Jos^phe au 
livre XIV des Aniiquiies (10,22) se rapportef, comme le 
suppose Pauteur grec, k Hyrcan II, ou, comme le pensc 
Mendelssohn, i Hyrcan I"". Cctte derni^re opinion n'est 
point parlag^e par von Gutscliroidt (/. c). 

£b bien, ce sont ces difl%rentes et graves questions, 
r&uro^es dans Touvrage de Bloch (Die Quellen des Flavim 
Josephus in seiner Archaeologies 1879, pp. 144 el sui- 
vanies), que nous avions surtout en vue, feu GantreHeet 
moi, quand nous avons propose a la Classe de meltre 
au concours une ^tude critique sur les rapports entre les 
Romains et les Juifs. 

Mais ces questions capitales, dont Tetude devait servir 
de base au M^moire A, Tauteur n*en sail rien ou du 
moins paralt n'en rien savoir. II a puis£ k pen pris tout cc 
qu'il expose dans le troisieme volume de VHisloire des 
Juifs de Graetz, qui a paru en 1856 et qui est par cons^* 
quent ant^rieur de dix-sept ans i T^poque oh ont com- 
mence les discussions relatives aux documents ofliciels 
rapport^s par Josipbe. 

Cela suffirait au besoin pour prouver que le m^moirc A 
Be r^pond nullement k la question pos6e par la Classe. 

Celle-ci avail demand^ une ^tude critique; or, c*est pre* 
dsknetit la critique des sources principales qui fail coni- 
pl^tement diSfautdans le travail envoy^au concours. 



( 542 ) 

IVailleurs TinsufHsance des Etudes de Taiiteor se trahil 
di> la premiere page du chapitre premier. Les rapports 
publics entre Rome et la Jnd6e dalent, dit-il (p. 2f), de 
Tan 140avanl T^re chr^tienne,et il ajoute en note : c Les 
relations rapport^es dans le livre des Maccliabi^es el dans 
Josephus comme ayant existe du temps de Judas Mac- 
chab^e el de son fr^re Jonathan Apphus, sont sujetles i 
con testation. > 

Cette assertion est de tout point inexacte. Jos&phe dil 
express^menl que Judas Macchabee envoya en deputation 
^ Rome Eupolemus, ills de Jean, et Jason, (its d'£l6azar. 
Ces d^pul^s, ajoute Jo.<^6phe (XII, 10, 6), obi in rent du 
S^nal un decret stipulant qii'il y aurail enire les Romains 
et les Juifs amiti^ et alliance (o"ju[xayta xal euvoia) et 
qn^aucun des sujets de Rome ne pourrait faire la guerre 
aux Juifs, ni fournir h leurs ennemis des vivres, des 
navires ou de Targonl. 

Les Romains pour le cas oh Von attaquerait les Juifs, 
s*engageaient i leur venir en aide dans la mesnre de leurs 
forces; les Juifs ^talent tenus, de leur c6ttS de faire, le 
cas echeanl, la m&tne chose k regard des Romains. 
Aucun cbangement ne pouvait £tre apport^ i ce trait^ si 
ce n'esl de commun accord. 

Eh bien, ce document capital, qui dale de Tann^e 160 
avant J.-C. etdont rauthenticile est confirmee par le livre 
des Macchab£es,rauteur du mi^moire A di^clare, sans appor- 
ter k Tappui de son assertion le moindre argument, qu^il 
est sujel k contestation. On pent, au contraire, affirmer 
hardiment que ces^natus-consulte n*est pas apocryphe. 

II n'est pas moins auihentique que le decret du Senal 
datant de Pepoque de Jonathan et qui remonte k Tannto 
143 avant J.-C. L'auteur mentionne briivement le troi- 



( 5^ ) 

sieme s^Datos-consuUe, qui date de Tann^e 139 avaot 
J.-C; mais, chose ^ peine croyable, il ne sail pas que, la 
m&tne anm^e, le pr^teur Cornelias Hispallus ordonna aux 
Juirs qui se Irouvaienl k Rome de quilter rilalie. Ce fait 
int^ressant esl rapporte par Valdre Maxime, K 35, en ces 
termes : Cn. Cornelius Hispatlug^ prcetor peregrinus... 
Judaeos qui Sabazii Jovis cullu Romanos inpcere mores 
conati erant, repetere domos suas coegiL 

Le fait attest^ par Valire Maxime est d*autant plus 
curieux qu'ii nous montre quelle fut, dks le principe, la 
manidre d'agir des Romains h T^ard des Juifs. Une 
ambassade juive vient k Rome pour n^gocier avec le 
S^nat un traits de paix et d*alliance. Elle est obligee d*y 
sojourner pendant un temps assez long. Dans I'intervalle, 
le personnel inferieur attach^ k I'ambassade essaie de faire 
du pros^lytisme, et tandis que le S^nat accorde aux 
ambasisadeurs juifs Tobjel de leur demande, le pr^leur 
peregrin leur signifie, du moins an personnel subalterne 
qui les accompagne, un mandat de d^guerpissement. Or, 
quel est le molil' qui fait agir le pr^teur Cornelius His- 
pallus? Ce n*est pas le fait de pratiquer une religion 
^Irang^re, mais de faire du prosily tisme : qui Sabazii Jovis 
cullu Romanos inficere mores conati erant (1 ). 

Nous ne suivrons pas Tauleur du m^moire A dans tons 
les details de son expas^ historique. II connatt assez bien 



{{) II est certain que les Juifs n'adoraient pas Jupiter Sabazius, 
mais le culte de ce dieu ressemblait, par certains c6t^s» a celui de 
Bacchus, et Tacite nous explique dans scs Oistoires (V, 5) comment 
la croyance que Jcs Juifs adoraient Bacchus {Liberum patrem)^ 
croyarice que lui-in^me considere comme erronee, avait pris 
naissance. 



• ^*7 



( SU ) 

les fails racont^s par Josephe, mais k cbaque instant on 
constate dans son expose des inexactiludes regreltables. 

Ainsi, par exempie, il est r&cheux que lorsqu'il s'agit 
d'un perspnnage aussi connu que le grand Pompte, 
Cneus Pompeius, il lui donne lepr^nom de Caius. 

En parlant d'Antipater, Tauleur, qui a con^o contre lui 
line baine violente, pretend que, comme recompense de 
ses intrigues, il obtinl de C6sar la place de lutcur 
d'Hyrcan. Mais Josipbe, dont il invoque le t^moignage 
{AnL, XIV, 8,5), n^avance rien de pareil : C^ar le nomma, 
dil-il, inlxpoTzoy ttjc 'louSaCocc* gouverneur de la Jud^e, 
mais non pas luteur d'Hyrcan. 

D'ailleurs tout ce que font les Romains est critique par 
Tauteur du m^moire A avec une malveillance qui bien 
souvent ne repose sur aucun fondement s^rieux. Citons 
quelques exemplos. 

Apr^ Texp^dition en Orient de Pompee, Gabinius, un 
de ses lieutenan^ts, exhorta les babitants de.la Jud^e k 
reconslruire les villes d^truiles pendant la guerre. Ce 
conseil fut suivi et beaucoup de villes, devenues d^rtes, 
fureni de nouveau peuplees. 

L'initiaiive prise en cette circonstance par Gabinius 
m^rite-t-elle d'etre blftm^e? Josiphe ne le pense pas, mais 
voici comment I'appr^cie Tauteur du m^moire : c Les 
Romains autorisent les villes a relever leurs fortifications 
(Josiphe dit simplement rebdlir les villes^ scrCl^eiy, dvoc- 
xT{2^eiv), afin qu*elles puissent servir de remparls contre la 
Jud^e en cad d'insurreclion. Rome leur accorde toule sa 
faveur pour exciter el entretenir la jalousie et la baine 
entre les babitants de la Jud^ et ceux des villes dont la 
population ^tait m^l^e. » 

Le mdine Gabinius divisa le pays en cinq parties, en y 



( 54» ) 

^lablissaot cioq ouv^Spva (Jos.| AnL, XIV, S, 4) ou auvoSot 
(Id., Bellumjud., I, 8, 5). II rdsulle clairement de Jos&pbe 
que le bat de ceUe iDsUlution 6iail de meltre k la t^te de 
chacuD de ces d^parlemenls uo gouvernem^ot arislocra- 
tique. Le peuple, d*apr6s Josiphe, pr^fiirait ceUe forme 
de gOQvernement au regime monarcbique qui avail pes^sur 
lui. L*auleur du m^moire coDsid^re eeile mesure, con- 
forme ^ la politique babiluelle de Rome, comme inspir^e 
par un esprit macbiav^lique. c Sachant, dit-il, que Tunit^ 
de la nation avail pour fonde'menl Tunit^ du sanb^drin 
aulanl que le temple, [Gabinius] d^cida de briser celle 
unil^ en ^lablissanl cinq sanh^drins dans diffirentes 
villes, el en y mettanl ses creatures. » 

Je suis persuade que Gabinius ne songeail k rien de 
pareil. 

Dans line grande parlie de son m^moire, Tauleur, 
oublianl son sujet, raconte en detail Tbisloire inl^rieure 
de la Jud^e; mais m£me dans Teipos^ de cette bistoire, 
au lieu de s'en tenir simplemenl aux sources, il les inter- 
prdte dans le sens de ses preventions. 

A r^poque oil H^rode le Grand n*avaii pas encore le 
litre de roi, mais gouvernail ia Galilee, il fll la cbasse k 
Ez^cbias, que Jo^ipbe qnalifie de cbef de brigands el qui, 
entour^ d*une nombreuse coborle, infeslail les hauleursde 
la Galilee voisincs de la Syrie. Herode, apris s*£tre empar6 
d^^z^chias, le fit meltre k morl avec un grand nombre de 
ses complices. Get acle, dit Jos^phe [AnL^ XIV, 9, 2), ful 
hautemenl approuv^ par les Syriens, qui surenl gre k 
H^rode de leur avoir garanli la pais el la iranquille pos- 
session de leurs biens. 

Eh bien, Tauleur du m6moire calibre £zecbias comme 
un h6ro8, qui avail entrepris dans les monlagnes de la 




(546) 

Syrie uDe guerre de guerillas et que \es patriotes pleu- 
raient i boo droit t parce qn'ils privoyaienl que, gHlice 
au regime introduit par Antipater et ses (ils, la oation 
serait saign^e jusqu'i la deroiire goutte. > 

Quelle que soit ropioion qu*OQ professe au sujet 
d'H^rode le Grand, il est clair que la maniftre doot 
Tauteur appr^cie sa eonduite k regard d*£zi^chias nVst 
pas empreinle de ce calme et de cetle imparlialit^ qui* 
conviennent k rhislorien. 

En parlant de Timpdt de guerre de 700 ralcnis r^clam^ 
par Cassius aprte la mort de Jules C^sar, Tauteur dit que 
le g^n6rai romain, pour couper court aux temporisalions 
de Malichy charge de rassemblcr une parlie de cet iinpdt, 
Tobligea k payer sa quote part sur sa fortune privee. 

Jos^pbe» quoique cil^ en marge par Tauteur du 
m^moire, ne dit pas cela du lout (Aniiq., XIV, 11,2): 
d^aprte lui, ce fut Hyrcan qui, sur les instances d'AnlipaiiT, 
pr^leva sur sa fortune priv^e les cent talents ri^clam^s de 
Malicb. 

Imm^diatement apr^s, on trouve dans le m^moire A la 
pbrase que voici : c Les fils d*Anlipaler, d*accord avec le 
chef romain, firent assassiner Malicb k Tyr, corome 
obstacle k leur ambition. > 

C*est v6ritablement travestir les Fails que de les exposer 
de celte faQon. 

Nous Savons en effet que Malicb avait fait empoisonner 
Antipater. On comprend des lors que ses fils aient songe k 
le venger et qu*ils se soient assur6 k cetle fin le concours 
du g^n^ral romain. II n'y a done pas lieu, ce semble, de 
taut s*apitoyer sur le sort de Malicb, auquel, dans une 
autre circonstance, Antipater avait sauvd la vie, ne se 
doulant pas, dit avec raison Josipbe, qu'il venait de sauver 
son futur assassin. 



( 847 ) 

En parlant d'Archelaus, aiiquel, aprte la morl de son 
p^re Hiirode, dlaienl ^chues en partage la Jud^e el la 
SainaiiOy Tauleur s*cxprime en ces lermes : 

< CVaail la veille de la (&ie de Pftques et par cela m^me 
TaflQucnce <Slail iinormc. Arcliolaiis, craignant des d^or- 
dres, |)out-£(re m&tue une revoke ouverle, (il surprendre 
le pcuple par la garnison ^Irang^re e( le (it massacrer. La 
cavalerio, posl^e dans la plaine, ^crasa les fuyards. Trois 
millc personnes perdireni la vie en ce jour. Ce fut li son 
don de joyeux avenement.* 

Quand on vott dans Jos&pbe (Anl.t XVII, 9, 1-3) com- 
ment les clioses se sont pass^es, on ne peat que s^eton- 
ner, pour ne rion dire de plus, de la maniere dont les 
fails onl ele exposes par Tauleur du m^moire. 

Dopuis quelque (cnips di^jili, de nombreux fanaliques 
ri^clamaienl ik grands oris la destitution du grand pr£lre 
insli(u6 par Heiode et la punilion de ceux qui avaient mis 
k morl Maihias et ses amis. 

Archelaus l&clia de leur faire coroprendre que le rem- 
placement du grand prdire ne pouvait se faire que du 
consenleinent de Rome, et que ceux qu*on avail condam- 
n£s it morl avaient e(6 punis conform^ment k la loi. En 
cons&iuonce,il les engagrait k rentrer dans le calme. Mais 
ils refus^irent d'ol)(eni|Kirer h ses conseils. 

Pen de temps apris, la fSte des pains azyroes ayant amene 
k Jerusalem une foule innombrabie, les z6lateurs se mirent 
en devoir de la surexciter par* leurs lamentations et 
leurs cris. 

En vue de pr^venir des troubles, Arcbelausenvoya vers 
le temple un detachement desoldats,dont lecbef avail refu 
Tordre de sY'mparer au lH?soin de cenx qui pousseraient 
le peuple ik la r^vohe. Mais farriv^e de cette troupe mit 



( 486 j 

organisme appropri^ les kysles sont d^lroils et les iarves 
soDl idUcs en lii)cr(£ daos Teslomac; 

2* Les trichines s^journenl un certain temps dans Fes* 
tomac on passcnt imni^diatemenl dans Tintestin gr6ie; 

5* Les trichines intcstinales s^accroissenl et raccoople* 
menta lieu dans la cavit^ digestive, h partir du second 
jonr de Tinfestation; 

4* Les m&lesy aprds un s^jour plus ou moins prolong^ 
dans rintestin, sont expuises avec les matii^res fifieales; 

5"* Chez les femelles, ie d^veloppemenl des larves com- 
mence aussildt apr6s la fecondation. Les ccufs fecond&y ii 
leur passage dans la pocbe si^minale, p6nctrent dans Tovi- 
ducte et se segmentent au fur et 5 mesure quils s^avan- 
cent versTorilice vulvaire; 

6"* La mise en libeit^ des embryons commence vers Ie 
sixiime jour de Tinrestation; 

7* Un certain nombre de Temelles |)^n6trent dans la 
parol intestinalc et jusque dans Ie mesenl6re; d autres 
peuvent rester dans la cavjt^ digestive et y donner nais* 
sance k des enibryons, si cllos ne sont pas bitivement 
ei puisnes; 

8** Iiltant donnii que toutes les trichines adultes que j'ai 
rencontrees dans les tissus 6taient des femelles, et exclu- 
sivement des femelles fccondees, il y a lieu de croire que 
cettc p6n£tration dans Torganisme est un stade normal de 
revolution de la iricbine, et que Tinreslation se fait nor- 
malement par les embryons provenant de ces trichines 
immigr^s; 

9* Les femelles qui parviennent a pint'trer dans les tis* 
sus out plus de chance dlnfester Torganisme que celles 
qui resteot dans Ie canal intestinal, parcc qu elles et les 



( 549 ) 

Celte preuve conclaante, d*apr&s Tauteur du m^oioire, 
€*cst un (cx(e de Dion Cassius (LXVl, 6). Or, Dion Cassius 
ne dil nullemcnt que TiUis ordonna la destruclion do 
temple. II se borne iconslater que Titus donna Tordre & 
ses soldals d'y penetrer; quant 5 Tincendie du temple, 
qu'il mentionne en passant, il paratt le consid^rer comme 
accidenteL 

D'autre part, il est Taux que Sulpice S6v6re ait cifi ud 
teste de Tacitc. II n*a fail que copier cet auleur, en se gar- 
dant de oiler sa source, et sans la p^n^trante sagacity de 
Bernays, nous ne saurions pas encore que dans ce passage, 
comme dans plusieurs aulres, Sulpice Sdv^re s*est born^ii 
d^marquer Tacite. 

La dccouverle de Bernays n*est plus guere contest^e, 
du moins par ceux qui se sonl donn6 la peine de lire sa 
lumincuse dissertation, cc qui £videmment n'cst pas le cas 
pour fautcur du m^moire. S1I en avail pris connaissance, 
il aurail pu invoqncr 6 Tappui de sa these, non pas Dion 
Cassius, mais Paul Orosc, contemporain de Sulpice S^v&re, 
et qui, comme cclui-ci, avail encore 5 sa disposition uo 
exemplaire complet des Hisloit^es de Tacite. 

Voici, en efTet, ce qu*il dit, apris avoir parl£ des hesita- 
tions de Titus (1. VII, 9) : Titus, imperafor ab exercitu 
pronunlialus, templnm in Hierosotymis incenditel diruit. 

Je n*en fmirais pas si jc voulais relever toutes les 
erreurs el tontes les inexactitudes de Tauteur. On dirait 
convent qu*il n*a pas iu les textes qu*il cite ou qu*en tout 
eas il ne les a lus qu*avec les preventions passionnees 
•d*un Pharisien de T^poque de Titus. 

Ce qui scmble indiquer an surplus que sa science n*est 
parfois que de Terudilion de contrebande,c*est par exemple 
une citation empruntee ik Macrobe, auquel il attribue, don 

3** SlfeRlB, TOMS XXT. 37 



( 550 ) 

pas Touvrage qu*il a r^eilement £crit, les Saiurnales^ mais 
an ^crit iinaginaire aaquel ii donne le Dom de Salurninus^ 
C*es( un lapsus vraiment caracl^ristique. 

J*en ai dit assez, pius qu'assez peut-£lre, 8ur le manque 
de critique de I'auleur. 

Ce que je dois pourtant eocore signaler, c'est qu'i c6i6 
de nombreuses erreurs, on trouve dans son travail de 
regret tables lacunes. 

On cbercberait en vain dans ce m^moire un seul moC 
sur Marcus Agrippa, Tillustre gendre d'Auguste, qui\ 
dans les rapports existanl k son ^poque entre les Romaio^ 
et les Juifsjoua cerles un rdle assez considerable pour ne 
pas passer compl&temenl inaper^u. Arriv^ k Jerusalem, it 
Gt au Dieu dcs JuiHs un holocausle de cent boeurs et offrit 
au peuple de la capitale un splendide banquet. De plus, it 
la demande des Juifs qui habitaient les villes ioniennes de 
TAsie Mineure, il leur contirma les privileges dont ils 
jouissaient depuis longtemps et que les administrations de 
ces villes essayaient de leur enlever. 

Le memoire A ne parle pas non plus, d*une maniftre 
quelque peu detaill^e, de Torganisation financiere de la 
Judee apris la prise de Jerusalem par Pompee. Le mon- 
tant dcs imp6ls, la maniere de les percevoir, les exempt 
tions accordees par Jules Cesar, le recensement de la 
Judee k repoqiie de la naissance de Jesus-Christ, tootes 
ccs mesures, qiioique*lles aient donne lieu k des disserta- 
tions de grande valcur, sent encore loin d'etre eiucidees 
d'une facon com|)ieie. L*auteur du memoire n'en parle 
pas, et cependant il est incontestable qu'elles doivent etre 
eindiees k fond, si Ton veut se faire une idee precise et 
exacte des rapports entre les Romains et les Juifs. 

II est clair, aprds tout ce que je viens de dire, que je 



1 



(88*) 

ne pais pas proposer k la Classe de d^cerner le prix i ud 
m^moire qui laisse i d^sirer sous (ant de rapports. 

Es(-ce ^ dire qu'il soit d£nu6 de m^rile? Telle n'est pas 
oia pcns^e. II denote, en effet, on effort s^rieux et consi- 
derable. II a d*ailleurs le grand avantage d*6tre ^crit, d'on 
bout 5 Tautre, avec une verve entralnante. A aucun mo- 
ment rint^rfit ne languit et une id^e maltresse domine 
tout Touvrage : malbeureusement cette verve, c*est celle 
du scctaire. Cest, peut-on dire« jusqu*& un certain point, 
la conlre-partie de Toenvre de M. Drummond dont, au 
surplus, Ic nom est cil^ plusieurs fois. 

Ot^ ct D*e^ evidemment pas un travail de ce genre que 
la Classe avaFe eo toe lorsqu'elle a arrdt^ la question mise 
au concours. 

Quant au m^moire B, il est inalile d'en parler longue- 
monL Cost un travail d*6colier, assez bieii ^crit, mais dont 
Taulcur ne paratt pas m^me se douter de ee que c*est 
qu\ine 6tude critique. 

L*cxamcn roinutieux auquei je me suis Iivr6 en ^tudiani 
le momoire A, m*a convaincu de plus en plus du grand 
in(6r£t que pr^sente la question mise au concours par la 
Classe. Aussi me perroettrai-je de declarer dte k present 
que, lorsque le moment sera vcnu, je proposerai k mes 
bonorables conrrires de la maintenir pour la procbaine 
p^riode biennale, saur k y joindre une autre question. » 

M.M. P. Willems et L Yanderkinderc se rallient aux 
conclusions de leur savant confrere M. Aug. Wagener. 

Ces conclusions sont adoptees par la Classe. 



1 



t 




( S5J ) 



K PRIX CA8TIAD. 

I 

(Oualrieme p^riode: I890«1892 ) 



Uoyens (Tameliorer la condition morale^ inlellectuelle el 
physique de$ classes laboricuses et des classes pauvres. 

Dix concurrents prennent pari, pour la p^riode 1890 
k \8d% au concours du Prix Castiau.Un manuscrit, repris 
sons le n* 10 dans la lisle qui figure au comptc rendu de 
la stance du Janvier {Bullelin^ t. XXV» p. 41), a dA dire 
renvoy£ au jury du concours De Keyn, ill raison de son 
caraclire essenliellemenl pedagogique. Les dix envois qui 
nous restcnt sonl en parlie nnulliples, comprenanl ii la 
fois des imprimis cl des manuscrits; ils louchent aux 
malii^res les plus di verses : principesgendraux de la science 
polilique ou sociale, commenlaires juridiques des lois 
ouvri6res, hygiene el mddecine populaire, alcoolisme^ 
assurances el inutualiid. En les passanl en revue pour en 
fixer k grands traits le cadre el Tespril, il a paru indispen- 
sable, afin de guider nos conclusions, d*avoir sans cesse 
sous les yenx la pens6e mdme du Tondaleur du concours, 
pens^e concrete et pratique avanl tout : ramelioration des 
conditions d*existence des classes qui vivenl du travail 
manuel ou se trouvenl aux prises avec Tindigence. 

I. Le probleme social. Essai sur les moyens d^ameliorer 
la condition morale, inlellecluelle et physique des classes 
laborieuses et des classes panvres, par Ch. Adep. Li^e» 
1892. 1 volume in-12* de 115 pages. 

Get opuscule se divise en cinq parties, sous les rubriques 



( 553 ) 

^UiTaoles : Nolions prdliminaires, — Justice commutative, 
.— Justice distributive, — Intirfit g^n^ral, — CoDclusiond. 

La premiere section se compose de d^finilioDS dogma- 
tiques : la souverainet^, I'Etat, le droit, la justice. La 
pens^e fondamentale de Tauleur se manifeste d^s ie d^but : 
r£tal doit Stre circonscril dans la sphere la plus ^troite 
possible; il n*a point de droit, de mission par lui-mdme; 
il repr^sente exdusivcmcnl Tint^rdt general, qui ne sau- 
rail pr^valoir centre le droit individuel. 

H. Adep precede par th^orimes abstraits; il ne song^ 
pas ik les soumettre au conlrdle de Thistoire ni du rai- 
sonnement; ce sent les doctrines de T^cole ultramontaine 
qu*il siffirme comme bases de la science politique et 6co- 
nomique, dans une langue donl la justesse et la precision 
ne sont pas toujours les qualites dominantes* 

La seconde et la troisieme partie, intitulees : JusUce 
commutative el Justice distributive^ Iraitent des mati^res 
qui, suivant la thiioriede Taulcur, comportent fihterven- 
lion de rCtat. Sous la premiere rubrique se classenl la 
propriete, le travail, Thonneur, la vie, la vocation ; sous la 
seconde, le capital J'imp6t, Tassociation, le droit Electoral. 

Cette classification surprend ik plus d'un ^gard ; elle se 
concilie assez mal avec la notion de TEtat et de sa sphere 
d^action, comme les comprend Tauteur. La question a son 
imporlance au poinl de vue des conclusions qui en d^cou- 
lent; mais loule explication ik ce sujel Tail d^raul. 

11 est ^ peine besoin de dire que Tauteur est un adver- 
saire decide du socialisme, encore que, dans le domaine 
pratique, il en vienne h le c6loyer d'assez pr^s. Cest, du 
reste, un trail general desa methode : la rigueur des prin- 
cipes se concilie avec d'exlr^mes indulgences dans Tappli- 
calioo, suivies clles-m6mes de retours impr^vus. Chacun, 



( SS4 ) 

par exemple, a le droit de rechercher ce qui lui esC indis- 
pensable; mais comme il n*y a pas, sous ce rapport, d obli- 
gation correlative cbez autrui, ce droit nVo est pas un. 
Un concours de circonstances, toutefois, pent cr^erTobli- 
gation; en ce cas, le droit apparait; mais ce concours est 
lui-m£roe une exception. Le r^sultat est mince. Ainsi 
encore le capital est du travail accumul^, done intangible; 
mais Tint^ret general repr6sent£ par r£tat peut soulever la 
convenance de le limiter. La revision du contrat de travail 
par r£tat n'est pas admise, mais Touvrier est insuQisam- 
ment protege. 

La solution de la difficult^, dans ces termes, n*est pas 
d*UDe Evidence lumineuse. M. Adep incline vers la coope- 
ration de production eten attend beaucoupde bien; mais 
la formule n*esl pas indiqu^e. LNmpdt sur le revenu lui 
paralt excellent, si Ton parvient k en ^iiminer Tarbitraire. 
Sur quelques points, toutefois, sa pens^e se fixe : la repu- 
gnance centre le service militaire, dont Tobligation est 
pour lui synonyme de corruption de la jeunesse dans les 
casernes; la personnalite civile octroy^e aux syndicats ou 
corporations; le droit electoral confer^ par rbabitation,i 
Texclusion toutefois des magistrals, des officiers, des fonc- 
tionnaires publics. 

La quatri^me partie est intitul^e : VInteret general. On 
comprend mal que r£tat,qui estcon^u uniquement comme 
Torgane de eel interdt, se trouve £tre exclu de toules les 
spbdres d'activiie groupies sous cette rubrique : r^duca- 
lion, la bienraisance, le culte, la Tamille. Les mali^res les 
plu$ diverscs, jusqu*^ Talcoolisme et le jeu, sont eflleurees 
dans ces paragraphes; mais il suffit de se rappeler le point 
de vue de Tauteur pour entrevoir ses solutions, non 
exempteSt il est vrai» des hesitations habituelles. Cest ainsi 



( 886 ) 

que i*incompetence de I'Elat dans le domaine de riostruc- 
tioD k tous les degr^s est, pour lui« un dogme absolu. La 
charity officielle n*esl pas moins coodamnable, quoique 
les hospices soientD^cessaires. Lesiiureaux de bieDfaisaoce 
sont radicalement mauvais, bien qu'il Taille les couserver. 
liiulile d^insister. 

Que la conclusion g^o^rale^aprescelayDesoii rien moins 
qu'optimiste, c'est ce qui n'^lonnera personne. Le si^cle 
est pervert! et le progr^ est un mensonge. D'od viendra 
lesalut? Une vision singuli^re a ici hanl6 Tesprit de Tau* 
teur. < Napoleon h% £crit-il (p. Ill), disail, il y a pr6s de 
quatre-vingts ans : € Avant un si&cle, TEurope sera r^pu- 
> blicaine ou cosaque >. II semble bien quelle ne soit pas 
assez vertueuse pour £tre r^publicaine ; deviendra-t*elle 
cosaque? Quoi qu'il en doive £tre, c*est toujours le despo- 
tisme, sous une forme ou sous une autre, qui sauve les 
nations incapables de se sauver elles-m^mes de Tanarchie, 
des vices, du desordre sous toutes ses formes. Dieu veuille 
du moins que ce despotisme soit temp6r£ par la Papaut^; 
entre la Russie et Rome, il y a un rapprochement inat- 
tendu; si Napoleon a 6i6 un propb&te, puissions-nous du 
moins nous consoler en voyant surgir du Nord une suze- 
rainete politique adoucie par la supr^matie religieuse du 
vicaire de J6sus-Christ, regnant au Vatican t > 

Le point d'exclamation est de Tauteur. A coup sAr, la 
solution est impr^vue : on ne s*attendait pas h voir une 
dissertation scolastique de cetle nature aboutir k ce rdve 
panslaviste. II n*entrera dans la pens^e d*aucun lecteur de 
cet ^crit didactique de contester la sincerity des convictions 
doctrinales comme des sentiments philanthropiques de 
M. Adep; son travail ne manque pas de pages judicieuses, 
de considerations int^ressantes; mais c'est avant tout une 



IT 



( 856 ) 

ceuvre de pol^miquei alliant les dogmes du calholicisme k 
une sociologie plus on moios teinlde de radicalisme, el 
affectant dcs formes &pres et des vi^bemences de iangage. 
que ne juslifient ni I'^lendue des recherches ni la nocveaul^ 
des aperfus. La pens^e m£me du coucours Castiau n*a 
^videmment pas 6i6 comprise. 

II. Mimoire cTun fiomme du peuple. Mauuscrit de 
16 pages in•4^ 

Get homme du peuple est M.£)mile Godfrain, de CMnie. 
Son mimoire consiste en une lellre adress^e h TAcad^mie, 
sans sujet d^lermin^, sans plan suivi, el, de plus, sans 
ortbographe ni synlaxe.On dirail la table des mali6resd*uD 
manuel de r^formes soeiales. II n'y a pas dans celte ^pttre 
une reflexion originale. L'auteur loucbe k tout, mais ne 
8'arr£te4 rien; il est pessimiste, sans declarer la siluatioa 
incurable. II ne dispose manifestemenl pas des elements les 
plus iudispensables pour remplir la t&cbe qu'il s*est assi- 
gnee. Quandydans ces conditions, un bomme s*avise (T^crlre, 
comme on lui saurait gre de nous apporter, au lieu de 
pbrases banales, le moindre coin de vie r^elle coovenable- 
menl observe I 

III. Quels sont les moyens d'ameliorer la condition 
morale^ intellecluelle et physique des classes laborieuses et 
des classes pauvres? Mimoire par Alpb. Jongen, roenuisier 
k Li^ge. Manuscrit in-8% 35 pages. 

Cest le mSme niveau iulellectuel qu*au num^ro prece- 
dent. L'auteur declare n'avoir pas pouss^ ses etudes au deli 
du degre primaire. Son style ne perroet pas d'en douter : 
rincorrection en est grande. 

Personne ne s'altendra k trouver ici une vue d*ensemble 
de la question ouvriere. Les idees, courtes et decousue^. 



( «87 ) 

suiveni assez I'acilement des coiiranls opposes. Homme de 
bon sens au fond, sans dosj^oins snliversils, M. Jongen n*a 
pu se gardcr assez de cerlaines influences plus poi t<k!S ill 
eotretenir la discorde i\\Vii degnger les voies du progr^s. 
Les imperrcclions de noire (ital social paraissenl graves k 
sesyeux; il en cherclie la cause el prend dVmblde une 
direclion qui ne laissc pas d*avoir son cd(£ original. C'est 
k la Temmc de rouvrier qu*il s'allaque lout d'abord : il lui 
reproche de manquor d ordre et d'cconomie, de zdle el 
d'exaclilude, d'ignorer Tarl de la couturiere commc de la 
cuisini^re, d*d(re en defaul de prevenance et d*aflec(ion 
pour son mari. Celui-ci» ne renconlranl au foyer rien qui 
Ty puisse auirer ou relenir, s*aUarde au cabaret et devient 
la proie de Talcool. 

II y a l<^ des observations jusles, des notions saines qui 
font vibrer la note du relAuMnent par Tefl'ort personnel et 
direct : mais le tableau n'e^t-il pas noirci h Texces au 
detriment de la rcmine? Esi-elle Tunique, surtout la 
principale coupable? Combien de fois plus souvent 
victime? Nous rencontrerons la conlre-partie de la satire. 
Quoi qu*il en soil, la conclusion est bonne : il fjut refor- 
mer r^ducation des (illcs du peuple, (&clier d*en fairc des 
m^res ct des epouses capables de remplir tons leurs 
devoirs, de dispuler eflicacement leur mari et leurs 
enfants k la dissipation et au vice. Rien, dit rauteur, n'a 
616 fait en ce sens : c*est une erreur. Les ^coles m^na- 
g6res ont ii6 cr^ees dans ce but et se multiplient rapide- 
ment; elles ont fait deja du bien, elles en feront 
davanlage. 

Apr6s avoir malmene quelque pen la compagne de 
rouvrier, M. Jongen s*en prend k la bourgeoisie et Taccuse 
d*exploiter k merci le peuple, sans autre souci que d'en 



[ k 



( 5S8 ) 

lirer cootre un oiniimaiD de salaire an iBaiimiiiB de 
profits. Qaelqoes anecdotes appoieot telle Ihise : c*cst 
peo. Oo eooseille aoi riches de s'anieoder poor 6fiter de 
terribles represailles. Le debot promellait mieoi que cette 
f^ilioo baoale de phrases reTolotionoaires. Mais, en d^pil 
de cette dissonance finale, si ce m^moire est bieo fcNivre 
d'nn ouTrier, reflbrt m^rile d*itre remarqne. 

iV. Travail $ur les may ens dCamiliorer let coRditions 
physiquef intelleeluelle et morale des classes labarieuses ei 
des dasses pauvres. Memoire anonyme; devise : Mulia 
paueis. Manoscrit in-folio, 54 pages. 

L'aulenr de ce travail n*agrandit pas sensiblement llio- 
rizon oA se meut le regard de ses pr^d^cessenrs immediats. 
II constate, parmi la population oavriere, un mto>nlen- 
tement croissant, et pr^voit une catastrophe s*il n'intcrvient 
de prompt remMe. Que peut-on faire dans cet ordre 
d*id^s? II y a ici comme une reminiscence de qoelques- 
unes des conceptions chores aui rerormateurs dn commen- 
cement de ce si^cle. La population surabondante des villes 
serait transf(§r^ k la campagne; des patrons bienfaisants 
y bAtiraient des cil6s pour leurs ouvriers; des philanthropes, 
pour les indigents. Les fondaleurs des communes nais- 
sanies rourniraienl les v^temenls el organiseraienl le com- 
merce des denr^es. Le travail serait de huit henres avec 
le repos dominical de rigueur. Toutes les institutions de 
prdvoyance fleuriraient dans ces petites Salente indus- 
trielles. L'auleur se rcpr^sente sous des couleurs riantes 
la vie des enTanls et des adultes dans les cites de son rdve, 
au milieu de la liberty des champs. Sans doute pour que 
son idylle n*ait pas trop Taspect chim^rique, il la complete 
par deux devis en une page. Tun de I'^tablissement def> 



( 559 ) 

cit^s, Tautre (l*un budget d^ouvrier, calculi sur le pied d'uo 
salaire de S francs par jour des Vkge de vingt ans. 

Quelques suggestions d*ordre politique se rattachent i 
ce tableau : Tinstruction obligatoire qui serait organisie 
de mani^re k riunir les enfants de toutes les conditions 
sociales dans les mimes icoles; le service militaire pour 
tons; le suffrage universel qui contribuerait k ilever le 
niveau intellectuel des masses. 

L'oeuvre est d'un dimocrate sympatbique aux idies reli- 
gieuses. L'homme, dit-il, a iti crii pour se reposer le 
dimanche; mais le peuple n*existe k ses yeux que depuis 
la revolution franoaise et la proclamation des droits de 
rhomme. II serait cruel d*appuyer sur un fonds aussi fra- 
gile» dont le merite se resume en une aspiration purement 
idiale au perfectionnement des rapports sociaux. 

V. Remedies conlre le pauperisme^ par L.-A. Rubbrecbt. 
Bruxelles, sans date; un \olume in-12 de 140 pages. 

Get icrit est Tceuvre d*un esprit cultivi qui, dans un 
cercle k la viriti restreint, a eu nianmoins Tavantage de se 
trouver en contact immidial avec les Taits qu'il itudie^et de 
pouvoir soumettre ses vues au contrdle de Texpirience. 
M. Rnbbrecbt est notaire dans un village de la Plandre 
occidentale, et il exerce depuis trenle-buit ans les fonctions 
de secretaire d*un bureau de bienfaisance. II se prioccupe 
specialement de la condition des indigents k la campagne, 
el dans ces limites on ne saurait nier le caractire pratique 
de quelques-unes des riformes qu'il propose. 

Entre Tecole socialiste qui ne con^oit le relivement des 
classes infirieures qu*k la faveur de Taction directe de 
r£tal, et I'icole individualiste qui se reclame du self-help 
et chercbe dans Tinergie personnelle le principe du salut. 



( S60 ) 

M. Rubbrechl s'aUacbe k suivre one ligne in(erm£diaire. 
II repousse absolumcnt (oule combinaisoo collectivisle; 
mais il veut que la cbarite publique vienne en aide k 
Touvrier incapable de s^^levcr par lui-mSme. G'est le mode 
d'organisation el de fonclioonemenl de la bienfaisance qui 
conslilue la conception propre de I'auteur el Torigioalile 
de son (ravail. 

A ses yeux, les ressources acluelles donl dispose la 
cbarite publique et priv^e, si clles ^taient combines, 
suffiraient k comballre efficacemenl le paup^risroe. C'est 
une distribution ralionnelle des secours qui fait d^faut. Le 
reldvemcnl des indigents serail presque toujours possible, 
gr&ce k une intervention intelligente, continue, adequate. 
Pour atteindre ce but, M. Rubbrecbl demande la centra- 
lisation de toutes les institutions publiques et privies de 
bienfaisance, abdiquanl leur ind^pendance pour se plier, 
dans chaque localile, k Tex^cution d*un programme 
commun. Un comitiS central, donl les membres seraient 
nomm^s, sur pr^sentation^par radministration communale 
el donl le secretaire de celle^ci deviendrait la cbevilie 
ouvriSre, se cbargerait de cette t&che en prenanl pour 
base de son activity une statistique exacte de la misire 
dans chaque commune. Des sous-comitdsop^reraientsous 
sa direction. L'auteur pense que les associations libres 
consentiraienl volon tiers 5 fusionner avec les organes de ia 
cbarite oflicielle en vue d*un intdrel general; en cas 
de resistance, il voudraitjes y contraindre par la loi. 

Cest k ce defaul d*uniie dans Tefforl que M. Rubbrechl 
attribue la steriliie relative des mesures prises jusqu*^ ce 
jour en faveur des classes populaires. Suivant lui, la loi du 
.9 aoAl 1889 sur les habitations ouvrieres n'a rien produit; 
la Caisse d'^pargne et les Soci^l^s de secours mutuels 



■ (86f) 

Q*ont aucunement enray^ le paup^risme. Sous Tan et 
Tautre rapport, c*est d^passcr le but. La loi de i889 est 
encore dans sa premi&re phase d*ex£cution, et il est certain 
que la majeure parlie des d^pdls eflec(u6s h la Caisse 
d'^pargne est le patrimoine de la classe ouvridre. Mais il y 
a deux sorles d'ouvriers. Plusieurs pallialifs sont mis en 
avanl pour venir en aide aux moins avanc^s dVnlre eux. 
Lintroduclion de Tassurance obligatoire conTormdmentau 
type allemand est formellement recommand^e. 

Cesl assez pour faire apprecier rint£r£t de cet opuscule 
bien ^erit, congu dans un esprit large el bienveillant. II 
est k regretter scnlemenl que la pcnsde mdmc qui en 
conslitue le fond, soit dcmcur<^e vague et (h^orique, faute 
des d^veloppemcnts ndcessaires pour permettre d'en 
entrevoir les conditions d^application. Un supplement de 
recberches ctd'iiludcs s*impose sousce rapport k Tauteur 
sur ie terrain de la legislation comme sur celui de la 
statistique. L'id6e est h mArir : clle pourrait aboutir ill un 
patronage communal d*une haute e0icncit6, si la Tormule 
pouYaiten£treconcili6eavec nos institutions et nosmoeurs, 
jusqu'ici r^rractaires, 5 Texcis peut-£lre, aux mesures qui 
tendent k associer la liberte et Tautoritd. 

Vl. Les lois ouvriires et sociales en Belgique. Epargne, 
alcoolisme^ salaires^ conseils de I'industrie^ maisons ouvrieres^ 
par P. Van Nerom. Bruxelles, 1800, un volume in-8* de 
252 pages. — Les falsi ficalions des denrees alimentaires^ 
par le m^me; manuscrit in-4% 138 pages. 

Ces deux travaux reinvent d*un m^me ordre d'id^es et 
se compl&tent. Le manuscrit constitue un chapitre suppl^- 
mentairc du livre et y sera certainement ajoutS dans une 
Edition ult^rieure. Mdme aprte celte addition, Touvrage ne 



( 862 ) 

sera pas eooolplet : il restera k y oomprendre la loi sur le 
travail des femmes el des eofants, sans prejudice des 
projeis qui aitendent la sanction legislative : lois sur les 
syndicats professionnels, sur les mutualitds, sur la protec- 
tion de Ten ranee, etc. 

L'ouvrage de M. Van Nerom est dijk partiellement et 
sera sans doute plus tard un recueil complet de toutes les 
lois anciennes ou r^centes con^ues dans le but d'am^liorer 
la condition ^conomiqae et mcMrarte des InLvailleurs. Ces 
lois, dont le titre transcrit ci-dessus indique la nature, 
sont reimprimies dans leur texte et prdc^d^es d*un com- 
mentaire bas^ sur les documents et les discussions parte- 
mentaires. Ce n'est qu'exceptionnellement que t'auteur 
agrandit son cadre et s*avance timidement sur le terrain 
de la legislation et de la statistique compar^es. De pareils 
rapprochements sont Cependant essentiels en ce domaine, 
soit pour appr^cier la valeur relative des r^formes accom- 
plies, soit pour en determiner ou pr^voir les effets. Mdme 
par rapport aux deux questions dont le commentaire 
prend plus d'ampleur, les habitations ouvri^res et les 
ralsifications des denr^es alimentaires, cetCe lacune reste 
sensible. 

Le travail de M. Van Nerom ne pr^sente done pas le 
caraclere d'une ceuvre originale. Ce n'est pas non plus un 
ouvrage populaire, destine h vulgariser des textes, it en 
faire pcnetrer Tintelligence et Tapplication dans les 
masses. L'etude sur les falsiOcations eAt pu se prSter 
parlicniierementi ce dessein, k condition de lui donner 
deux complements : une liste des precedes les plus simples 
et Taciles, capables de deceler les fraudes grossidres et com- 
munes, de fa^on ^ armer le contrdle individuel ; un 
tableau recapitulant quelques cbiffres de statistique pinale 



(865 ) 

relatirs aux saisics op^r^es, aux poursuitea exerc^es, aux 
condamnalions prononcees. Celte double lefon de clioses 
aarail pu avoir sa valear, aflo de pr^munir d^un c6l£, de 
€00fenir de Taiilre. 

Mais la ponsee de Tauteur oe s'esl pas orienl^e de ce 
c6t^. II a voulu ^crire un chapilre de droit admioistratif, 
et Ta fail sinon avcc des vues persoDnelles, du moiDS avec 
soin et exactitude. Son livre rendra service aux admini- 
straCeurs et aux chers d*induslrie qui auront k appliquer 
les lois dont il s*agit et qui aimerout k avoir sous la main 
les testes avcc une explication sommaire de leur port^e. 
La t&clie est modeste, mais elle a certainement son utility. 

VII. Notions (T hygiene el de medecine populaire, 
suivies des soins et de f education a donner aux petite 
enfants, a I'usage de la dasse ouvriere^ par M"* Voituron* 
Li^nard, r^ente & Tecolc moyenne de Pecq. Ouvrage revu 
et corrig6 par A. Van de Lanoitte, docteur en noedecine \k 
Pecq. Manuscrit in-Tolio, de 6i pages. 

Ainsi que le conslale le titrc, Tauleur fait partie du- corps 
*enseignant. Sa Ictire d*envoi determine le carac(6re de 
son travail : c'cst un cours desUn^sp^cialenoent aux jcunes 
lilies qui suivent les lemons donn^es dans les dcolcs m^ina- 
g&res. A ce point de vue restreint, Tceuvre paralt appro- 
pri6e& son cadre. Elle comprend quatre chapitres : Notions 
g£n^rales d'hygiece; — Pharmaciedomestiquc; — Mede- 
cine domesUque; — Soins k donner aux petiLs enTants. 
Les indications reparties sous ces quatre rubriqucs sonl 
Tort cl^mentaires; beaucoup consistent en recctles popu- 
laircs, pr^senl^cs toutefois avec savoir et discernemcnt. 
Le dernier chapitre est le meilleur; ce n'est plus une 
simple nomenclature : il y vibre une note maternelle. 



( 500 ) 

pendant la seconde pdriode de libre entree, les prix de la 
houille, de 187i k 1875, ont, sous Finfluence de la ti^vre 
industrielle, atteint une hauteur qui n'a jamais &{& d^pass^e. 
Apr^s 1880, dans cette m£me p^riodc, ils subissent une 
depression graduelle. L'application de la metbode statis- 
tique est done, il faut le reconnaltre, iei tr6s imparfaiie, 
bien que la tendance signalde par i'auteiir soil rationnelle- 
ment d^duite. On jugera de la n6cessit6 d*une application 
mdthodique de la statistiquc comparative par Pexemple des 
droits sur les cdreales successivemenl ^tablis en France 
depuis les lois de 1885 et de 1887. Que de Tois n*a-t-on vn 
les dcrivains qui nient systcmatiqucment influence des 
droits de douane sur les prix, invoquer ce fait que, depuis 
leur ^tablissement en France, les prix du froment se sont 
abaiss^s au-dessous m£me des prix anl^ricurs! II a sufli, 
comme le montre le diagramme que je joins h cette note (t), 
de mettre en parallele les variations des prix sur les mar- 
ches restes libres, pour dissi per cette erreur et rdvdler un 
6cart persistant correspondant sensiblemenl k la hauteur 
des droits perQus. 

Deuxiime application de rinduction statistique. — C'est 
rhypotbtee d*une Industrie apte h satisfaire k tous les 
besoins de la consommation indigene au prix international, 
mais qui priSsente la constitution d*un syndicat empAcbant 
la venle au-dessous d'un certain prix. Cette bypotb6se a ^16 
parfaitemenl expos^e par M. Rolin-Jaequemyns : je n'y 
reviens que parce que Tauteur a prolong^ ses observations 
jusqu*au l"" Janvier 1802. Depuis juiilel 1879, Tiroporta- 
tion du rail d*acier est soumise en Allemagne k un droit 

(I) Ce diagramme est depos6 daas lesarchiFcs avec le manaaerit 
do rapport 



( 568 ) 

JiQCun. Deax parties se remarqiicnt dans son travail : Tune, 
toute negative et critique, Iraite de re qu^il ne Tant pas 
faire : ce soiit les Pencils i ^viter dans la recherche des 
moyens d*amelioration dc la vie ouvri6re. II e$l i\ peine 
besoin de dire que M. Mariel proscril non seiilcment 
Tabus, mais Tusage des spiritueux; il condanrine avcc la 
m£me nelieli^ les manifestations bruyantos, les revendica- 
tions chim6riques commc la journ6e de huit heures et le 
salaire minimum, la r<^glementation du travail, les greves, 
prosque toujours steriles et malfaisantes. II ajoule quelques 
notions £l6men(aires sur le capital et la main-d^oeuvre, la 
distribution des richesses, la participation aux benefices 
<|u*il recommande avec chaleur. II r^agit centre Tid^e 
socialistede rin(ervemion5outrance des pouvoirs publics ; 
le self-help a toutesses prtTerences. Cesl sous la hanniere 
de IVconomie politique orihodoxe que Tauteur se range 
pour combattre avec energie et conviction les esp^rances 
et les doctrines des ^coles nouvelles. 

La seconde partie a pour objet d*expo5er les vrais 
moyens d*amelioration. ici, comme partout, il semble que 
la critique soit plus ais6e que Tart. M. Mariel se borne k 
conseiller ralliliation & la caisse de retraite, k la caisse 
d*£pargne, aux societ£s de secours mutuels, sans d*ailleurs 
exanrJner si le Tonciionnemont de ces institutions repond 
k tons les besoins, ne comporte aucun pcrfcclionnement. 
II iosistc avec raison sur Timportance d*une habitation 
saine et convenable, sur la propret^ qu*on a justement 
appel6e une vertu sociale; mais ici encore il n'entrouvre 
aucune fierspective pratique. 

L*auleur de cet ouvrage, s*il manie vraiment le mar- 
teau, n*a pas d^sappris de tenir la plume. Son livre est 
^rit dans une note attrayante; il sera pour beaucoup de 
3"* s£rib, tomb xxt. 5S 



(«fi6) 

Iravailleurs use lectore saioe ct bieofaisaDle. II poorra 
ealmcr quclqucs passions, rectifier ceriains jugementSy 
orienler dans Ic sens du rel6vement par Peflbrt persoonel 
el persev^rant. Mais,considerc en dehors de sa deslinalion 
populaire, pris en lui-m£me, ce travail n*apportc pas de 
solution; il ne realise aucun progres dans I'elude do 
grave probldme qui se pose devant la soci^le contempOi- 
raine. 

IX. Le role de la femme dans la ItUle contre Valcoo^ 
lisme, par Marie Parent. Bruselles, 1892. Brocliure in-18 
de 4G pages. 

Dans ses proportions reduitos, cet derit est Ton des 
meilleurs Elements du concours. Ce n'est qn'un traci, 
mais au sens eminent du mot. Le succes en a 6i& grand el 
m6n\6. La Ligue patriotique contre Talcoolisme Ta fait 
rdpandre h d*innombraklcs exemplaires. Le titre porle : 
Quarantc-cinquicme mille. Traduilc en (lamand el en 
neerlandais, la brochure se vend 10 centimes. 

Instrument de propagande, TcBuvre a neanmoins an 
cachet personnel; le ton en est grave, si^ricux, 6leve« non 
exempt d*une nuance de tristesse. M"' Parent s'adresse Ji 
la compagnc de rouvrier, mais sans abarsser pour cela 
ronseiguemenl ni le style. Le cadre de lexistcnce qu*elle 
trace, la mission qu*elle pro|)Osc ik la Temme et h la rodre 
est humble et auslere : des devoirs, des lultes, des sacri- 
fices, sans autre recompense que la satisi'action morale do 
bien accompli, la plus haute de toutes, il est vrai. < Noos 
n'ignorons pas, <icrit-elle, que nous vous avons traei le 
portrait de la mere id<^ale et que vous ne pouvez £tre 
toutes parfaites. Encore fallait-il vous indiquer en qooi 
consiste cet id^al, pour que vous cherchicz k vous en rap- 



( 867 ) 

procber le plus possible. » Peut-£(re eAUil &{& desirable, 
utile m^me, d oflTrir i IVpouse, h la inc^re, qiielqiies poinls 
d'appiii de plus pour Taider i gravir ceUe ftpre cime. Une 
verlusi ^lolque cs(-elle bien en rapport avec la nature de 
Tftme populuirt^? iMais Tauleur a voulu evidemment circon- 
scrire la luttc enlre la conscience dirigiSe par la loi du bien 
et le plus dcgradant des vices. 

Le caraciere de rhomme n*apparall pas dans cet dcril 
sous un jour flat tour : IVgoisme brutal y forme son trait 
dominant. Cetail inevitable, puisque l*<icrivain s'adresse 
anx I'amilles mcnacdes ou ravagiVs par Talcoolisme du 
mari ou du pere. Un sentiment profond de rc^pulsion 
morale ik Tc^gard dc I'ivrogne p<in6lre (outes les pages; 
c'est un dcs moycns d*action de Tauteur, un dcs plus effi- 
cacossansdoute. 

Le merite de la forme s'allie, dans cet opuscule, k celui 
du fond; de justcs elogts lui sont dus h tous egards.Fant-il 
lecouronnei? La valrur d*un livrecslc(?rles independante 
de Fos dimensions, ct Ton a souvcnl constate que son 
influence est on raison inverse de celles-ci. Cependant, il 
est ici une jusle mesure dont il parait malaise de faire 
abstraction. Si le prix Ca^tiau pouvait £(re divise, je n1i(^i- 
terais pas h proposer h la Closse d*en atiribuer une partie 
i la brocliure de M"* Parent. Cette faculle nous est inter- 
dite. Mais, dans les recompenses academitpies, ce Q*est pas 
rargeni qui pc^se : cVst Tliommage rendu au talent, cVst 
la constatalion d*un service social accompli. 

X. /-f« cames de privoyance des owners mineurs en 
Belgiqne,[inr le D' IL Schoenfeld. Bruxetles,188G. Brochure 
in-8% 46 pages. 

Des assiiraiires sur la vie^ par le D' H. Schoenfeld. 
Bruxellcs, 1886. Brochure in-8*, 39 pages. 



(504) 

II aborde ensuite r^lnde comparalive des hearts de 
hausse eDtre le marcb^ cenlral cl les difF^renles parlies de 
TAIIemagne, et il est amen6 i une troisi^me s^rie d^expli- 
cations parlielle:« qui ratlacbent ces Pearls soil aiix varia- 
tions des quantity dec^r^les produites ou imporlees, soil 
aiis changements subis par les frais de transport. Cest 
ainsi qii'il arrive k une conclusion g^n^rale, confirmative 
de son raisonnement d^uctif, que : £tant donn6es les con- 
ditions rappel^es ci-dessns du marcb^ allemand, les droits 
de douane communiquent aux prix de venle une ten- 
dance k la bausse au moinsi concurrence de lenr montant. 

L*auteur se proposait d^^tendre ses Etudes k la France. 
II nous dit, dans les derni&res pages de son m^moire, qu*il a 
recueilli des mat^riaux considerables, mais que le temps 
lui a manqu^ pour les roeltre en oeuvre. II faut le regret* 
ter; il faut regretter aussi que I'bistoire de la legislation 
douani^re beige n*ait pas fourni plus d'exemples et que 
la loi du 18 juin 1887, etablissanl un droit sur le b^tail, 
n*ait provoque aucunes recbercbes. Le d^sir exprimS par 
M. Rolin-Jaequemyns de donner plus de place aux syndi- 
cats (trusfs) cdt pu dire plus largement satisfait. Les 
£lats-Unis oflTraient un vaste cbamp d'observation k par- 
courir, et Ton jugera de la n^cessiie d*etudier Taction des 
trusts sur les prix, par le seul t^moignage de M. Edwards 
dans son rapport au Gouvernement am^ricain. Mais, maU 
gre ces lacunes, ce qui reste acquis, c*est que Tauleur est 
aujourd'huien pleine possession des m^lbodes scientiflques 
les plus f^condes, qu*il les applique avec une infatigable 
ardeur, une precision croissante, une remarquable ind6* 
pendance d*esprit, un fervent amour de la v^rite. Or, ce 
sont \k, assur^ment, des titres a la bienveillance de I'Aca- 
d^mie. L'iBuvre, d^ji si prorond6ment remaniie, pent &ire 



( 569 ) 

de 1S86 est un travail solide, bien document^, t^moigriant 
d'iDvestigations originalos et approrondies. En rcconnaiV 
sant le» r^8ultats acquis, leg services rcndiis, raiiietir^est 
frapp^ d6s lors des iinperfeclions et des lacunes de rinsti- 
tution^et chorche les moyens de ramiliorer par une reforme 
de la li^gislalion dans le sens d*une extension des fucuU^s 
conc^decs, en matiire de possession, par la loi anx collec- 
livitis. 

La brochure concernant les assurances sur la vie, de la 
mdnie annee, ne soulove pas de questions nouvelles. Cest 
un expose mdlhodique et concis du mecanisnie si com* 
pliqu^ des operations d'assurance qui ont la vie humaine 
pour objel. L*au(eur s*en tient aux bases positives de la 
science et de Texpi^rience; son but est de vulgariser fes 
connaissances relatives ili des combinaisons dans la pratique 
de^quelles les populations beiges sont notoireroent en 
retard. 

I/^tude sur la personnalit^juridiqne des caissesde pen- 
sion et de relraile est un m^moire pr£sent£ le 6 sep- 
tembre 1887 aux membres adili^Js a la caisse de pension 
du corps ni6dical beige. Cetle caisse, dont le D' Scboenfold 
ful la cbeviJe ouvri^re, possedait alors 700 000 francs : 
constitute sous la forme d'une association volontaire, son 
nvenir, au point dc vue Idgal, ne laissait pas d*£tre pr6- 
eaire. Ijk pensile d*eliminer ce |ieril,en revcndiquant pour 
les institutions de cette nature qui avaient fait leurs 
preuves, lesavantages dc la personnalit6 civile, Tut Tinspi- 
ration de cet ^crit. Quelques extraits en caract^riseront 
Tesprit et Tubjet. 

c Le veritable nceud de la question, dit Tauteur, se 
trouve dans la necessity (Passurer la stability des associa- 
tions crates par les citoyens dans un but liSgal et avouable. 



( 806 ) 

ineDt equivalent ao prix de revient de chacone des 
industries qui alimentent le marcb^, et qa*elle accorde one 
ristourne ^quivalente i I'exportation. Cest ce quefautenr 
appelle la laxe en parfait ^quilibre. 

II se pent aussi que la taxe impose ce rencbirissement 
aux industries nationales, sans accorder une restitution 
^uivalenle a L'exportalion. Cest ce que Tauteur appelle 
une taxe sans ^quilibre international. 

II se pent ^alement que la laxe impose nn rencbirisse- 
menl au prix de revient d'une partie seulement des 
industries qui fournissent un produit k la consommation 
nalionale. Cest ce que Tauteur appelle une taxe sans 
^quilibre national. 

Poursuivant son travail d*analyse, Tauteur examine ies 
<^(a(s ^conomiques g^n^raux d*une industrie qui fournit lo 
produit iax6. 

Cette industrie pent, dit-il, se trouver impuissante, en 
vertu d*un obstacle nature!, physique ou tecbniqne, k 
subvenir k la consommation nationale au prix ant^rieur k 
la taxe. 

Elle pent aussi £tre apte k fournir des quantit£s sup6- 
rieures k la consommation nationale, tout en assurant un 
li^n^fice extraordinaire aux coop^rateurs de la production. 

Elle pent aussi iive apte k Tournir des quantit^s supe- 
rieures aux quantity que consomme la nation, moyennant 
<\es frais de production qui correspondent sensiblement 
aux prix antirieurs. 

Apr^s avoir ainsi divis^ Ies ^l^ments du probldme, 
Tauteur aborde Fexamen d^taili^ de cbacune des faces de 
ce problime. 

II recbercbe d'abord quelle est la tendance imprim£e 
au prix de vente par un imp6t de consommation en 
^uilibre parfait. Sa conclusion est qu*un impAt de con* 



( »71 ) 

do probldme. Cest un sentimenl fort r^pandu de nos 
jonrsqiie la reaction contrc loute esp^ dc mainmorle a 
d^pass^ ic but. Des noyaux pr6cieux d'organisalion sociale 
86 sont trouvf^s paralyses ou 6limin6s par Tapplication 
rigoureiise de lois donl Ic principc, juste en soi, n*a pas 
8u toiijours se plier aux exigences nouvelles du temps ei 
des milieux. M. Schoenreid, on a pu s*en aperccvoir par 
quelques-unes des citations ci-dessos, est un d^renseur 
convaincu d^une rcforme essentielle sur ce terrain. II ne 
faut pas, sans doule, que la soci6t6 soil desarm6e vis-h-vis 
des abus; mais il faut encore moins quelle condamne k 
Tavortemenl les focondcs initiatives de la liberty. 

L'etude sur les socidtes de secours muluels se meul 
naturellement dans le mdme cycle d*idees. Elle contient 
one critique approfondie de la loi du 3 avril 1851, qui Tut 
on point de depart beurcux mais qui, apr^s quarante ans 
d'exp^rience, de progres l<^gislatirs et iJconomiques chcz 
oous comme auiour de nous, a ce$s6 d*£lre h la bauteur 
des nicessites du moment. La revision de cette loi est 
et demeure, avec bien d'autres mati^res, h Tordre du jour 
deia It'gislature. Deux projels sont en pri^sence, Tun 6mane 
de la commission permanente institute en verto de Tar- 
tM du 12 mai 1851 , Tautre du gouvernement. Ce dernier, 
con^u sur un plan bien plus reslreint que le premier, ren- 
contre de la part de M. Schoenreld des objections graves; 
il y oppose un projet-lypequi, h raison de la competence de 
Tauleor comme du mobile qui le guide, m^rite le plusserieux 
examen. S*il r<^pudic avec vigueur le communisme collec- 
liviste, c cette mutualite universelle, dit-il, qui n*esl appr6- 
ci^ que par ceux qui ne poss6dent rien et qui di^daignent 
rei6vation par Ic travail », ce n*est pas pour se complaire 
dans le statu*qoo stagnant de Tinertie et du prejugj. 



(57J) 

« Vooloir ne pas recoooalsre anjoordlioi, dcril-il, les 
cialiors uliien, empdcber leur diffusion, licniter ^roilemeol 
leur cercle d*actioo, c*est conlrarier leor lalle contre ria- 
pr^voyance, la paresse, le vice el la roisire. La civiiisalioo 
est la fillc de la privoyance qai provoqiic recoDomie, sti* 
iDiilc le (ravail cl demonlre la puissance de Tordre el de 
r^pargne, en ulilisant celle-ci avec discernemeol el en j 
greflani Tassnrance 2i longoe porlce. Dcvaul ccs vasles 
ppr9|iecli\es, it ne faul pas s*allarder i envisagcr seulemeol 
les pelils cdles de la qaestion. Pen iinporte qu*une ioi 
largenienl confne racilile les coalitions ou que lei parli 
cberclie ft en user dans un bul de domination ou de lucre, 
(re&l au progr<^ ^conomiqiie el social do riiuinanil6 qu*il 
faul penscr, ik rextinclion du pauperisms i la somme de 
boiiliour que criiera une bonne logiilation sociale, ft f^re 
de pacification qu'elle inaiigurera enlre les differenles 
classes cl iiidtne enlre les nations. Plus sera grand le 
nombre de personnes dont les interdts seronl menace par 
des iierlurlialions, moins fr^quenles seronl les menaces de 
guerres on de r^ioliitions. > (Page 54.) 

Dieti tics |)age8 de eel <^cril au stijel des consequences 
que rcc6le pour Tordre social une legislation libdrale de la 
muliialite, rci^pirent une foi communicative el sonl remar- 
quables par le fond comme par la forme. 

L opuscule sur les funds sp^ciaux de retraite nous irans- 
porte par sa date, sans rumprc la chatne des idt^es, dans 

la p<Jiiode actuelle du eoncours. M. Scliocnfeld y etudie 

un«! institution qui exisle depuis pr6s de quaranle ans en 

Franco, mais qui n*a pu encore s*implanler en noire |»ays. 

Les fouds collecliTsde retraite onl donn6 de bons resulUls 

cliez nos voisins; encourages par I autorit6 publique, ils onl 

pris un d^veloppement notable, el le mdcanisme de leur 



I 
I 

t 



( 873 ) 

fonctionDeroent n*a pas fait ressortir des inconv^nieols 
capables de balancer ses r6els avantages. La l^gi>laiioD 
beige, sVn tenant k la formule rigoureuse du self-help, 
n'admet ju$qu*ici que le livrcl individuel. Ues tentatives, 
timidcs encore, apparaissent n^annioins pour d^ passer ce 
cadre sans le supprimer. II y a li, en eflet, deux ordres de 
b^nificiaires diflorents : qn*y aurait*il d*irralionnel ou de 
perrlleux i accorder 5 cliacune des deus cat($gories le mode 
d*cpargne qui correspond le mieux k ses besoins ou a ses 
ressources? 

M. Scbocnfeld, qui a rencontr^ sur cc terrain un contra- 
dicteur redoutable dans la personnc de M. L. Mabillon (1)» 
professe en eelte mati^rc des convictions fortes et enra- 
cindes; il les defend avec uoe extreme chaleur d*argumen- 
tation ; c*est un plaidoyer, mais au bon sens du mot, qui se 
continue dans quatre articles iiiseres, en juilletetaoiil 1801, 
dans la Revue economique, et ecrils avec une dgale verve 
et vigueur. 

G*est dans Tdtude manuscrite sur Tassarancc ouvri^re 
d*apres le type rdalisii en Allemagne, que se pr^ente k 
nous la pcnsde finale de M. Sclioenfeld sur ce point ini|K>r- 
tant. Cette 6iude constitue aiissi son ceuvre principate 
pendant la periode qui s*etend sur les trois derni6rcs 
anndes. Le probleme de fassurance ouvri&re est abord<i ici 
sous sa forme la plus comprebensi\e et la plus complexe. 

Nul n'ignore le travail gigantesque qui s*est accompli 
en Aliemagne sur le teriain de Tassurance ouvricre, ik la 



(1) Les pemimts de retraite ouvriirei et le* fonds spSeiaux de 
Mraite^ imtiituet en France par di'cret du 36 avril 185G. Bruxcllcs, 
4891. 



( 874 ) 
soile du e^l^bre message imperial da f7 novembre 1881. 
L*iBuvre logislalivp^ ^coiiomiqiie el slalisti4]ue qui repr^* 
senlc raccomplissementdeccmdmorable programme, s*esi 
^lendue sur un espace de dix ans : elle irappe Tespril par 
la bardiesse el la grandeur de ses proportions. Quand oo 
examine, dans les documents originaux, ce monument de 
pr^voyance unique dans Tbisioire de tons les peuples, on 
ne saurail se d^fendre, quel que soil d'ailhuirs Ic r^sultal 
final de Tenlreprise, d*un profond senlimenl d^admiralion 
pour les hommes qui onl os^ coneevoir un lei desscin et 
qui onl su le r£:diser dans la vie sociale d une nation de 
cinquante millions d*hommes. Le 15 juin 1883, fut pro- 
mulgude la loi sur Tassurancc contrc les maladies, com* 
pldl6c toul r6cemmcnl par la Novelle du 10 avril 1892. La 
loi du 6 juillel 1884, developpee par une serie de dis|)Osi- 
lions extensives, a organist Tassurance centre les accidenls. 
La loi du 22 juin 1889, enlin, a cr^6 Tassurance conlre 
rinvalidile el la vicillesse ; de son succ^s depend une 
derniire mesure U*nue jusqu*ici en reserve: Tassurance des 
veuves ei des orphelins; elle n*esl entree pleinement en 
vigueur que le 1*' Janvier 1891, el Tapplicntion n*en a pas 
d^pass^, par consequent, la periode d essai. 

Les trois lois reposenl sur le principe de robligaiion, 
mais rinlervenlion de T^tal est inegalemenl r^parlic entre 
les trois combinaisons el s*y associe Sk des degr^s divers, i 
desgroupemenls locaus oudes institutions privies. L*aclion 
de r^tal n'esl pr<Spond£ranle que dans la troisi6me com- 
binaison. Tandis que les deux premieres onl incontesla- 
blemenl subi avec succes Tiipreuve de Texp^rience, il n'eo 
esl pas de mdmc de la troisiime : elle dale dliier el subit 
encore Tassaul de nombreuses critiques. Qui pourrail s*eii 
^tonner? II s*agil d*une mesure qui enveloppe d^h present 



( 575 ) 
1 1 millions dindividas (7«3 hpmmes, 3.7 feinines),et doDt 
la charge aiiQtiellc pour TlLlaty h Tdpoquc dc son fonction- 
nemcnt normal, paratt devoir s*£lever h GO millions de 
mares. C'esl Ic principc el le m<^canisme de cctle loi que 
M. Seliociireld a entrepris d'exposer sous une forme som- 
maire, en discnlant simuUandmcnt les objections qu*^lle 
8oul6ve; la tiUche assur6mcnt n'est pasbanale. 

Son <^lude comprend cinq cliapilrcs. Le premier est 
intitule : « Socialisme d*£tat, — Assistance, — Seir-help». 
M. Sciiocnrdd dcarte nettement toute formulc sociaiiste 
qui aurail pour cITct d*anniliiler Taction individuelle : il 
prdconise reffort personnel, mais il le vent assist^, sou- 
tenu par la collectivity. Rien par TEtat lui parall un 
sophisme, an m£me degre que tout par r£(al. Les 
rdformes qu*il entrevoil sous cette perspective touchcnt i 
bien des doniaines : regime social, code civil, administra- 
tion de la justice. Plusieurs de ses vues sont h mdditer sous 
ces divers rapports; mais la g6nSralisation est un dcueil. 
Pour jnger le passe el surtout le present, pour preparer 
Tavenir, il est indi5pensable de se placer au point de vue 
do rhisloire, de tenir compte des coiirants d*action el de 
reaction qui gouvernenl le monde politique el £cono- 
mique. Les hommcs, comme les institutions, ne s*apprd- 
cienl sainement qu*ii la condition de les prendre el de les 
maintenir dans leur milieu. 

Le second chapitrc Iraite de € la prdvoyance obliga- 
loire y.Cesl au principe de Tobligntion d*apr6s Ic systeme 
allemand que se rallie M. Scliocnrdd. II considere celle-ci 
comme Tapprentissage de la pr6voyance, c*est-ik«dire de la 
vertu : cVsl une autre Tace de rinstruction obligatoire. La 
m6me loi s'imposc ainsi aux deui Tacleurs de la produc- 
tion, le patron el Touvrier. Les charges publiques el pri^ 



( m ) 

\^es, en's*aggravahi:de ce clier, Lrouvcnt ieur conlre-partie 
dans la dimtDulioD correlative des d^pcnscs de la bieDfai- 
sancc. 

Le cbapitre III, sous la rubrique : c Mesores d*apaise- 
menli^esl un expose du mccanisme dc Tassurance conlre 
la vicillesse ct rinvalidil^. L*auteiir dc^rend (incrgiquemeDl 
le syslemc el aHirme que. son applicaiion a d6s i present 
produil des amiilioralions notables dans !*<^(al ^conomique 
el social de TAIIeniagne. Celle derniSre appreciation 
parallra premalur^e; Tinsiilulion est trop raceme pour 
que son action ail dej5 pu se fairc sentir eflicacement 
dans Ics relations du capital el du travail. Des incidents 
d*hier le demcntrenl. D*autre part, Texpos^ m£me du plan 
^en^ral de la loi de 1880 est trop sommaire : ind^pen- 
damment des rapports el des discussions parlemcntaires, 
Texpose des motifs qui rorrae,^ lui seul^un volume,aurait 
permis d*eiargir le cadre de ce cbapitre el dVntrer plus k 
fond dans la mali6re. Une conception aussi neuve el aussi 
complexe demande, pour dire rendue accessible au grand 
public, une analyse plus detaill6e. 

Au cbapitre IV, « Critiques du syst^me allemand >, 
M.Sclioenrdd reprend el complete sous quelques rapports 
son expose, en r^pondant aux nombreuses objections qui 
se produisent encore en Ailemagne el ailleurs contre la 
loi dc 1880. Ces objeclions sont multiples : rimpopulariie 
d6s Tabord de la loi, qui ne Tut vot^e qu'i une majority de 
vingt voix, les Traudes individuclles possibles, Texc^s de 
ringerence adminibtrativc, le laux minime des pensions 
compare au taux eieve des retenues, etc. M. Scboenfeld 
oppose des arguments s^rieux k la pluparl de a*s critiques, 
qui |)erdeni bcancoup de Ieur port^e si Ton consid6re la 
iiouveaute de focuvre el Tampleur de ses dimensions. II 



( 877 ) 

8*agit d'une caisse d'assurances (ipntles b^iidfieiaires se 
chiffrent entre onze et doiize millions de lil&s dont le 
fonds de reserve devra alteindre 2 7s milliards, qui aura 
iservir au bout de qualre-vingls ans le redoulablc lotal de 
1,250,(300 pensions. Le triisor de TEmpire contribue 
acluellemenl pour une somme de 12,600,000 marcs. 
D*auire part,M.Sclioenreld calcule que Ics trois assurances 
r^unies ne coiUent, pour Touvrier moycn, gngnant 
750 Trancs Tan, que 50.50 francs, donl 17 francs sonl k 
sa charge, 10.50 i crilc du patron. Si IVxp^rience v^riGe 
les calculs qui onl servi de base 5 la combinaison, le bien- 
fait vaudrait certes les sacrifices consentis. 

Les ff Applications du systt^me allemand h d*aulre pays» 
formcnl la matirredu cinqui6me et dernier cba|>itre. L*Au- 
triclie seule est cnlri^e jns(]u*ici dans la voie ouverte par 
TAIIcmagne : mais cest la siiualion en Angleterre, en 
France ct en Belgique, qui fuit Tobjet de Icxamen de 
M. Scboenfeld. Dans les deux premiers de ccs pays, le prin- 
cipe de foblignlion n*a pas encore pr6valu : mais Tinterven- 
lion de I'Etat h litre de garant ou d^auxiliaire dinstitulions 
populaires d*assurances, sVst accentuee. En m6me tcmps^ 
ces institutions out obtenu des prerogatives plus etendues 
dans Tordre civil. Sous tons ces rapports, la Belgique est 
moius avanc^e.Sans mdconnaltre les progris rebels eflixtu^ 
dans le domaine de la mutuality et de Tepargne, il n*est pas 
contestable que Tassurance, prise au sens social du mot, 
demeure chez nous in Tetat embryonnaire. Dans la 
recherche des causes de celle situation et des responsabi- 
litdsqu*elle accuse, U. Schornfeld £crit bien des pages qui 
ne sont pas exemptes d*au)eriume, parfois mdme de quel- 
que injustice. Cc sont \k des entrainements de poldmique 
qui trouvenl leur explicatioa dans ud amour gen^reut du 



( 578 ) 

bieo pablic. Poor un esprit anim6 d*iin zile ardent, ^pris 
d'un haul id<ial, impatient de voir convertir en actes et eo 
fails les conclusions de longs et consciencicu\ labeurs, il 
est certain que le spectacle de nos h6>itations et de oos 
lacunes cveille des sentiments qui n*ont rien de commun 
avec celui de Toplimisme. 

L*<i(ude de M. Sclicenfeld est en giineral bien <^crite : le 
style est clair, correct, vivant. Le plus grave diTaut qu*OQ 
puissc lui reproclicr a trait h la composition ; la moiti^ du 
m^moire consiste en notes se rattachant plus ou moins 
directemcnt au lexte : de lit de continuellcs digressions qui 
obscurcisscnt la nr.arche de Tidtie et lassont Tatlention. 
D*autre part, on pourrait dcsirer des references plus abon- 
dantes. Les conclusions pratiques gngncraient aussi h iite 
mieux mises en relief. II y a maii^re, sous ces divers 
rapports, ik d'utiles corrections. 

L'oeuvre de M. Schocnfcid, surtout h la considirer dans 
son ensemble, se recommande par de s^ricuses qualit^s. 
Elle se d6veloppe tout enti6re auiour du piobl6me 
capital de Tassurance et de la mulualil& Parmi toulesles 
combinaisons auxquelles pourront recourir les Etats 
mo<lernes pour rfeoudre les redoulables difficuhds qui se 
dressent devant eux sur le terrain de la reforme sociale, il 
nVn est pas de plus f^conde. CVst bien le levier quil faot 
pour soulever le faix ^crasant du paup^risme. Mieux que 
lout autre moyen, fassurance permet de concilier Tinitia- 
live individuelle avec Tassistance pormancnlo de fEtal, 
d*ouvrir de larges voies au progrcs sans reconstruction 
arbitraire et utopiquedc la soci<^le tout entiere, en respec<* 
lant le droit, en continuant riiisloire. Au merile d*avoir 
discern^ et pr^conis^ Timporlance de ce puissant instru- 
ment de renovation, M. Schosafeld joint celui d*en avoir 



(879) 

abord6 Tiitude d'aprte dcs mtilhodes scientiflqnes, en 
grou|iant Ics fails, tn analysanl les cbiffres, eo eomparanl 
les n^iillals. Enlin, il a fail mieus que de penser« il a 
agi. Pour me servir d*une expressioo conrante» c*es(, a de 
nonibrcux dgards^ une osuvre vecae qu*il nous apporle. 
Adminislraleur pendant de longues annees d'une caLsse 
iniporlanle de rclrailc, defeRscur infaligable des principes 
de la mulualii^ dans la presse el les congrds, president 
du Comit^ de palronage des habilalions ouvridres et des 
insiitulious de bienfaK<auce de quatre communes popu- 
leuses de Tagglomeratiou bruxclloise, el communiquanl k 
celui-ci, par son aclive iinpuUion, Tesprit d*^nergie el de 
d^YOucnicnl qui le disliugne lui*m£me, il a exc<id<i le 
domaine de la speculation (beorique, il a soumis nombre 
de ses idces ik lepreuve toujours critique de Tapplicaiion, 
il a Tail dans la spb6re qu*il s*est cboisie de la pbilautbro- 
pie prati(|ue. 

Ces litres eminenls el multiples ne se rencontrenl au 
nidme dogrc cbcz aucun de srs concurrents. C'esl pour les 
recompenser que je propose i la Classe de decerner le priz 
Casliau pour la p<3riode 1890 in 1892 ik M. le D' H. Scbcen- 
feld. 



< Notre Eminent confiire, M. Banning, s*esl Iivr6 i une 
^tude si complete et si juilicicuse des divers m^moires 
pri^sentes, el son appreciation Concorde si bien avec la 
ndlre, en tons poiuts, que nous pourrions, sans prc^judice 
pour aucun inl6r£t,nousen rerercrsimplemenl&son juge* 
meot» certain de ne rieu ajouler ik rautoritiS d*une rdsolu- 
lion aussi bien juslilite. 



( »S0 ) 

Ce n*esl donc^ Messieurs, qae par d(§r£rence k Tappet 
doD( vousnous avoz lionor6, que nous nous permeKons 
de liasarder rapidemcnt quelques ohservaUons sur le 
m^rile de deux des oeuvres les plus marquanles soumises 
k voire esamen. 

La premiere, dans Tordre des productionsi ^mane d'un 
pseudonyme bien connu, M. Cb. Adcp, sous le litre : 
Probleme social. Vous en connaissez le plan el la slruc- 
lure : cesl un Ira vail synlheliqne, precede de notions pr6- 
liminaires, embrassant dans leur ensemble la pluparl des 
grands problemes que, de noire ^poque, on est convenu 
d*a|»peler la Qi$€Slion BocialCf el que Tauleur aborde suc- 
cessivenienty en les soumetlant 5 une critique g<Snerale- 
ment bien juslill^e, conrorme aux notions de la morale el 
du droit. 

Mais, avanl de passer en revue les plus nolables, nous 
nousdemandoiis — el cette observation s*(3tend 5 la pluparl 
des trait6s en discussion —si la pcns6e du genereux Tonda* 
leur a ^t^ bien comprise, el si, au lieu de remellre en 
quolion des propO'iitions lanl d6batlues el bien pr6s 
d*aboutir, comme celle d*une conception exaclc de r£tat 
moderne el de ses functions, ou de la I6gitimil(i el de la 
n^cessit^ de la propri^te el du capital, de la liberie du 
travail, de la diffusion iodispens:ible d*une morale austere, 
au lieu de faire la le^on aux gouvernants el aux classes 
dirigeanles, gineralemenl bien inspir6es, nous nous per- 
meltons de demander s*il ne serail pas mieux de diriger 
I'efforl social de preference vers la classe si nombreuse 
des besoigneux, qui n*onl besoin que d*dtre ^ciair^s el 
amendiSs par une connaissance plus exacle de leurs devoirs, 
et une intelligence plus r^pandue des lois ^conomiques. 
Leur enseigner la resignation dans Tin fortune, leur rdpeter 
sans cesse que ce o'esl pas la jouissance qui est notre 



( S8i ) 

vocation, mais la soufTraoce, le travail opini&tre ec la 
dure peine; que cette douleur m^me, qui forme le fond 
4e notre vie» est salutaire par Texcitation qu*elle donne k 
notre activity; que rbomme est mattre de sa destin^e, le 
premier et le seul artisan de sa fortune; que par la seule 
force de retfort, celui qui a moins re^u peut s*^lever plus 
iiaut que celui qui a re^u davantage; qu'il n'est pasd'arti- 
san qui, par son industrie, ne puisse arriver k la direction 
de Tatelier oil il a commence son apprentissage; qu'une 
economic renouvel6e chaque jour conduit n^cessairement 
■au bien-6tre et k Taisance; leur inculque^,en cons^uencc, 
la notion de I'^pargne avec Taversion des consommations 
inutiles, avant tout la plus funeste de toutes, celle des 
lK)issons fortes. 

Et, si Ton veut faire la part des gouvernants, qui ne 
<;omplent pas pour pen dans le maintien de la paix sociale, 
engager avec eux centre Talcoolisme, la grande plaie de 
notre ^poque, une croisade qui ne finira qu*avec sa des- 
truction. Exiger d*eux qu'ils rejcttent tout palliatif, toutes 
<lemi-mesures, qui ne sont qu'autant de fraudes, et ne 
peuvent que nous d^tourner du but final. Renoncer pour 
notre chire patrie au triste honneur de marcber k la tdte 
de toutes les nations, au seul titre de notre prodigieuse 
absorption de spiritueux; k Texemple de la Norvige, en 
interdire le commerce en detail et, si le salut du peuple le 
commande, porter la d^rense plus baut encore, comme 
<lan8 certains £tatsde TAm^rique duNord; ne pas oublier 
quesa d^pense ne nous appauvrit pas de moins de 150 mil* 
lions de francs par an, enpure perte, et, ce qui est plus 
deplorable encore, ce quelle coAte k nos sant^s, k rint6« 
grit^ de nos facult<is intellectuelles, k la conservation de 
notre race. 

3"^ SiRlB, TOMB XXV. 38 



( 582 ) 

Le rappel 4 ia m^oire de quelqoes exeroples (opiques, 
eaiprunl^ft 4 dob staiisliques officielles, k la port^e de 
ehacQD, sous forme de bref pamphlet^ op^rera sur Pesprit 
dii peuple, qui les ignore, uoe diversion aulremeot efli* 
eace que la lecture de nimporte quelle ih^orie doclement 
concue el sagefneut d^doite; quand on s'adre^^se au peuple, 
il faul lui parler la langue qu'il comprend, et descendre 
jusqu'au uiveau de son intelligence, si Too aspire i dtre 
lu dans les ^coles et au foyer de la famille. 

Et cependant,pour n'Stre pas entr^dans la voiequi e6t 
^t^ la n6tre et que nous croyons meilleure, Tauteur n'en 
a pas moins donn£ la mesore de T^il^vation de son esprit 
et de r^lendue de ses connaissaoces^en al)ordant un sujet 
aussi complexe; nous ne saurions le m^connatlre. Son 
Essai abonde en v^rites d'une rigoureuse exactitude, sous 
forme d*axiomes indiscutables, dont la connaissaoce ne 
saurait &ire assez r^pandue parmi les masses; de ce 
nombre ; 

1** Page 24. LVigine de tout capital engendr^ par le 
travail, par Teffort de chaque individu, k feflet d^assurer 
sa subsistance, et, partant^sa l^gitimiti et son inviolability^ 
au-dessusde toute atteinte; 

^ Les avantages de ^association du travail et du capital; 
comme consequence, le nivellementdes in^gaiites sociales 
(p.S5); 

3^ Page 56. L'incomp^tence et rinsuf&sance de r£tat k 
transformer les conditions naturelles de la production^ de 
la repartition et de la consommation des ricbesses. A Tin- 
verse, Tutilite de son intervention dans le regime des 
impdts comme dans la police des jeux publics et de Tagio- 
tage; 

A"" Page 89. La l^itimite d'une certaine progression 



( 583 ) 

dans HmpAl, en Uni qu*il ne frappe que le soperfla. Mais 
Tauleur ne va-(-il pas trop loin (p. 62) quand il envisage 
rimpdi comroe un mat n&:essaire? Assortment, il devienl 
funesle quand son incidence esl vieieuse et qo*il esc&le 
les n^cessil^s l^gilimes. Hors de 11, ne devons-nous pas le 
consiil^rer comme une institution bienfaisante k raison des 
nonibreux services d'utilit^ publiqoe dont il assure le fonc- 
tionm'ment regulier el desavanlagessociaux qiril procure 
en retour? L'^l^vation normale et r^guli^re des imp6ls est 
presque loujours Tindice d*un degr£ de civilisation avanc^. 
Ce n*esl qu*i Tenfancc des nations el cbez des peoples de 
culture grossi^re que Timpdl se fail pen senlir ; 

5* Page 61. Le d^gr6vemenl des charges qui p^nt sur 
ragriculture, laquelle a droit k beaucoupde managements, 
sans que nous allions jusqu*^ croire qu*elles complenf 
pour b(*aucoup dans ce courant incessanl qui pousse 
rhomme des champs vers la ville.Nous sommes d'avis qu*\i 
en Taut chercher la raison aillcurs, notamment dans une 
plus grande intensite de vie, qui r^pond mieux au d^vc- 
loppement de nos facult^s; 

6* Page 65. L'auteur n*esl pas moins bien inspire 
lorsque, se pla^anl h ^gale distance do c^sarisme el de 
TanarchieJI se proclame adversaire d^tcrmin^ de ces deux 
extremes et, par contre, partisan r^solu du regime de 
Tassociation, avec la famille pour base el la morale au 
foyer. Ses conseils (p. 66), aux fins d'assurer la paix dans 
chaque manage, ne sauraient dtre assez m^dit^s. 

7* P.ige 69. Partisan ^galemenl du regime corporalif 
pour h'S syndicats entre patrons el ouvriers, avec le b^n6- 
fice dela personnilication civile, rigoureusementrestreinie 
aux n^cessii^s de leur fonctionnemenl, el nous ajoulerons 
dans un ^talde subordination, vis-i-vis de r£tat, peudif* 



( 584 ) 

figrent des corporations religieuses et charilables, g^n^ra- 
lemeot auloris^es aux £tats-Unis et limit^es au territoire 
(le la localit^; 

8® Relevons, en passant, cette observation pleioe de 
juslesse (p. 73), a savoir : que les regimes ^lectoraux les 
plus d^mocraliques soul loin de donner les solutions les 
plus conformes aux v^ritables inl^r^ts des classes labo- 
rieuses et pauvres; 

9^ EnGn, la proposition d*£largir le corps Electoral dans 
une large mesure, par Tadmission k Turne des artisans et 
des ouvriers, moyennant certaines conditions h determiner 
par la loi (p. 76). 

Sur ce terrain, Tauteur est assure de renconlrer Tassen- 
Ument des liommes d*£tat, des philosophes et des ^cono- 
mistes les plus ^coutes, en un mot de toutes les intelli- 
gences d*eiite qui pr&ident au gouvernement de la 
Society. 

Mais oil cet accord ne manquera pas de lui faire defaut, 
c*est quand il se hasarde dans le champ de la controverse 
politique pour y d^fendre des opinions personnelles qui lui 
tiennent h coeur, roais qu*il lui serait difficile de Taire 
Iriompher en definitive. 

Lorsque, par exemple, page 78, il se complatl i d^verser 
le bl&me sur un parti politique nombreux, respect^, qui, 
durant de longues ann^es, a preside k la direction du pays, 
non sans grand ^clat et avec succis, et dont la plupart des 
reformes onl obtenu, sans hesitation, la sanction unanime de 
ses successeurs au pouvoir. Cette disposition, outre qu*elle 
ne se trouve pas k sa place ici, car elle est de nul secours 
au soulagement du peuple, est, k notre avis, bautement 
regrettable en ce qu'elle enveloppe, dans une reprobation 
immeritee, la suppression de tout un ordre de lois econo- 



» I • . .( 



( 585 ) 

miques surannees, delcslahlesy condamiiees i (oiijours, ue 
f&l-ce qoe les oclrois, les barri^res sur les routes, Taccise 
sur le sel el lanl d*aulrcs, dool l*eflacemeni n*a pas pcu 
conlriliu^ k augmenler la subsislance de nos populations. 

Cesl dire que nous ne partageons pas davantage le sen- 
timent du sieur Adep lorsqu*il propose d*^carler Tinier- 
vention de r£(al dans Icnseignenienl public (pp. 80 
i 83). 

On ne sail que Irop que le bul de Tauteur el de ses 
adherents nVsl autre que d*expulscr r£tal de ce domaine 
pour en conferer la haute direction k une secte d^termin^e, 
el d*£tablir de fail un mono|)ole qu*en droit on n*a garde 
de solliciter. Inutile de nous arr^ter plus longtemps k 
r^futer une proposition qui, au lieu de relever rintclli- 
gencedes generations futures, ne pourraitque les ab&lardir. 
Nos ancStres ne Teussent pas permis. 

Ce n*esl pas dans une disposition dVspritdifTerente que 
Pauteur (pp. 86-89) en viciil k d^plorer Tancien regime de 
la bienfaisance et des fondations, fermant irop volontiers 
les jeux sur les abus sans noinbre qui en firenl decr^ter 
la suppression. II n*en est pas k ignorer que, par Tesprit 
commun k tons les ordres religieux, en ce temps-li, on 
s'attachait plutdt aux devoirs particuliers de cliaque ordre 
qu'k rinstrnction de la jeunesse et aux soins des malades, 
el que le clerg^ sup^rieur lui-m^me ne fut pas le dernier 
k d^sirer la laicisation du service de la charit(§ publique. 
(Clianabre des repr^sentants, mai 18S7. Discussion du 
projel de loi Alph. Notbomb.) 

Ce n*esl pas une erreur moindre que de ranimer, ici ou 
elle n*a que faire, celle vieille querelle de la pr^tendue 
conGscalioo des biens du clerg^ (1789), page 94, snrtoul 
nourdonner raison k la moios d^fendable des deux theses 



/-' 



( S86 ) 

eo pr^ence. Ce que fit la Constituante, doming par (a 
logique du droit et la n6cessit£ des £v£nefnen(s,d Texf^mpte 
des princes les plus p^n^tr^s de leurs devoirs envers It 
religion, sans en excepler Marie-Th6rese,tous \es gouTer- 
nemenls modernes ont^t6 amends i le faire k leur lour : 
Id Nouvelle-Grenade en 1852, le Mexique en 1830, )e 
Br^sil en 1891 ; f^tat de Virginie, aprte avoir proclamfi 
le principe de la separation de T^glise d*avec r£(al 
(Baird, liv. II, chap. XX.) Tout r^cenoment (loi du 3 mars 
1887), dans cette mdme republique des £(als-Unis, un 
s^queslre judiciaire n*a-t-il pas r^alis^ tous les biens 
conslituant la dotation de la communaui^ des Mormons, 
d*une valeur de plus de cinq millions de francs, et le pro- 
duil n*en a-t-il pas ^t^ vers^ dans la caisse fed^rale, con- 
form^menl i un arr^t de justice du 19 mai 1890? 
f^Les Monlanistes furent-ils plus heureux, lorsque, au 
IV* si^cle, Th£odose le Grand s'empara de leurs biens 
pour les attribuer k Tl^glise orthodoxo ? 

Cette doctrine ne fut-elle pas publiquement enseignee 
par rUniversil^ de Louvain,auXVIh sieck^ Co!i eg ii dam-- 
nati bona universa confiscantur, {Tulden, 1645, Comm. io 
Pand. I, p. 128.) 

Nous le r^p^tons encore, tout en rendanl bommage au 
m^rite de fceuvre en discussion, aux intentions'g^noreuses 
de son auteur, k la correction de sa morale, la polemique k 
laquelle il s'est livr6, tr6s iqtempestivement, srlon nous, 
constitue un hors-d'oeuvre Stranger aux vues philanthro- 
piques du fondateur et lui a fait perdre de vuc la pcDs6e 
dirigeante de cette lib^ralit^. 

Nous vous proposons en consequence de la laisser k 
r^cart, pour passer, sans interm6de, k Texamen d'aoe 
production qui nous paratt mieux r^pondre k ce but. 



( 587 ) 



IL 



Les iravaux anl^rieurs de M« le D' Schoenfeld, donl 
rorigine remonte k plus de dix ann^es, vou8 sont Uen 
C00D08 et ont pour objet uo des ressorts les plus puissaols 
de i'am(§lioratioD du bien-6tre au sein de la classe ouvri^re. 
Par de longues et fortes Etudes, comme par la participation 
prise par lui k radmiaistration de nombre d'institutioos de 
prevoyance, il ^tait pr^par^ mieux que personne k r^paodre 
line vive lumiire sur un probl^me jusque*li fort obscor et 
loiiffu. 

On Ta dit avec raison, Tesprit d*£conomie et de pr^ 
voyance est un levier puissant et un instrument indispen- 
sable de progrte social. 

L'^pargne pr^voyante est un fruit tardif de la civilisa* 
tion; les sauvages ne la pratiquent pas. Elle donne la 
mesure du degr£ d*avancement moral et materiel d'une 
nation. 

Sous ce rapport, on ne pent que se r^jouir de Timmeose 
r^Nultat obt^nu par Tinstitution d*une Caisse g^n^rale 
d epargne et de retraite; malheureusementyses effets salu- 
taires s'^tendent pen k la classe ouvriire, qui paralt en 
ignorer le chemin. En Belgique, et cette disposition nelui 
est pas particuli&re, Partisan ne se sent pas port^ k I'^co- 
nomie, alors surtont que les effets s*en font longtemps 
attendre ; il montre infiniment |>lus de penchant pour les 
consommations inutiles, pour les boissons spiritueoses 
notamment, dont la suppression rendrait toute autre 
riforme presque superfine; 700,000 hectolitres de geniivre 
par an, absorb^, pour la trte grande partie, sans n^cessit^ 



N 



( 588 ) 

auciine, c*esl beaucoup. Disons en passant que c*est de ce 
c6l^, avanl lout, que devrait se porter Teffort de nos 
hommes d*£tat, des ^conomistes et des philanthropes. 

Mais revenons k notre sujet. Le m^rite de Tauteur, et 
Ce n'esl pas le moindre, est de ne pas reculcr devant les 
difficulles du problime; il Taborde sans detour : faut-il 
abandonner Touvrier k Iui-m6me, k sa liberty d*actioh, liii 
laissant le choix de la comliinaison qu'il juge meilleure et 
r£tat n'interposant son office qu*i litre de simple auxi- 
liaire {felfhelp\ ou ne vaul-il pas infiniment mieux d*en- 
visager cette situation de haul, en consid^rant que ce 
regime du laisser-faire ne fait pas avancer la question d*un 
pas, qu1l n*e$t d'aucun secours pour le peuple, qui a besoin 
non seulement d'etre dclair^, mais d*£tre dirig^ vers le 
progrSs par une douce contrainle, racilcmenl amende, car 
elle ne lui pese guere, et dont les r^ultals favorables com- 
mencent k dire serieusement apprdcids. € L'assurance 

> devient ainsi un service si b'ien d*ordre social, qu*il n*y 

> pent £tre pourvu que socialement. > 

De bonne heure, le principe en est entrd dans no8 
moBurs dcouomiques, sans contradition sdrieuse, sous 
forme de caisses de pensions pour les veuves et orphelinn 
de fonclionnaires publics (loi du 21 juillel 1844), et bieo- 
tdt sous le vocable de caisses de prdvoyance en fnveur des 
ouvriers mioeurs (loi du 3 avril 1851 — 28 mars 1868), 
alimentdes par des retenues sur les salaires, des contrilm- 
tions fournies par les patrons et des sulisides du Gouver- 
nement; elles ne comptent pas moins de six si^es 
distincts, rdpandus dans le district minier. II n*en e^t pas 
autrement des caisses de veuves et orphelins des inslitu- 
teurs communaux (loi du 16 mai 1876), sans compter 
Tassurance obligatoire du bdtail, adoptee par plusieurs de 



( 589 ) 

nos provinces el dont la l^galil^ seinble ne plus faire de 
doule. (Belgique Judiciaire^ 1893, p. 829.) 

G'esl ici que, pour la solution du principe, Texemple, 
bien r^cenl il est vrai, doon^ par une nalioo voisine, mais 
diflicile k conlester, vient peser d*un grand .poids dans la 
balance. Dix ann^es d'exp^rience naissanle onl suflB k 
Tempii^e d*Allcmagoe pour se convaincre que la somroe 
desavantages que procure Tassurance obligaloire I'emporte 
de beaucoup sur ses inconv^nients, el qu'en refuser le 
bienfail k nos populations, c^esl ajourner ind^finimenl la 
solution de la question sociale el aggraver singuliiremenl 
ies griers du travail conlre le capital. 

L'enseignemenl venu de ce c6t£ a comme une force 
expansive; d^ji rAutricbe-Hongrie Ta fail sien, el le 
moment n'esl pas <iloign£ oh la Suisse et le Danemark, de 
leur cAl^, embolteronl le m£me pas, tandisque TAngleterre 
et plus encore la France conlinucnt is*y montrer rebellcs. 

Quant k la Belgique, Ies conclusions de la Commission 
du travail, institute par arrite royal du ISavril 1886, out 
6i6 pour la pluparl inspir^es par Ies principes qui orit 
servi de baseau statut allemand sur Ies caisses d*assurances 
en leur enlevanl la rigidity des prescriptions radicale^, 
adoptees par la Gewerbe Ordnung (db Quaker, Etudes 
sur Ies questions ouvriires, 1892, p. 51). 

En consequence, elle proclame en principe que Touvrier 
sera assure relativement aux risques de sa profession 
(20 mai 1887), proposition qui servit de base k un projel 
de loi dans le mdme sens, d^pos^ sur le bureau de la 
Chambre des repr^sentants, le 15 juillet 1890, par 
MM. Janson, Casse, Hanssens el Houzeau. 

Ulterieurement, leGouvernement est entr^ dans la m£me 
voie en proposanl, par un proj<'t de loi d^pos^ sur la mdme 



( 890 ) 

tribune, le 13 aoAt 1891 (Ooc. pari., 1890-91, p. 230), 
Tobligaiion d*assurer tes ouvriers contre les acctJents Ai 
travail (an 52). 

Ce projet est Toeuvre d*une commission compos^e : 

1* De MM. Van BKRCHBM,conseiller k la Gourde cassaiMm, 
president; 

2* H. A DAN, directeur de la Soci^l^ d'assurances la 
Royale beige; 

3* Dejacb, professeur h rUniversil^ de Li^ge; 

i^ Harzi%, directeur g^n^ral des mines; 

5* Prins, inspecteur g^ndral des prisons. 

On le volt done, k mesure que la question se creuse el 
s'^labore, le princi[)e de Tobligalion gagne sensiblement de 
terrain, et r£|K>que ne semble pas dioignee oill il aura 
ralli£ h lui une majority certaine, si pas imposante. 

Par Tardeur de ses convictions comme par la cfaalesr 
communicative de ses Merits, le D' SchoenTeld n*anra pas 
pen contribue k la conqudte de cetle id6e, et si Tod 
consid&re le chemin parcouru depuis qu'il s'en est fait le 
le g6n£reux champion, il est difficile de ne pas lui «b 
attribuer la meilleure part. 

Du reste, quel(|ue opinion que t'on adopte quant k la 
valeur intrins6que du sysiime, on ne pent que lui savoir 
gr^ d^avoir expos^ les Elements de cette grave confroverse 
avec une clart^ de deduction qui permet aux esprils les 
moins p^n^trants de se prononcer en parfaite connais- 
sauce de cause. 

Toutes les autres productions sont d*une port^ de 
beaucoup moinlre im|»ortance, et la critique qu'en a 
faite notre judlcieux cunrr6re M. Banning prisente m 
caract6re si s^rieux, que nous nliesitons pas k en adopter 
la conclusion. 



( »9< ) 
D*accord avec lui, nous vous proposoDS de mettre au 
premier rang Les principes rationnels de Cassurance 
ouvriire, par M. le D' H. Scboenreld. p 



c M. DeoiSy troisi^me commissaire, se rallie, aux coo- 
clnsioDS de ses deux ^mineots collogues : non seule- 
menl' Tceuvre de M. Schoenfetd, qui est tout enti^re le 
rayonuemeDl d'une noble preoccupation, celle de contri- 
buer i Torganisation d'un syst6me complet d'assnrances, 
se recommande par cette unit^ mdme aux suffrages de 
rAcad^mie; elle est encore remarquable par ia m^tbode de 
Tauieur : ce sent les r^sullats de Texp^rience des autres 
nations qu'il interroge avec persislance, c*est i Tenseigne- 
oient des faits qu*il recourt sans cesse pour preparer la 
generalisation des reforroes f^condes. M. Denis a vu avec 
bonheur les deux savants rapporteurs rendre hommage k 
la vaste entreprise de Tempire d*Allemagne, et donner 
menie leur adhesion au principe de Tobligation de Tassu- 
rance ouvriere. II ne pent se derendre de se reporter aux 
debats de la Comnaission du travail de 1886, qui n'avait pas 
encore recueilli les legens d'une experioientation assez 
prolong^e et resla hesiiani^, saufi regard des accidents 
du travail, devant Tobligation de Tassurance; il avait eu 
alors la reelle douleur de voir Tidee d*organiser Passurance 
generale et obligatoire conire I'invalidite et la vieillesse, 
si bien defendue par M. Scboenreld, ne rencontrer aucuu 
appui. » 

La Classe, adoptant les conclusions de sesCooimissaires, 
decerne le prix de mille firancM i M. le D' Schoenfeld. 



( 892 ) 

La Classe raiiGe ensuile les conclusions du rappori do 
jury charge de d^cerner les prii De Keyn. 

Ce rapport Ogure ci-apres, dans la stance publique de 
la Classe. 



Elections. 

La Classe proc^de, en comild secret, aox Elections pour 
les places vacantes. 

Les resultats des concours et des Elections seront pro- 
clamps dans la stance publique du 10 de ce mois. 

— M. P. Willems est ^lu d^l^gui de la Classe auprfts 
de la Commission de la Biographie nalionale^ en rempla- 
cemenl de feu L. Roersch. 

— M.Wauters remplacera M.Ch. Faider comme d^li^ui 
de la Classe aupr6s de la Commission administrative 
pendant Fannie 1893-1894. 



PRjgPARATlFS DE LA STANCE PUBLIQUE. 

Conform^ment i Particle 15 du r^lement de la Classe, 
il est donn^ lecture du discours de M. Henrardi destine k 
la stance publique. 



( 593 ) 



GLASSE DES LETTRES. 



Seance publique du 10 mai 4895. 

M. le g^n^ral Paul Hbnrard, direcleur. 

M. le chevalier Edm. Marghal, secretaire perp^tuel. 

PreoDeiU ^galemenl place au bureau : MM. Van Bam- 
beke, president de rAcad^mie; Ad. Samuel, directeur de la 
Classe des beaux-arts; Ch. Looroans, vice-directeur de la 
Classe des leilres. 

SoDt presents : MM. Alpb. Wauters, P. Willems, S. Bor- 
mans, Cb. Piot, Ch. Potvin, T.-J. Lamy, G. Tiberghien, 
Al. Henne, G. Fr^d^ris, J. Vuylsteke, £m. Banning, 
A. Giron, membres; Alph. Rivier, Antonin Lef^vre-Poo- 
lalis, associes; Godefroid Kurth et Mesdach de ter Kiele, 
eorrespondanls. 

Assistent i la stance: 

Classe des sciences. — MM. Mourlon, vice^directeuf; 
P.-J. Van Beneden, G. Dewalque, E. Canddze, Brialmont, 
£d. Dupont, £d. Van Beneden, C. Malaise, F. Folic, Alph. 
Briart, Cr^pin, i. De Tilly, G. Van der Mensbriigghe, Louis 
Henry, J. Delboeur, P. De Heen, C. Le Paige, F. Terby, 
J. Deruyls, membres; E. Catalan, Ch. de la Valine Poussin, 
associes; L. Errera, correspondant, 

Classe des beaux-arts: MM. C-A. Fraikin, £d. F^tis, 
Em. Slingeneyer, F.-A. Gevaert, God. Guflens, Jos. 
Schadde, Th.Radoux, Jos. Jaquet, J. Demannez, P. -J. Clays, 
G. De Grootf Gust. Biot, H. Hymans, Alex. Harkelbach, 
G. Hubert!, A. Hennebicq et £d. Van Even, membres. 

La stance est ouverte k une heure et demie. 



( »W) 

— M. Henrard prooonce le discoars suivant : 

La science de Fhisloire, 

Lorsque nous mesoroDs les progrte r^alis^ depais le 
commencement do si^cle qui s'acbive, nous ne pouvons 
nous defendre d'on senlimenl d'admiralion en conslatant 
le cbemin parcouro. Toutes les sciences se sont renouve- 
liSes : la physique et la chimie de la g^n^ration d*aujour- 
d*hui different totalemenl de celle qui s'^leint; la g^ologie, 
raslronomicy les matbematiques ne son I plus les mSmes; le 
domaine de la philosophic s'esl agrandi ; Thistoire, enfiD, 
s^est iransform^e; elle aussi, sans cesser par sa forme de 
relever de fart propremenl dil, a ambilionn^^ i son lour, de 
passer au rang de science; elle s'est eflbicee ded^monlrer 
que les phases successives de T^volulion des soci^lfe soni 
sonmises k des lois aussi rigoureuses, aussi iroprescriptiLIes 
que celles qui president au mouvemenl des astres. 

Un tel rapprochement pent parallre oulre : il semble 
pu£ril d*^tablir une comparaison enire ce vaste ensemblet 
immnable et inlini, qui conslilue la sphere celeste, el cetle 
multiiude agil6e dont Thomme, dire variable el sans durce, 
conslilue le seul dl<^menl. Remarquons-le loulefois, celie 
immuabilild est le produil du temps : duranl des myriades 
de siecles des forces divcrses onl concouru k la formation 
de ces mondes^ et k Tdlal d*£quilibre sous lequel ils nous 
apparaissenl; depuis des milliers d^ann^es rhomme 
conlemple le ciel, nolanl avec precision le relour des 
m£mes astres sur Thorizon; et ce n*est cependanl que 
dliier que la loi d'atlraclion k laquelle ils obdissent a cl£ 
reconnue; ce n*est que de nos jours que Tanalyse maibd- 
matique a pu determiner Tdlendue de leurs orbites; la 



( 898 ) 

forme de qiielf|ues-tins dVnire eux o'esl coDnoe que gr&ce 
aox progi6s recenls de Toplique, ei leiir composilion 
il^decoiiverle toule conlemporaine de Tanalyse speclrale. 

Ainsi lollies les sciences, loiiles les manifestaiioDs de 
Te^prii liiiinain se prSleiil un muluel appiii pour agrandir 
la spiii^re de leur aciivii<i. La gtologie, la zoologie el 
raniliiopologie onl permis de reiK)rler la presence de 
riiammc sur le glol)e dans un loinlain recui^, que noire 
imaginalion a peine it mesurer; Tarch^oiogie pr^bislorique 
nous a renseignes sur les divers degr^s de sa civilisa- 
tion, ou pluldl de sa harbarie, dans ces lemps obscurs; la 
pbilologie el la niythologie compar^e nous onl fourni de 
pr^cieuses indicalioniisur Torigine des races el leurs migra- 
lions Ji (ravers les conlinenls. Ce que n*avaienl pu Taire 
les sidcles passes, le ndire fa loul au moins ^bauch^. 
Le itionde a cess6 d*£lre pour nous ce chef-d'oeuvre 
crii de loules pieces en six jours : la science nons 
enseigne qu'il a pour origine des gaz el des vapeurs, des 
molecules agglomerates pendanl unesuile de si&cles donl on 
ne |)eul fuire le denombremenl; que la vie s'est d'abord 
maniresl6e dans une simple cellule innom^e parmi les 
Aires; que le premier bomme, enlin, n*a pas 6i& eel £lre 
parfail, image de son crealeur, ce Prom^lh^e dechu pour 
avoir voulu goilier aux fruils de Tarbre de science ou ravir 
le feu du ciel, mais cede brule que nous onl r£v£l^ les 
plus anciens de|i6(s de re|>oque qnalernaire, el donl le 
from fuyanl, les proeminentes arcades sourcili^res, 
accusenl neUemenl la descendance simicnne. 

Avanl d'etre sur les Iraces de la v^rilA, loules les 
sciences onl couru apres le mensonge : Taslrologie a lir6 
des horoscopes; Talchimie a recherche la pierre philoso- 
pbale; la m^canique, le mouvemenl perpAluel; la g^ome- 



^ 



C S96 ) 

trie, la quadrature du cercle! L'bistoire aussi a ea ses 
legendes, ses fables, ses contes bleus. Les origines de lous 
les peuples sont fauss^es parce que la (radilion a trans- 
forni^ peu k peu ce que, en Tabsence de r^criture,elle avait 
seule mission de conserver. Mais de mftme que les astro* 
logues et les alchimistes ont ouvert la voie aux astroooroes 
et aux chimistes, les chants des rapsodes n'onl pas^te 
inutiles k rhistorien; il s*en est d^gag^ souveot de vives 
himi^res sur ies moeurs et la civilisation des leonps 
anciens. Aujourd*bui encore une association d'^rudits, en 
recueillanl les vies des saints, ne fournit-elle pas sur les 
temps les^lus obscurs du moyeu &ge, des donn^es qa*ap- 
pr^cient surtout ceux qui font leur ^tudc de cette ^poque, 
el n*est-ce pas en recherchant, parmi les legendes naives, 
la part que Ton doit attribuer au mensonge el a la v^rit^, 
que la critique historique s'esl constitute en science? 

Apres les pontes sont venus les chroniqueurs. Mais 
Hd^le aux habitudes de I'esprit humain de consid^rer 
d*abord ce qui brille et ^tonne (en astronomic, les astres 
les plus ^clatants ou groupes selon quelque figure g£om£- 
trique, les commies et autres ph^nom^nes celestes), l^bis* 
toire s*est plu d'abord k retracer la vie des h^ros, des grands 
de la terre, les luttes des peuples el leurs revolutions. Ces 
travaux ont-ils £le st^riles, et les biographies des princes^ 
le r^cil des catastrophes sociales et des guerres de peuple 
k peuple ne nous enseignent'ils rien sur la marche de 
la civilisation? Comment en douter! Les peuples n'out-ils 
pas toujours le gouvernemcnt qu*ils m^ritent? Les faits 
et gestes des rois ne nous 6clairent-ils pas sur iecaractere 
des nations aux destinies desquelles ilspr^ident? Le des* 
potisme s*etablit-il ailleurs qu*oi!i le servilisme des peuples 
Py convie? Et rhistoire-bataillc, en s*occupant d*une des 



( 597 ) 

manireslalioDS les plus grandioses de la lutte pour Texis- 
(ence, d'un des pb^nom&nes les plus extraordinaires de 
notre 6lat social, ne nous enseigne-t-elle pas que longlemps 
la guerre a &i& le v^hicule le plus important du progr&s ? 

Mais ce que nousont laiss£ les chroniqueurset les anna- 
listes ne doit pas Stre adopts aveugl^ment; leurs juge- 
ments et leurs r^cits sont sujets & caution ; plus encore en 
bistoire qu*en astronomic, il faut tenir compte de T^qua- 
tion personnelle.Non seulement leurs yeux et leurs oreilles 
ont pu les iromper, leur jugement, leurs passions, leurs 
croyanceSy leur Education, leur temperament sont aulant 
de lentilles convergentes on diyergentes au travers des* 
quelles, trop souvent, les Taits ont pu leur apparattre 
agrandis, diminu6s ou d^Ggures. Et quand mSme, froids et 
impurtiaux, ils seraient parvenus h d^pouiller la v6rit£ de 
tons ses voiles, encore ne leur montr^rait-elle souvent que 
la Face qu'ils ont regard^e. 

L'historien qui veut reconstituer le pass6 doit done peser 
avec soin les t^moignages souvent contradictoires qui lui 
sont parvenus; mais si les passions qu'il veut peindre ont 
encore leur ^cbo dans son esprit, s*il ob^it, m£me incon- 
sciemment, k une id^e pr^confue, il passe h c6t6 de la 
verii^, il accueille Terreur, et Tbistoire, encore une fois 
fauss6e, est toujours ^ refaire. 

Pour r^crire avec certitude^ pour savoir sArement se 
reconnattre au milieu du d^dale des t^moignages suspects 
ou incomplets, pour ne pas £tre arr£t6 par des lacunes, 
sans points de rep&re, comme le voyageurdans un desert 
entre deux oasis, Tbistorien a besoin d'un guide, d*un 
pbare qui lui indique la route. II les trouvera dans les lois 
qui se d^gagent cbaque jour plus nettement de T^tude 
approFondie du passi, et dont la plus importante est la 
loi du progrte. 

5"* RftRIK, TOMR XXV. 40 



( 598 ) 



* 



I/bamanit^ marche sans cesse vers ao aveoir meillear. 
Quaod la civilisation semble s*arr£ter, cVsl qa*elle gagoe 
en ^leDdae ce qu'elle perd en hauteur. Nier ceite loi,c*e8t 
nier la gravitation; vouioir s*opposer an progris, c*esl 
essayer d*arr£ter les mondes ^n moavement. Cette loi con- 
solante nous montre Fdge d*or non pas oh Tavaient mis 
les pontes, k Torigine des soci^t^s, roais h leor lerminos 
eitrdme, dans cet avenir lointain que notre esprit ne par- 
vient pas k sonder, dans cet infini qui nous entonre en 
espace com me en dur^. 

Mais il est des aveugles auxquels il ne sufBt pas d'affir- 
mer leprogrto et qui veulent encore qu*on le leur prouve. 
Et d*abord, i quel ^lalon le roesurer? Un savant ing^nicur 
a fix^ ses Stapes successives par la decouverte des forces 
nouvelles que Thomme a arrach^s k la nature et soumises 
i sa volont^. L*antiquit£ n*avait connu que la pesanteur, 
r^lasticite, la force du vent, et les avait employees k sou- 
lever des fardeaux et k actionner des roues hydrauliques, 
k tendre des arcs el des balistes» k gonfler les voiles des 
navires et k tourner les ailes des rooulins k vent. Le 
XIV' si^le de notre ^re, par finvention de la pouJre k 
canon, appliquant la detente des gaz an lancement des 
projectiles, transforme la taclique militaire et Torganisa- 
tion de la soci^t^; le XVI!I% en ^tendant cette propri^t^ k 
la vapeur d^eau, invente la machine k feu qui revolutionne 
rindustrie. Notre si^cle, en transformant la lumidre et 
Telectricit^ en serviieurs oh^issants, a fait travailler le 
soleil et a discipline la foudre. 

A ces conqudtes, il faut ajouter la decouverte des roetanx, 
qui mit entre les mains de Thomme des armes et des ouiils. 



J 



( 899 ) 

de lYcritore qui lui permit de fixer la iraditioD; du papier 
de linge et de Timpression qui la r^paodirent k Tinfini. 

Mais le monde ne compte pas que de la matiere et 
des Torces : rhomme est ud £tre pensant, et les v^rit^s 
morales, apr^s avoir germ6 longtemps dans le cerveau de 
generations successives, d^velopp^es par riKSr^dit^y i la 
lungue ont pris racine dans noire conscience. Les mauvais> 
insiincis de nos anc£tres barbares, atrophias cbez la 
plupart d*enlre nous, ne snbsistf nt plus gu^re, dans nos 
societ^s civilis^es, que cbez quelques-uns, en vertu de ce 
pli^nomine qu'en pby>iologie on appelle I'atavisme. Aussi 
Rlacuulay a pu dire avec raison « que la plupart des plaies 
sociales que nous observons sont un b^rilage du passe, 
mats que rinlelligence qui les discerne, Tbumanil^ qui les 
giierit sont le propre de noire ^poque ». La charit^, qui 
n'esl pas seuli^ment une verlu cbr^tienne, n*a jamais ^te 
appliquee avec plus de coenr et de discernemont; ne 
coinplant mime pas sur une recompense celeste, jamais 
elle n'a ii^ aussi desinteress^e. 

Ce qui parait demcniir, au premier abord, la loi de la 
marcbe ascendanle de Thumanit^ dans le progres, ce sunt 
les mines monumentales perdues dans les contr^es vouers 
i la solitude apris avoir ^l^ des foyers de civilisation; la 
decadence des peuplesqui ont rempli le monde du tumulte 
de leur grandeur, les longues p^riodes d*obscurite succe- 
dani, sous certaines latitudes, k des siicles de Iumi6re; 
enlin Tanimosile qui n*a cess^ de r^gner entre lespenplcs 
et qui les porle sans cesse Ji s'enlre-deiruire. 

Mais rhisloire ne demontre-tellc pas que les debris dc^ 
civili>alions du pass^ ont fervi k ^difier celles, plus com- 
pletes, qui leur ont succ^d^; que Tobscurite de certaines 
epoques n'est qu*apparente et r^sulte uniquemcnt de la 
diffusion de la lumi^re r^pandue sur de plus vastes iwn 



r 



1 



( 600 ) 

du^s, que la guerre enfin a ele la cause la plus puissaole 
du melange des races, n^cessaire au d^veloppemenl de 
rhumanit^! 

L'humanil^, en effet, a des aspecls aussi mulliples que 
la terre oh nous vivons. L*homme, partout oh il s*^tablit, 
emprunte les caracteres physiques el moraux qui le diff^ 
rencienl des milieux qui TenvironneDt, au climat, k la 
rorme, k la composilion, aux produits du sol. Un climal 
rigoureux donne naissance, par selection nalurelle, k des 
races vigoureuses el fortemenl constilu^es, les organisa- 
lions d^licales ^(anl incapables de lui resisler. Des lerres 
arides, exigeanl de ceux qui doivenl en Urer parli poor 
leur alimenlalion deconlinuels efforls d'espril pour luUer 
conlre les diflicull^s de rexislence,d^veloppenl leur intel- 
ligence k un bien plus haul degr6 que slls irouvaienl 
leur subsislance, sans travail el sans peine^ dans un sol 
riche el fifcond. Ce n*esl pas une illusion que celte anlique 
l^gende qui fail naltre I'homme du limon de la terra : il 
lient k elle par lanl d'allaches, qu*il peul, en v^ril^, la con^ 
sid^rcr com me sa veritable m6re. 

L*homme primilif, vivanl surtout de chasse, est en 
queltpie sorle vou6 k risolemenl. II crainl le voisinage de 
son semblable qui lui enl^ve une parlie du gibier dont il 
se nourril. Quand il a d^peupl^ le canton oA,momentan6- 
ment, il s*esl £labli, il cherche de nouvelles reserves. II erre 
sans cesse : sa hulie de branchages ou de peaux de bfites 
n*esl nulie part k demeure. Dans les vasles espaces qu^il 
parcourl, les iribus se connaissenl k peine, se jalousenC 
sans cesse, se combattenl el s*exlerminenl souvent; lei est 
le tableau que nous pr^sente encore, au nord comme an 
roidi, rindien des deux Am^riqties. 

Lorsque, dans ses courses vagabondes, il rencontre des 
animaux snsceplibles de domestication, il ^leve des trou- 



(601 ) 

peaux e( dcvienl pasleur. II s*aUacbe au sol, mais st'ule- 
ment tanl qu*il y Irouve des pftturages; viennenuils k lui 
manquer, il se (ransporle ailleurs. Les grandes agglome- 
rations ini sonl inlerdites sous peine de soiiflTrir de la 
faim,el il rcsle nomade par n^cessil^. En contact avec 
les peuplades errantes comme lui, il ne leur empninte 
rien, il ne leur donnc rien, il resle immuable commc lies 
plaines od il se complatl, el les tribus pastorales que la 
France combatlait bier encore dans le nord de PAPrique, 
son! la representation fiddle de celles dont les livres s^iints 
nous ont conserve la description. 

Cbasseurs et paslcurs abordent parl'ois cependanl h la 
terre promise^ qui leur donne 5 eux el k leurs troupeaux la 
nourriture en abondance. Alors la hulte ou la tente fait 
place ill des habitations stables; la terre devenant unc 
ricbesse, ils s*unissent pour la d^fendre; la cit^ se fonde, 
une nation prend naissanco. Les rives des grands fleuves, 
ferlilis^es par Tinondation p^riodique, ont presque toutes 
assist^ k ce pb^nom^ne. Dans Tantiquite, presque simulta- 
Dement le Nil, le Tigre, ITupbrate, Ic Gange, Tfndus, elc, 
ont vu s*eiever sur leurs bords des civilisations dont 
cbaque jour nous relrouvons les traces au milieu des 
terres ^puis^es par le long s^jour des peuples qui les ont 
habitues. 

Produiles par les m^mes causes, ces civilisations se sont 
ressembl^es k leur origine et jusqu*i unc cerlaine phase de 
leur developpement; puis Tinfluence des milieux a agi sur 
cbacune d*elles pour lui donner une |)hy$ionomie propre, 
que le temps et un isoleroent relatir ont consacr^e. Mais 
one fois atteini, si cet isolemenl persiste, le type reste 
Texpression derni^redu diiveloppement du peuple, la plus 
baule incarnation de sa personnalit^, le summum qu*il ne 
pent d^passer. A ce niveau le progrte 8*arr£te, el comme 



r 



^ iMm^ fi^m tmem^ fae fci rife, i 

Lj CiMe MM pvewsle ■■ naaffe liiM dt ctLii 

.Hfff^mi f^ik b W MiwrCr, 
vMTtes es efle-flriM^, wt i—g MtyMJ SMtk 4fs CMles 
fattsi k»f mISc^ rile fit, as cosffairr, crMaal habilcr ■« 
m0»ie 4kUmtt 4ei Mires. » Ble al«r4e a« sniJe iMtcs 
l#^ fofcgs 4e Um^ Ics arl<, mis smi gnie pntpn m !« 
ferwfti fos de pesef rtr dias le taBple as lirU ihi pcrj- 
uiU*. La pmi;ere cfle coaBaU les proprieica de raiaaat, 
m:n% die doit i TCarope b eooBaBoaBce de b boMsole; 
elk; isreote b pomire i camn , mm m sail Taiiliser qse 
4aii« lei Teiii d'artifiee; die posside depan Ifs leaps 
aoeieM des caraetires mobiles, mats Hie ne decopTre pas 
Vimfritnetie. Les maiimes pbilosophiqoes de ses sages 
out pf^e^ a lies des grands |>enseurs de b Grcce; sesarts 
901 lleori i one epoqne oA Albines diait eocore i fonder; 
9e» prioeipetf de gonTeroement elaient en v^neur avant 
Hur: les Pbaraoos d*£gjpte eossi-nl dicli leors codes; mais 
les I'iteles ont passi sor sa phtlosophie, ses arts et son 
gouvememeot sans les faire pr<^resser, parce i|ue, replife 
fiir elle-m£me, sans exode m>os d*autres cieox* ssns contact 
avcc d^aotres peuples, sans avoir cte bouleversee, conqnise, 
la Chine est rei^t^ isol^e. Aussi ses maximes de sagesse 
•ont devenoes des formoies donl le sens ^happe au plus 
grand oombre;les artistes ne savent que r£p£ler, avec 
moins d^babilet^, les modules anciens; ses lois ne sont plus 
que des traditions respectees, mais incomprises. Chezelle 

(out sVst atropbi^, tout s'est d^cr^pit; Tintelligeoce g£n6- 
rale 8*est ^teinle. Abandonn^e i elle*m£me^ la Cbine est 
reiourn^ ft Tenfance. 



(603 ) 

Cest que les natioos, poor oe pas slmmobiliser^ doivent 
se p^n^irer sans cesse ou changer de milieu. 

De r^tude des ossements humaios des caveroes d'od des 
foarlles rteentes les ont exhumes, il resulle que Tappari- 
(ioo de la pierre polie, du bronze, des m^taux est loujours 
cootemporaioe du melange des types, et, comme conse- 
quence, de Taugmentalion de Tindice c^phaliqne. La 
guerre el la conquAle^ plus encore que toute auire cause, 
ont contribu^ k ce croisement des races, et la lutte pour 
fexislence a 6{6 la lulte pour le progrte. Parfois, il est 
vrai, dans ces rencontres des peuplesjes plus avanc^s ont 
le drssous et la civilisation sennble s'efTondrer sous lecoup 
du nombre et de la barbaric. Mais les gerroes n'en sent pas 
d^iruits : ils donnent naissance bien(6t k de nouvelles 
tiges, d*aulant plus vigoureuses qu*elles rencontrent pour 
se d^velopper des natures plus primitives, un sol plus 
viergc et plus ffcond. 

Une nation pent 6tre andantie : ses guerriers ont \\it\; 
les vieillards et lesenfants ont partag^ leur sort. Plus mal- 
heunuses, les femmes, r^duites k Tesclavage, ont dA par- 
tager la couche de ceux qui les ont faites veuves et orphe- 
linos; mais elles se vengent en devenant les m^res des 
generations qui vont suivre, en infusant leur sang k la 
descendance des vainqueurs. 

l/liistoire du monde, tout obscure qu'elle nous 
paraisse, donne raison k cette theorie. Qui dira ce que la 
Perse zidk TAssyrie, ^cras^e sous les armies de Cyrus; k 
riSgypte, conquise par Cambyse; ce que, de son cdt^, la 
Gr^c^ a dA 4 la Perse vaincne k Salamine, ce qu*elle a 
retire da g^nie asiatique apris le passage des phalanges 
d*Alexandre de Mac^doine? 

Plus tard, Rome emprunlait k tons les peuples qa*elle 
subjuguatt ce qu'ils avaient de meilleur : aux uns leurs 



( 604 ) 

lois, aux autre^ leurs armesjeurs arts oti ieurs indostries, 
it tous Ieurs dieux. Le Latium, rClrurie,la Gr^Ja Syrie, 
Cariha{;e el l*£gypte lai avaienl inocol^ Tessence mSme de 
leor g^nie, el de (ous ces empruols combing avail surgi 
una civilisation propre, qui s'^lail etendue, par la con* 
qodle, aux peuples barbares avoisinanl TEmpire. Mais au 
Rbin el au Danube sa force d'expansioo semblail s*£(re 
arrftlee. Alors se produisil, mais sur une plus vaste 
^cbdle, le ph^nom^ne social anquel loules les civilisations 
anl^rieures avaienl assisle : puisque Rome ^lail iinpiiis- 
sanle ji soumellre les barbares, ils la soumireul k leur 
tour, el, pendaHl des siecles, on vii success! vemeo I les 
peuples de la grande Germanie, de la Scythie et de la 
Scandinavie se pr^cipiter sur le monde romain: ils allaienl 
k la lumiere qui ne venail pas k eux. Sous le cboc, le grand 
foyer se dispersa en seinanl parloul des ^lincelles, donl 
cbacune ^lail une portion du feu sacre qui ne pouvail 
mourir. Quand celle avalanche de peuples ful pa$s^,apres 
ce lourbillon, eel ^crasement, le calme se iil el chaque 
^tincelle, devenanl foyer k son lour, emprunta k ceux qui 
profilaienl de sa lumiere el de sa chaleur les ^l^ments 
n^cessaires k son developpemenl.Sur celle immense <^ten* 
due qui avail ^[6 TEmpire romain, ce fut \k non pas ou 
les peuples Strangers avaienl pass£, mais oii ils s'^taient 
6tabiis plus nombreux el plus divers, que la barbarie se 
diipouiila le plus rapidemenl de sa gangue. Dans le nord 
de TAfrique el au midi de TEspagne, les Vandales el les 
OslrogolhSy au contact des Maures, firenl jaillir du sol, 
encore parloul recouverl de monuments romains, celle 
civilisation arabe donl T^panouissemenlfulsi brillanl. I^s 
Lombards, en s*arrelanl apr^s lanl d'aulres dans le nord 
d^ rilalie, vaincus enfin par les armies des Francs, p^lri- 
rent de toutes pite^s ces inslilulions des communes 06 



( 605 ) 

80Dt si ^troitement combines ies deux genies romain ec 
germaniqiie^ que Tod ne sail oii comtnence rinduencc de 
Fun, 06 (inil celle de Taulre. La Gaule,d^j^ si diverse dans 
ses difT^renles provinces, p^n^tr6e de parlout par Tinva- 
sioDy recueille Ies tratnardsdes peuples qui n'onl fait qny 
passer. Les debris de ceux qui s*y sonl fail ecraser ahsor* 
bent les vainqueurs qui la soumetlent, el cet amalgame 
composite, oik les institutions de la Rome imp^riale pr^do- 
minent, constitue une nation dont la civilisation s'impose 
d*autant plus ais^ment k celles qui Tavoisinent, qu'elle a 
retenu de toules une parcelle de leur g^nie. 

Mais la France, non plus que la Germanie, TAngle- 
terre, fltalie et TEspagne, ne se cr^a pas d'embl^e : la 
gestation fut longue et douloureuse. Le choc dcs peuples 
avail i'avoris^ leur ^mietlement, el chaque petite soci(^l6, 
en se developpanl dans son milieu avcc ses ^l^ments 
particuliers, avail acquis un mouvement propre. De la le 
caractire d*individualit^ reconnu aux institutions de 
r^poque m^di^vale. 

Puis la grande loi d'attraction Gt son oeuvre : lesatoinos 
se reunirent; la concentration se produisil plus rapide 
d*un cdt^y plus Icnte de Tautre, selon les affinit^s en 
presence; et de mdme qu*en chimie un corps poss^de 
d*autant plus de propri£t6s quil est compost d*^l£ments 
plus divers, — le soufre en ayant moins que Tacide sulfu- 
rique, qui le cede k son tour aux sulfates, — les nations 
oot d'antanl plus d*aptiludrs au progr^s que leur sol a vu 
plus de peuples se confondre el se p^n^trer. Nous avons 
parl^ de la France; TAngleterre nous pr^sente un pheno- 
mioe analogue. Elle a vu s^enter sur ses Bretons roma- 
nis^ les Angles el les Saxons, les Danois, puis les 
Normands d^pouill^ de leur barbarie originelle par un 
s^jour de cinq si^cles sur la lerre de France. Dans cette 



-^ 



( 6C6 ) 

tie, oft se sont ^fablis lous ceux qui y ont abordi, se soot 
ccmilun& plus d*£l^meD(8 li£(£rog&nes peni-^tre que 
parfoot ailloars en Europe; la forte race qui en est n&iil- 
t^e a iti la premiere k proclamer r^mancipafion do 
peiiple. Elle n*a 6i6 siirpasse^e que par la race am^rieaine, 
compos6e de plus d'6l£men(s encore, transport's dans un 
autre milieu. Au sein de cet immense creuset qui |)or(ele 
nom d'£tals-Unis d*Amrrique se sont renconlrees et 
m'lang'es plus de races civilis^es et diverses quVn aucun 
coin du globe. Espagnols, Holltndais, Anglais, Fran^ais, 
Allcmandsel Irlandais, tour h lour ou simullan'meot,soot 
venus y transporter leurs industries, leurs arts, leurs 
mceurs, leurs irises el leurs croyancrs; la race noire, 'man- 
cipee k la suite d*une longue guerre civile qui a encore 
rapproch' ces divers 'laments, et la racejaune qui, malgri 
les lois 'tlict'rs pour Texpulser, p'netre lentement par 
Toceident, y joindronl plus lard leurs aptitudes particu- 
litres, dont riiillurnce ne pent encore 'tredevin'e. Quatre 
generations k peine se sont succede dans ce milieu aux 
'I'menis les plus varies, et Ton n*est plus k compter les 
progr6s que log'nie americain a fail faired la civilisation. 
On pent, il est vrai, opposer ill cette loi de progr6s 
conlinu, produit par le melange des rac«'S, Texemple du 
peuple juir. II a traverse les dges sans s*allier jamais k 
ceux au milieu desquels il 'tail appel' k vivre, sans leur 
rien emprunti*r, ni leurs moeurs, ni leurs id'es. Et n&in- 
moins, k Theure actuelle, il poss&de les personnalit^ les 
plus transcondantes peut-6tre dans les arts, les sciences, 
rindustrie, la litl'rature, les finances, le commerce et la 
politique. Dans quelques pays, la superiority d'Israel est 
si bien 'labile, que Tenvie n*a trouv' rien de mieux poor 
Tarr^ter dans sa marche, que de proposer ran&inlisse* 
men I de loule la race. Hais aussi aucune autre D*a dA, 



( 607 ) 
comme elle, iuller poar Texisteoce ; longleaops maUrait^e, 
repouss^, d^cim^, elle a erri sans cesse/transportant dii 
mitii au nord, de rorient k I'occideot ses antiques tradi- 
tions, son g^nie et la reprobation des peoples. Elle Mni- 
Ocie actuellement d*one selection qui a dur6 dix-ueuf 
sidles, et qui s*est affio^e par son s^jour dans les milieux 
les plus divers, dont, sans perdre son caracldre propre, elle 
a subi les influences. Rendons-lui la Palestine, comme 
Tauraient voulu, dit-on, quelqnes-uns de ses enrants; 
comme le sauvage qu'oa a essay^ d*in$truire et qui retourne 
k sa tMirbarie originelle aussildt qu*il revoit ses savanes et 
ses ror£ls vierges, les Juils isol^s au milieu de leurs 
rochers arides reprendraient aussildt rimmobilit^ des 
races arriv^es au terme de leur d^veloppement. 



* 



Nous n^avons fait qu*eflleurer Thistoire de rhumanittS et 
66]k deux v^rit^s nous sont apparues : la loi du progrfts 
continu et celle attribuanl le premier rang aux peuples 
ofl*rant dans leur composition les combinaisons les plus 
multiples et les plus diverses du g^nie desdifitfrentes races. 
Ne sont-ce pas Ik d(t\k des r^suUats inesp^r^ et qui 
portent avec eux leors enseignemenis? Ne semble-t-il 
pas, en mesurant le cbemin d^j^ parcouru, que nous pou- 
vons contempler avec calme et s^r^niti les inutiles efforts 
de ceux qui veulent rester stationnaires ou remonter le 
cours des ftges. Termer leurs fronti^res k tout ce qui n'est 
pas de leur race ou ne parle pas le mdme idiome? Comme 
aussi k ceux qui veulent, par des secousses violentes, 
atteindre anticipativement un id^alde perTection? On peut 
comparer ces peuples, qui pr^tendent se condamner k 



( 608 ) 

une immobilil^ falidique oa se lancer dans Tinconnu par 
des revolutions, k ces aslres errants Iqui parcourent dans 
Te'space des trajecloires excentriques. T6l ou tard, cies 
irr^guliers se r^unissenl an soleii qui les absorbe, ou bien 
s^^miellenl en ces amas d^ast^roides qui, certaines nuils, 
traversent notre atmosphere en produisant des jets lumi- 
neux aussil6l ^teints. En possession d'un avenir infini, 
rbumanit^ n*a pas k compter avec le temps, et si elle 
avance lentement dans la voie que lui onl trac^c les 
si^clesy elle y marche sArement, aussi d^daigneusc* des 
impatients que des salisfaits. 

II est sans doute bien d'autres lois encore que Tavenir 
nous r^v^lera ; mais, pour les d^couvrir, des considera- 
tions pbilosophiques sonl insuRisantes. L'historien doit 
d'abord s*attacher k rassembler des faits, k discerner leurs 
rapports de grandeur, leurs relations r^ciproques; mal- 
heurcusement, au lieu de pouvoir, comme dans la plupart 
des sciences, observer lui-mSme et multiplier ses observa- 
tions, il doit sans cesse s*en rapportor k eelles d'autrui, 
souvent conlradictoires, ou se contenter d'aper^us vagues, 
de renseignemenls incomplets. c Le temps, disait Bacon, 
ressemble k un fleuve qui cbarrie jusqu'^ nous les objets 
lagers et pleins de vent, roais engioutit les choses solides 
et ayant du poids. » 

L'historien s'est borne longtemps k recoeillir ces objets 
lagers, et parce qu*il y d^couvrait des paillettes d*or, il 
croyait avoir ravi au fleuve toutes ses richesses. Aujour- 
d'hui, il ne seconteute plusde filirer, il drague, il arrache 
k la vase et aux d^pdts s^dimentaires c les choses solides 
et ayant du poids » que le temps avait englouties; seule- 
mentelies lui parviennent le plus souvent souill^es d*im- 
puret^s ou envelopp^es d*une gangue ^paisse, dont il doit 



(609 ) 

pr^alablement les d^barrasser. 11 doit ensuite les analyser 
pour reconnattre les choses pr^cieuses de celles qui ne le 
soot paSy et trouver le riactif qui d^c^le le vrai du faux. 
Noire ^poque a beaucoup fail pour cr^er m^lhodiquemenl 
celie science appel^e critique historique, et, dans Tanalyse 
des ilocufnents anciens, elle a cr££ la diplomatique, cette 
paleontologie des textes, T^pigraphie^ ddcbiffremeot des 
inscriptions, etc. Nul fait, si insigniflant qu'il paraisse, ne 
seroble i Thistorien indigoe de sa sollicitude, et les gra'^ 
phili^ recueillis sur les murailles de Pomp^i ou du Palaiin, 
lui en apprennent parfois bien plus sur les moeurset T^tat 
social des Romains k une cerlaine ^poque de leur Evolu- 
tion, que les oeuvres de leurs Ecrivains on les ruines 
gigantesques arrivEes jusqu'i nous. 

A Torigine, la r^colte a M faible, parce que trop peu de 
pionniers remuaient les vieilles archives comme les ruines 
des cilEs. Mais k mesure que les tr^sors enfouis arriveni 
an jour, la curiosity EveillEe mulliplie les chercheurs; les 
mailres en cette science ont actueliement des disciples, car 
partout se sonl fond^s de vEritables laboratoires d'etudes 
pratiques, oAs'enseigne le d^pouillement des vieux textes» 
ob lis sonl analyses ligne par ligne, mot par mot, oil leurs 
sous-entendus sont mis en lumiire, leurs reticences divoU 
guEes. Aucun t^moignage, si faible qoll soil, n*est n^gligE, 
ni le lesson en lerre sigillE trouv6 sous le soc de la cbarrue, 
ni le fragment de parchemin arracbE i la reliure d*un livre. 
Ce n'est qu'aprte avoir tout recueilli qu'on parviendra k 
reconstruire, aprto Tanalyse que viendra la synthase. Alors 
seulement Tbistoire pourra vEriiablement r^pondre k la 
definition qu'en a donn^e Thucydide : c Connaitre la vdriti 
sur le passE afin de pr^voir Tavenir ». 



( 6«0) 



Fenelon, hmwmm praiique ; par H. Lten de Monge, 

membiede rAcad^mie. 

I. Je n*ai ni la passion du partdoie, ni lliorrenr de la 
baoalil^. Je me suis eflbrc^ loule ma vie d*oser peoser ce 
que je pensais, duss^je dire seul de moii avis, duss^-je 
£tre de Tavis de toot ie monde. 

£ire de Pavis de tout Ie moode: par exemple, en h^oire 
Jilldrairey me ranger aux opinions gdndralemenl redoes, 
accepter, comme on dit, les jugemenis de la posl^rite; 
c*est ce qui m*est arriv6 Ie plus souveni, je pourrais dire 
presque toujours; el cela me platt et me rassare. Mais 
comme il est parfaitement inulile et d*ailleurs ennnyeuz 
de rdp^ler ce que tout Ie monde pense, je cboisirai pour 
en parler un des rares sujels oA mon opinion pourra 
donner quelque surprise et sembler paradoiale i pfu* 
sieurs. 

Le mot calibre de Louis XIY : t Bel esprit cbimdrique » 
reste attacbd au nom glorieux de Fdnelon ; pour beaucoup 
de gens ce mot est un pen dur sans doule, mais il a 
quelque cbose de vrai; Fenelon ntopisle est pour ainsi 
dire une tradition re^ue dans Tenseignement et dans la 
critique litldraire. 

Cela me paratt injusle. Dans la vie de Fenelon, au point 
de vue de la raison pratique, je ne vois qu'une erreur, 
excusable parce qu*elle est fondle sur un sentiment g^nd- 
reux; une seule ddfaillance, cruellement expire, humble- 
ment reconnoe, coorageusement rdpar^; mais en dehors 
de cette matbeureuse querelle du qui^tisme, oA sent les 
fautes qu*on lui reprocbe? 



( 6" ) 

Commoiifons par Pearler on obstacle. Parmi Ie8 livres 

de Feiielon, le plus c^l&bre ^tait detilin^ k une forlune 

bizarre, que Fauteur D*edl jamais pr^vue I Cest le Tili^ 

maque. 

Habent sua fata lihelli. 

D*alionl on en a fait un moflftle iiniversel de siyle^ objet 
de tant de lal)eur au collie: Tel^maqiie analys^^ imit^, et 
Dieo sait cominel expliqii^, syDllnMisi.... Maisce n*e8t pas 
le pire des outrages qii'il a re^us. On y a chercbi un pro- 
gramme complci dc gouvernement, un ensemble de theo- 
ries |M)lili4|ues. Les uns onl bl&m6 ces theories comme 
r^volutionnaires et presque socialistes; d'autres, Louis 
Blanc, par exempte, les onl chaudement approuv6es au 
mime titre. Le Tel^maqiie n'est pas un traiti de politique; 
ce nVst point non plus un module de style. Cest un admi- 
rable pastiche de TOdjss^. Finelon voulait essayer de 
fairc godler i son ileve, le jeune due de Bourgogne, la 
beaulc^ des poimes d'Homire, pour autant que la chose 
(Hi possible en Tran^ais. 

Lors<|ue Fenelon, par exemple, icrit : 

€ Caly|»o s*elevait au-dessun de ses nymphes de touie 

> la tete, couime un grand chine dans une forit ilive 

> ses branches ipaisses au-dessus de tous les arbres qui 

> IVnvironnent >; 
Ou bien encore : 

€ Demain, quand Taurore avec ses doigts de rose 

> entr ouvrira les portes dories.de TOrient, el que les 

> chevaux du soleil sortant de Tonde amire ripandront 
» les flduimes du jour pour chasser devaol eux toutes 
» les etoiles du ciel.... i, 

Esl-ce vraiment du franfais? nVsl-ce pas plutdt du 
grec homirique icrit avec des mots frao^ais? 




y 612 ) 

£videmment, toul n'est pas de ce style dans \e T&6^ 
maque. J'ai pris des ezemptes saillanls. Mais souveol on 
y retrouve, bieu que dans une mesure moindre, les earac- 
i^res d'uue imilation du grec hom^rique : les comparai<* 
sons larges, un peu vagues^ oQ Timaginalion se joue, et 
•qui ne serrenl pas de pres la pens^e ; les descriptions cod«- 
4inuelles» les r6|N^liiions fr^quentes, les ^pilh6(es caract^* 
ristiques et Tabsence presque complete de termesabstraits. 
' Feuelon r^ussit a faire passer, dans une langue Irte ana* 
lytique, form^e pour la discussion logique, Timpressioo 
fralcbe d*une po^sie loute jeune encore, k demi barbare et 
presque en fan tine. 

Dans ce cadre bom^rique, il place, non sans quelque 
disparate, des imitations des tragiques grecs; il fait parfois 
aussi des emprunts k Plalon ; il a des souvenirs de Virgile; 
mais tout ce qui tient aux m(Burs, aux institutions, k la 
vie sociale, se rapporte aux temps biroiques de la Gr&ce. 

Comme Ta dit M. Leon Gautier, ce que F^nelon essaye 
de faire admirer et de faire aimer au due de Bourgogne, 
dans le T^l^maque, c'est la Gr6ce antique, une image un 
peu vague, aux contours mal arrdl^s; une vision de la 
Gr^ce transform^e par une imagination ch^tienne, £por6e 
de ses souillures et gardant les splendeurs de son g^nie. 
Des jeunes gens beaux comme des statues de Phidias, 
sveltes et nerveux comme des vainqueurs aux jeux olym- 
piques, tiers et cbastes, inlr^pides en face des perils, timides 
et rougissants sous le regard crainlif des vierges; des guer- 
riers, des citdyens prSls i mourir pour leur patrie, aprte 
avoir guid6 les peuples par de sages conseils; des vieillards 
majestueux, drapes de longues robes aux plis Qottants, 
causant entre eux de sagesse el de vertu ; et comme cadre 
k tout ce reve, des horizons aux lignes barmonieuses, oik 



( 613 ) 

le marbre des temples delate sur le verl sdmbfe des bois 
ct se reflate dans des eaux iimpides. 

Ge n*est done pas dans le T6l6maque qu*il faut chercher 
les id^es de F^nelon sur la soci^t^ de son temps. II a dil 
lui-m^me dans son livre sur P^ducation des filles, k propos 
de rinfluence que Tart grec pent exercer sur le goAt des 
dames dans ieur toilette : c II ne faut pas souhaiter qu*elles 
> prennent Text^ricur antique; il y auraitde Textravaganee 
» i le vouloir >• Mais Jorsque dans le T6l4maque il fait^ 
par exemple, du combat du ceste une des ^preuves du con- 
coars entre les candidats it la royaut^ de la Crdie, une 
telle precaution serait bien superflue. Nul ne pent, 
semble-t-il, stipposer qu^in tel mode d*6lection puisse ^tre 
employ^ chez les nations modernes. 

II y aurait une extravagance presque aussi grande k* 
vouloir faire des lois de Salente ou des moeurs de la 
B^tique un module pour la France. 

II est, je croiSf inutile dinsister; d*autant plus que les 
id^es politiques applicables k la soci^t^ de son temps, 
F^nelon les a clairetnent expos^es ailleurs. Nous y 
reviendrons. 

J'ai dit que je ne redoutais pas la banality : je vais -en 
donner la preuve en comparant Bossuet k F^neton. J*ai 
besoin, pour plaider ma cause, de ce parall&le rebatlu, s'il 
en fnt jamais; mais je serai court. 

Bossuet et F^nelon ont &[& Tun et Tautre des pr^cepteurs. 
Lequel des deux a le mieitx r^ussi cette oeuvre difficile et 
delicate entre toutes, r^ducation d^un prince? Ce n*est 
assortment pas Bossuet. On sait ce que fut le grand 
daupbin, fils de Louis XIV. 

Feu M. Gandar, dont j*ai jadis suivi les le<^ns en 
Sorbonne, me contait un jour comment il avait Tailli se 

3"* StelB, TOME XXT. 41 



( 614 ) 

irouver d^rconn^ au milieu d'one de 8es le^os. It 
parlait de r^ducalion du grand dauphin de Fraoce ei 
disait comment, pour Clever le fits du roi, Bossuet avait 
r^uni touie une acad^mie d^hommes d*6iite, brillanl ao 
premier rang dans leur domaine propre. Blondel 6taii 
cbarg^ d*enseigner les malh^maliques, Robault et Rocmer 
la physique^ Amonlons Taslronomie, Claude Perraait 
Tarchi lecture, etc 

M. Gandar citait tons ces noma, caractirisait et louail 
tous ces hommes avec une admiration respectueuse et 
recueillie. Tout & coup un vieil oflicier assis dans un coin 
de Tauditoire, et qui tendait Toreille en se faisant un 
cornet de sa main, fron^ant le sourcil de plus en plusd^an 
air de mauvaise humeur, se pencha vers son voisin et lui 
dit d*un ton conGdentiel mais d*une voix de sourd, qu*OD 
entendit dans toute la salle attentive et silencieuse : 

c Cest cal ils se sont mis une douzaine d'bommes de 
» g^nie pour fabriquer un imbecile. » 

Le mot est dur mais il n*est pas tout h fait injusle. 

Le grand daupbin de France, dit Saint-Simon, avait le 
dernier degr^ d'aversion non pas seulement pour toute 
espice de travail et d'^tude, mais pour tout amusement 
d*esprit; de sorte que de son aveu» depuis qu'il etait 
affrancbi de ses maiires, il n*avait de sa vie lu que I'article 
Paris de la gazette de France pour voir les morts et les 
mariages. 

Quant au due de Bourgogne, on a discut^ son caraci^re, 
mais on a jamais contest^ sa vive intelligence ni son 
d^vouement au devoir, son z6le ardent pour le bien 
public. II a manqu^ d*initiative el d*£ncrgie, dit-on ; mais 
qu*aurait-il pu faire, entouri comme il P^tait de pi^es ei 
d'ennemis? L*attachement qu'il a conserve pour F^oclon 



i 



( 615 ) 

et poor ses amis poliliques envelopp^ dans sa disgrftce, 
les dues de Cbevreuse el de Beaovilliers, ne semble cerles 
pas moolrer celte faiblesse de voloot^ donl certains hisio- 
riens Taccusenl. 

D'aillearSy ce nVsl pas du vivanl de son p6re, le grand 
daaphin, qu'il faut le juger. Tout conlribuail alors k le 
paralyser. II ^lait profond^ment malheureux. Le roi 
Louis XIV le craignait; il le regardail.comme un ennemi 
de son tr6ne, presque comme un faclieux. 

Son pdre ne Taimaii pas, il n*en £iait pas fier, il en 
^(ait envieux. 

Ce (its, d*une intelligence vive, instruit et laborieux, lui 
faisail bonte de son ignorance et de sa paresse. Le due de 
Bourgogne ^tait sans affection autour de lui» sans appui 
pour le d^fendre; il se sentait enlour6 de pi^ges el de 
irabisons. 

N'elait-ce pas assez pour qii'ii fAt d^courag^, mortelle- 
menl triste, el qu*il se r^fugi&t dans.une douleur silen- 
cieuse ? 

Cesl \i ce que dil Saint-Simon : 

c Cesl ce qui lui donnait celte timidil^ qui le renfermait 
» dans $on cabinet, parce que ce n'^lail que 1^ quil se 

• trouvait k Tabri el k son aise, c*esl ce qui le faisaft 
» paraltre sauvage, ce qui faisail craindre pour Tavenir, 
> landis qu*en butle k son pere, peul-£lre alors au Roi lui^ 
» m6me, contrainl d^ailleurs par sa verlu, expos6 k une 
» cabale audacieuse, intiress^e k T^tre, el k ses d^pen- 

• dances qui formaient le gros el le fort de la cour, gens 
» avec qui il avail conlinuellemenl k vivre; enfin en butte 
» au monde en g^n6ral, comme monde, il menail une vie 
» d'autanl plus obscure qu*elle £tail n^cessairement 

• dclair^e et d*aulant plus cruelle qu*il n*en envisageait 
» point de 6n. » 



(616) 

Mais aprte la mort de son pire, tout en gardant ie 
s^rieux et la dignity de son deuil^ il se d^pouille pen k pen 
de ce voile de tristesse austere et sauvage; il d^veloppe 
ses qualit^s brillantes qu'il tenait eDferai^es alors qu'il 
s*effacail el voulait passer inaper^u pour ^chapper k la 
haine. 

II semble que Ton commence k Ie connatlre pour la 
premiere fois. 

< Le Roiy revenu pleinement h lui, dit Saint^iaion, 
» rinsolente cabale tout it fait dissip^e par la mort d*un 
pire presque ennemi, dont il prenait la place Je monde 
en respect, en attention, en empressement, les person- 
sonnages les plus opposes en air de servitude, \e gros 
m£me de la Cour en soumission eten crainte; Tenjou^ et 
le frivole, partie non mediocre d'une grande Cour, k ses 
pieds, par sa jeune et brillante Spouse, certain d*ail- 
leurs de ses d-marches par M"** de Maintenon, on voit 
ce prince timide, sauvage, concert^, cette vertu praise, 
ce savoir d^plac^, cet homme engonce, etranger dans sa 
maison, c^ontraint a tout, on le voit, dis-je, se montrer 
par degr^s, se d^ployer peu i pen, se donner au monde 
avec mesure, y dtre libre, majestueux, gai, agr^able, 
tenir le salon de Marly dans des temps coupes, pr&ider 
au cercle assemble autour de lui comme la divinity du 
temple, qui sent et qui re^oit avec bonte les bommages 
des mortels auxquels il est accoutume. » 
Vous me direz qu'il est souvent injuste d*appr£cier une 
Education par ses resultats, et que les aptitudes naturelies 
des Olives de Bossuet et de F^nelon suilisent pour expli- 
quer les contrastes. 

C'est possible, mais quand on parcourt d'une part les 
livres Merits par Bossuet pour T^ducation du dauphin, 



(617 ) 

(i*autre part ies ODnvrcs de F6nelon destinees au due de 
Bottrgogne, on est tout d^aborJ Trapp^ d'un contraste : 
dans Ies livres de Bossuet^ c'est en vain qtron chcrcherait 
la moindre trace du caract^re de son £leve, de ses habi- 
tudes etde ses rapports journaliersavecson pr^epteur. Ses 
livres sont des oeuvres de g^nie, sans doute, d*une hauteur 
de pens^e et d'line Eloquence admirables, mais rien n'y est 
fait pour une intelligence mediocre ni mdme enfantioe; 
tout semble s*adresser k une raison (Wjk forin^e et 
mttrie. 

Au contraire, dans Ies fables de P^nelon, dans ses dia- 
logues des morts, plus tard dans Tabr^g^ des anciens phi* 
losophes, puis dans Texamen de conscience d*uq roi, on 
pent suivre le petit Louis dans son enfance aux passions 
ardentes et pr^coces, le due de Bourgogne dans sa jeu- 
oesse conaprim^e, austere et triste, Thdritier de la cou- 
ronne dans le d^vcloppement tardif de son ind^pendance 
et de sa volonti. 

F^nelon, comme Bossuel^avait k former son elive pour 
Pexercice du pouvoir royal. 

Bossuet enseigne Ies droits et Ies devoirs des rois dans 
sa Politique tiree de I'Ecriiure sainte. F^nelon n'a pas 
expos^ d'une f^fon m^lbodique et dans un livre sp^ial 
ses id^es sur le gouverneroent. II est vrai que le chevalier 
de Ramsay, dans la preface de son essai philosophique sur 
le gouvernement civil, s'atlribue pour seulm^rite cd*avoir 
» ii6 nourri pendant plusienrs anuses des lumi&res et des 
1 sentiments de feu messire Francois de Salignac de La 
» Molhe-F^nelon et d*avoir proGt^des instructions decet 
» illustro prelat pour^crire cet essai >. 

Mais il y a dans ce traits de Ramsay des passages qui 
me semblent s*accorder roal avee des sentiments eiprim^s 



(6<8) 

eo (liverses circonstances par F^nelon lui-mdme, et c^esl 
k F^oelon lui-mdme que nous demanderons ses id^es sor 
le gouvernemenf de la France. 

Nous avons k cet 4gard une source dinformations irte 
sAre: ce sont ies instructions donn^cs en 1711 par Ftoe* 
Ion, d'accord avec le due de Chevreuse, au due de Bour- 
gogoe, quand il paraissait destine au tr6ne. 

Ce n*esl pas un traits suivi, ce sont des notes rapides, 
que F^nelon se r^servail, sans doute, d'expliquer et de 
d^velopper en causant avec son ^l&ve, qui £lait alors an 
homme de 29 ans. 

F^nelon n'y traite pas la question philosophique de 
rorigtne du pouvoir; il s*agit,pour lui, non pas de rhomme 
abstrait, mais de la nation frauQaise telle que son passi Ta 
faite; il se place sur le terrain de Thistoire. 

II serait facile de tirer de ces notes sommaires an 
expos^ tr6s complel de gouvernemenl. M. Emmanuel de 
Broglie, dans son beau livre : F4nelon a Cambrai, en a 
donn£ une analyse qui est un cber-d*oeuvre d*ordre et de 
clart£. Je me contenterai d*en indiquer rapidement quel- 
ques points principaux. La royaut^ en France, dit F^nelon, 
£tait d*abord Elective. Jusqu'au temps de saint Louis, il est 
rest6 des images d*election; pour assurer le trdne 4. 
rh^ritier du roi, il ^tait sacr6 da vivant de son p6re. 

La royaut^ est devenue h^r^ditaire par le consenCement 
de la nation et de Tflglise, mais la succession dans Tordre 
t^tabli ne suCBt pas & faire un roi. II faot que celui qui ?ai 
r^oer fasse un contrat solennel avec la nation el avec 
rfiglise. 

c Le sacre consommait tout« dit Fteelon, [larce que le 
• peuple ne voulait qa*un roi Chretien. % Le roi promet- 
tait k la nation de respecter ses lois esseatielles en goo.- 



vernant chr^tienoeineDt. C^tait uq coolrat el on serment 
dont la formule reste encore. Mais les germes de liberie 
qui existaient an moyen Age oot p^ri par le despotisme 
croissant des rois, 

Dans les germes de liberty du moyen ftge il faul cher- 
elier ce qui n*est pas lout it fait mort, ce que Ton pent 
encore faire revivre, ce qui convient au XVIII* siicle. 

Depuis 16i4,il n*y avail plus d*£ta(s g^n^raux. Les ^lats 
provinciaux ^laient pr^s de disparallre i leur tour. II fauft 
lire dans Madame de Sevigne Tbisloire de la r^istance 
diseiq)£r£e des ^tais de Bretagne. 

II faudrait, dit F^nelon^ reconslituer les £tats provin- 
ciaux qui ont £t^ snpprim^ ; et cela ne suffirail pas, il 
faudrail augmenter le nombre des provinces, en dimfnuant 
leur ^tendue. < Vingt au moins serait la r&gle du nombre 
> d*^lats particuliers. > 

Les £tals g^n^raux devraient aussi dire reconstitute 
et prendre une large part au gouvernement de la France, 
lis seraienl composte des trois ordres. Les ^vdques repr£- 
senteraient le clerg^; les reprteentants de la noblesse et 
de la bourgeoisie seraient £lus. Les Elections seraient 
libres; nulle recommandalion da roi; point de candidature 
officielle. 

Les ^tats g^niraux s'assembleraient tons les trois ans, 
de plein droit. 

Le Roi pourrait les r^unir plus souvent, mais il ne 
pourrait entraver leur session triannuelle. 

Une fois r^unis, les £tats si^eraient aussi longtemps 
qu'ils voudraient/et ne se s^pareraient que de leur plein 
gr6. . . \ 

lis auraieni le droit d*examen et de discussion sur 
toutes les matiires du gouvernement : legislation^ admi- 
nistration, justice, finances, paix et guerre. 



( 620 ) 

L*imp6l serait lev£ par des fonctionnaires de r£lai. Les 
fermiers g^n^raux, iraitanis et partisans, seraieot sup* 
prim^. On prendrait des mesures destinees i pr^venir 
I abus de Tagiolage. 

Quanl aux rapports de r£tal avec I'^glisei F^neloo dit 
ce qui, d'aprds lui, coovient k ia France de 1711, et non 
ce qui serait un id^al. 

II est dans Thypothftse et non dans la thdse, comme on 
ditaujourd*bui; il veut la distinction du pouvoir teoiporel 
el du pouvoir spirituel, tons deux complitement fibres 
dans leur sphere d'action. 

, Le Prince n*a pas le droit d'intervenir dans la nomina- 
tion des pasleurs, dans la d^Gnition des dogmes, dans 
Tadministration des sacrements. L'Eglise, par contre, ne 
doit pas intervenir dans le gouvernement de I'Etat. 

Mais quand la nation est vraiment cbretienne, les deux 
puissances peuvent s*unir, sans se confondre, pour agir de 
concert, tout en restant distinctes et libres de part et 
d*antre.C'est ce qui n'existe point en France, dit F^nelon. 
L*£glise y est asservie; on enlrave de toute fa^on ses 
liberty. Je cite textuellement : < Le Roi, dans la pratique, 
» €$t pics pape que le pape en France. — Libert^ i regard 

> du pape, servitude ik T^ard du Roi. 

» Le Grand Turc laisse les Chretiens libres pour ^lire 

> leurs pasteurs. Metlant rClglise de France au mSme 6tat, 
» on aurait la liberty qu*on n*a pas. > 

On pent appr^cier par eel expose sonKOiaire non seule- 
ment\la largeur des id^es de F^nelon sur le gouvernement 
de la France, mais encore la sAret^ de son jugement; car 
il y a Iks ce me semble, un senliment de la r^alit^, une 
provision de Tavenir, en un mot une sAret^ de vues qui 
nous frappjC aprte Texp^rience de deux sidles de revolu- 
tions et de iransforroalions sociales. 



(631.) 

Si de la politique inl^rieure nous passons aux relations 
de la France avec les autrea nations, nous retrouvoos 
encore ce reproche de chim^re, adress^ & F£nelon» ei ceitc 
fois avec plus d'amertume. On Taccuse d'avoir d^sir^ la 
d^faite et la bonte de la France. Je laisse la parole i 
M. Nisard, dans son Uisioire de la liUeralure franfaise : 
< Je prends pour exemple, dit«il, la lettre adrcss^ k 

> Louis XIV. Le trail le plus saillant, c*est un blftme 

> violent de toutes les conqudles de ce prince. Le bien 
» d*autrui, dit F^nelon, ne nous est jamais n^cessaire. II 
» nie qu*on ail le droit de retenir eerlaines places, sous 
» pr^texle qu^elles servenl k la stiret^ des fronti^res. II 

> critique Tacquisition de Strasbourg; il eAl fallu, selon 
» lui« faire reparation k la Hollande pour la guerre de 

> 1672, rendre Strasbourg , quoique Louis XIV l*eAt 
» raoins conquise par ses armes que re^ue de la force 

> des cboses. » 

A propos de Tannexion de Strasbourg, voici comment 
F^nelon avail jug4 la politique ext^rieure de Louis XIV: 
c Vous avez cbercb^ dans le traits de Westpbalie des 

> termes Equivoques pour surprendre Strasbourg. Jamais 

> aucun de vos minibtres n*avail osE, depuis tanl d'an- 

> n^es, all^guer ces termes dans aucune o^gocialion, 

> pour montrer que vous eussiez la moindre pr^tenlion 

> sur cette ville. i 

Ce jugemenl esl-il irop sEvire? Comroenl Strasbourg 
fot-il pris? II Taut lire dans VHistoire de Louvois, de 
M. Camitle Rousset, le r^cil des ruses au moyen desquelles 
les magistrals de Strasbourg Turenl, les uns corrompus» les 
aolres trontp6>, puis la ville prise en pleine paix par un 
coup de main longuemenl prepare Mais, dil rhislorien de 
LouvoiS) Strasbourg Elail indispensable pour Ja protection 



( 622 ) 

(les Trontidres; c'^tait une porte ferm^e du cdt^ de la 
Prance, ouverte pour enlrer en Allemagne. 

M. Rousset convientque Louvois«dans sa politique ext6- 
rieure, a fait des faules. 

Mais € c'est d^ji, dit-iK pour ud homme d'£(at, una 
» assez graode gloire que d*avoir, parmi des tentalives 
p pr^malur^esy accompli quelque o^uvre mAre. Cest la 
» gloire de Louvois qui, parmi taut d'annexious tem^- 
> raires et caduques, a donn£ Strasbourg k la France. » 

Cependani M. Sainte-Beuve, dans ses Nouveaux Lundis^ 
en rendant compte du livre de M. Rousset, ^prouve quel- 
ques scrupules de conscience et reste pour ainsi dire 
m^lancolique. 

< Incontestablementy il y avait utiliti; mais oil est la 
morale? Dix fois dans ce r^cit, on est tent£ d*inter- 
rompre et de se dire : c Si les choses jnstes ou que Ic 
r^ultat juslifie et consacre se font ainsi, comment done 
se font les choses injusies? > £lernol problime, oik Ic 
droit de la force se dresse h nos yeux et nous apparaft- 
regnant dans le monde de Thisloire comme dans Tordre^' 
de la nature. » 
Sainle-Beuve ^crivait cette page en 1864. Qtt*eAt*il dit 
aprtel870? 

A Theure oili nous sommes, i quoi cette porte ouverte 
du cdt6 de TAIIemagne, ferm^e du c6t6 de la France, 
a<«t-elle servi? Etque reste-t-il aujourd*bui de cette oenvre 
roAre, de cette acquisition definitive, si ce n'est une baine< 
b^r^ditaire entre deux grands peuples? 

Je termine ici ces notes rapides sur une mati&re qui 
m^riteraii tout un livre, oeuvre de v^riti et de justice, oik 
la m^moire de F£nelon,ce grand vaincu, serait vengie de 
la plus cruelle de ses d^faites, celle dont il n*a pu se oon-*^ 



( 623} 

toler quand il a vu, malgre ses efforls, son pays s^engager 
dans la vote Tatale quit par le despotisme k rinl£rieur» la 
passion de la gloire et des conqodtes k Text^rieur, lui 
semblait conduire la monarchie k sa mine et la France k 
d*irr£parables d^sastres* 



M. Paul Fredericq donne lecture du rapport suivant du 
jury charge de jiiger les prix Joseph De Keyn. (Septi^me 
concours, premiere p^riode, 189 1-1 802.) — Enseignement 
primaire (1). 

Messieubs, 

c Cette ann^e, les prix doivent fitre d^cern^s k des livres 
se rattachant k Tenseignement primaire et parus dans le 
courantde 1891 et 1892. 

Nous avons re^u des auteurs ou des ^diteurs environ 
soixante-dix ouvrages; mais nous avons examind aussi, 
autant que possible, ceux qui n'avaient pas et6 adress^s 
uu jury. 

II nous a fallu ecarter d*abord ceux qui n*ont pas 6i& 
liuUi^s pendant la p^riode r^lementaire et ceux qui ne 
sont que des r^impressions d^ouvrages plus anciens. Nous 
avons dA ^carter ^galement ceux qui se rattachent k Ten- 
seignement moyen et qui feront partie du concours de 
Tannic prochaine. 



(I) 1.6 jury diait compose de MM. Ch. PotviDi prSndenti S. Bor- 
raans, J. DelbcBuf, Leon Frcdcrieq« A.Wagencr,P. Willems, memftrfi, 
cl Paul Fredericq, teerHahe'rapport^ur, 



(624) 

Qu*on noas permelle ici nne remarqiie g^n^rale. 

Les prix De Keyn n'ont 6i^. TodcI^s que pour eocourager 
des ouvrages qui marquent un progrte pedagogique el 
offrent des caracleres suffisanls de nouveaul^ et d*origi- 
nalit^. Or, nous avons reQU un grand nombre de maouels 
scolaires qui, certes, ne r^pondent pas k ces conditions. 
Quelques-uns soni frauchement mauvais el d^notent cbez 
les auteurs, qui prennenl la peine de nous les adresser, 
une candeur dignorance el un aplomb surprenanls. 
D'autrcs sonl m^diocres, d*aulres sont bons; mais ils res- 
semblenl trop ^ lous les livres analogues pour mdriler le 
moindre encouragement. 

Le fail que ces manuels sonl employes dans les ^coles 
el qu'ils valeol k leurs auteurs et ^dileurs les profits d*an 
d^bil souveni lr6s fructueux, constilue une recompense 
largemenl suffisante. 

Trois ouvrages seulement nous out paru sortir des voies 
battues el m^riter une distinction. 

Ce sonl : 

1"* Zwarte Willem en andere vertellingen^ par M. Alexis 
Gallant; 

2* Wonderen nil het Plantenrij'k, par M. A. De Cock; el 

3® Le tnodelage scolaire, par MM. Stepman el Calozel. 

M. Alexis Callant, instituteur aux ^oles communales 
de la ville de Gand, a fail preuve d'une originality r^elle 
dans son recueil d'historiettes intitule : Zwarte Wiltem en 
andere verlellingen (Guillaume aux clieveux noirs et 
autres r^cits) (1). 



(I) GaniJ, J. Vandcrpoorlen; liO pages. 



( 625 ) 

II est bien diflBcile d*6crire pour des eoranls de iO h 
14 ans. La lill^ralure scolaire n'est pas riche en boDs 
livres de ce genre. Aussi avons-nous el6 agr^ablemeni 
frapp^ par les qualit^s du recueil de M. Gallant. L*auteiir 
a observ6 attenlivement les jeux, les mceurs, les allures 
et les ]d6es des ^coliers gantois. Ses historieites sont 
d'une v^riC^ entiere et ont une saveur de terroir qui 
leur donne une vie intense sans les rendre ininlelligibles 
aux pelits lecteurs du reste de la Belgique flamande. Les 
h^ros de ses r^cits sont des enfants en cbair et en os, 
parfois m£me de francs gamins exub^rants de vie» et non 
pas des petils saints insupportables, conime on en irouve 
trop souvent dans les livres d'bisloires Perils pour les 
^coliers sages. II y r^ne une Tralcbeur, une franchise, 
une santi litt^raires parfailes, si j'ose m'exprimer ainsi. 

Les bons conseils y abondent, mais se d^gagent du sujet 
Iui-m6me, et Tauteur n'y appuie pas nnaladroilement. Tons 
ses r^cits ne sont pas des chefs-d*(Buvre, mais la plupart 
se dislinguent par des qualil^s r^elles et pen communes. 

Des dessinSy souvent pleins de verve et toujours sans 
pretention, dmaillent le texte; ce sera un attrait de plus 
pour les petits lecteurs du livre de M. Gallant. Nous 
n'h^sitons pas k vous proposer d'encourager par un prix de 
ffit7/e francs cette tentative beureuse de nous donner un 
livre de lecture r^ellement ^ la portde des enfants de nos 
^coles primaires. 

Au lieu de copier et de d^marquer d*autres manuels 
scolairesy parfois bien faibles eux-m£mes, plus d*un con- 
current aurait probablement r^ussi k nous donner une 
oeuvre utile, si, comme U. Gallant, il avait observe atten- 
tivement la vie de ses Olives el s*en etait inspire pour 




( 626 ) 

crayonner qaelqoes bislorieltes vraies, prises 8ur le vif, 
s'adressant au coeur et & Timagination de reorant. 

Dans SOD livre inlilul^ : Wonderen uit hei Planien-- 
rijk (\) (Merveilles du r^oe v^g£(al), M. A. De Cocb, 
iDslituleur communal k Denderleenw (Flandre orientate}, a 
fourni un choix de ieclnres atlrayantes et bien illustr^es. 
Des bolanisies comp^lents nous font recommand^ coinroe 
Pun des meillenrs ouvrages de vulgarisation qui aieut iik 
public en Belgique. 

La premiere partie donne Texplication des ph^nom&nes 
pbysiologiques les plus frappanls de la vie des planles, lels 
que les mouvements, la f^condation, la dissemination. 
L'auteuryentrenndledes l^gendes mylhologiques et autres, 
et il aime k personnifler les plantes dont il paile.Quelques- 
uns trouveront peut-£lre qu*il exag^re en ce point; mais 
dans un ouvrage populaire, le defaul, si e'en est uu, est 
excusable. 

Dans la seconde partie, M. De Cock passe en revue 
quelques v^g^taux dont la vie oflTre des particularity 
curieuses ou qui m^ritent sp^ialement Tatlention par les 
services qu*ils rendent i Tliomme. 

Yoici d'abord les plantes envabissanles: les algues, qui 
entravent la navigation dans certaines mers, et VElodea 
Canadensis ou c peste des eaux douces », qui menace par- 
fois d*obstruer les canaux. Puis vicnt la reine des nym- 
ph4ac£es,la Victoria Regia des regions tropicales deTAme^ 
rique du Sud. Les grants et les palriarches de la vegeta- 
tion continuent la s^rie des merveilles. 



(1) Gand, Vanderpoortcn ; SOS pages. 



( 627 ) 

L*auteur passe ensuiteaux bienfaiteurs dc Tbonime dans 
le rdgne v^g^lal : lespalmiersjes bananiers,l*arbreJi pain, 
les c^r^ales, la canne ik sucre, les racines nutritives, les 
planlcs qui nous fournissent le car6, le th6» le cacao, le 
colon cl le caoutchouc. 

M. De Cock se passionne pour son sujet et communique 
au lecteur renlhou^iasme sincere quil ^prouve pour tout 
ce monde admirable des v^g^laux merveilleux ou utiles. 
II entrem^le ses descriptions d*anecdotes el de details pit- 
toresques. 

Cesl un livre d'une lecture attachante, qui ne contient 
rien de hasard<i; il frappe vivement Tiroagination et ihtr 
git riiorizon du lecteur, sans sorlir des donnas stricter 
ment scion tiliques. 

Nous proposons de lui d^cerner un prix de i?ii7/« francs. 

All concours de 1891, le jury a couronnd le livre de 
M"'* M. Du Caju et L. Cornelis sur Les travaux a I'aiguille, 
et celui de MM. IK Baratto et Rymers sur Le dessin a 
Ncote primaire. 

L*uuvrage de MM. Stepman et Calozet, Le modelage 
tfco/aiVtf (1), rcnire dans cette litt^rature p^dagogique, 
rclativemcnt neuve en Belgique, qui a pour but de per- 
fectionner IVnseignement des exercices manuels dans nos 
^coles primaires. 

Le travail de la terre glaise est celui de ces exercices 
qui Temporte pcut-£(re sur tons les autres au point de vue 
scolaire, comme MM. Stepman et Calozet le d^montrent 
rapidement dans leur introduction. 



(I) Braxcllcs, ebez Ics auteursj H5 pages. 



( 628 ) 

Quand renfant p^trit I'argile, il exerce une s^rie d*or- 
ganes et de faculty. L'oeil doit voir el voir juste; le 
cerveau, saisir ta forme exacte et guider la main qai 
execute. Les travaux de cartonnage, de meouiserie, etc., 
sonl des exercices d*assembiage plut6l qu*une veritable 
transformation de la mati^re. Dans le modelagei roolil 
unique reste la main, les doigls de Tenfant, dont I'babilel^ 
constituera un tr^sor pour le reste de sa vie. L*argiie, 
maliire molle, exige une grande surety et une grande 
Ieg6ret6 de main. En outre, en devenant habile des doigls, 
Tenfant acquiert le coup d'oeil et se forme le goilit par la 
reproduction des formes plus ou moins ^l^gantes de son 
moddle. 

Autre avantage : renfant se tient debout pendant qu'il 
p^trit la terre glaise. 

MM. Stepman et Calozet ont r^oni quantite d'indications 
utiles sur le local special : son ^clairage, son chauiTage et 
son aeration; sur Tinstallation : planches mobiles, bac i 
argile, lavabo, rayons; sur Toutillage : r^gle, latte, 
^querre, ^bauchoir, mirelte, compas, Gl h plomb et c fil 
de fer » ; enfin sur les mati^res premieres k employer. 

lis exposent ensuite tout ce qui se rattache k la 
m^tbode k suivre et aux modules k employer. Enfin ils 
enseignent le moulage i Tinstituteur pour lui permettre 
de se conslituer k peu de frais une collection suffisante de 
modules. 

Les sp^cialistes comp^tents s*accordent k reconnaltre 
que les modeles de MM. Stepman et Calozet sont fort bien 
choisis. Un coup d'oeil jet£ sur les figures du livre fera 
voir clairement qu*au point de vue esth^tique il n*y a qu'i 
louer le choix judicieux des autenrs. Les series propose 



( 629 ) 

en Belgique dans d^aulres ouvrages ne soatiennent gudre la 
coniparaison avec celles-ci. Tout au plus pourraiUon faire 
cerlaines reserves k proposde la graduation des exercices. 
Mais Tinstituteur cbarg^ de Penseignement du modelage 
dans une icole aura vite fail les transpositions qu'H pourra 
juger n^cessaires. 

Le livre de MM. Stepman et Calozet conlient beaucoup 
de renseignements precis et d^taill^s sur les d^penses 
courantes du modelage scolaire. 

Dans leur d£sir de d^montrer que ces d^penses sont 
tr^ TaibleSy les auteurs onl imaging de faire confectionner 
les modules et Toutillage par Tinstituleur Iui-m6me. 

lis supposent une classe de quarante Aleves, ce qui con- 
duit k faire mouler par Tinslituteur deux cents modules 
pour un seul semeslre, et k lui faire confectionner qua- 
rante lattes, quarante ^querres, quatre-vingts regies, etc. 
Cela est pen pratique. Mieux eAt valu avouer franche- 
ment que, pour introduire cette branche nouvelle k T^cole 
prirnaire, il faudra se r^soudre k des sacriflces d*argent. 

En somme^ MM. Stepman et Calozet ont produit un 
ouvrage qui, sans £tre parfait, sera extr^mement utile k 
tous ceux qui auront k organiser le modelage scolaire; et, 
quant au choix des modules, il sera diiBcile de faire mieux 
au point de vue artistique. Les plancbes qui ornent leur 
livre 9 sont d'une nettet6 et d*une ^l^gance bien rares en 
Belgique. 

Le jury vous propose d'accorder aux auteurs un prix de 
mille francs. » 



3** SfiRlEy TOME XXY. 42 



( €30 ) 

— M. le secr^Cairc porp^luel proclame les r^sullaU 
des concours et des Elections. 

CONCOURS ANNUEL DE LA CLASSE (1805). 



Un mdmoire porlant pour devise : Nobody wUUngly 
produce in the propped of losft, a e(e rcfu en reporise ik la 
(roi^i&ine queslion : Quel esl Ceffvi de» impots de consoni- 
tnalion sur la valeur venule des produils imposes ? 

La Classe, se ralliani h la majority de ses rapporleiirs, a 
d^cernd la m^duille d'or d*iine valciir ile hnil cents frana 
ii Tauleur, M. Herman Scboolineeslers, juge de paix k 
Meclielen-sur-Meuse. 

Un mdmoire porlanl la devise : Non recnso laborem, a 
6{& r(*f;u en reponse k la cinqiiieme question : Elude sur 
le redoublemeul dans les themes verbaux et nominaux du 
grec el du latin. 

La Classe, adoplant les conclusions dos rapports de 
ses commissaires, n*a pas d^cern6 le prix propose. 

Un mi^moire porlanl conime devise : Travail, a ele re^o 
en reponse k la sixiime queslion sur les dicers systemes 
penitentiaires. 

Conrorm^menl aux conclusions des rapports des com* 
missaires* le prix nVsl pas d£cern£. La Classe examinera 
s'il y a lieu de remellre la question au concours. 



(631 ) 

Uo m^moire portant pour devise : Homo sum, humani 
nil a me alienum puto (Tj^renge), a 6i6 requ en r^ponse 
& la sixieme question : Faire Vhislorique de la philo^ 
sophie icolastique dans les Pays'^Bas ei la principauti d$ 
Liege. 

La Classe, adoptant les conclusions des rapports des 
coinmissaireSf a d^cern^ sa m^daille d*or d*une valeur de 
mille francs k Tauteur, M. Maurice De Wulf, docteur en 
droit et en pbilosophie et lettres k Poperinghe (Flandre 
occidentale). 



PRIX BIENNAL DE PHILOLOGIE GLASSIQUB 
FONDA PAR JOSEPH GANTRELLE. 

(Premise p^riode : 1891-1892.) 

La Classe des lettres avait ouvert ce concours en offranl 
un prix de deux mille sept cent cinquante francs k VdiUiew 
du meilleur m^moire en r^ponse k la question suivante : 

Faire une etude critique sur les rapports publics et 
prives qui ont exisle entre les Romains et les Juifsjusqu*a 
la prise de Jerusalem par Titus. 

Deux m^moires ont 6i6 re^us : le premier porle la 
devise : Fee, vce victis; le second porte le sigle A. N. 23. 

Conform^oQent aux conclusions des rapports des com- 
missaires, la Classe n'a pas d^cern6 le prix. Elle s'occup- 
pera de la proposition de remettre ce sujet au con- 
cours. 



( 652 ) 



PRIX CASTIAU. 

D*apr^ les iDteniions du fondateur, un prix» d*une valeur 
de mille francs, est d^cern6 lous les trois ans k Tauleur 
du meilleur travail : 

Sur les moyens dCamiliorer la condition morale, inUllee- 
tuelle it physique des classes laborieuses el des classes 
pauvres. 

Dix ouvrages ont 6i6 re^us poor la quatriime p^riode 
de ce concours. 

Conrorm^ment aux conciusioos du rapport du jury, la 
Classe a ddcern^ le prix k M. le D' H. Scboeufeld, de 
Saint-Gilles (Bruielles), pour sod ^lude sur Les principes 
rationnelsde Passuranceouvriere. Consequences prochaines 
et eloignees du systeme des assurances en Allemagne. 



PRIX JOSEPH DE KETN. 

ft 

Septi^me concours. (Premiere periode : 1891-1 S92.) 

Enseignement primaire. 

Sur la proposition du jury, la Classe d^ceroe ud prix de 
mille francs : 

i^ k M. Alexis Callaot, iostituteur aux ^eoles commu- 
Dales de la ville de Gand, pour son livre intitule : Zwarte 
Willem en andere vertellingen {Guillaume aux cheveux 
noirs, et autres recits) ; 



( 633 ) 

2* k M. A. De Cock, insiilutcur communal i Deader* 
leeiiw (Flandrc orientale), pour son livre intitule : TVonrff • 
ren uit het Planienrijk (MeroeiUes du rigne vegetal) ; 

3* k MU. Slepman el Calozet, pour leur ouvrage inti- 
tule : Le modelage scolaire. 

PRIX GUINARD. 

Par dispositionle slamenlaire, le D' Guinard, de Saint- 
Nicolas (Waes), a fond6 un prix perp^luel de dix mille 
francs, k d^cerner lous les cinq ans k Pauleur du meilleur 
ouvrage ou de la meilleure invention pour Vamelioration 
de la position materielle ou intellectuelle de la classe 
ouvriere en general sans distinction, 

Conrorm^menl aux conclusions du rapport du jury, le 
prix pour la cinqui^me p^riode est ddcern6 k M. F. Robyns» 
inspecteur principal de Tenseignement primaire k Hasselt, 
pour son CEuvre des societes scolaires de temperance. 

fiLFXTIOiNS. 

Depuis ses derni^res Elections annuelles, la Classe a 
eu le rogret de perdre deux de ses membres titulaires : 
MM. Joseph Gantrelle et Cli. Faider; cinq de ses associ^ : 
MM. Auguste Castan, Matthias de Vries, lord A. Tennyson, 
Jacques Lorimer et Adolphe Franck. 

Ont &ii dus : 

Membre n7ii/aire(sauf approbation royale) : M. le baron 
J. DE Chestrbt de Hameppe, d6}k correspondant« 



( 634 ) 

Correspondanls : MM. le chevalier £douard Desgamps, 
proresseur k fUniversit^ de Louvain; Georges Horchaiip, 
professeor au petit s^minaire de Saint-Trond; Dominique 
Sleegkx, inspecteur principal bonoraire de renseignement 
primairey k Li^ge; Paul Thomas, professear k TUriiversit^ 
de Gand. 

Associis : MM. Heinrigh Brunnbr, professeur de droit, 
k Berlin; Fr£d£rig de Martens, conseiller pri?6 et pro- 
fesseur^ I'Universil^ de Saint-P6tersbourg; Edward Bur- 
nett Ttlor» proresseur au Collie d'Oiford; Ernbst 
Layisse, membre de Tlnstilut, k Paris. 



C 63« ) 



Seance generate des trois Classes du 9 mai 1895. 

M. Ch. Van Bambekr, president de TAcad^mie. 
M. le chevalier Edm. Marchal, secr^laire perp^Cuel. 

Sont pr^ents : 

Classb des sciences. — MM.M. Mourlon^vtce-direc/eur; 
P.-J. Van Beneden, le baron Edm. de Selys Longchamps, 
E. Candezis P. Brialinont, IliI. Duponl, £il. Van Beneden, 
C. MalaisOy F. Folit% Alb. Brian, F. IMaleaii, Fr. Cr^pin, 
J. De Tilly. Alf. GilkincU G. Van der Mensbnigghe, 
W. Springy Louis Henry, P. Mansion, J. Delboeuf, P. De 
Hcen, C. Le Paige, Ch. Lagrange, F. Terby, J. Deruyls, 
membres; E. Catalan, associe; A. Lancaster, correxpon- 
danL 

Classb des lrttres. — MM. Cb. Loomans, vice-direc* 
teur; Alpb. Waulers, A. Wagener, P. Wiliems, S. Bor- 
mans, Ch. Piol, Ch. Potvin, T.-J. Lamy, G. liberghien, 
L. Vandei kindere, Al. Henne, Gust. Fred^rix, le comte 
Goblet d'Alviella, F. Vander Haeghen, J. Vuylsteke, 
Cm. Banning, A. Giron, membres; Alph. Rivier, Lerdvre- 
Ponlalis, associes; le baron de Che^tret de Haaeffe et 
Mesdach de ter Kiele, correspondants. 

Classe DBS BEADX-ABTS. — MM. Ad. Samoel, direeteur; 
J. Slailaerl, vice^directenr ; £d. F6tis, Ernest Slingeneyer, 
P.-A. Gevaert, God. GuflTens, Jos. Scbadde, Th. Radoux, 
Jos. Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, Gus- 
tave Biot, IL Hymans, Alex. Markelbach, Max. Rooses, 
G. Huberti, £d. Van Even, membres; Albert De Vrieodt, 
oorrespondanL 



( 636, ) 

M. le secretaire perp^tucl rappeile que, dans la s^nce 
(le la Classe des lellres du 10 avril dernier, M. Wageoer, eo 
faisanl connaUrc qiie€*est au regrett^ Joseph Ganlreile 
que TAcad^mie doil i*inslilulion du Prix bienual dephilo- 
logieclassiqvef2L demand^quedordnavanlceprix fACappeli 
Prix Joseph Ganlreile^ en memoire de son fondateur. 

L*assembl<^e g^n^rale de ce jour, dil M. Marehal, ralifiera 
ce d^sir, nous n'en doulous nullemen(/el elle sera heureuse, 
dc rendre ainsi un solennel liommage k la memoire d*aa 
*membre de rAcad^mie qui, par sa g^n^rosile, a voulo 
prouver k ses confreres combien il les tenait eo baote 
eslime et combien il eiail honors de figurer dans leurs 
rangs. — Adopts i Tunanimite. 



Rapport sur les travaux db la Commissiom 
oe la blographie nationale pendant l^annfib 1892-1883. 

M. Ferd. Vander Haeghen donne lecture du rapport 
suivanl : 

Messieurs, 

Pour la cinqui^me fois depuis que vous avez bien vouln 
nous appeler aux fonclions de secretaire de la Biographie 
nationale, nous avons Thonneur de vous presenter le rap* 
porl annuel sur les travaux de liolre Commission. 

L'annee 1892-93 a vu Tapparilion de la premiere 
livraison du tanie Xil, contenant la suite de la lettre L. Ce 
fascicule important, qui a paru le 8 d^cembre, ne com- 
prend pas moins de cent quatre-vingts notices, parmi les" 
quelles il convient de remarquer celles sur Philippe 



' ( 637 ) 
Lesbroussarty I'auteur des Beiges; Guillaume Le Vihier, 
trouv^re arc^sicn du Xlll^ siicle; les peinlres Leys el 
Joseph Lies; le philologiie Lievens ou Livineias; saint 
Li^viii; la famille de Ligneei sod repr^sentanl le plus 
connu, le prince Charles-Joseph, noire spiriluel ^crivain; 
Jusle Lipse, donl rarlicle forme le travail biograpbique 
le plus complel qui ait iii consacr^ au calibre philologue 
braban^on, el ou se monlre toute T^rudilion de noire 
regrelte confrere L. Roersch ; le peinire li^geois Lambert 
Lombard; Chrislophc de Longiieil ou Longolius; la derniere 
production imporianle de Tauleur de la nolice sur Jusle 
Lipse; Charles de Longueval,comie de Bucqifoy; le peinlre 
Theodore van Loon; les deux comles de Flandre, Louis de 
Nevers el son lils Louis de Male; enfin. le prince-^v6que 
Louis de Bourbon. 

Le second fascicule du tome XIL qui achj&vera ce 
volume, couliendra aussi quelqucs articles ^tendus, noiam- 
ment sur le riSform^ Pierre Lozeleur; Texegdle Francois 
Lucas, de Bruges; les Lummene de Marcke, el les Luxem- 
bourg. II sera termini par une table des notices contenues 
dans les douze premiers volumes de la Biographie natio* 
nale. Touted les notices sont di'ii imprim<ies,et on conipose* 
en ce moment la table; aussi la livraison parailra-t-elle 
cerlainemenl uvant la (in de Tannic couranlc. 

Nous ne croyons pas que rutilit^ de celle table ait 
besoin d'(i(re d^monlr^e. Voici^ d*ailleurs, les considera- 
tions qui nou"* onl determine k la faire imprimer. 

Au debut de la publication, la Commission avail adopts 
certains principes pour le classement alphabelique des 
noms composes, mais la pratique en a fail reconnallre les 
inconv^nients. Aussi a-t-il ^l^ d^cid^ qu*& parlir du 



( 638 ) 

tome XIII, on suivrail les regies suivanles, d6ji appIiqo^*s 
parCiellement dans les (omes XI et XII ; 

1. Les noms pr^c^d^s des parCicoles d\ de, van^ vande^ 
vanden^ vander^ sonl classes au mot qui suit celte parti- 
cule. On £crit done Oudeghersl (d*), Smet (de)« Linden 
(Lindanus ou Yander), etc. 

2. Toutes les autres particules, telles que del^dela, dde, 
delta, des, du^ la, /e, les, t\ ter, uyter^ ver, etc.» sonl con- 
sidir^es comme Taisanl corps avee le mot qui les suit et 
ne peuvent pas en dtre s^par^es. On ^crit done Del Bare^ 
Delle Waide^ Des Lions, La Marche (Ae), Le Plat, etc. 

3. Les noms du moyen ^ge, composes d^un pr^nom 
suivi d*OD qualiflcatif, sont ranges, suivant Tusage, tantdt 
au pr^nom, tantdt au qualificatif. Ainsi, on ^crit Jehan le 
Niveliois, mais Le Muisit (Gilles). 

Gr^ce & la table, il n'y aura pas de disaccord entre la 
premiere et la seconde moitie de notre publication. Nous 
pouvons, en eflet, nous consid^rer comme arrives maimer 
nam k la seconde partie de notre (ftche. line bonne part 
des notices de la lettre M est en notre possession, et nou« 
en commencerons Timpression encore cette ann^ Les 
biographies des series N et ont 6i6 r^parties entre nos 
divers collaborateurs, afin qu'ils puissent, d6s ce mon)ent« 
se mettre k recueillir les documents qui leur seront n^ccs- 
saires. EnGn, le secretariat prepare la liste provisoire des 
noms de la lettre P. 

Comme nous nous sommes d^ji permis de vous le faire 
remarquer, nous croyons marcher avec toute Tactivil^ 
d^irable... et possible. II ne faut pas otiblier que nous 
sommes restreints par les limites de notre budget, qui ne 
nous permet pas de publier plus d*un demi-volume pur 
an. D*autre part, dans une entreprise telle que la nAtre, 



( 639 ) 

fordre rigoureusemenl alphab^lique cause parfois une 
perte de temps considerable, par robligalion oil nous 
sommes d*in(erromprc rimpression a cause d^uue seule 
notice que Tauleur larde k nous faire parvenir. 

Aussi, Messieurs, ne terminerons-nous pas ce rapport 
sans faire un nouvel et pressant appel h ceux de nos col- 
laboraleurs charges de notices dans la lettre M et qui ne 
nous ont pas encore remis leurs articles. 

# 

L*as$embl£e vote des remerciements k la Commission 
et k son secretaire. 



BUSTES DES ACAD£MICIENS D£c£d£s. 

L'assembl^e passe k Texamen du 3* de son ordre du 
jour. It Skagit des membrcs decides depuis plus de dix ans 
qui auraient droit anx honneurs d'un buste, conrorm^ment 
k Tun d*un arrdt^s royaux de rannde 1845. 

Chacune des trois Classes chargeradeux de ses membres 
de dresser une liste de noms, parmi lesquels cliacune d*elles 
en choi^ira deux. 1^ Comtnission administrative sera ainsi 
ooiise k mdme de proposer an Gouvernement Texdcution 
de six nouveaux bustes destines k orner le Palais des Aca- 
demies. — Adopte. 



( 640 ) 



CLASSE DES BEAIIX-ARTS. 



Seance du 10 tnai 1895. 

M. A<l. Samuel, directeur. 

M. le chevalier Ed. Marchal» secretaire perpituel. 

Son! presents : MM. C.-A. Fraikin, £d. F^tis, Ern. Slio- 
geneyer, F.-A. Gevaerl, God. Guflens, Jos. Schadde, 
Tb. Radoux, Jos. Jaquel, J. Demannez, P.-J. Clays G. De 
Groot, G. Biol, H. Hymans, II. Beyaert, Al. Markeibach, 
Max. Rooses, G. Huberli, A. Hennebicq* Ed. Van Even, 
membre$. 

M. F. Terby, memhre de la Classe des sciences, assiste 
ii la stance. MM. Stallaerl el Robie s^excusenl, par ^rit» 
de ne pouvoir y assisler. 

— M. le directeur se fail Tinterpr^le de ses conrr^res 
en adressanl les f^licilalions de la Classe Ji MM. Biol et 
Benoity ^lus correspondanls de I'Acad^mie des beaux-arU 
de rinslilul de France. — Applaudissemenu, 

M. Biol remercie la Classe. 



( 641 ) 



CORRESPONDANCE. 



M. Le Roy, inembre de la Classe des leltres, fail honi- 
mage^au nom de Taoleur, M.Viclor Waulerniaux, ^ Li^ge» 
d'UQ eiemplaire de son Etude $ur le peinlre Eugene Dela^ 
croix. — Remerciements. 



RAPPORTS. 



M. Marchal donne lecture de sod rapport, fait au nom 
de la section de sculpture, sur une requite par laqoelle 
H. V. Rousseau, boursier de la fondation Godecharle, 
demande k pouvoir £tre exempt^ momentan6ment des 
prescriptions r^glementaires de voyage des lauriats. — Ce 
rapport s6ra transmis i M. le Miloistre de Tlnt^rieur et de 
rinstruction publique. 



Elections. 



M. Jean Robie est 6lu d^l^u6 de la Classe auprte de la 
Commission de la Biographie nationale, en remplacement 
de Teu J. Rousseau. 

M. Ed. F^tis est r^elu d£l^gu£ de la Classe aupr6s de la 
Commission administrative pendant Tann^e 1893-1894. 



( 642 ) 



OUVRAGES PA^SENTJ^ 



Bormans (5.) et Schoolmeesters (£*.). — Cartulaire de V^i 
Saint- Lambert de Licgc, tome I*'^ Bruxcllcs, i893; vof. in-4*. 

Catalan {Eug.). — Reclierclies sur qtielqnes produits indd- 
finis el sur In constante G. Coro|)lcmcnt. Bruxeiles, 1893; 
cxtr. in-4» C28 p ). 

Vuytsleke (Julius). — Dc rckeningeo der stad Gent : tijd- 
vak van Philips van Artcveldc (157G-I38D). Gand, 1893; 
vol. in-8«(5V0p). 

De Backer (l/niis), — La propridtd selon le droit fdodal ct 
le sociaii^me BruxcllcSy 1893; cxtr. in-8* ("li p.). 

Uubtard {imile). — Alpiionsc de Candolle. Hons, 1893; 
cxlr. in-8" (5 p.). 

Van der Stricht (0). — Modifications anatomiqacs et 
Idsions analomo-palliologiques du rein dans le choldra asiati- 
que. Paris, 1893; exlr. in-8* (6 p.). 

— - Sur Texislence d ilols celliilHircs a la pdriphiSrie du bias- 
fodcrme dc poulet. Jena, 1893; exfr. in-8* (6 p.). 

Claus {A.) H Van der SlriciU (0.). — Contribution a 
1 elude aiiaiomique ct clinique de Tacroni^^alie. Gand, 1893; 
cxlr. in-8«(-2Gp^1 pi.)- 

Kardi {GodefroitI). — Hisloire poctiqnc dcs Mcrovingiens. 
Paris, Bruxcllcs, 1891; vol. gr. in-8*. (552 p.). 

Bury (Jfun). — TIm^Aic wallon : Li r\inchc don rival. — 
Wczin-Wezene. — Li joycuse bare. — Lcs deux fious. Lx^, 
189:2; in-18. 

Desilve (L*abbe Jules), — Lellres d ll^ticnne de Tournai, 
nouvclle edition. Valenciennes, Paris, 1893; vol. gr. in-S* 
(xxiii— 465 p.). 

Waulemiaux (Victor (?.)• — Eugine Delacroix. Li^e» 
1891; in-8* (24p.). 



( 643 ) 

De Baets (Maurice), — Les bases de la morale et da droit 
Gand, 1892; in-8« (385 p.). 

De Coster (Charles). — La legende et Ics avenlurcs hcroi- 
qiics, joycuses et glorieuses d*Ulenspiegel et de Lamme Gocd- 
zak, au Pays de Flandrcs et ailleurs. Bruxelles, 1893; 
vol. in-8* (440 p.). . 

Haulleville (baron de). — Portraits et silhouettes, !'• et 2"* 
series. Bruxellcs, 1892-93; 2 vol. in-18. 

Pelermann (A.), — Contribution k la question de Tazote. 
3* note. Bruxclles, 1893;extr. in-8* (12 p.). 

De Queker (CA.). — L'assistance pratique donnde en Alle- 
magne aux ouvriers sans travail, dans les auberges, les stations 
et les colonies ouvri&res. Bruxelles, 1893; in-8*(46 p.). 

Conseils provinciaux. — Proces-vcrbaux des sdanees des 
conseils des provinces d*Anvers, de Li^ge, et de Hainaut, 1892- 
1893; 3 vol. in-8*. 

Bruxellcs. — Bulletin de Folklore, tome II, I*' fascicule. 
1893; in-8*. 

LouvAiN. — La Cellule, recueil de cytologic et d'histoire 
generate, tome IX, 1*' fascicule. 1893; gr. ia-8% 

Gand. Vlaamsche Academie. — Vlaamsche bibliograpbie, 
1-«- aOcvcring (Fr. De Potter). 1893; in-8*. 

Gand. SocieU de medecine. — Table alphabdtique des 
matiercs contenues dans Ics Annnles et Bulletins, de 1883 a 
1890 (C. Verstractcn etCb. Dcbcrsaques). 1893; in-8% 

— Prudens Van Duyse, zijn leven en zijne werken; door 
J.Michccls. 1893;in-8\ 

— Hislorisch en critisch overzicht van bet vlaamsch in de 
XVII* ceuw; door Osc. Van Hauwaert. 1893; in-8*. 

— Jaarbock voor 1893. In-8*. 

Socieli archiologique de NivelUs. — Annales, t. III. 1892; 
vol. in-8*. 



( 6i4 ) 



Allcmaqnb bt Adtrichb-Ho^igbib. 

Zeissberg {ff.-R, von), — Belgien unter der Generalstatt- 
hallerschart Erzherzog Carls (1793-94), Thcil I. Vicnne, 1893; 

in-8«(l68p.). 
Tischner {Aug,), — Les aslronomes. Leigzig, 1893; in-8*. 

(32 p.). 

Bn£iiB. NalurwissenschafUicher Verein, «- Abhandluogen, 
BandXI^3.1n-8^ 

Darmstadt. Verein fur Erdkunde, — Notizblatt, Folge IV, 
13, Heft. 1892; in-8-. 

Hamboubg NalurwisBenschafUicher Verein, — Abhand- 
lagen,Band Kll, Heft 1. 1892; in-4^ 

Heidblberg. Nalurhistorischer Verein. — Verhandlungeii, 
Band V, 1. 1893; in-S*. 

Prague. GeselUchaft der Wissenschaflen. — Silzuogs- 
berichte und Jahresbericht, 1892. — Regesta diploioatica 
Bolieroiae, pars IV, vol. 6 (J. Eniler). — And'quae Boemiae 
usque ad exitum saeculi XII (H. Jirecck). 1892-1893; 4 vol. 
in-8* el 1 vol. in-4'. 

Trieste. Societd adriatica di scienze nalurali, — BolIeUino, 
vol. XIV. 1893; in-S*. 



AltolQDI. 

Hazen {ff.-A.), — Secrets of the atmosphere. Washington, 
1893;in-4«(5p.}. 

Keeler (James-F,), — Visual observations of the spectrum of 
B. Lyroe. Chicago, 1893; extr. in-8^ (16 p.). 

Mac far lane (Alexander). — The fundamental theorems of 
analysis, generalized for space. Boston ; extr. in-8* (30 p.). 

— The imaginary of algebra, Salem, 1892; in-8* (34 p.). . 



( 645 ) 

Kellogg (J.^ii ). — Methods of precision in llic invcsligntion 
of disorilcrs of digcslion. Baltic Creek, 1895; in -8* (74 |».). 

Hale ifiHorgv). — On llic eondilion of llie sun's surface in 
June und july, 1892, as compared witli llic record of lerrc- 
striai magnelisin. Chicago, I8t)2; exlr. in-8* (8 p). 

— On the probability of change coincidence of solar and 
icrrestrial phenomena. Chicago, lbU3; c\lr. in-8® (i p.)* 

— Photography of the corona without an eclipse. Chicago^ 
i89i; exlr. in 8* (5 p.). 

— The speclroheliograph. Chicago, i893; extr. in-8* (17 p.). 
Cailro Lof^s (Aiituineth). — La quadrature dn cerde. Uio 

dc Janeiro, 1 89 J; ii^-I^CiS p.)- 

BImilenhull {T.-C). — Gniviiy researcli. Determination of 
gra\ity with h:ilf-seeond pendulums on the pacific coast, in 
Ala:tka, Washington and liobokcn. Washington, 189i; in-8^ 
(62 p ). 

CruU (£). — Lc climat dc Rio dc Janeiro. Rio dc Janeiro, 
1893; vol. in-4»(7l p.). 

Cordon {Joseph Claybaugh). — Notes and observations 
upon the cduailion of the deaf, with a revised index to educa- 
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ALBixr. Unhenilij of the Slate of New -York. — 404'*" 
annual i*cport of the regents. 1892; 3 vol. ]n-8\ 

Baltimobe. Johns Hopkins Vnicersihj, — Studies in histo- 
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— Journal of mathematics, XIV, 2 and 3. 1892-93; 13 cab. jn-8<' 
ct 2 cah. in-4*. 

BosTox. Society of natural history. — Proceedings vol. XX V , 
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Caxbbidcb. Harvard College Observatory. — Annals, 
vol. XXX, 5; XXXI, 1 ; XL, 1. 1892; 3 cah. in.4«. 

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Paris, i893; cxtr. in-8*. (128 p.). 

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Conlribulion a Tdiudc du walloo modcrnc. Paris, 1892; in-8*. 
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in-8*(IGp). 

Lemoine (^milc). — Appb'cation dc la gdometrographic h 
I'cxamen dc divcrscs solutions d*un mcmc problcmc. Paris, 
1893; cxtr. in-8« (20 p.). 

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dcs constructions h la compnrnison dc quclqucs solutions du 
problcmc d'Apollonius. Paris, 1892; cxtr. in-8* (22 p.). 

— La gcomcirograpliic ou Tart dcs constructions gc'omd- 
iriqucs Paris, 189i; cxtr. in-8*{CC p.). 

— Rcsultats ct tlicorcmcs divers conccrnnnt la gdomdtric 
du triangle, etc. Paris, 1892; estr. in-8*(32 p )• 

Jansen (J.)* — Sur rObscrvatoirc du Mont-Blanc. Paris, 
1805;ex(r. in-1G(IOp.). 

^- Discours prononce a Tinauguration de la statue du 
gcndral Pcrricr. Paris, 1893; cxtr. in-lC (12 p.), 

— L'acronautiquc, discours. Paris, 1895; cxtr. in-1G(20p.). 
Hirsch {A.), — Jean-Scrvais Stas. Notice nccrologiquc luc 

au Comiic dcs poids ct mcsurcs, Ic 10 seplcmbrc 1802. Paris, 
1892; in- 8* (8 p.). 



( 648 ) 

Delisles {Uopold). — Lcs collcdions dc fiaslard dTslang 
h la Bibliolhcquc nalionalc. Nogcnl-lc-Rotrou, 1885; in-8* 
(xxii — 536 p.). 

-— Catalogue des manuscrits dcs foods Libri cl Barrois. 
Paris, 1888; in-8« (xcvi — 552 p., pi.). 

— Nolcs sur Ic dcparlcmcnt dcs imprimds dc la Bibliolhe- 
que naU'onalc (scptcnibrc iSOl). Paris, 1891 ; in-8^ (Ci p.). 

— Manuscrits latins cl francnis ajoulcs aux fonds dcs noo- 
▼dies acquisilions pendant lcs ann(;es 1875*91. Inventaire 
alphahcliquc, parlies i et 2. Paris, 1891 ; 2 vol. in-8*. 

Noel {Dom Albert). — Notice sur Ic canton dc Monlhcmie. 
Cbarlcville, 1895; 2 extr. in-4». 

Chevalier {Le ehan. Ulysse). — Allcmagne : topo-bibliogn- 
pliic. Montbcliard, 1895; in-12 (48 p ). 

Pascaud (//.). — Dc la communication des procedures 
crimincllcs aux prcvcnus, aux tiers, aux agents du gouvcme- 
ment et aux commissions d*enqu<}tc parlcmcniaire, au double 
point dc vuc du secret dc Tinstruclion crimincllc ct du prin- 
cipe dc la sdparation des pouvoirs. Toulouse, 1895; in-8* 
(35 p ). 

Amiens. Socieii Unnienne. — Bulletin, tome XI, 1892-95. 
In-8». 

Aniens. SocieU des anliquaires. — Mcmoircs, tome XIII, 
1892; vol. in-4-. 

Caen. Academie des sciences, arts et belles- lellres. — 
Mcmoircs, 1892; vol. in-8*. 

Cuaiibi!rv. Socieii dlnstoire et d'archioiogie. — Mcmoircs,' 
tome XXXI, 1892; vol. in-8«. 

Dijon. Academie des sciences. — Mcmoircs, 1892; in-8% 

Le Havre. Socield deludes diverses, — Rccuc'l, 1891, 
4' trimcsirc; 1892, trimcstres 1-3. In-8". 

Paris. 3/iisee Guimel. — Annale.s, tomes XXII ct XXIII. 
Revue dc riiisloirc dcs religions, tome XXVII, n^' 2 ct 3. 
1892-95: 2 vol. in-4« ct 2 cab. iu-8*. 



( 649 ; 

Pakis. Sociili des itudes historiques. — Acvuc, 1893. ln-8*. 

— instilut de France. — Annuairc poor 1802 ct 1893. 
Mdmoircs dc rAcndcmic dcs inscriptions, lomc XXXIV, 
f* panic; tome XXXV, i'* panic. — Catalogue dcs actos dc 
Fran^.oi8 1*% tome V. — OEuyrcs dc La Place, tome IX. 
1892-93. 4 vol. in4« ct 2 vol. in-11 

MinisUre de riiislrvclion publique. — Bulletin du Comity 
dcs travnux historiques ct scicntiGqucs : section do sciences 
dconomiqucs ct sociales, annde 1893, ji* I. — Catalogue 
gdndral des manuscrits des fiibliothcqucs : a. dcs ddpartc- 
roents, lomes XIX, XX, XXII; 6. Ai'ebi\es nationales; c. de 
Sainie-Gcnevicvc, tome I*'. — Revue des travaux scicntiGqucs, 
tome XII, n«' 7-9, 189i. 

Bibliollibque nalionale : DeparUment des manuseriis. — 
Catalogue dcs manuscrits cspagnols ct dcs manuscrits portu*'- 
gais; par Alfred Morcl-Fatio, 1'* ct 2* livraisons. Paris, 1892; 
2 call, in- 4*. 



GaANOB-fiBBTAGRB, IaLANDB ET COLONIES BBITAIflllQOES. 

Coghlan (F.-il.). — The wealth and progress of New South 
Wales, C^ issue. Sydney, 1893; vol. in-H*. 

Lo?(ORBS. Entomotogieat Society. — Transactions, 1892. 
In-8-. 

Liverpool. Obeervatorif. — Meteorological Results, deduced 
from observations during 1889-91. 1893; in-8*. 

SvD.XEY. Royal Society of New South Wales. — Journal, 
vol. XXVI, 1892. ln-8*. 



Italie. 

Torossi (Battista). — L'embrione del boa constrictor. 
Vicence, 1893 ; in-8* (8 p., 1 pi.). 



i 



(650) 

DruscheUini (Alessandro). — Nuovo contributo alio sludio 
del bacillo dcir influenza c spccialmenlc delta sua aziooe 
palogcna ncl coniglio. Naples, 1895; cxlr. in-8* (31 p.). 

PioUi (Gius.). — 11 ealcarc del grand Roc (Aha vallc di 
Susa). Turin, 1893; cxtr. in-8« (6 p., i pi.). 



Pays-Das et Ikdes mSehlandaises. 

Van der Stok (/.-P.). — Regcnwaarncmingcn in Ncdcr- 
landsch-lndie, 1891. Datavia, 1892; vol. in•8^ 

Batavia. Observatory. — Observations, vol. XIV, i89J, 
In-4«. 

Bois-LE-Duc. Genoolschap van kunsien en welenschappen, 
— Handclingen, 1887-91. Calalogus derboekcrij, !•'• supple- 
ment. 1895; 2 vol. in*8^ 

Gromingub. UniversileiL — Jaarboek, 4877-92. 15 volumes 
in-8». 

UAnLEM. Teylers genoolschap, — Verbandelingen, decl XIII. 
1895; vol.in-8^ 

Leyoe. Musee des antiquitds, — Monumenten belioorendc 
tot de graven : momickisten (31*** nflevering). 1892; In-plano. 

Levde. Nederlandsche dierkumlfge Yereenhjing, — Tijd- 
schrirt, deel HI, aflcvcring 5 en 4. 1892; in-8^ 

Levde. 3Iaa(8cliappij der nederlandsche Letlerkunde. — * 
Handeligen en mededcelingen, 1891*92. In-8*. 



Pays divers. 

Ring {Herman A.). — Skansen oeh nordiska Musects 
Anlfiggningar a Djnrgarden. Slockliolm, 1893; in-8* (112 p.). 

LoiXD. Universiie. — Acta physiographicae, ny Foljd, 
Band III. 1891-9i; vol. in-4*. 



Lisle des ouvrages deposis dann la Biblioihkqut de VAcadimie 
par la Commission royals d'hisloire. 

Enxoier. Cercle archeologique. — Annalcs, tomo IV* 2* et 
5* li vraisons. 1 89 1 -92 ; in-8'. 

LouvAiN. Analectes pottrservir a llusloirs ecelesiasliqus de 
la Belgique, 2* scSric, I. VII, 4« livr.; in-8\ 
, TouBNAi. Sociile hisloirique et liUeraire, — • UdmoircSi 
BuUcUii, L XXIV. 1892; in-8% 



(63i ) 

Upsal. Observatoire. — Bullclln, vol. XXIV, 1892, In-4«. 

AIoscou. Musics public et Roumiantzow. — Description 
syslcmnliquc dcs collections dn Muscc clhnogrnpliiquc, | 

5« livraison. Complc rendu pour 1889-1891. 1892-93; 3 vol } 

iii.8*. \ 

Tokyo. Seismological Society. — Journal, vol. 1. 1893; J 

in-8*. [ 

CoiuBRB. Universitlade, — Annunirc, 1892-93. In-8*. 

Congrh intcrnalionaux d'antliropologiej d' arcUiologie et 
de zoologie a Jlioscou. — Malerinux reunis par Ic coniild 
d*orgnnisalion, i'* panic. Moscoii, 1893; gr. 8\ 

Madiiid. Academia de la I/istoria. — Cnumcmci6n do 
libros V documcnlos conccrnicnlcs h Crisl6bal Colon. 1892; 
vol. in-4*. 

BIadhid. Academia de jurispritdencia y legislacidn. — 
Mcmoria y discurso Icido en la scsion inaugural del curso de 
1892 h 1895 (C.-G. Rollivoss y Canovas del Castillo). 1892; 
2 br. in.8*. 

Lb Cairb. Institut igyplicn, — BuUclin, V scrie, n*3, 1892 ; 
in-8\ 

Paris. ComiU inlernalional des poids et mesures. — Quin« 
ziinic rapporl, exercicc 1891. In-4*. 

— Procci-verbaux dcs stances de 1891 et do. 1892. Paris; 
2 vol. in-8». 



( 652 ) 

Carlsrdhe. ZeiUehrifl fur die Gesehiehle de$ Oberrheim, 
ncuc Fulgc, Bnnd VIII, llcft 1. 4893; iii-8«. 

Gratz. liiBlorUeher Verein. — Aliltlicilungcn, Heft 38 
I8SH). In-8\ 

Ha.xovrb. Hi9!oriseher Verein fur NieJersachsen, — Zcit* 
schrift, Jalirgang 189i. In-8\ 

Leipzig. Universiti. -* Theses 1892-93» 21 br. in-8*. 

Stuttgart. itinUterium des Kirchenwesens. — Die Runsl 
und Allcrlums-Dcnkmalc ini Koiiigrcicli Wurlteniberg:Tekst, 
Liefcrung MO; Kuprerslick, Licfcrung 4-29. 1889-93; 
8 brocii. in-8* et iO br. iii-plano. 

yfASBif^GTon. Hislorical Association. — Annual report for 
1890. In-8'. 

Minislire de Vlnslruciion puhlique, Paris. •— Bibliotiicqae 
des Ecoles fran^ises d^Athines et de Home : fase. 5G, GI-63. 
1892-03; 4 vol. in-8^ 

Le iloyen Age, Bulletin d*iiistoirc et de philotogie, 1892, 
IM2; 1893, 1-3. Paris; in-8*. 

Saint-Omer. Soeiele des antiquaires de la Uorinie. — Me* 
moires, t XXII. — Bullclin historiquc, n~ 1G2 et 1G3. i892; 
in-8*. 

— Les ehartes de Saint'Berlin^ t II In-4*. 
Valbxcienkes. Societi d'agrieullure, sciences et arU. — 

Revue agricole, etc., 1892, n*" 5-10. Valenciennes. In-8*. 

RoiB. Aecademia deiLincei. — Rendicoiiti, scienze morali, 
serie quinla, vol. I, fasc. 12; vol II, fasc. 1. 

— Societd romana di sloria pairia. — Arcliivio, vol. XV, 
3 e 4, 1892. In-8*. 



BULLETIN 



DK 

L'AGAD^MIE ROYALE DES SCIENCES, 

DBS 

LBTTRKS BT DBS BKAI1X-ART8 DB BBLGIQUB. 

4893. — N* 6, 



CLAS8E DES SCIENCES. 



Siance du 5 juin 1893. 

M. Ch.Yan BAiiBEKE,direcleur» president de PAcad^mie. 
M. le chevalier Edm. Marghal, secretaire perp^luel. 

Sont presents : MM. Hourloo, vice^irecieur ; P.-J. Van 
Beneden, le baron Edm. de Selys Longchamps, Gloge, 
G. Dewalque, H. Maus, E. Candize, A. Brialmont, 
C Dupont, £d. Van Beneden, C. Malaise, F. Folie, Fr. Cr6- 
pin, Jos. De Tilly, G. Van der Mensbrugghe, W. Spring, 
Louis Henry, J. Delboeuf, P. De Heen, C. Le Paige, 
Cb. Lagrange, J. Deruyls, tnembres; E. Catalan, Ch. de la 
Valine Poussin, associes; L. Errera, J. Neuberg et A. Joris- 
sen, correspondanU. 

MM. Terby et Lancaster exprimenl, par ^cril, ienrs 
regrets de ne pouvoir assister k la stance. 

3** StRIB, TOMB XXV. 44 



( 6S4 ) 
CORRESPONDANCE. 

Le Comite pour la manifestatioD Dewalque, qui aura 
lieu ^ Li^ge le 8 juio, daus la salle acad^mique de lUui- 
versil^, demaude k la Glasse de se faire repr^seoler k cette 
solenoit^. 

La Classe d^legue M. E. Cand^ze. 

-^ II esl doling natificalion de la mort de M. Jacques 
Moleschotl, associ^ de la sectiou des sciences naiureiles, 
professeur k rUuiversit^ de Rome, d^c£d£ en cetle ville 
en mai dernier. 

— M.le MinistredeTInt^rieurelde rinstruction publiqoe 
transmel, au nom du consul de Belgique k Alep, un £cban- 
tillon d*une substance alimenlaire d^sign^ sous le nom de 
< pain du Giel » el provenant du Diarb^kir. 

— M. Spring remei, pour figurer dans les M^moires de 
TAcad^mie, le dernier manuscril des oeuvres poslbumes 
de J.-S. Slas : Du rapport proporlionnel entre Vargent et 
le chlorure de potaaium. 

— H. A. Reychler, professeur agr^e a rUniversil^ de 
BruxelleSf accuse reception de son manuscril sur la 
diffiisibilite de cerlains gaz a travers une membrane de 
caoutchouc. — M. Hanause, cbimisle i Pftturages, accuse 
(^galemenl r^ceplion de son manuscril : Four electrique 
pour nncineration dee sucres. 

— La € Niederrheinische Gesellschafl fiirNalur-und 
Heilkunde zu Bonn > invite PAcaddmie k s*associer, le 
2 juillel procbain, k la celebration de son soixanle-qoiD- 
ziime anniversaire de foodalion. — Des Klicilalioos loi 
seront adress^s. 









( 65S ) 

— La c SmitbsoDiaD iDstitulioD » de WashiDgton 
eovoie le programme des prix (foDdatioD Thomas-Georges 
HodgkiDs) k d6cerner en 1894. 

— L'Acad^mie tch&que FraD^ois-Joseph, des sciences, 
des lettres et des arls, i Prague, annonce Tenvoi de la 
premiere ann^e de ses publications et demande IMchange. 
— Renvoi k la Commission administrative. 

— La Classe accepte le d^pAt, dans les archives de 
TAcad^mie, de deux billets cachet^ : le premier, de 
M. Felix Leconte, de Gand^ porte en suscription : £/ec/rt- 
cite; le second, de M. A. Jouveneau, dixelles, porte le 
sigle A. B. 

— S. Ex. M. Monteiro, ministre du Br^sil it Bruxelles, 
transmet, de la part de Tauteur, le D' Castro Lopes, de 
Rio de Janeiro, une brochure, accompagn^e d'un disque 
m^tallique, sur la quadrature du cercle. — Remerciements. 

— Hommages d*ouvrages : 

1"* Mathesis^ 2* serie, tome I, i891 ; par P. Mansion et 
J. Neuberg; 

2* Paleontology^ vol. Ylli : an introduction to theHudy 
of the genera of Palaeozoic brachiopoda^ part \ ; par James 
Hall, associ^; 

S"" Theorie des plans hypercycliques des surfaces du 
second degre; par Joseph Gillet; 

4* a. Katalog der meteor ologischen Beobachtungen in 
Russland und Finnland; b. Ueber die Bodentemperaiur in 
Palowsk, etc.; par Ernest Leyst. — Remerciements. 

— Travaux manuscrils soumis k Texamen : 

1* Sur quelques phenomenes optiques nouveaux produits 
par le mouvement de la terre; par A. Jouveneau. — 
Commissaires : MM. Lagrange et Folie ; 



( 656 ) 

2* Stir le Fluorchlorbrommelhane ; par Fr^d^ric Swarts, 
r^p^titeur & lllDiversil^ de Gand. — Commissaires : 
MM. Spring et Henry. 



OBaBBSB^B^ 



RAPPORTS. 

La Classe entend la leciure des rapports suivants : 

1* De MM. Deruyts et Neuberg, sur un travail de 
M. Em. Schindeler : Le quaternion comme equipollenee 
de la droiie dans I'espace a quatre dimensions. — Com- 
munication du travail et des rapports i Tauteur; 

2^ De MM. Van Beneden (p^re et fils) et Plateau, sur 
les risuUats de la mission a la station zoologique de Naplet, 
de M. Gilson, professeur a TUniversil^ de Loavain. — 
Communication des rapports k M. le Ministre de rint^rieor 
et de rinstruction poblique; 

3"* De M. De Heen, sur des observations relatives a k 
navigation aerienne ; par E. Francois, de Charleville. — 
D£p6t auz archives. 



Sur la production de rammoniaque dans le sol par les 
microbes; par M. £m. Marcbal, ing^nieur agricole. 



c L'^tude des transformations qu'^prou vent les matieres 
organiques provenant des debris veg^taux et animaiix qui 
constituent Tbumusy pr^sente, au point de vue de la 
physiologic v^g^tale et des applications de cette science i 
I agriculture, une importance sur laquelle il est inutile 
d*insister. 



(687) 

On sail aujourd'hui que les v^g^laaz sup^rieurs D*uti- 
liseDl gu^re, comme telles, Ics substances it molecules 
complexes du r^gne orgaoique; pour que ces substances 
concourent k la nutrition v^gitale, il importe qu*elles 
soient tout d*abord min^ralis^es, et c'est anx organismes 
inKrieurs qui puliulent dans les couches superficielles du 
sol» qu*il appartient sp^ciaiement d'efiTectuer cette transfor- 
mation. 

Pour ce qui concerne les matiires azot^es, le r6le de 
ces organismes est de produire* aux d^pcns de I'azote orga- 
nique, de Tammoniaque, des nitrates , dont les v^g^taux 
peuvent lirer parti. 

Dans rint^ressant m^moire qu*il adresse i I'Acad^mie, 
H. Marchaly ing^nieur agricole, 6ludie sp^cialement Tam- 
monisation de Tazote organique provoqu^e par les orga- 
nismes inf^rieurs. 

II a isol£ un grand nombre de formes, taut moisissures 
que bact^ries exislant dans les fumiers, dans des sols de 
nature diverse, etc., et a reconnu que beaucoup de ces 
organismes possident la propri^t^ de transformer en 
ammoniaque Tazote albuminoide. 

Dans la terre arable, c'est*^-dire dans un milieu non 
acide ou plut6t alcalin, ce r6le appartient, suivant Tauteur, 
aux bact^ries, tandis que, dans les terres humeuses acides, 
les moisissures interviennent pour une part importante 
dans le phenomdne. 

M. Marcbal s'^tant assur^ qu'unorganisme iris r^pandu 
dans le sol arable, le Bacillus mycoides ou Erde bacillus 
des auteurs allemands, est un agent d^ammonisation ^ner- 
gique, a £tudi£ spicialement Taction de ce microbe sur les 
solutions d*albumine. 

II a constate qu*en pr^ence d^oxygine libre, cet orga- 



I 



•I 



( 658 ) 

nisme provoque la decomposition ou plutdt la combostioD 
de ralburoine, aVec production d'ammoniaqoe, d'anbydride 
carbonique, d*acide suirurique et de petites quaDtilfe de 
peptones, de leucine, de tyrosine et d'acides gras odorants. 

D'aprte Tauteur, les conditions les plus favorabies a 
raccomplissement de ce pb^nem^ne seraient une tempe- 
rature voisine de 30*, I'a^ration complete du liquide^ one 
l^g^re alcalinite du milieu, et une faible concentration des 
solutions albumineuses. 

La cas^ine, la fibrine, la l^gumine, le gluten, la myosine, 
la serine, les peptones, la creatine, la leucine, la tyrosioe 
et Tasparagine se comportent sensiblement de la tDeme 
fa^on que Talbumine, en presence de cet organisrae qui 
n*agit pas sur fur^e, !e nitrate d'ur^ et les sels orga* 
niques. 

Le Bacillus mycoides, qui est ammonisanl et aerobie en 
pr^ence de mati^res organiques azot^es, devient d^oitri- 
fiant et anaerobic quand il se d^veloppe dans des milieox 
renfermaut des composes facilement r^duclibles, tels que 
les nitrates. 

Ceux-ci, en Tabsence de tout oxygftne libre et dans des 
solutions renfermant une mati^re organique, comme le 
Sucre, Talbumine, sont transform^s par ce microbe en 
nitrites et en ammoniaque. 

Comme on le voit, les r^sultats obtenus par Tauteor 
constituent une int^ressante contribution k T^tude des 
transformations chimiques qu'^prouvent, dans le sol, les 
mati^res azot^es de Thumus. 

J*ai done Thonneur de proposer k la Classe rimpression 
de la Note de M. Marchal. > 



( 659 ) 

c Je me joins & Thonorable premier commissaire poar 
proposer Timpression de riDt^ressaot m^moiredeM.Mar- 
chal. Je propose, en outre, d*adresser des reroerciemeols 
k Pauleur. > 

La Classc adopte ces propositions. 



Recherches sur la composition de Patmosphere. — Seconde 
partie : Combinaisons azotees contenues dans les eaux 
meteoriques ; par A. Petermann et J. Graftiau. 

c A la suite de ses iravaux sur Tassimilation de Tazote 
de Tair par les plantes, M. Petermann a entrepris, avec 
M. Grafliau, des recherches sur la composition de Tair^en 
vue de s'assurer, surtout, si les facteurs m^t^orologiques 
exercent sur celie-ci une influence notable. 

Dans un premier m^moire, les auleurs se sont occupy 
de la proportion pour laquelle Tanbydride carbonique enCre 
dans Tatmosphdre (1); aujourd*hui ils font connattre le 
r^sultat de leurs recherches sur la proportion des combi- 
naisons azot^ contenues dans les eaux meteoriques. 

Pendant trois ann^es cons^cutives, du 1*' Janvier 1889 
au 31 d^cembre 1891, MM. Petermann et Graftiau ont 
dose, dans les eaux systematiquement recueillies, k la fois, 
Tammoniaque et les acides nitreux ou nitriques. 

Leurs observations, qui decoulent de cent quarante- 
deux determinations, ont ete classees en tableaux chrono- 

fi) Bull. deV^ead. royaU de lfelgique,i. XXIII, p. 1% 1893. 



n 



( 660 ) 

logiques, puis en tableaux permetlaot de comparer, soil par 
mois, soit par ann^i la quautii^ d*azote recueillie 4 Tiui 
d*aminoDiaque ou d'acides^ avec le volume d'eau tombd. 

Les conclusions tiroes par les auleurs de leur tranil 
peuveul Sire rdsumdes comme il suit : 
. La quanlild lotale d'azole combing, recueilli par hectare 
et par annde, est de 10^,34. Le quart, environ 24 7« ^ 
cette quantity, fait parlie des acides nilreux ou nilrique, les 
trois autres quarts sont i Tdtat de carbonate d'ammonium. 

I«a relation de Tazote au voloroe d*eau tomb^e paratl 
iris compliqude: les eaux mdtdoriques accusent une autre 
composition de pluie i pluie, et d*dpoque k dpoque. Too- 
tefois, les auleurs ont vu se confirmer le rdsultai d^i 
observe ailleurs, savoir que les precipitations lenles, telles 
que le brouillard, ou bien les precipitations sous forme de 
givre et de neige, sont beaucoup plus riches en substances 
azotdes. 

Le travail de MM. Petermann et Grafliau apporte i la 
mSteorologie ainsi qn'k la cbimie agricole des renseigoe- 
ments compldmentaires utiles, sinon nouveaux. 

J'ai rhonneur de proposer son insertion dans le recueil 
des M^moires in-8* de TAcaddmie. » 

M. Gilkinet, second commissaire, se rallie k cette pro- 
position qui est adoptee par la Classe. 



Quelques proprietis des surfaces du second ordrei 
par M. CI. Servais, prof, k rUniversildde Gand. 

€ Dans la stance du 9 mai , nous avons propose rim* 
pression de deux memoires de M. Servais, intitules : Surkt 
quadriques homofocales et quelques proprietis des surfaces 



(661 ) 

du iecond ardre^ en engageanl Tauteur k les foodre en un 
seul. 

Les conclusions de noire rapport ayant 6i& adopiees, 
M. Servais nous prdsente une nouvelle redaction de ses 
recherches, auxquelles il ajoute deux th^oremes qui se 
raitachent au mdme sujet. 

Ce travail r^pond aux observations qui nous avaient £te 
inspir^es par la lecture des deux premiers m^moires, et 
le compltoent qu*il a re^u ne pent qu*en augmenter 
Tint^r^t. Nous en proposons done la publication dans les 
Bulletins de TAcad^mie. » — Adopts. 



Observations astronomiques et magnetiques executees sur 
le territoire de l*Etat Independant du Congo; par le 
capitaine Delporte et le capitaine Gillis. 

c Dans le mois de juin 1890, le Gouvernement beige 
cbargea le capilaine Delporte de faire» au Congo, des 
observations astronomiques et magnetiques avec le con- 
cours du capitaine adjoint d'^tat-major Gillis. 

Le 3 juillet i890, les deux officiers s^embarquaient i 
Anvers, et, arrives le 5 aoAt k Maladi, ils commenQaient 
immidiatement leurs observations. Malheureusement, dte 
la fin de f^vrier 1891, le capilaine Gillis d*abord, le capi- 
laine Delporte ensuite, Turent atteiuts de la dysenteric. 
Souffranis, les deux vaillants officiers continuirenl cepen- 
dant leurs observations le long du Congo jusqu*aux Falls^ 
L'^tat du chef de la mission s'empirait graduellement, et 
les deux officiers regagnaient TEurope quand, le 26 mai, le 
capitaine Delporte expirait 6 la M'Pozo, 5 une lieue de 
Matadi. 



( 66J ) 

Le capilaine Gillis putregagoer TCurope. 

Ce soni ses observations aiosi que celies de sod regr^ 
chef qui font le sujel du M^moire qui esl soumis aajoor^ 
d'hui par le Gouveruement k I'appr^ciation de la CiasK 
des sciences de TAcad^mie. 

Le programme des observations que le capitaine Dd- 
porte seproposaitdefairedansr£tatlnd6pendaDtdu Coogo 
comportail : l"" la determination de la longitude et de la lati- 
tude des points principaux du fleuve Congo et d^un grand 
nombre de points k Tint^rieur du continent, de maoiire 
k recouvrir I'immense terriloire d'un premier r^seau gdo- 
d^sique, qui devait servir de base dans la suite pour la 
triangulalion du pays; 2^ d*etudier — ce qui n'avail pas 
encore 6t£ fait dans PAfrique ^qualoriale — la dMt- 
naison, I'inclinaison et Pintensit^ magn^tiques. 

Avant son depart,